DÉLITS D'OPINION


Cette page est une archive des Lettres Ouvertes n°011 à 020.
Les Lettres Ouvertes les plus récentes sont accessibles par là.


LETTRE OUVERTE N°11 - 14 avril 2005
Un koan zen

Le maître dit à l'élève agenouillé devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras répondre par OUI ou
par NON.
Mais attention, si tu réponds NON, je te donne un coup de bâton sur la tête.
Voici la question:
Veux-tu recevoir un coup de bâton sur la tête?

...........................
LETTRE OUVERTE N°12 - 26 avril 2005
Cette affaire de référendum pour le "Traité établissant une Constitution
pour l'Europe" a au moins un avantage : ça nous donne l'occasion
d'utiliser le mot recensé comme le plus long de la langue française :
anticonstitutionnellement. C'est pas si souvent.

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Voici un texte qui semble avoir déjà pas mal tourné sur le net, je l'ai
déjà reçu 3 fois... Mais qui mérite bien de continuer à être lu car il
est "définitif", en ce sens qu'il met en valeur l'aspect tout simplement
illégal (anticonstitutionnel) de ce "Traité établissant une Constitution
pour l'Europe".

Pour éviter de faire tourner un texte que l'auteur lui-même revoit
constamment, je ne le mets pas en attachement mais vous recommande
de visiter son site et de suivre l'évolution de ses réflexions depuis la
première mouture, les réactions reçues, prolongements, clarifications,
etc, sans compter les liens...
C'est juste un citoyen qui réfléchit et cela a quelque chose de
simplement bouleversant...
(Certains de mes amis contestent la validité de son analyse, et c'est
bien normal, c'est même fait pour ça... Donc, sans doute qu'on en
reparlera.)

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm


LETTRE OUVERTE N°13 - 2 mai 2005
VRAC DU 2 MAI 2005

Europe.
On dit que les partisans du NON ne répondent pas à la question posée,
mais c'est peut-être justement qu'on ne nous pose pas la bonne question.

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Rappel de ma lettre N°11: le koan zen:

Le maître dit à l'élève agenouillé devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras répondre par OUI ou
par NON.
Mais attention, si tu réponds NON, je te donne un coup de bâton sur la tête.
Voici la question:
Veux-tu recevoir un coup de bâton sur la tête?
...........................

Je ne vous l'avais pas dit alors, mais je serais curieux d'avoir des
propositions de réponses ou réactions salutaires (= comment s'en sortir
face à une question à double contrainte comme celle-ci — mais n'ayant
bien sûr aucun rapport avec l'actualité.)
J'en ai reçu, mais très peu. Qui a des idées?

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Tiens, c'est un peu tard, mais je vous le mets quand même :
Le problème de la neige sur les autoroutes, c'est pas la neige, c'est
les autoroutes.
C'est à dire les camions.
C'est à dire l'Europe... L'Europe des échanges commerciaux à fond la caisse.
Exemple : les Danois pêchent des crevettes en Atlantique-Nord, les
envoient par camions au Maroc pour les faire décortiquer par une main
d'oeuvre pas cher, après quoi les crevettes remontent, toujours par
camions, bien sûr, pas à la nage, vers les pays du nord. Aberration
écologique et économique!
Au milieu de ce trafic, les autoroutes francaises, plaque tournante des
échanges, il suffit de regarder une carte pour comprendre ça. Résultat:
milliers de camions européens lancés à fond sur nos autoroutes, avec
toutes les conséquences sociales et écologiques que l'on sait:
accidents, horaires infernaux des camionneurs, pollution de proximité,
émission de gaz à effet de serre qu'on en prend pour 50 ans!
(comme la Constitution)

Si j'ajoute à ça les nouvelles fraîches où j'apprends qu'un transporteur
français engage des chauffeurs polonais au tiers du tarif des français,
j'ai vraiment du mal à aimer l'Europe!

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Il y a quelque chose qui m'a toujours dérangé, de la part des
journalistes satiriques, chansonniers, etc, c'est l'attaque contre les
personnes, les hommes politiques ou autres, la caricature personnelle.
J'ai du mal avec ça parce que, pour moi, ce ne sont pas des individus
qui sont en cause (ou ça ne devrait pas) mais des institutions ou des
idéologies. Pourtant, parfois, c'est difficile de faire autrement, tant
la fonction crée l'organe.

Exemple :
M. Chirac (non : le Président de la République), dans sa rencontre avec
"les jeunes", emploie beaucoup le vocabulaire de la "puissance" (de la
France, de l'Europe...). Ce langage, moi, je ne le comprends pas (et ça
me fait de la peine!) ... Mais M. Lang (non : un membre du Parti
"Socialiste") lui aussi emploie ces termes. Alors on en est toujours là?

Aparté en forme de citation :
"La force de celui qui n'a pas d'ambition est phénoménale. Il n'a rien à
gagner, il n'a rien à perdre. Il ne fait pas de fautes de stratégie : il
n'en a pas. Il avance sans crainte, sans pression aucune. Sa motivation
est liée seulement à son soucis permanent de rendre sa tâche la moins
lourde possible. Il n'est un danger pour personne, il n'a donc pas de
prédateur (...) Il est transparent pour les autres, il peut parfois être
considéré avec pitié... Erreur fondamentale, car il sera sans doute le
seul survivant."
(Solange de Carrère. Courrier des lecteurs de Télérama. 12/2004)

Autre aparté :
"Relever des défis" — On entend ça souvent dans la bouche des politiques.
Il y a une bonne raison de lutter contre le libéralisme économique, la
mondialisation, l'économie de marché, la concurrence, la compétition,
c'est qu'on le paye très cher, au finale, en STRESS.

Mais quand le Président conclut sa soirée djeunes avec "cette peur de
l'avenir, je ne la comprends pas — et ça me fait de la peine!", c'est
bien M. Chirac qui parle, Chichi, Jacquot...
Phrase qui est un terrible aveu d'à-côté-de-la-plaquitude, phrase idiote
et odieuse de chantage paternaliste...
Ah là là, c'est pas gentil de faire de la peine à papa Chirac!

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Et puis des fois, on peut céder à la tentation de se moquer d'un
individu, juste pour le plaisir d'un bon mot (mais c'est pas bien!) :

M. Mattéi porte malheur :
Quand il était Ministre de la Santé, paf, canicule.
Il se retrouve Président de la Croix Rouge, paf, tsunami.

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Vu à la télé :

"Atanarjuat, la légende de l'homme rapide".
Depuis qu'on exploite le pétrole en Alaska, la température a déjà monté
de 4°C et les Inuits courent tout nus sur la glace.

Grève chez les fabricants de cercueils. Les salariés perdent du pouvoir
d'achat, paraît-il, à cause de la baisse de la mortalité. Est-ce la
nostalgie de la canicule 2003 ou seraient-ils payés au rendement?

Tout va bien:
L'augmentation des frais médicaux est en diminution.
L'augmentation du chômage est en décélération.
Par contre la diminution du pouvoir d'achat est en augmentation.
(Sauf pour le retraité de Carrefour, merci pour lui)
Pendant la sécheresse, l'arrosage des golfs continue. (En France, on
utilise 140 litres d'eau par jour et par personne.)
Après avoir ouvert le parc national d'Alaska à l'exploitation pétrolière,
Bush relance le nucléaire. (Remember 26 avril 1986 : Tchernobyl)
Les industries à gros alimentaires (ou agroalimenteuses) vous le disent
bien haut à coup de pages de pub: les pesticides, c'est bien!

(Mais bon sang, Chirac, comment tu veux que les jeunes aient pas peur
de l'avenir?!)

Intronisation de Benoit Sixteen comme la chapelle. (Moi j'aimais mieux
quand il s'appelait Ratzinger : un beau nom pour un méchant de bande
dessinée.)

Zapping à l'heure des feuilletons pour femmes à la maison:
1. Un femme blonde devant un ordi, choisissant des robes sur internet.
2. Des mecs en costard qui discutent. "Avez-vous idée de qui aurait pu
vouloir tuer votre fille?"
3. Une fille brune qui téléphone : "Et toi? Tu vois toujours ton
informaticien?"
4, c'est Canal +, je suis pas abonné.
5. Docu sur la Thaïlande.
6. Une fille auburn qui téléphone de sa voiture arrêtée dans la campagne.
J'ai pas eu le temps de noter ce qu'elle disait, trop tard, c'est la pub:
Jacques Dessanges. Calgonit. Poulain. All-Bran. Garnier. Kinder Bueno.
Bourjois. Lustucru. Super Croix. Mikado. Pampers. Yoplait. Harrys (pain
en tranches)
Soit :
Cosmétiques, 3.
Produits maison, 2.
Produit bébé, 1.
Bouffe 7 (dont 3 à base de chocolat et un pour corriger la constipation
- y a une cohérence)
Tirez-en les conclusions que vous voulez.

--
"Le secret douloureux des dieux et des rois,
c'est que les hommes sont libres." (JP Sartre. Les Mouches)

LETTRE OUVERTE N°14 - 9 mai 2005
C'EST DIMANCHE! (Allo? On me dit que c'est lundi, en fait. Ah bon, déjà?
Tant pis!)

image lettre ouverte n°14 


LETTRE OUVERTE N°15 - 10 mai 2005
Un ami m'a envoyé ça, qui n'est pas sans rapport avec les trucs
que j'aime bien soulever... :

  Deux mondes en un

Le premier chapitre du livre "Cause Commune" février 2005 de
Philippe Aigrain.

Je mets le fichier PDF en attachement mais on peut aussi visiter
Transversales...

--------

On retrouvera ce premier chapitre sur le site de Transversales
sciences-cultures. Le livre complet est édité par Fayard, et la version
intégrale sera disponible sous licence Creative Commons BY-NC-ND
six mois après la mise en librairie.

   *
     Philippe Aigrain
     http://www.freescape.eu.org/biblio/auteur.php3?id_auteur=80
         o Ex-chef de secteur pour les "technologies du logiciel et
          société" dans l'unité "Technologies des logiciels et
          systèmes distribués" du programme de recherche et
          développement technologique "Technologies de la société de
          l'information" (Commission Européenne, direction générale
          Société de l'Information), Philippe Aigrain y avait en
          charge les actions dans le domaine du soutien aux logiciels
          libres et des innovations liées. Il est aujourd'hui en
          charge de Sopinspace (Société pour les espaces publics
          d'information), qui développe des outils logiciels libres et
          fournira des services d'aide à la conception pour les débats
          publics sur Internet.

Bises à tous-toutes.


LETTRE OUVERTE N°16 - 14 mai 2005
A la demande générale de quelques particuliers, je publie les réponses
reçues à mon koan sans rapport bien sûr avec l'actualité. (Lettres 11 et 13)

Rappel:
Le maître dit à l'élève agenouillé devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras répondre par OUI ou
par NON.
Mais attention, si tu réponds NON, je te donne un coup de bâton sur la tête.
Voici la question:
Veux-tu recevoir un coup de bâton sur la tête?

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Très bonne illustration de la liberté d'expression...!!!

Vjoie

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Un autre demande à son maître : "Maître, qu'est-ce que Boudha ?"
Et le maître répond : "Tu vois cette montagne, au loin ?"
"Oui", répond l'élève...
Et le maître lui dit : "Apporte la moi, et je répondrai à toutes tes
questions..." ;)

Bruno Bellamy

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Il existe un moyen pour sortir de cette impasse. Il suffit seulement à
l'élève de ne pas répondre tout de suite et d'attendre, car chez les maîtres
zen, le temps n'a pas de prise et dans la question du maître zen, rien
n'oblige l'élève à répondre maintenant, il peut réfléchir, tellement
réfléchir et donc repousser sa réponse jusqu'à la fin des temps, si bien que
le maître Zen a deux solutions:
Il attend et on peut continuer longtemps comme ça.
Soit il est forcé de reposer la question en la formulant ainsi:
"Je t'ai posé une question et je te demande de répondre maintenant".
Et c'est là que le maître Zen s'est piégé, car il vient de reposer une
nouvelle question qui englobe la première. Du coup, l'élève répond:
- Non, et bien c'est oui.
Explication: tout en répondant non à la deuxième question qui est
entre-guillemets et qui englobe la première, l'élève a quand même répondu et
surtout par la négative, ce qui est une première contradiction. Mais ce non
pourrait être interprété comme la réponse à la toute première question,
mais comme il répond en plus "et bien c'est oui", c'est donc qu'il
répond oui,
donc l'opposé. C'est à tous les niveaux contradictoire. Au final il a quand
même répondu oui tout en répondant non.
Si le maître Zen réfléchit bien, il est dans l'incapacité de brandir son
bâton. S'il raisonne encore mieux, il devrait donner deux coups de
bâtons puisque, de toutes façons, l'élève au final, a répondu oui et
non, mais ce n'est pas
possible, puisque le maître Zen doit donner un seul coup bâton, résultat
inéluctable de la première question. Le maître Zen est coincé.
Il aurait fallu pour conclure que le maître Zen formule mieux sa première
question du style:
Le maître dit à l'élève agenouillé devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras répondre tout de suite
par OUI ou par NON.
Mais je doute qu'un maître Zen pose des questions sans qu'on puisse
réfléchir.

Jean-Loup Martin

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J'amorce une tentative de réponse concernant le koan.
Au tout début, la réponse m'a paru simple et j'ai failli balancer illico ce
que je pensais. Et puis le doute s'est emparé de moi et ça m'a paru
tellement complexe que je me suis bien gardé de répondre !
Trois propositions :
Pour moi, le sens du Koan dépend des intentions du maître.
- Si le maitre pense que prendre un coup de baton est inéluctable et que
cela peut servir la cause de la majorité, circonscrire la violence et que
cela constitue une épreuve initiatique, alors le mieux est de répondre
oui et
d'attendre le coup (un coup fait toujours moins mal quand on se prépare à
l'encaisser).
- Si le maitre a des intentions troubles voir belliqueuses, et qu'il ne
cherche qu'à nous soumettre et à nous instrumentaliser pour servir ses
intérets (DARTH SIDIOUS) alors la question est inacceptable et le coup doit
être évité.
- Le baton n'existe pas (AAAAAAAAAAAAAAAAIE)
Dans tous les cas, il faut se préparer à prendre des coups.
"La métaphore de la vie, c'est la guerre" Céline
Mais certaines guerres sont moins acceptables (et plus douloureuses) que
d'autres.

David Doukhan

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Bonjour,
En réponse à votre estimée no 11 du 14 avril, je répondrais:
"Peut-être..."

Cordialement,
Jean-Luc Ernst

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Pour le Koan, ma réponse est OUI :
- Si on dit "non", le maître donne le coup de bâton, il l'a dit.
- Si on dit "oui", le maître n'a pas promis d'exaucer la demande.

Et comme, à mon humble avis, mais je ne suis pas expert en matière
de coups de bâton, un "Tu l'auras (un jour, peut-être)!" vaut mieux
qu'un "Tiens (prend ça sur ce coin de ta gueule) !", j'opte pour
la réponse Oui (toujours sans rapport avec l'actualité).

Thypmel

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Ma reponse à la question du koan:
KATZ!

May

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LE COUP DE BATON !
C'est exactement l'expression qui convient au référendum sur la constitution
en France.
La réaction que le Français ressent face au référendum est exactement la
même chose que le pauvre élève face au maître Zen-Chirac.
Quelle que soit la réponse: oui ou non, je reçois un coup de bâton.
Car si je dis oui, "Chirac reste et ce sont les derniers pays européens
arrivés qui vont me donner des coups de bâton", c'est ce que me disent
les gens qui votent non.
Mais "si je dis non, Chirac reste aussi et ce sont les autres pays de
monde entier, dont les pays asiatiques qui vont me donner des coups de
bambou", c'est ce que me disent les gens qui votent oui.

Quand même! Ceux qui ont fait la constitution n'ont pas prévu de plan B.
C'est marrant, Chirac il nous balance un référendum , mais il n'y a pas de
plan B! C'est ce qui s'est passé au deuxième tour, en 2002, tout le monde a
dit votez à 80 % pour Chirac, surtout pas l'autre, car il n'y a pas de
plan B.
Chirac a bien compris la leçon, il nous refait le coup, et on est coincé,
voilà pourquoi on s'agite comme l'élève du maître Zen. Dans le
référendum en fait, on n'a pas tenu compte de ceux qui veulent voter
non, même si on peut penser qu'ils aient tort. La moindre chose aurait
voulu de prévoir un plan B, ne serait-ce que par correction. Faut-il
alors faire confiance à ceux qui ne prévoient pas de plan b, même un
tout petit b?

On en revient donc à ce que le référendum contienne une double question:
Attention, je vais te poser une question?
Mais si tu réponds non, tu reçois un coup de bâton = il n'y a pas de
plan b si
tu veux voter le plan b.
C'est ce que ressentent ceux qui veulent voter non, et on peut très bien le
comprendre, même si on a envie de voter oui, car total respect!

Ce qui va se passer?
Et bien on s'agite, on dit non et au dernier moment, dans l'isoloir, le
Français tremblera et finira par voter oui. Ainsi tout le monde sera
content. Pourquoi? Parce que le Français va se rappeler le fameux mois
d'avril 2002 et là, il va se dire que cette fois-ci, il n'y a pas de
deuxième tour ou tout du moins, le deuxième tour, s'il dit non, ça sera
peut-être son gosse qui votera. Et ça...!

JeanLoup Martin

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(Silence profond)
Dans sa tête le jeune disciple sait que les réponses sont toutes
enrobées de silence.
Sur sa tête la bâton de la sagesse (ou plutôt celui maitre) fait quand
même un petit bruit sourd.
Une tête creuse pleine de vide ne devient pas forcément silencieuse
surtout si on lui tape dessus avec un baton.

JUBO (je ne sais pas ce que ca veut dire en sanscrit, en japonais, en
chinois...)

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# Quant à moi, je dois d'abord avouer que je n'ai pas tout à fait
inventé ce koan.
J'ai été frappé, il y a peut-être 20 ans, pas par un bâton, non, mais
par la notion de "double bind", en français "double contrainte", telle
que l'a exposée Gregory Bateson dans "Vers une écologie de l'esprit" -
lecture hautement recommandable pour quiconque s'intéresse à "la
communication, comment ça se passe?"
Je ne vais pas vous faire un exposé sur la question et je ne sais pas si
on trouve encore facilement ce bouquin (2 tomes, chez Seuil - 1980) mais
en faisant une recherche internet sur le sujet, on doit trouver des trucs.
Une double contrainte, en résumé, c'est "quoi que fasse un individu pris
dans cette situation, il ne peut pas être gagnant."
Ce qui entraîne une paralysie, ou pire, des troubles psychiatriques.
Bateson avance l'hypothèse que l'individu peut développer une
schizophrénie, en tout cas s'il est coincé dans cette situation dans sa
petite enfance de manière répétitive, vivant de manière prolongée des
"séquences d'expérience insoluble". (Situation perverse le plus souvent
imposée par la mère, selon l'expérience clinique de Bateson.)
Sur le plan social ou politique, on pourrait citer le paquet de
cigarettes sur lequel l'Etat impose l'étiquette "fumer tue", alors même
que le tabac lui rapporte beaucoup en taxes. On peut chercher d'autres
exemples et se demander si le système n'est pas psychopathogène par essence.

J'en reviens au bâton. Je cite Bateson :
"Dans le bouddhisme zen, le but à atteindre est l'état d'illumination.
Le maître zen tente d'y amener son disciple par plusieurs moyens. Il
peut, par exemple, tenir un bâton au dessus de la tête de son élève, en
lui disant brutalement : "Si vous dites que ce bâton existe, je vous
frappe avec. Si vous dites qu'il n'existe pas, je vous frappe avec. Si
vous ne dites rien, je vous frappe avec." Nous avons le sentiment que le
schizophrène se trouve en permanence dans une situation similaire à
celle de l'élève, à ceci près qu'il en sort plus souvent désorienté
qu'illuminé. Le disciple zen peut, par exemple, se lever et arracher le
bâton à son maître, lequel peut accepter sa réaction comme appropriée;
alors que le schizophrène ne dispose nullement d'un tel choix, étant
donné qu'il ne peut traiter avec désinvolture la relation mise en
question et que d'autre part, les intentions et l'esprit de sa mère ne
sont nullement celles du maître zen."
Bateson signale bien la différence entre ce qui se passe dans une
relation VITALE pour l'enfant (puisqu'elle concerne l'amour de sa mère)
et la relation "ludique-thérapeutique" qui se tisse entre le maître zen
et le disciple. Le paradoxe, la double contrainte émise par un koan tend
à faire stopper la pensée logique, rigide, répétitive pour éveiller
l'élève à un autre "mode", un autre registre de communication : si
l'élève reste paralysé, coincé dans le paradoxe, il est foutu. Il doit
absolument devenir créatif, faire "un pas de côté", entrer en décalage.
La fuite, l'humour, la violence font partie de ces réactions possibles,
plus ou moins "productives", comme on dit (berk).
La question de "mon" koan est sans doute moins métaphysique et moins
subtile que celle de Bateson. Et pas plus imparable : certaines des
réponses données ci-dessus montrent qu'il y a des parades logiques. La
fuite par la remise à plus tard... dont le défaut est sans doute que
l'élève se prive de la suite de l'enseignement, car le maître n'est pas
du tout obligé de reformuler sa question (sauf s'il tient à conserver
son élève... mais cela indiquerait une volonté de pouvoir, ce qui n'est
pas zen.)
Ma propre réponse, spontanée, était plus ou moins violente : comme dans
le bouquin, s'emparer du bâton et soit le balancer par la fenêtre, ou le
briser, soit s'en servir soi-même pour taper sur la tête du maître, ou,
plus maîtrisé, plus humoristique, faire semblant de le taper et arrêter
son coup à ras du crâne. Tout cela n'est pas sans risque : il y a de
fortes chances que le maître zen soit meilleur en kendo que l'élève!
Dans tous les cas, il y a désobéissance, refus de rester sur le registre
imposé par la question.
Sauf dans la réponse de Thypmel qui répond oui parce que le maître n'a
pas promis qu'il donnerait le coup demandé. Réponse qui suppose une
grande CONFIANCE de l'élève envers le maître.

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Si on veut absolument chercher les rapports avec l'actualité, il faut se
rappeler que la relation entre un peuple et son gouvernant ÉLU, n'est
PAS la relation entre un élève et son maître spirituel, pas plus que
celle d'un enfant avec sa maman.

# Plouf-plouf #

... Et bravo pour ces réactions et contre-réactions qui rassurent quant aux
capacités de réflexion de certains mais qui ne semblent plus du domaine
des politiques et des médias. Ton koan est en fait un appel à la
désobéissance civile puisque c'est la seule issue qui permet d'éviter le
coup de bâton si l'on n'a pas assez confiance au maître ou si l'on
considère que par cette question sans choix, le maître a perdu sa
fonction. On peut aussi comme le suggère JLM tenter la patience... mais
la position agenouillée devient vite fatigante alors que le maître est
debout! On peut utiliser un peu de ce temps pour préparer une attaque
permettant de le désarmer au moment même où il sera persuadé de la
soumission schizophrénique de l'élève et alors que celui-ci, libéré de
cette position d'élève puisqu'il ne reconnaît plus le maître, a préparé
minutieusement son "Plan B".
Amicalement
Michel IARMARCOVAI


LETTRE OUVERTE N°17 - 15 mai 2005
Ben oui, c'est dimanche!
(Les auteurs de BD travailleront-ils le lundi de Pentecote???)
image Lettre Ouverte n°17

LETTRE OUVERTE N°18 - 20 mai 2005
Retransmissions

C'est pas parce que le lundi de Pentecôte est passé qu'il ne faut plus
en parler. Alors quelques trucs copiés-collés pour fêter la descente du
St Esprit sur Terre.

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UNE BLAGUE

Un homme élégant et BDSB (bien dans ses baskets) sort d'un supermarché
en poussant un caddie rempli à ras bord de marchandises et gourmandises
en tout genre : champagne, foie gras, saumon , etc.. En s'approchant du
coffre de son 4X4 rutilant, il aperçoit un homme qui ramasse de
rachitiques brins d'herbes qui ont poussé à travers le béton du parking :

" Excusez-moi, Monsieur, mais que faites-vous ?

- Je ramasse de l'herbe. C'est pour manger. J'en ramène aussi à la
maison : on n'a plus rien !

- Ah, bon ! Si je puis me permettre... Tenez : voici ma carte, avec mon
adresse. Venez plutôt manger à la maison !

- C'est gentil, Monsieur, mais j'ai une femme et huit mômes, et je, enfin...

- Mais, c'est évident, venez avec votre famille !

- Oh, alors, ça, c'est gentil ! Mais c'est que les grands ils sont déjà
mariés, pis ils ont aussi des petits !

- Allons, mon ami, je vous en prie, venez tous !

- Vous êtes sûr, pace qu'y a aussi mes soeurs et mes beaux-frères : on
est nombreux dans la famille, savez...

- Je vous le dis, j'insiste, ça me fait plaisir, venez tous : autour de
chez moi, l'herbe est haute comme ça ; si vous êtes nombreux, en trois
heures, c'est fait ! ".

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UNE ALERTE AU VIRUS

Ce virus est prévu pour se déclencher le lundi de Pentecôte.
Il doit provoquer la suppression d'un jour férié. Il transformera
ensuite des heures chômées en heures travaillées.
Enfin, par un processus que ni Mac Afee, ni Norton Antivirus, ni
Microsoft, ni JP Raffarin, ni même Jean Luc Delarue ne parviennent à
expliquer à ce jour, il doit transformer des cotisations sociales en
aide pour les personnes âgées !!! Il aurait été mis au point par
une équipe d'escrocs qui se sont fait élire en promettant aux
"Français d'en bas " davantage de sécurité... sociale!

Il est encore temps d'agir pour éradiquer ce virus, apparenté à un
Cheval de Troie.

Voici la marche à suivre :

1 - Faites suivre ce mail à tout votre carnet d'adresse.

2 - Décrétez que vous ne viendrez en aucun cas travailler ce jour là.

3 - Jurez au contraire que vous en profiterez pour rendre visite à une
grand-tante esseulée.

4 - Réclamez haut et fort la création d'un jour férié en plus, qui sera
consacré à organiser des festivités pour égayer le quotidien des
personnes âgées.

5 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin, que l'économie du pays
récupérera en richesses produites tout ce qui sera dépensé au cours de
ce jour de fête.

6 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que l'impôt sur les
grandes fortunes a été diminué pendant que 15.000 personnes âgées
n'avaient pas de quoi être accueillies dans
les hôpitaux et services sociaux

7- Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que l'impôt sur les
sociétés a été abaissé à 30 % pendant le même mois. Il était de
50 % il n'y a pas si longtemps.

8 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que 103 millions d'euros
de crédits pour l'amélioration des structures d'accueil des personnes
âgées ont été annulés en janvier 2003.

9 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que des millions
d'heures d'aide ménagère ont été supprimées faute de crédits

10 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin, que des centaines
de lits d'hôpitaux ont été supprimés, des dizaines d'établissements
hospitaliers supprimés.

11 - Rappelez enfin que s'il faut travailler plus, des millions de
chômeurs seraient ravis de le faire.

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UNE DÉMONSTRATION IMPARABLE

Lundi de Pentecote, Jeannot travaillera gratuitement alors qu'il touche
habituellement (péniblement) ses 9,89EUR de l'heure, soit 1500EUR par mois.

Jeannot aurait pu travailler et toucher ses 7h de salaire, voire même
auraient elle pu être comptées en heure supplémentaires à +25%, ce qui
aurait couté à son patron 7h *
9,89EUR * 125% * 140% (cotisations), soit 121,15EUR.

Au lieu de cela, Jeannot va travailler gratuitement, par solidarité pour
les vieux, tandis que son patron versera 0,3% de la masse salariale
annuelle à une caisse nationale de solidarité, soit pour le cas de
Jeannot 1500 EUR * 12mois * 0,3%
= 54 EUR

Le patron de Jeannot économise donc 121,15 - 54 = 67,15 EUR et gagnera
en plus une journée de production supplémentaire.

Si Jeannot avait été payé en heure sup', son salaire du jour aurait en
revanche été imposé pour 40% de part patronale et 22% de part salariale,
soit un montant de charges de 53,65 EUR...
au lieu des 54 EUR versés par les 0,3% de solidarité.

Pour 0,35 EUR de plus, on prive donc Jeannot d'une journée de salaire
(en lui occasionnant des frais pour se rendre à son travail un jour de
plus) et on offre à son patron une journée de production supplémentaire
et 67,15 EUR de salaire qu'il n'a pas à verser.

A qui profite cette action de solidarité ?

PS ; ce même lundi de Pentecote, les écoles seront ouvertes "par
solidarité", comme si nos chères têtes blondes pouvaient elles aussi
contribuer financièrement à la cause au lieu d'aller passer un peu de
temps avec leur grand parents.

PS2 ; l'Assemblée Nationale en revanche, serait fermée... par solidarité
avec les vieux peut-être ?

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Et puis quelques considérations issues d'un billet de Michel Crespy dans
La Gazette (Nimes ou Montpellier) qui signale qu'il faudrait peut-être
commencer par la solidarité entre personnes agées, car les inégalités
s'accroissent avec l'âge.: 15 % des retraités perçoivent 65 % du volume
total des retraites. Sans parler du patrimoine et des avoirs boursiers...
et des retraites des grands patrons Renault, Carrefour...


"Un bon truc pour paraître dix ans plus jeune, c'est de te vieillir de
dix ans quand tu dis ton âge." (JCVD)

"Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux." (Eric Satie. Cahier d'un
mammifère)

"Drôle de monde - on aura du pot si on s'en sort vivant." (W.C. Fields)

LETTRE OUVERTE N°19 - 22 mai 2005
Evidemment, pour avoir droit au dessin du dimanche, faut se taper mes
délits d'europinion de la semaine---
image Lettre Ouverte n°19

--
"On n'est jamais si bien asservi  que par soi-même."

LETTRE OUVERTE N°20 - 24 mai 2005
Une page de chauvinisme-protectionnisme franco-français légèrement
xénophobe et souverainiste sur les bords :

(On peut d'ailleurs relire Pierre Desproges: "Les Étrangers sont nuls",
Seuil, 1992) (Question en passant : ce livre pourrait-il être publié
aujourd'hui???)

N'attendez pas le référendum : la "concurrence libre et non faussée",
c'est maintenant.

Sport
Rossignol devient Quicksilver. (Comme quoi l'Europe nous protège contre
l'hégémonie américaine)

IBM licencie. On va remplacer les salariés par des ordinateurs?
(fabriqués en Chine?)

L'économie mondialisée, comment ça peut marcher?
Si on délocalise notre production d'objets de consommation chez les
Chinois (par ex.) on crée du chomage chez nous, donc de la pauvreté,
donc on perd des consommateurs... Alors, comment ça peut marcher?
(Allo, on me dit que l'important c'est pas de vendre chez nous, mais
ailleurs. Bon, comme ça je comprends.)

Délocalisez-vous, redélocalisez-vous, vous verrez du pays!
Allez travailler en Roumanie& au salaire roumain, bien sûr : 110 euros
p/m. Au même tarif, on peut aller bosser à la Réunion, ou, à 2 euros de
l'heure au Mexique ou en Chine.

Plan B : Engagez des plombiers Bolonais selon les rites Bolonais, au
tarif Bolonais et avec la protection sociale Bolonaise... Est-ce que la
directive Bolkestein ne protégerait pas ces gens B ? Ah ben non, il
suffit d'installer une succursale en Bolonie... Vive la solidarité européenne.

Réforme du Pavillon Français :
Les armateurs peuvent engager des marins étrangers comme ils veulent du
moment que le capitaine reste français.

Merci à Roland Castro qui dit : "C'est déshonnorant de délocaliser quand
on fait des bénéfices". Evidemment, "l'honneur", c'est ringard...
Pas merci à Olivier Duhamel qui dit "Les délocalisations sont
globalement une bonne chose". "Globalement", il a peut-être raison, mais
sur le passage de cette "globalité", que de misères, que de désespoirs,
que de morts... (On peut en dire autant pour l'expression "à terme".)

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(Quant au chauvinisme, bien se rappeler que, en se défendant contre les
délocalisations, on défend autant les salariés polonais, lettons, estons
et autres, que les salariés français...)

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Dans la continuité, une page culturelle où Caza ramène sa science  et
celle des autres

CONCURRENCE ET COOPÉRATION

Parmi les paradoxes, doubles contraintes, contradictions internes et
autres oxymores* de la constitution européenne il y a cette injonction
faite aux pays de l'Union de COOPÉRER pour promouvoir une économie de
CONCURRENCE.

* Un oxymore, ou oxymoron, c'est une formulation contenant 2 termes
contradictoires. Plus exactement, d'après Madame Larousse, une figure de
style qui réunit 2 mots en apparence contradictoires. Ex : un silence
éloquent. C'est donc de la rhétorique, c'est volontaire, ça tend à un
effet, une forme de second degré. Cela dit, j'aimerais bien savoir si
l'article suivant est un effet de style à prendre au second degré???
C'est le I-3, § 3, celui qui me fait le plus rire (Sujet du bac : dans
le texte suivant, relevez tous les termes contradictoires deux à deux) :
"L'Union Suvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une
croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une
économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein
emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et
d'amélioration de la qualité de l'environnement. Elle promeut le progrès
scientifique et technique."

Et puis on peut rapprocher (2 alinéas plus bas) "Elle promeut la
cohésion économique, sociale et territoriale, et la solidarité entre les
Etats membres" avec l'alinéa 2 où figure "un marché intérieur où la
concurrence est libre et non faussée", expression moulte fois reprise
par la suite. Plus loin, I-5, §2, il est question de "coopération
loyale". Plus loin encore, I-12, §3 "Les Etats membres coordonnent leurs
politiques économiques et de l'emploi selon les modalités prévues par la
partie III", ce qui est répété et un peu précisé en I-15. Sachant que la
partie III répète jusqu'à plus soif la formulation "concurrence libre et
non faussée", on peut vraiment s'interroger sur ce paradoxe de la
solidarité dans la concurrence.
Moi j'ai du mal, avec ça...

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Sur ce sujet, j'ai relevé quelques petits truc sympathiques dans le
livre de notre fourmillier préféré Bernard Werber, L'Encyclopédie du
savoir relatif et absolu
(qu'on peut retrouver sur son site
http://www.bernardwerber.com/)

"Coopération, réciprocité, pardon
En 1974, le philosophe et psychologue Anatole Rapaport de l'université
de Toronto émet l'idée que la manière la plus "efficace" de se comporter
vis à vis d'autrui est:
1) la coopération
2) la réciprocité
3) le pardon.
C'est-à-dire que lorsqu'un individu ou une structure ou un groupe
rencontre un autre individu, structure ou groupe, il a tout intérêt à
proposer une alliance. Ensuite il importe, selon la règle de
réciprocité, de donner à l'autre en fonction de ce que l'on reçoit. Si
l'autre aide, on l'aide; si l'autre agresse, il faut l'agresser en
retour, de la même manière et avec la même intensité. Enfin il faut
pardonner et offrir de nouveau la coopération.

En 1979 le mathématicien Robert Axelrod organisa un tournoi entre
logiciels autonomes capables de se comporter comme des êtres vivants.
Une seule contrainte: chaque programme devait être équipé d'une routine
de communication, sous-programme lui permettant de discuter avec ses
voisins.

Robert Axelrod reçut 14 disquettes de programmes envoyés par des
collègues, universitaires également intéressés par ce tournoi. Chaque
programme proposait des lois différentes de comportement (pour les plus
simplistes, deux lignes de code de conduite, pour les plus complexes,
une centaine), le but étant d'accumuler le maximum de points.

Certains programmes avaient pour règle d'exploiter au plus vite l'autre,
de lui voler ses points puis de changer de partenaires. D'autres
essayaient de se débrouiller seuls, gardant précieusement leurs points
et fuyant tous contacts avec ceux susceptibles de les voler. Il y avait
des règles du type: "si l'autre est hostile, l'avertir qu'il doit
modifier son comportement puis procéder à une punition". Ou encore:
"coopérer puis obtenir des défections surprises provoquées par un
système aléatoire".

Chaque programme fut opposé 200 fois à chacun des autres concurrents.
Celui d'Anatole Rapaport, équipé du comportement CRP,
(Coopération-Réciprocité-Pardon), battit tous les autres.

Encore plus fort: le programme CRP, placé cette fois au milieu des
autres en vrac, s'avéra au début perdant devant les programmes
agressifs, mais finit par être victorieux puis même "contagieuxª au fur
et à mesure qu'on lui laissa du temps. Les programmes voisins constatant
qu'il était le plus efficace pour accumuler des points, alignèrent en
effet leur attitude sur la sienne. A la longue, la méthode est payante.
Ce n'est pas de la gentillesse, il y va juste de votre propre intérrêt
démontré par l'informatique."
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Il y a aussi un chapitre qui parle de certaines expériences sur les rats
démontrant une hiérarchisation entre "exploiteurs", "exploités" et
"souffre-douleur", et que les plus stressés du lot étaient les exploiteurs !

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Et du coup, c'est avec plaisir que je vous ressers cette citation que
j'adore :
"La force de celui qui n'a pas d'ambition est phénoménale. Il n'a rien à
gagner, il n'a rien à perdre. Il ne fait pas de fautes de stratégie : il
n'en a pas. Il avance sans crainte, sans pression aucune. Sa motivation
est liée seulement à son soucis permanent de rendre sa tâche la moins
lourde possible. Il n'est un danger pour personne, il n'a donc pas de
prédateur (...) Il est transparent pour les autres, il peut parfois être
considéré avec pitié... Erreur fondamentale, car il sera sans doute le
seul survivant."
Solange de Carrere. Courrier des lecteurs de Télérama. 12/2004

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Gnouf !

Et ci-dessous, un petit cadeau de Marcus.

LO020 - site d enchères pour chômeurs

http://econon.free.fr

http://www.arsindustrialis.org/

http://www.la-gauche.org

http://www.nonsocialiste.fr

http://www.solidaires.org

http://aixtal.blogspot.com/2005/04/texte-la-constitution-europenne-pour.html

http://lcr37.lautre.net

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm

http://www.edf-gdf-loire-cgt.com/modules/news

http://www.freewarriors.org/europe_sociale.htm

http://ballon.rouge.free.fr

http://collectif84.lautre.net/NONAUTRAITE/index.html

http://www.urfig.org/francais-go.htm

http://www.stopbolkestein.org/

http://www.france.attac.org/a4059

http://alternativelibertaire.org

http://www.lcr-rouge.org

http://www.fondation-copernic.org/index.htm

http://nonalaguerre.com/divers/referendum.htm

http://www.ingrand.net/blog

Retransmission Diverse n° 3 - Crespy

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