DÉLITS
D'OPINION
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archive des Lettres Ouvertes n°011 à 020.
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LETTRE
OUVERTE
N°11 - 14 avril 2005
Un koan zen
Le maître dit à l'élève
agenouillé
devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras
répondre par OUI ou
par NON.
Mais attention, si tu réponds NON, je te donne un coup de
bâton sur la tête.
Voici la question:
Veux-tu recevoir un coup de bâton sur la tête?
...........................
LETTRE
OUVERTE
N°12 - 26 avril 2005
Cette affaire de référendum pour le
"Traité
établissant une Constitution
pour l'Europe" a au moins un avantage : ça nous donne
l'occasion
d'utiliser le mot recensé comme le plus long de la langue
française :
anticonstitutionnellement. C'est pas si souvent.
----------------
Voici un texte qui semble avoir déjà pas mal
tourné sur le net, je l'ai
déjà reçu 3 fois... Mais qui
mérite bien
de continuer à être lu car il
est "définitif", en ce sens qu'il met en valeur l'aspect
tout
simplement
illégal (anticonstitutionnel) de ce "Traité
établissant une Constitution
pour l'Europe".
Pour éviter de faire tourner un texte que l'auteur
lui-même revoit
constamment, je ne le mets pas en attachement mais vous recommande
de visiter son site et de suivre l'évolution de ses
réflexions depuis la
première mouture, les réactions
reçues,
prolongements, clarifications,
etc, sans compter les liens...
C'est juste un citoyen qui réfléchit et cela a
quelque
chose de
simplement bouleversant...
(Certains de mes amis contestent la validité de son analyse,
et
c'est
bien normal, c'est même fait pour ça... Donc, sans
doute
qu'on en
reparlera.)
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm
LETTRE
OUVERTE
N°13 - 2 mai 2005
VRAC DU 2 MAI 2005
Europe.
On dit que les partisans du NON ne répondent pas
à la
question posée,
mais c'est peut-être justement qu'on ne nous pose pas la
bonne
question.
----------------
Rappel de ma lettre N°11: le koan zen:
Le maître dit à l'élève
agenouillé
devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras
répondre par OUI ou
par NON.
Mais attention, si tu réponds NON, je te donne un coup de
bâton sur la tête.
Voici la question:
Veux-tu recevoir un coup de bâton sur la tête?
...........................
Je ne vous l'avais pas dit alors, mais je serais curieux d'avoir des
propositions de réponses ou réactions salutaires
(=
comment s'en sortir
face à une question à double contrainte comme
celle-ci — mais n'ayant
bien sûr aucun rapport avec l'actualité.)
J'en ai reçu, mais très peu. Qui a des
idées?
----------------
Tiens, c'est un peu tard, mais je vous le mets quand même :
Le problème de la neige sur les autoroutes, c'est pas la
neige,
c'est
les autoroutes.
C'est à dire les camions.
C'est à dire l'Europe... L'Europe des échanges
commerciaux à fond la caisse.
Exemple : les Danois pêchent des crevettes en
Atlantique-Nord,
les
envoient par camions au Maroc pour les faire décortiquer par
une
main
d'oeuvre pas cher, après quoi les crevettes remontent,
toujours
par
camions, bien sûr, pas à la nage, vers les pays du
nord.
Aberration
écologique et économique!
Au milieu de ce trafic, les autoroutes francaises, plaque tournante des
échanges, il suffit de regarder une carte pour comprendre
ça. Résultat:
milliers de camions européens lancés à
fond sur
nos autoroutes, avec
toutes les conséquences sociales et écologiques
que l'on
sait:
accidents, horaires infernaux des camionneurs, pollution de
proximité,
émission de gaz à effet de serre qu'on en prend
pour 50
ans!
(comme la Constitution)
Si j'ajoute à ça les nouvelles fraîches
où
j'apprends qu'un transporteur
français engage des chauffeurs polonais au tiers du tarif
des
français,
j'ai vraiment du mal à aimer l'Europe!
----------------
Il y a quelque chose qui m'a toujours dérangé, de
la part
des
journalistes satiriques, chansonniers, etc, c'est l'attaque contre les
personnes, les hommes politiques ou autres, la caricature personnelle.
J'ai du mal avec ça parce que, pour moi, ce ne sont pas des
individus
qui sont en cause (ou ça ne devrait pas) mais des
institutions
ou des
idéologies. Pourtant, parfois, c'est difficile de faire
autrement, tant
la fonction crée l'organe.
Exemple :
M. Chirac (non : le Président de la République),
dans sa
rencontre avec
"les jeunes", emploie beaucoup le vocabulaire de la "puissance" (de la
France, de l'Europe...). Ce langage, moi, je ne le comprends pas (et
ça
me fait de la peine!) ... Mais M. Lang (non : un membre du Parti
"Socialiste") lui aussi emploie ces termes. Alors on en est toujours
là?
Aparté en forme de citation :
"La force de celui qui n'a pas d'ambition est
phénoménale. Il n'a rien à
gagner, il n'a rien à perdre. Il ne fait pas de fautes de
stratégie : il
n'en a pas. Il avance sans crainte, sans pression aucune. Sa motivation
est liée seulement à son soucis permanent de
rendre sa
tâche la moins
lourde possible. Il n'est un danger pour personne, il n'a donc pas de
prédateur (...) Il est transparent pour les autres, il peut
parfois être
considéré avec pitié... Erreur
fondamentale, car
il sera sans doute le
seul survivant."
(Solange de Carrère. Courrier des lecteurs de
Télérama. 12/2004)
Autre aparté :
"Relever des défis" — On entend ça
souvent dans la
bouche des politiques.
Il y a une bonne raison de lutter contre le libéralisme
économique, la
mondialisation, l'économie de marché, la
concurrence, la
compétition,
c'est qu'on le paye très cher, au finale, en STRESS.
Mais quand le Président conclut sa soirée djeunes
avec
"cette peur de
l'avenir, je ne la comprends pas — et ça me fait
de la peine!",
c'est
bien M. Chirac qui parle, Chichi, Jacquot...
Phrase qui est un terrible aveu
d'à-côté-de-la-plaquitude, phrase
idiote
et odieuse de chantage paternaliste...
Ah là là, c'est pas gentil de faire de la peine
à
papa Chirac!
----------------
Et puis des fois, on peut céder à la tentation de
se
moquer d'un
individu, juste pour le plaisir d'un bon mot (mais c'est pas bien!) :
M. Mattéi porte malheur :
Quand il était Ministre de la Santé, paf,
canicule.
Il se retrouve Président de la Croix Rouge, paf, tsunami.
----------------
Vu à la télé :
"Atanarjuat, la légende de l'homme rapide".
Depuis qu'on exploite le pétrole en Alaska, la
température a déjà monté
de 4°C et les Inuits courent tout nus sur la glace.
Grève chez les fabricants de cercueils. Les
salariés
perdent du pouvoir
d'achat, paraît-il, à cause de la baisse de la
mortalité. Est-ce la
nostalgie de la canicule 2003 ou seraient-ils payés au
rendement?
Tout va bien:
L'augmentation des frais médicaux est en diminution.
L'augmentation du chômage est en
décélération.
Par contre la diminution du pouvoir d'achat est en augmentation.
(Sauf pour le retraité de Carrefour, merci pour lui)
Pendant la sécheresse, l'arrosage des golfs continue. (En
France, on
utilise 140 litres d'eau par jour et par personne.)
Après avoir ouvert le parc national d'Alaska à
l'exploitation pétrolière,
Bush relance le nucléaire.
(Remember
26 avril 1986 : Tchernobyl)
Les industries à gros alimentaires (ou agroalimenteuses)
vous le
disent
bien haut à coup de pages de pub: les pesticides, c'est bien!
(Mais bon sang, Chirac, comment tu veux que les jeunes aient pas peur
de l'avenir?!)
Intronisation de Benoit Sixteen comme la chapelle. (Moi j'aimais mieux
quand il s'appelait Ratzinger : un beau nom pour un méchant
de
bande
dessinée.)
Zapping à l'heure des feuilletons pour femmes à
la maison:
1. Un femme blonde devant un ordi, choisissant des robes sur internet.
2. Des mecs en costard qui discutent. "Avez-vous idée de qui
aurait pu
vouloir tuer votre fille?"
3. Une fille brune qui téléphone : "Et toi? Tu
vois
toujours ton
informaticien?"
4, c'est Canal +, je suis pas abonné.
5. Docu sur la Thaïlande.
6. Une fille auburn qui téléphone de sa voiture
arrêtée dans la campagne.
J'ai pas eu le temps de noter ce qu'elle disait, trop tard, c'est la
pub:
Jacques Dessanges. Calgonit. Poulain. All-Bran. Garnier. Kinder Bueno.
Bourjois. Lustucru. Super Croix. Mikado. Pampers. Yoplait. Harrys (pain
en tranches)
Soit :
Cosmétiques, 3.
Produits maison, 2.
Produit bébé, 1.
Bouffe 7 (dont 3 à base de chocolat et un pour corriger la
constipation
- y a une cohérence)
Tirez-en les conclusions que vous voulez.
--
"Le secret douloureux des dieux et des rois,
c'est que les hommes sont libres." (JP Sartre. Les Mouches)
LETTRE
OUVERTE
N°14 - 9 mai 2005
C'EST DIMANCHE! (Allo? On me dit que c'est lundi, en fait. Ah bon,
déjà?
Tant pis!)
LETTRE
OUVERTE
N°15 - 10 mai 2005
Un ami m'a envoyé ça, qui n'est pas
sans rapport
avec les trucs
que j'aime bien soulever... :
Deux mondes en un
Le premier chapitre du livre "Cause Commune" février 2005 de
Philippe Aigrain.
Je mets le fichier PDF
en
attachement mais on peut aussi
visiter
Transversales...
--------
On retrouvera ce
premier chapitre
sur le site de Transversales
sciences-cultures. Le livre
complet est édité par
Fayard, et la version
intégrale sera disponible sous licence Creative Commons
BY-NC-ND
six mois après la mise en librairie.
*
Philippe Aigrain
http://www.freescape.eu.org/biblio/auteur.php3?id_auteur=80
o Ex-chef de secteur
pour les "technologies du logiciel et
société" dans l'unité "Technologies
des logiciels
et
systèmes
distribués" du programme de recherche et
développement technologique "Technologies de la
société de
l'information"
(Commission Européenne, direction
générale
Société de l'Information), Philippe Aigrain y
avait en
charge les
actions dans le domaine du soutien aux logiciels
libres et des
innovations liées. Il est aujourd'hui en
charge de
Sopinspace (Société pour les espaces publics
d'information),
qui développe des outils logiciels libres et
fournira des
services d'aide à la conception pour les débats
publics sur
Internet.
Bises à tous-toutes.
LETTRE
OUVERTE
N°16 - 14 mai 2005
A la demande générale de quelques particuliers,
je publie
les réponses
reçues à mon koan sans rapport bien sûr
avec
l'actualité. (Lettres 11 et 13)
Rappel:
Le maître dit à l'élève
agenouillé
devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras
répondre par OUI ou
par NON.
Mais attention, si tu réponds NON, je te donne un coup de
bâton sur la tête.
Voici la question:
Veux-tu recevoir un coup de bâton sur la tête?
------------------
Très bonne illustration de la liberté
d'expression...!!!
Vjoie
---------------------
Un autre demande à son maître : "Maître,
qu'est-ce
que Boudha ?"
Et le maître répond : "Tu vois cette montagne, au
loin ?"
"Oui", répond l'élève...
Et le maître lui dit : "Apporte la moi, et je
répondrai
à toutes tes
questions..." ;)
Bruno Bellamy
-----------------------
Il existe un moyen pour sortir de cette impasse. Il suffit seulement
à
l'élève de ne pas répondre tout de
suite et
d'attendre, car chez les maîtres
zen, le temps n'a pas de prise et dans la question du maître
zen,
rien
n'oblige l'élève à répondre
maintenant, il
peut réfléchir, tellement
réfléchir et donc repousser sa réponse
jusqu'à la fin des temps, si bien que
le maître Zen a deux solutions:
Il attend et on peut continuer longtemps comme ça.
Soit il est forcé de reposer la question en la formulant
ainsi:
"Je t'ai posé une question et je te demande de
répondre
maintenant".
Et c'est là que le maître Zen s'est
piégé,
car il vient de reposer une
nouvelle question qui englobe la première. Du coup,
l'élève répond:
- Non, et bien c'est oui.
Explication: tout en répondant non à la
deuxième
question qui est
entre-guillemets et qui englobe la première,
l'élève a quand même répondu
et
surtout par la négative, ce qui est une première
contradiction. Mais ce non
pourrait être interprété comme la
réponse
à la toute première question,
mais comme il répond en plus "et bien c'est oui", c'est donc
qu'il
répond oui,
donc l'opposé. C'est à tous les niveaux
contradictoire.
Au final il a quand
même répondu oui tout en répondant non.
Si le maître Zen réfléchit bien, il est
dans
l'incapacité de brandir son
bâton. S'il raisonne encore mieux, il devrait donner deux
coups
de
bâtons puisque, de toutes façons,
l'élève au
final, a répondu oui et
non, mais ce n'est pas
possible, puisque le maître Zen doit donner un seul coup
bâton, résultat
inéluctable de la première question. Le
maître Zen
est coincé.
Il aurait fallu pour conclure que le maître Zen formule mieux
sa
première
question du style:
Le maître dit à l'élève
agenouillé
devant lui:
- Je vais te poser une question à laquelle tu devras
répondre tout de suite
par OUI ou par NON.
Mais je doute qu'un maître Zen pose des questions sans qu'on
puisse
réfléchir.
Jean-Loup Martin
----------------------------
J'amorce une tentative de réponse concernant le koan.
Au tout début, la réponse m'a paru simple et j'ai
failli
balancer illico ce
que je pensais. Et puis le doute s'est emparé de moi et
ça m'a paru
tellement complexe que je me suis bien gardé de
répondre !
Trois propositions :
Pour moi, le sens du Koan dépend des intentions du
maître.
- Si le maitre pense que prendre un coup de baton est
inéluctable et que
cela peut servir la cause de la majorité, circonscrire la
violence et que
cela constitue une épreuve initiatique, alors le mieux est
de
répondre
oui et
d'attendre le coup (un coup fait toujours moins mal quand on se
prépare à
l'encaisser).
- Si le maitre a des intentions troubles voir belliqueuses, et qu'il ne
cherche qu'à nous soumettre et à nous
instrumentaliser
pour servir ses
intérets (DARTH SIDIOUS) alors la question est inacceptable
et
le coup doit
être évité.
- Le baton n'existe pas (AAAAAAAAAAAAAAAAIE)
Dans tous les cas, il faut se préparer à prendre
des
coups.
"La métaphore de la vie, c'est la guerre" Céline
Mais certaines guerres sont moins acceptables (et plus douloureuses) que
d'autres.
David Doukhan
----------------------------------------
Bonjour,
En réponse à votre estimée no 11 du 14
avril, je
répondrais:
"Peut-être..."
Cordialement,
Jean-Luc Ernst
---------------------
Pour le Koan, ma réponse est OUI :
- Si on dit "non", le maître donne le coup de
bâton, il l'a
dit.
- Si on dit "oui", le maître n'a pas promis d'exaucer la
demande.
Et comme, à mon humble avis, mais je ne suis pas expert en
matière
de coups de bâton, un "Tu l'auras (un jour,
peut-être)!"
vaut mieux
qu'un "Tiens (prend ça sur ce coin de ta gueule) !", j'opte
pour
la réponse Oui (toujours sans rapport avec
l'actualité).
Thypmel
---------------------
Ma reponse à la question du koan:
KATZ!
May
-----------------------
LE COUP DE BATON !
C'est exactement l'expression qui convient au
référendum
sur la constitution
en France.
La réaction que le Français ressent face au
référendum est exactement la
même chose que le pauvre élève face au
maître
Zen-Chirac.
Quelle que soit la réponse: oui ou non, je reçois
un coup
de bâton.
Car si je dis oui, "Chirac reste et ce sont les derniers pays
européens
arrivés qui vont me donner des coups de bâton",
c'est ce
que me disent
les gens qui votent non.
Mais "si je dis non, Chirac reste aussi et ce sont les autres pays de
monde entier, dont les pays asiatiques qui vont me donner des coups de
bambou", c'est ce que me disent les gens qui votent oui.
Quand même! Ceux qui ont fait la constitution n'ont pas
prévu de plan B.
C'est marrant, Chirac il nous balance un
référendum ,
mais il n'y a pas de
plan B! C'est ce qui s'est passé au deuxième
tour, en
2002, tout le monde a
dit votez à 80 % pour Chirac, surtout pas l'autre, car il
n'y a
pas de
plan B.
Chirac a bien compris la leçon, il nous refait le coup, et
on
est coincé,
voilà pourquoi on s'agite comme
l'élève du
maître Zen. Dans le
référendum en fait, on n'a pas tenu compte de
ceux qui
veulent voter
non, même si on peut penser qu'ils aient tort. La moindre
chose
aurait
voulu de prévoir un plan B, ne serait-ce que par correction.
Faut-il
alors faire confiance à ceux qui ne prévoient pas
de plan
b, même un
tout petit b?
On en revient donc à ce que le
référendum
contienne une double question:
Attention, je vais te poser une question?
Mais si tu réponds non, tu reçois un coup de
bâton
= il n'y a pas de
plan b si
tu veux voter le plan b.
C'est ce que ressentent ceux qui veulent voter non, et on peut
très bien le
comprendre, même si on a envie de voter oui, car total
respect!
Ce qui va se passer?
Et bien on s'agite, on dit non et au dernier moment, dans l'isoloir, le
Français tremblera et finira par voter oui. Ainsi tout le
monde
sera
content. Pourquoi? Parce que le Français va se rappeler le
fameux mois
d'avril 2002 et là, il va se dire que cette fois-ci, il n'y
a
pas de
deuxième tour ou tout du moins, le deuxième tour,
s'il
dit non, ça sera
peut-être son gosse qui votera. Et ça...!
JeanLoup Martin
---------------------------------
(Silence profond)
Dans sa tête le jeune disciple sait que les
réponses sont
toutes
enrobées de silence.
Sur sa tête la bâton de la sagesse (ou
plutôt celui
maitre) fait quand
même un petit bruit sourd.
Une tête creuse pleine de vide ne devient pas
forcément
silencieuse
surtout si on lui tape dessus avec un baton.
JUBO (je ne sais pas ce que ca veut dire en sanscrit, en japonais, en
chinois...)
---------------------------
# Quant à moi, je dois d'abord avouer que je n'ai pas tout
à fait
inventé ce koan.
J'ai été frappé, il y a
peut-être 20 ans,
pas par un bâton, non, mais
par la notion de "double bind", en français "double
contrainte",
telle
que l'a exposée Gregory Bateson dans "Vers une
écologie
de l'esprit" -
lecture hautement recommandable pour quiconque s'intéresse
à "la
communication, comment ça se passe?"
Je ne vais pas vous faire un exposé sur la question et je ne
sais pas si
on trouve encore facilement ce bouquin (2 tomes, chez Seuil - 1980)
mais
en faisant une recherche internet sur le sujet, on doit trouver des
trucs.
Une double contrainte, en résumé, c'est "quoi que
fasse
un individu pris
dans cette situation, il ne peut pas être gagnant."
Ce qui entraîne une paralysie, ou pire, des troubles
psychiatriques.
Bateson avance l'hypothèse que l'individu peut
développer
une
schizophrénie, en tout cas s'il est coincé dans
cette
situation dans sa
petite enfance de manière répétitive,
vivant de
manière prolongée des
"séquences d'expérience insoluble". (Situation
perverse
le plus souvent
imposée par la mère, selon
l'expérience clinique
de Bateson.)
Sur le plan social ou politique, on pourrait citer le paquet de
cigarettes sur lequel l'Etat impose l'étiquette "fumer tue",
alors même
que le tabac lui rapporte beaucoup en taxes. On peut chercher d'autres
exemples et se demander si le système n'est pas
psychopathogène par essence.
J'en reviens au bâton. Je cite Bateson :
"Dans le bouddhisme zen, le but à atteindre est
l'état
d'illumination.
Le maître zen tente d'y amener son disciple par plusieurs
moyens.
Il
peut, par exemple, tenir un bâton au dessus de la
tête de
son élève, en
lui disant brutalement : "Si vous dites que ce bâton existe,
je
vous
frappe avec. Si vous dites qu'il n'existe pas, je vous frappe avec. Si
vous ne dites rien, je vous frappe avec." Nous avons le sentiment que
le
schizophrène se trouve en permanence dans une situation
similaire à
celle de l'élève, à ceci
près qu'il en sort
plus souvent désorienté
qu'illuminé. Le disciple zen peut, par exemple, se lever et
arracher le
bâton à son maître, lequel peut accepter
sa
réaction comme appropriée;
alors que le schizophrène ne dispose nullement d'un tel
choix,
étant
donné qu'il ne peut traiter avec désinvolture la
relation
mise en
question et que d'autre part, les intentions et l'esprit de sa
mère ne
sont nullement celles du maître zen."
Bateson signale bien la différence entre ce qui se passe
dans
une
relation VITALE pour l'enfant (puisqu'elle concerne l'amour de sa
mère)
et la relation "ludique-thérapeutique" qui se tisse entre le
maître zen
et le disciple. Le paradoxe, la double contrainte émise par
un
koan tend
à faire stopper la pensée logique, rigide,
répétitive pour éveiller
l'élève à un autre "mode", un autre
registre de
communication : si
l'élève reste paralysé,
coincé dans le
paradoxe, il est foutu. Il doit
absolument devenir créatif, faire "un pas de
côté",
entrer en décalage.
La fuite, l'humour, la violence font partie de ces réactions
possibles,
plus ou moins "productives", comme on dit (berk).
La question de "mon" koan est sans doute moins métaphysique
et
moins
subtile que celle de Bateson. Et pas plus imparable : certaines des
réponses données ci-dessus montrent qu'il y a des
parades
logiques. La
fuite par la remise à plus tard... dont le défaut
est
sans
doute que
l'élève se prive de la suite de l'enseignement,
car le
maître n'est pas
du tout obligé de reformuler sa question (sauf s'il tient
à conserver
son élève... mais cela indiquerait une
volonté de
pouvoir, ce qui n'est
pas zen.)
Ma propre réponse, spontanée, était
plus ou moins
violente : comme dans
le bouquin, s'emparer du bâton et soit le balancer par la
fenêtre, ou le
briser, soit s'en servir soi-même pour taper sur la
tête du
maître, ou,
plus maîtrisé, plus humoristique, faire semblant
de le
taper et arrêter
son coup à ras du crâne. Tout cela n'est pas sans
risque :
il y a de
fortes chances que le maître zen soit meilleur en kendo que
l'élève!
Dans tous les cas, il y a désobéissance, refus de
rester
sur le registre
imposé par la question.
Sauf dans la réponse de Thypmel qui répond oui
parce que
le maître n'a
pas promis qu'il donnerait le coup demandé.
Réponse qui
suppose une
grande CONFIANCE de l'élève envers le
maître.
----------------------------
Si on veut absolument chercher les rapports avec
l'actualité, il
faut se
rappeler que la relation entre un peuple et son gouvernant
ÉLU,
n'est
PAS la relation entre un élève et son
maître
spirituel, pas plus que
celle d'un enfant avec sa maman.
# Plouf-plouf #
... Et bravo pour ces réactions et
contre-réactions qui
rassurent quant aux
capacités de réflexion de certains mais qui ne
semblent
plus du domaine
des politiques et des médias. Ton koan est en fait un appel
à la
désobéissance civile puisque c'est la seule issue
qui
permet d'éviter le
coup de bâton si l'on n'a pas assez confiance au
maître ou
si l'on
considère que par cette question sans choix, le
maître a
perdu sa
fonction. On peut aussi comme le suggère JLM tenter la
patience... mais
la position agenouillée devient vite fatigante alors que le
maître est
debout! On peut utiliser un peu de ce temps pour préparer
une
attaque
permettant de le désarmer au moment même
où il sera
persuadé de la
soumission schizophrénique de l'élève
et alors que
celui-ci, libéré de
cette position d'élève puisqu'il ne
reconnaît plus
le maître, a préparé
minutieusement son "Plan B".
Amicalement
Michel IARMARCOVAI
LETTRE
OUVERTE
N°17 - 15 mai 2005
Ben oui, c'est dimanche!
(Les auteurs de BD travailleront-ils le lundi de Pentecote???)
LETTRE
OUVERTE
N°18 - 20 mai 2005
Retransmissions
C'est pas parce que le lundi de Pentecôte est
passé qu'il
ne faut plus
en parler. Alors quelques trucs copiés-collés
pour
fêter la descente du
St Esprit sur Terre.
----------------------------
UNE BLAGUE
Un homme élégant et BDSB (bien dans ses baskets)
sort
d'un supermarché
en poussant un caddie rempli à ras bord de marchandises et
gourmandises
en tout genre : champagne, foie gras, saumon , etc.. En s'approchant du
coffre de son 4X4 rutilant, il aperçoit un homme qui ramasse
de
rachitiques brins d'herbes qui ont poussé à
travers le
béton du parking :
" Excusez-moi, Monsieur, mais que faites-vous ?
- Je ramasse de l'herbe. C'est pour manger. J'en ramène
aussi
à la
maison : on n'a plus rien !
- Ah, bon ! Si je puis me permettre... Tenez : voici ma carte, avec
mon
adresse. Venez plutôt manger à la maison !
- C'est gentil, Monsieur, mais j'ai une femme et huit mômes,
et
je, enfin...
- Mais, c'est évident, venez avec votre famille !
- Oh, alors, ça, c'est gentil ! Mais c'est que les grands
ils
sont déjà
mariés, pis ils ont aussi des petits !
- Allons, mon ami, je vous en prie, venez tous !
- Vous êtes sûr, pace qu'y a aussi mes soeurs et
mes
beaux-frères : on
est nombreux dans la famille, savez...
- Je vous le dis, j'insiste, ça me fait plaisir, venez tous
:
autour de
chez moi, l'herbe est haute comme ça ; si vous
êtes
nombreux, en trois
heures, c'est fait ! ".
---------
UNE ALERTE AU VIRUS
Ce virus est prévu pour se déclencher le lundi de
Pentecôte.
Il doit provoquer la suppression d'un jour férié.
Il
transformera
ensuite des heures chômées en heures
travaillées.
Enfin, par un processus que ni Mac Afee, ni Norton Antivirus, ni
Microsoft, ni JP Raffarin, ni même Jean Luc Delarue ne
parviennent à
expliquer à ce jour, il doit transformer des cotisations
sociales en
aide pour les personnes
âgées !!!
Il aurait été mis au point par
une équipe d'escrocs qui se sont fait
élire en promettant aux
"Français d'en bas " davantage de
sécurité...
sociale!
Il est encore temps d'agir pour éradiquer ce virus,
apparenté à un
Cheval de Troie.
Voici la marche à suivre :
1 - Faites suivre ce mail à tout votre carnet d'adresse.
2 - Décrétez que vous ne viendrez en aucun cas
travailler
ce jour là.
3 - Jurez au contraire que vous en profiterez pour rendre visite
à une
grand-tante esseulée.
4 - Réclamez haut et fort la création d'un jour
férié en plus, qui sera
consacré à organiser des festivités
pour
égayer le quotidien des
personnes âgées.
5 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin, que
l'économie du pays
récupérera en richesses produites tout ce qui
sera
dépensé au cours de
ce jour de fête.
6 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que
l'impôt
sur les
grandes fortunes a été diminué pendant
que 15.000
personnes âgées
n'avaient pas de quoi être accueillies dans
les hôpitaux et services sociaux
7- Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que
l'impôt
sur les
sociétés a été
abaissé à 30 %
pendant le même mois. Il était de
50 % il n'y a pas si longtemps.
8 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que 103
millions
d'euros
de crédits pour l'amélioration des structures
d'accueil
des personnes
âgées ont été
annulés en janvier 2003.
9 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin que des
millions
d'heures d'aide ménagère ont
été
supprimées
faute de crédits
10 - Faites remarquer au Medef, donc à Raffarin, que des
centaines
de lits d'hôpitaux ont été
supprimés, des
dizaines d'établissements
hospitaliers supprimés.
11 - Rappelez enfin que s'il faut travailler plus, des millions de
chômeurs seraient ravis de le faire.
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UNE DÉMONSTRATION IMPARABLE
Lundi de Pentecote, Jeannot travaillera gratuitement alors qu'il touche
habituellement (péniblement) ses 9,89EUR de l'heure, soit
1500EUR par mois.
Jeannot aurait pu travailler et toucher ses 7h de salaire, voire
même
auraient elle pu être comptées en heure
supplémentaires à +25%, ce qui
aurait couté à son patron 7h *
9,89EUR * 125% * 140% (cotisations), soit 121,15EUR.
Au lieu de cela, Jeannot va travailler gratuitement, par
solidarité pour
les vieux, tandis que son patron versera 0,3% de la masse salariale
annuelle à une caisse nationale de solidarité,
soit pour
le cas de
Jeannot 1500 EUR * 12mois * 0,3%
= 54 EUR
Le patron de Jeannot économise donc 121,15 - 54 = 67,15 EUR
et
gagnera
en plus une journée de production supplémentaire.
Si Jeannot avait été payé en heure
sup', son
salaire du jour aurait en
revanche été imposé pour 40% de part
patronale et
22% de part salariale,
soit un montant de charges de 53,65 EUR...
au lieu des 54 EUR versés par les 0,3% de
solidarité.
Pour 0,35 EUR de plus, on prive donc Jeannot d'une journée
de
salaire
(en lui occasionnant des frais pour se rendre à son travail
un
jour de
plus) et on offre à son patron une journée de
production
supplémentaire
et 67,15 EUR de salaire qu'il n'a pas à verser.
A qui profite cette action de solidarité ?
PS ; ce même lundi de Pentecote, les écoles seront
ouvertes "par
solidarité", comme si nos chères têtes
blondes
pouvaient elles aussi
contribuer financièrement à la cause au lieu
d'aller
passer un peu de
temps avec leur grand parents.
PS2 ; l'Assemblée Nationale en revanche, serait
fermée...
par solidarité
avec les vieux peut-être ?
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Et puis quelques considérations issues d'un billet de Michel
Crespy dans
La Gazette (Nimes ou Montpellier) qui signale qu'il faudrait
peut-être
commencer par la solidarité entre personnes
agées, car
les inégalités
s'accroissent avec l'âge.: 15 % des retraités
perçoivent 65 % du volume
total des retraites. Sans parler du patrimoine et des avoirs
boursiers...
et des retraites des grands patrons Renault, Carrefour...
"Un bon truc pour paraître dix ans plus jeune, c'est de te
vieillir de
dix ans quand tu dis ton âge." (JCVD)
"Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux." (Eric Satie. Cahier d'un
mammifère)
"Drôle de monde - on aura du pot si on s'en sort vivant."
(W.C.
Fields)
LETTRE
OUVERTE
N°19 - 22 mai 2005
Evidemment, pour avoir droit au dessin du dimanche, faut se taper mes
délits d'europinion de la semaine---
--
"On n'est jamais si bien asservi que par soi-même."
LETTRE
OUVERTE
N°20 - 24 mai 2005
Une page de chauvinisme-protectionnisme franco-français
légèrement
xénophobe et souverainiste sur les bords :
(On peut d'ailleurs relire Pierre Desproges: "Les Étrangers
sont
nuls",
Seuil, 1992) (Question en passant : ce livre pourrait-il être
publié
aujourd'hui???)
N'attendez pas le référendum : la "concurrence
libre et
non faussée",
c'est maintenant.
Sport
Rossignol devient Quicksilver. (Comme quoi l'Europe nous
protège
contre
l'hégémonie américaine)
IBM licencie. On va remplacer les salariés par des
ordinateurs?
(fabriqués en Chine?)
L'économie mondialisée, comment ça
peut marcher?
Si on délocalise notre production d'objets de consommation
chez
les
Chinois (par ex.) on crée du chomage chez nous, donc de la
pauvreté,
donc on perd des consommateurs... Alors, comment ça peut
marcher?
(Allo, on me dit que l'important c'est pas de vendre chez nous, mais
ailleurs. Bon, comme ça je comprends.)
Délocalisez-vous, redélocalisez-vous, vous verrez
du pays!
Allez travailler en Roumanie& au salaire roumain, bien
sûr :
110 euros
p/m. Au même tarif, on peut aller bosser à la
Réunion, ou, à 2 euros de
l'heure au Mexique ou en Chine.
Plan B : Engagez des plombiers Bolonais selon les rites Bolonais, au
tarif Bolonais et avec la protection sociale Bolonaise... Est-ce
que
la
directive Bolkestein ne protégerait pas ces gens B ? Ah ben
non,
il
suffit d'installer une succursale en Bolonie... Vive la
solidarité européenne.
Réforme du Pavillon Français :
Les armateurs peuvent engager des marins étrangers comme ils
veulent du
moment que le capitaine reste français.
Merci à Roland Castro qui dit : "C'est
déshonnorant de
délocaliser quand
on fait des bénéfices". Evidemment, "l'honneur",
c'est
ringard...
Pas merci à Olivier Duhamel qui dit "Les
délocalisations
sont
globalement une bonne chose". "Globalement", il a peut-être
raison, mais
sur le passage de cette "globalité", que de
misères, que
de désespoirs,
que de morts... (On peut en dire autant pour l'expression "à
terme".)
----------
(Quant au chauvinisme, bien se rappeler que, en se défendant
contre les
délocalisations, on défend autant les
salariés
polonais, lettons, estons
et autres, que les salariés français...)
----------------------------
Dans la continuité, une page culturelle où Caza
ramène sa science et
celle des autres
CONCURRENCE ET COOPÉRATION
Parmi les paradoxes, doubles contraintes, contradictions internes et
autres oxymores* de la constitution européenne il y a cette
injonction
faite aux pays de l'Union de COOPÉRER pour promouvoir une
économie de
CONCURRENCE.
* Un oxymore, ou oxymoron, c'est une formulation contenant 2 termes
contradictoires. Plus exactement, d'après Madame Larousse,
une
figure de
style qui réunit 2 mots en apparence contradictoires. Ex :
un
silence
éloquent. C'est donc de la rhétorique, c'est
volontaire,
ça tend à un
effet, une forme de second degré. Cela dit, j'aimerais bien
savoir si
l'article suivant est un effet de style à prendre au second
degré???
C'est le I-3, § 3, celui qui me fait le plus rire (Sujet du
bac :
dans
le texte suivant, relevez tous les termes contradictoires deux
à
deux) :
"L'Union Suvre pour le développement durable de l'Europe
fondé sur une
croissance économique équilibrée et
sur la
stabilité des prix, une
économie sociale de marché hautement
compétitive,
qui tend au plein
emploi et au progrès social, et un niveau
élevé de
protection et
d'amélioration de la qualité de l'environnement.
Elle
promeut le progrès
scientifique et technique."
Et puis on peut rapprocher (2 alinéas plus bas) "Elle
promeut la
cohésion économique, sociale et territoriale, et
la
solidarité entre les
Etats membres" avec l'alinéa 2 où figure "un
marché intérieur où la
concurrence est libre et non faussée", expression moulte
fois
reprise
par la suite. Plus loin, I-5, §2, il est question de
"coopération
loyale". Plus loin encore, I-12, §3 "Les Etats membres
coordonnent
leurs
politiques économiques et de l'emploi selon les
modalités
prévues par la
partie III", ce qui est répété et un
peu
précisé en I-15. Sachant que la
partie III répète jusqu'à plus soif la
formulation
"concurrence libre et
non faussée", on peut vraiment s'interroger sur ce paradoxe
de
la
solidarité dans la concurrence.
Moi j'ai du mal, avec ça...
-----------
Sur ce sujet, j'ai relevé quelques petits truc sympathiques
dans
le
livre de notre fourmillier préféré
Bernard Werber,
L'Encyclopédie du
savoir relatif et absolu
(qu'on peut retrouver sur son site
http://www.bernardwerber.com/)
"Coopération, réciprocité, pardon
En 1974, le philosophe et psychologue Anatole Rapaport de
l'université
de Toronto émet l'idée que la manière
la plus
"efficace" de se comporter
vis à vis d'autrui est:
1) la coopération
2) la réciprocité
3) le pardon.
C'est-à-dire que lorsqu'un individu ou une structure ou un
groupe
rencontre un autre individu, structure ou groupe, il a tout
intérêt à
proposer une alliance. Ensuite il importe, selon la règle de
réciprocité, de donner à l'autre en
fonction de ce
que l'on reçoit. Si
l'autre aide, on l'aide; si l'autre agresse, il faut l'agresser en
retour, de la même manière et avec la
même
intensité. Enfin il faut
pardonner et offrir de nouveau la coopération.
En 1979 le mathématicien Robert Axelrod organisa un tournoi
entre
logiciels autonomes capables de se comporter comme des êtres
vivants.
Une seule contrainte: chaque programme devait être
équipé d'une routine
de communication, sous-programme lui permettant de discuter avec ses
voisins.
Robert Axelrod reçut 14 disquettes de programmes
envoyés
par des
collègues, universitaires également
intéressés par ce tournoi. Chaque
programme proposait des lois différentes de comportement
(pour
les plus
simplistes, deux lignes de code de conduite, pour les plus complexes,
une centaine), le but étant d'accumuler le maximum de points.
Certains programmes avaient pour règle d'exploiter au plus
vite
l'autre,
de lui voler ses points puis de changer de partenaires. D'autres
essayaient de se débrouiller seuls, gardant
précieusement
leurs points
et fuyant tous contacts avec ceux susceptibles de les voler. Il y avait
des règles du type: "si l'autre est hostile, l'avertir qu'il
doit
modifier son comportement puis procéder à une
punition".
Ou encore:
"coopérer puis obtenir des défections surprises
provoquées par un
système aléatoire".
Chaque programme fut opposé 200 fois à chacun des
autres
concurrents.
Celui d'Anatole Rapaport, équipé du comportement
CRP,
(Coopération-Réciprocité-Pardon),
battit tous les
autres.
Encore plus fort: le programme CRP, placé cette fois au
milieu
des
autres en vrac, s'avéra au début perdant devant
les
programmes
agressifs, mais finit par être victorieux puis même
"contagieuxª au fur
et à mesure qu'on lui laissa du temps. Les programmes
voisins
constatant
qu'il était le plus efficace pour accumuler des points,
alignèrent en
effet leur attitude sur la sienne. A la longue, la méthode
est
payante.
Ce n'est pas de la gentillesse, il y va juste de votre propre
intérrêt
démontré par l'informatique."
---
Il y a aussi un chapitre qui parle de certaines expériences
sur
les rats
démontrant une hiérarchisation entre
"exploiteurs",
"exploités" et
"souffre-douleur", et que les plus stressés du lot
étaient les exploiteurs !
------------
Et du coup, c'est avec plaisir que je vous ressers cette citation que
j'adore :
"La force de celui qui n'a pas d'ambition est
phénoménale. Il n'a rien à
gagner, il n'a rien à perdre. Il ne fait pas de fautes de
stratégie : il
n'en a pas. Il avance sans crainte, sans pression aucune. Sa motivation
est liée seulement à son soucis permanent de
rendre sa
tâche la moins
lourde possible. Il n'est un danger pour personne, il n'a donc pas de
prédateur (...) Il est transparent pour les autres, il peut
parfois être
considéré avec pitié... Erreur
fondamentale, car
il sera sans doute le
seul survivant."
Solange de Carrere. Courrier des lecteurs de
Télérama.
12/2004
-------------
Gnouf !
Et ci-dessous, un petit cadeau de Marcus.
http://econon.free.fr
http://www.arsindustrialis.org/
http://www.la-gauche.org
http://www.nonsocialiste.fr
http://www.solidaires.org
http://aixtal.blogspot.com/2005/04/texte-la-constitution-europenne-pour.html
http://lcr37.lautre.net
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/index.htm
http://www.edf-gdf-loire-cgt.com/modules/news
http://www.freewarriors.org/europe_sociale.htm
http://ballon.rouge.free.fr
http://collectif84.lautre.net/NONAUTRAITE/index.html
http://www.urfig.org/francais-go.htm
http://www.stopbolkestein.org/
http://www.france.attac.org/a4059
http://alternativelibertaire.org
http://www.lcr-rouge.org
http://www.fondation-copernic.org/index.htm
http://nonalaguerre.com/divers/referendum.htm
http://www.ingrand.net/blog