DÉLITS D'OPINION


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LETTRE OUVERTE N°21 - 25 mai 2005
CONSTIPATION EUROPÉENNE, dernière (?)

Et puis on m'a fait passer ça

"SVP, prenez le temps d'aller sur ce site
http://www.ineditspourlenon.com/ lire l'article qu'a publié
Thibaud de la Hosseraye, qui était membre de la Commission Europe
et du club Dialogue et Initiative, chargé d'élaborer un argumentaire
en faveur du OUI au traité constitutionnel pour l'Europe et qui
nous fait part de ses réflexions.
A lire et à diffuser avant le 29 mai."

L'auteur raconte son basculement de déçu du OUI, sa prise de conscience
du système manipulatoire où il était embringué, mais le plus intéressant
ce sont les 19 arguments pour le NON, pas tous inédits, non, mais en
tout cas extrèmement bien articulés.
On a beaucoup parlé d'Etienne Chouard, et des retours de flamme qu'il a
subi, mais Thibaud de la Hosseraye vaut bien le coup aussi. Il semble
d'ailleurs qu'il en ait lui aussi pris plein la gueule: voir, sur son
site, la "suite" à son premier argumentaire.

Je vous mets juste ici son résumé des arguments, mais je ne saurais
trop vous conseiller d'aller y voir de près.


"RESUME DES ARGUMENTS

La France est reconnue, distinguable dans le monde non seulement
pour les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité issus de 1789,
mais aussi pour la spécificité du projet social, issu de la Résistance,
qui en découle.
Sur ce fondement :

o L'argument 1 montre qu'un rejet par la France du projet de
Constitution aurait une signification particulière : cela signifiera
l'exigence de plus de social dans le projet européen. D'où sa valeur
éminemment positive, constructive.

o L'argument 2 constate que, entre partisans du Oui et ceux du Non,
il y a accord sur le sujet du désaccord : tous reconnaissent que c'est
le contenu libéral de la partie III du projet de Constitution qui pose
problème.

o L'argument 3 montre que le sens du Non souverainiste est lui aussi
anti-libéral.

o L'argument 4 constate cette homogénéité du Non et relève, a contrario,
la différence de fond entre le Oui de droite et le Oui de gauche : l'un
accepte telle quelle la forme de libéralisme consacrée par la
Constitution, l'autre prétend pouvoir la corriger.

o L'argument 5 montre que, en raison de la signification sociale d'un
Non français, la gauche prend un risque stratégique majeur à soutenir
le Oui: celui de laisser l'initiative du Non à un pays lui donnant un
moindre sens social.

o L'argument 6 montre que l'argument précédent n'est jamais invoqué
précisément parce qu'une Constitution plus libérale encore paraît,
même à la gauche, difficilement réalisable.

o L'argument 7 montre quen vertu de sa subordination explicite aux
législations nationales, la Charte des droits fondamentaux na aucune
valeur normative : elle nest pas juridiquement contraignante pour les
Etats membres.

o L'argument 8 relève que puisque c'est le contenu libéral de la partie
III de la Constitution qui fait le plus débat et qui apparaît comme le
point décisif au sujet duquel vont s'exprimer les électeurs, ce serait
un déni de démocratie particulièrement flagrant que de l'appliquer
quelle que soit l'issue du vote, en tenant pour rien l'expression de la
volonté populaire.

o L'argument 9 montre que l'on a mis les électeurs devant un fait
accompli : la libéralisation à outrance de l'économie européenne. En
leur expliquant que plus rien ne peut être fait contre cela même pour
quoi on leur demande pourtant de voter, on leur demande en réalité
d'ériger un fait en droit.

o Les arguments 10 et 11 montrent que les dirigeants qui aujourd'hui
prétendent toute renégociation de la Constitution inenvisageable se
discréditent d'avance pour une éventuelle renégociation demain. En cela,
le vote du 29 mai est bien aussi un enjeu de politique nationale, sur le
choix de nos dirigeants de demain.

o L'argument 12 relève combien la dénonciation d'un "débat
franco-français" à propos du débat sur la Constitution manifeste une
conception de l'Europe négatrice des identités nationales.

o L'argument 13 montre que le contenu exclusivement libéral du projet
de Constitution conduit à une dilution de l'Europe, en ne distinguant
aucunement le libre-échange régissant les rapports entre ses Etats
membres de celui promu, hors d'elle, par la mondialisation(15).

o L'argument 14 montre que l''attachement définitif à l''OTAN signe
l'arrêt de mort du projet d'Europe européenne.

o L'argument 15 montre que les bienfaits de l'Europe vantés par les
partisans du Oui plaident au contraire pour le rejet de cette Constitution.

o L'argument 16 montre en quel sens on est conduit à dire que cette
Constitution n'a d'autre finalité que de subvertir les fondements même
de l'état de droit.

o Les arguments 17, 18 et 19 exposent comment les partisans d'un " Oui
de gauche " pratiquent sciemment la politique du pire pour mieux
s'imposer dans la politique nationale. Leurs arguments pour rejeter
la directive Bolkestein en sont une parfaite illustration."

LETTRE OUVERTE N°22 - 27 mai 2005
Je ne suis pas adhérent Vert (ni à quoi que ce soit d'autre), mais
on  m'a communiqué ce texte de Ludovic Bu.
Je me permets d'y répondre, en individu (qui s'efforce d'être) écolo.


>>> Quelques raisons de voter "Oui" au TCE
>>> par Ludovic Bu <mailto:ludovic.bu@wanadoo.fr>
>>> Les Verts ont décidé de consulter leurs adhérants pour savoir quelle
>>> position défendre lors du référendum sur le Traité Constitutionnel
>>> Européen (TCE). 

>>> Le TCE n'est pas, à notre grand regret, un texte vert. Il faut donc
>>> le prendre pour ce qu'il est

La société libérale n'est pas une société verte, faut-il donc la
prendre comme elle est ???!!!

>>> A l'évidence, si le traité constitutionnel avait été rédigé par les
>>> Verts, nous serions - presque (car il y a des insatisfaits
>>> chroniques) - tous d'accords pour dire qu'il est parfait et qu'il
>>> faut l'adopter au plus vite. Mais il faut se rendre à l'évidence,
>>> les Verts ne sont pas au pouvoir partout, et le texte n'est donc
>>> qu'un reflet de la majorité libérale actuelle. Et par libérale, il
>>> faut entendre “ sociales/démocrates + conservateurs ”,

Non, il faut entendre "libérale", c'est à dire "capitaliste-mondialiste".

>>> car n'oublions pas que les socialistes étaient au pouvoir dans la
>>> plupart des pays au moment des discussions sur le TCE.

Les "socialistes" en question sont donc des capitalistes-mondialistes
(presque) comme les autres - Moi j'appelle ça du libéralisme-canigou :
avec des petits bouts de social dedans.

>>> Le texte issu des discussions incluant 28 pays (les 25 membres de
>>> l'UE + les 3 requérants) est donc le fruit d'un compromis qui n'est
>>> pas de droite ou de gauche, mais bien celui de la majorité de pensée
>>> actuelle en Europe.

Cette "majorité de pensée" (ou "pensée unique"?) est donc un beau
brouillamini. Faut-il signer un brouillamini? Ne faut-il pas accorder
(un peu plus) les violons, avant de signer ça?

>>> Et c'est à cette aune qu'il faut le juger, ce qui signifie que
>>> d'entrée de jeu, nous devons nous prononcer sur les avancées
>>> obtenues par rapport au traité précédent et non par rapport à notre
>>> idéal.

C'est du pragmatisme, ça se défend.    Mais c'est bien tiède. Quitte à
passer pour un dangereux terroriste, je considère, d'un point de vue
écolo, que le libéralisme est notre ennemi, et que composer avec est
un suicide planétaire. (Je sais, on compose TOUS avec, à un degré + ou
- grand... Est-ce une raison pour lui donner notre aval dans l'espoir
de le réformer par petit coup de l'intérieur? N'est-il pas TROP TARD
pour ça?)

>>> le débat n'est pas un débat entre Français uniquement, et l'Europe
>>> n'est pas la France en grand.
>>> Là encore, un petit rappel est nécessaire pour bon nombre de
>>> copains/ines qui regardent uniquement ce texte sous l'angle “ est-ce
>>> que c'est mieux que ce que l'on a en France ” : l'Europe n'est pas
>>> la France en grand. Ainsi, ce qui chez nous peut paraître évident ne
>>> l'est pas chez les autres, et ce qui peut paraître évident chez les
>>> autres ne l'est pas forcément chez nous. Il en va ainsi, par
>>> exemple, de la laïcité. Pour nous, il n'y a pas assez de références
>>> à la laïcité dans le TCE, car la France est un pays très attaché à
>>> la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais il faut se rappeler que
>>> parmi les autres pays européens, la Chrétienté reste très forte
>>> (Pologne, Italie, Espagne pour ne citer qu'eux), et qu'obtenir que
>>> la laïcité soit dans le texte est une victoire.

Il y a quand même dans le texte une autorisation à manifester sa foi
publiquement qui peut rendre antieuroconstitutionnelle la loi francaise
dite "sur le voile".  Imaginons que les Islamistes attaquent la France
sur cette loi devant la Cour de Justice Européenne...

>>> Et puis, il faut aussi voir ce que ce texte, une fois adopté,
>>> apportera à nos ami-e-s des autres pays membres : le simple fait que
>>> tous les mouvements LGBT, syndicaux européens, ONG
>>> environnementales, etc, se prononcent pour ce traité montre bien que
>>> globalement, à l'échelle de l'Europe, il présente une réelle avancée
>>> par rapport à Nice et aux autres traités en cours.

On ne peut que l'espérer. Les voeux pieux y sont, mais faudra toujours
batailler pour en obtenir la concrétisation, alors que les règles du
commerce libre et de la concurrence non faussée, elles, déjà en
application, sont bétonnées et érigées en LOI par le TCE.

>>> Dans le même sens, il est nécessaire de voir comment fonctionne
>>> l'Europe. On entend souvent que l'Europe n'est pas démocratique.
>>> Pourtant, l'UE dispose de trois composantes qui débattent (la
>>> Commission, sorte de gouvernement, le Conseil, sorte de Sénat
>>> représentant les pays d'Europe, et le Parlement européen, sorte
>>> d'Assemblée nationale, mais élu à la proportionnelle, lui !). Aucune
>>> n'est aux ordres de l'autre, à l'inverse de notre Parlement, par
>>> exemple, dont la majorité est sagement rangée derrière le gouvernement.

Ca n'a pas toujours été le cas.

>>> De même, les majorités ne sont pas figées à Bruxelles, et les Verts
>>> sont par exemple régulièrement alliés aux libéraux (notamment sur
>>> les libertés publiques). Il ne faut donc pas oublier que l'Europe
>>> est multiforme, et que la démocratie en son sein est bien plus forte
>>> qu'au sein, par exemple, des institutions françaises.

C'est la démocratie "hétérarchique" que certains défendent, des
institutions qui se contrôlent les unes les autres. Là encore, je ne
demande qu'à croire que ça fonctionne mieux qu'en France. La
constitution française, qui fonctionne à peu près aussi, ne m'a jamais
semblé un parangon de vertu démocratique, je ne la prendrais pas pour
exemple. Il est clair pour moi qu'à l'heure actuelle, il faut INVENTER
("L'imagination au pouvoir", ça vous dit quelque chose?). Question :
Peut-on attendre cette invention d'un Giscard et d'un gros tas de
compromis?

>>> L'Europe se construit peu à peu, nous n'avons pas eu tout hier, et
>>> nous n'aurons pas tout aujourd'hui.

Ni demain. Quand? Quand il n'y aura plus de glaciers et 70 m d'eau en
plus sur la Terre?

>>> Pour se prononcer sur le TCE, il est nécessaire de regarder en
>>> arrière, et de voir où nous en sommes, et ce qui est donc négociable
>>> à cette étape de la construction européenne. Autant lorsque nous
>>> parlons de partage de la voirie, nous sommes capables de voir que
>>> nous ne pouvons demander immédiatement que l'on interdise les
>>> voitures et que seuls les vélos soient autorisés,

C'est pourtant bien ce qu'il faudrait non pas demander mais exiger,
juste pour avoir une chance de sauver l'espèce humaine de l'extinction.

>>> autant lorsqu'on parle d'Europe, nous sommes incapables de voir que
>>> ce qui se passe est historique, et combien nous avançons à grands
>>> pas. En effet, la construction européenne, faite uniquement de
>>> discussions et non de guerres, est une première historique mondiale.
>>> Forcément, il prend plus de temps de faire des réformes à plusieurs
>>> millions de personnes que d'avoir un chef qui impose aux autres son
>>> point de vue. Mais on voit bien que depuis 50 ans, petit à petit, on
>>> avance vers une Europe fédérale, politique, que nous appelons de nos
>>> voeux. Et le TCE est une étape vers cette Europe fédérale, même si
>>> elle nous parait aujourd'hui trop libérale ou pas assez écologiste.

J'admire cet optimisme qui voit des grands pas là où je vois du "on
perd son temps à faire l'Europe pendant que la planète crève" (comme
on perd son temps à proner la dépénalisation du shit ou le mariage
homosexuel pendant que la planète crève). Comme si on avait des
siècles devant nous. Pendant la catastrophe climatique, la vente du
shit continue. Mais c'est quoi, les Verts ???

>>> Enfin, comme il faut se prononcer sur un traité,

Non, une CONSTITUTION

>>> il s'agit aussi de voir ce qu'il y avait auparavant. Actuellement,
>>> nous subissons le traité de Nice. Il faut entre quatre et cinq ans
>>> pour faire éclore un traité, puis encore trois à cinq ans pour qu'il
>>> soit ratifié par tous les Etats membres et mis en application. Nice
>>> court jusqu'à 2009, et a vocation à être remplacé par le TCE. Si le
>>> TCE n'est pas adopté, il faudra revoir la copie, et donc nous en
>>> avons jusqu'environ 2014 avec Nice. Est-ce vraiment ce que nous
>>> voulons, alors que Nice est probablement le pire des traités
>>> européens qui ait été en vigueur ?

Mais non, mais non, on peut en 3 mois revoir le texte, en garder juste
un traité qui compilerait (en les corrigeant un tant soit peu) les
traités précédents (l'essentiel de ce boulot est déjà fait, il est
dans le texte du TCE) et qui proposerait l'élection d'une Assemblée
Constituante Européenne et les modalités techniques de ce scrutin,
date, etc. D'ici 2009, ça peut être bouclé. (Il faut une forte volonté
politique, évidemment. Et sans doute une forte pression populaire)

>>> Une crise salvatrice en cas de “ non ” ? Quelle crise ?
>>> Les partisans du “ non ” expliquent que le rejet du traité
>>> permettrait de signifier le refus de l'Europe libérale par les
>>> citoyens européens. Or, il ne faut pas avoir la mémoire courte.
>>> Lorsque le Danemark s'est prononcé contre Maastricht, on leur a
>>> proposé quelques mesurettes particulières, et le pays a adopté le
>>> traité six mois plus tard.

Nous laisserons-nous faire la même chose?

>>> Lorsque les Irlandais se sont prononcés, à très juste titre, contre
>>> le Traité de Nice, on les a simplement fait revoter six mois plus
>>> tard pour qu'ils disent “ oui ”.

Bis. On nous serine tellement que la France est à la base du projet
européen et reste l'un de ses moteurs principaux, alors on peut penser
sans aucune arrogance qu'un NON français remuerait plus les conscience
que le NON danois ou irlandais.

>>> Et dans les deux cas de figures, les messages qui ont été relayés
>>> étaient que les Danois et les Irlandais étaient contre l'Europe, et
>>> non contre tel ou tel traité, ou contre tel ou tel aspect des
>>> traités. Pourquoi en serait-il différemment pour les Français ?

Peut-être parcequ'on le VOUDRAIT vraiment, on l'exigerait, on
communiquerait activement sur le sujet. A NOUS d'émettre un autre
message et de travailler à ce qu'il soit relayé, et de combattre pour
qu'il ne soit pas détourné. Bien sûr, la cohabitation avec les
Devilliers-LePen dans le NON, c'est très chiant. On a un problème de
communication majeur.

>>> D'autre part, il faut bien voir que dans toute l'Europe, les seuls
>>> qui, à gauche, font campagne contre le TCE sont les anti-européens,
>>> y compris chez les Verts (Suédois, Danois et Anglais). Donc, il sera
>>> très difficile pour les Verts français d'expliquer qu'eux sont
>>> pro-européens, mais qu'ils appelent à voter “ non ”.

C'est très difficile, c'est du boulot? Oui, dès maintenant, c'est du
boulot pour que notre NON "alter-européen" ne soit pas assimilé au non
souverainiste. Est-ce parceque c'est difficile qu'il ne faut rien
tenter? Moi je voyais les Verts plus combattifs ! (Comment disait
Charlebois, déjà? "Entre 2 joints, faudrait voir à fair' kèkchose!" -
mais j'arrête sur ce thème, c'est un peu facile et ça ne fait rien
avancer.)

>>> D'autant que dans le même temps, l'ensemble de nos euro-députés se
>>> sont prononcés pour le “ oui ”, et que le groupe des Verts au
>>> Parlement européen en a fait de même.

Les "Verts", c'est donc juste un groupe parlementaire parmi d'autres,
quoi... Ça fait chier!

>>> La Constitution ne sera pas gravée dans le marbre. Car le marbre a
>>> été banni par une directive européenne.
>>> Sous cette blague, il s'agit de montrer que là encore, les arguments
>>> sont typiquement français : en adoptant le TCE, on “ graverait dans
>>> le marbre ” les valeurs de l'Union, et on n'arriverait plus à se
>>> sortir de ce Traité. Evidemment, si on regarde du point de vue
>>> français, et si on fait exception de la réforme constitutionnelle
>>> quasi annuelle (et généralement faite sans référendum), la
>>> Constitution est quelque chose de sacré.

Un simple TRAITÉ qui, comme dit plus haut, compilerait en les
corrigeant les traités précédents et qui proposerait l'élection d'une
assemblée constituante européenne, serait passé comme une lettre à la
poste. En assénant comme ça "sans prévenir" une CONSTITUTION, on a
touché quelque chose de profond dans la mythologie républicaine
française, dans l'âme d'un peuple. Peu importe que cette vision soit
réelle ou fantasmatique. C'est ce genre de choses, ces mythes, qui
animent un peuple - et non les comptes de boutiquier. C'est à tout le
moins une erreur de stratégie d'avoir touché à ce domaine "sacré" en
l'appelant "Constitution".

>>> Mais si on regarde par exemple chez nos voisins anglais, on
>>> s'aperçoit qu'il n'y a de constitution qu'un ensemble de textes qui
>>> évoluent au fur et à mesure de la jurisprudence ! D'ailleurs, pour
>>> ces mêmes Anglais, le simple fait d'accepter le terme “ Constitution
>>> ” n'était pas une mince affaire, car il va dans le sens d'un
>>> fédéralisme européen.

Ils ne l'ont pas encore accepté. (Sauf si on considère que le
gouvernement anglais et les membres anglais de la commission qui a
rédigé le texte SONT "nos voisins anglais". Ils ne le sont pas plus que
le gouvernement français et les membres français de la commission ne
sont "nous Français"). Les Anglais ont d'autres mythes en activité -
touchez à leur reine, pour voir!

>>> Quant à l'Union européenne, on voit bien que les Traités se
>>> succèdent au rythme d'un tous les quatre à six ans, chacun piochant
>>> dans les textes précédents et créant de nouvelles parties ou
>>> réformant l'existant. Ainsi, le TCE, comme ses prédécesseurs, se
>>> verra réformé dans quelques années.

Ah ben maintenant, il n'y a qu'à attendre, on a le temps, "les traités
se succèdent"... "le TCE se verra réformé..." Ça se passe tout seul,
quoi, par l'opération du sain d'esprit, sans doute. Si on veut que ça
soit réformé à un moment ou l'autre, il faut s'y mettre tout de suite,
les gars ! Et sérieusement !!!
Désolé, mais je trouve que les Verts sont décevants, à approuver ainsi
un traité qui rendra anticonstitutionnelle toute politique VÉRITABLEMENT
écologique, c'est-à-dire une politique de DÉCROISSANCE.

>>> Et parions qu'il ira encore plus loin vers l'Europe politique et
>>> fédérale que nous souhaitons.
>>> C'est pour toutes ces bonnes raisons de voter “ oui ” et pour toutes
>>> ces idées reçues qui invitent à voter “ non ” que je me situe
>>> résolument dans le premier camp, et que j'invite mes ami-e-s
>>> vert-e-s à en faire de même.

>>> Ludovic Bu


J'AJOUTE :

Citation relevée sur le site des "Verts pour le OUI":
"Les sceptiques relèvent la contradiction entre un "niveau élevé de
protection de l’environnement" et "l’économie sociale de marché
hautement compétitive" (art I-3). L’économie "libérale et productiviste"
défendue par la Constitution ne peut que contribuer à détruire
l’environnement, estiment les "Verts pour le NON" (Francine Bavay,
Jean-Desessard, Martine Billard...).

Et comme "les Verts pour le OUI" ont l'honnêteté de citer leurs
contradicteurs, je me dois de citer aussi ceci, que l'on trouve aussi
sur leur site :
"L’Europe joue depuis 25 ans un rôle pionnier dans la protection de
l’environnement, qu’il s’agisse de l’air, de l’eau, de la pollution
automobile, ou encore des OGM et du contrôle des produits chimiques.
"Nous avons obtenu bien plus de l’Europe en matière de protection de
l’environnement que de la France elle-même", constate Yann Wehrling,
secrétaire national des Verts.
(Je résume) --- La réglementation la plus sévère au monde sur les
organismes génétiquement modifiés --- La législation "REACH", qui vise à
répertorier et évaluer l’impact sur la santé et l’environnement de
30.000 substances chimiques. --- Les normes de qualité de l’eau --- Dans
le domaine de l’air, c’est l’Europe qui fixe les normes de pollution
pour l’ozone, le CO2, les particules fines qui pénètrent dans nos
poumons --- Le protocole de Kyoto sur le climat --- Les contraintes aux
chasseurs ou agriculteurs (directive "Oiseaux" --- directive
"Habitats"). Sur tout ça, la France se fait tirer l'oreille pour suivre."

Bref, même si "la protection de l'environnement", ce n'est pas
"l'écologie", on peut donner acte à l'Europe qu'il s'y fait un travail
positif en ce sens.




Je nous souhaite à tous, sans aucune ironie, beaucoup de courage
pour les années qui viennent.

LETTRE OUVERTE N°23 - 28 mai 2005
CONTESTATION EUROPÉENNE — (DERNIERE LETTRE OUVERTE AVANT L'APOCALYPSE)

Finissons-en. J'ai pris le temps de réfléchir, de travailler la
question, à commencer par la lecture du Traité. C'est difficile et ça
demande du temps - à prendre sur mes "activités normales" (c'est un des
problème de ce référendum, j'y reviendrai). Ecouter aussi divers sons de
cloches, oui, j'ai même regardé not'président sur la 2, c'est vous dire
si je fais preuve d'abnégation! Mais plus intéressantes que les
interventions de politiques, j'écoute et lis aussi les remarques de
simples citoyens, les hésitants ou même les défenseurs du OUI - dont
certains de mes amis. Ça enrichit le dossier& et ça perturbe: les
certitudes, c'est toujours plus facile à vivre, qu'on les aie captées à
l'extérieur ou qu'on se les soit forgées soi-même. Du coup, il m'arrive
de douter, de penser qu'il faut penser NON, mais qu'il faut voter OUI,
par exemple. Sur cette question comme sur bien d'autres, il n'y a pas de
certitude tombée du ciel, pas de foi, il n'y a que des CHOIX.
À ce moment-là il m'a fallu replonger en moi-même et chercher au plus
profond, au plus simple, au plus près de moi, pourquoi je vais, je
persiste, voter NON... C'est intéressant d'aller ainsi à la recherche de
son intime conviction, pas forcément objective ou raisonnable, mais
noyau essentiel... Le CHOIX, donc, au sens philosophique. (En classe de
philo, je me suis quelque peu nourri de l'Existentialisme, il m'en reste
quelque chose.)

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Merci à Ayerdhal et Henri Lehalle, dont les échanges à propos de
l'analyse de Chouard ont a été primordiaux dans ma mise au clair. Et
merci aussi à Coutelis, Yves Frémion, Gaël Briand et quelques autres qui
se reconnaitront.

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Yal : "... j'ai la conviction que, par ce référendum, nous navons jamais
eu l'occasion de nous exprimer sur un choix politique aussi important et
que nous ne l'aurons peut-être plus jamais." (...)
Coutelis : "Primauté et irréductibilité du droit. L'article 6 précise
que le droit de l'Union prime les droits nationaux. Cela va sans dire,
mais cela va encore mieux en le disant (...) Avec la constitution, votre
vote aux élections nationales et européennes devient totalement inutile.
Il ne sagira plus que de faire semblant. Alors réfléchissez bien le 29
mai, cest peut-être la dernière fois que vous votez réellement..."

Caza: Ma propre lecture me laisse penser que la Constitution préserve
des moyens d'action classiques, via nos élus, rien de très neuf... Il va
falloir être extrêmement vigilant, volontaire et obstiné.

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Henri : "... Comme Etienne Chouard et comme nous tous, je n'ai pas
beaucoup de temps..."
Yal : "J'ai assez peu envie de jouter et, comme toi, peu de temps pour
le faire. "

Caza: J'ai conservé les remarques de mes deux compères sur le manque
de temps, parce que ça me semble primordial, justement pour la question
de la lisibilité du traité.
On n'a pas le temps, non. J'ai reçu le cahier bleu officiel samedi 7
mai, il me restait trois semaines pour le lire, même si j'avais déjà
travaillé sur la publication par L'Hémicycle (dans tous les bureaux de
poste), et par les sites internet. Or il faudrait lire tout, y compris
les notes et les commentaires.
Le langage, le jargon juridique, c'est inévitable, d'accord. Mais même
si on possède le vocabulaire, si on a des dicos sous la main, le texte
reste difficile dans sa structure: il y a des phrases qu'il faut tourner
dans tous les sens pour les comprendre, (cf ma Lettre N°10 sur le
III-144), et dont il faut soi-même tirer les conséquences en trouvant
soi-même un ou des exemples. On peut le faire, oui  si on a le temps.
Le plus gros boulot, sur la structure aussi, c'est qu'il faut sans cesse
connecter, mettre en relation des articles situés à distance, comme le
souligne Yal.
De là à penser que c'est exprès complexe et difficile à lire, il n'y a
qu'un pas (un pas-rano, bien sûr). Mais en fait peu importe que ce soit
fait exprès ou non: ce texte est objectivement difficile et demande une
analyse pointue, politique, économique et sémantique. Il demanderait au
lecteur d'avoir aussi en mémoire, ou sous la main, les textes des
traités européens précédents, pour comparer, voir où il y a du gain ou
de la perte, etc. Ce travail, les rédacteurs du traité l'ont fait... en
plus de 2 ans!
Alors, que ça oblige à penser, très bien, à réfléchir par soi-même,
parfait, en soi c'est une excellente chose, mais qui a le temps de se
livrer à cette lecture critique-analytique? (À part les retraités, ces
feignants d'artistes et les chômeurs Bac + 4 possesseurs d'un ordi et
d'une connexion internet.)

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Henri :
"Certes, le texte part d'une position libérale... mais nous y sommes,
en plein libéralisme!
Et s'il n'y a pas de constitution européenne, le libéralisme perdurera
dans sa forme actuelle. A l'inverse, un cadre constitutionnel peut
encadrer le libéralisme et nous faire évoluer dans la direction du
progrès social."
Yal :
"Que nous soyons en plein libéralisme est une chose. Que nous devions
nous en contenter ou prétendre qu'on ne peut pas influer sur le monde
en est une autre."
Thibaud de La Hosseraye :
"... l'on a mis les électeurs devant un fait accompli : la libéralisation
à outrance de l'économie européenne. En leur expliquant que plus rien
ne peut être fait contre cela même pour quoi on leur demande pourtant
de voter, on leur demande en réalité d'ériger un fait en droit."

Caza: Pour moi, c'est là le cœur du problème.
Le libéralisme économique (le capitalisme-libéralisme), on est en plein
dedans? Oui, il est déjà dans le traité de Rome, Maastricht, Nice... et
dans le fonctionnement de la France, et dans le fonctionnement du monde,
d'ores et déjà uni sous l'égide de l'OMC. C'est vrai, on est dedans,
mais contraints et forcés. On ne l'a pas choisi. Pour être honnête, je
vais le dire pour moi: je ne l'ai pas choisi. On ne m'a rien demandé, en
fait (C'est dégoûtant, d'ailleurs! Et puis je leur aurais dit, moi, que
c'était pas bon!).
Le libéralisme économique, je me garderais de le définir précisément,
mais j'ai un peu bûché sur ses bases théoriques historiques, allant d'un
idéal libertaire très responsable à un "laissez faire le Saint Marché,
Dieu reconnaitra les siens", théorie pas si nouvelle mais qui s'impose
petit à petit depuis deux siècles, et triomphe finalement dans les
années 80 avec la fin des régimes soviétiques : plus d'alternative,
paraît-il (nous martèlent-t-ils, trop contents, les libéraux!).
Le fait que cette théorie soit en train de gagner sur le terrain, ne la
valide pas comme "loi naturelle" infrangible. C'est juste l'option qui,
actuellement, s'impose, fonctionne — pas très bien, ou pas très bien
pour tout le monde, mais bon, "on n'a rien d'autre sous la main, faut
faire avec". En fait, je me sens juste à peu près adapté, à contre-cœur,
à une situation que fondamentalement, philosophiquement, humainement,
je conteste.
Mais voilà : avec la Constitution, il ne s'agit plus de vaguement
s'adapter dans son coin. Là, on me demande d'adhérer consciemment,
volontairement, en toute connaissance de cause, au système capitaliste
libéral. On nous le met entre les mains, noir sur blanc, on ne peut pas
feindre de l'ignorer. C'est là. C'est un contrat. Signez là en bas!

J'entends dire "Mais tout ce qu'il y a dans la Constitution (en tout cas
tout ce libéralisme que vous lui reprochez) est déjà dans le traité de
Nice." Mais ce sont les mêmes qui disent "Ne pas voter la Constitution,
c'est rester dans le traité de Nice, qui est un mauvais traité." Alors
faudrait savoir. Si Nice est un mauvais traité, la constitution en
corrige-t-elle VRAIMENT les défauts ou les ratifie-t-elle — avec
quelques aménagements dans les coins? Et dans ce cas, est-ce que ça
vaut le coup de faire tant de bazar?

Gaël :
"On dirait que les Français découvrent la réalité de l'Europe!"
Caza:
C'est peut-être parce que c'est la première fois qu'on nous met ça sous
le nez officiellement, avec obligation de lire, de débattre, de se faire
vraiment une opinion, de voter. (L'expansion d'Internet avec l'ouverture
de débats sauvages permanents et horizontaux, hors mots d'ordres et
partis, est aussi sans doute pour beaucoup dans cette prise de
conscience collective tardive.)
J'ai l'impression que depuis 50 ans, je n'ai pas été consulté, (pas
vraiment consulté) et maintenant, alors que je trouve plein de défauts
au fonctionnement européen déjà en place (cf par exemple la situation
dramatique des paysans), je devrais valider, cautionner un fait
accompli, signer un contrat léonin, parce que je n'aurais pas le choix.
Parce que "on est dedans", "c'est comme ça et pas autrement", c'est "la
réalité"?
Tant que le libéralisme est "sauvage" (latent, établi comme un fait, non
comme une Loi), on peut espérer lutter contre par les moyens habituels :
révolte latente, manifs sporadiques, lecture de Charlie-hebdo, fuite
dans la paresse, absentéisme, maladie... ruses et détournements mineurs -
adaptations.
Mais quand le capitalisme-libéralisme sera inscrit en toutes lettres
dans la Constitution, dans LA LOI??
Et une loi que j'aurais approuvée par ma signature? Et une loi qui, déjà
loin d'être locale, accessible, deviendrait supra-nationale? Comment
lutter? (On peut encore imaginer une révolution au niveau d'un pays,
mais un continent entier? 25 pays à la fois???)
Alors oui, il y a dans la constitution des mécanismes qui visent à
cadrer ce libéralisme, à en limiter certains impacts, je veux bien les
voir, et je veux bien, même, m'efforcer de croire qu'ils seront
efficaces (mais j'avoue que je n'arrive pas à avoir une vraie FOI en
cette "positive attitude" — je me force, par volonté d'optimisme envers
et contre tout et par respect envers ceux qui y croient vraiment.)

Mais en fait, au fond, tout au fond, ce truc, JE N'Y CROIS PAS !

Et ce n'est pas seulement une révolte "viscérale" liée à un vieux fond
anar, c'est l'expérience de ce dernier demi-siècle, qui me fait dire "ça
ne marche pas, leur truc!" On en a la preuve tous les jours, pour peu
qu'on sorte des généralités statistiques et qu'on se préoccupe des GENS.
(Je ne refais pas la liste des catastrophes humaines et écologiques
entraînées par le libéralisme, simple, néo ou ultra.)

Il me semble que cette bagarre entre nous "gens de gauche" vivant dans
un système libéral, c'est une bagarre entre ceux qui ont accepté (sont
résignés à - ?) la "réalité" - pragmatiques, orientés sur le présent et
l'avenir proche : cette Constitution n'est pas très bonne mais va
permettre d'avancer, d'aménager le système (je respecte parfaitement
cette position "réformiste", c'est mieux que rien). Contre des...
"révolutionnaires"? "Idéalistes"? "Utopistes"? L'idéalisme, ça fait un
peu ringard, rêveur qui se voile les yeux, vit sur des espoirs depuis
longtemps dépassés... "Utopiste", c'est presque une injure. Quant à
révolutionnaire, c'est carrément préhistorique! Alors je dirais "des
gens qui cherchent à remonter aux sources du système, de l'Etat, du
libéralisme... qui pensent qu'on peut encore réorienter profondément le
système, pas seulement l'aménager dans les coins, pas seulement faire
du libéralisme avec des petits bouts de social dedans, mais qui veulent
"profiter de l'occasion" (pour une fois qu'on nous la donne) pour
protester sur le fond et peut-être donner un coup d'arrêt, ou du moins
un heurt, un grain de sable... insérer du doute, entraîner une remise en
question. Résister."

------

Voilà, donc : au fond de mon intime conviction, il y a ça :
Je me refuse à signer, à valider consciemment un contrat avec un système
que je conteste, je me refuse à m'incliner devant un fait accompli, je
me refuse à approuver un système auquel je ne crois pas et dont j'ai
tous les jours sous les yeux les preuves de la non-validité.
Ce n'est qu'après avoir dit ce NON que, en paix avec ma conscience, je
pourrai, s'il y a lieu, et par pur pragmatisme, jouer le jeu.
(C'est-à-dire, si le OUI passe, utiliser à plein rendement ces fameux
mécanismes de sauvegarde qu'on nous vante tant : les nouveaux pouvoirs
du Parlement, la pétition d'un million, etc.)

------

Pour finir, quelques exercices :

Assouplir le pacte de stabilité
Remettre à plat la directive Bolkestein
Tondre les moutons noirs
Libérer la place St Pierre de tous les papistes Polonais qui y trainent
encore
Régulater la vitesse d'une Laguna
Sonder l'opinion (bien profond)
Cogner à bâton rompu sur ceux qui parlent à bras raccourci
Dégobiller une grenade
Rattrapper les robinets qui fuient
Applaudir à pleins poumons
Retourner le ver dans le fruit
Faire les consommations d'usage

... Et se souvenir que, parvenu au moment privilégié où il ne reste
plus que le doute, on peut toujours tirer à pile ou face : s'abandonner
au hasard est la forme ultime de la liberté.

Je vous embrasse tous

LO023 Miss Europe


LETTRE OUVERTE N°24 - 30 mai 2005
C'était dimanche (29 mai 2005) !
LO024 Miss Europe 2
Mais la guerre des étoiles n'est pas finie!

LETTRE OUVERTE N°25 - 5 juin 2005
C'est dimanche (encore!) et c'est la saint Igor!

LO025 - Le Bretzel de la St Igor
LETTRE OUVERTE N°26 - 16 juin 2005
C'EST PAS LE TOUT DE DIRE NON...
(Retransmission)


Cyber @ction 140 : Pour des Assises Citoyennes de la Transformation
Ecologique et Sociale

Comme il vaut mieux prévenir que guérir, nous vous proposons d'interpeller
les principaux partis de l'opposition actuelle pour réclamer un vaste débat
avant que les uns et les autres ne lancent leurs machines électorales pour 2007.

La mobilisation citoyenne autour du débat sur le référendum nous fait
espérer que de nombreux-ses citoyen-ne-s voudront ne pas laisser les seuls
partis politiques décider (même s'ils ont toute leur légitimité).

Une consultation interne auprès de nos adhérents
http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?t=1375
a donné 134 OUI, 7 NON et 9 ABSTENTIONS en faveur de l'organisation
de cette cyber @ction


>>>>>>                        COMMENT AGIR ?
>>>      
>>>

1) par Courriel
C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :

1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre  choix :
5- Adressez votre message aux  adresses suivantes :
executif@pcf.fr
francois.hollande@parti-socialiste.fr
lesverts@lesverts.fr

cyberacteurs@wanadoo.fr


Vérifiez que les quatre adresses apparaissent bien.
6- Envoyez le message

 cette cyber @ction est aussi signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org

Le succès de cette cyber @ction dépend de vous : merci de faire suivre
à votre carnet d'adresses, sur les listes de discussion ou les forums
auxquels vous participez, d'en parler dans vos réunions de partis,
syndicats, associations, collectifs etc...

D'avance merci

Alain Uguen Association Cyber @cteurs


##############################
  
Prénom, NOM
Profession
Adresse
Code postal, Ville

Madame la secrétaire nationale,
Monsieur le Secrétaire National,
Monsieur le Premier Secrétaire,

Le référendum a montré le profond décalage, tant au PS que chez Les Verts,
entre politiques et électeurs. Ces derniers ont voulu essentiellement
marquer une réappropriation du débat par les citoyens.

Venant après le 21 avril 2002, nous pensons que notre avenir ne peut être
laissé aux mains des seuls partis politiques, même si ceux-ci ont une
légitimité : Ils doivent avant tout se rappeler qu'ils ne sont que les
porte-parole d'un électorat et ne peuvent agir qu'en accord avec lui.

Aussi, nous souhaitons l'organisation dans les meilleurs délais d'Assises
Citoyennes de la Transformation Ecologique et Sociale qui permettent de
débattre avec l'ensemble des citoyen(ne)s que cette campagne aura
intéressés et qui souhaitent un changement important des moeurs
politiques dans notre pays.

Ces Assises pourraient permettre :
a) de mettre en place les moyens d¹une révision en profondeur de nos
institutions avec, notamment l'élaboration d'une nouvelle constitution ;
b ) De définir les priorités et les grandes orientations sociales et
économiques de la législature ;
c ) De proposer des modes de désignation des candidat(e)s à la
Présidentielle et aux législatives de façon que tout électeur se sente
justement représenté ;
d ) D'associer syndicats, associations, mouvements de citoyens aux
grandes décisions des partis ;
e ) D'établir enfin des modes de communication interactifs entre élu(e)s
et électeurs durant le mandat.

##############################


2) en organisant des cafés citoyens sur ce thème dans votre ville.
Notre forum vous est ouvert
http://www.cyberacteurs.org/forum/viewforum.php?f=20

Si vous faites part à Cyber-Acteurs suffisamment tôt des dates et
lieux Cyber-Acteurs fera parvenir l'info à ses correspondant(e)s de
votre département.
Prochains cafés :  Quimper le 24 juin, Valence le 25 juin

3) en vous abonnant à la liste de discussion spécifique destinée
(exclusivement à ce sujet de la préparation de 2007 et à la revendication
des A.C.T.E.S)

-> pour s'abonner
mailto:actes-subscribe@sympa.infini.fr

Pour écrire à la liste
actes@sympa.infini.fr


--> pour se desabonner

mailto:cyber-amis-unsubscribe@cyberacteurs.org

+++

Autres partis auxquels on peut écrire
-------------
udbbzh@voila.fr
regionsetpeuplessolidaires@voila.fr
lcr@lcr-rouge.org
contact@alternatifs.org
contact@mrc-france.org
http://www.planeteradicale.org/asp/static.asp?page=/html/contact.htm

partisans du non
----------------
lfabius@assemblee-nationale.fr
jl.melenchon@senat.fr
hemmanuelli@assemblee-nationale.fr

Martine.Billard@wanadoo.fr
j.desessard@senat.fr

partisans du oui
----------------
bertrand.delanoe@mairie-paris.fr
dstrauss-kahn@assemblee-nationale.fr
jlang@assemblee-nationale.fr
sroyal@assemblee-nationale.fr
fede*@parti-socialiste.fr * = numero du département

associations
-------------
attacfr@attac.org webmestre@c6r.org
rmj@urfig.org
etienne.chouard@free.fr

adresses locales de l'appel des 200
http://www.appeldes200.net/rubrique.php3?id_rubrique=6

--
"Certains disent demi-échec, d'autres disent demi-succès.
La vérité est certainement entre les deux."

LETTRE OUVERTE N°27 - 19 juin 2005
C'EST PAS LE TOUT DE VOTER NON (SUITE), même le dimanche.

Capté sur le forum de Libé :

auteur  FELLER -   12 juin 2005
  
A tous les nonistes qui rêvent d'une europe plus sociale
A tous les ouiouistes qui refusent de voir la construction européenne se
débobinner à toute vitesse

Agissons maintenant, en signant une pétition réclamant d'intégrer au
projet de constitution un volet social concret, approuvé aussi bien par
J Fischer, M Rocard ou J Bové...Un texte proposé il y a un an à la
commission européenne, qui l'avait alors traité par le mépris... et qui
doit maintenant s'en mordre les doigts !

Pour plus de renseignements allez sur les sites suivants :

http://www.europesociale.net/
http://www.europesociale.net/traite_euro_so


LO n°27 Zuniga

LETTRE OUVERTE N°28 - 4 juillet 2005
Cette semaine, je me suis abonné à la lettre d'info du Monde
Diplomatique…J'ai reçu ça (entre autres)

http://www.monde-diplomatique.fr/2005/07/RAMONET/12353

"Sur 13 millions d’actifs (…), 8,5 millions subissent le temps partiel,
le travail précaire ou occasionnel. Et ceux qui ont un travail fixe sont
exposés à l’insécurité, la flexibilité, les délocalisations, le
harcèlement permanent et la violation des lois sociales par les patrons".

C'est où? En France? Dans un autre pays européen?
Non, en Corée du Sud.

" En un temps relativement court, (…) la Corée du Sud est passée du
sous-développement à une industrialisation très avancée. Actuellement,
(…) notre niveau de vie est semblable à celui de la moyenne des Etats de
l’Union européenne. Les salaires ont beaucoup augmenté. Nous étions un
pays de main-d’œuvre bon marché. Ce n’est plus le cas. Conséquence :
nous subissons de plein fouet les effets de la mondialisation. Nos
grands industriels, (…) qui ont été le fer de lance de notre essor
économique, délocalisent massivement. D’autant plus volontiers qu’ils
installent leurs usines tout près, chez nos voisins chinois ! "

Question : ça va prendre combien de temps pour en arriver au même stade,
en Chine?
Et alors, ils vont délocaliser où? En Europe?

--------

Les Jeux Olympiques à Paris, moi, je m'en foutrais bien un peu, a
priori, mais…
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/07/BROHM/12349

---------

Et puis on trouve aussi :
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/07/BELLON/12350

Extrait :
"(…) D’élection en élection, le fossé s’est approfondi, l’abstention et
les votes blancs se sont développés, jusqu’au désastre du 21 avril 2002.
La légitimité des élus et des élites politiques est de plus en plus
contestée par les électeurs.
Depuis trente ans au moins que la question est posée, plusieurs types
d’explications sont avancées :
-institutionnelles (dans le cadre de la mondialisation, les choix
politiques ne se traitent plus par le débat traditionnel),
-économiques (les contraintes laissent peu de latitude aux citoyens),
-politiques (la montée de l’abstention est normale et caractéristique de
la démocratie moderne)...
S’y ajoute
-un discours élitiste (les questions sont trop complexes pour qu’un
électeur puisse les comprendre et y apporter réponse),
-professoral (nous n’avons pas assez expliqué)
-ou carrément condescendant (les électeurs sont irresponsables)...

La particularité commune à ces brillantes analyses est qu’elles ne
cherchent pas à redonner vie à la démocratie. Bien au contraire, elles
théorisent un changement de paradigme : elles n’évoquent même plus une
crise de celle-ci, mais une évolution vers une sorte de "postdémocratie"
qui n’est qu’une manière d’avaliser la fin de cette démocratie."

Pour s'abonner gratuitement à la liste info diplo, c'est là :
http://www.monde-diplomatique.fr/info-diplo/

Mais le mieux, c'est encore de s'abonner au mensuel en papier!

---------------------

Et puis, la semaine dernière, j'avais volé Le Monde tout court, celui
des 26-27 juin, avec plein de trucs intéressants que je n'arrive pas à
retrouver sur leur site, en particulier une demi-page signée Slavoj
Zizek (philosophe, scénariste et psychanalyste slovène) qui est sans
doute la meilleure analyse du NON au TCE que j'aie lue.

Paradoxalement, un NON d'espoir
Réfléchissant sur l'idée du "libre choix", l'auteur nous parle des Amish
et de l'épisode de confrontation au mode de vie "anglais" que vivent
leurs adolescents avant de retourner de leur "libre choix" dans le giron
de la communauté (à 90%). Il évoque aussi le "libre choix" des femmes
musulmanes voilées, ainsi que la différence dans le choix de "manger
chinois" selon que l'on est un paysan chinois ou un occidental urbain.
Il montre à quel point ces "choix" sont biaisés, pour arriver à l'idée
que le libre choix, le vrai, est d'abord un méta-choix, c'est-à-dire le
choix de choisir.
"… Il y a bien eu un choix positif dans le NON : le choix du choix
lui-même. Le rejet du chantage de la nouvelle élite qui nous offre
seulement le choix de confirmer son savoir expert ou de manifester notre
immaturité "irrationnelle". Le NON est la décision positive qui inaugure
un débat proprement politique sur l'Europe que nous voulons réellement. (…)
Voulons-nous vivre dans un monde qui offre comme seul choix ou bien la
civilisation US ou bien le capitalisme chinois émergeant? Si la réponse
est NON, alors la seule option est l'Europe. (…)
Le message du NON français à nous tous, qui nous soucions de l'Europe,
est : non, les experts anonymes qui nous vendent leur marchandise dans
un emballage libéral-multiculturel brillant et coloré ne nous
empêcheront pas de réfléchir.
Il est temps pour nous, citoyens d'Europe, de prendre conscience que
nous avons à prendre une décision politique, au sens propre du terme,
sur ce que nous voulons. Aucun administrateur ne fera le travail à notre
place."

-------------

C'est tout pour aujourd'hui, et j'ai même pas fait de dessin du
dimanche. Quelle décadence!

LETTRE OUVERTE N°29 - 5 juillet 2005
Au sommet du G8 en Écosse, outre la dette des pays du tiers-monde, on
doit parler du risque climatique.

" Les négociations sont très difficiles avec les Etats-Unis, mais les
réponses du président sur la situation énergétique en France sont
presque aussi atterrantes ", explique Anne Bringault, directrice des
Amis de la Terre. " Lorsqu'on l'interroge sur le financement des
énergies renouvelables et l'efficacité énergique, il répond ITER et
énergie nucléaire, et trouve que les éoliennes gâchent le paysage ;
lorsqu'on lui demande pourquoi la toute nouvelle loi sur l'énergie n'a
pas inclu comme prévu une mesure d'aide à l'isolation des bâtiments, il
répond qu'il était en faveur de la mesure et va relancer le gouvernement
- mais le débat est fini ; lorsqu'on lui parle d'instaurer une taxe sur
le kérozène et le gasoil, il ne répond pas du tout... Quelle crédibilité
la France se donne-t-elle au niveau international si elle ne fait aucun
effort sur son territoire, malgré un potentiel immense ? ".

Anne Bringault poursuit : " Le seul point positif est que le Président
s'est engagé à ce que la France refuse de signer un accord sur le climat
si le protocole de Kyoto n'y est pas mentionné. Ce serait une première.
Mieux vaut pas d'accord qu'un accord déplorable et totalement en recul
des engagements européens, qui cautionnerait la position américaine ".

Voir :
http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=1570

Donc, comme d'hab, le Président va faire un beau discours très engagé
sans rien de concret derrière...

Cela dit, le fameux protocole de Kyoto, c'est du pipo... Même s'il était
bien appliqué, c'est totalement insuffisant. (On en reparlera...)

-------

Ci-joint, ce n'est pas le discours de Chirac, mais un texte émanant de
Greenpeace.

--
"Que la campagne est tranquille, quand elle n'est pas électorale."

LETTRE OUVERTE N°30 - 9 juillet 2005
"Un peuple ne s'affaiblit pas quand il s'affirme. Il s'affaiblit quand
il se résigne, quand il se couche. L'Histoire n'a jamais démenti cette
vérité." (Raoul-Marc Jennar)

CONSTRICTION EUROPÉENNE. ÇA VOUS A PLU, VOUS EN VOULEZ ENCORE?

On en entend de belles, chez les HP (Hommes Politiques) français ou
européens, dans le genre aveux d'incompréhension.

"Je ne comprend pas"

"L'attitude des Français est difficile à comprendre"

"Face aux Chinois, Indiens, USA, on n'a pas le temps de réfléchir" (!)

"Tristesse"

"Honte" (!!!)

"Lente agonie du projet européen"

Pas si lente, maintenant, avec la Hollande (mais non, pas Francois!) qui
a dit NON et la GB qui renonce à référendumer et pas mal d'autres déjà
prêts à enterrer tout ça. En quelques semaines, on a déjà une impression
de décomposition générale, ce qu'on peut trouver triste, mais ce qui
prouve bien que ce projet de TCE était hyper-fragile, voire que le
projet européen, globalement, est hyper-fragile, sans compter notre
gouvernement, pour ne pas dire l'Etat français.

ALORS, ON LA FAIT, CETTE 6ème RÉPUBLIQUE?

Ce serait le moment de faire son "examen de conscience" ou son "acte de
contrition" (comme on dit à droite) ou son "auto-critique" (comme on dit
à gauche). Ou, pour parler médicalement d'une situation malade, faire un
diagnostic. Faire ressortir la vérité sur ce malaise, ce divorce entre
la population qui dit NON et "les élites" qui disent "Je ne comprends pas".

Mais voilà : Chirac ne démissionne pas, F.Hollande non plus, Jospin non
plus (euh, pardon) et les rédac-chefs des grands médias non plus.
Mieux, ceux qui ont perdu en votant OUI travaillent fort à
culpabiliser-punir ceux
qui ont gagné en votant NON.

Et puis, on retape le gouvernement, "du neuf avec du vieux," ou "on ne
change pas une équipe qui perd". Un évênement, ça aurait été que Chirac
appelle José Bové ou Olivier Besancenot comme premier ministre! ("Alors
là, mon cher, vous êtes en pleine science-fiction!")

Bon j'ai dit que je ne faisais pas d'attaque aux personnes, et tout ceci
me confirme dans mon désir de voir se faire de la POLITIQUE et non plus
de la politique (dite politicienne — ou politicaillerie). Ces
gens-là ne m'intéressent pas. Par une sorte d'atavisme profond, je n'ai
jamais pu m'intéresser aux politiciens, aux partis, à leurs stratégies
électorales. Je ne les ai jamais beaucoup crus, et, comme bien d'autres
aujourd'hui, je ne les crois plus du tout. Ce n'est pas que je pense
"tous pourris", trop facile, superficiel et franchouillard, c'est que je
pense : ce système, ces institutions sont épuisés, la dichotomie
droite-gauche n'est plus d'actualité ("clivage relevant plus d'un
positionnnement marketing que d'une réalité de terrain", me souffle une
amie), on est dans une autre problématique.

Face au monde politique usé, dévalorisé, bouffé aux mites par la
puissance du monde économique, autre chose est en train de naître.
Quelque chose d'horizontal, non hiérarchisé, transversal, qui fonctionne
en réseau, local ou internetique. Quelque chose d'alter-quelque-chose.
Une mouvance d'où il n'émerge (en tout cas actuellement) pas
d'idéologie précise, plutôt une sorte de philosophie relativement floue,
qui dit NON mais qui ne demande qu'à construire autre chose. (Il n'en
émerge pas non plus de grand leader, ce qui est une bonne chose, mais
aussi un problème, question efficacité immédiate.)

Ça pourrait s'appeler la Démocratie Européenne, par exemple.


PLAN B OU SÉRIE B ? OU PLAN 9 FROM OUTER SPACE ?

En passant, la simple formulation "Il n'y aura pas de renégotiation",
"Il n'y aura pas de contre-proposition" était en elle-même suspecte et
même carrément un déni de démocratie, ne serait-ce que par sa
formulation impersonnelle. Ce "Il n'y aura pas", c'est quoi, où, qui?
C'est un peu comme "Il fait beau" ou "Il y a du vent". Une sorte d'état
de fait "cosmique", une force impersonnelle, absolue comme la monarchie.
Une instance abstraite, divine, encore plus anonyme qu'un "ON".

Sans compter que ce martelage a énervé tout le monde. Moi, j'ai pris ça
mal, en tout cas, et apparemment je ne suis pas le seul. C'est donc, à
tout le moins, une remarquable erreur de stratégie, de communication.
Ça me fait drôle, d'ailleurs, de voir que tous ces libéraux affiliés à
l'OMC
soient de si mauvais commerciaux, de voir qu'ils n'ont pas su nous
vendre leur salade, depuis le temps! Tellement sûrs d'eux, tellement
arrogants, assénant du "c'est comme ça et pas autrement', du "vous n'avez
pas le choix", prouvant ainsi qu'ils considèrent "le peuple" comme un
bébé. 0u comme un troupeau. Faut pas s'étonner qu'ils se fassent jeter,
ils ont donné la parole au troupeau! "Les Français sont des veaux",
disait De Gaulle. Maintenant ils sont des moutons noirs. À moins qu'ils
ne tournent aux moutons enragés et aux vaches folles.

Bien sûr qu'ils n'en avaient pas, de Plan B, les acoucheurs du
TCE-référendum-ultimatum!

Par définition, un plan B ne peut être concocté que par d'AUTRES, des
gens qui pensent "autrement". Qui d'autre alors? C'est là la question,
bien sûr. (Déjà, pour commencer, pas un Giscard! Moi j'ai cru un moment
qu'on était tombé dans une faille spatio-temporelle.) C'est à nous, ceux
qui ont dit NON, de le monter, ce plan B (sans pour autant exclure ceux
qui ont dit OUI pour de bonnes raisons.)

Après le NON français, suivi par d'autres, il faut bien que "quelqu'un,
quelque part" en tienne compte, surtout si NOUS disons assez fort : NOUS
voulons l'Europe, oui, mais pas celle-là. Alors les gens qui tiennent à
un projet européen, ceux que NOUS demanderons, que NOUS élirons, se
remettront au boulot.
La Démocratie, c'est comme ça que ça marche, ou bien?...

Parce que déjà, à peine le vote acquis, les copains (ou les moins
copains) te disent "C'est pas le tout de dire NON, tu as quoi à
proposer?" Alors moi j'avoue que ça dépasse un peu mes compétences, mais
il y a des gens avec du "temps de cerveau disponible", il y a des idées,
il y a des projets qui fleurissent, des pétitions qui courent sur le
net et ailleurs, et il y en avait déjà AVANT le réfrénendum, pour, en
bref, une
Europe sociale, écologique, démocratique. Le NON est optimiste (et moi
très relativement).


"Les utopies ne s'opposent pas au réel, elles sont l'un des éléments qui
permettent de le construire." (Patrice Flichy. L'Imaginaire d'Internet.
Ed La Découverte.)

En bref, on ne lâche pas l'affaire! L'abcès est percé, mais pas vidé, ne
le laissons pas s'enkyster à nouveau.

---------------

PRESSE

Ci-dessous, quelques éléments de presse pour l'après-NON (glanés sur le
net) :

l'Humanité / Rubrique Politique / Article paru dans l'édition du 31 mai
2005.

" Des États généraux pour une autre Europe "

José Bové, porte-parole de Via Campesina

Comment agir maintenant et intervenir pour changer la donne en Europe ?
Le porte-parole de l'organisation paysanne Via Campesina donne son avis
sur la question.

" Nous devons travailler sur plusieurs axes. Il est tout d'abord
nécessaire de poursuivre la pression sur le président de la République.
Le 16 juin prochain se tient une réunion du Conseil de l'Europe, et nous
devons exiger de manière très claire que Jacques Chirac porte le "non"
majoritairement exprimé par les Français - un " non" qui exige fortement
une renégociation du traité - devant les vingt-quatre autres chefs
d'État et de gouvernements.

Il s'agit ensuite de continuer tout le travail de terrain, à la base,
largement engagé par tous ceux qui se sont puissamment mobilisés pour
mener la campagne du " non" de gauche. Environ un millier de collectifs
répartis sur tout le territoire se sont constitués. S'y sont retrouvés,
notamment autour de l'Appel des 200, des partis politiques comme le PCF,
la LCR ; des morceaux de partis, je pense au PS, aux Verts ; des
mouvements comme ATTAC ; des organisations syndicales, la Confédération
paysanne, la FSU, la CGT, SUD... Tous les participants à ces collectifs
ont déjà capitalisé une réflexion en profondeur sur le contenu même de
la constitution proposée. À partir de toutes ces réflexions, et de ce
travail accumulé, chacun selon ses spécificités doit être en capacité de
formuler des propositions sur ce que devrait être une autre constitution
pour l'Europe. Élaborer ensuite, et pourquoi pas à travers des états
généraux de l'Europe, notre contribution pour une nouvelle orientation
de la politique européenne.

Troisième action : élargir au plan européen ce que nous avons été
capables de réaliser au niveau français. En apportant notre soutien dans
les autres pays européens aux organisations antilibérales de gauche, de
la société civile qui vont être confrontées à des référendums. Pour
cela, il serait souhaitable d'organiser des brigades européennes pour
rendre compte de notre expérience, pour apporter des explications, pour
aider les mobilisations à s'organiser dans d'autres pays. Comme cela a
pu se réaliser avec des progressistes européens venus chez nous. Un
retour de solidarité, en quelque sorte. L'objectif est d'élargir encore
les discussions et de démontrer réellement que nous ne sommes pas dans
un débat franco-français, mais bien dans un vrai débat européen que l'on
veut développer entre citoyens européens que nous sommes tous. "

Propos recueillis par Alain Raynal



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l'Humanité / Rubrique Politique / Article paru dans l'édition du 31 mai
2005.

" Il faut convoquer une assemblée constituante "

Gérard Filoche, socialiste pour le " non " (NPS), inspecteur du travail

Au lendemain de la victoire du non, le maître mot, c'est l'unité.
L'unité de la gauche, qui doit dans son ensemble s'aligner sur le
message populaire de dimanche. L'unité du Parti socialiste, qui doit lui
aussi écouter le peuple. Et dimanche, le peuple a été on ne peut plus
clair : il a demandé aux socialistes de s'ancrer à gauche. Le PS doit
enfin comprendre ce qui s'est passé, du 21 avril au 29 mai : le peuple
réaffirme à chaque fois, à chaque élection, qu'il est contre les
libéraux et contre ceux qui faisaient trop de concessions aux libéraux.
J'entends aujourd'hui des socialistes qui déclarent que le non à Chirac
a été très fort dimanche. Je suis désolé, mais on le leur avait déjà dit
! En tout cas, le constat est que si le PS avait pris la tête du " non
", il serait beaucoup plus fort. J'ai aussi un petit message pour la
gauche du PS : les trois sensibilités qui ont milité pour le " non "
doivent également travailler ensemble.

Au-delà de la gauche, il est clair que le " non " devrait inciter Chirac
à se démettre et à demander des élections anticipées. Il ne peut se
contenter, comme il l'a déjà fait, de changer de ministres, qui feront
immanquablement la même chose que leurs prédécesseurs. Je rappelle
qu'ils s'apprêtent notamment, ce mois-ci, à dépecer le Code du travail.
Quels que soient les changements de personnes, ils n'ont pas l'intention
de changer de cap. Or je crois qu'après les résultats du référendum, et
contrairement à 1997, il y a motif, cette fois, à dissoudre !

Au plan européen, les responsables semblent s'interroger sur ce qu'il
faut faire désormais. Mais c'est très simple. Il faut convoquer une
assemblée constituante, élue par les peuples. C'est la seule vraie règle
du jeu qui tienne. C'est le moyen le plus démocratique pour aboutir à
une constitution légitime. Bien sûr, le texte final sera un compromis,
mais au moins, il se sera fait sous la pression des peuples.

Propos recueillis par Anne-Sophie Stamane



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Et puis, pour ceux qui n'ont pas peur de la lecture, ce débat Libé-Fnac.
Ça date d'avant le vote, mais ce n'est pas pour autant que ça a perdu
son actualité et son intérêt. Au contraire, parce que l'essentiel n'est
pas l'anecdote d'actualité, c'est la philosophie générale qui émerge de
tout ça. En bref la question "Dans quel monde voulons-nous vivre?"
(C'est pas rien!).

PARTICIPANTS :

-Guy Carcassonne, professeur de droit public à Nanterre ;

-Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS ;

-Jacques Généreux, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris ;

-Bernard Murat, acteur et metteur en scène ;

-René Passet, professeur émérite d'économie à Paris 1, président
d'honneur du conseil scientifique d'Attac ;

-Jean Pisani-Ferry, professeur associé à Paris Dauphine, membre du
Conseil d'analyse économique.

-Dominique Rousseau, professeur de droit public à l'université de
Montpellier ;

-Yves Salesse, conseiller d'Etat, coprésident de la Fondation Copernic ;

-François Salvaing, écrivain.

-Jorge Semprun, écrivain, scénariste ;

C'est là :
http://www.liberation.fr/page.php?Article=298505

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Et puis ça, juste pour dire que ça continue.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=307013

Les "collectifs pour le non" tournés vers 2007

Leurs représentants se penchaient samedi sur la recomposition de la
gauche antilibérale.

Par Christophe FORCARI

lundi 27 juin 2005 (Liberation - 06:00)

Extrait :

Samedi, plus de 750 représentants des "collectifs pour le non" au traité
constitutionnel, nés dans la foulée de l'appel des 200 lancé par la
fondation Copernic, se sont réunis pour la première fois. Avec la
volonté affichée de ne pas en rester là. "Nous continuons, pour
construire des alternatives aux déclinaisons nationales des mesures
européennes", explique Claude Debons, un des animateurs de la fondation
Copernic.

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