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LETTRE
OUVERTE
N°21 - 25 mai 2005
CONSTIPATION EUROPÉENNE, dernière (?)
Et puis on m'a fait passer ça
"SVP, prenez le temps d'aller sur ce site http://www.ineditspourlenon.com/
lire l'article
qu'a publié
Thibaud de la Hosseraye, qui était membre de la Commission
Europe
et du club Dialogue et Initiative, chargé
d'élaborer un
argumentaire
en faveur du OUI au traité constitutionnel pour l'Europe et
qui
nous fait part de ses réflexions.
A lire et à diffuser avant le 29 mai."
L'auteur raconte son basculement de déçu du OUI,
sa prise
de conscience
du système manipulatoire où il était
embringué, mais le plus intéressant
ce sont les 19 arguments pour le NON, pas tous inédits, non,
mais en
tout cas extrèmement bien articulés.
On a beaucoup parlé d'Etienne Chouard, et des retours de
flamme
qu'il a
subi, mais Thibaud de la Hosseraye vaut bien le coup aussi. Il semble
d'ailleurs qu'il en ait lui aussi pris plein la gueule: voir, sur son
site, la "suite" à son premier argumentaire.
Je vous mets juste ici son résumé des arguments,
mais je
ne saurais
trop vous conseiller d'aller y voir de près.
"RESUME DES ARGUMENTS
La France est reconnue, distinguable dans le monde non seulement
pour les idéaux de liberté,
d'égalité et de
fraternité issus de 1789,
mais aussi pour la spécificité du projet social, issu
de la
Résistance,
qui en découle.
Sur ce fondement :
o L'argument 1 montre qu'un rejet par la France du projet de
Constitution aurait une signification particulière : cela
signifiera
l'exigence de plus de social dans le projet européen.
D'où sa valeur
éminemment positive, constructive.
o L'argument 2 constate que, entre partisans du Oui et ceux du Non,
il
y a accord sur le sujet du désaccord : tous reconnaissent que
c'est
le contenu libéral de la partie III du projet de Constitution
qui
pose
problème.
o L'argument 3 montre que le sens du Non souverainiste est lui aussi
anti-libéral.
o L'argument 4 constate cette
homogénéité du Non
et relève, a contrario,
la différence de fond entre le Oui de droite et le Oui de
gauche
: l'un
accepte telle quelle la forme de libéralisme
consacrée
par la
Constitution, l'autre prétend pouvoir la corriger.
o L'argument 5 montre que, en raison de la signification sociale d'un
Non français, la gauche prend un risque
stratégique
majeur à soutenir
le Oui: celui de laisser l'initiative du Non à un pays lui
donnant un
moindre sens social.
o L'argument 6 montre que l'argument précédent
n'est
jamais invoqué
précisément parce qu'une Constitution plus
libérale encore paraît,
même à la gauche, difficilement
réalisable.
o L'argument 7 montre quen vertu de sa subordination explicite aux
législations nationales, la Charte des droits fondamentaux
na
aucune
valeur normative : elle nest pas juridiquement contraignante
pour les
Etats membres.
o L'argument 8 relève que puisque c'est le contenu
libéral de la partie
III de la Constitution qui fait le plus débat et qui
apparaît comme le
point décisif au sujet duquel vont s'exprimer les
électeurs, ce serait
un déni de démocratie particulièrement
flagrant
que de l'appliquer
quelle que soit l'issue du vote, en tenant pour rien l'expression de la
volonté populaire.
o L'argument 9 montre que l'on a mis les électeurs devant un
fait
accompli : la libéralisation à outrance de
l'économie européenne. En
leur expliquant que plus rien ne peut être fait contre cela
même pour
quoi on leur demande pourtant de voter, on leur demande en
réalité
d'ériger un fait en droit.
o Les arguments 10 et 11 montrent que les dirigeants qui aujourd'hui
prétendent toute renégociation de la Constitution
inenvisageable se
discréditent d'avance pour une éventuelle
renégociation demain. En cela,
le vote du 29 mai est bien aussi un enjeu de politique nationale, sur
le
choix de nos dirigeants de demain.
o L'argument 12 relève combien la dénonciation
d'un
"débat
franco-français" à propos du débat sur
la
Constitution manifeste une
conception de l'Europe négatrice des identités
nationales.
o L'argument 13 montre que le contenu exclusivement libéral
du
projet
de Constitution conduit à une dilution de l'Europe, en ne
distinguant
aucunement le libre-échange régissant les
rapports entre
ses Etats
membres de celui promu, hors d'elle, par la mondialisation(15).
o L'argument 14 montre que l''attachement définitif
à
l''OTAN signe
l'arrêt de mort du projet d'Europe européenne.
o L'argument 15 montre que les bienfaits de l'Europe vantés
par
les
partisans du Oui plaident au contraire pour le rejet de cette
Constitution.
o L'argument 16 montre en quel sens on est conduit à dire
que
cette
Constitution n'a d'autre finalité que de subvertir les
fondements même
de l'état de droit.
o Les arguments 17, 18 et 19 exposent comment les partisans d'un " Oui
de gauche " pratiquent sciemment la politique du pire pour mieux
s'imposer dans la politique nationale. Leurs arguments pour rejeter
la directive Bolkestein en sont une parfaite illustration." LETTRE
OUVERTE
N°22 - 27 mai 2005
Je ne suis pas adhérent Vert (ni à quoi que ce soit
d'autre), mais
on m'a communiqué ce texte de Ludovic Bu.
Je me permets d'y répondre, en individu (qui s'efforce
d'être) écolo.
>>> Quelques raisons de voter "Oui" au TCE
>>> par Ludovic Bu
<mailto:ludovic.bu@wanadoo.fr>
>>> Les Verts ont décidé de consulter leurs
adhérants pour savoir quelle
>>> position défendre lors du référendum
sur le Traité Constitutionnel
>>> Européen (TCE).
>>> Le TCE n'est pas, à notre grand regret, un
texte
vert. Il faut donc
>>> le prendre pour ce qu'il est
La société libérale n'est pas une
société verte, faut-il donc la
prendre comme elle est ???!!!
>>> A l'évidence, si le traité constitutionnel
avait été rédigé par les
>>> Verts, nous serions - presque (car il y a des
insatisfaits
>>> chroniques) - tous d'accords pour dire qu'il
est parfait
et qu'il
>>> faut l'adopter au plus vite. Mais il faut se
rendre
à l'évidence,
>>> les Verts ne sont pas au pouvoir partout, et
le texte
n'est donc
>>> qu'un reflet de la majorité libérale
actuelle. Et par libérale, il
>>> faut entendre “ sociales/démocrates +
conservateurs ”,
Non, il faut entendre "libérale", c'est à dire
"capitaliste-mondialiste".
>>> car n'oublions pas que les socialistes étaient
au
pouvoir dans la
>>> plupart des pays au moment des discussions sur
le TCE.
Les "socialistes" en question sont donc des capitalistes-mondialistes
(presque) comme les autres - Moi j'appelle ça du
libéralisme-canigou :
avec des petits bouts de social dedans.
>>> Le texte issu des discussions incluant 28 pays
(les 25
membres de
>>> l'UE + les 3 requérants) est donc le fruit
d'un
compromis qui n'est
>>> pas de droite ou de gauche, mais bien celui de
la
majorité de pensée
>>> actuelle en Europe.
Cette "majorité de pensée" (ou "pensée unique"?)
est donc un beau
brouillamini. Faut-il signer un brouillamini? Ne faut-il pas accorder
(un peu plus) les violons, avant de signer ça?
>>> Et c'est à cette aune qu'il faut le juger, ce
qui
signifie que
>>> d'entrée de jeu, nous devons nous prononcer
sur les
avancées
>>> obtenues par rapport au traité
précédent et non par rapport à notre
>>> idéal.
C'est du pragmatisme, ça se défend.
Mais c'est bien tiède. Quitte à
passer pour un dangereux terroriste, je considère, d'un point de
vue
écolo, que le libéralisme est notre ennemi, et que
composer avec est
un suicide planétaire. (Je sais, on compose TOUS avec, à
un degré + ou
- grand... Est-ce une raison pour lui donner notre aval dans l'espoir
de le réformer par petit coup de l'intérieur? N'est-il
pas TROP TARD
pour ça?)
>>> le débat n'est pas un débat entre
Français uniquement, et l'Europe
>>> n'est pas la France en grand.
>>> Là encore, un petit rappel est nécessaire
pour bon nombre de
>>> copains/ines qui regardent uniquement ce texte
sous
l'angle “ est-ce
>>> que c'est mieux que ce que l'on a en France ”
:
l'Europe n'est pas
>>> la France en grand. Ainsi, ce qui chez nous
peut
paraître évident ne
>>> l'est pas chez les autres, et ce qui peut
paraître
évident chez les
>>> autres ne l'est pas forcément chez nous. Il en
va
ainsi, par
>>> exemple, de la laïcité. Pour nous, il n'y a
pas assez de références
>>> à la laïcité dans le TCE, car la France
est un pays très attaché à
>>> la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais
il
faut se rappeler que
>>> parmi les autres pays européens, la
Chrétienté reste très forte
>>> (Pologne, Italie, Espagne pour ne citer
qu'eux), et
qu'obtenir que
>>> la laïcité soit dans le texte est une victoire.
Il y a quand même dans le texte une autorisation à
manifester sa foi
publiquement qui peut rendre antieuroconstitutionnelle la loi francaise
dite "sur le voile". Imaginons que les Islamistes attaquent
la
France
sur cette loi devant la Cour de Justice Européenne...
>>> Et puis, il faut aussi voir ce que ce texte,
une fois
adopté,
>>> apportera à nos ami-e-s des autres pays
membres :
le simple fait que
>>> tous les mouvements LGBT, syndicaux européens,
ONG
>>> environnementales, etc, se prononcent pour ce
traité montre bien que
>>> globalement, à l'échelle de l'Europe, il
présente une réelle avancée
>>> par rapport à Nice et aux autres traités en
cours.
On ne peut que l'espérer. Les voeux pieux y sont, mais faudra
toujours
batailler pour en obtenir la concrétisation, alors que les
règles du
commerce libre et de la concurrence non faussée, elles,
déjà en
application, sont bétonnées et érigées en
LOI par le TCE.
>>> Dans le même sens, il est nécessaire de voir
comment fonctionne
>>> l'Europe. On entend souvent que l'Europe n'est
pas
démocratique.
>>> Pourtant, l'UE dispose de trois composantes
qui
débattent (la
>>> Commission, sorte de gouvernement, le Conseil,
sorte de
Sénat
>>> représentant les pays d'Europe, et le
Parlement
européen, sorte
>>> d'Assemblée nationale, mais élu à la
proportionnelle, lui !). Aucune
>>> n'est aux ordres de l'autre, à l'inverse de
notre
Parlement, par
>>> exemple, dont la majorité est sagement
rangée derrière le gouvernement.
Ca n'a pas toujours été le cas.
>>> De même, les majorités ne sont pas
figées à Bruxelles, et les Verts
>>> sont par exemple régulièrement alliés
aux libéraux (notamment sur
>>> les libertés publiques). Il ne faut donc pas
oublier que l'Europe
>>> est multiforme, et que la démocratie en son
sein
est bien plus forte
>>> qu'au sein, par exemple, des institutions
françaises.
C'est la démocratie "hétérarchique" que certains
défendent, des
institutions qui se contrôlent les unes les autres. Là
encore, je ne
demande qu'à croire que ça fonctionne mieux qu'en France.
La
constitution française, qui fonctionne à peu près
aussi, ne m'a jamais
semblé un parangon de vertu démocratique, je ne la
prendrais pas pour
exemple. Il est clair pour moi qu'à l'heure actuelle, il faut
INVENTER
("L'imagination au pouvoir", ça vous dit quelque chose?).
Question :
Peut-on attendre cette invention d'un Giscard et d'un gros tas de
compromis?
>>> L'Europe se construit peu à peu, nous n'avons
pas
eu tout hier, et
>>> nous n'aurons pas tout aujourd'hui.
Ni demain. Quand? Quand il n'y aura plus de glaciers et 70 m d'eau en
plus sur la Terre?
>>> Pour se prononcer sur le TCE, il est
nécessaire de
regarder en
>>> arrière, et de voir où nous en sommes, et ce
qui est donc négociable
>>> à cette étape de la construction
européenne. Autant lorsque nous
>>> parlons de partage de la voirie, nous sommes
capables de
voir que
>>> nous ne pouvons demander immédiatement que
l'on
interdise les
>>> voitures et que seuls les vélos soient
autorisés,
C'est pourtant bien ce qu'il faudrait non pas demander mais exiger,
juste pour avoir une chance de sauver l'espèce humaine de
l'extinction.
>>> autant lorsqu'on parle d'Europe, nous sommes
incapables de
voir que
>>> ce qui se passe est historique, et combien
nous
avançons à grands
>>> pas. En effet, la construction européenne,
faite
uniquement de
>>> discussions et non de guerres, est une
première
historique mondiale.
>>> Forcément, il prend plus de temps de faire des
réformes à plusieurs
>>> millions de personnes que d'avoir un chef qui
impose aux
autres son
>>> point de vue. Mais on voit bien que depuis 50
ans, petit
à petit, on
>>> avance vers une Europe fédérale, politique,
que nous appelons de nos
>>> voeux. Et le TCE est une étape vers cette
Europe
fédérale, même si
>>> elle nous parait aujourd'hui trop libérale ou
pas
assez écologiste.
J'admire cet optimisme qui voit des grands pas là où je
vois du "on
perd son temps à faire l'Europe pendant que la planète
crève" (comme
on perd son temps à proner la dépénalisation du
shit ou le mariage
homosexuel pendant que la planète crève). Comme si on
avait des
siècles devant nous. Pendant la catastrophe climatique, la vente
du
shit continue. Mais c'est quoi, les Verts ???
>>> Enfin, comme il faut se prononcer sur un
traité,
Non, une CONSTITUTION
>>> il s'agit aussi de voir ce qu'il y avait
auparavant.
Actuellement,
>>> nous subissons le traité de Nice. Il faut
entre
quatre et cinq ans
>>> pour faire éclore un traité, puis encore
trois à cinq ans pour qu'il
>>> soit ratifié par tous les Etats membres et mis
en
application. Nice
>>> court jusqu'à 2009, et a vocation à
être remplacé par le TCE. Si le
>>> TCE n'est pas adopté, il faudra revoir la
copie, et
donc nous en
>>> avons jusqu'environ 2014 avec Nice. Est-ce
vraiment ce que
nous
>>> voulons, alors que Nice est probablement le
pire des
traités
>>> européens qui ait été en vigueur ?
Mais non, mais non, on peut en 3 mois revoir le texte, en garder juste
un traité qui compilerait (en les corrigeant un tant soit peu)
les
traités précédents (l'essentiel de ce boulot est
déjà fait, il est
dans le texte du TCE) et qui proposerait l'élection d'une
Assemblée
Constituante Européenne et les modalités techniques de ce
scrutin,
date, etc. D'ici 2009, ça peut être bouclé. (Il
faut une forte volonté
politique, évidemment. Et sans doute une forte pression
populaire)
>>> Une crise salvatrice en cas de “ non ” ?
Quelle crise ?
>>> Les partisans du “ non ” expliquent que le
rejet du traité
>>> permettrait de signifier le refus de l'Europe
libérale par les
>>> citoyens européens. Or, il ne faut pas avoir
la
mémoire courte.
>>> Lorsque le Danemark s'est prononcé contre
Maastricht, on leur a
>>> proposé quelques mesurettes particulières,
et le pays a adopté le
>>> traité six mois plus tard.
Nous laisserons-nous faire la même chose?
>>> Lorsque les Irlandais se sont prononcés, à
très juste titre, contre
>>> le Traité de Nice, on les a simplement fait
revoter
six mois plus
>>> tard pour qu'ils disent “ oui ”.
Bis. On nous serine tellement que la France est à la base du
projet
européen et reste l'un de ses moteurs principaux, alors on peut
penser
sans aucune arrogance qu'un NON français remuerait plus les
conscience
que le NON danois ou irlandais.
>>> Et dans les deux cas de figures, les messages
qui ont
été relayés
>>> étaient que les Danois et les Irlandais
étaient contre l'Europe, et
>>> non contre tel ou tel traité, ou contre tel ou
tel
aspect des
>>> traités. Pourquoi en serait-il différemment
pour les Français ?
Peut-être parcequ'on le VOUDRAIT vraiment, on l'exigerait, on
communiquerait activement sur le sujet. A NOUS d'émettre un autre
message et de travailler à ce qu'il soit relayé, et de
combattre pour
qu'il ne soit pas détourné. Bien sûr, la
cohabitation avec les
Devilliers-LePen dans le NON, c'est très chiant. On a un
problème de
communication majeur.
>>> D'autre part, il faut bien voir que dans toute
l'Europe,
les seuls
>>> qui, à gauche, font campagne contre le TCE
sont les
anti-européens,
>>> y compris chez les Verts (Suédois, Danois et
Anglais). Donc, il sera
>>> très difficile pour les Verts français
d'expliquer qu'eux sont
>>> pro-européens, mais qu'ils appelent à voter
“ non ”.
C'est très difficile, c'est du boulot? Oui, dès
maintenant, c'est du
boulot pour que notre NON "alter-européen" ne soit pas
assimilé au non
souverainiste. Est-ce parceque c'est difficile qu'il ne faut rien
tenter? Moi je voyais les Verts plus combattifs ! (Comment disait
Charlebois, déjà? "Entre 2 joints, faudrait voir à
fair' kèkchose!" -
mais j'arrête sur ce thème, c'est un peu facile et
ça ne fait rien
avancer.)
>>> D'autant que dans le même temps, l'ensemble de
nos
euro-députés se
>>> sont prononcés pour le “ oui ”, et que
le groupe des Verts au
>>> Parlement européen en a fait de même.
Les "Verts", c'est donc juste un groupe parlementaire parmi d'autres,
quoi... Ça fait chier!
>>> La Constitution ne sera pas gravée dans le
marbre.
Car le marbre a
>>> été banni par une directive
européenne.
>>> Sous cette blague, il s'agit de montrer que là
encore, les arguments
>>> sont typiquement français : en adoptant le
TCE, on
“ graverait dans
>>> le marbre ” les valeurs de l'Union, et on
n'arriverait plus à se
>>> sortir de ce Traité. Evidemment, si on regarde
du
point de vue
>>> français, et si on fait exception de la
réforme constitutionnelle
>>> quasi annuelle (et généralement faite sans
référendum), la
>>> Constitution est quelque chose de sacré.
Un simple TRAITÉ qui, comme dit plus haut, compilerait en les
corrigeant les traités précédents et qui
proposerait l'élection d'une
assemblée constituante européenne, serait passé
comme une lettre à la
poste. En assénant comme ça "sans prévenir" une
CONSTITUTION, on a
touché quelque chose de profond dans la mythologie
républicaine
française, dans l'âme d'un peuple. Peu importe que cette
vision soit
réelle ou fantasmatique. C'est ce genre de choses, ces mythes,
qui
animent un peuple - et non les comptes de boutiquier. C'est à
tout le
moins une erreur de stratégie d'avoir touché à ce
domaine "sacré" en
l'appelant "Constitution".
>>> Mais si on regarde par exemple chez nos
voisins anglais, on
>>> s'aperçoit qu'il n'y a de constitution qu'un
ensemble de textes qui
>>> évoluent au fur et à mesure de la
jurisprudence ! D'ailleurs, pour
>>> ces mêmes Anglais, le simple fait d'accepter
le
terme “ Constitution
>>> ” n'était pas une mince affaire, car il va
dans le sens d'un
>>> fédéralisme européen.
Ils ne l'ont pas encore accepté. (Sauf si on considère
que le
gouvernement anglais et les membres anglais de la commission qui a
rédigé le texte SONT "nos voisins anglais". Ils ne le
sont pas plus que
le gouvernement français et les membres français de la
commission ne
sont "nous Français"). Les Anglais ont d'autres mythes en
activité -
touchez à leur reine, pour voir!
>>> Quant à l'Union européenne, on voit bien que
les Traités se
>>> succèdent au rythme d'un tous les quatre à
six ans, chacun piochant
>>> dans les textes précédents et créant
de nouvelles parties ou
>>> réformant l'existant. Ainsi, le TCE, comme ses
prédécesseurs, se
>>> verra réformé dans quelques années.
Ah ben maintenant, il n'y a qu'à attendre, on a le temps, "les
traités
se succèdent"... "le TCE se verra réformé..."
Ça se passe tout seul,
quoi, par l'opération du sain d'esprit, sans doute. Si on veut
que ça
soit réformé à un moment ou l'autre, il faut s'y
mettre tout de suite,
les gars ! Et sérieusement !!!
Désolé, mais je trouve que les Verts sont
décevants, à approuver ainsi
un traité qui rendra anticonstitutionnelle toute politique
VÉRITABLEMENT
écologique, c'est-à-dire une politique de
DÉCROISSANCE.
>>> Et parions qu'il ira encore plus loin vers
l'Europe
politique et
>>> fédérale que nous souhaitons.
>>> C'est pour toutes ces bonnes raisons de voter
“ oui
” et pour toutes
>>> ces idées reçues qui invitent à voter
“ non ” que je me situe
>>> résolument dans le premier camp, et que
j'invite
mes ami-e-s
>>> vert-e-s à en faire de même.
>>> Ludovic Bu
J'AJOUTE :
Citation relevée sur le site des "Verts pour le OUI":
"Les sceptiques relèvent la contradiction entre un "niveau
élevé de
protection de l’environnement" et "l’économie
sociale de marché
hautement compétitive" (art I-3). L’économie
"libérale et productiviste"
défendue par la Constitution ne peut que contribuer à
détruire
l’environnement, estiment les "Verts pour le NON" (Francine Bavay,
Jean-Desessard, Martine Billard...).
Et comme "les Verts pour le OUI" ont l'honnêteté de citer
leurs
contradicteurs, je me dois de citer aussi ceci, que l'on trouve aussi
sur leur site :
"L’Europe joue depuis 25 ans un rôle pionnier dans la
protection de
l’environnement, qu’il s’agisse de l’air, de
l’eau, de la pollution
automobile, ou encore des OGM et du contrôle des produits
chimiques.
"Nous avons obtenu bien plus de l’Europe en matière de
protection de
l’environnement que de la France elle-même", constate Yann
Wehrling,
secrétaire national des Verts.
(Je résume) --- La réglementation la plus
sévère au monde sur les
organismes génétiquement modifiés --- La
législation "REACH", qui vise à
répertorier et évaluer l’impact sur la santé
et l’environnement de
30.000 substances chimiques. --- Les normes de qualité de
l’eau --- Dans
le domaine de l’air, c’est l’Europe qui fixe les
normes de pollution
pour l’ozone, le CO2, les particules fines qui
pénètrent dans nos
poumons --- Le protocole de Kyoto sur le climat --- Les contraintes aux
chasseurs ou agriculteurs (directive "Oiseaux" --- directive
"Habitats"). Sur tout ça, la France se fait tirer l'oreille pour
suivre."
Bref, même si "la protection de l'environnement", ce n'est pas
"l'écologie", on peut donner acte à l'Europe qu'il s'y
fait un travail
positif en ce sens.
Je nous souhaite à tous, sans aucune ironie, beaucoup de
courage
pour les années qui viennent. LETTRE
OUVERTE
N°23 - 28 mai 2005
CONTESTATION EUROPÉENNE — (DERNIERE LETTRE OUVERTE
AVANT
L'APOCALYPSE)
Finissons-en. J'ai pris le temps de réfléchir, de
travailler la
question, à commencer par la lecture du Traité.
C'est
difficile et ça
demande du temps - à prendre sur mes "activités
normales"
(c'est un des
problème de ce référendum, j'y
reviendrai).
Ecouter aussi divers sons de
cloches, oui, j'ai même regardé
not'président sur
la 2, c'est vous dire
si je fais preuve d'abnégation! Mais plus
intéressantes
que les
interventions de politiques, j'écoute et lis aussi les
remarques
de
simples citoyens, les hésitants ou même les
défenseurs du OUI - dont
certains de mes amis. Ça enrichit le dossier& et
ça
perturbe: les
certitudes, c'est toujours plus facile à vivre, qu'on les
aie
captées à
l'extérieur ou qu'on se les soit forgées
soi-même.
Du coup, il m'arrive
de douter, de penser qu'il faut penser NON, mais qu'il faut voter OUI,
par exemple. Sur cette question comme sur bien d'autres, il n'y a pas
de
certitude tombée du ciel, pas de foi, il n'y a que des CHOIX.
À ce moment-là il m'a fallu replonger en
moi-même
et chercher au plus
profond, au plus simple, au plus près de moi, pourquoi je
vais,
je
persiste, voter NON... C'est intéressant d'aller ainsi
à
la recherche de
son intime conviction, pas forcément objective ou
raisonnable,
mais
noyau essentiel... Le CHOIX, donc, au sens philosophique. (En classe de
philo, je me suis quelque peu nourri de l'Existentialisme, il m'en
reste
quelque chose.)
------
Merci à Ayerdhal et Henri Lehalle, dont les
échanges
à propos de
l'analyse de Chouard ont a été primordiaux dans
ma mise
au clair. Et
merci aussi à Coutelis, Yves Frémion,
Gaël Briand et
quelques autres qui
se reconnaitront.
------
Yal : "... j'ai la conviction que, par ce
référendum,
nous navons jamais
eu l'occasion de nous exprimer sur un choix politique aussi important
et
que nous ne l'aurons peut-être plus jamais." (...)
Coutelis : "Primauté et
irréductibilité du droit. L'article 6
précise
que le droit de l'Union prime les droits nationaux. Cela va sans dire,
mais cela va encore mieux en le disant (...) Avec la
constitution,
votre
vote aux élections nationales et européennes
devient
totalement inutile.
Il ne sagira plus que de faire semblant. Alors
réfléchissez bien le 29
mai, cest peut-être la dernière fois que vous
votez
réellement..."
Caza: Ma propre lecture me laisse penser que la Constitution
préserve
des moyens d'action classiques, via nos élus, rien de
très neuf... Il va
falloir être extrêmement vigilant, volontaire et
obstiné.
------
Henri : "... Comme Etienne Chouard et comme nous tous,
je n'ai
pas
beaucoup de temps..."
Yal : "J'ai assez peu envie de jouter et, comme toi, peu de temps pour
le faire. "
Caza: J'ai conservé les remarques de mes deux
compères
sur le manque
de temps, parce que ça me semble primordial, justement pour
la
question
de la lisibilité du traité.
On n'a pas le temps, non. J'ai reçu le cahier bleu officiel
samedi 7
mai, il me restait trois semaines pour le lire, même si
j'avais
déjà
travaillé sur la publication par L'Hémicycle
(dans tous
les bureaux de
poste), et par les sites internet. Or il faudrait lire tout, y compris
les notes et les commentaires.
Le langage, le jargon juridique, c'est inévitable, d'accord.
Mais même
si on possède le vocabulaire, si on a des dicos sous la
main, le
texte
reste difficile dans sa structure: il y a des phrases qu'il faut
tourner
dans tous les sens pour les comprendre, (cf ma Lettre N°10 sur
le
III-144), et dont il faut soi-même tirer les
conséquences
en trouvant
soi-même un ou des exemples. On peut le faire, oui si on a
le
temps.
Le plus gros boulot, sur la structure aussi, c'est qu'il faut sans
cesse
connecter, mettre en relation des articles situés
à
distance, comme le
souligne Yal.
De là à penser que c'est exprès
complexe et
difficile à lire, il n'y a
qu'un pas (un pas-rano, bien sûr). Mais en fait peu importe
que
ce soit
fait exprès ou non: ce texte est objectivement difficile et
demande une
analyse pointue, politique, économique et
sémantique. Il
demanderait au
lecteur d'avoir aussi en mémoire, ou sous la main, les
textes
des
traités européens
précédents, pour
comparer, voir où il y a du gain ou
de la perte, etc. Ce travail, les rédacteurs du
traité
l'ont fait... en
plus de 2 ans!
Alors, que ça oblige à penser, très
bien, à
réfléchir par soi-même,
parfait, en soi c'est une excellente chose, mais qui a le temps de se
livrer à cette lecture critique-analytique? (À
part les
retraités, ces
feignants d'artistes et les chômeurs Bac + 4 possesseurs d'un
ordi et
d'une connexion internet.)
------
Henri :
"Certes, le texte part d'une position libérale... mais nous
y
sommes,
en plein libéralisme!
Et s'il n'y a pas de constitution européenne, le
libéralisme perdurera
dans sa forme actuelle. A l'inverse, un cadre constitutionnel peut
encadrer le libéralisme et nous faire évoluer
dans la
direction du
progrès social."
Yal :
"Que nous soyons en plein libéralisme est une chose. Que
nous
devions
nous en contenter ou prétendre qu'on ne peut pas influer sur
le
monde
en est une autre."
Thibaud de La Hosseraye :
"... l'on a mis les électeurs devant un fait accompli
: la
libéralisation
à outrance de l'économie européenne.
En leur
expliquant que plus rien
ne peut être fait contre cela même pour quoi on
leur
demande
pourtant
de voter, on leur demande en réalité
d'ériger un fait
en droit."
Caza: Pour moi, c'est là le cœur
du problème.
Le libéralisme économique (le
capitalisme-libéralisme), on est en plein
dedans? Oui, il est déjà dans le
traité de Rome,
Maastricht, Nice... et
dans le fonctionnement de la France, et dans le fonctionnement du
monde,
d'ores et déjà uni sous l'égide de
l'OMC. C'est
vrai, on est dedans,
mais contraints et forcés. On ne l'a pas choisi. Pour
être
honnête, je
vais le dire pour moi: je ne l'ai pas choisi. On ne m'a rien
demandé, en
fait (C'est dégoûtant, d'ailleurs! Et puis je leur
aurais
dit, moi, que
c'était pas bon!).
Le libéralisme économique, je me garderais de le
définir précisément,
mais j'ai un peu bûché sur ses bases
théoriques
historiques, allant d'un
idéal libertaire très responsable à un
"laissez
faire le Saint Marché,
Dieu reconnaitra les siens", théorie pas si nouvelle mais
qui
s'impose
petit à petit depuis deux siècles, et triomphe
finalement
dans les
années 80 avec la fin des régimes
soviétiques :
plus d'alternative,
paraît-il (nous martèlent-t-ils, trop contents,
les
libéraux!).
Le fait que cette théorie soit en train de gagner sur le
terrain, ne la
valide pas comme "loi naturelle" infrangible. C'est juste l'option qui,
actuellement, s'impose, fonctionne — pas très bien, ou pas
très bien
pour tout le monde, mais bon, "on n'a rien d'autre sous la main, faut
faire avec". En fait, je me sens juste à peu près
adapté, à contre-cœur,
à une situation que fondamentalement, philosophiquement,
humainement,
je conteste.
Mais voilà : avec la Constitution, il ne s'agit plus de
vaguement
s'adapter dans son coin. Là, on me demande
d'adhérer
consciemment,
volontairement, en toute connaissance de cause, au système
capitaliste
libéral. On nous le met entre les mains, noir sur blanc, on
ne
peut pas
feindre de l'ignorer. C'est là. C'est un contrat. Signez
là en bas!
J'entends dire "Mais tout ce qu'il y a dans la Constitution (en tout
cas
tout ce libéralisme que vous lui reprochez) est
déjà dans le traité de
Nice." Mais ce sont les mêmes qui disent "Ne pas voter la
Constitution,
c'est rester dans le traité de Nice, qui est un mauvais
traité." Alors
faudrait savoir. Si Nice est un mauvais traité, la
constitution
en
corrige-t-elle VRAIMENT les défauts ou les ratifie-t-elle
— avec
quelques aménagements dans les coins? Et dans ce cas, est-ce
que
ça
vaut le coup de faire tant de bazar?
Gaël :
"On dirait que les Français découvrent la
réalité de l'Europe!"
Caza:
C'est peut-être parce que c'est la première fois
qu'on
nous met ça sous
le nez officiellement, avec obligation de lire, de débattre,
de
se faire
vraiment une opinion, de voter. (L'expansion d'Internet avec
l'ouverture
de débats sauvages permanents et horizontaux, hors mots
d'ordres
et
partis, est aussi sans doute pour beaucoup dans cette prise de
conscience collective tardive.)
J'ai l'impression que depuis 50 ans, je n'ai pas
été
consulté, (pas
vraiment consulté) et maintenant, alors que je trouve plein
de
défauts
au fonctionnement européen déjà en
place (cf par
exemple la situation
dramatique des paysans), je devrais valider, cautionner un fait
accompli, signer un contrat léonin, parce que je n'aurais
pas le
choix.
Parce que "on est dedans", "c'est comme ça et pas
autrement",
c'est "la
réalité"?
Tant que le libéralisme est "sauvage" (latent,
établi
comme un fait, non
comme une Loi), on peut espérer lutter contre par les moyens
habituels :
révolte latente, manifs sporadiques, lecture de
Charlie-hebdo,
fuite
dans la paresse, absentéisme, maladie... ruses et
détournements mineurs -
adaptations.
Mais quand le capitalisme-libéralisme sera inscrit en toutes
lettres
dans la Constitution, dans LA LOI??
Et une loi que j'aurais approuvée par ma signature? Et une
loi
qui, déjà
loin d'être locale, accessible, deviendrait supra-nationale?
Comment
lutter? (On peut encore imaginer une révolution au niveau
d'un
pays,
mais un continent entier? 25 pays à la fois???)
Alors oui, il y a dans la constitution des mécanismes qui
visent
à
cadrer ce libéralisme, à en limiter certains
impacts, je
veux bien les
voir, et je veux bien, même, m'efforcer de croire qu'ils
seront
efficaces (mais j'avoue que je n'arrive pas à avoir une
vraie
FOI en
cette "positive attitude" — je me force, par
volonté
d'optimisme
envers
et contre tout et par respect envers ceux qui y croient vraiment.)
Mais en fait, au fond, tout au fond, ce truc, JE N'Y CROIS PAS !
Et ce n'est pas seulement une révolte "viscérale"
liée à un vieux fond
anar, c'est l'expérience de ce dernier
demi-siècle, qui
me fait dire "ça
ne marche pas, leur truc!" On en a la preuve tous les jours, pour peu
qu'on sorte des généralités
statistiques et qu'on
se préoccupe des GENS.
(Je ne refais pas la liste des catastrophes humaines et
écologiques
entraînées par le libéralisme, simple,
néo
ou ultra.)
Il me semble que cette bagarre entre nous "gens de gauche" vivant dans
un système libéral, c'est une bagarre entre ceux
qui ont
accepté (sont
résignés à - ?) la
"réalité" -
pragmatiques, orientés sur le présent et
l'avenir proche : cette Constitution n'est pas très bonne
mais
va
permettre d'avancer, d'aménager le système (je
respecte
parfaitement
cette position "réformiste", c'est mieux que rien). Contre
des...
"révolutionnaires"? "Idéalistes"? "Utopistes"?
L'idéalisme, ça fait un
peu ringard, rêveur qui se voile les yeux, vit sur des
espoirs
depuis
longtemps dépassés... "Utopiste", c'est
presque une
injure. Quant à
révolutionnaire, c'est carrément
préhistorique!
Alors je dirais "des
gens qui cherchent à remonter aux sources du
système, de
l'Etat, du
libéralisme... qui pensent qu'on peut encore
réorienter
profondément le
système, pas seulement l'aménager dans les coins,
pas
seulement faire
du libéralisme avec des petits bouts de social dedans, mais
qui
veulent
"profiter de l'occasion" (pour une fois qu'on nous la donne) pour
protester sur le fond et peut-être donner un coup
d'arrêt,
ou du moins
un heurt, un grain de sable... insérer du doute,
entraîner une remise en
question. Résister."
------
Voilà, donc : au fond de mon intime conviction, il y a
ça
:
Je me refuse à signer, à valider consciemment un
contrat
avec un système
que je conteste, je me refuse à m'incliner devant un fait
accompli, je
me refuse à approuver un système auquel je ne
crois pas
et dont j'ai
tous les jours sous les yeux les preuves de la non-validité.
Ce n'est qu'après avoir dit ce NON que, en paix avec ma
conscience, je
pourrai, s'il y a lieu, et par pur pragmatisme, jouer le jeu.
(C'est-à-dire, si le OUI passe, utiliser à plein
rendement ces fameux
mécanismes de sauvegarde qu'on nous vante tant : les
nouveaux
pouvoirs
du Parlement, la pétition d'un million, etc.)
------
Pour finir, quelques exercices :
Assouplir le pacte de stabilité
Remettre à plat la directive Bolkestein
Tondre les moutons noirs
Libérer la place St Pierre de tous les papistes Polonais qui
y
trainent
encore
Régulater la vitesse d'une Laguna
Sonder l'opinion (bien profond)
Cogner à bâton rompu sur ceux qui parlent
à bras
raccourci
Dégobiller une grenade
Rattrapper les robinets qui fuient
Applaudir à pleins poumons
Retourner le ver dans le fruit
Faire les consommations d'usage
... Et se souvenir que, parvenu au moment
privilégié
où il ne reste
plus que le doute, on peut toujours tirer à pile ou face :
s'abandonner
au hasard est la forme ultime de la liberté.
Je vous embrasse tous
LETTRE
OUVERTE
N°24 - 30 mai 2005
C'était dimanche (29 mai 2005) !
Mais la guerre des étoiles n'est pas finie! LETTRE
OUVERTE
N°25 - 5 juin 2005
C'est dimanche (encore!) et c'est la saint Igor!
LETTRE
OUVERTE
N°26 - 16 juin 2005
C'EST PAS LE TOUT DE DIRE NON...
(Retransmission)
Cyber @ction 140 : Pour des Assises Citoyennes de la Transformation
Ecologique et Sociale
Comme il vaut mieux prévenir que guérir, nous vous
proposons d'interpeller
les principaux partis de l'opposition actuelle pour réclamer un
vaste débat
avant que les uns et les autres ne lancent leurs machines
électorales pour 2007.
La mobilisation citoyenne autour du débat sur le
référendum nous fait
espérer que de nombreux-ses citoyen-ne-s voudront ne pas laisser
les seuls
partis politiques décider (même s'ils ont toute leur
légitimité).
1) par Courriel
C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :
1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre choix :
5- Adressez votre message aux adresses suivantes :
executif@pcf.fr
francois.hollande@parti-socialiste.fr
lesverts@lesverts.fr
cyberacteurs@wanadoo.fr
Vérifiez que les quatre adresses apparaissent bien.
6- Envoyez le message
Le succès de cette cyber @ction dépend de vous : merci de
faire suivre
à votre carnet d'adresses, sur les listes de discussion ou les
forums
auxquels vous participez, d'en parler dans vos réunions de
partis,
syndicats, associations, collectifs etc...
D'avance merci
Alain Uguen Association Cyber @cteurs
##############################
Prénom, NOM
Profession
Adresse
Code postal, Ville
Madame la secrétaire nationale,
Monsieur le Secrétaire National,
Monsieur le Premier Secrétaire,
Le référendum a montré le profond décalage,
tant au PS que chez Les Verts,
entre politiques et électeurs. Ces derniers ont voulu
essentiellement
marquer une réappropriation du débat par les citoyens.
Venant après le 21 avril 2002, nous pensons que notre avenir ne
peut être
laissé aux mains des seuls partis politiques, même si
ceux-ci ont une
légitimité : Ils doivent avant tout se rappeler qu'ils ne
sont que les
porte-parole d'un électorat et ne peuvent agir qu'en accord avec
lui.
Aussi, nous souhaitons l'organisation dans les meilleurs délais
d'Assises
Citoyennes de la Transformation Ecologique et Sociale qui permettent de
débattre avec l'ensemble des citoyen(ne)s que cette campagne aura
intéressés et qui souhaitent un changement important des
moeurs
politiques dans notre pays.
Ces Assises pourraient permettre :
a) de mettre en place les moyens d¹une révision en
profondeur de nos
institutions avec, notamment l'élaboration d'une nouvelle
constitution ;
b ) De définir les priorités et les grandes orientations
sociales et
économiques de la législature ;
c ) De proposer des modes de désignation des candidat(e)s
à la
Présidentielle et aux législatives de façon que
tout électeur se sente
justement représenté ;
d ) D'associer syndicats, associations, mouvements de citoyens aux
grandes décisions des partis ;
e ) D'établir enfin des modes de communication interactifs entre
élu(e)s
et électeurs durant le mandat.
Si vous faites part à Cyber-Acteurs suffisamment tôt des
dates et
lieux Cyber-Acteurs fera parvenir l'info à ses correspondant(e)s
de
votre département.
Prochains cafés : Quimper le 24 juin, Valence le 25 juin
3) en vous abonnant à la liste de discussion spécifique
destinée
(exclusivement à ce sujet de la préparation de 2007 et
à la revendication
des A.C.T.E.S)
partisans du non
----------------
lfabius@assemblee-nationale.fr
jl.melenchon@senat.fr
hemmanuelli@assemblee-nationale.fr
Martine.Billard@wanadoo.fr
j.desessard@senat.fr
partisans du oui
----------------
bertrand.delanoe@mairie-paris.fr
dstrauss-kahn@assemblee-nationale.fr
jlang@assemblee-nationale.fr
sroyal@assemblee-nationale.fr
fede*@parti-socialiste.fr * = numero du département
--
"Certains disent demi-échec, d'autres disent demi-succès.
La vérité est certainement entre les deux." LETTRE
OUVERTE
N°27 - 19 juin 2005
C'EST PAS LE TOUT DE VOTER NON (SUITE), même le dimanche.
Capté sur le forum de Libé :
auteur FELLER - 12 juin 2005
A tous les nonistes qui rêvent d'une europe plus sociale
A tous les ouiouistes qui refusent de voir la construction
européenne se
débobinner à toute vitesse
Agissons maintenant, en signant une pétition réclamant
d'intégrer au
projet de constitution un volet social concret, approuvé aussi
bien par
J Fischer, M Rocard ou J Bové...Un texte proposé il y a
un an à la
commission européenne, qui l'avait alors traité par le
mépris... et qui
doit maintenant s'en mordre les doigts !
Pour plus de renseignements allez sur les sites suivants :
"Sur 13 millions d’actifs (…), 8,5 millions subissent le temps partiel,
le travail précaire ou occasionnel. Et ceux qui ont un travail fixe
sont
exposés à l’insécurité, la flexibilité, les délocalisations, le
harcèlement permanent et la violation des lois sociales par les
patrons".
C'est où? En France? Dans un autre pays européen?
Non, en Corée du Sud.
" En un temps relativement court, (…) la Corée du Sud est passée du
sous-développement à une industrialisation très avancée. Actuellement,
(…) notre niveau de vie est semblable à celui de la moyenne des Etats
de
l’Union européenne. Les salaires ont beaucoup augmenté. Nous étions un
pays de main-d’œuvre bon marché. Ce n’est plus le cas. Conséquence :
nous subissons de plein fouet les effets de la mondialisation. Nos
grands industriels, (…) qui ont été le fer de lance de notre essor
économique, délocalisent massivement. D’autant plus volontiers qu’ils
installent leurs usines tout près, chez nos voisins chinois ! "
Question : ça va prendre combien de temps pour en arriver au même
stade,
en Chine?
Et alors, ils vont délocaliser où? En Europe?
Extrait :
"(…) D’élection en élection, le fossé s’est approfondi, l’abstention et
les votes blancs se sont développés, jusqu’au désastre du 21 avril
2002.
La légitimité des élus et des élites politiques est de plus en plus
contestée par les électeurs.
Depuis trente ans au moins que la question est posée, plusieurs types
d’explications sont avancées :
-institutionnelles (dans le cadre de la mondialisation, les choix
politiques ne se traitent plus par le débat traditionnel),
-économiques (les contraintes laissent peu de latitude aux citoyens),
-politiques (la montée de l’abstention est normale et caractéristique
de
la démocratie moderne)...
S’y ajoute
-un discours élitiste (les questions sont trop complexes pour qu’un
électeur puisse les comprendre et y apporter réponse),
-professoral (nous n’avons pas assez expliqué)
-ou carrément condescendant (les électeurs sont irresponsables)...
La particularité commune à ces brillantes analyses est qu’elles ne
cherchent pas à redonner vie à la démocratie. Bien au contraire, elles
théorisent un changement de paradigme : elles n’évoquent même plus une
crise de celle-ci, mais une évolution vers une sorte de
"postdémocratie"
qui n’est qu’une manière d’avaliser la fin de cette démocratie."
Mais le mieux, c'est encore de s'abonner au mensuel en papier!
---------------------
Et puis, la semaine dernière, j'avais volé Le Monde tout court, celui
des 26-27 juin, avec plein de trucs intéressants que je n'arrive pas à
retrouver sur leur site, en particulier une demi-page signée Slavoj
Zizek (philosophe, scénariste et psychanalyste slovène) qui est sans
doute la meilleure analyse du NON au TCE que j'aie lue.
Paradoxalement, un NON d'espoir
Réfléchissant sur l'idée du "libre choix", l'auteur nous parle des
Amish
et de l'épisode de confrontation au mode de vie "anglais" que vivent
leurs adolescents avant de retourner de leur "libre choix" dans le
giron
de la communauté (à 90%). Il évoque aussi le "libre choix" des femmes
musulmanes voilées, ainsi que la différence dans le choix de "manger
chinois" selon que l'on est un paysan chinois ou un occidental urbain.
Il montre à quel point ces "choix" sont biaisés, pour arriver à l'idée
que le libre choix, le vrai, est d'abord un méta-choix, c'est-à-dire le
choix de choisir.
"… Il y a bien eu un choix positif dans le NON : le choix du choix
lui-même. Le rejet du chantage de la nouvelle élite qui nous offre
seulement le choix de confirmer son savoir expert ou de manifester
notre
immaturité "irrationnelle". Le NON est la décision positive qui
inaugure
un débat proprement politique sur l'Europe que nous voulons réellement.
(…)
Voulons-nous vivre dans un monde qui offre comme seul choix ou bien la
civilisation US ou bien le capitalisme chinois émergeant? Si la réponse
est NON, alors la seule option est l'Europe. (…)
Le message du NON français à nous tous, qui nous soucions de l'Europe,
est : non, les experts anonymes qui nous vendent leur marchandise dans
un emballage libéral-multiculturel brillant et coloré ne nous
empêcheront pas de réfléchir.
Il est temps pour nous, citoyens d'Europe, de prendre conscience que
nous avons à prendre une décision politique, au sens propre du terme,
sur ce que nous voulons. Aucun administrateur ne fera le travail à
notre
place."
-------------
C'est tout pour aujourd'hui, et j'ai même pas fait de dessin du
dimanche. Quelle décadence! LETTRE
OUVERTE
N°29 - 5 juillet 2005
Au sommet du G8 en Écosse, outre la dette des pays du tiers-monde, on
doit parler du risque climatique.
" Les négociations sont très difficiles avec les Etats-Unis, mais les
réponses du président sur la situation énergétique en France sont
presque aussi atterrantes ", explique Anne Bringault, directrice des
Amis de la Terre. " Lorsqu'on l'interroge sur le financement des
énergies renouvelables et l'efficacité énergique, il répond ITER et
énergie nucléaire, et trouve que les éoliennes gâchent le paysage ;
lorsqu'on lui demande pourquoi la toute nouvelle loi sur l'énergie n'a
pas inclu comme prévu une mesure d'aide à l'isolation des bâtiments, il
répond qu'il était en faveur de la mesure et va relancer le
gouvernement
- mais le débat est fini ; lorsqu'on lui parle d'instaurer une taxe sur
le kérozène et le gasoil, il ne répond pas du tout... Quelle
crédibilité
la France se donne-t-elle au niveau international si elle ne fait aucun
effort sur son territoire, malgré un potentiel immense ? ".
Anne Bringault poursuit : " Le seul point positif est que le Président
s'est engagé à ce que la France refuse de signer un accord sur le
climat
si le protocole de Kyoto n'y est pas mentionné. Ce serait une première.
Mieux vaut pas d'accord qu'un accord déplorable et totalement en recul
des engagements européens, qui cautionnerait la position américaine ".
Donc, comme d'hab, le Président va faire un beau discours très engagé
sans rien de concret derrière...
Cela dit, le fameux protocole de Kyoto, c'est du pipo... Même s'il
était
bien appliqué, c'est totalement insuffisant. (On en reparlera...)
-------
Ci-joint, ce n'est pas le discours
de Chirac, mais un texte émanant de
Greenpeace.
--
"Que la campagne est tranquille, quand elle n'est pas électorale." LETTRE
OUVERTE
N°30 - 9 juillet 2005
"Un peuple ne s'affaiblit pas quand il s'affirme. Il s'affaiblit quand
il se résigne, quand il se couche. L'Histoire n'a jamais démenti cette
vérité." (Raoul-Marc Jennar)
CONSTRICTION EUROPÉENNE. ÇA VOUS A PLU, VOUS EN VOULEZ ENCORE?
On en entend de belles, chez les HP (Hommes Politiques) français ou
européens, dans le genre aveux d'incompréhension.
"Je ne comprend pas"
"L'attitude des Français est difficile à comprendre"
"Face aux Chinois, Indiens, USA, on n'a pas le temps de réfléchir" (!)
"Tristesse"
"Honte" (!!!)
"Lente agonie du projet européen"
Pas si lente, maintenant, avec la Hollande (mais non, pas Francois!) qui
a dit NON et la GB qui renonce à référendumer et pas mal d'autres déjà
prêts à enterrer tout ça. En quelques semaines, on a déjà une impression
de décomposition générale, ce qu'on peut trouver triste, mais ce qui
prouve bien que ce projet de TCE était hyper-fragile, voire que le
projet européen, globalement, est hyper-fragile, sans compter notre
gouvernement, pour ne pas dire l'Etat français.
ALORS, ON LA FAIT, CETTE 6ème RÉPUBLIQUE?
Ce serait le moment de faire son "examen de conscience" ou son "acte de
contrition" (comme on dit à droite) ou son "auto-critique" (comme on dit
à gauche). Ou, pour parler médicalement d'une situation malade, faire un
diagnostic. Faire ressortir la vérité sur ce malaise, ce divorce entre
la population qui dit NON et "les élites" qui disent "Je ne comprends
pas".
Mais voilà : Chirac ne démissionne pas, F.Hollande non plus, Jospin non
plus (euh, pardon) et les rédac-chefs des grands médias non plus.
Mieux, ceux qui ont perdu en votant OUI travaillent fort à
culpabiliser-punir ceux
qui ont gagné en votant NON.
Et puis, on retape le gouvernement, "du neuf avec du vieux," ou "on ne
change pas une équipe qui perd". Un évênement, ça aurait été que Chirac
appelle José Bové ou Olivier Besancenot comme premier ministre! ("Alors
là, mon cher, vous êtes en pleine science-fiction!")
Bon j'ai dit que je ne faisais pas d'attaque aux personnes, et tout ceci
me confirme dans mon désir de voir se faire de la POLITIQUE et non plus
de la politique (dite politicienne — ou politicaillerie). Ces
gens-là ne m'intéressent pas. Par une sorte d'atavisme profond, je n'ai
jamais pu m'intéresser aux politiciens, aux partis, à leurs stratégies
électorales. Je ne les ai jamais beaucoup crus, et, comme bien d'autres
aujourd'hui, je ne les crois plus du tout. Ce n'est pas que je pense
"tous pourris", trop facile, superficiel et franchouillard, c'est que je
pense : ce système, ces institutions sont épuisés, la dichotomie
droite-gauche n'est plus d'actualité ("clivage relevant plus d'un
positionnnement marketing que d'une réalité de terrain", me souffle une
amie), on est dans une autre problématique.
Face au monde politique usé, dévalorisé, bouffé aux mites par la
puissance du monde économique, autre chose est en train de naître.
Quelque chose d'horizontal, non hiérarchisé, transversal, qui fonctionne
en réseau, local ou internetique. Quelque chose d'alter-quelque-chose.
Une mouvance d'où il n'émerge (en tout cas actuellement) pas
d'idéologie précise, plutôt une sorte de philosophie relativement floue,
qui dit NON mais qui ne demande qu'à construire autre chose. (Il n'en
émerge pas non plus de grand leader, ce qui est une bonne chose, mais
aussi un problème, question efficacité immédiate.)
Ça pourrait s'appeler la Démocratie Européenne, par exemple.
PLAN B OU SÉRIE B ? OU PLAN 9 FROM OUTER SPACE ?
En passant, la simple formulation "Il n'y aura pas de renégotiation",
"Il n'y aura pas de contre-proposition" était en elle-même suspecte et
même carrément un déni de démocratie, ne serait-ce que par sa
formulation impersonnelle. Ce "Il n'y aura pas", c'est quoi, où, qui?
C'est un peu comme "Il fait beau" ou "Il y a du vent". Une sorte d'état
de fait "cosmique", une force impersonnelle, absolue comme la monarchie.
Une instance abstraite, divine, encore plus anonyme qu'un "ON".
Sans compter que ce martelage a énervé tout le monde. Moi, j'ai pris ça
mal, en tout cas, et apparemment je ne suis pas le seul. C'est donc, à
tout le moins, une remarquable erreur de stratégie, de communication.
Ça me fait drôle, d'ailleurs, de voir que tous ces libéraux affiliés à
l'OMC
soient de si mauvais commerciaux, de voir qu'ils n'ont pas su nous
vendre leur salade, depuis le temps! Tellement sûrs d'eux, tellement
arrogants, assénant du "c'est comme ça et pas autrement', du "vous
n'avez
pas le choix", prouvant ainsi qu'ils considèrent "le peuple" comme un
bébé. 0u comme un troupeau. Faut pas s'étonner qu'ils se fassent jeter,
ils ont donné la parole au troupeau! "Les Français sont des veaux",
disait De Gaulle. Maintenant ils sont des moutons noirs. À moins qu'ils
ne tournent aux moutons enragés et aux vaches folles.
Bien sûr qu'ils n'en avaient pas, de Plan B, les acoucheurs du
TCE-référendum-ultimatum!
Par définition, un plan B ne peut être concocté que par d'AUTRES, des
gens qui pensent "autrement". Qui d'autre alors? C'est là la question,
bien sûr. (Déjà, pour commencer, pas un Giscard! Moi j'ai cru un moment
qu'on était tombé dans une faille spatio-temporelle.) C'est à nous, ceux
qui ont dit NON, de le monter, ce plan B (sans pour autant exclure ceux
qui ont dit OUI pour de bonnes raisons.)
Après le NON français, suivi par d'autres, il faut bien que "quelqu'un,
quelque part" en tienne compte, surtout si NOUS disons assez fort : NOUS
voulons l'Europe, oui, mais pas celle-là. Alors les gens qui tiennent à
un projet européen, ceux que NOUS demanderons, que NOUS élirons, se
remettront au boulot.
La Démocratie, c'est comme ça que ça marche, ou bien?...
Parce que déjà, à peine le vote acquis, les copains (ou les moins
copains) te disent "C'est pas le tout de dire NON, tu as quoi à
proposer?" Alors moi j'avoue que ça dépasse un peu mes compétences, mais
il y a des gens avec du "temps de cerveau disponible", il y a des idées,
il y a des projets qui fleurissent, des pétitions qui courent sur le
net et ailleurs, et il y en avait déjà AVANT le réfrénendum, pour, en
bref, une
Europe sociale, écologique, démocratique. Le NON est optimiste (et moi
très relativement).
"Les utopies ne s'opposent pas au réel, elles sont l'un des éléments qui
permettent de le construire." (Patrice Flichy. L'Imaginaire d'Internet.
Ed La Découverte.)
En bref, on ne lâche pas l'affaire! L'abcès est percé, mais pas vidé, ne
le laissons pas s'enkyster à nouveau.
---------------
PRESSE
Ci-dessous, quelques éléments de presse pour l'après-NON (glanés sur le
net) :
l'Humanité / Rubrique Politique / Article paru dans l'édition du 31 mai
2005.
" Des États généraux pour une autre Europe "
José Bové, porte-parole de Via Campesina
Comment agir maintenant et intervenir pour changer la donne en Europe ?
Le porte-parole de l'organisation paysanne Via Campesina donne son avis
sur la question.
" Nous devons travailler sur plusieurs axes. Il est tout d'abord
nécessaire de poursuivre la pression sur le président de la République.
Le 16 juin prochain se tient une réunion du Conseil de l'Europe, et nous
devons exiger de manière très claire que Jacques Chirac porte le "non"
majoritairement exprimé par les Français - un " non" qui exige fortement
une renégociation du traité - devant les vingt-quatre autres chefs
d'État et de gouvernements.
Il s'agit ensuite de continuer tout le travail de terrain, à la base,
largement engagé par tous ceux qui se sont puissamment mobilisés pour
mener la campagne du " non" de gauche. Environ un millier de collectifs
répartis sur tout le territoire se sont constitués. S'y sont retrouvés,
notamment autour de l'Appel des 200, des partis politiques comme le PCF,
la LCR ; des morceaux de partis, je pense au PS, aux Verts ; des
mouvements comme ATTAC ; des organisations syndicales, la Confédération
paysanne, la FSU, la CGT, SUD... Tous les participants à ces collectifs
ont déjà capitalisé une réflexion en profondeur sur le contenu même de
la constitution proposée. À partir de toutes ces réflexions, et de ce
travail accumulé, chacun selon ses spécificités doit être en capacité de
formuler des propositions sur ce que devrait être une autre constitution
pour l'Europe. Élaborer ensuite, et pourquoi pas à travers des états
généraux de l'Europe, notre contribution pour une nouvelle orientation
de la politique européenne.
Troisième action : élargir au plan européen ce que nous avons été
capables de réaliser au niveau français. En apportant notre soutien dans
les autres pays européens aux organisations antilibérales de gauche, de
la société civile qui vont être confrontées à des référendums. Pour
cela, il serait souhaitable d'organiser des brigades européennes pour
rendre compte de notre expérience, pour apporter des explications, pour
aider les mobilisations à s'organiser dans d'autres pays. Comme cela a
pu se réaliser avec des progressistes européens venus chez nous. Un
retour de solidarité, en quelque sorte. L'objectif est d'élargir encore
les discussions et de démontrer réellement que nous ne sommes pas dans
un débat franco-français, mais bien dans un vrai débat européen que l'on
veut développer entre citoyens européens que nous sommes tous. "
l'Humanité / Rubrique Politique / Article paru dans l'édition du 31 mai
2005.
" Il faut convoquer une assemblée constituante "
Gérard Filoche, socialiste pour le " non " (NPS), inspecteur du travail
Au lendemain de la victoire du non, le maître mot, c'est l'unité.
L'unité de la gauche, qui doit dans son ensemble s'aligner sur le
message populaire de dimanche. L'unité du Parti socialiste, qui doit lui
aussi écouter le peuple. Et dimanche, le peuple a été on ne peut plus
clair : il a demandé aux socialistes de s'ancrer à gauche. Le PS doit
enfin comprendre ce qui s'est passé, du 21 avril au 29 mai : le peuple
réaffirme à chaque fois, à chaque élection, qu'il est contre les
libéraux et contre ceux qui faisaient trop de concessions aux libéraux.
J'entends aujourd'hui des socialistes qui déclarent que le non à Chirac
a été très fort dimanche. Je suis désolé, mais on le leur avait déjà dit
! En tout cas, le constat est que si le PS avait pris la tête du " non
", il serait beaucoup plus fort. J'ai aussi un petit message pour la
gauche du PS : les trois sensibilités qui ont milité pour le " non "
doivent également travailler ensemble.
Au-delà de la gauche, il est clair que le " non " devrait inciter Chirac
à se démettre et à demander des élections anticipées. Il ne peut se
contenter, comme il l'a déjà fait, de changer de ministres, qui feront
immanquablement la même chose que leurs prédécesseurs. Je rappelle
qu'ils s'apprêtent notamment, ce mois-ci, à dépecer le Code du travail.
Quels que soient les changements de personnes, ils n'ont pas l'intention
de changer de cap. Or je crois qu'après les résultats du référendum, et
contrairement à 1997, il y a motif, cette fois, à dissoudre !
Au plan européen, les responsables semblent s'interroger sur ce qu'il
faut faire désormais. Mais c'est très simple. Il faut convoquer une
assemblée constituante, élue par les peuples. C'est la seule vraie règle
du jeu qui tienne. C'est le moyen le plus démocratique pour aboutir à
une constitution légitime. Bien sûr, le texte final sera un compromis,
mais au moins, il se sera fait sous la pression des peuples.
Et puis, pour ceux qui n'ont pas peur de la lecture, ce débat Libé-Fnac.
Ça date d'avant le vote, mais ce n'est pas pour autant que ça a perdu
son actualité et son intérêt. Au contraire, parce que l'essentiel n'est
pas l'anecdote d'actualité, c'est la philosophie générale qui émerge de
tout ça. En bref la question "Dans quel monde voulons-nous vivre?"
(C'est pas rien!).
PARTICIPANTS :
-Guy Carcassonne, professeur de droit public à Nanterre ;
-Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS ;
-Jacques Généreux, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris
;
-Bernard Murat, acteur et metteur en scène ;
-René Passet, professeur émérite d'économie à Paris 1, président
d'honneur du conseil scientifique d'Attac ;
-Jean Pisani-Ferry, professeur associé à Paris Dauphine, membre du
Conseil d'analyse économique.
-Dominique Rousseau, professeur de droit public à l'université de
Montpellier ;
-Yves Salesse, conseiller d'Etat, coprésident de la Fondation Copernic ;
Leurs représentants se penchaient samedi sur la recomposition de la
gauche antilibérale.
Par Christophe FORCARI
lundi 27 juin 2005 (Liberation - 06:00)
Extrait :
Samedi, plus de 750 représentants des "collectifs pour le non" au traité
constitutionnel, nés dans la foulée de l'appel des 200 lancé par la
fondation Copernic, se sont réunis pour la première fois. Avec la
volonté affichée de ne pas en rester là. "Nous continuons, pour
construire des alternatives aux déclinaisons nationales des mesures
européennes", explique Claude Debons, un des animateurs de la fondation
Copernic.
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