DÉLITS
D'OPINION
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LETTRE
OUVERTE
N°41 - 10 juillet 2005
C'est rigolo, parce que je lance un truc relativement anodin, sur la
marche à pied, et ça suscite des
réactions et des témoignages. Ce qui
prouve que ce n'est pas si anodin que ça, faut croire.
J'avais écrit:
> Modérez vos
transports! Allez à pied au bureau. (Moi, c'est ce que je
> fais chaque matin, mais
comme il y a 2 mètres 50 entre ma chambre et
> mon bureau, je ne suis pas
un bon exemple.)
Et Bruno Bellamy se lance dans un ce ces grands péplums dont
il a le
secret. Faut dire qu'il a le clavier facile et
généreux. Se rappeler
qu'il a été le premier auteur de BD en France
à lancer son site perso,
genre blog à tous les étages. Étant
donné l'abondance et la qualité de
la réponse personnelle qu'il me fait, je me dis que "tout le
monde" doit
en profiter! Donc:
BB:
Si, justement !
Aujourd'hui, notamment dans les grandes villes, un nombre affolant de
gens travaillent essentiellement sur du traitement d'informations
(secrétariat, comptabilité, informatique,
juridique, commercial, etc).
Ce sont donc des gens qui pourraient très certainement, au
moins une
majorité du temps, effectuer leur mission en
télétravail, quitte par
exemple à venir au bureau une fois par semaine, grand
maximum, et à
faire le reste du taf à leur rythme, et surtout à
leur domicile, grâce à
l'ADSL (ben oui, grandes villes = ADSL).
Résultat : finis les embouteillages, et la pollution
automobile. Un
jour, peut-être, on pourrait apercevoir une percée
bleue dans le ciel de
la cacapitale, ce serait enfin le trou qu'on attendait, le "trou dans
la
couche de jaune"... ;)
Finis aussi les accidents idiots et surtout injustes, parce qu'un type
fatigué par une semaine de boulot pénible
(à se faire engueuler par un
patron qui méprise tout ce qui a une plus petite voiture que
lui) a
renversé une mère et ses deux enfants qui
essayaient de traverser où et
quand c'était leur tour (les feux de signalisation, de nos
jours, en
tout cas à Paris et dans les très grosses
aglomérations, ne passent plus
guère que pour des décorations de Noël
qu'on laisse en place toute
l'année), parce qu'il était trop
pressé de rentrer chez lui profiter de
ses RTT, et qu'il n'a pas regardé si c'était
à son tour de passer, parce
que de toutes façons comme il a une grosse voiture de
père de famille il
est blindé, il ne risque rien : s'il y a un accident, peu
importe qui a
tort et qui a raison, c'est pas lui qui sera mort. As-tu
remarqué comme
les voitures qui grillent les feux rouges (la meilleure
méthode pour
écraser un gosse, puisque les enfants on leur enseigne qu'il
faut passer
quand le petit bonhomme est vert) ont souvent un siège
bébé à l'arrière
? Eh oui, ceux qui menacent les enfants des autres ne se demandent pas
si leurs propres gamins, quand ils seront en âge de marcher
seul dans la
rue, auront la chance d'avoir affaire à d'aussi "bons"
conducteurs que
leurs propres parents...
(Histoire de mettre mon grain de sel, je pose ici cette citation de mon
Emile Ajar préféré : "Etant
donné la nature au volant, c'est sur les
passages cloutés que l'on a le plus de chances
d'être écrasé. C'est
étroit, bien défini et le gars au volant peut
viser juste." Et j'ajoute
ce que j'ai remarqué de mon côté sur
les routes de campagne du coin,
c'est que c'est vers midi que ça craint le plus : le type en
voiture
rentre chez lui pour bouffer, il a peu de temps devant lui et IL A
FAIM!
Mais une analyse de l'art de la conduite automobile dans le Gard et
l'Hérault demanderait tout un volume. (Un volume de pastis
et 3 volumes
d'eau, pas plus, y a la sécheresse!) Fin de
l'aparté)
L'auteur de BD n'est pas tant que ça un cas particulier.
Beaucoup de
gens pourraient bosser d'une manière similaire. Seulement
voilà, on est
en France, et va savoir pourquoi, pour tout ce qui touche aux nouvelles
technologies, on met un point d'honneur à se maintenir en
retard par
rapport à beaucoup d'autres pays fortement
industrialisés, c'est à dire
bien assez riches pour pouvoir, pour de vrai, polluer moins.
Des progrès sont vaguement en train de se dessiner,
essentiellement sous
la pression de directives européennes, évidemment
(pas "spontanément",
car ce genre de truc n'existe guère par chez nous...), mais
ça reste
long à venir. Le poids de la tradition... Le patron veut
avoir ses
ouailles à l'oeil, le maître-mot reste la
discipline, et puis les
employés eux-mêmes ne sont pas très
chauds : comme évidemment le
français est râleur et revendicateur, il n'aime
pas le changement. Si on
lui propose plus de liberté, il trouve ça louche,
ça doit cacher quelque
chose...
Il y a des obstacles, c'est vrai (gestion du temps de travail,
problèmes
de droit, redéfinition de l'accident du travail, etc), mais
il faut
croire que sauver la planète, et surtout sauver des vies,
ça ne mérite
pas de résoudre quelques problèmes techniques qui
ne doivent pas être si
insolubles que ça puisque d'autres pays y sont parvenus.
C'est dur à venir, mais surtout les études qui
sont entreprises pour
évaluer la faisabilité d'un tel projet semblent,
étrangement, ne tenir
aucun compte du facteur écologique.
Cf.
http://www.foruminternet.org/telechargement/documents/reco-teletravail-20041214.htm
Aucun mot, dans ce pourtant long et indigeste document, sur l'impact
positif du télétravail sur l'environnement, par
la diminution du
transport (individuel !) en automobile.
Pour avoir vécu ces dernières années
(mais c'est fini, enfin :)) dans un
appart dont les fenêtres donnaient sur le
périphérique parisien, je peux
témoigner de l'absurdité de la situation
actuelle, à voir ces milliers
(combien de milliers ?!) de gens circuler (et c'est le mot, car pour
l'essentiel ils ne faisaient que tourner en rond) en permanence (oui
oui, vraiment 24H sur 24), chacun tout seul dans sa voiture, se sachant
pollueur, étant peut-être père ou
mère de famille, sachant que
régulièrement des enfants asthmatiques, de plus
en plus nombreux,
crèvent de ça. Du fait que l'air est sale alors
qu'on pourrait faire
autrement. Kof kof...
Cf., aussi :
http://www.airparif.asso.fr/page.php?article=resultats&rubrique=indices&ancre=carte&jour=jour
Donc oui, l'auteur de BD est un bon exemple. Il paye cher son
indépendance, et personne ne réalise qu'il est
pourtant un contributeur
d'importance à la dépollution du monde.
Quand un auteur de BD ou un illustrateur dit "ouah c'est la
galère, ça
fait des mois que j'ai pas été payé
pour le boulot que j'ai fait, en
plus j'ai pas droit aux congés payés et je vis en
permanence dans la
précarité la plus totale", on lui
répond (avec le léger ricanement
irresponsable du salarié qui ne sait pas de quoi il parle)
"ah ben t'as
choisi, hein, t'assumes !".
En revanche, je n'entends jamais un salarié qui se rend tous
les jours à
son bureau dans sa petite auto dire "ouah c'est la galère,
j'ai encore
tué trois enfants en bas âge et deux vieillards,
aujourd'hui, alors que
je ne les connaissais même pas".
Ils ont choisi, je crois... Mais c'est les autres qui assument.
Et je n'ai même pas parlé des fumeurs. Je dois
être dans un bon jour... ;)
A peluche !
--
Bruno Bellamy : bellamy@showergate.net
ShowerGate : http://showergate.net
Site perso : http://bellaminettes.com
--
Evidemment, quelque part, il me casse mon coup de promotion de la
marche
à pied au bénéfice du
télétravail à la maison.
Alors, pour compenser, je vous fais profiter du témoignage
de Sylvie :
Pour la marche à pied je suis tout à fait
d'accord, je me suis fait la
même réflexion il y a quelques années.
Grâce à un ami commun de Laure et
moi, adepte de la marche, il en a fait des livres pour financer une
association de réinsertion de jeunes délinquants.
Il s'appelle Bernard
Ollivier et a écrit " Longue marche" tu en as
peut-être entendu parler.
J'y ai gagné en confort de pensée, beaucoup moins
de stress, et une
meilleure forme physique. Notamment je me suis recalcifiée.
J'aurais pu
croire que nous nous étions concertés quand j'ai
lu ta réflexion sur le
sujet.
25mn le matin, et le soir aller et retour du boulot. au
début c'était 35
et petit à petit, sans que j'aie l'impression
d'accélérer le pas,
d'ailleurs, j'ai mis jusqu'à 20 mn.... J'ai
découvert des boutiques des
arrières cours des immeubles que je ne connaissais pas. J'ai
vu les rues
sous d'autres aspects vu que je n'étais plus tributaires des
sens
interdits, ça a été tout
bénef. Et si la pollution de Paris s'en est
très légèrement
améliorée j'en suis ravie.
Je me suis équipée seulement d'un parapluie et
d'un plan de Paris
détaillé. Comme carburant c'est pas mal. Et j'ai
adopté ce mode de
déplacement pour toute marche ne dépassant pas
une heure de trajet,
quitte à revenir en transports en communs, parce
qu'après ça bouffe pas
mal de temps dans la journée tout de même.
-----
Il y a quelques années, Henri Salvador chantait, sur de
paroles de Boris
Vian :
"Moi j'voudrais m'offrir une grosse voiture
Rouge et verte avec des ailes chromées
Pour me pavaner dans la nature,
(autre voix) : Moi j'préfère la marche
à pied!"
etc
---
Un détail qui n'a rien à voir avec la marche
à pied mais tout à voir
avec les Lettres Ouvertes : j'aime bien les points de suspension, mais
en général, à l'arrivée,
ils sont remplacés par des &&&
J'aime bien les tirets, mais ils sont remplacés par des
carrés blancs.
Quelqu'un connait-il un truc pour éviter ça???
(Oui, BB va encore me
dire qu'il faut pas se servir de Netscape, je sais...)
LETTRE
OUVERTE
N°42 - 21 août 2005
RESSOURCES INHUMAINES
POUR PRÉPARER LA RENTRÉE, QUELQUES CONSEILS DE
MANAGEMENT(Merci
Coutelis, merci Sylvie)
LIBÉ du mardi 16 août 2005
Le fournisseur de plateaux-repas pour British Airways aurait
délibérément poussé
à bout ses 670 salariés pour pouvoir les
licencier.
Gate Gourmet, provocateur de "grève spontanée"
Par Agnès Catherine POIRIER
Londres intérim
Le conflit social des plateaux-repas n'en finit plus d'agiter
l'Angleterre. Trois jours après la grève de
solidarité du personnel de
British Airways qui a repoussé le départ de plus
de 70 000 passagers,
les pratiques sociales de Gate Gourmet, la
société américaine qui
fournit les repas aux passagers de la compagnie aérienne
britannique, a
provoqué un nouveau tollé syndical hier. La
publication par le quotidien
britannique Daily Mirror d'une note confidentielle interne à
l'entreprise laisse en effet penser que Gate Gourmet a volontairement
cherché à provoquer un mouvement de
grève afin de licencier ses 670
employés pour les remplacer par du personnel moins cher.
Mégaphone. Tout a commencé mercredi dernier quand
quelques centaines
d'employés de la plus importante
société britannique de plateaux-repas
pour l'aviation civile décident d'organiser un sit-in de
protestation
dans la cantine de la firme. Ces salariés, en grande
majorité des femmes
d'origine indienne de la région de Southall, près
de l'aéroport
d'Heathrow, protestent contre la dégradation de leurs
conditions de
travail. Au bout de deux heures, estimant que leur action est
illégale,
les cadres de la société annoncent au
mégaphone que les grévistes sont
licenciés sur-le-champ. Egalement virés, tous les
employés absents, en
arrêt maladie et en vacances. Le lendemain, un millier
d'employés de
British Airways arrête le travail par solidarité,
risquant eux-mêmes de
perdre leur emploi car l'Employment Act de 1990 interdit toute
grève de
solidarité avec d'autres travailleurs de firmes
extérieures.
Aujourd'hui, il semblerait que cette affaire ait
été préparée dès
septembre 2004 par les cadres de la maison mère
américaine, Texas
Pacific Group. La note interne publiée par le Daily Mirror
énumère en
effet les différentes étapes d'une
méthode de gestion de l'entreprise
destinée à limiter les coûts salariaux
: "Recruter et former [...] de
nouveaux employés. L'annoncer aux représentants
syndicaux, provoquer une
grève spontanée, licencier les
grévistes et les remplacer par les
nouvelles recrues préalablement formées." Le
mémo estime à quinze
semaines le temps nécessaire pour mettre en pratique une
telle
stratégie. Comme par hasard, Gate Gourmet a
créé voici exactement trois
mois une filiale, Versa Logistics, chargée de recruter des
saisonniers
d'Europe centrale à des salaires moins
élevés que le personnel permanent.
Guerre psychologique. Le mémo émettait cependant
une réserve
prémonitoire : "La possibilité que le conflit
s'étende au sein
d'Heathrow". Mais les bénéfices d'une telle
manoeuvre semblaient valoir
le risque : "2,5 millions de livres de coûts de licenciements
contre 6,5
millions de livres d'économies par an." Une bonne affaire
pour Gate
Gourmet, par ailleurs dans une situation financière
difficile et qui a
déclaré l'an dernier plus de 26 millions de
livres de pertes (38
millions d'euros). Détaillé, le mémo
décrit une véritable guerre
psychologique envers les employés. Il précise la
façon de les provoquer
à faire une grève sauvage, "Leur dire que les
temps ont changé, qu'ils
ne vont plus être autorisés à partir
tôt, qu'ils ne pourront plus fumer,
boire ou manger dans les véhicules de livraison, que les
heures
supplémentaires ne seront plus
rémunérées". Une fois les
employés
poussés à la faute, le même
mémo insiste sur la façon de leur annoncer
leur licenciement : "Licencier immédiatement sans
représentation légale,
confisquer passes, clés et papiers d'identité.
Faire accompagner chaque
employé en dehors des locaux par des vigiles." Enfin, tandis
que la
société recrute discrètement des
saisonniers, il est recommandé de nier
publiquement tout changement de pratiques salariales : "Communiquer avec
la presse et les syndicats et affirmer la volonté de
résoudre tout
conflit. Prétendre vouloir trouver une solution
raisonnable." Interrogé,
un porte-parole de Gate Gourmet a reconnu hier l'existence d'une telle
stratégie mais nie l'avoir mise en pratique la semaine
dernière : "C'est
en effet une des stratégies conçues l'an dernier
par notre équipe de
management [...], mais nous ne l'avons pas suivie."
Malgré ces révélations, un
porte-parole du TGWU ne se montre guère
optimiste : "En Grande-Bretagne, ce genre de stratégie de
management est
légal. Il faudrait que nous ayons des preuves
très solides pour pouvoir
les poursuivre pour licenciement abusif. Ce qui nous semble le plus
urgent est de faire en sorte que les employés
licenciés retrouvent leur
travail." Des négociations étaient toujours en
cours hier soir.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=317519
© Libération
--------------------------
Et si on se dit "ce genre de choses n'existe pas en France", voyons
plutôt l'envoi de Sylvie :
En attachement, c'est un article trouvé dans le journal,
L'ENTREPRISE,
groupe Expansion, qui comme son nom l'indique n'est pas une association
de consommateurs ou de citoyens. Je me dis que ça ne doit
pas faire
partie de tes lectures…
(T'as raison!)
" .....Ce qui fait le succès du hard discount..... "
(Lidl, Franprix, Leader Price, Atac, etc... + tous ceux que je ne
connais pas)
Le hard discount c'est grave de grave.
J'ai une amie qui travaille chez Leader Price, elle est marocaine. Elle
me dit elle-même qu'il n'y a qu'eux, les arabes, qui peuvent
tenir le
coup au rythme qu'on leur fait soutenir. Quasiment tous les
employés
sont étrangers; pas "d'origine
étrangère", mais étrangers. Ils n'ont
pas
beaucoup d'autres choix que de travailler là, à
cause de leurs origines.
Elle fait la caisse le réassort, le ménage, etc,
en plus de ses
fonctions que je ne connais pas exactement, mais qui sont des fonctions
de responsable. Elle a un contrat de 35 heures, mais elle en fait en
réalité 56 à 70 par semaine. 6
à 7 jours sur 7. C'est un très bon
élément, elle y travaille depuis au moins 5
à 6 ans, elle a grimpé dans
la hiérarchie, elle est en train de négocier 48
heures par semaine, car
sa fille hurle de ne jamais la voir. Elle gagne 9000 F par mois
(excusez-moi elle me l'a dit en francs pas en euros, sans doute parce
que sinon c'est trop déprimant) alors qu'elle a un poste
à responsabilités.
On imagine ce que gagnent les simples caissières, combien
d'heures elles
font, et comment elles sont traitées.
Alors le hard discount c'est pas cher mais ce n'est pas sur leurs marges
qu'ils économisent : c'est sur la qualité des
produits (bien regarder
les compositions, parfois ça fait peur), le personnel
exploité comme on
n'imagine pas que ce soit possible en France actuellement, et j'imagine
la rémunération de leurs fournisseurs. Qui eux
même doivent exploiter
leurs employés, diminuer la qualité de leurs
produits, pour pouvoir
baisser leurs prix à ce point sans couler.
Alors pas de "ostentatoire" (cf l'article de L'Entreprise), mais
franchement quand on a les moyens d'acheter ailleurs, un conseil : le
faire, car c'est participer à un cercle vicieux : vendre
à des pauvres
en exploitant d'autres pauvres, c'est un véritable scandale.
" Il veut croire qu'il achète ce qu'il veut, où
il veut, quand il veut. . ."
C'est un article pour les gens de marketing, pas pour une assos' de
consommateurs, donc "on" va trouver les stratégies
nécessaires pour
satisfaire ce consommateur rebelle, qui veut croire. Et il va y croire.
Croire qu'il couillonne la grande distribution en allant faire ses
courses chez les hard discounteurs, alors qu'ils font tous partie d'un
groupe de grande distribution de toute façon.
Atac est le hard discount d'Auchan, Franprix et Leader Price font partie
du même groupe, etc.
On va trouver les arguments pour le convaincre, ce consommateur rebelle,
qu'il est autonome, pas comme les autres et qu'il agit selon son libre
arbitre. Et on va lui vendre encore plus, car c'est le but.
Bien sûr tout le monde ne va pas tomber dans le
piège, mais les gens de
marketing sont formés pour vendre, se réunissent
en équipes, font des
groupes de travail, de réflexions, font travailler des
sociétés
d'études, alors que le consommateur n'a que son bon sens
pour acheter;
alors de toute façon la partie n'est pas égale.
Ceci dit, c'est un peu
le maître et l'esclave. Qui est l'esclave de qui dans cette
affaire? On
est en droit de se le demander. Est-ce ce consommateur qui dicte ses
lois au marché qui est bien obligé de s'y plier
sinon il ne vend pas? Ou
bien sont-ce ces jeunes gens sortis des écoles de commerce,
à qui on
impose des résultats, des objectifs, qui passent leur temps,
parfois
très longtemps par semaine, car en marketing, les 35 heures
ne sont pas
à la mode du tout, qui passent donc leur temps à
se creuser les méninges
pour pouvoir vendre plus, faire faire plus de marge à leur
groupe d'agro
alimentaire qui pète de fric mais qui va
délocaliser un max de trucs
pour en faire encore plus?
(Ces interrogations confirment ma manière de voir : on est
dans un
SYSTÈME dont on est tous et acteurs et victimes.) (Cela dit,
y a quand
même des salauds!)
Tous les espoirs sont tout de même permis... enfin je crois.
Car le
consommateur n'est pas idiot. S'il se laisse parfois berner c'est
souvent consentant. Parce que ça fait parfois du bien d'y
croire, c'est
vrai. On sait bien que l'allégé dans la plupart
des cas n'a d'allégé que
son nom, mais comme ça on peut s'empiffrer sans trop de
culpabilité, par
exemple. C'est dans des cas comme ça que je dis qu'il est
consentant.
Mais comme il n'est pas un mais des milliers, il a un pouvoir
énorme,
car un petit doute sur un produit et ce sont des milliers de produits
qui ne sont pas vendus, des objectifs marketing qui ne sont pas
atteints, et dans ces cas-là le produit disparait
très vite des rayons
des super marchés.
Ce consommateur n'a pas assez conscience de son pouvoir. Il est
ÉNORME.
Et si ces jeunes gens des écoles de commerce font autant
d'efforts pour
le séduire c'est bien à cause de ça.
Alors tous les espoirs---
------------
Voilà. Protester encore et encore, mais bien se rappeler
qu"ils" sont
très fort pour tout récupérer,
même la protestation : voir la campagne
récente de Leclerc, reprenant des tags ou des affiches de
mai 68. Ou (le
fromager de chèvre bio (ou de chèvres bios?) du
coin m'en parlait
justement ce matin) la récupération de l'image
"valeurs du terroir" pour
vendre des fromages parfaitement industriels qui n'ont jamais vu une
brebis!
C'est tout pour aujourd'hui (avec un ptidessin quand même).
Signé Le Shadok Vengeur.
LETTRE
OUVERTE
N°43 - 28 août 2005
BONNES NOUVELLES
Hier, il a plu copieusement, dans mon coin. On n'avait pas eu
ça depuis
4 mois, au moins… (Mais pour autant les nappes sont loin
d'être
frénétiques.)
L'Europe, c'est bien : les Canadairs français et italiens
ont enfin
réussi à maîtriser les incendies au
Portugal. (Une petite question,
quand même : pourquoi seulement maintenant? ça
fait 2 mois que ça brûle.)
------
Pour que mes LO ne tournent pas au vieux ronchon aigri (ce que je ne
suis pas), il faudrait peut-être recenser et retransmettre
des "bonnes
nouvelles", de temps en temps, me dit Scarlett. Et de me passer ce lien
:
http://www.reportersdespoirs.org/re/accueil.php
Le projet semble être une sorte d'agence de presse positive.
Ça pourrait
déboucher sur une newsletter qui diffuserait
régulièrement des infos sur
des "initiatives porteuses de solutions". Pour l'instant, c'est un
magazine annuel en papier (Commandé, pas encore
reçu).
Sur ce site j'ai trouvé un lien sur
http://www.grainesdechangement.com/index.htm
au look rétro bien sympa et qui diffuse justement une
newsletter avec
des infos qui font du bien. Quelques titres tirés du
Numéro 17 -
Juillet/Août 2005 :
Nutriset (Normandie) : des produits alimentaires conçus pour
lutter
contre la malnutrition
…
La Corse : région-phare du développement durable?
…
Avec "Feed me Better", le jeune chef Jamie Oliver veut
révolutionner les
cantines britanniques !
…
En Californie, la conférence annuelle des "Bioneers"
célèbre les
entrepreneurs du meilleur ("…Si l'homme a
été capable de créer les
problèmes sociaux et environnementaux auxquels nous devons
faire face
aujourd'hui, il est également capable de les
résoudre en prenant la
nature comme alliée".)
…
Mieux gérer les décharges et combattre le
chômage : le défi d’Albina
Ruiz (Pérou)
…
Tout ça avec les liens adéquats pour en savoir
plus. Abonnez-vous,
rabonnez-vous, y en aura pour tout le monde.
C'est sur ce site aussi que j'ai piqué quelques citations
"inspirantes"
que j'ai semé plus bas. Il y en a des wagons; lues
à la suite, ça fait
un peu l'effet inverse, donc faut user avec modération.
(Sans oublier que "les bonnes nouvelles" c'est parfois bien ambigu :
c'est souvent comme "le beau temps" dont parle la
météo avec le sourire
du parisien en vacances quand la sécheresse sévit
partout...
Question de point de vue et de choix.
"Changer, c’est d’abord changer de point de vue."
Jean-Bertrand Pontalis
Ainsi le caca-rente monte de 40%, la Bourse se porte bien. Est-ce une
"bonne nouvelle"?
Total est en pleine croissance grâce à
l'augmentation du prix du baril,
est-ce une "bonne nouvelle"?
Les laboratoires pharmaceutiques Roche (CH) sont en pleine croissance
grâce à la menace d'une
épidémie de grippe aviaire, est-ce…?
Etc.
"Aucun problème ne peut être résolu
sans changer le niveau de conscience
qui l'a engendré." Albert Einstein
---
Pour se remettre des excès de positivité,
quelques minutes de bonne et
saine méchanceté:
"Je possède un chat persan.
Je suis possédé par un chat persan, pardon.
Indépendance et fierté, le chat n'est que
noblesse. Surtout les persans,
qui se prennent tous pour LE chat.
J'ai su tempérer la sublime arrogance du mien : je lui ai
coupé la
queue, je l'ai tondu comme un caniche, (la fraise et les pattes
à
pompon) et je l'ai fait dormir dans le frigo pour lui raidir un peu la
démarche. Il a gagné en humilité ce
qu'il a perdu en grâce : depuis que
le berger allemand le sodomise dans sa sciure, sa majesté
féline a la
couronne un peu penchée."
(c) Pierre Desproges
Désolé, mais ça me fait hurler de rire.
Et puis quand les avions se crashent de partout et qu'on parle des
compagnies aériennes low-cost, je ne peux pas
m'empêcher d'entendre
holocaust… (désolé…) Et ce
serait peut-être parce que le kérosène
serait
"pollué". Décidément, faut relire
Tintin au pays de l'or noir!
---
Autre chose en rapport avec les animaux et les nouvelles,
piqué dans les
pages radio de télérama : des jardiniers
installent des postes de radio
à pile (communément appelés
"transistors") dans les arbres fruitiers
pour éloigner les oiseaux. Ils ont fait
différents essais de fréquences,
France-Musiques faisait l'effet inverse, NRJ, Europe1, RTL, etc,
étaient
inefficaces. Finalement ils se sont arrêtés sur
France-Info! Et ça
marche! Les mauvaises nouvelles en boucle, ça fait peur aux
oiseaux! CQFD.
Dans le même télérama, y a Alain
Souchon qui apporte de l'eau au moulin
de la marche à pied (pas forcément "le long d'une
ligne de chemin de
fer") en disant "J'écris mes chansons en marchant.
Dès que je m'arrête
et que je me colle à un bureau, je m'endors (…)
la marche, c'est un peu
faire de la résistance." Il dit aussi des trucs un peu niais
sur
Besancenot mais ça donne à celui-ci l'occasion de
s'exprimer
intelligemment. Et il interroge (un peu niaisement aussi) le physicien
Etienne Klein sur l'avenir du monde, mais là encore
ça donne à
l'interrogé l'occasion de dire des choses intelligentes sur
l'énergie.
Là, ce monsieur Klein nourrit carrément mes
obsessions habituelles: "Un
simple yaourt parcourt en moyenne plusieurs milliers de km, entre la
fabrication de ses divers composants (pot, couvercle,
étiquette, lait,
fruits) et la livraison au consommateur." Et pas à pied!
Pour finir, il
ne préconise rien moins qu'un "changement de mode de vie".
(Il commence
à y avoir vraiment BEAUCOUP de gens qui
préconisent, ça, non? Et y en a
même qui le disent à la
télé! Le monde serait-il en train de changer?)
---
ACTIVISME (Là, il s'agit carrément de PRODUIRE
des bonnes nouvelles)
Il semble que le terme soit tombé en
désuétude depuis 68 et sq. Et
pourtant, c'est bien de ça qu'on aurait besoin. Au
delà du pessimisme
passif, du sarcasme vengeur et de l'optimisme béat, il y
aurait lieu de
réhabiliter le mot activisme et sa pratique.
"Mieux vaut allumer une bougie que maudire les
ténèbres." Lao Tseu
Sur la base d'une conscience aigue et douloureuse de l'état
du monde,
transformer sa tristesse, sa colère, sa
révolte-contestation-destruction
en propositions, action, construction. Il y a des tas de gens qui font
ça, associations humanitaires, bonnes-sœurs,
écolos de base, rigolos
télévisuels, voisins de palier, etc, et
même des hommes politiques et
des fonctionnaires. Si.
Et même des auteurs de BD : Lidwine lance un truc, une asso de
dessinateurs engagés, mais j'attend qu'il ait fait un site
pour vous en
parler, parce que recopier sa lettre écrite à la
main………..
Savoir que travailler à changer les choses ça
commence toujours par soi
et son environnement proche (matériel et humain)
(…et animal, oui,
malgré la Desprogerie ci-dessus), "ses proches", comme on
dit,
affectivement et/ou géographiquement.
(Comme dit la pube de Zrance Yélécom : "Avec
Messager Wanadoo, je
dialogue en temps réel avec mes proches, où
qu'ils soient.")
Ca va de bien trier ses ordures à respecter les feux rouges,
en passant
par l'amabilité avec ses voisins. Des trucs de base, quoi.
Soyez gentil
avec le monde, il vous le rendra bien. Toutes ces petites actions
quotidiennes (et abstentions d'actions) qui accumulées par
chacun,
changent la donne. Gouttes d'eau dans l'océan, certes, mais
l'océan est
fait de gouttes d'eau. Paf! (Non : Plouf!)
"Être conscient que demain existera et que je peux avoir une
influence
sur lui est le propre de l’homme." Albert Jacquard
Ainsi Le Petit Livre Vert pour la Terre créé par
la Fondation Nicolas
Hulot et le site qui va avec ne peuvent pas faire de mal.
http://www.defipourlaterre.org/
Marcus avait transmis en disant "Là, on peut tous dire OUI!"
On peut en effet y tester en direct son impact sur l'environnement et
s'engager à certains actes concrets quotidiens de lutte
contre l'effet
de serre. (Plus de 200.000 inscrits, déjà, sur le
site!)
(A propos d'impact sur l'environnement, il me trotte dans la
tête depuis
longtemps que les prix des choses et des services devraient
être
recalculés non selon les lois du marché, mais
selon leur impact sur
l'environnement. On créerait un nouvelle monnaie, la
M.I.S.E. (Monnaie
d'Impact sur l'Environnement, donc) et on recalculerait tout en tenant
compte de tout. C'est à dire, par exemple, que le prix de la
dépollution
des côtes après le naufrage d'un tanker entrerait
dans le prix des
tomates poussées en serre chauffée. Ou le prix du
transport prendrait en
compte les remboursements de sécu pour les cancers
dûs au gazole.) Gros
boulot! Mais on a des gros ordinateurs, non? (En se rappelant que,
d'après une étude de l'Université des
Nations Unies, il faut 1,8 tonne
de matériaux bruts pour fabriquer un seul ordinateur,
écran plat de 17
pouces compris. Dans ce total, on trouve 240 kg de carburants fossiles,
22 kg de produits chimiques et 1,5 tonne d'eau. Info piquée
sur
http://midier.net/
Un site vraiment GÉNIAL que je vous recommande. J'en
reparlerai sûrement un de ces jours, mais je vais pas
balancer tous mes
bons trucs d'un coup, quand même!)
---
Et puis rien n'empêche d'élargir son activisme
quotidien à la vie
politique en y réinsufflant de l'UTOPIE. Encore un mot qu'il
conviendrait de redéfinir et repositiver.
(à suivre)
--
"La
positivité, c'est bien, tant qu'elle n'est pas
séro." (Poiret)
LETTRE
OUVERTE
N°44 - 1 septembre 2005
Le monde ne nous laisse pas grand répit... Entre les avions,
les
produceurs laitiers, les apparts qui brûlent, comme par
hasards remplis
d'africains + ou - sans papiers, les chiites de Bagdad qui se noient ou
se piétinent pendant leur procession... (Il y a qqs mois,
à Grolandsat,
lors d'un épisode iraqien comparable, Moustic disait : On a
bel et bien
découvert une arme de destruction massive en Iraq:
ça s'appelle la
religion.)... et voilà Kondolyza, pardon "Katrina" sur la
Nouvelle
Orléans...
Moi je voudrais bien quand même finir "Le Monde d'Arkadi"
avant la fin
du monde, merde!
Je prolongeais joyeusement ma positive attitude en préparant
un truc
sur les utopies et paf (plouf) ça attendra un peu.
N'empêche que ce que j'alligne ci-dessous n'est pas
forcément négatif.
De Defensa est un site d'informations belges, un peu "bizarre"
(sentiment indéfinissable...) mais TRÈS
intéressant!
http://www.dedefensa.org
On peut s'y abonner et recevoir chaque jour une "alerte" signalant le
dernier article mis en ligne. Ci-dessous un aperçu des 2
derniers.
Le rédacteur du site a hélas un style
extrèmement ampoulé, pour ne
pas dire emberlificoté. Après quelques
hésitations, je me permets
d'en donner un résumé personnel utilisant
tantôt ses phrases intégrales,
tantôt avec des coupes drastiques et des remaniements non
moins,
tantôt les miennes. On est entre nous, après tout.
Si vous voulez
le
texte intégral, rendez vous sur le site.
"Katrina" et notre crise: retour sur la planète Terre?
31 août 2005
(...)"Katrina" est la pire catastrophe naturelle qu'aient subis les
Etats-Unis depuis des décennies.
"Catastrophe naturelle"?
Comme avec le tsunami de décembre 2004, nous ne pouvons plus
nous
en tenir à l'expression habituelle de la
désolation humaine devant les
colères de "Mother Nature", comme ils l'appellent. Comme
Voltaire
mettant Dieu en cause à propos d'une catastrophe naturelle,
tremblement
de terre au Portugal, nous devons appréhender le
phénomène du point
de vue politique aussi, voire d'abord. Mais là, il n'est
plus
question de
Dieu, que l'on a mis à l'écart et au rencart
depuis au moins trois
siècles pour performances insuffisantes et
moralité douteuse (par
rapport aux droits de l'homme, s'entend), — toutes choses
où
Voltaire
a sa très grande part... Il est question de l'homme face
à lui-même.
Il est de fait que l'activité humaine a un effet direct sur
les
conditions naturelles de la vie sur Terre —
l'activité
humaine,
c'est-à-dire un système économique
totalitaire, une idéologie extrémiste
sans autre objet qu'elle-même.
Pour être plus précis, il est clair que les
ouragans tropicaux du Golfe
du Mexique ont acquis, ces dernières années, une
intensité et une
fréquence sortant de l'ordinaire, et que ce fait est
interprété par
certains comme une conséquence du réchauffement
planétaire.
Deux observations suffiront à comprendre ce que l'on veut
dire, pour
ce qui concerne "Katrina". (En passant, depuis quelques
années,
les
associations féministes US ont obtenu que les ouragans
soient
baptisés aussi bien de prénoms
féminins, alors qu'ils ne
recevaient
originellement que des prénoms masculins!
Précision qui renvoie à
la fois à la dérision et à la
monstruosité de notre époque!)
# Le 1er août, le Charlotte Observer (Charlotte est une ville
de
Louisiane, la vieille province française) rapportait la
thèse liant
l'accroissement d'intensité et de nombre des ouragans
tropicaux au
global warming.
" The accumulated power of Atlantic hurricanes has more than doubled in
the past 30 years, according to a study to be published this week, and
global warming likely is a major cause. Though a connection between
global warming and hurricane ferocity might seem logical, the report by
a reputable climatologist at the Massachusetts Institute of Technology
is the first to draw a statistical relationship between the two.
" "The large upswing in the last decade is unprecedented and probably
reflects the effect of global warming," scientist Kerry Emanuel wrote in
a study that will appear in the Thursday edition of the journal Nature.
Copies of the article were made available Sunday. "
# Le 29 août, alors que "Katrina" approchait de La Nouvelle
Orléans,
un expert témoignait sur CNN de la potentialité
de
catastrophe naturelle
et écologique (effets de la pollution industrielle) de
l'ouragan.
" Flooding from Hurricane Katrina's Monday landfall could wreak
catastrophe on New Orleans, overwhelming the city's water and sewage
systems and leaving survivors in a bowl of toxic soup, a top hurricane
expert said. (...)
" Floodwaters from the east would carry toxic waste from the
—Industrial
Canal' area, nicknamed after the chemical plants there. From the west,
floodwaters would flow through an industrial complex that includes
refineries and chemical plants, said van Heerden, who has studied
computer models about the impact of a strong hurricane for four years.
"These chemical plants [could] start flying apart, just as the other
buildings do," said van Heerden. "So, we have the potential for release
of benzene, hydrochloric acid, chlorine and so on." "
"Katrina" a touché les Etats-Unis avec les
conséquences humaines,
économiques et écologiques que l'on
découvre jour après jour — et ce
n'est pas fini. On se permet d'espérer pourtant que
l'ouragan et ses
conséquences terribles conduiraient enfin la
première puissance du
monde, responsable directe à tous égards du
système où nous sommes
emprisonnés, à prendre conscience de ses
responsabilités : les USA,
avec 3% de la population mondiale, assument 25% de la pollution par
émission de gaz carbonique.
Mais c'est sans doute trop demander au système
lui-même, qui n'a pas
placé par hasard à sa tête un GW Bush.
Le système va continuer à se
battre contre toute tentative de réforme de
lui-même, la seule évocation
du mot "réforme" signifiant une condamnation de son statut
et de sa
puissance.
Le seul espoir raisonnable est que, dans les médias (pour
qui aussi la
seule règle est le profit immédiat,
c'est-à-dire l'exploitation maximale
de "ce qui marche"), "Katrina" déclenche une
tempête d'interprétations
mettant en cause la politique du système. On devrait
percevoir aussi
cette mise en cause dans le désaccord entre nombre
d'États US (partisans
d'une lutte sérieuse contre la pollution) et le centre
washingtonien,
lui totalement acquis aux intérêts du
système. (Cette concurrence entre
ces pouvoirs aux intérêts et aux orientations
radicalement différents à
terme, c'est là le "maillon faible" du système.)
On pourrait également
voir une bataille entre la "faith-based community" (même si
la foi est
dans ce cas rétribuée) et la "reality-based
community". Le public,
directement concerné cette fois, pourrait s'y mettre.
En un sens, les effets politiques de "Katrina" pourraient s'allier aux
effets de l'opposition à la guerre en Irak qui commencent
à se faire
sentir aux USA. Si l'on veut résumer par une formule qui
ferait espérer
que malheurs et morts innombrables ne le sont pas
complètement
en vain : "Katrina et Cindy Sheehan, même combat".
--
(Cindy Sheehan est la mère d'un soldat US mort en Irak, elle
tarabuste
Bush par tous les moyens pour que ça s'arrête)
http://www.liberation.fr/page.php?Article=319788
---
Dans la même lignée, aujourd'hui :
Un "langage d'apocalypse nécessaire"
1er septembre 2005
Même remarque quant au style du rédacteur de ce
site. Là encore, je
donne un résumé personnel mixte.
Au départ de la réflexion, l'article
publié hier dans l'International
Herald Tribune par Eberhard Rhein, senior adviser à
l'European Policy
Center de Bruxelles. L'homme, ancien fonctionnaire européen,
est
estimable et connu pour ses analyses originales, mais fait partie de ce
qu'on nomme généralement l'establishment. Cela
donne à ce qu'il écrit,
pour ce qui nous concerne, à la fois du crédit
intellectuel (pour le
contenu de ce qu'il écrit) et une signification politique
(à cause de
cette position qu'il occupe).
Que dit Rhein? Quelques constats assez simples.
# En quelques mois, la consommation d'essence en Belgique et en
Allemagne, et sans doute dans les pays de même niveau de
développement,
a baissé de 10%. La cause : simplement, l'augmentation du
prix du
carburant en général à cause de
l'augmentation du prix du pétrole.
# A une époque où on a un mal fou à
mettre en place internationalement
une lutte contre la pollution et l'effet de serre (protocole de Kyoto),
c'est le marché qui fait le boulot! Plus les prix seront
hauts, plus la
consommation baissera, plus la pollution se réduira
d'elle-même. En
conséquence, laissons les prix monter,
répercutons leur augmentation
sur les prix à la consommation et veillons à ce
qu'ils ne baissent pas (ce
qui est assez simple). Raisonnement radical qui rejoint certaines
thèses
écologistes ou anti-capitalistes (ou plutôt
anti-système) de type
alternatif. (Une sorte d'optimisme, celui de la politique du pire?)
On assisterait donc là à un glissement en train
de s'opérer, même dans
des milieux proches du conformisme officiel, vers des positions qui
impliquent in fine l'option de la rupture avec le système.
La logique
développée par Rhein débouche en effet
sur la probabilité d'une
modification profonde du comportement du consommateur :
touché là
où ça fait le plus mal (le portefeuille), il se
retrouve contraint et
forcé
à être de moins en moins consommateur et de plus
en plus
"citoyen".
On peut qualifier la position intellectuelle de Rhein de "langage
d'apocalypse nécessaire", impliquant d'abord un
début de reconnaissance
par l'establishment que nos conditions de vie sont sous la menace de
bouleversements considérables ; ensuite que ces menaces de
bouleversements sont nécessaires pour nous pousser vers de
nouvelles
orientations radicalement différentes. L'effet probable du
cyclone
"Katrina" aux USA irait aussi dans ce sens (cf article
précédent).
Ironie du sort et paradoxe : le système capitalo-mondialiste
ne prévoit
pas, dans sa poussée constante en faveur du
marché et de ses lois, que
les lois en question puissent entraîner une
réduction de la
consommation. Le système découvrirait enfin (avec
stupeur) que la règle
de développement continu impliquée par la notion
de Progrès, poussée à
ses extrémités absurdes, peut se retourner contre
elle-même,
s'autophagocyter.
"C'est bien le cœur de la crise, qui concerne
évidemment une conception
du monde et la civilisation elle-même."
J'ajoute que, peut-être plus simplement et globalement, on
peut se
dire que si le pétrole est le principal responsable du
réchauffement
planétaire, c'est la fin du pétrole qui va
(automatiquement) sauver le
monde. Pour moi qui ai coutume de dire "Le pétrole n'est pas
assez
cher", c'est une bonne nouvelle, non?
---
A part ça, et en complément, on peut
visiterprofitablement
http://www.actu-environnement.com
(Apparemment, c'est le site de Corinne Lepage)
et si on veut, s'abonner à leur niouselettre
Et pour se faire du bien
http://www.onpeutlefaire.com/presentation.php
Site (français? canadien?) destiné à
prouver que, oui, on peut le faire!
Avec plein plein d'infos pratiques. (Merci à Sca)
---
Ci-joint une couv pour "Le Masque-SF" datant de... 1979 (Mack Reynolds
"La puissance d'un dieu") Je sais plus du tout de quoi ça
parlait...
LETTRE
OUVERTE
N°45 - 8 septembre 2005
Coutelis m'a indiqué
une "Lettre ouverte de Michael Moore" (Y a
pas que moi qui fais des lettres ouvertes) à l'adresse
suivante :
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=1916
(que vous pouvez convertir au format PDF sur la même page)
--
"Le futur sera mieux
demain" (Dan Quayle, mentor de GWB)
LETTRE
OUVERTE
N°46 - 9 septembre 2005
AMERICAN DREAM>AMERICAN NIGHTMARE
L'Amérique du "Jérémiah" de Hermann,
c'est maintenant.
Je ne sache pas qu'après le tsunami du sud de l'Asie
à la fin 2004, il y
ait eu une période d'anarchie, d'émeutes, de
pillage.
Comme on dit au Sri Lanka : "Not a single tourist caught in the tsunami
was mugged. Now with all this happening in the U.S. we can easily see
where the civilized part of the world's population is."
Yes. La civilisation, où est-elle?
Dans le sud des usas, qu'est ce qu'on voit? Evidemment, ça
pille : pour
voler, bien sûr, tout moment de désordre
libère et sert de couverture à
des "casseurs". Donc là bas, dans cette
sous-Amérique pauvre et noire,
et violente, c'est le déclic, l'occasion de
libérer "les plus bas
instincts", comme on dit. C'est à dire s'attaquer
à la propriété privée,
au commerce, à la richesse honteusement
étalée. Et d'abord pour trouver
à boire et à manger! Va-t-on tirer à
vue sur ceux qui éventrent une
boutique (déjà éventrée,
d'ailleurs) ou un entrepot où il y a des tonnes
de conserves ou de bouteilles d'eau?
Un témoin : "Un blanc, on dit qu'il cherche de la nourriture
; un noir
on dit qu'il pille."
Dans un premier temps, la police locale incite les gens à se
servir dans
le supermarché en produit de première
nécessité. C'est bien le moins.
Après, qu'est-ce qu'on voit? L'armée, des
rapatriés d'Iraq, des hommes
"aguerris", armés jusqu'aux dents. Est-ce pour aider les
gens, leur
distribuer de l'eau et des rations, les sortir de là? Oui,
bien sûr,
mais aussi (surtout?) pour "rétablir l'ordre",
c'est-à-dire défendre la
propriété individuelle contre ce qu'on pourrait
nommer "réquisition
spontanée", mais qu'on préfère appeler
"pillage". Au besoin en tirant.
" Permis de tuer 007".
"Shoot to kill".
Et à Baton Rouge, en prévision de
l'arrivée des réfugiés, les gens
s'arment. On se défend soi-même, comme on fait
tout soi-même, en
l'absence de pouvoirs publics capables de prévenir,
d'assurer la
sécurité CIVILE. Pays de
l'autodéfense, du droit à posséder des
armes...
(Ne généralisons pas à partir d'un
plan tourné dans une boutique par
une télé non identifiée...)
"Anarchy in the USA".
Un témoin, concis : "On est passé en quelques
jours de l'anarchie à
l'état policier."
Mais ce n'est pas le pire. Le retard et le désordre des
secours ("Les
zotorités sont débordées", a-t-on
entendu plus d'une fois!) ça semble
incroyable dans "le pays le plus riche du monde", "le plus puissant du
monde", "le plus moderne du monde"...
Pas si incroyable en fait.
Et pas si riche que ça, quand on voit que 1/3 de la
population de la NO
vit au dessous du seuil de pauvreté.
Pas si puissant, dans le pays de l'individualisme triomphant : les
pouvoirs publics sont "faibles", en fait. Répressifs, oui,
tirer sur les
vilains, oui... mais prévenir une catastrophe
prévisible?... Il y avait
combien de temps que la météo
annonçait Katrina ? Des jours, des
semaines. Dès alors, on aurait pu prendre des mesures, faire
évacuer
les zones les plus sensibles, préparer des camps et des
lieux
d'accueil
dans les états voisins, placer des réserves d'eau
et
de nourriture dans
les points tratégiques, réquisitionner des lieux
publics et des hôtels.
Tout ça, je veux dire AVANT, bien avant. Mais rien : "les
zotorités sont
débordées", APRÈS, comme si ce genre
de phénomène était inattendu.
Pourtant, les avertissements n'avaient pas manqué. Alors
quoi?
Les pouvoirs publics sont "faibles", oui. Ils comptent que chacun se
débrouille. Libre entreprise. Chacun pour soi. Et chacun, a
priori,
avant, n'en demande pas plus : on cloue des panneaux d'agglo sur sa
vitrine, ou on prend sa caisse et on va chez des cousins au Texas... Si
on a une caisse et si on a des cousins au Texas, et si on peut
lâcher son
boulot jusqu'à ce que... Les plus pauvres restent sur place,
inconscients
du danger(?), priant Dieu, résignés... et/ou sans
aucun moyen financier
de partir... et pour aller où?
"Les gens ne seraient pas sans domicile, s'ils dormaient dans les rues
de leur ville natale." (Dan Quayle, 1987) (vice-président de
George Bush
Senior de 89 à 93 et l'un des mentors de Junior)
Et on les voit là sur les toits, dans les stades, dans la
rue : à 90%
des noirs. Descendants d'esclaves.
Bush, à Dakar, en 2003 : "Il est intéressant de
penser que les esclaves,
qui ont quitté ce pays, mus par leur
détermination, leur religion et
leur sens de la liberté, ont aidé à
changer l'Amérique."
(("L'esclavage est une très mauvaise préparation
à l'exercice de la
liberté." (Anthony Trollope. The West Indies. 1860)
"Ceux qui, pénétrés d'un
zèle pieux, ont donné aux nègres la
liberté,
n'ont-ils, dans leur ignorance des lois de la nature, fait que
décréter
leur lente mais infaillible extermination." (Hepworth Dixon. La
Conquète
blanche. 1877)
"Le nègre du Sud a ordinairement les instincts d'un animal,
comme
d'ailleurs toutes les races incomplètement
civilisées." (R. Gros et F.
Bournand. L'Oncle Sam chez lui. 1907)
"Les plus évidents des besoins du pauvre, ceux qu'on ne peut
contester,
ceux sans lesquels il ne serait plus lui-même, ce sont ses
besoins
matériels." (S. de Galard Béarn. Le Pauvre. 1920)
(Extraits du Dictionnaire de la bétise, de Guy Bechtel et
Jean-Claude
Carrière. R. Laffont. 1965))
Ils sont encore là, les nègres, les pauvres,
squattant la NO comme de
vulgaires sans papiers. On abandonne les pauvres à leur
sort, ce n'est
pas nouveau et ce n'est pas typiquement US. Ou on tire dessus s'ils
pillent (même remarque.)
... Et à combien % obèses?
(l'obésité est une maladie de pauvres, faut pas
croire.) Et on voit ces images incroyables des reportages : 1
américain
sur 2 est énorme : femmes, hommes, noirs, blancs, flics...
Et à combien % diabétiques? (la plus grosse
proportion au monde, pour ça
aussi, merci coca-macdo-icecream.
"I scream for an ice-cream!" (Jim Jarmush. Down by law)
Mais il n'y a pas que ça.
Il y a bien sûr l'incurie du pouvoir en place : il y a 30 ans
qu'on
savait qu'il fallait renforcer, rehausser les digues. Mais le budget
partait en Afganistan ou en Iraq.
"Nous sommes parés à tout
évênement imprévu, qu'il ait lieu ou
non"
(Dan Quayle, 1990)
"Peut-être qu'ils pensaient juste qu'ils pouvaient se
rasseoir et que
tout s'arrangerait", dit un chroniqueur du Guardian. Le
marché libre
fera le reste.
Mais il n'y a pas que ça.
Je cherche ce qui mène à cette situation, pas
seulement dans les
faits et gestes des gouvernants, dans la politique, dans l'anecdote
du présent, dans "c'est la faute à Bush", toutes
ces
évidences...
mais plus loin dans la culture, dans l'âme
américaine.
D'abord quelque chose à voir avec LA CONFIANCE .
"In God we trust."
La confiance en Dieu, par exemple. Il est atterrant de voir, 24 h avant
l'arrivée de l'ouragan, la gouverneuse de Louisiane dire
à ses ouailles
: "Priez pour que l'ouragan ne soit pas trop fort!" C'est tarjique!
C'est le moillernage! C'est tout ce que les zotorités ont
à proposer?
Prier? Sont-ils inconscients? Fous? Défoncés
à l'ocytocine ou à la
sérotonine? Ou simplement sous ecstasy, comme Bush?
Le maire, lui déclarait : "C'est très
sérieux! (!) Prenez vos enfants et
tirez-vous le plus loin possible!" Ce qui était
déjà plus réaliste, mais
venait tellement tard. Pourquoi si tard?
"In America, we trust."
Et puis il y a cette inconscience/confiance dans leur
système, dans leur
mode de vie. L'impression que personne là-bas ne peut
seulement
imaginer qu'il puisse manquer d'eau au robinet,
d'électricité, là, au bout
du fil, de TV, d'essence à la pompe, de
téléphone... Personne n'imagine
qu'il ne puisse pas se faire livrer une pizza, ou trouver son insuline
au
drugstore du coin, ou un MacDo ouvert au bout de la rue.
Et ils se regardent, incrédules, dans ce miroir que leur
tend ce "retour
de réalité". Ça ne peut pas arriver
ici-chez-nous-en-Amérique!
"Is This Happening in America?", demande Jim Litke, de Associated Press.
Il écrit par exemple: "Usually, we shudder, change the
channel or turn
the page, awaiting better news. But there is something too compelling
about these pictures. The distance between us and the people in them
has been narrowed, rendered uncomfortably close, and not just for those
who are family, friends or neighbors. We recognize them. We all see
people like them. — Here."
"It is no Somalia. It is not Bagdad. It is HOME !"
... Et ce n'est pas non plus Hollywood ! Quoique... Il y a peu, dans La
Guerre des mondes de Spielberg, on voyait flotter les cadavres sur un
fleuve... Et puis Land of the dead de Romero... C'étaient
jusqu'ici des
films post-11 septembre. Maintenant ils apparaîssent en plus
comme
des films pré-29 août.
Il en subissent pourtant, les ricains, des catastrophes naturelles ou
dites naturelles, ouragans et trombes, mais ils vivent dans des maisons
en bois et ils ont l'habitude de reconstruire. C'est le pays du can-do.
Et puis ça fait marcher le commerce : quand une trombe
ravage la
Floride, les reconstructeurs se pressent au portillon : y a de l'argent,
là ! (Sans oublier que la Floride, ça vote Bush
lépluricain, et la
Louisiane médocrate...)
Et encore ça : ils n'ont pas vécu la guerre chez
eux, l'occupation, les
restrictions... Ont-ils des réserves, individuellement ou
collectivement
(je veux dire pas du surgelé dépendant de la
fourniture de courant), et
si oui, pour combien de temps? 2 jours, 3 jours?... "Y a plus rien dans
le frigo, pas grave, j'appelle le chinois du coin, on va se faire
livrer",
comme dans les films. (Je dis ça pour les ricains mais c'est
bien pareil
pour la plupart des urbains du monde cocacolonisé depuis 50
ans...)
"C'est arrivé près de chez nous en
Amérique."
On pourrait appeler ça "vivre en flux tendu", comme une
petite
entreprise, confiant dans le système partout autour, mais en
fait
totalement dépendant des livraisons, des transports, de
l'approvisionnement en énergie, essence ou
électricité, du roulement
rapide des marchandises, des moyens de communication. Un grain de
sable dans la mécanique et tout est par terre.
(Reconnaissons que
c'est un TRÈS GROS grain de sable. Par contre on a un fort
doute sur
le terme de "catastrophe naturelle" continuellement utilisé
par les
médias cf lettre précédente)
Tout cela, ce mode de vie, cette "culture" (au sens anthropologique)
est concommittant, bien sûr, au libéralisme
économique, cette "société
à responsabilité limitée" : la
soumission aux
mécanismes du marché,
la concurrence comme mode de vie, ce système qui semble
avoir
quitté
le réel, avoir échappé aux lois de
l'Histoire ("beyond history", disent
les écono-mystes), être entré dans
l'utopie, pour ne pas dire dans le
paradis boursier. Arrogante, en proie à l'hubris
(délire de puissance),
l'Amérique est-elle encore "de notre monde"? (alors
même qu'elle
prétend désormais mener le monde...)
Système économique "passé de l'autre
côté", dans le virtuel, et
partant, au quotidien, système social taré :
individualisme forcené,
solitude, cynisme irresponsable, désordre et absence de
solidarité,
inégalités criantes.
Et l'énorme frustration des plus pauvres.
On voit là que même dans le 21ème
siècle aux multinationales
triomphantes, on a encore besoin de l'État, et d'un
État "en état de
marche". Une confirmation de la nécessité d'un
gouvernement de
bien public, capable d'assurer la cohésion sociale. Si
ça vous rappelle
certaines réactions qui ont émergé
à l'occasion du projet de
constitution européenne, ça n'a rien
d'étonnant : le problème est
bien le même, la fin des États de service public
sous
prétexte de non
rentabilité, c'est l'abandon de la
société civile (je dirais même de la
CIVILISATION) aux mains de l'individualisme commercialiste
irresponsable.
"La fin du rêve" ?
USA, pays "fort", pays "riche", pays "moderne"???
Que voit-on encore? Une population gavée
d'auto-satisfaction et de
hamburgers, l'ignorance, l'inculture, une étonnante
obsolescence
technologique dans la vie courante. L'Amérique est-elle un
pays
"moderne"? Quand on voit tous ces câbles
électriques qui se baladent
partout, on a plutôt l'impression d'un infâme
bricolage. La technologie
de pointe serait-elle réservée aux avions de
chasse, aux labos de
recherche, tandis que le peuple resterait en arrière,
bricolant des fils
électriques avec du chatterton? Pays "moderne", celui
où les églises
veulent imposer l'enseignement du créationnisme en classe et
rejeter
le darwinisme, bâh, caca? Un pays qui sans cesse
s'auto-proclame
maître du monde et s'auto-félicite constamment de
ses
"réussites".
Et qui aujourd'hui, se découvre vulnérable,
beaucoup
plus qu'après
le 11 septembre 2001.
L'Amérique, c'est la civilisation occidentale
arrivée à son terme.
Et nous, le reste du monde, pour ne pas dire "les restes du monde", y
survivrons-nous? (Les US emploient l'acronyme ROW, pour Rest Of the
World, ce qui peut vouloir dire alligné, ou ramer, ou
vacarme, dispute...)
"On dirait Le Suuud... Le temps dure longtemps... Et la vie
sûrement...
Plus d'un million d'années... Et toujours en
été..."
Katrina, ouragan de destruction massive, renverse l'ordre des
préoccupations et des priorités pour la
définition de la sécurité
nationale. On passe du domaine extérieur au domaine
intérieur ; on
passe (il faut absolument passer, contraint et forcé) des
préoccupations
guerrières lointaines à la question humanitaire
intérieure. Tout cela va
absolument contre le sens général de la politique
pentagonale depuis
un demi-siècle. A quoi sert un avion de chasse
bourré d'électronique,
face aux besoins post-katrina?
On assisterait à une sorte de 11 septembre 2001 à
rebours, une
IMPLOSION. Une catastrophe INTÉRIEURE achevant de
détruire la popularité
que l'administration Bush avait capitalisée suite au 11
septembre...
Non, cette fois, il n'y a pas d'ennemi aux portes, il n'y a pas de
vilain lointain à abattre. À moins que la CIA
n'arrive à convaincre le
bon peuple que Ben Laden est à l'origine... (Lequel Ben
Laden doit être
mort de rire dans son refuge, bien au sec)...
... Ou la Corée du Nord, ou la Chine, ou l'Iran, ou Castro,
ou Chavez...
lesquels doivent boire du petit lait en proposant leur aide en
médecins
ou en pétrole!
... Ou la France après tout, qui c'est les idiots qui ont
construit la
Nouvelle Orléans dans une cuvette, hein?!
"Envoyez-nous ce que vous pouvez! On a vraiment besoin de T-shirts!",
clame un secouriste!!!
La Chine pourrait faire quelque chose, là.
Et si mon baratin vous semble de l'anti-américanisme
primaire et
franchouillard, lisez plutôt ça :
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1925
écrit par un américain (c'est en anglais, et
ça chie!)
On peut aussi aller direct sur le site de Michael Moore. On n'y lit pas
seulement des reproches et des accusations, mais il monte et promeut
des actions de secours concrètes, immédiates.
http://www.michaelmoore.com/
La crise politique intérieure est
déclarée. On peut en espérer que Bush
ne s'en remettra pas...
(J'ai composé ces pages à l'aide du site
dedefensa.org, d'où proviennent
en particulier les citations de la presse anglo-saxonne, et de trucs
grapillés un peu partout, même à la
télé, car tout cela passe
énormément
par l'IMAGE. Je n'ai sûrement pas fini. Mon
problème c'est que je
voudrais toujours être EXAUSTIF.)
---------
Comment positiver?
En prenant un peu nos désirs pour des
réalités, on peut en espérer la
chûte du Bushit. On peut en espérer un pas vers la
fin de l'impérialisme
américain. On peut en espérer un pas de plus vers
la fin du règne du
pétrole, donc un "ralentissement de
l'accélération" du réchauffement
planétaire.
Ci-joint la couv de AUBE NOIRE de Richard Canal, J'aiLu 1994, roman
qui n'est pas sans rapports avec la situation actuelle dans le Sud US.

LES TROUS VERTES
N°47 - 14 septembre 2005
1) LE PASSÉ : UN ANNIVERSAIRE, "LA CHUTE DES TOURS"
(Bizarre coïncidence, la même année, on
avait un gros problème
en France avec les deux tours des élections
présidentielles... et
Peter Jackson sortait le deuxième épisode du
Seigneur des Anneaux,
"Les 2 tours" !)
À moyen terme (4 ans après) l'assassinat des deux
tours du WTC
(se rappeler que ça veut dire Centre du Commerce Mondial ou
Centre Mondial du Commerce) semble ne pas avoir eu de
conséquences importantes sur le dit commerce mondial. L'OMC
(Organisation Mondiale du Commerce), loin d'avoir
été éradiquée
ou au moins décapitée, continue de
sévir grave et d'émettre ses
diktats au monde entier.
Alors deux questions :
- Qu'y avait-il donc dans ces deux tours? Et QUI y avait-il donc? Et
que s'y passait-il?... pour que leur disparition ait si peu de
conséquences?...
(Je n'oublie évidemment pas les conséquence
humaines et
politiques... je parle des conséquences sur le dit commerce
mondial.)
- Et puis, question corollaire, QUI faudrait-il assassiner pour
arrêter l'OMC dans sa main-mise sur le monde?
------
2) LE PRÉSENT : KATRINA, ENCORE. (Evidemment, qu'on n'en a
pas encore fini avec Katrina...)
Pourquoi c'est plus flippant que le WTC par terre.
Pas une question de nombre de morts...
Une question de surface.
Le 11 septembre, les Twin Towers, c'était juste 2 tours de
bureaux
dans une ville de bureaux (de bourreaux?) (Lisant en ce moment
le bouquin de René Girard, La Violence et le
sacré, je remarque
en passant la malédiction qui pèse depuis
toujours sur la gemmellité.)
Là, maintenant, le 29 août, la Louisiane et les
états voisins, c'est
un pays, c'est la terre, la mer, les lacs, les fleuves, les bayous, les
Cajuns, le jazz, Bechet, Armstrong (Louis)... La ville des pauvres,
noirs et "petits blancs", une ville d'HABITANTS, pas de salary-men.
Et même DES villes, devrais-je dire, autour, et des villages,
des
habitations dispersées dans la nature, dans les marais...
des gens,
quoi. (Et les alligators, les serpents, les grenouilles...)
Et puis, question symbole, le 9/11, c'était l'abattage d'un
monstrueux
symbole d'un système monstrueux :
l'ultra-libéralisme, la
mondialisation... (Mais "libéral" est un trop beau mot, et
"mondial"
aussi. Appelons ça une fois pour toutes le Commercialisme
International...
ou l'Internationale Commercialiste... ou le Commondialisme... ou le
Commerdialisme...)
Quelque part, "la chute des tours", était un symbole "trop
réjouissant".
(Encore une fois, je n'oublie pas la compassion, je n'oublie pas les
milliers de morts, bien sûr. Et revoir les image me fait
remonter cette
boule dans la gorge... Je n'oublie pas non plus de remarquer que,
à
l'heure où ça s'est passé, la
population du WTC était en majorité
prolétarienne et noire : les services de nettoyage,
d'entretien, de
sécurité. Les bureaux des traders ouvraient
à peine.)
Là, le Sud, 29 août 2005, le symbole est tout
autre : l'Amérique
profonde, terrienne, un peu française, la Nouvelle
Orléans, une "vraie
ville". Avec un passé, une culture, de l'histoire,
derrière elle - et
lourde. Ville de tradition, ville touristique, ville du jazz, ville
"pécheresse" (Sin City), la NO était aussi
quelque chose du
patrimoine culturel de l'Amérique, et de
l'héritage de l'humanité.
Une dimension proprement HUMAINE, j'ai envie de dire "horizontale",
par opposition à la verticalité arrogante du WTC.
Et puis, dans cette lecture symbolique, un autre
élément : le pétrole.
Et en jeu avec lui à la fois un symbole de la puissance US
et une
réalité de tous les jours concernant le monde
entier. On était déjà
dans une crise pétrolière (le début de
la fin?) largement liée d'une
part à la guerre Bush-Iraq, d'autre part à la
spéculation folle des
marchés mondiaux irresponsables (à quand un avion
- ou un
ouragan - sur Wall Street?). Pétrole, nerf et sang
artériel de la
guerre et de l'économie - qui est aussi une guerre.
Et on découvre ça : dans le Golfe (du Mexique),
cette production
et raffinage "en flux tendu" - c'est à dire dans une
extrème fragilité.
Si l'on a pu évoquer, pour le WTC, l'image du
"géant aux pieds
d'argile", quelle image, ici ? Je pense au géant Talos, qui
gardait
(ou ravageait?) l'île de Crête, un robot d'airain
creux, animé par un
fluide énergétique. Les Argonautes, passant par
là, lui firent un
trou dans le talon, le fluide vital s'écoula au sol, le
géant resta
paralysé. L'image est proche, et proche de celle du talon ou
tendon
d'Achille-au-pied-léger, mais il y entre en jeu ce fluide
vital... et
l'idée qu'en "se tirant une balle dans le pied", on peut le
voir
s'échapper.
Vidange. Dégazage en mer. Marée noire.
Le pétrole, source de puissance des US, sera aussi sa perte.
Et puis encore ce dont on commence à parler enfin, et qui y
est
intimement lié : qui dit plates-formes
endommagées, raffineries
détruites, dit pollution chimique à grande
échelle. Dans quel état
est l'eau qui stagne dans la NO? Que contient-elle, à part
de l'eau?
L'eau des égouts, bien sûr, et c'est
déjà hard, mais aussi
vraisemblablement toute une merde, tout un "brouet de
sorcière" de
produits chimiques. (Se rappeler que, à une bien plus petite
échelle,
les débordements d'une rivière en France
entraînent des cuves de fuel,
"lavent" les dépots d'ordure, débordent les
stations d'épuration.) On
entend déjà dire "On va reconstruire!", mais on
passe très vite sur :
d'abord il va falloir vidanger, nettoyer, dépolluer,
attendre des années
que ça se décante, que ça se dilue, se
disperse dans tous les océans.
Déjà que le Mississippi était l'un des
fleuves les plus pollués du monde...
Pour combien de temps sera inhabitable ce pays, cette zone "grande
comme la moitié de la France"?
Finalement cette catastrophe risque de ressembler plus à
Bhopal ou à
Tchernobyl qu'à la chute du WTC.
(John Vidal, environment editor, Friday September 2, 2005, The Guardian
"A "witch's brew" of heavy metals, chemicals, sewage, fuel and
pesticides is swilling through New Orleans and the waterways of
Louisiana and other US coastal states, say conservationists and
oceanographers studying the Mississippi basin in the wake of Hurricane
Katrina.
"We knew this would happen one day, but we just did not realise the
magnitude of what could happen.")
3) RETOUR VERS LE FUTUR (Déjà?)
Alors même qu'on n'a pas fini de compter les morts de cette
nouvelle
"guerre du Golfe (du Mexique)", alors même qu'on a encore des
gens à
tirer du guépier, à abreuver, à
nourrir, à abriter, les planificateurs
commencent à débattre sur "après".
Qu'est-ce qu'on fait? On répare, on
ravale la façade, on reconstruit, avec des plus grosses
digues autour?...
Ou on passe un coup de bulldozer dans tout ça et on
rebâtit tout à neuf
? Sur place ou ailleurs? (Plus haut, peut-être, non?...)
Comme disait
l'autre, c'est une "merveilleuse opportunité" pour
créer une nouvelle
sorte de ville (Les urbanutopistes en salivent
déjà). Une "renaissance",
type évangélique "born again"? Type Celebration,
la ville construite par
Disney en Floride? Ou la "ville parfaite" du Truman Show?
... À Kobé, Japon, la reconstruction a pris 10
ans, et la ville nouvelle a
exclu les plus pauvres.
Bien sûr.
(Aux dernières nouvelles, il est question de reconstruire
les digues "à
l'identique". Je crois pas que ce soit une bonne idée!)
Et le futur politique?
Un état d'esprit révolutionnaire est-il en train
de naître aux US?
J'ai revu "Hair", il y a peu, où l'on entend : "La guerre du
Vietnam,
c'est le peuple blanc qui envoie le peuple noir combattre le peuple
jaune pour défendre la terre qu'il a volée au
peuple rouge". Pas mal!
Où sont-ils, maintenant, les milliers
d'Américains qu'on a vus devant
la Maison Blanche chanter "Let the sun shine in"?
(" As the approval ratings of President Bush and Congress reach new
lows, one is left wondering who, or what, they are representing ",
écrit Devin Gould.) La vraie Amérique est-elle en
train de retourner
à ses sources, à la révolte de 1776
devenue révolution?
Jusqu'ici, depuis le 11 septembre 2001 et les effets
désastreux de
la politique extérieure de GW, on pouvait faire le constat
de la
dégradation de l'image de l'Amérique dans le
monde. Aujourd'hui,
c'est nouveau : on voit une dégradation de l'image de
l'Amérique
chez les Américains eux-même. Depuis toujours,
l'Amérique diffuse,
à l'intérieur comme à
l'extérieur, une sorte d'image virtuelle
d'elle-même
et du monde, une image irréelle, une pure
re-création (entre autre via
Hollywood). Pas seulement une idéologie, mais une "nouvelle
réalité",
une mythologie qui s'est infiltrée et incrustée
dans l'inconscient
collectif du monde entier, selon laquelle l'Amérique est
hors des lois
communes du monde, l'Amérique ne peut pas perdre,
l'Amérique est
à la pointe du monde libre, de la civilisation, etc.
Eldorado.
On y a tous cru, au rêve américain.
("On a tous en nous quelque chose de Tennessee..."
"L'Amérique,
l'Amérique, je veux la voir et je l'aurai... Si c'est un
rêve je le saurai..."
Etc. Y en a plein, des chansons, des films, des BD, des livres...)
D'où découlait une certitude : une telle chose ne
pouvait pas arriver
à l'Amérique - certitude qui vient de se briser
sous la poussée
apocalyptique de Katrina. Se rappeler que "Apocalypse" signifie
"révélation". L'Amérique est nue. Et
sidérée.
Katrina, c'est comme un thérapeute
bio-énergéticien qui appuie
sans pitié là où ça fait le
plus mal : il s'agit de toucher le
subconscient (voire l'inconscient) du sujet, d'en faire sortir - tant
pis
si ça fait mal, c'est pour ton bien - "quelque chose".
Quelque chose
d'innomable, peut-être, en tout cas d'innomé, du
"ça", du masqué,
du non-dit, de l'enfoui sous la carapace. La belle image de marque
était une accumulation de faux-semblants, de petits et gros
arrangements avec le réel, de trafics, de magouilles,
identité
"projetée" dissimulant complexes et frustrations. Une
cuirasse
corporelle qui se croyait à toute épreuve.
Révélation, donc. Catharsis. Venue au jour. Mise
à jour. (De quels
placards, de quelles caves, de quelle cour des miracles sort-elle,
cette "armée de gueux" en guenilles, vieux, pauvres, noirs,
laissés-pour-compte, malades? Ces fantômes -
filigranes dans
les billets verts.) (Comme par hasard, coïncidence encore, on
avait vu, peu avant, toutes ces commémorations de la guerre
de 40, avec ces survivants sortant de l'ombre des camps de la
mort ou de la pluie noire d'Hiroshima, hagards, cendreux, comme
éblouis...)
Dé-structuration massive. Crise de confiance en soi. Crise de
conscience en foi.
S'ensuit la dé-pression...
Et s'ensuit la reconstruction, car ça va très
vite, là bas! Et il FAUT
que ça aille vite! Surtout ne pas laisser le temps
à la dépression de
s'installer, surtout que la prise de conscience ne s'étende
pas aux
couches les plus profondes de la personnalité. Reconstruire
à toute
blinde, donc, et ainsi renforcer, une fois de plus, le blindage. Une
couche, encore une couche : les Américains
américanistes seront encore
plus gros, encore plus musclés des biceps, encore plus
armés.Blindés.
Mais dessous ("ronge... ronge..." dixit Ph.K.Dick) ça
rongera encore, la
cacophrénie, le pourrissement, la moisissure, le vide.
Ce que l'on voit rejeté sur les rives du Golfe du Mexique,
cette carapace
translucide, ce n'est pas une mue annonçant une nouvelle
vie, c'est la
carapace d'un crabe mort, déjà impropre
à la consommation. Date limite
dépassée... Gouvernement
dépassé (par les
évênements). Coma dépassé.
Les meilleurs choses ont une fin, dit-on. Pourquoi pas les pires?
------
J'ajoute que le nouveau Télérama (2905, avec LE
Paul McCartney
en couv) présente un entretien avec Marianne Debouzy,
professeur
émérite d'histoire américaine.
Celle-ci insiste sur diverses failles de
la société US actuelle, comme l'autodestruction
des services publics
et l'obnubilation sur la lutte anti-terroriste, mais surtout sur la
"fracture raciale", employant en particulier 2 belles formules en
rapport avec l'image (hollywoodienne ou
télévisuelle) :
"Les Noirs sortent de l'angle mort des caméras."
Et "... la ségrégation (...) crève
l'écran."
-----------
Et puis, en pièce rapportée, une image sortie du
dernier Mad Movies :
l'affiche de Frogs, film catastrophe idiot que j'ai vu à
l'époque, situé
dans les bayous, où les grenouilles par milliers se mettent
à attaquer
les gens. Normal. Appréciez les slogans
d'actualité qui tuent!

LETTRE
OUVERTE
N°48 - 16 septembre 2005
GOOD NEWS
- Il y a peu, je parlais de la recherche d'informations positives,
d'utopies, de projets actifs pour changer le monde avant de passer
dans l'autre (car si "un autre monde est possible", ce n'est pas de
celui-là qu'on parle.)
Et j'ai reçu la revue de Reporters d'espoir
http://www.reportersdespoirs.org/re/accueil.php
Pas encore lu, à part l'édito qui dit, entre
autres : "Qui veut faire
profession d'optimisme délibéré
frôle le ridicule. En produisant un
récit édifiant, moralisateur ou
lénifiant, il ne fait qu'opposer à une
erreur une image inversée de celle-ci ; il substitue
à une omission
une autre sorte d'oubli. Ce n'est pas ce moralisme-là, mais
pas du
tout, qu'entend promouvoir l'association (...) il s'agit d'encourager la
profession à s'intéresser - mais
intrépidement - à l'autre dimension
du réel : initiatives, victoires sur la fatalité,
engagements têtus,
progrès trop ignorés, démarches de
paix, etc."
Alors ça parle d'économie
"différente", de science-santé-environnement,
de culture-société, de paix-humanitaire, tout
ça bien entendu à travers
des faits concrets, pas de la théorie ou des vieux pieux.
Donc c'est bien.
- Il y a peu aussi, je me vantais d'avoir participé au
numéro HS du
Nouvel Obs sur les utopies actuelles. Depuis je l'ai lu, et il y a pas
mal de choses intéressantes dedans. Quelques grosses
bétises aussi,
mais bon... Si je ne m'abuse c'est encore en vente tout le mois, et
de mon côté, je vous reparlerai d'utopies diverses.
- Comme par hasard, je reçois ce matin Manière de
voir, ce bimestriel
émanant du Monde Diplo, et il est intitulé : POUR
CHANGER LE MONDE!
(Et changer le monde pour 7 euros, ça vaut le coup!)
Pas encore lu non plus, bien sûr, mais là aussi,
il y a du concret, des
cas où des gens résistent et inventent, et
même gagnent! Et il y a de
l'utopie projective. (Et de belles peintures de Magali Martija-Ochoa)
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/83/
- Se passerait-il quelque chose en France? Tous les jours aux infos
à la télé, prix de l'essence
à la pompe aidant, on nous parle de
bio-carburants, de bagnoles à hydrogène,
d'éoliennes et autres
alternatives énergétiques. Sans oublier un tas de
conseils d'économie
d'énergie, ce qui ne peut pas faire de mal. (On voit aussi
des connards
d'économistes qui freinent des 4 fers, mais on les oublie.)
- Ne dites plus "développement durable - de lapin", mais
"développement
durable - de Villepin". Vive le gouvernement!
Semaine européenne de la mobilité, ça
commence aujourd'hui. (C'est
l'enfer : il est passé au moins 3 vélos devant
chez moi!)
DU 16 AU 22 SEPTEMBRE 2005 « OSEZ LE VÉLO,
SIMPLIFIEZ-VOUS LA VILLE ! »
En 2005, la « Journée sans voiture
» cède la place à la Semaine de la
mobilité, du 16 au 22 septembre, avec pour slogan
« Bougez autrement ».
Pour cette semaine de sensibilisation du public, le
Ministère de
lEcologie et du Développement Durable (MEDD) engage une
série dactions
: voir sur http://www.ecologie.gouv.fr/evenementiel/ La
FUBicy et le
Club des Villes Cyclables sont partenaires du MEDD pour appeler
à
circuler à vélo quotidiennement pendant toute la
semaine. La FUBicy est
partenaire de lADEME dans la charte « Planète
gagnante », dans le
programme « Faisons vite, ça chauffe
».
http://www.fubicy.org
- Des chercheurs toulousains mettent au point des biocarburants bon
marché
http://fr.news.yahoo.com/050910/202/4ksav.html
- Un blog de Marcus (L'homme d'Imag) :
"Alors que le chiffre du chômage en France ressemble
à une promo de
supérette qui ne veut pas passer le cap des dix euros et que
le retour à
la barbarie et aux calamités du Moyen Age se fait
désormais en quelques
heures dans le pays le plus riche du monde, un petit problème
d'arithmétique amusante pour les grands enfants
privés de rentrée
scolaire : sachant que l'augmentation du prix des carburants diminue
l'usage des véhicules, sachant que la consommation des
carburants est
irréversible et polluante, sachant que l'industrie
automobile est un
secteur clé de l'économie, sachant que la plupart
des transports se font
par route, sachant aussi que les taxes sur les carburants sont une
source de revenus essentielle justement, sachant que depuis environ
trente ans rien n'a été fait pour trouver des
alternatives crédibles,
calculez jusqu'à quel prix chacun des carburants peut
être proposé sans
ruiner les caisses de l'état et augmenter le
chômage, sans provoquer des
barrages routiers, sans générer une
révolution, sans obliger les pauvres
parents à accompagner à pied leur
progéniture bouffie jusqu'à l'école
située à plus de 200 m de leur domicile. Vous
pourrez faire varier les
variables, elles sont faites pour cela, et déterminer le
temps qu'il faudra
pour provoquer une modification des comportements attendue depuis
la chasse au gaspi du premier choc pétrolier. Le devoir est
facultatif
pour les élèves pessimistes... On peut aussi
prévoir un devoir de
français, très formateur et pas trop long pour ne
pas décourager les
élèves qui ont papa TF1 et maman M6 pour faire
les devoirs : trouvez
quel message il faut faire passer pour réduire la
consommation de
pétrole sans ruiner les compagnies et les gouvernements et
sans
gêner la privatisation des autoroutes . Vous pourrez vous
référer à des
campagnes récentes sur l'alcool et le tabac mais
éviterez des slogans
aussi simplistes que " Rouler tue ". marcus@imag-fr.net
- Lutte contre la Chrysomèle du maïs :
l'agriculture biologique ne
paiera pas les erreurs commises par l'agriculture intensive
Un couple d'agriculteurs biologiques des Yvelines est
concerné par un
plan de lutte obligatoire contre la chrysomèle du
maïs. Après
intervention des organismes nationaux et régionaux de
développement
de l'agriculture biologique (FNAB GAB IdF), les
autorités de
l'agriculture ont accepté un traitement
spécifique avec un produit
autorisé en agriculture biologique, de façon
à éviter le déclassement
des récoltes et des terres concernées. Un
préjudice moral et économique
considérable pour les agriculteurs bio a ainsi
été évité au dernier
moment. Il aurait été invraisemblable que les
agriculteurs bio payent
les inconséquences techniques d'un schéma
d'agriculture intensive, qui
est responsable de l'apparition de ce foyer de chrysomèle.
http://www.agrisalon.com/06-actu/article-15463.php
- Des agriculteurs de Maine-et-Loire vont faire tourner leur moteurs au
colza
Soixante-trois agriculteurs de Maine-et-Loire se sont lancés
dans le
projet d'une presse à huile pour faire tourner leur moteur
aux
carburants végétaux et réduire
l'impact de la hausse du gazole, a-t-on
appris auprès de la chambre d'agriculture de Maine-et-Loire.
Amortissement de la machine compris, le prix de revient au litre est
estimé par les agriculteurs de 0,32 à 0,42 euros.
(Aujourd'hui, le prix
du gazole à l'entrée de l'exploitation varie
entre 0,55 et 0,60 euros.)
http://www.agrisalon.com/06-actu/article-15478.php
- José Bové n'écarte pas une
candidature à la présidentielle
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=4903&1907
- Les criquets dans l'assiette, pas à la poubelle !
http://www.afrik.com/article8786.html
Ça pourrait être une blague cynique du genre
"S'ils ont la famine, ils
ont qu'à bouffer les criquets!". Pourtant, oui :
Recettes :
"... Les criquets ne sont pas seulement grillés sur la
braise. " Ils
sont habituellement frits, rôtis ou bouillis et
mangés immédiatement
ou bien séchés et consommés plus tard
", ajoute la FAO. Et de donner
quelques recettes. Comme le Tinjiya, d'origine tswana : " Retirer les
ailes et les pattes postérieures des criquets, faire
bouillir dans un
peu d'eau jusqu'à ce que les criquets ramollissent. Saler si
nécessaire
et faire brunir dans un peu de graisse. Servir avec du maïs
".(Sur le
maïs, je suis moins d'accord. CZ)
Ou le plat swazi Sikonyane : " Préparer des braises et faire
rôtir les
criquets entiers dessus. Oter la tête, les ailes et les
pattes ; seul le
corps se mange. Les habitants du Lesotho utilisent surtout les criquets
comme nourriture de voyage. La tête et les derniers segments
des
pattes postérieures sont retirés, le reste est
laissé à rôtir au-dessus
des braises. Les criquets rôtis sont alors
écrasés avec un pilon jusqu'à
obtention d'une poudre fine. Celle-ci peut être
conservée longtemps et
transportée lors des voyages. On prépare
également des criquets séchés
pour l'hiver. Les pattes séchées sont
appréciées pour leur goût ".
- Local : L'exposition des sculptures de Ousmane Sow au Pont du Gard,
ça dure encore un mois (allez-y à vélo)
- Dans ma dernière Lettre, à propos de Katrina,
je citais 2 films
récents : La Guerre des Mondes et Land of the dead.
Apparemment,
il y a quelqu'un qui a eu la même idée (et qui
pousse l'analyse
beaucoup plus loin). C'est là :
http://www.liberation.fr/page.php?Article=323453
POUR FINIR ET POUR RIRE
- Histoire d'eau :
VICHY, 28 août 2005 (AFP)
Transfert - L'Américain Karcher rompt son contrat avec Vichy
(Toute ressemblance avec des hommes politiques, des marques et
des maréchaux pétain n'est que pur hasard,
coïncidence et mauvais
esprit : le Karcher en question est un basketteur américain)
- Site conseillée : le photoblog de John Chucksman
http://img296.imageshack.us/img_viewer_framed.php?g=chuckmanjesusbushquestionswith.jpg
(petit extrait en attachement)

LETTRE
OUVERTE
N°49 - 22 septembre 2005
ENTRE KATRINA ET RITA IL FAUT CHOISIR LE MOINDRE
(Curieux, ces prénoms exotiques, pourquoi pas Huguette ou
Yvonne?)
"Les évènements ont ceci de commun avec les oies
qu'ils vont en troupe."
(Léon Bloy. Le Désespéré)
1) C'est la goutte de vase qui fait déborder le dos.
Reçu de de defensa (15 septembre 2005)
"Rappelez-vous, nous avions fait la guerre à cause du
nettoyage ethnique.
Ce qui se passe dans la zone de la catastrophe Katrina, dans les
projets
de reconstruction et les déplacements de facto de
population, ne
pourrait-il être nommé : nettoyage ethnique?"
Suite sur
http://www.dedefensa.org/section.php?section_id=9
Et aussi :
http://www.dedefensa.org/section.php?section_id=3
Extrait :
"Joel Garreau, du Washington Post, a publié un commentaire
le 11
septembre, sous le titre " A Sad Truth: Cities Arent Forever ",
où il
nous dit : " The city of New Orleans is not going to be rebuilt.... The
tourist neighborhoods? The ancient parts from the French Quarter to the
Garden District on that slim crescent of relatively high ground near
the
river? Yes, they will be restored. The airport and the convention
center? Yes, those too. But the far larger swath 'the real New Orleans
where the tourists don't go, the part that Katrina turned into a toxic
soup bowl, its population of 400,000 scattered to the waves? Not so
much. "
Dedans, on trouve un lien vers ça, aussi, pour qui a le
courage de lire
un peu d'anglais :
http://xymphora.blogspot.com/2005/09/disaster-capitalism-in-new-orleans.html
Ça cause du "capitalisme-catastrophe", autrement dit la
capacité à
lancer des OPA sur les calamités, naturelles ou humaines,
présentes ou
futures. Comment des gens peuvent-il "penser ainsi" ? J'avais pourtant
supputé quelque chose comme ça avec mes
urbanutopistes qui se régalent
d'avance à l'idée de reconstruire la NO ailleurs,
à neuf... sans voir
d'abord le frottage de mains des urbacapitalistes.
Les premiers contrats de reconstruction ont été
signés avec
Halliburton-ça-vous-étonne?
----------
2) "Celui qui assassinera son clone pourra-t-il plaider le suicide ?"
(Marcus)
"Si deux hommes se ressemblent comme deux gouttes d'eau, un seul
se ressemble-t-il comme une goutte d'eau ?" (Gérard
Menvussat)
La dernière fois, je faisais rapidement allusion
à la malédiction qui
pèserait sur la gemmellité (dans les
sociétés traditionnelles, mais sans
doute pas que). Quelques mots de plus sur la question, histoire de voir
où ça mène (Où
ça mène, Ben Lada? oui je sais, je l'ai
déjà faite, mais
je ne m'en lasse pas.)
Mes remarques s'inspirent de la lecture de "La violence et le
sacré", de
René Girard (1972. Réédition Hachette
Littératures, coll. Pluriel. 1998)
(C'est une lecture en cours. Ce qui suit est un
résumé très partiel et
"ma lecture personnelle")
Globalement, l'idée-force semble être que la
religion sert avant tout à
maîtriser la violence basique de l'être humain.
Malédiction de la gemellité : souvent, dans les
sociétés dites
primitives, on tue l'un des jumeaux, ou on les exile chacun d'un
coté,
ou encore on les sacralise, ce qui revient un peu au même.
À l'origine
de ça, ce serait la peur du semblable, du pareil, avec d'une
part
l'angoisse liée à la confusion : ne pas savoir
qui est qui, pour les
autres comme pour les jumeaux eux-mêmes ; et d'autre part le
potentiel
de violence de la situation.
Au delà de la question des jumeaux proprement dits, c'est
tout le thème
des frères ennemis et la question de la rivalité
entre semblables. René
Girard insiste en effet sur l'idée (paradoxale à
première vue) que la
violence naît non pas de la peur du différent mais
de la peur du
semblable. Plus exactement de la concurrence entre semblables.
Car le différent ne dérange pas. Le copain
végétarien là-bas, il ne te
gêne pas. Par contre, le frangin de caverne...
- Ce cuisseau d'auroch, il est pour moi !
- Ah non, il est pour moi !
- Ah ouais? Tiens! Prends ça dans la gueule, ÇA
c'est pour toi!
Etc.
La concurrence des semblables s'exprime dans le mimétisme
des luttes,
la réciprocité, la symétrie : je te
mords, tu me mords ; je prends une
pierre pointue, tu en prends une ; j'invente la bombe A, tu en
fabriques
une aussi. Avec, comme il faut vaincre, ce truc en plus de l'escalade :
tu mords plus fort ; tu prends une pierre plus grosse ou plus pointue ;
tu inventes la bombe H. (Là, on arrive au bout de la
chaîne, ça s'arrête
dans "l'équilibre de la terreur" - c'est une solution.)
Mais avant même ce stade ultime de la violence, on se
retrouve dans
des situations insupportables pour le groupe : les meilleurs chasseurs
vont-ils s'entretuer pour un cuissot d'auroch même pas cuit?
La société
ne peut pas se permettre cette perte. Pour se prémunir
contre cette
violence spontanée, primaire, quelque chose doit intervenir
en brisant
la symétrie. L'intervention ne peut être
qu'extérieure à la dispute en
cours. Un peu comme une scène de ménage ne peut
pas être règlée par
les partenaires ensemble, mais seulement par l'intervention d'une tierce
personne, une autorité reconnue par les deux de
préférence, par exemple
un thérapeute, qui brisera le cercle vicieux dans lequel
s'est engagée
et enfermée la relation.
L'un des moyens sociaux de gestion de la crise sera de créer
des
inégalités, des hiérarchies, qui vont
permettre de réguler "d'au-dessus"
le potentiel de danger de la similitude. Des institutions, des
règles
établies pour dire : non, vous n'êtes pas
semblables. Par exemple :
lui c'est l'ainé, il a droit au meilleur morceau, toi le
second
tu te sers
après.
Ces lois devront être aussi peu contestables que possible. Il
faudra que
celui qui est placé "en dessous" dans cette
hiérarchisation puisse
accepter cette situation sans trop en souffrir et sans accumuler trop
de
tensions, de jalousie revendicative.
Entreront en jeu les "instances supérieures" : des
idées ou des
symboles, en fait, ces concepts auxquels on met une majuscule : "Au
nom de la Loi, de la Famille, de la Tribu, la Nation, Dieu", etc. Il
faut
instituer une loi indépendante des
intérêts humains, tellement
supérieure, tellement au dessus de l'anecdote triviale,
qu'elle soit
indiscutable. Dieu est bien pratique, pour ça, et surtout
"le
religieux", "le sacré". (La "hiérarchie",
étymologiquement, c'est
l'autorité du Sacré.) Des commandements, des
interdits "dictés par
Dieu lui-même", et aussi des rites de communion (chanter en
chœur,
processionner, danser) expiatoires et propitiatoires. Dont les
sacrifices, animaux ou humains.
Car le brimé de l'opération, malgré
tout, accumulera des tensions et
il faudra inventer des trucs comme la police pour le maintenir sage,
le maîtriser, et d'autres pour lui permettre de
défouler ça sans danger
pour le groupe. Ce sera l'un des rôles de la pratique du
sacrifice.
Mais ces pratiques rituelles, communions joyeuses comme sacrifices
sanglants, demandent à se renouveler
périodiquement, parce que ça s'use,
en quelque sorte, ça ne suffit pas à maintenir en
permanence la pression
sous le niveau explosif. Périodiquement, donc, il faut un
GROS
défoulement : grandes bacchanales, fêtes, tueries,
où les inégalités
sont pour un moment abolies, où on en revient au "tous
pareils" qui va
permettre à la violence de se
dé-chaîner... avec bouc émissaire
à la clé
- lequel sera massacré, lynché par la foule.
C'est souvent le roi
lui-même, d'ailleurs, ce qui ne manque pas de
cohérence! Passé ce cap
de folie, de chaos, la société,
nettoyée
de ses tensions, repart pour un
tour. Là encore, le groupe, prudent, soucieux de sa
durée et de sa paix,
institutionnalise ce moment de débondage, le cadre, le
structure. Avec
le temps, amoindri, stylisé, joué, ça
aboutit au carnaval, à la féria ou
à la rave-party. Il y a certes dans l'institutionnalisation
du désordre
un paradoxe du type "désobéissez, c'est un
ordre", mais ça fonctionne -
jusqu'à un certain point. Quand ce point est atteint,
revient un épisode
de chaos spontané : une épidémie de
peste, des émeutes, une révolution
(un ouragan?). La société, si elle sent le truc
venir, s'en prémunira
par l'institution d'une guerre extérieure (exemple au
hasard...)
René Girard parle en ethnologue, cite les cas chez les
peuples dits
primitifs, africains ou autres, mais aussi dans les
tragédies grecques :
Oedipe Roi, Les Bacchantes... Mais rien n'interdit d'utiliser cette
grille de décryptage sur les sociétés
dites civilisées.
Pourquoi je parlais de ça, au fait ?
Peut-être parce que Bush pourrait bien devenir le bush
émissaire de
la bacchanale Katrina-Irak.
(Tiens je viens de trouver un joli anagramme : KATRINA = ANTIRAK!
Faudra que je le replace!)
-----------
3) Le vent soufflera trois fois.
À propos de la situation USienne (pour ne pas dire
USAgée) j'avais aussi
évoqué 2 films récents, dont Land of
the dead, que j'avais vu peu avant.
Un article de Libé me conforte dans mes analyses
personnelles qui
partent souvent de l'image, plus que de la politique ou des
idéologies
http://www.liberation.fr/page.php?Article=323453
Article qui pousse plus loin son analyse : il met bien en valeur, en
particulier, les aspects religieux, bibliques, du mythe
américain.
Et puis on m'a transmis un texte sur les réactions des
fondamentalistes
à l'ouragan Katrina et j'ai élargi la recherche
dans ce domaine aux fous
de dieu de tout poil (chrétiens, juifs et musulmans)... Pas
triste.
NEW ORLEANS = SIN CITY
On aurait dû s'en douter : pour les fondamentalistes des 3
bords,
Katrina est l'Suvre vengeresse de Dieu.
D'abord côté Musulman, une évidence :
DUBAI, Sept 4 (Reuters)
"Dieu a attaqué l'Amérique et les
prières des opprimés ont
été
entendues", dit un communiqué posté sur un site
web souvent utilisé
par par les rebelles irakiens. L'authenticité du message ne
peut
être
vérifiée. On l'attribue bien sûr au
groupe Al-Qaida de Abu Musab
al-Zarqawi, dont la tête est mise à prix 25
millions de $.
"La colère du Tout-Puissant s'est abattue sur la nation des
oppresseurs.
Leurs morts sont des milliers et leurs pertes des milliards de $."
Provenance :
http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/L04123147.htm
AlertNet news is provided by Reuters Foundation
CZ : Apparemment, c'est eux les plus sobres dans la
malédiction... (Mais
je ne suis pas allé voir les site
al-qaïdiens...)
Plus étrange, côté Juif :
Autre théorie sur l'ouragan : c'est une réponse
vengeresse au soutien
apporté par Washington à l'évacuation
forcée des colons juifs de la
bande de Gaza.
"À chaque fois que ce pays a encouragé
Israël à renoncer à quelque
partie que ce soit de la terre qu'il a reçue de plein droit,
nous en
avons subi les conséquences", assure un internaute sur le
forum de
discussions du groupe de télévisions CBN.
Mais aussi :
"Le rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel du Shass, parti religieux
ultra-orthodoxe israélien, estime que l'ouragan Katrina,
dont le passage
dans le Sud des Etats-Unis a été
dévastateur, est un châtiment de Dieu
consécutif à l'appui du président
George W. Bush au démantèlement
des colonies juives de la Bande de Gaza.
Selon le site Y-net, le rabbin a également
déclaré que les récentes
catastrophes naturelles étaient le fruit d'un manque
d'étude de la Torah
et que les victimes de l'ouragan Katrina soufraient "parce qu'elles
n'avaient pas de Dieu".
"C'est le châtiment du président Bush "pour ce
qu'il a fait à Gouch
Katif" (le plus important bloc de colonies juives dans la Bande de
Gaza), a déclaré le rabbin, cité par
Y-net."
Source : AP
Côté Chrétien (US), là
ça délire carrément:
"Des télévangélistes tels que Jerry
Falwell et le fondateur de CBN,
Pat Robertson, ont exhorté leurs fidèles
à
prier pour les victimes et à
participer aux efforts de secours en faisant des donations. Mais ils
n'ont fait aucune déclaration publique sur les raisons
possibles de
cet ouragan."
Jusqu'ici tout va bien.
"Franklin Graham, directeur de l'organisation caritative
évangélique
Samaritan's Purse (Le porte-monnaie du Samaritain), a
déclaré toutefois
jeudi soir sur Fox News que les pillages et les violences
constatées à
la Nouvelle-Orléans pouvaient être
attribués à un manque d'instruction
religieuse. "Cela se produit dans notre pays alors que nous avons
écarté
Dieu de nos écoles et de notre
société. Nous n'avons plus d'étalon
moral", dit-il.
"Face à la crise et aux souffrances engendrées
par Katrina, des
responsables politiques ont exhorté leurs
administrés à prier. "Dieu est
responsable de tout ça et, quand le moment sera venu, il
dira pourquoi
il l'a fait", a estimé Jesse Jackson Jr, membre
démocrate de la Chambre
des Représentants, lors d'une conférence de
presse.
"Selon des spécialistes du fait religieux, les
chrétiens américains ont
souvent eu tendance à voir la main de Dieu
derrière les catastrophes
naturelles. "La moitié environ de la population
américaine pense qu'une
entité divine signifie son déplaisir à
l'humanité en lui envoyant des
ouragans, des inondations et autres catastrophes", affirme John Green,
chercheur au Pew Forum on Religion and Public Life, un institut de
recherche de Washington. "Ceux qui pensent comme ça tendent
à voir
dans tout cataclysme une punition, mais les théologiens plus
responsables
leur diront que c'est une manière bien trop
mécanique d'envisager la
manière dont fonctionne Dieu", dit-il.
Source : Reuters/L'Express
Bon.
05/09/2005. Source : Reuters/L'Express
"... des chrétiens fondamentalistes
américains ont formulé l'hypothèse
que cette catastrophe naturelle ait été voulue
par
Dieu pour signifier sa
colère à un peuple pécheur. Dans des
communiqués diffusés aux médias
et sur les sites de discussion du web, certains affirment en effet que
l'ouragan était destiné à punir la
Nouvelle-Orléans, connue pour son
Mardi gras et autres festivals païens.
"Une organisation de Philadelphie du nom de Repent America
(Amérique,
repens-toi) affirme pour sa part que l'ouragan a
été provoqué par Dieu
pour empêcher la tenue d'une "gay pride" prévue ce
week-end. "N'oublions
pas que les citoyens de la Nouvelle-Orléans ont
toléré, voire accueilli
à bras ouverts la vilénie dans leur ville pendant
si longtemps", lance
le directeur de l'organisation, Michael Marcavage. "Que cet acte de
Dieu
nous fasse tous réfléchir à ce que
nous tolérons dans le périmètre de
notre ville."
"Témoignage : La prière qui peut
empêcher une parade homosexuelle
Auteur : Pray InTongues
"Il y a 7 ans, notre ville a eu sa Gay Parade. On y voyait des corps
quasi dénudés et des semi actes sexuels en
public, ce qui a contribué
à rendre cette Parade très populaire. Des
milliers de
spectateurs dans
les rues, et l'intégralité montrée
à la télévision. Ce fut la grande
honte
de cette ville.
"Je ne sais pas si j'ai reçu un appel de Dieu
spécifique, mais je me
suis trouvé le dimanche, en train de marcher le long du
parcours en
priant en langues. Je l'ai fait pendant une année et j'ai
été découragé
d'entendre dire par le responsable homosexuel de la manifestation, lors
d'une interview, que la situation financière de la Parade
avait été très
bonne et qu'elle allait donc se poursuivre. J'ai continué
à prier en
langues le dimanche pendant une seconde année. J'ai
manqué certains
dimanches, mais cela ne me prenait qu'une heure pour faire le parcours
en priant.
"Et tout à coup, l'année suivante, il y eut
certains problèmes, le
responsable homosexuel fut interviewé à nouveau
et il a admis avoir
des problèmes d'ordre financier, le soutien attendu
n'arrivait
pas. Ils
décidèrent de s'écarter de
l'itinéraire prévu et de passer par un endroit
écarté de la ville, et puis la Parade fut
annulée.
Je m'attendais un peu à la voir s'organiser à
nouveau, mais je ne l'ai
plus revue. Ceci se passait il y a 6 ans. Ce n'est pas à
cause de moi
seulement : beaucoup, beaucoup de chrétiens ont sans doute
prié pour
que Dieu enlève cette abomination de notre ville.
"Cependant, si
une
seule personne qui prie en langues en marchant le long du parcours
dimanche après dimanche peut faire arrêter une Gay
Parade
dans une
ville de plus d'un million d'habitants, pourquoi pas dans chaque ville
où
s'organise une Gay Parade? Pourquoi pas à la Nouvelle
Orléans? Si tous
les chrétiens de la ville marchaient le long des rues chaque
dimanche
en priant, et en pleurant devant Dieu? Que ferait-Il?
"Et (ceci est le sujet de ma réflexion) de quoi ai-je pu
sauver ma
ville, mon pays? Nous sommes à côté de
la mer. Pendant des dizaines
d'années j'ai eu des rêves et des visions
d'énormes lames de fond qui
déferlaient sur la ville et la détruisaient. Une
nuit, le rêve était
tellement réel que je me suis réveillé
surpris de ne pas avoir été
pulvérisé, mais il n'y avait pas d'eau dans ma
chambre. Je pense que
Dieu voulait ainsi m'avertir de ce que Satan allait faire dans ma
ville... Oh ! La puissance de la prière en langues. Oh !
L'importance
d'appeler à l'intercession. Oh la puissance d'un homme
pécheur, un
rien du tout qui prie avec les paroles données par l'Esprit
Saint
de
Dieu Le Tout Puissant!"
Source : Liste Revival/Voxdei
CZ : Ne me demandez pas ce que veut dire "prier en langue"(?!)
"Le groupe anti-avortement Columbia Christians for Life clame que
Katrina est la punition de Dieu pour la tolérance de
l'Amérique envers
le droit à l'avortement. La preuve? Le groupe dit qu'une
image satellite
de Katrina au moment où l'ouragan frappe la Louisiane
ressemble
exactement à l'échographie aux ultra-sons d'un
fœtus de 6 semaines (!)
"Un second message du groupe crie victoire : la NO avait 5 cliniques
pratiquant l'avortement, avant Katrina, elle n'en a plus une seule.
"Aussi triste que ce soit de voir ces pertes humaines qui brisent le
cœur et la souffrance des gens de la NO, nous ne pouvons que louer Dieu
d'avoir épargné les vies des non-nés
innocents qui ont été assassinés
par dizaines de milliers à la NO et dans le reste de
l'état de
Louisiane, année après année
après année, malgré les avertissements
prophétiques des hommes de Dieu. (...) On ne se moque
pas de Dieu.
Nous récoltons ce que nous avons semé. La ville
de NO
a semé l'effusion
de sang innocent et la violence dans l'utérus pendant des
années et des
années et récolte maintenant l'effusion de sang
et la violence dans ses
rues."
Etc.
Je fatigue un peu sur la traduc perso. Le final en US :
"May the people in the city of New Orleans be broken by God's Holy Law,
receive, by God's grace, his gift of faith ... and receive his great
salvation through Christ alone, repenting of their sins, and receiving
Jesus Christ (Yahshua Messiah) as their Lord and Savior. Hallelu-Yah !
Then, may New Orleans be delivered from her many
sins!"
Source :
http://archive.salon.com/politics/war_room/2005/09/06/columbia/
CZ : J'ose espérer quand même que ce genre de
fétidité ne représente
qu'une part infime de l'opinion américaine...
Et pendant ce temps, l'eau impure, si elle n'abreuve plus nos sillons,
continue à stagner dans Sin City.
4) Je n'essuie pour personne.
Dans le dernier Télérama (encore?! Ben oui, c'est
le seul hebdo que
je fréquente hebdoment) trois interviews
d'écrivains
américains à
propos de K...
Eddy Harris, qui dit à peu près la même
chose que moi, mais comme
c'est un noir US, ça a un autre poids. Je souligne : "Les
riches
ne se
disent jamais "un jour je serai pauvre" et se fichent d'une situation
qui
ne les concernera jamais. Les pauvres, eux, se disent qu'un
jour ils
seront
riches et se mettent à penser comme les riches qu'ils
espèrent devenir...
La solidarité, on le voit, n'est pas une valeur
intrinsèque à la société
américaine."
Et puis la journaliste et lui soulignent la coïncidence avec
les hôtels
et autres taudis parisiens qui brûlaient au même
moment, avec, encore,
des noirs pauvres comme victimes. Je m'étais fait la
même réflexion, ne
serait-ce que face à l'écran de
télé : les africains et post-africains
au cSur de l'actualité, encore et encore.
Été noir.
Que dire d'une coïncidence? Une coïncidence n'est
"signifiante" que dans
la mesure où nous lui donnons une signification.
Percival Everett dit surtout des choses sur les manipulations
médiatiques issues du gouvernement ou des compagnies
pétrolières (on
me dit "c'est les mêmes!" Ah oui, pardon, j'oubliais)
manipulations qui
apparaissent ou qui s'effondrent à cette occasion.
Révélation du "vrai,
du terrible visage des Etats Unis". Il conclut : "... le plus
abominable(...)
est que les eaux, en se retirant, ne
dévoilent pas que des cadavres,
mais une société qui jamais ne s'est
souciée des victimes de leur
vivant, et qui, ayant consenti quelques jours de deuil
à tant de
disparus, se tournera, satisfaite, si ce n'est ravie, vers la promesse
de profit qui succède à la reconstruction d'une
ville. La promesse de
profit."
Ce qui nous ramène au début de cette lettre et
j'aimerais bien m'arrêter
là, mais le 3ème, Russel Banks, embraye sur les
aspects religieux et ça
prolonge trop bien le milieu de cette même lettre.
Après une belle
évocation de ces laissés-pour-compte de la
société US émergeant au
jour, il évoque "Les chrétiens fondamentalistes
qui
croient à l'Apocalypse,
qui basent leur eschatologie sur le Livre des
Révélations et qui ont
acheté la collection des "Left behind" par centaines de
millions
d'exemplaire." (Et là je tombe des nues en apprenant que
"Les survivants
de l'Apocalypse" (Left behind... laissés
derrière) est une série de 12
volumes, fondée sur les prophéties bibliques de
fin du monde et vendus,
donc, à des millions d'exemplaires. Pierre Bordage ne fait
pas d'aussi
beaux tirages avec "Les Derniers hommes", dommage pour nous ! )
Ces fondamentalistes apocalyptiques, pour ne pas dire apoplectiques,
"croient que le second avênement du Christ sera
marqué par une série
de catastrophes meurtrières,
épidémies,
guerres, par un désordre
planétaire et un dérèglement
cosmique". (À mon
avis, ça a déjà
démarré
depuis longtemps, leur truc. Cela dit, il m'est arrivé de
lire il y
a très
très longtemps un livre fou qui décryptait la
guerre de 40
à la lumière
de l'Apocalypse de Jean. Ne me demandez pas le titre ni l'auteur...)
Alors bon, les croyants montent au paradis et quelques pelus restent
derrière, sur la terre de cendre, "parce qu'ils ont
refusé le Christ et
sa promesse de vie éternelle". Le problème, c'est
que ce n'est pas un
roman ou la foi d'une secte isolée dans une ferme, mais la
vision
théologique qui sous-tend la politique du parti
républicain et de GWB
lui-même!
5) Les Trumains avec nous!
Dans ce même hebdo, le philosophe Bruno Pinchard parle de
l'humanisme
de la Renaissance - c'est le moment - mais conclut : "Je pressens
cependant que les grands débats à venir ne
porteront plus
sur
l'humanisme ou les droits de l'homme face aux prétentions de
la
croyance
religieuse, mais sur la survie de l'espèce humaine sur cette
terre, qui
demeure l'horizon indépassable de toute espérance
tangible."
"Drôle de
monde - on aura du pot si on s'en sort vivant." (W.C. Fields)
--
PHILIPPE CAZA
L'arc-en-ciel pose un problème philosophique
intéressant.
L'arc-en-ciel existe, des millions de gens peuvent en
témoigner.
Et pourtant où est-il ?
LETTRE
OUVERTE
N°50 - 28 septembre 2005
ÊTRE TENDRE AVEC LA TERRE
- Une ÉOLIENNE ne fait pas le printemps mais AUTAN en emporte.
Les gens du nord ou d'ailleurs qui protestent contre les installations
d'éoliennes me gonflent. Il sont là, dans la Somme, face à leurs champs
de betteraves ou de patates, plats jusqu'à l'horizon - le degré zéro du
paysage - et ils disent "Ça va nous gâcher la vue!"
Les éoliennes, c'est BEAU!
- Un parc dans le vent
http://www.kairn.com/nature/news.html?ident=35507
- Le dispositif "éolicide" voté par l'Assemblée nationale le 29 mars
dernier, qui avait notamment fixé un plancher de 20 MW aux parcs
éoliens pour pouvoir bénéficier de l'obligation d'achat par EDF, a été
profondément remanié.
Les sénateurs ont adopté à l'unanimité, le 4 mai, l'amendement n°40
proposé par le rapporteur Henri Revol (UMP, Côte-d'Or). Ce qui veut dire
que les parcs éoliens ne seront pas soumis à un seuil de puissance pour
bénéficier de l'obligation d'achat par EDF de leur production
électrique. La liberté est par contre laissée aux communes de fixer des
planchers ou des plafonds de puissance.
- L'Europe, c'est BIEN.
Grace à des subventions européennes pour 40%, l'île de Fohr (Allemagne)
(6000 ha) atteint presque l'autonomie énergétique via éoliennes et
capteurs solaires.
---
- L'ART maniaque
Au Grand Palais, l'exposition Vienne 1900. Klimt, Egon Schiele,
Kokoshka, Moser… Du 5 octobre au 23 janvier. Sans commentaire.
---
- L'ART climatique
En 1815, en Indonésie, le volcan Tembura fit éruption, déversant dans
l'atmosphère une quantité énorme de poussière et de dioxyde de soufre.
Il s'ensuivit un bouleversement climatique, marqué particulièrement par
des gelées et de la sécheresse : une mini-ère glaciaire touchant le
monde entier, entraînant des famines jusqu'en Europe, famines qui
firent probablement 200.000 morts en 1816.
La bonne nouvelle, là-dedans, c'est que quelque part au bord du lac
Léman, trois jeunes anglais restèrent calfeutrés pendant des semaines
à cause du froid qui règnait dehors. L'une s'appelait Mary Shelley et,
pendant cette période de prisonnière des glaces, elle écrivit
Frankenstein…
L'autre heureuse conséquence, c'est peut-être que cette année-là le
peintre William Turner étala sur ses toiles de nouvelles couleurs, des
ciels fuligineux, ocre jaune, oranges, rouges. Les inventait-il ou les
a-t-il simplement vus dans la réalité, car tel aurait été le ciel de
l'Angleterre de 1816…
---
- Le premier salon du commerce équitable, c'est CE WEEK-END
http://www.saloncommerceequitable.com/
- Voilà l'automne. S'habiller, c'est bien. S'habiller ÉQUITABLEMENT,
c'est mieux!
vêtements népalais (membre plate-forme française du commerce équitable)
http://www.azimuts-art-nepal.com
vêtements en coton bio (membre plate-forme française du commerce
équitable)
http://www-ethos-sila.com
vêtements en coton bio (membre plate-forme française du commerce
équitable)
http://www.ideocollection.com
vêtements sénégal et guinée
http://www.afrikakolore.com
vêtements naturels du Mali
http://www.bogolan.net
vêtements fabriqués au Brésil
http://www.tudobom.fr
---
- SexCrimes ou épidémies de PARANO ?
Finalement, la légionnellose, c'est pas les climatiseurs : il paraît que
ça s'attrappe en baisant avec un légionnaire.
Bon, en ce moment, la mode, c'est plutôt la grippe aviaire. Faites gaffe
avec les aviateurs.
---
- La NATURE a encore fait des siennes.
Le vit des bêtes. On en apprend de belles! Une libellule femelle peut
stocker le sperme de plusieurs mâles avant de s'en servir. Cela dit,
les mâles en question ne sont pas forcément d'accord pour voir leur
paternité se diluer dans la promiscuité des amours multiples de ces
petites salopes. Alors, avant de copuler, ils enfilent un machin genre
balayette dans la cavité de la femelle et font le nettoyage de la
semence des prédécesseurs.
---
- Alcoolique frénétique ?
Selon certaines rumeurs en provenance des usa, GWB se serait, sous
la pression des évênements récents, remis à boire. C'est pas forcément
une mauvaise nouvelle.
---
- Rire, c'est PAS CHER.
Un gendarme sous un pommier. Arrive le cultivateur. Il cueille 2 pommes
et ensuite extrait les pépins qu'il met soigneusement en poche.
-Mon bon monsieur, demande le gendarme, pourquoi donc prélevez-vous
les pépins?
-Ils rendent plus intelligent et d'ailleurs je les vends.
-Combien ?
-10 euros les 4.
-C'est cher, mais tenez, voila dix euros.
Après avoir mangé les pépins, le gendarme interpelle à nouveau le
cultivateur :
-Et les pommes de l'arbre, vous les vendez aussi ?
-Oui , 1 euro le Kg.
-Mais alors si j'avais acheté un kg de pommes pour dix fois moins cher,
j'aurais pu avoir 10 fois plus de pépins !
-Vous voyez que vous devenez déja plus intelligent ! Mes pépins sont
efficaces !
-C'est vrai, dit le gendarme. Allez, redonnez m'en 4.
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Les nouvelles écolos, les liens et la blague viennent de la lettre de
cyberacteurs. On peut s'abonner en écrivant là, je pense :
cyberacteurs@cyberacteurs.org
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- Les Anglais sont des BLAIReaux
Reçu de De Defensa : 25 septembre 2005 — La crise climatique
n'est pas le produit d'un complot du big business mais le seul effet
du conformisme des esprits dans une élite politique marquée par
la faiblesse de la volonté et l'absence de sens.
Suite sur
http://www.dedefensa.org/section.php?section_id=9
Mon résumé :
Quand les industriels font la révolution.
En GB, des grandes compagnies industrielles réclament à leur
gouvernement et à la commission européenne des règlements plus
sévères pour la protection de l'environnement et en particulier la
lutte contre l'effet de serre !
Surprising, isn't it ?
L'explication, c'est qu'une compagnie qui veut faire du "vert", de
l'environnemental, de l'"ecofriendly", est désavantagée, commercialement
parlant, par ses concurrents qui s'en foutent et donc font du moins
cher. Des règlements plus contraignants mettraient tout le monde sur
le même plan et la concurrence serait plus juste ("libre et non
faussée"?)
Ça, c'était pour les bonnes nouvelles. Les mauvaises, c'est que,
justement, l'état Grand Breton leur répond que ce serait “an unwarranted
intervention in the market”.
On est donc dans cette situation paradoxale d'industriels qui demandent
des régulations du marché et un état qui refuse !
George Monbiot ajoute, dans sa dernière chronique, dans The Guardian
du 20 septembre (je vous traduis pas, hein, vous êtes grands) :
"The architects Atelier Ten had designed a cooling system based on the
galleries of a termite mound. By installing a concrete labyrinth in the
foundations, they could keep even a large building in a hot place — such
as the arts centre that they had built in Melbourne — at a constant
temperature without air conditioning. The only power they needed was
to drive the fans pushing the cold air upwards, using 10% of the
electricity required for normal cooling systems.
"The man from a company called PB Power explained how the four megawatts
of waste heat poured into the Thames by the gas-fired power station at
Barking could be used to warm the surrounding homes.
"A firm called XCO2 has designed a virtually silent wind turbine, which
hangs, like a clothes hoist, from a vertical axis. It can be installed
in the middle of a city without upsetting anyone."
Finalement, c'est quand même des bonnes nouvelles, parce que ces
idées techniques sont excellentes et, d'une manière ou d'une autre,
à un moment ou un autre, ça se fera ! Parce que c'est inéluctable.
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Pour finir, trois préceptes aimables du Dalaï Lama :
- Aller une fois par an dans un endroit où on n'est jamais allé.
- Partager son savoir.
- Être tendre avec la Terre.