DÉLITS
D'OPINION
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LO n°91 - 19 Avril 2006
POUR EN FINIR AVEC LES ZEUDPAK
Evidemment, les oeufs en chocolat, les poules en chocolat, les lapins
en chocolat, les cloches, etc, n'ont a priori aucun rapport avec le dit
"Jésus" cruxifié pour cause de rebellion
anti-romaine, ou, sur le plan
religio-mythique, pour cause de rédemption de
l'humanité par le
sacrifice du sacré fils de son dieu
(ça-crie-fils). À vrai dire, je me
suis toujours demandé pourquoi comment en quoi le fait que
le Fils Dieu
s'incarne en homme et meure en homme pouvait entraîner le
salut, la
rédemption de la race humaine maudite dès
l'origine par le Père Dieu
pour cause de désobéissance civile
("péché originel"). Mais je suppose
que des douzaines de théologiens ont glosé sur la
question et SAVENT.
J'ai aussi toujours trouvée suspecte une foi qui prend pour
symbole un
supplicié mort ensanglanté dans d'atroces
souffrances, une religion qui
habille ses prêtres en deuil et construit ses temples dans les
cimetières. Pourquoi, mon dieu, pourquoi?
Les idées de René Girard sur "La Violence et le
Sacré" éclairent sans
doute en partie la question, à condition de voir dans la
cruxi-fiction
"le sacrifice ultime", "le sacrifice pour en finir avec tous les
sacrifices", pour en finir avec la religion sacrificielle
(caractéristique de l'Ancien Testament), pour ne pas dire
avec la
religion tout court. L'important de l'histoire est sans doute que la
résurrection annule le sacrifice. Hélas notre
pensée magique a persisté
à lire cela comme un miracle de plus, un tour de magie de
plus du Fils
Dieu magicien sur fond de fantasme de vie éternelle.
Les oeufs, poules, canards, lapins, etc, n'ont pas grand chose de
spécifiquement chrétien, mais sont sans doute la
continuité d'un rituel
païen ( = campagnard) : une fête du printemps, de la
fécondité et du
renouveau de la nature. D'ailleurs, la fête de
Pâques chrétienne ne se
réjouit pas de la mort de JC, bien sûr, encore
heureux, mais de sa
résurrection, retour à la vie au sortir de la
nuit hivernale et infernale
de la tombe. (L'épisode est évidemment
légendaire, malgré ses
prétentions à l'historicité, comme on
en parlait précédemment : on
est bien dans le mythe de vie, de fécondité
printanière, à mettre en
parallèle avec ceux de Dyonysos, d'Orphée ou
d'Osiris.) Il est donc
bien dommage que la tradition ait choisi la croix du mort comme logo,
plutôt que quelque chose inspiré par sa
résurrection.
Mais sans doute
qu'asséner en permanence au croyant l'image de sa
culpabilité
primordiale et, partant, de la reconnaissance due au Sauveur, est-il
plus efficace sur le plan du pouvoir qu'un pur symbole de
réjouissance
à la vie. Un oeuf, par exemple. Moi, je serais assez
d'accord pour une
religion du Saint Oeuf Bio Frais Pondu. (Pas forcément en
chocolat,
invention nettement plus tardive et liée à la
colonisation et au
commerce mondialiste - y'a bon banania, qu'ils disaient. Avec
ça,
le chocolat pèse sur la vésicule biliaire et le
foie, nourrissant
mélancholia, culpabilité, colère
rentrée et cholestérol, à un moment
de changement de saison, donc, où il vaudrait mieux faire
dans
le
dépuratif. Le Carême, période de
jeûne, ni viande ni oeufs, joue ce rôle
de nettoyage de printemps de l'organisme, en principe. Une cure de
romarin est recommandée.)
On peut se rappeler aussi, pour remonter plus loin dans la Bible, que
la Pâque juive, fêtant la libération du
peuple hébreux de l'esclavage
égyptien, se montre déjà comme
fête printanière : sortie au jour,
résurrection symbolique, émergeance dans la
liberté après le confinement
de l'hiver. (Alors, c'est quand qu'on le lève, ce
confinement des
poulets aviaires?)
(En passant, à la Pâque juive, repas sacrificiel,
on n'immole ni oeuf ni
poulet, mais un "agneau pascal". Plus tard, le "Jésus" de
l'évangile
dira : "Je suis l'agneau de Dieu", entérinant sa vocation
à être
sacrifié et consommé.)
(En passant encore, l'épisode Exode, lui aussi
prétendant à
l'historicité, est tout aussi légendaire, cela
est expliqué de long en
large dans "La Bible dévoilée" des
archéologues Israel Finkelstein et
Neil Asher Silberman que, d'après leurs noms, on peut
difficilement
taxer d'antisémitisme (Bayard 2002 ou Folio-histoire 2004).)
Décidément,
on dévoile, décrypte et démystifie
beaucoup, ces temps-ci!)
Mais ces religions du Livre ont fait une grosse bétise en
prétendant
à la Vérité unique et historique. Les
mensonges, il
vient toujours un
temps où il sont dénoncés, alors que
les mythes et légendes ne tombent
pas sous le coup de la loi de vraisemblance, ne demandent pas
à être
crus et prouvés et n'appellent pas le fanatisme. Ce qui veut
dire pour
moi, que, une fois passé l'épisode de
démystification historique,
finalement moyennement intéressant (plaisir adolescent de
l'iconoclasme), on peut se pencher sur des choses plus essentielles, les
mythes et leurs messages. Peu importe au fond que "Jésus"
ait existé
ou non, ou que les Zébreux aient été
esclaves en Négypte, ce qui est
intéressant, c'est la lecture et l'interprétation
de ces fables en tant
que mythes fondateurs de civilisations.
"Après les avoir vénérées,
nous avons à fouler aux pieds, puis à avaler
et à digérer les figures sacrées qui
nous ont servi d'étoiles
conductrices." (Étienne Perrot - écrivain et
traducteur de C.G.Jüng)
Quelques trucs en plus :
Le mot hébreux "pesach" qui a donné
Pâque signifie "passage". En grec
"paskha". En latin populaire "pascua". En anglais, la Pâque
juive se dit
"passover". Le terme "Passion" employé pour la
mort-résurrection de JC
renvoie à l'idée de passage et non à
la passion au sens moderne psy. En
anglais encore, Pâques (chrétien), c'est "easter"
- un peu plus à l'est,
donc, du côté du soleil levant : nouveau jour,
nouvelle saison. Et même
nouvelle année : jusqu'en 1564, l'année
commençait avec le printemps,
ce qui est assez logique. (J'aime bien aussi qu'en anglais, "spring"
dise
et le printemps et la source.)
La tradition de s'offrir les uns les autres des oeufs peints,
décorés,
surtout en rouge (or solaire), a toujours été
très répandue : à
Babylone, en Perse, en Chine... Chez les orthodoxes d'Orient, on
heurte
l'oeuf rouge de son voisin de table en disant "Christ est
ressucité".
L'oeuf brisé se fait symbole d'une tombe ouverte
d'où renait la vie.
Terme et germe. Mort et résurrection.
Dans bien des cosmogonies, l'oeuf est le UN originel, porteur du chaos
primordial, source de la Genèse. Le printemps, retour
cyclique de la
vie, est re-création,
régénération. L'oeuf en sera un
parfait symbole.
Dans bien des cultures, on place des oeufs dans les tombes pour
encourager la résurrection du défunt. Par contre,
les Orphiques (secte
antique grecque) interdisaient la présence d'oeufs dans la
tombe,
justement pour ne pas permettre au mort un retour à la vie
terrestre
(métempsychose), lui laisser un repos éternel.
Chez les bouddhistes, de
même, briser l'oeuf, c'est échapper à
la réincarnation, sortir du karma.
L'oeuf détient un mystère fascinant : vu de
l'extérieur, c'est un
caillou, sec, dur, minéral. Il ne peut rien y avoir de
vivant DANS un
caillou. Pourtant, il contient un être naissant. Comment cet
être vivant
a-t-il pu entrer dans ce lieu sans porte, cette boîte sans
couvercle,
cette jarre sans bouchon? L'oeuf résume et
révèle tout le mystère de
la fécondation, de la création, de la vie. L'oeuf
sacré salé sucré secret
sécrète la vie.
Qui ne cesse de commencer.
Alors enfin saura-t-on jamais qui est venu le premier, de l'oeuf ou de
la poule? À cette énigme scholastique (une
philosophie très formaliste),
Silésius (mystique du 17ème siècle)
répond : "L'oeuf est DANS la poule -
la poule est DANS l'oeuf : L'unité contient potentiellement
la dualité,
la dualité se résout dans l'unité."
Voili voilà, faites-en ce que vous voulez.
+ Vu ici :
http://dispourquoipapa.free.fr/sciences/sc0027.htm
"Ce paradoxe a été résolu par le
travail des paléontologues en remontant
lévolution des espèces par létude
des fossiles. Cet image de l'oeuf et
de la poule, il faut évidemment la prendre au sens
général. C'est-à-dire
que la poule représente l'animal et l'oeuf est synonyme de
descendance.
La poule est un oiseau descendant des dinosaures qui,
déjà il y a
plusieurs millions dannées, pondaient des oeufs. Avant eux,
les
ancêtres des dinosaures étaient des poissons qui,
eux aussi,
pondaient des oeufs.
Si on sarrête là, on peut dire que cest loeuf
qui est apparu en
premier. Mais si on remonte beaucoup plus loin, la réponse
est bien
moins évidente, car les premiers organismes ayant
donné les poissons
étaient des bactéries et des algues, organisme
unicellulaire, se
reproduisant par division. Il sest donc passé un certain
phénomène qui
a assemblé les cellules en un organisme multicellulaire qui
a créé un
animal et qui, lui, a sans doute produit des oeufs. Nous pouvons
peut-être nous avancer un peu en concluant que cest
plutôt la poule
(ou plutôt son lointain ancêtre, la
bactérie) qui était là en premier !"
Un commentaire du forum du même site :
"Ce n'est ni l'oeuf, ni la poule qui est apparue en premier, l'oeuf et
la poule sont les deux côtés d'une même
pièce, ils ne sont ni dualité,
ni unité.
Aucun des deux en premier et les deux en même temps."
Un autre:
"Jetez un coup d´oeil dans l´histoire
(Genèse Chap. 1) de la création et
vous allez tout de suite constater que Dieu, le créateur de
toute chose,
a bien crée la poule en premier." (Hum...)
Et sur un autre site :
http://www.enigmyster.com/taverne_2/sujet2_c.php?idz=27235&d_b=0&f_n=50
Michael G : "... Adoptons donc un point de vue
créationniste. Un matin,
Dieu se dit : créons les animaux et toutes ces sortes de
choses. Car
Dieu se parle à la première personne du pluriel,
car il est en même
temps plusieurs et Un, ce qui n'est pas la moindre de ses
qualités. Et
Dieu créa donc les animaux et toutes ces sortes de choses.
Et plus tard,
Dieu vit que cela était bon. Surtout la poule,
grillée avec des frites
(car entre temps il avait créé aussi les plantes
et toutes ces sortes
de choses).
Il avait donc créé des animaux qui marchaient,
des animaux qui
nageaient, des à poils, et des à plumes et qui
volaient, et ceux là il
les appela oiseaux, et parmi eux il appela la poule poule,
même si elle
ne volait pas très bien.
Mais justement, Dieu créa-t-il la poule ou l'oeuf ? En
première
approximation, un esprit rationnel aurait créé la
poule car sinon, qui
aurait couvé l'oeuf ? Donc, la poule, sans aucun doute. Mais
sans être
à proprement parler irrationnel, Dieu est assez
facétieux.
Regardez par
exemple la girafe. Ou l'éléphant. Ou
l'ornithorynque. Si monsieur, il
faut être facétieux pour créer
l'ornithorynque, et plus encore pour
l'appeler ornithorynque, même si c'est un très
joli mot pour le Scrabble
(TM).
Donc étant facétieux, Il aurait très
bien pu créer une partie des
oiseaux sous leur forme adulte, et les autres sous leur forme uvale, et
faire couver les seconds aux premiers, histoire de leur apprendre
à vivre.
Et voilà donc le débat relancé."
Je n'ajouterai qu'une citation du grand philosophe
pré-islamique Hadj
Hassan : "C'i la poule qui fit lo zofs."
Euh, une autre, quand même, de Sardanapale Hussein : "Quand
la poule
voit le tigre, l'oeuf rate."
Et puis Becquerel le vaillant grammairien a ajouté : "Dans
une sorte de
rééquilibrage des polarités
grammaticales, traditionnellement, l'homme
(m) pond une oeuvre (f), tandis que la femme (f), pond un oeuf (m).
"Oeuvre" serait-il le féminin de "oeuf"?
---
(Sources : "Le Dictionnaire des symboles" (Seghers 1974)
"L'oeuf". Constantin Amariu. (Éditions du Félin)
"Dictionnaire d'étymologie" (Larousse)
et + ...
---
Et les cloches, alors?
"Origine des cloches de Pâques
http://www.sparealites.com/fo049601.html
Cette tradition prit naissance lorsque vers le 7ème
siècle, l'Eglise
interdit de sonner les cloches en signe de deuil entre le Jeudi Saint et
le Dimanche de Pâques pour commémorer le temps qui
s'écoula entre
la mort du Christ et la résurrection. Pour le voyage, les
cloches se
munissent d'une paire d'ailes, de rubans ou sont
transportées sur un
char. Les enfants ont beau regarder dans le ciel, ils ne parviennent
jamais à voir ces fameuses cloches de Pâques. Leur
déception est
cependant vite oubliée en découvrant les oeufs
cachés dans les jardins.
Il n'en fut cependant pas toujours ainsi. En effet, des superstitions
restées vivaces dans les campagnes avant le
VIIème siècle, poussent
les agriculteurs à voir dans le ciel des cloches "brillantes
et
rougeoyantes". De nombreux paysans affirment en avoir vu filer au-dessus
de leurs champs en faisant entendre un bourdonnement. En 587,
Grégoire
de Tours notait: "Nous vimes pendant deux nuits de suite, au milieu du
ciel, une espèce de nuage fort lumineux qui avait la forme
d'un capuchon."
!!! Des OVE-NIDS ???
---
Et les lapins?
"Faut pas faire du mal aux lapins! Les lapins c'est gentil!" (Kaamelot)
LO n°92 - 26 Avril 2006
PRINTEMPS
Ce matin, lors de ma promenade matinale, j'ai trouvé le thym
en fleurs.
Enfin! Ma récolte de l'an dernier était
épuisée depuis un bon mois.
Demain donc, sécateur et sacquette : j'attaque la
récolte pour l'année
à venir.
---
"C'ÉTAIT IL Y A LONGTEMPS ET CE N'EST PAS VRAI." (Parole de
"liquidateurs" de Tch)
COURRIER INTERNATIONAL
Gros dossier sur le nuke. Coïncidence terrifiante : au moment
où on
"fête" les 20 ans de Tchernobyl, tout le monde saute sur
l'énergie
nucléaire (avant que le monde lui-même ne saute),
prix du pétrole aidant
et effet de serre confirmant... Les centrales vont pousser comme des
champignons (Hum...), tout cela décidé dans
l'affolement. Panique de
rats coincés dans un labyrinthe (un labyrinthe que les rats
en question
- nous - se sont eux-mêmes fabriqué.)
Le futur du monde, c'est Tchernobyl.
20 ans après Tchernobyl : radiations massives (à
l'ANPE)
CHARLIE-HEBDO (toujours à propos de Tch)
Dessin de Riss :
- Ils sont magnifiques, vos topinambours!
- C'est pas des topinambours, c'est mes enfants.
(Même sans le dessin, ça marche!)
+ Un entretien avec Théo Klein qui dit des choses
intelligentes et non
conventionnelles - ou intelligentes parce que non conventionnelles - sur
"l'antisémitisme".
SÉGOLENE ROYAL haut placée dans les sondages.
La seule qualité de SR, c'est d'être une femme.
Non, il y a aussi son
beau nom (de droite).
Peut-être que ça lui suffira pour être
présidente (dans l'indifférence
générale de ma pomme.)
DESSINS ANIMÉS à la télé
Deux productions nouvelles, partiellement françaises. Et
c'est de la SF.
OBAN le mercredi matin sur la 3, c'est plein d'extraterrestres et c'est
bien! (Petits problèmes rythmiques dans les
scènes calmes, largement
rattrappés par les pod-races hyper dynamiques en 3D. (Mais
pourquoi
ils ont pas de nez?)
SKYLAND le samedi matin sur la 2, c'est de la 3D partout mais en
cell-shading (=ramenée en aplats sur les personnages :
l'effet des
ombres est fascinant) et animé en capture de mouvements.
C'est écolo
et c'est bien.
LA COLÈRE D'UN SAGE
Pour se remonter le moral, on peut lire "L'HUMANITÉ
DISPARAITRA,
bon débarras!", de Yves Paccalet. Un type charmant, plein
d'humour,
rencontré lors d'une signature-conférence, moins
désespérément
provocateur dans la vie que dans son livre.
Au premier réflexe, on a envie de foutre le bouquin par la
fenêtre. Au
second, on a envie de SE foutre par la fenêtre. Je ne ferai
pas de
citations : il faudrait recopier tout son livre. Attention, humour noir.
Il nous livre sa colère de quelqu'un qui sait de quoi il
parle (il a
parcouru le monde entier avec Cousteau). Sans aucune
pitié pour
nos oreilles et nos oeillères, il nous décrit
l'état du monde humain
et comment il va finir - vraisemblablement dans le siècle en
cours. Il
en résume les causes (de l'anthropologie au
libéralisme) et donne
des pistes sur "comment s'en tirer" - je veux dire "comment s'en
tirer dans sa tête", parce que, dans la
réalité, il n'y croit plus.
GRANDS ARTICLES
Un édito sur "La barbarie pour horizon". (Encore des
lendemains qui
déchantent et désenchantent.)
Autrement, plein d'autres trucs passionnants dont je ne peux pas
parler en 5 minutes.
RÉEL
Une entrevue avec Majid Rahnema qui dit des choses intelligentes et non
conventionnelles - ou intelligentes parce que non conventionnelles - sur
"la pauvreté". En particulier en opposant la
pauvreté traditionnelle à
"la misère" - plus spécialement celle
née de la révolution industrielle.
STATISTIQUES
Comment les entend-t-on?
Le maire de je ne sais plus où prend un décret
pour interdire les
groupes de plus de 3 "jeunes" dans sa ville, de jour comme de nuit.
Gasp.
Il fonde sa décision sur le fait que, dans sa commune, les
vols avec
agression ont augmenté de 600 % en un an. Re-gasp : quelque
part on
entend SIX CENTS et CENT, et on se dit "merde, c'est
énorme!", et c'est
ça qui reste en tête. En écoutant la
suite, on comprend qu'on est passé
de 12 agressions à 72 (ce qui est odieux, bien
sûr, et trop, bien sûr, mais
n'a pas le même sens que cet espèce
d'énorme SIX CENTS POUR CENT
qui nous reste en tête, sourdement.)
---
PRINTEMPS, suite
Ces derniers jours, les "cavaliers" St Georges et St Marc, qui
traditionnellement sont censés faire la grêle du
zef, nous ont
laissé profiter du soleil qui pousse et du lilas qui fleurit.
Les chèvres et les brebis paissent en paix du
côté d'en face, les
zoizos zoizottent et les chats chassent, des enfants voisins font
du vélo aux alentours, et le thym m'attend.
J'y retourne.
Carpe diem.
(Et puis plus loin là-bas au nord les phoques aimeraient
bien brouter
tranquillement ce qui reste de banquise.
Si vous voulez vous informer sur le massacre des phoques au Canada
(320 000 cette année), agir, et au moins signer la
pétition, allez sur :
www.chasse-aux-phoques.com
Merci pour eux!)
Ci-joint un vieux dessin, paru en son temps dans LA GUEULE OUVERTE.
(C'était il y a longtemps, et c'est vrai.)
LO n°93 (yo!) - 30 Avril 2006
THYM, SUITE
... Mais je n'ai pas retrouvé mon sacquette en toile (euh,
un - ou une? -
saquette, ou sacquet, ou sackett, je ne sais pas, c'est un petit sac
quelconque... mais pas un sachet. Bon c'est un sac, quoi, une
appellation
folkhlorique cévenole, je pense - orthographe incertaine - y
a-t-il un
occitaniste dans la salle?), sans doute stocké pour l'hiver
quelque part
dans les morts-fonds d'un placard, alors je suis parti avec un des
derniers sacs plastiques de supermarché avant la fin du
monde. Y a
quand même marqué dessus :
"NF ENVIRONNEMENT
Ce sac répond aux exigences de la marque NF environnement,
le label
écologique français, etc, etc." Pas loin de 10
lignes. Qui se concluent
par "Merci de ne pas jeter ce sac dans la nature." Je pense que je vais
le garder pour le jeter sur le trottoir la prochaine fois que je vais en
ville.
---
Mieux vaut soixante-huitard que jamais.
---
FORUM
Je dois être un peu naïf et en tout cas peu
fréquenteur de forums,
pour ne pas dire pas du tout, jusqu'à ce que j'essaye le
forum d'Arrêt
sur image (Emission de F5 le dimanche midi, consacrée au
décryptage
des pratiques télévisuelles, souvent
passionnante) en me disant
"là le niveau doit être
élevé".
Ça m'est venu à la suite de celle de la semaine
dernière,
catastrophique, ratée, celle-là, mais bien
ratée, qui tournait sur une
série d'émissions sur l'école en
France. (Aujourd'hui, ça tournait sur
"Le Cauchemar de Darwin".)
Et j'ai d'abord été atterré.
Atterré de voir que sur un fil de discussion
lancé raisonnablement, "normalement", au bout de 3 ou 4
répliques,
on se retrouve dans une empoignade de café du commerce,
où chacun
ironise sur l'autre, tente de s'imposer par un bon mot ou une vacherie,
quand ça ne débouche pas carrément sur
l'injure. Toutes
manifestations qui expriment une volonté bien
arrêtée de NE PAS
COMMUNIQUER. Très vite c'est le chaos, le fil de discussion
est perdu
et tout cela ne sert plus à rien. J'imagine la
déception du jeune qui
démarre un fil de discussion par une question, comme "Est-ce
que
c'était mieux avant?", en demande claire et
précise de profiter de
l'expérience de ses ainés et qui se retrouve
devant ce chaos de
répliques partant dans tous les sens. Confusion. Comme sur un
quelconque site de bédépathes.
Heureusement, ça ne se réduit pas à
ça. Mais quand on veut tirer
de là une quelconque information, sous la forme de
confrontation
d'opinions et d'expériences, il faut vraiment AVOIR LE TEMPS,
se tailler un chemin à la serpe, faire un tri. Parce que,
oui, il y a
là des gens qui s'expriment raisonnablement et honorablement
et
des dialogues ou multilogues (encore un mot qui n'est pas dans le
dico?) qui avancent et font avancer. Il y en a même qui ne
font pas
de fautes d'orthographe.
(Sans doute qu'ils ont appris en syllabique ;-)
Mais que de temps perdu, que d'énergie perdue, quelle
tristesse de
voir un si bel instrument de communication instantanée
réduit à ça!
Ils n'ont donc que ça à foutre? (Ah ben ouais, on
est au chômage...
Et comme ça tournait sur l'école, on peut
supposer qu'il y avait plein
d'instits à la retraite.) Ce qui les intéresse,
c'est de se mordre le nez,
c'est la controverse. Les forums, même celui d'ASI, ne
seraient-ils
qu'un défouloir, ou plutôt sont-ils
systématiquement parasités par des
paranoïaques en mal de vomitorium et jouisseurs de chaos? Et
puis
les participants "raisonnables" ne devraient-ils pas
acquérir le réflexe
de NE PAS répliquer aux vannes idiotes, hors-sujet ou
agressives?
http://forums.france5.fr/arretsurimages/liste_categorie.htm
Il en est un peu de même avec les "trucs à faire
suivre", pétitions à
signer, etc. qu'on reçoit quotidiennement d'amis qui nous
veulent du
bien (comme je fais, moi, avec vous - et encore je trie). Plein de
bonnes causes, souvent présentées par des
"papiers" très longs,
complétés par de nombreux liens. Un certain
nombre de ces alertes
sentent fort la parano théorie du complot et il y aurait
intérêt à
vérifier, recouper les infos, en allant sur des liens, etc.
Sans oublier
de faire un tour chez
www.hoaxbuster.com
histoire de voir si le fil à suivre n'est pas
déjà répertorié comme
rumeur, désinformation, canular ou vieille chaîne
de solidarité obsolète.
Et pour tout ça, une fois encore, faut avoir le temps.
Pas si facile. Régulièrement, quelques amis me
demandent comment je
trouve le temps de me taper mes Lettres Ouvertes, eux qui, souvent,
n'ont même pas le temps de les lire. Et que dire, sinon que
je PRENDS
le temps de ça - de même que je prends le temps de
marcher dans la
campagne (et de ramasser du thym)... mais ça doit
être une question
de choix de vie - qui n'engage que moi. Quant à ces fameux
"trucs à
faire suivre", j'en jette beaucoup, on ne peut pas être sur
tous les fronts.
La morale de tout ça, euh... c'est que faut apprendre
à trier.
---
De même que le fumeur est un homme qui fume, le rumeur est un
homme qui rume.
Et un forumeur devient facilement un faux-rumeur.
---
HALTE AUX DÉCLINOLOGUES ET VIVE LA FRANCE!
Deux extraits de deux chroniques successives pour tenter de
présenter
une analyse de la crise française du printemps
(déclinisme et CPE).
Suite sur
http://www.dedefensa.org/section.php?section_id=4
---
Les court-terme-mites rongent le monde.
---
MAC DO BOUFFE L'AMAZONIE
"Londres, Royaume-uni - 06/04/2006 - Greenpeace publie aujourd'hui le
rapport "Eating up the Amazon" et dénonce le rôle
joué par la plus
grande chaîne de restauration rapide du monde dans la
destruction de
la forêt amazonienne. Des semaines d'investigations
menées par
l'association écologiste à travers le monde,
l'utilisation d'images
satellites, le recours à la surveillance
aérienne, l'analyse de documents
gouvernementaux inédits et de multiples contrôles
réalisés directement
sur le terrain ont permis de démontrer clairement les
implications
du commerce mondial du soja sur la destruction de l'Amazonie."
Suite sur :
http://www.greenpeace.org/france/news/mc-donald-saccage-l-amazonie
---
Le pétrole est l'opium du peuple.
---
DIEU le Père, USA le Fils, ESSENCE le Saint Esprit
"Prix de l'essence
Dieu appelé au secours
Des religieux se sont rassemblés jeudi à
Washington pour prier
publiquement afin de faire baisser le prix de l'essence.
Plusieurs responsables d'organisations religieuses protestantes
de Washington, dont l'organisation américaine de
prière en ligne
Pray Live, ont participé à
l'événement.
La fondatrice de Pray Live, Wenda Royster, espère que ces
rassemblements devant les stations d'essence de la capitale
américaine rappelleront "qui est vraiment responsable de
notre
monde : Dieu".
Par ailleurs, plusieurs sénateurs démocrates
influents ont organisé
mercredi une conférence de presse devant la station
d'essence la
plus proche du Capitole, siège du Congrès, pour
appeler la majorité
républicaine à intervenir."
Source :
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2006/04/27/003-essence-priere.shtml
LO n°94 - 3 Mai 2006
VENGEANCE !
Il y a déjà un moment que j'ai ce truc en
préparation... En fait, ça fait
partie de toute une réflexion documentée autour
de l'idée "en quoi la
Bible est la source de l'état actuel du monde", quelque
chose comme ça.
Là, je saute la création, le jardin d'Eden, et je
passe tout de suite à
Caïn et Abel, vu que ça me semble
d'actualité. Le thème des frères
ennemis, avec le mimétisme, l'escalade
symétrique, etc, ça me revient
régulièrement. C'est même en permanence
d'actualité "sur le terrain",
et en plus j'ai le prétexte du "Munich" de Spielberg,
tiré d'un roman
intitué "Vengeance". Cela dit, je ne parle pas du film,
ici... C'est juste
le prétexte pour réveiller ces
réflexions.
---
"L'ennemi est idiot : il croit que c'est nous, l'ennemi!"
---
La justice, si elle veut être LA JUSTICE, ne doit en aucun
cas être une
vengeance, car alors elle appelle la vengeance symétrique et
c'est la
barbarie. Les exemples foisonnent : vendetta familiale en Corse,
guerre des gangs à Chicago, guerres de bandes n'importe
où, guerre
israëlo-palestinienne, chaque attentat prépare les
représailles
violentes qui entrainent la riposte violente qui......
Spirale infernale. Ça n'en finit pas. C'est ancré
depuis des milliers
d'années, ça se reproduit de
génération en génération. Et
particulièrement au proche-orient, il n'y a qu'à
relire la Bible. Dès
l'histoire de Caïn et Abel, le thème de la
vengeance est là. Non pas
"l'oeil de Dieu", la culpabilité qui poursuit l'assassin,
non, ça c'est
du Victor Hugo et ce n'est pas dans le texte biblique, ni le
fantôme
qui revient pour se venger.
L'histoire est plus bizarre que ça :
Adam et Eve ont été chassés du jardin
d'Eden. Ils s'empressent de
baiser (ils en pouvaient plus!) et de faire des enfants. Devenus grands,
Caïn se fait cultivateur et Abel berger. On a
quitté le mythe du "paradis
terrestre", on est dans un récit plus "réaliste".
De la préhistoire,
sinon de l'Histoire. D'ailleurs, on verra plus loin qu'il y a d'autres
gens sur la Terre. Question civilisation, on est
déjà sorti de
l'économie de cueillette (le jardin) pour entrer dans
l'agriculture et
l'élevage (le travail "à la sueur de son front").
On est maintenant dans
un monde tribal, agraire, et pratiquant un culte, puisqu'il est question
d'offrandes à Yaveh (pas de "sacrifices", d'offrandes - le
texte n'en
dit pas plus.) Pourtant la vision mythique est toujours là :
Yaveh est
bien présent, il réclame des offrandes, qu'il
agrée ou non, il parle.
Yaveh est un dieu qui intervient sans cesse dans la vie des hommes.
Revenons donc aux moutons d'Abel et aux légumes de
Caïn. Caïn
présente à Yaveh des produits du sol tandis que
Abel offre des premiers
nés de son troupeau. Yaveh agrée Abel et pas
Caïn, lequel tire la gueule.
Yaveh lui dit "Pourquoi es-tu irrité? Si tu es bien
disposé, ne relèveras-tu
pas la tête? Mais si tu n'es pas bien disposé, le
péché n'est-il pas à la
porte, une bête tapie qui te convoite et que tu dois
dominer?" En fait
il est évident que Caïn est mal disposé,
vexé du refus de ses offrandes,
bas-de-gamme peut-être mais sincères sans doute.
Donc là, Yaveh teste
Cain, comme il a testé l'adam et la femme, sans tendresse.
Je dirais
même en manipulateur. Il pourrait le rassurer, lui dire "Oui,
c'est vrai,
je préfère les agneaux, j'aime bien la viande,
mais c'est pas grave,
je t'aime autant qu'Abêêêl", mais non, il
le met devant le choix moral,
tout de suite, ce pauvre "gamin", cet être jeune, fruste et
frustré.
"Attention! Sois gentil, domine ta colère, sinon le
péché est sur toi!"
Mais Caïn semble ne rien entendre, au contraire, on dirait
qu'il aspire
à se faire capturer par le péché (la
soif du mal, dirait-on. La rivalité,
surtout : il s'agit d'avoir l'exclusivité de l'amour du
père Yaveh :
et Caïn est l'aîné). Il hèle
Abel : "Sors dehors si t'es un homme", ils
s'éloignent dans la campagne et Caïn se jette sur
Abel et le tue. Tchac.
(Soit dit en passant, on a toujours imaginé Caïn
comme une grosse
brute et Abel comme un gentil. Mais quoi? Rien ne le dit. Caïn
est
peut-être, en tant que cultivateur, un
végétarien. Abel, l'éleveur, est
peut-être un carnivore. D'après Elias Canetti
("Masse et Puissance"),
le berger, l'éleveur, est un homme puissant : le troupeau
lui appartient,
il en dispose, il tue les bêtes qu'il veut, quand il veut, il
a droit de vie
ou de mort sur elles. Le chasseur est violent, le berger est puissant.
Mais ici, il n'est pas question de chasse. Peut-être sont en
question
les rapports primitifs entre laboureurs et éleveurs et/ou
entre
sédentaires et nomades.)
---
AH! GENÈSE...
Abel
A mis Caïn
À bas.
Caïn
A mis k.o.
Abel.
À quand
La belle?
(Roland Bacri. "Le Petit Poète". La
Canardothèque. 1957)
---
Le schéma conducteur, psycho-socio, c'est la jalousie,
l'envie, la
concurrence, la rivalité entre semblables, le
thème des frères ennemis,
et celui de l'aînesse. Et les parents dans tout
ça? Et le troisième pôle
: la Loi? Les parents Adam et Eve, on n'en parle plus : manifestement,
ils n'ont été que des géniteurs, pas
des éducateurs. L'éducateur reste
Yaveh. Et les lois, les lois humaines, n'existent pas encore. (Mais
sans doute cet épisode en évoque-t-il une des
origines. Les lois sont
en train de se chercher.)
Yaveh fait l'idiot : - Où est ton frère? (Comme
s'il ne le savait pas.)
Et Caïn botte en touche : - J'en sais rien moi. C'est pas mon
affaire.
(Plus élégamment, dans le texte, il fait "Suis-je
le gardien de mon
frère?" Apparemment l'idée que le
frère aîné puisse veiller sur les plus
jeunes n'était pas encore là. Mais là
encore, ceci en évoque peut-être
la mise en place.)
Que sera la punition? Non une vengeance symétrique, un oeil
pour oeil,
qui supposerait la condamnation à mort de Caïn. Pas
la prison non plus,
on n'avait pas l'équipement. Mais le bannissement. Loin de
l'amour du
créateur-père, comme pour ses parents dans
l'épisode précédent,
chassés d'Eden. En fait loin de la tribu, loin de la
famille, puisqu'il a
frappé dans la famille, pêché contre la
famille.
Donc Yaveh maudit, bannit, il chasse le fautif loin du "sol fertile qui
a ouvert la bouche pour recevoir de ta main le sang de ton
frère." Et il
le maudit dans ce qui était sa capacité
personnelle, sa vertu première,
sa spécialité : l'agriculture. A partir de
là, Caïn ne saura plus cultiver,
plus rien ne poussera qu'il ait semé, il aura perdu la main
verte. De
quoi vivra-t-il? De chasse, de cueillette, de rapines? Faut-il y voir
une
régression de la civilisation? On est peut-être en
tout cas à ce stade
d'évolution où l'on découvre la
viande, où l'on devient carnivore et
Caïn devra-t-il devenir éleveur nomade à
son tour, ou chasseur?
Ou devra-t-il dépendre des autres agriculteurs? (En fait il,
bâtira
la première ville et ses fils seront forgerons. Le premier
meurtre
est l'évênement fondateur de la civilisation
urbaine!)
Apparemment, Caïn ne ressent pas la culpabilité. Il
dit bien "Ma peine
est trop grande", mais ça ne semble pas être
d'avoir tué son frère,
plutôt de devoir s'exiler, de ne plus pouvoir cultiver sa
terre, de
devenir "un errant dans le monde". En fait il a la trouille : le monde
est dangereux : "Le premier venu me tuera." Sa psychologie n'est pas
celle de la culpabilité, mais de la trouille. Mais question
: pourquoi
le premier venu le tuerait-il? Rien ne laisse supposer que quelqu'un
puisse le tuer par punition, ou pour venger Abel, puisque "ailleurs",
ce sont des étrangers qui n'ont rien à voir avec.
Alors?... Est-ce juste
parce que les campagnes sont pleines de méchants qui n'ont
rien de
plus pressé que de s'attaquer au solitaire errant? On est
loin du paradis
terrestre, d'accord, dans une autre époque, il y a des
hommes un peu
partout, d'autres tribus. Des gens qui tuent le vagabond, comme
ça,
juste pour le plaisir?
Des étrangers, en fait. C'est-à-dire des ennemis.
On découvre alors que Yaveh n'est pas un dieu universel
régnant sur
toute l'humanité mais spécifiquement le dieu
d'une tribu, les Hébreux,
et pas des autres peuples, pas des étrangers. Yaveh ne
permet pas à
qui que ce soit de venger Abel (volontairement ou par hasard), et
surtout pas à un étranger. Coupable,
rejeté, Caïn reste fils de la tribu.
La punition d'exil suppose la compensation d'une protection : Yaveh
met "un SIGNE sur Caïn". Ce n'est pas l'oeil de Dieu qui
suivra Caïn,
comme chez Victor Hugo = la culpabilité. Ce n'est pas non
plus une
"marque d'infâmie", quelque chose qui dirait "Cet homme est
mauvais,
ne l'approchez pas, ne lui donnez pas à manger". Non, c'est
une marque
qui dit "Cet homme, quoique banni, fait partie de ma tribu pour
l'éternité,
il est mon protégé. Si vous y touchez, NOUS NOUS
VENGERONS 7 FOIS."
Pour ne pas que s'exerce contre Caïn une sorte de justice
immanente,
humaine, un lynchage, une "peine de mort" due au hasard des
rencontres, Yaveh lui confère un aspect menaçant.
Morale divine proprement extraordinaire et qu'il faudrait bien
élucider.
Dieu protège l'assassin en instituant la vendetta, la
protection familiale,
que l'on pourrait dire "maffieuse" !
En partant du principe que Yaveh est le dieu des Hébreux, et
pas des
autres peuples, il semble qu'il interdise justement aux autres peuples
de toucher à l'un de ses fils à lui,
même si c'est un assassin. Ils n'ont
pas à venger Abel ou exercer une justice quelconque, ce
n'est pas
leur affaire, c'est une affaire interne à la famille Yaveh.
Ils n'ont pas
non plus à profiter de la faiblesse de l'exilé
solitaire.
Pourtant, si on se met à la place des autres peuples, s'ils
savent que
Caïn a tué son frère, et qu'on le
lâche dans la nature, ils peuvent
craindre la récidive, avoir simplement envie de se
protéger. Et Yaveh
ne lâche pas Caïn avec un bracelet GPS qui
permettrait de le surveiller
de loin, comme ferait un quelconque Sarkozy, ce n'est pas du tout
ça :
il met une protection sur lui, par la menace. Yaveh lâche
donc dans le
monde extérieur un assassin intouchable.
J'arrête là sur ce "mythe fondateur", mais la
suite de la Bible ne
manque pas d'autres histoires de rivalités, de
frères ennemis, de
punition paternelle et de vengeance.
---
Pourtant...
LA LUMIÈRE (une histoire rabbinique - Merci à DD)
Un rabbin demande à ses étudiants:
- Comment sait-on que la nuit s'est achevée et que le jour
se lève ?
[commentaire : important pour savoir si l'heure de la prière
matinale
est arrivée]
... après diverses réponses "techniques" des
élèves, le rabbin donne
sa réponse :
- Quand nous regardons un visage inconnu, un étranger, et que
nous voyons qu'il est notre frère, à ce
moment-là le jour se lève.
--
LO 95 - 11 Mai 2006
C’est dimanche (non, mais ça fait rien),
c’est le printemps
et il fait un temps à carper le diem comme un fou.
---
LES ABUS DE LANGAGE SONT DES ABUS DE PENSÉE
Entendu je ne sais plus où :
« Dès la préhistoire,
l’homme apprit à maîtriser le
feu. »
... J’aurais du mal à dire pourquoi, mais
ça me fait bien rire.
« Les espèces menacées sont de
plus en plus nombreuses ! »
... Ben alors elle sont pas menacées ! Y en a
même qui sont
en voie d’apparition (dans la liste).
Cela dit, tout pinaillage sur les mots misapart, on peut aller voir
là :
http://www.actu-environnement.com/ae/news/1694.php4
« Plus de 16.000 espèces animales et
végétales sont menacées
d'extinction. L'ours polaire, l'hippopotame ont notamment fait
leur apparition dans la très longue liste rouge
établie par
l'Union internationale pour la nature. » etc,
hélas.
Celle-ci n’est pas mal non plus :
« Le marché du carbone est mis
à dure épreuve. »
... Là, l’ironie est celle du glissement
sémantique de "protocole
de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de
serre" vers "marché
du carbone". Vous avez dit "effet pervers" ?
C’est là :
www.actu-environnement.com/ae/news/1695.php4
« Mis en place depuis maintenant plus d'un
an, le marché du
carbone a connu une crise sans précédent
à la fin du mois d'avril.
Les premiers bilans nationaux d'émission de gaz à
effet de serre
y sont pour beaucoup. » etc, hélas encore.
---
Quand le sens est unique.
La "communication" étant en principe un échange
entre deux
parties ou plus, l’emploi de ce mot à la place de
"publicité" est
pour le moins un abus de langage et "communication publicitaire"
un oxymore. (C’était juste pour placer ce mot que
j’aime bien.)
---
UN PEU D’ACTUALITÉ FRANÇAISE
Après la fête de la victoire de 45 et celle de
l’abolition (l’absolution ?)
de l’esclavage, la loi sur les ours et la loi sur les eaux,
c’est la semaine
de l’incontinence, il paraît.
(Monsieur et madame Durine ont deux filles : Anna et Lise.)
Or, question continence, le STREAM n’est pas CLEAR,
c’est le
moins qu’on puisse dire. Vive la France, vive le Luxembourg,
vive l’Europe, vive le Monde !
Bientôt sur les écrans, une comédie
hilarante : "Y a-t-il un Sarkozy
pour sauver le président ?"
Émotion de censure.
Soyons sympas, accompagnons le président dans sa
dernière demeure
(euh, "année", je voulais dire "année".)
Au fait, ce que je blablatais récemment sur Caïn et
Abel, plus
ou moins en rapport avec le Proche Orient, ça joue aussi
ici :
DeVilzy et Sarkopin, frères ennemis, se battant pour
l’amour du
Dieu-le-Père Chichi.
« Cette attaque frappe les hommes politiques mais
aussi les
honnêtes gens... » (Perle de presse)
Et voilà les saints de glace !
Pourvu que le Clémenceau, sur la route du retour, ne se paye
pas un iceberg !
Dimanche 14, c’est la Sainte Jeanne d’Arc.
« Très gravement
brûlée, elle s’est éteinte
pendant son transport
à l’hopital. » (Perle de presse)
On a libéré les pingouins et les pingouines du
jardin zoophile de
l’Ain. Ils en pouvaient plus d’être
confinés sans être contaminés.
Tiens, même les zoizos mi-gratteurs seraient plus
malades ?
Tiens, les élevages non plus ?
Et les marchands de Tamiflu ? Ils sont bien gras, merci.
Et le chikungunya, on n’en parle plus ?
La "licence globale", ça parle de quoi ? des
licenciements dûs
à la globalisation ?
---
LA DÉCROISSANCE, C’EST PARTI
Ils sont jeunes, vieux, sont beaux et plus ou moins Lyonnais (un
seul reproche, d’après les photos :
ça manque de filles !), ils ont
un escargot comme logo, ce qui ne peut que me plaire, c’est le
Parti pour la Décroissance.

(et pas près d’arriver ?)
On les trouve ici :
http://www.partipourladecroissance.net/
LO 96 - 16 Mai 2006
POUR EN FINIR AVEC LA GRIPPE AVIAIRE
Au moment où on nous dit "La grippaviaire, yaplus" et
où même on
commence à nous dire (officiellement, je veux dire,
c'est-à-dire à la
télé) : "Euh, en fait, il semble bien que les
oiseaux migrateurs y
soient pour rien et que la faute en soit plutôt aux
élevages industriels
et aux trafics illicites", il est bon de rappeler que l'Etat
Français
(entre autres) a acheté et stocké des millions de
doses de Tamiflu,
médicament qui ne sert à rien, que ce soit en cas
de grippe ordinaire
ou aviaire, qu'à soulager quelques symptomes.
En prévention, zéro, et même dangereux
car risque d'accoutumance
et donc de perte d'efficacité, si tant est que -.
Il est bon de rappeler aussi que depuis 9 ans que le virus de la grippe
aviaire a été découvert au Vietnam,
guère plus de 100 personnes en
sont mortes. Épizootie, donc, non
épidémie et encore moins pandémie,
terme dont on nous a cependant rebattu les oreilles, sous
prétexte de
l'éventualité supposée d'une mutation
du virus.
"Ça fait peur non?"
Virtualisme. L'épidémie de grippe aviaire est un
non-évênement (qui
rapporte gros). J'en viens même à me demander s'il
est arrivé dans
l'histoire qu'une épidémie prévisible
et prévue ait eu lieu. Non pas
parce qu'on aurait pris les précautions
préventives nécessaires, mais
parce que, "par définition", une
épidémie est imprévisible.
Parcontre, l'épidémie de Tamiflu est un fait bien
réel qui nous coûte
cher et qui rapporte gros à ceux à qui
ça rapporte.
UN PETIT COUP DE THÉORIE DU COMPLOT
Il paraitrait que les laboratoires Roche ont acheté le
permis de
Tamiflu, en 1996, à Gilead Sciences Inc dont le
président (et encore
aujourd'hui le plus important actionnaire) était Donald
Rumsfeld,
secrétaire à la défense des Etats-Unis.
Les ventes du Tamiflu sont passées de 254 millions de $ en
2004 à
plus de 1000 millions de $ en 2005.
Par ailleurs la base du Tamiflu est l'anis étoilé
et les laboratoires
Roche auraient acquis 90% de la production mondiale de cette plante.
(J'espère quand même qu'ils nous ont
laissé de quoi faire de ces
délicieuses infusions qui, si ça se trouve, sont
le meilleur médicament
contre la grippe aviaire.)
Peut-être vrai, peut-être faux, le fait que Donald
Rumsfeld s’en mette
plein les poches à cette occasion n’est finalement
qu’un élément
anecdotique, seulement agréable aux tenants de la grande
conspiration
du N.O.M. (Nouvel Ordre Mondial)
http://84.96.22.11/observabilis/ (...)
request1result.html&-find
LE FOND DU TRUC, C'EST QUE LA PEUR CRÉE DU STRESS
QUE LE STRESS AFFAIBLIT LE SYSTÈME IMMUNITAIRE
PRÉPARANT
LE TERRAIN (NOTRE CORPS) POUR LES MARCHANDS DE MÉDOCS
LA VRAIE ÉPIDÉMIE, C’EST LA PEUR.
Pour confirmation, avec un point de vue différent mais
complémentaire, on peut lire, dans le dernier Monde Diplo,
"Pour vendre des médicaments, inventons des maladies",
par Ray Moynihan et Alan Cassels.
L'idée n'est pas tant que des laboratoires fabriqueraient en
secret
des nouveaux virus qu'ils lâcheraient dans la nature pour
pouvoir
nous vendre des vaccins et des antibios, mais que les services
marketing des labos travaillent très
systématiquement à une sorte
d'action psychologique. Se désolant que tous ces
bien-portants ne
leur rapportent rien, ils en viennent à l'idée,
style Dr Knock, que
tout individu "en bonne santé" est un malade potentiel. Il
s'agit
donc de traquer les petits et moyens malaises, que l'on
considérait
comme bénins et "normaux", et de les renommer en tant que
"maladies", terme dont les corrolaires sont "consultation d'un
médecin",
"prescription de médicaments", et enfin "$$$".
Ainsi la timidité devient un "trouble
d'anxiété sociale", la tension
prémenstruelle devient une maladie mentale nommée
"trouble
dysphorique prémenstruel". La "dysfonction
érectile" marche
bien aussi,
merci, mais la "dysfonction sexuelle féminine" pas mal non
plus, de
même que le trouble du "déficit de l'attention
chez les adultes", sans
oublier l'hypertension artérielle, le taux de
cholestérol, les problèmes
de densité osseuse des femmes mûres, la
dépression-déséquilibre
de la sérotonine dans le cerveau, etc.
L'idée est dons de "vendre" des maladies
accompagnées de l'idée
qu'elles sont curables grâce aux merveilles de la chimie. Des
packs
"maladie-médicament" prêts à l'emploi,
quoi. Tout cela se passe
plus intensément aux USA, certes, où la
publicité médicale est
dérèglementée, mais ça
gagne du terrain partout et ici.
Il y a même dans cette pratique un effet de rebouclage, de
feed back
positif : mon malaise accepté jusqu'ici comme "normal",
maintenant
rebaptisé "maladie" avec des mots latins savants devient
source de peur,
donc de stress, et donc risque de se transformer RÉELLEMENT
en maladie.
Sans parler des effets secondaires des médicaments, ou
effets pervers
directs : le traitement hormonal de substitution pour les femmes
ménopausées augmenterait le risque de crise
cardiaque, l'usage
d'antidépresseurs chez les jeunes augmenterait le risque de
pensées
suicidaires, tel anticholestérol a fini par être
retiré après avoir fait
des morts, etc.
Mais quand les effets secondaires sont potentiellement soignables
par d'autres médicaments, d'où $$$ à
la clé, pourquoi s'en priver?
LA PEUR DE LA MALADIE CRÉE DE LA MALADIE.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=332290
http://www.iirhb.org/pdf/aviairebilingue.pdf
On peut aussi relire "Némésis
médicale" d'Ivan Illich ou "Le Mandarin
aux pieds nus" d'Alexandre Minkowski, (les 2 au Seuil. 1975), ne
serait-ce que pour se rappeler que ce phénomène
"d'expropriation
de la santé" n'est pas nouveau mais est un de ceux qui nous
rongent depuis une bonne cinquantaine.
---
Ci-dessous une photo de virus H5N1. Moi je le trouve plutot mignon.
LO 97 - 17 Mai 2006
SUITE À...
Suite à la LO 96, une petite confirmation venue de mon
espion aux USA :
"Tout a fait d'accord sur les médocs aux US... Au point
qu'ils te disent :
"Talk to your doctor about the purple pill", sans même te
dire à quoi
sert la pilule en question... Tu vas voir ton médecin et tu
lui demandes :
"Et la pilule violette, ce serait-y pas bon pour moi, des fois?"
Et comme les médecins font aussi partie du
système et participent à tout
un tas de ventes/démos/congrès pharmaceutiques,
avec petits cadeaux,
tasses pleines de logos de Pfizer, stylos, voyages aux
Caraïbes à la
clef (selon le rendement, peut-être?) ils vont forcement
trouver une
raison de te refourguer la pilule violette en question... Si ca fait pas
de bien, ça peut pas faire de mal. Ah, ben si, ça
peut? Bontanpis..."
Et une petite engueulade d'un ami :
"Une première épidémie
annoncée et réelle s'appelle sida ; les suivantes
s'appellaient ebola et sras et ont été
évitées de justesse et employant
de gros moyens. Que l'industrie pharmaceutique fait tout pour gagner
de l'argent, c'est vrai, mais que l'OMS tente tout pour
prévoir et éviter
de vraies épidémies, c'est tout aussi vrai et
mérite plus que tes
moqueries."
Dont acte. Moi j'aime bien quand on m'engueule, surtout quand on
m'apporte des informations correctrices de mes questions-provocations
(plutôt que moqueries). Cela dit, sur le plan de la logique
des
probabilités, la question reste toujours : quand un
événement prévisible
et prévu n'a pas lieu, on ne pourra jamais savoir si c'est
parce que
l'on a pris à temps les précautions
nécessaires ou si c'est parce que,
de toute façon, il n'aurait pas eu lieu. Je me
réfère à un gros article
du philosophe Jean-Pierre Dupuy, paru d'abord dans les Cahiers du
MURS et repris dans Grands Articles N°1 : "Principe de
précaution et
catastrophes / Le crépuscule des idées
reçues". Article complexe,
brassant de la psychologie de masse à la
métaphysique de la temporalité,
en passant par le rôle des gouvernants face aux catastrophes
éventuelles, annoncées ou non. Juste une citation
"L'événement possible,
évitable grâce à une action efficace :
tel est le schéma de pensée
auquel il faut renoncer..." Mais je vais en rester là parce
que il me
faudrait un gros boulot pour tirer la substantifique moëlle de
ce texte.
---
LA SURPOPULATION, C'EST TOUJOURS POUR DEMAIN
Ou bien c'est ailleurs - dans les pays sous
développés.
Et pourtant...
Pourtant, l'impact sur l'environnement d'un habitant
sur-développé
(nous) est 10 fois plus important que celui d'un prétendu
sous-développé.
Pourtant la Terre pourrait nourrir un milliards d'habitants
à notre
niveau de vie. Nous sommes 6 milliards et plus. Il nous faudrait 6
planètes Terre.
On dit que d'ici 20 ans, la Chine aura atteint le niveau de vie des
Etats Unis. Ça n'arrivera pas parce que ça ne
PEUT PAS arriver : ça
voudrait dire 1,1 milliards d'automobiles en Chine. Or actuellement, il
y a déjà 800 millions dans le monde et on manque
de pétrole, d'acier,
de cuivre, etc.
Je suis né en 1941. Si je vis jusqu'à 80 ans,
donc jusqu'en 2021,
j'aurai vu la population du monde DOUBLER au cours de la vie.
Le temps de dire "surpopulation", 4 enfants sont nés.
Et avec ça on fait des bébés en
éprouvette et on songe à cloner l'humain...
Je tire quelques unes de ces idées chiffrées de
Yves Paccalet
"L'HUMANITÉ DISPARAITRA, bon débarras!", livre
que j'ai déjà évoqué
dans la LO 92. J'y ai retrouvé moult phrases que j'ai
pensées, que j'ai
écrites ou que j'aurais pu écrire. Un
frère en esprit, en conscience, à part
que lui c'est un vrai militant actif et qu'il est beaucoup plus savant
et
expérimenté que moi, études de philo,
Sorbonne, 68, et puis 30 ans
autour du monde avec Cousteau. C'est troublant de voir dire tout haut
ce que l'on pense tout bas (ou ce que l'on échange avec
quelques amis
et "correspondants"), écrit (et bien écrit), avec
en plus le fait que lui a
une voix médiatique, grâce, justement,
à son expérience avec Cousteau,
les dizaines de bouquins et films et BD qu'il a écrit avec
le "Captain
Planet".
Il finit son bouquin avec 13 scénarios de fin du monde, tous
plus
réjouissants les uns que les autres. (Dans le même
temps, je tombe
"par hasard", comme on dit, sur un article de Jean-Pierre Andrevon
dans Fiction N°224 - août 1972, "Quelle fin du monde
choisir?". La
plupart des chiffres "alarmistes" qu'il donnait alors
s'avèrent exacts.)
---
"70 ANS DE DECPOP"
Je viens de relire cette nouvelle de Philip J. Farmer dans Galaxie
N°109, juin 1973 (avec une illustration double page de l'ami
Solé) et
reprise dans "Histoires écologiques" au Livre de Poche
(Merci à Claude
Ecken).
Elle est nettement trop longue pour vous la recopier, mais en voici la
teneur.
Un jour (l'auteur ne donne pas de date, quelque part à la
fin du 20ème
siècle, mais c'est "l'an un (l'an 01?) de la decpop"), c'est
quelque
chose comme le ciel qui tombe sur la tête de
l'humanité. Un certain Dr
Jacob Clabb a lâché dans l'atmosphère
un aérosol de sa composition
qui stérilise la population de la terre entière,
à l'exception d'une
personne sur vingt mille - immunité naturelle. Il a
envoyé une lettre à
tous les chefs d'état, expliquant son geste et donnant un
protocole de
test pour déceler les immunisés, puis il a
détruit toutes ses notes et
a disparu - vraisemblablement suicidé.
Vous pouvez imaginer la suite - à la fois horrible et
merveilleuse. La
suite, Farmer la raconte, sur 70 ans - 70 ans de DECroissance de la
POPulation - à travers les vies, les histoires personnelles
de quelques
quidams d'une petite ville de l'Illinois.
Evidemment ça souffre, évidemment ça
se désespère face à
l'inéluctable,
individuellement ou collectivement : ne pas ou ne plus avoir d'enfants,
voir les crêches puis les écoles se fermer, les
vieux mourir sans être
remplacés. Et le héros était PDG d'une
fabrique de petits pots pour
bébés! Sans oublier les problèmes
politiques, religieux, raciaux que
la situation entraîne à l'échelle du
monde entier.
La fin d'un monde, mais non la fin du monde. La fin d'un monde
surpeuplé, c'est aussi la fin, graduellement, du massacre de
la planète,
pollution, gaspillage de l'énergie et des
matières premières, massacre
des populations animales, etc. Et ceci en gardant, pour les survivants
(1 sur 20.000 et bientôt leurs descendants) la même
abondance, le
même niveau technologique et mieux : une qualité
de vie renouvelée,
où l'automation va réellement remplacer les
travailleurs manquants
sans prendre le travail de qui que ce soit, car le travail ne manque
pas :
c'est toute la société à
réorganiser, à refonder, tant dans ses aspects
pratiques que dans les relations humaines : pendant ces 70 ans de
decpop, les fertiles vont être les enfants
gâtés de la société,
protégés,
encouragés à pondre, les relations de couple vont
être revues :
divorce obligatoire pour les couples stérile/fertile, ou
fécondation
artificielle, apariement obligatoire des fertiles entre eux,
légalisation du mariage homosexuel pour que les homosexuelles
puissent enfanter en toute légalité, tout cela
pour éviter que la
decpop soit trop brutale, trop rapide.
Au final, après ces années de terrible souffrance
individuelle et
sociale, une sorte de paradis sur terre, dont les quelques millions
d'habitants (les post-clabbiens) s'installent sur la Côte
d'Azur!
Le monde est sauvé! Belle utopie, derrière la
férocité du procédé!
---
"Puissions-nous vivre longtemps et disparaître" tel est le
slogan du
VHEMT (prononcez "véhément"), Mouvement pour
l'Extinction Volontaire
de l'Humanité.
http://www.vhemt.org/findex.htm
"L'extinction progressive de l'espèce humaine par l'abandon
volontaire
de la reproduction permettrait à la biosphère de
recouvrer une bonne
santé. Le manque d'espace vital et les pénuries
en ressources naturelles
trouveraient leur solution si la population humaine était
moins
nombreuse et moins dense."
Et, même si ça "ne se prend pas au
sérieux" (y a même des dessins
animés), c'est sérieux, c'est un vrai projet, un
vrai mouvement qui en
aucune manière n'incite au suicide, à la guerre
ou à la répansion
d'épidémies, mais simplement à ne plus
faire d'enfants. Point. Point
final, même, pour l'espèce humaine, fin
étalée sur quelques siècles de
décroissance de la population!
Ça vous choque? Vous vous posez plein de questions
à ce sujet? Toutes
les réponses sont sur le site, y compris l'idée
que vous pouvez vous
engager à 3 niveaux différents :
- "pour une extinction totale",
- "pour une extinction partielle, quand même faut pas
charrier"
- ou "allez vous faire foutre avec vos conneries".
+ Page pleine de liens à explorer
---
"PHILOSOPHER, C'EST APPRENDRE À MOURIR"
Comment admettre sa propre fin? Le problème se pose depuis
toujours.
Mais comment admettre la fin de l'espèce?
Jusqu'ici, en tant qu'êtres humains pensants, nous avions
à assumer,
chacun, l'idée de notre mort individuelle. Certains avaient
l'espoir de
"la vie après la mort", enfer, paradis,
réincarnations... D'autres
l'espoir dans la filiation, dans ses enfants et descendants pour les
siècles des siècles, ou dans ses oeuvres :
laisser au monde de demain
livres, peintures constructions, symphonies... l'espoir, encore et
toujours, sous toutes ses formes.
On a appris aussi, avec l'histoire, que les civilisations sont
mortelles.
Mais - c'est nouveau! - maintenant, depuis une soixantaine
d'années
(une soixantaine damnée?) il faut apprendre à
vivre avec l'idée de
LA FIN DE L'ESPÈCE. Et même
l'éventualité de la disparition de toute vie
sur Terre. (Et on ne sait toujours même pas s'il y a des
extraterrestres
quelque part... On a des raisons statistiques de le CROIRE, certes,
mais on ne le SAIT pas.)
Alors que faire?
Ben, RIEN! Surtout RIEN, parce que chaque fois qu'on veut FAIRE
quelque chose, ça tourne à la catastrophe. Si
seulement on était
capables de faire RIEN !
On a lancé un boomerang très loin en avant et il
est en train de nous
revenir dans la gueule, alors on envoie un autre truc au devant pour
stopper ce retour (de flamme), mais cet autre truc est aussi un
boomerang et, même s'il atteint peu ou prout son but, il
s'empresse
de nous revenir dans la gueule aussi, tout fringant, et de plus
près,
et plus vite.
Donc ne rien faire.
Alors on gère les affaires courantes, on arrête
les suspects habituels
et on carpe le diem comme des fous.
En espérant quand même que, dans quelques millions
d'années, sur
une Terre nettoyée, une espèce intelligente un
peu plus que la nôtre
naisse du poulpe, du scorpion ou de la mille et unième
bactérie en
partant de la gauche.
LO 98 - 18 Mai 2006
"J'AIMERAIS PAS ÊTRE LÀ QUAND Y AURA PLUS PERSONNE"
Max Cabanes
Moi, depuis longtemps, je me fais un projet rigolo pour "la vie
après
la mort", qui consisterait à revenir voir tous les
50 ans (par exemple)
où ça en est sur Terre, ceci en compagnie de
quelques bons amis
aussi décédés que moi, en
particulier des auteurs de SF et autres
anticipateurs, histoire de confronter nos points de vue et la plus ou
moins validité des "prévisions", espoirs et
désespoirs des uns et
des autres.
Quant à Andrevon, il nous conseille une lecture plus
récente que
l'article précédemment cité, mais dans
le même état d'esprit :
LE MONDE ENFIN (Fleuve Noir, 2006), ce qui me rappelle la
couverture que j'avais faite pour Bifrost Spécial Andrevon
et que
j'avais intitulée en mon for intérieur "
Le
Monde vert... enfin". (On
retrouve ce dessin dans
le recueil récent de Greenpeace
consacré
au désastre climatique)
---
BON. SI ON PARLAIT D'AUTRE CHOSE?
(Euh, non, pas vraiment, en fait...)
---
ÉNERGIE
DE NOTRE ESPION DANS UNE GRANDE MULTINATIONALE
AUTOMOBILE AUX USA
Ce dialogue faisant suite à quelques LO
précédentes causant
pétrole et énergies en
général. G., c'est lui. KZ, c'est moi.
(KZ : -- Les taxis non-fumeur, c'est bien. À quand les
voitures
non-fumeuses?)
G. : "A propos de PAC (pile a combustible) et de pollution... C'est
vrai,
c'est beau, l'hydrogène, et propre et tout : ça
produit juste de la chaleur
(moins qu'un moteur à essence quand même, pour une
puissance
équivalente, parce que meilleur rendement ; et a priori, les
futures
voitures à PAC, si elles existent, auront tous les avantages
des
véhicules hybrides actuels ou en dévelopement :
consommation
quasi-nulle aux stops et feux rouges, recharge des batteries en
décélération - ben oui, parce qu'il y
aura quand même de grosses NiMh
batteries en plus, à retraiter après usage)...
(KZ : -- Ça, pareil pour les
voitures électriques, gros problème. Plomb, zinc,
oxydes très polluants.)...
et de la vapeur d'eau. Alors c'est vrai que localement, ça
peut faire un
peu hammam, dans les grandes villes, ce qui est sans doute moins
désagreable pour les bronches que les CO, NOx ou
métaux lourds et
autres. Et puis, hein, d'un coup, plus de CO2, donc c'est bon pour
l'effet de serre... Le problème quand même, c'est
que la vapeur d'eau,
ça sert à quoi? Ben, à faire des
nuages, par exemple! Et les nuages,
dans le genre effet de serre, ça marche assez bien aussi...
C'est bête, hein?
"Et puis le problème suivant, c'est quand même pas
évident de trouver
de l'hydrogène libre, dans la nature. Alors c'est vrai, on
peut cracker
du pétrole (!!!), et en extraire de l'hydrogène.
Ou alors faire de
l'électricite (nucléaire?) et
électroliser de l'eau. J'ai entendu parler
de bactéries aussi, qu'on pourrait faire bosser pour nous,
dans des
grands champs de culture... Tant qu'elles ne s'échappent
pas, tout va
bien... (KZ : -- Comme les zogeumeus.) Ou bien sûr faire du
solaire ou
du vent, ce qui serait quand même mieux pour produire de
l'hydrogène...
"Ça date peut-être un peu, et mes sources ne sont
pas forcément très
bonnes, mais j'ai cru entendre dire que le solaire c'est bien, pasque
c'est gratuit et tout, et qu'on en a en réserve pour
quelques milliards
d'années. Cependant, dans l'état actuel de la
technologie, et je parle
des cellulles photovoltaiques, le bilan
(énergétique, pas que financier)
est négatif : il faut dépenser plus
d'énergie pour extraire,
transporter, purifier les métaux, construire les usines,
etc, que ce que
la cellule photovoltaïque moyenne sera capable de produire sur
toute
sa durée de vie. Ben oui, rien n'est éternel en
ce bas monde.
(KZ : -- On m'a dit ça aussi, il y a longtemps, et,
malgré quelques
recherches, je n'arrive pas à trouver une info
précise et récente sur la
question. Si quelqu'un a quelque chose?)
Cela dit, si on investissait autant dans le solaire qu'on a pu le faire
dans le nucléaire, à mon avis, on trouverait une
solution assez vite.
Et puis le solaire, ça peut aussi servir de chauffe-eau sans
passer
par l'électrique, ce qui est quand même plus
efficace. En Australie,
ils ont même des turbines solaires qui utilisent - je crois -
l'air chaud
qui monte dans une espèce de termitière
géante et fait tourner une
turbine qui produit de l'électricité... (KZ :
J'en ai plusieurs fois entendu
parler en tant que projet, sans avoir jamais l'info comme quoi
ça aurait
été réellement
réalisé. Si quelqu'un?...) Faut avoir de la place
et
beaucoup de soleil. Et peut-être un trou dans l'ozone,
ça aide..."
KZ : -- Au fait, ça peut exploser, aussi,
l'hydrogène, non? (comme les
zeppelin... ou comme les bombes H ???)
G. : "Ouais, bon, si tu vas par là, l'essence, ça
brûle bien aussi quand
même... (KZ : -- Surtout dans les 6T de banlieue, c'est
sûr... et puis les
gazogènes, aussi...) Ils font des réservoirs
résistant à une très haute
pression, pasqu'il faut bien garder pas mal d'hydrogène sous
le capot,
en kevlar ou matériaux un peu résistants aux
chocs comme ça. Conçus
pour se fissurer plutôt que pour exploser : comme
ça, ça fait une belle
flamme bleue, plutôt qu'une grosse explosion. Pas con, hein?
"Un autre système, qui est peut-être plus
populaire au début, quand il
n'y a pas d'infrastructure de distribution d'hydrogène,
c'est d'avoir un
réformeur à bord (une petite usine
pétro-chimique), qui transforme
l'essence classique, ou peut-être de l'éthanol qui
est plus facile à
cracker, en hydrogène et... CO2, je crois. Ben oui, on fait
ce qu'on
peut : dans "hydrocarbure", il y a quand même "carbure"...
L'hydrogène
est ensuite utilisé pour faire de
l'électricité dans la PAC. Bon,
évidemment, à chaque transformation, il y a
production de chaleur,
donc perte de rendement, tout ca, mais malgré tout, c'est
mieux qu'un
moteur thermique à essence (peut-être 30-50%
d'amélioration de conso?
C'est bien, mais autant avoir une plus petite voiture avec un
diésel,
à mon avis...). L'avantage, c'est qu'il n'y a pas de NOx et
pas de
particules, si l'essence est propre...
"Sinon, il y a le vélo solaire: l'énergie solaire
est utilisée pour faire
pousser fruits et légumes qui vont nourrir les mollets tout
muscles du
cycliste et voilà! Vélo solaire! Enfin, c'est pas
nouveau, ça, je crois...
"Cela dit, donc, on peut imaginer un système basé
sur l'économie
hydrogène, produit avec du nucléaire ou de
préférence du solaire ou
du vent ou du marémoteur ou des courants sous-marins de
profondeur,
mais on n'est pas encore capable de faire des avions à PAC :
le kérosène,
c'est quand même du concentré d'énergie
qui est difficilement égalable.
Un avion à voile? (KZ : -- Ben, un dirigeable, mais
à l'hélium, pas à
l'hydrogène.) On peut imaginer un monde moins "global
village" avec
les prix de l'énergie qui vont continuer a grimper. (KZ : --
On pourrait
en effet se calmer un peu, arrêter de courir dans tous les
sens sur la
planète comme des rats empoisonnés,
arrêter d'importer des pommes
du Chili, des macdo hachés du Brésil, d'envoyer
plein de chefs d'état et
de ministres de l'intérieur à
l'extérieur, de vacanciers en Tsunasie, etc.)
"Cela dit aussi, ils ont 275 milliards de barils de réserves
dans les
sables du Canada, rentable à l'extraction au dessus de $25
par baril,
ça fait 30 ans de conso étatsunienne actuelle, et
ça donne de quoi
réchauffer la planète suffisamment pour que plus
personne ne soit là
pour se poser des question de crises énergétiques
(on sera tous cuits!).
Comme tu peux voir, ça me tracasse un peu ces histoires..."
G.
---
Quand on conduit un pied sur l'accélérateur et
l'autre sur le frein,
ça CHAUFFE !
Seule solution : DÉBRAYER !
LO 99 - 28 Mai 2006
ANECDOTE PERSONNELLE, MAIS PAS QUE ...
A propos d'épidémies réelles ou
fictives et des dollars des labos
pharmaceutiques, j'évoquais rapidement, il y a quelque temps
(LO N°96)
"Le Mandarin aux pieds nus" d'Alexandre Minkowski (plus exactement des
entretiens d'Alexandre Minkowski avec Jean Lacouture) (Seuil. 1975).
En farfouillant dans le bouquin, j'ai retrouvé un passage
où il me prend
à partie (?! Qu'est-ce qu'il raconte, le Caza ?!)
Je m'explique. Dans un chapitre intitulé "Le trinome
médecin-malade-argent, il prêche pour une
médecine "de service public",
nationalisée, et dénonce quelques pratiques
douteuses du système
médical, dont :
"Autre scandale : la plupart des milliers de préparations
distribuées
et remboursées par la Sécurité Socaile
sont inutiles. Si on voulait ne
conserver que les médicaments nécessaires dans
l'arsenal des
spécialités, on n'en trouverait que quelques
centaines au maximum. Or
le matraquage publicitaire est payé par le contribuable : il
est inclus
dans le prix du médicament. (...) Un médicament
reconnu par la Sécurité
Sociale est juridiquement "au dessus de tout soupçon". Sur
cette
publicité, on voit, sous forme d'une espèce de
monstre qui aurait pu
être peint par Hieronymus Bosch, un appareil
génital féminin, suintant
le pus de partout, avec des yeux... Avec ce texte : "Moi, la
métrite, je
suis sensible à..." (suit le nom indicible ici, sous peine
de poursuites,
d'un médicament fait de deux antibiotiques
associés). (...) Le médecin
qui lit cette réclame risque de se dire : "Tiens, si j'ai
une malade
atteinte de métrite, je lui donnerai cette association."
Raisonnement
absurde. Les associations d'antibiotiques sont efficaces contre le
staphylocoque, le streptocoque, le colibacille, ou tel autre germe, mais
pas contre une maladie dont on ignore le germe responsable. Or cette
publicité a provoqué une augmentation de vente du
médicament de 25%
(...). Il y a là un abus énorme
vis-à-vis du médecin, considérable
vis-à-vis du public. Ce bas commerce est nocif, car donner
des
antibiotiques inutiles rend les germes résistants et peut
donc être à
l'origine de morts de sujets adultes ou nouveau-nés,
contaminés entre
autres à l'hôpital. (...) Certains dirigeants de
la médecine ou de
l'industrie pharmaceutique font commerce de la santé et de
la vie."
Or, dans les années soixante, je faisais la pute dans la
pub' et dans
un studio graphique parisien (Eko) qui travaillait pour diverses agences
dans des tas de domaines différents, entre autres pour des
agence
spécialisées dans le médical. Les
millions dépensés par les labos en
pub' auprès des médecins "prescripteurs", on
n'imagine pas!
Et donc, ce fameux monstre digne de Hieronymus Bosch (Merci!), c'est
moi qui l'avais dessiné! Avec quelques autres, tout aussi
monstrueux,
représentant l'angine, la bronchite, la rhinopharingite,
l'otite, la
cystite, ou encore la surinfection des maladies infantiles, puisque la
campagne de pub' tirait tous azimuths sur tout un tas de maladie
"à
germes". Outre des prospectus 21x27 (c'était avant qu'on
invente le
format A4), l'agence diffusait des affichettes 40x50 : gros
succès dans
les salles de garde des hôpitaux!
Soit dit en passant, je ne sais pas où il a vu que
l'appareil génital
féminin en question suintait de pus de partout (cf document
joint); il
a dû faire l'amalgame, dans sa tête, avec une autre
image de la série,
la rhino-pharingite où le nez coulait — sans plus.
À moins qu'il n'ait eu
entre les mains une version pirate porno... Ou bien il a juste
fantasmé...
En passant aussi, je ne partage pas sa vision des choses : les
bactéries, ou germes, en tant qu'agents responsables des
maladies :
il se pourrait bien que les proliférations de germes (=la
venue
au jour
de la maladie) soient des manifestations de la dégradation
du
terrain,
des symptomes, des conséquences —
conséquence
susceptibles de se
transformer en causes par un système de boucle de
rétroaction positive,
mais non causes premières. Quant aux conséquences
de l'abus des
antibiotiques, il se pourrait bien qu'il soit au dessous de la
vérité,
l'effet étant moins l'augmentation de la
résistance des bactéries que
la diminution de la résistance de l'organisme, donc
l'accentuation de
la dégradation du terrain.
En passant encore, et pour en revenir à l'aspect artistique
de la
question, le style graphique de mes monstres devait plus à
Basil
Wolverton (en plus timide) qu'à Jérôme
Bosch. Pour ceux qui ne
connaissent pas le Basil Wolverton en question, qui a aussi
influencé
l'ami Solé à ses débuts, vous pouvez
faire une petite recherche sur
Google, y a des trucs pas tristes. Ce qui me laisse penser d'ailleurs
que ces dessins datent plutôt des early seventies,
à une époque où
j'avais déjà démarré dans
la BD et l'illustration SF, mais où je
continuais à faire des boulots de pub' en free-lance pour le
studio Eko.
Faut bien vivre, comme dit le type qui tourne des obus chez
GIAT-Industries. (Au fait, sur leur site, il y a des offres d'emploi...)
Tout ça pour dire quoi? Disons que c'est une anecdote
personnelle
incluse dans une vaste question de société.
Je pourrais aussi vous parler du Mandrax, pour lequel j'avais
créé toute
l'image de marque, très jolie et très cool,
médoc qui était vendu comme
une sorte de barbiturique sans aucun des inconvénients des
barbituriques
et qui s'est révélé au bout de
quelques mois de diffusion comme une
drogue dangereuse pour peu qu'on l'associe à de l'alcool,
par exemple.
Je ne sais pas si ces médocs sont encore "dans le commerce"
(le Mandrax,
en tout cas, est classé comme "drogue"), mais y en a
d'autres...
Quant à moi, si j'ai abandonné ma
carrière dans la duplicité, c'est
suite à des prises de conscience de ce style, à
l'influence perverse
de journaux subversifs tels que Charlie-Hebdo, et à mon
désir tout
individuel de mettre ma créativité ailleurs que
dans les chaussures
Heyraud, la purée Flodor ou les laboratoires Roger Bellon.
---
Avec tout ça, j'ai raté la journée de
la biodiversité le 22 et
l'ascension le 25, mais comme ce jour 28 commence la semaine
du développement du râble, les lapins sont
contents et la Terre
est sauvée.
Bonne fête maman!
--
CENT - 30 Mai 2006
C'EST LA LETTRE OUVERTE 100
Normalement, dans ces cas-là, on fait un coup
spécial pour fêter ça. Là,
rien. Juste une compilation de petits trucs reçus ou
notés ou captés ces
derniers mois, histoire de faire de la place.
---
NIKE TA MÈRE À CLOCHE-PIED
Info non vérifiée
"J'ai acheté il y a quelques mois une paire de baskets Nike
chez
Décathlon.Qu'elle n'a pas été ma
surprise de lire sur les étiquettes que
le pied droit est fabriqué en Chine et le pied gauche au
Vietnam.
Pensant à une erreur d'étiquetage, je suis
allé me renseigner auprès
du vendeur. Il n'y a aucune erreur. Pour éviter qu'une usine
de
sous-traitance ne fabrique un nombre de chaussures plus important
que le nombre commandé pour les écouler sur le
marché noir, Nike fait
fabriquer les pieds gauches dans un pays et les pieds droits dans un
autre.
Des fois que les ouvriers de leurs usines aient envie de porter des Nike
que leurs salaires ne leur permettent pas de s'acheter, ils ne
pourraient
chausser qu'un seul pied."
Nikés !
---
LOUP GAROUSTE
Gérard Garouste peint et expose "Les libraires aveugles",
belle formule
héritée de St-Augustin, si j'ai bien compris,
mais qui me rappelle Jorge
Luis Borges qui a fini sa vie directeur de la Bibliothèque
Nationale de
Buenos Aires alors même qu'il était aveugle !
Le même Garouste, peintre que j'aime beaucoup, dit aussi
(à peu près) :
"Tous les artistes cherchent à séduire, mais les
bons séduisent là où
on ne les attend pas."
---
AUTISTE SOIT QUI MAL Y PENSE
Les autistes seraient-ils des mutants parfaitement adaptés
à la
modernité, en particulier au langage informatique? Il semble
qu'ils
pensent en mode binaire, dans un langage strictement objectif qui
n'inclut pas (qui ne comprend même pas)
l'ambigûité, l'ironie,
l'allusion, le second degré, la métaphore, la
poésie...
---
Quelque part au USA, un jeune autiste était la mascotte de
son équipe
de baskett, toujours dans les tribunes, portant le T-shirt, apportant
à
boire, etc. Un jour, en fin de match, pour lui faire plaisir, le coach
le fait rentrer comme remplaçant sur le terrain. Et le
gamin, en 4
minutes, marque 6 paniers !
---
ORANGE, POURQUOI ORANGE ?
Orange de France Telecom...
D'Arte...
Orange de la "révolution" en Ukraignos et ailleurs...
Épargne Orange de ING-Direct ("Oui, j'ai
décidé de gagner plus d'argent
et de profiter à 100% des avantages du Livret
Épargne Orange" - 100%
Performant - 100% Simple - 100% Disponible - 100% Gratuit - 100%
Sûr" -
YEAH!)
Et d'autres cas?
Les chorégies d'Orange...
L'alerte orange de la météo...
Orange Mécanique...
La maison princière d'Orange...
Orange fluo des combinaisons des prisonniers de Guantanamo...
Orange des manifestants anti-pacs de Ch. Boutin.
...
L'Agent Orange!
Voir par exemple
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=7703
ou
http://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_orange
"Le 31 janvier 2004, l'Association vietnamienne des victimes de l'Agent
Orange/dioxine, présente un recours collectif aux
États-Unis contre onze
fabricants (dont Dow Chemical et Monsanto en sont les principaux) pour
crimes contre l'humanité et crimes de guerre. La
première séance de ce
procès a eu lieu le 1er mars 2005 à New York. Le
10 mars, la cour à
rejeté la plainte, car le juge a conclu que l'Agent orange
n'était pas
un poison au regard du droit international, il n'y avait donc pas
d'interdiction d'utiliser un herbicide."
---
Quant au symbolisme de l'Orange, en tant que couleur comme en
tant que fruit?
Situé dans la gamme entre le Rouge et le Jaune, l'Orange est
rond
comme son O ou comme le soleil, chaud (chaleureux),
ensoleillé,
sans l'agressivité sanglante du Rouge et sa charge
politique, sans la
faiblesse énervée du jaune. L'Orange est positif,
stimulant. Il stimule
l'appétit, en particulier (déco des Wimpy dans
les années 60-70).
L'orange fruit vient du sud - chaud, exotique, sensuel -, il a depuis
des lustres la réputation d'être bourré
de vitamine C : là encore, c'est
la stimulation, la vivacité, l'énergie. Le jus,
chaud de couleur et de
toutes ces connotations, se boit frais, il est
désaltérant - conjonction
des contraires.
---
YA PAS QUE LES MOUCHES À ENCULER
13 février.
Un soudanais a été contraint à prendre
une chèvre pour épouse après
avoir été surpris en pleine relation sexuelle
avec l'animal, rapporte la
BBC. Et c'était même pas la sienne!
Le propriétaire de la chèvre, Mr Alifi, affirme
avoir surpris l'homme
avec sa chèvre et l'a conduit au conseil des anciens qui a
condamné
l'homme à payer 15.000 dinars soudanais (45 euros)
à Mr Alifi, qui
conclut : "Nous lui avons donné la chèvre et
à notre connaissance ils
sont toujours ensemble".
---
16 Février 2006 Communiqué de Presse ©
GAIA
L'homme qui entre 1997 et 1999 avait commis des actes sexuels
sordides avec des chiens dans un refuge, et qui avait pris des dizaines
de photos de ses perversités qu'il avait ensuite mises sur
internet
sous le nom de 'Freki', a été acquitté
de l'accusation de maltraitance
animale en première instance par le tribunal correctionnel
de Tongres.
L'homme est cependant condamné à une peine de
prison de 3 mois
avec sursis de 3 ans et à une amende de € 500 pour
avoir mis les
photos sur internet. Il devra se faire soigner parce que selon le juge,
il risquerait sans cela "un isolement social". Mais parce que
l'accusé,
selon le juge, n'avait pas l'intention de blesser les animaux, il a
été
acquitté de la prévention de maltraitance animale.
----
ARISTOCRATIE
Pourquoi les nobles sont-ils censés avoir le sang bleu?
Symbolisme
céleste, sans doute. Dans la réalité,
ce sont les pieuvres qui ont le
sang bleu, car à base de cuivre.
Question transmission de l'oxygène, ce sang bleu est moins
efficace
que le sang rouge des mammifères, à base de fer.
Qu'en conclure,
sinon l'évidente supériorité du
mammifère sur l'octopode et de
l'homme du peuple sur l'aristocrate. (N'importe quoi!)
---
L'octopode est parti les pieds devant. Il a eu du mal à
passer la porte.
---
ÉTERNELLE QUESTION
Les bactéries, les virus, les clémenceau, les
zoizos malades, l'amiante,
les vaches folles, les déchets nucléaires, les
intermittents, les
humains en trop, les islam-mystes, les canards boiteux, les moustiques,
les psychoses, les sarkoses, les gangs barbares, les JDB, les HP, les
barbus, les autruches, les caricatures de croyants, etc, etc, etc...
... COMMENT S'EN DEBARRASSER ?
---
POMPIERS POLONAIS, MOUTONS AFGHANS, OURS SLOVÈNES...
L'INVASION CONTINUE.
Yves Paccalet : "L'animal qui tue le plus en France reste la voiture."
---
IL N'Y A PAS D'ÉNERGIE PROPRE
"J'ai entendu dire que les autorités parisiennes ont vu
l'automobile
arriver avec soulagement. Ils étaient face à un
problème de pollution
grave due au crottin de cheval."
Sylvie
---
Et un truc extraordinaire
en
pièce jointe.
--
PHILIPPE CAZA
"Le monde est éphémère,
mais je suis joyeux."
(Poème zen)