DÉLITS D'OPINION


Cette page est une archive des Lettres Ouvertes n°131 à 140.
Les Lettres Ouvertes les plus récentes sont accessibles par là.


L.O. 131 - 20/02/2007

YA PAS QUE LES CARICATURES DE MAHOMET QUI SONT EN PROCÈS

Le dessinateur Placid est condamné a une amende de 500 euros pour
avoir fait une tête de cochon à un flic sur un petit bouquin pourtant
édité,  sauf erreur, par le syndicat de la magistrature.
Pour en savoir plus, toute sa confession est là, avec les détails
techniques :

http://dinan22.canalblog.com/archives/2007/02/17/4039141.html

(J'adore, dans les commentaires du blog : # Méfie-toi également
de la Chambre Syndicale de la Charcuterie Traditionnelle, et du
puissant lobby des Eleveurs de Porcs Charolais, qui vont t'accuser
d'habiller leur  bétail de façon injurieuse : il y a des cons partout. #

La résistance s'organise par les dessins, ici :
http://touscochons.blogspot.com/

Une vraie porcherie, ce site !
Allez-y vite avant que ça sente le cochon grillé !

Ci-dessous ma contribution personnelle.

LO n°131, Cochon


L.O. 132 - 20/02/2007

VANITY FAIR
Finalement, on est bien forcé de continuer à parler d'écologie.
Le réchauffement planétaire bat son plein et la lecture des chiffres,
quelque part, ça fait froid dans le dos
-- Où ça, "quelque part"?
-- Ben, dans le dos, quoi, je l'ai dit!
-- T'avais pas besoin de dire "quelque part", alors!
-- Bon, alors "quelque part dans le dos", c'est mieux?
-- Oui, mais alors OÙ dans le dos?
-- Bon, laisse tomber, LIS !

Hum, en fait, je voulais citer plein de trucs chiffrés qu'on trouve dans
le Hors-Série de Courrier International du dernier trimestre 2006,
sobrement sous-titré "TROP CHAUD", mais je préfère attendre de l'avoir
un peu plus lu. Et c'est pas dit que je cite tellement les chiffres :
par exemple, il y a la photo de Julia Roberts en défenseuse de
l'écologie c'est quand même beaucoup plus joli que Nicolas Hulot ! (La
photo jointe n'est pas dans Courrier International, c'est la couv du
magazine US "Vanity Fair" - Green Issue, je suis allé la chercher
quelque part sur un site US.)

LO n°132

---

ENERGIE
Les Airbus se vendent mal, c'est juste parce qu'ils sont en retard? Non,
c'est parce que ça bouffe trop de kérosène qui massacre le climat du
ciel. Les automobiles, pareil. Déception des fabricants.
Mais c'est que tout ça vient trop tard : il y a actuellement (Allez ! Je
fais un bon coup dans l'optimisme, là, je sais!) une profonde prise de
conscience écolo. Profonde et large.
Les constructeurs n'ont pas prévu ça, emportés par leur vitesse et la
force d'inertie, ils ont continué dans leur fantasme de puissance, de
vitesse, de grosseur. Au dernier salon de l'auto, le public était déçu
de ne pas pouvoir commander là maintenant tout de suite des bagnoles
hybrides, à gaz, à huile de coude, à pile à combustible, à eau, dont les
média disent que c'est formidable et que les constructeur ne promettent
que pour dans 10 ans (et ce depuis 20 ans, d'ailleurs).

---

LES HÉROS SONT SUPER !
Après Superman, Super-sans-plomb-Man

---

LECTURE
Armand Farrachi. "Petit lexique d'optimisme officiel." (Fayard)
Ne dites pas "précarité, dites "flexibilité". Ne dites pas "réforme",
dites "modernisation". Etc.
Sachant que j'aime bien décrypter le langage officiel ou médiatique
(mais pas que-), les langues de bois (et les oeils de verre) et le
politiquement correct, persuadé que je suis qu'on pense avec des mots,
et que des fois, même, les mots pensent à notre place, je ne pouvais
que tomber sur ce bouquin qui place pertinamment et impertinamment
des guillemets autour de quelques dizaines de mots courants, tels que
"environnement", "communication", "développement", "plan social", etc.
pour mettre au jour les messages sous-jacent, et nous montrer à quel
point nous-même laissons envahir notre vocabulaire par ces expressions
toutes défaites, ces faux amis, syndromes et paradoxes qui réduisent
notre expression à une sorte de novlangue orwellienne.
Je m'attendais à un bouquin plutôt rigolard, mais non, ça attaque dur,
plutôt sérieusement, particulièrement sur le langage ultra-lib,
abondance, progrès, crise, démocratiser, optimiser... tous ces mots
qui servent à nous "vendre" leur contraire. Je n'en dis pas plus.
Thérapeutique !

J'y trouve aussi cette citation raffraîchissante :
"Sans nos amis les chasseurs, les renards attaqueraient les vieillards
dans le métro". (Sénateur Michel Charasse)

---

ET PENDANT CE TEMPS,
on enterre le papon, le Shark va chopper la chicungunya à La Réunion
et vient la refiler au lobbit de nos amis les chasseurs si sympas, on
réforme la Constitution à Versailles et à tour de bras, on procèsse
Ericka/Total et le Tunnel de Fréjus, et Mittal harcèle Arcelor.

"Si les pétroliers transportaient de l'eau de mer on s'en foutrait
qu'ils fassent naufrage."
(Philippe Geluck. Le Chat)

---

"L'IMPÉRATIF ÉCOLOGIQUE"
Mais j'avais aussi promis un compte-rendu de l'entrevue de
Nicolas Hulot et Edgar Morin dans Philo Mag N°6
Citations, mots-clés, paraphrases et grains de sel personnels en vrac :
# --- Un nouvel impératif catégorique ? --- Edgar Morin : En 1972,
j'intitule une communication "L'An 1 de l'ère écologique" --- Nicolas
Hulot : J'ai longtemps cru que la nature était corvéable, que nous
vivions dans un monde infini --- Edgar Morin : Descartes voulait que
l'homme soit "comme maître et possesseur de la nature" --- Après avoir
mis Dieu au chomage technologique, l'homme s'est octroyé le droit de
dominer la nature --- (KZ : Ça remonte même beaucoup plus loin, au
"croissez et multipliez" de l'Ancien Testament : "Dieu" lui-même a
ordonné à l'homme de dominer la nature et Descartes, malgré ses
"Lumières" reste dans le droit-fil de l'injonction divine : séparation
du corps et de l'âme, de l'esprit et de la matière, de l'homme et de la
nature, exploitation sans limite de la nature mise en coupe règlée.) ---
Edgar Morin : Nous sommes donc également marqués par l'empreinte
chrétienne de notre civilisation qui ignore notre relation ombilicale à
la nature. --- Nicolas Hulot : Quand on lit "se libérer du connu"
(Krishnamurti) on voit combien briser les conditionnements et les
préjugés est un travail long, à l'issue incertaine. --- Darwin : la pire
des blessures infligées à l'amour-propre de l'humanité. --- Blessure
narcissique. --- Nous vivons dans un monde fini. --- Or nous sommes
inaptes à la limite. --- Toute-puissance de la techno-science. --- (KZ :
La "toute-puissance" est un fantasme infantile actif vers 3- 4 ans.) ---
L'homme n'est plus relié à rien. --- Les partis politiques ont été
façonnés par la psychologie de la horde. --- L'impératif écologique nous
donne une occasion inespérée de nous rassembler. --- (KZ : Hum, c'est
pas Condy Rice qui disait que le tsunami était une merveilleuse occasion
de montrer notre capacité à la solidarité, ou quelque chose comme ça
???) --- Redonner du sens au progrès que l'on avait confondu avec la
performance. --- Edgar Morin : Idéologie du "toujours-plus" --- Le pacte
écologique n'a de sens que complété par un pacte politique --- Nous
avons besoin d'une "politique de l'homme." --- Nicolas Hulot : mutation
écologique. --- Remise en cause globale de notre civilisation. --- Nos
frontières ne pourront stopper la mise en marche vers le Nord des damnés
de la Terre, fuyant les désordres écologiques et climatiques qu'ils
subiront au Sud sans les avoir provoqués. --- Edgar Morin : Comment
ressuciter l'espérance ? Au coeur de la désespérance même. --- (KZ :
Ici, j'entends comme un écho de Baudrillard et son concept de
"réversibilité" : quand un système se développe ou se sature, sa "part
maudite" se développe aussi dans l'ombre ; mais le contraire est aussi
vrai : dans un système en décomposition, une énergie inverse se niche,
qui fera brêche dans le désordre des choses.) --- Il n'y a pas de
solution prête à l'avance, mais il y a une voie. --- Nicolas Hulot cite
St Exupéry : "Il n'y a pas de solutions mais des forces. Créons ces
forces et les solutions suivront." --- Edgar Morin : La notion de
"développement", même sous sa force adoucie et vaselinée (Oh !) de
"durable" contient encore ce noyau aveugle techno-économique pour qui
tout progrès humain découle des croissances matérielles. ---
(Là, l'harmonie du dialogue se brise : Nicolas Hulot dit que la
décroissance s'imposera de gré ou de force à cause du manque de
certaines ressources, mais pourtant croit "au développement durable et
non à une décroissance globale qui serait synonyme de récession,
notamment parce que je suis soucieux de l'acceptabilité sociale du pacte
écologique." --- (KZ : A ça, je dis : "mais..." ... Mais on peut
comprendre ce pragmatisme, ce réalisme de "l'acceptabilité sociale"...
C'est un des gros noeuds du problème : évolution prudente et acceptable
ou révolution? Combien de temps tiendrait-il, le gouvernement qui
mettrait en application immédiate et autoritaire les mesures qu'il
faudrait absolument prendre pour la survie de l'espèce ???) --- Nicolas
Hulot : Je suis pour la croissance économique dès lors qu'elle participe
à une répartition équitable des richesses. --- (KZ : Ce qui ramène à
cette fameuse question, évoquée récemment, de la répartition mondiale
des "richesses", c'est-à-dire des ressources énergétiques, de la
pollution, du CO2, des destructions. Droit du tiers-monde à se
développer "comme nous" = droit à détruire "comme nous" ? Tant qu'on
posera ça comme une question de "droit".......) --- Edgar Morin : Croire
que le Nord n'apporte que des bienfaits et des bonnes solutions est une
erreur. --- Nos Lumières, éclairantes mais aussi tellement aveuglantes. #

---

Trois pages, ça suffit !


L.O. 133 - 22/03/2007

LIBÉREZ LES PÔLES !

"Le pôle est recouvert de glace: c'est la capote glaciaire". (Perle
scolaire.)

Et cette capote, grâce à son albedo, aurait les même vertus protectrices
que l'anglaise bien connue que le pape met à l'index (il a rien compris!)

---

Dans la LO 118, je signalais :
POLARISATION
# Des chercheurs américains et canadiens ... le réchauffement de la
planète pourrait faire disparaître la banquise arctique les mois d'été
dans une quarantaine d'années ... etc #

Quelques détails supplémentaires (c'est juste des "détails de
l'histoire" (future)...)

BIG BOOM
D'ici 20 ans, la calotte glaciaire, toujours elle, déjà bien entamée,
pourrait se mettre à se réduire quatre fois plus vite que ce qui a pu
être constaté jusqu'ici. C'est l'idée du passage d'un SEUIL, d'un point
de basculement ou de rupture lié au principe de la RÉTROACTION POSITIVE,
terme qui risque de devenir une rengaine dans mes prochaines LO.

Question d'albedo : des surfaces de glace en moins, c'est des surfaces
réfléchissantes en moins, remplacées par des surfaces sombres (la mer)
absorbantes (absorbant de la chaleur). Les conséquences du réchauffement
accélèrent le réchauffement. La conséquence devient une cause
supplémentaire renforçante. Il existe bien sûr des rétroactions
négatives, celles où la conséquence enclenche une correction sur le
principe du thermostat, mais il semble actuellement que celles-ci soient
insuffisantes et largement dépassées par les évènements. C'est là qu'il
y a seuil franchi.
Autre exemple de boucle de rétroaction positive : en dégelant, le
pergélisol (ou permafrost) des toundras sibériennes ou alaskiennes
dégage du CO2 et, pire, du méthane, gaz à effet de serre qui vont
augmenter le réchauffement, etc. (Le méthane (CH4) a des conséquences
sur l'effet de serre 20 fois plus importantes que le CO2.)

Sur le forum de Libé faisant suite à l'article arctique, quelques
remarques ironiques sur la positivation qui consiste à dire "Chic, des
nouvelles routes maritimes dégagées, boom économique pour le Canada
et la Russie, etc."
Cela dit, à partir du moment où on (le GIEC) nous dit que c'est
inéluctable, il faut bien chercher à s'adapter. On entendra de plus en
plus un discours "positivant", surtout en provenance des milieux
financiers et commerciaux qui ont toujours montré une grande capacité à
récupérer TOUT à leur bénéfice.
Mais je trouve aussi cette perle : # ... Un réchauffement de la planète
implique une moindre consommation d'énergie pour se réchauffer, donc
une baisse de la pollution et par conséquent un retour naturel au
refroidissement. Bref des cycles qui s'autoréguleront naturellement.
Y a pas de quoi en faire un cinéma, non? #
Alors positiver c'est bien, relativiser aussi, mais ça...
Oui, l'hiver doux entraîne une baisse de la consommation d'électricité,
on s'en rend compte en ce février-mars même. Mais l'été très chaud aura
tôt fait de compenser en faisant tourner à fond les clim's. Quant à la
baisse du cours du pétrole, si elle se répercute un tant soit peu sur le
prix à la pompe, ça va pousser chacun à se dé-restreindre, question
circulation automobile.
Alors, si cycle autorégulant il y a, il s'étalera sur 1 ou 2 milliers
d'années, peut-être... Dans le présent/futur proche, à notre échelle
humaine de 2 ou 3 générations, il est maintenant à peu près certain
qu'on n'aura même pas droit à une stabilisation (homéostase), mais plus
vraisemblablement à une persistance de l'effet toujours dans le même
sens : réchauffement climatique.

Un autre, sur le forum ajoute une petite question un peu parano : #
Est-ce par coïncidence que la NASA a annoncé son projet de développer
une implantation sur la lune? #
Et maintenant -- autre coïncidence? -- la Nasa lance un appel à l'ONU
pour qu'on l'aide à détourner l'astéroïde Apophis qui risquerait, d'ici
30 ans, de percuter la Terre (1 chance sur 45 000). Moi j'appelle ça du
détournement de conversation. Un astéroïde farceur venu d'ailleurs,
pourquoi pas une attaque de martiens vengeurs, comme genre de "fin
du monde" (Cf LO 125), ça se vend beaucoup mieux qu'un réchauffement
global dont nous serions nous-même responsables !

Quelques autres remarques sur le forum (C'est toujours bon, pour se
sentir moins seul):
# Soyons prêts à faire des concessions sur nos habitudes personnelles
DÈS MAINTENANT, parce qu'il faudra bien qu'elles changent de toute façon. #
# A quand un gouvernement qui oserait placer l'écologie (la gestion de
la nature) au-dessus de l'économie (la gestion des rondelles de métal)? #
# Doit-on considérer qu'éteindre la lumière en sortant d'une pièce est
un EFFORT ? #
# Nous sommes tous d'accord pour dire que des problèmes de société
comme le chômage, la précarité, la violence, la sécurité routière sont des
sujets préoccupants mais, au risque de choquer ceux qui n'ont pas de
quoi manger à la fin du mois, ce n'est rien en comparaison de la survie
des espèces qui peuplent notre planète (dont l'homme fait partie). #

---

"Je pressens que les grands débats à venir ne porteront plus sur
l'humanisme ou les droits de l'homme face aux prétentions de la croyance
religieuse, mais sur la survie de l'espèce humaine sur cette Terre, qui
demeure l'horizon indépassable de toute espérance tangible." (Bruno
Pinchard)

---

Mais je laissais pressentir dans la LO 132 une avalanche d'informations
en provenance de COURRIER INTERNATIONAL, hors-série oct-nov-déc 2006,
sous-titré "Trop chaud". J'ai mis du temps à le lire et à en compiler la
matière, sans compter qu'est venue s'y ajouter une autre lecture lourde
située dans le prolongement, mais dont je parlerai plus tard.

En attendant, something completely different.

---

LE SAVIEZ-VOUS?
Diderot (1713-1784) a inventé l'informatique ! (Ou du moins l'idée de
la distinction analogique / numérique.)

"Il y a une espèce d'abstraction dont si peu d'hommes sont capables
qu'elle semble réservée aux intelligences pures ; c'est celle par
laquelle tout se réduirait à des unités NUMÉRIQUES. [...Mais...] L'unité
pure et simple est un symbole trop vague et trop général pour nous. Nos
sens nous ramènent à des signes plus ANALOGUES à l'étendue de notre
esprit et à la conformation de nos organes." (Lettre sur les aveugles à
l'usage de ceux qui voient.)

M'étonne pas qu'il soit allé en prison pour avoir écrit de telles bétises !

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ROLAND WAGNER
a mis en ligne sa préface pour KRONOZONE, accompagnée de quelques une de
mes couvertures.
http://generationscience-fiction.hautetfort.com/archive/2007/02/16/kronozone.html

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ICE ("En cas de danger, brisez la glace" ???)
Reçu et transmis :
# Les ambulanciers ont remarqué que très souvent lors d'accidents de la
route, les blessés ont un téléphone portable sur eux. Toutefois, lors
des interventions, on ne sait pas qui contacter de ces listes
interminables de contacts.
Les ambulanciers ont donc lancé l'idée que chacun rentre dans sa liste
la personne à contacter en cas d'urgence sous le même pseudonyme.
Le pseudonyme internationalement connu est ICE (= In Case of Emergency).
C'est sous ce nom qu'il faudrait entrer le numéro de la personne à
contacter utilisable par les ambulanciers, la police, les pompiers ou
les premiers secours.
Lorsque plusieurs personnes doivent être contactées on peut utiliser :
ICE1, ICE2, ICE3, etc.
Facile à faire, ne coûte rien et peut apporter beaucoup.
Si vous pensez que c'est bien, faites passer le message afin que ça
rentre dans les mœurs. #

Moi, j'ai toujours pas de téléphone portable et je vais le moins
possible sur la route, et surtout pas pour y faire des accidents et être
blessé. Question : si j'étais blessé lors d'un accident de la route,
aurais-je quand même un portable sur moi? Comment s'organiser pour
n'avoir un portable sur soi qu'en cas d'être blessé sur la route?
En fait j'ai un sans-fil à la maison, je pourrais peut-être y
enregistrer un numéro ICE?... Mais j'ai aussi un ambulancier à la
maison... alors je ne sais pas si tout cela me concerne vraiment...

---

Et puis, ah oui, c'est vrai, y a une campagne électorale en cours...
Alors quelques infos et une zouliphoto :

Si vous voulez connaître le programme de Bayrou, allez voir là :
http://www.programme-bayrou.org/bayrou-IE.php?xtref

Et si vous voulez savoir pour qui vous allez voter, allez là :
http://www.jevotex.com/votex/

Vous pouvez aussi signer la "Pétition pour le maintien du vote papier",
à cette adresse :
http://ordinateurs-de-vote.org/vp

--
LO 133 - Photo-non-montage


L.O. 134 - 22/03/2007

Puisqu'il sera (un peu) question de fraises... (Apéritif : les fruits
sont plutôt à manger avant le repas.)

RAMÈNE PAS TA FRAISE
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1132.php

# En achetant aujourd'hui des fraises espagnoles -- en vente depuis la
mi-janvier et ce jusqu'en avril -- sur les étals des grandes et moyennes
surfaces, vous cautionnez la destruction du milieu naturel ibérique car
l'impact de ces cultures sur l'environnement est catastrophique. Tel est
le message qu'adresse le WWF aux consommateurs et aux distributeurs
pour les responsabiliser dans leur acte et leur politique d'achat.

(Je résume) ... autour du Parc de National de Doñana, inscrit au
Patrimoine mondial de l'Unesco ... depuis les années 80, les sites de
production se multiplient de façon anarchique ... utilisation massive
de produits chimiques pour la préparation du sol, cultures sur sable et
sous plastique, consommation massive d'eau pour l'irrigation ... 40 %
des surfaces cultivées illégalement ... plus d'une centaine d'hectares
empiètent sur des espaces protégés ... forages, dont 50 % sont non
déclarés, ont réduit de moitié les apports d'eau douce dans le marais
alimenté par la rivière La Rocina ... 4 500 tonnes de résidus de
plastiques par an ... usage pesticide interdit par l'UE (le bromure de
méthyl à hauteur de 180t/an) ... production annuelle de 330 000 tonnes
de fraises espagnoles (chiffre 2002), plus de la moitié destiné au
marché de l'exportation (185 000 tonnes) ...

Enfin, le WWF rappelle que le meilleur moyen pour réduire son empreinte
écologique c'est de consommer des produits de saison et de proximité. #

J'ajoute que c'est aussi un bon moyen d'éviter les allergies.

(Cette démarche, écologique et de santé, va dans le sens du patriotisme
économique, voire du souverainisme, ce qui peut troubler. Vivons donc
troublés.)

---

"COMBATTRE LE FUTUR"
(Compte-rendu de la lecture de COURRIER INTERNATIONAL - hors série
"Trop chaud !" Fin 2006, agrémenté à l'occasion d'informations venues
d'ailleurs et de commentaires personnels.)

Donc, l'Arctique dégèle, ça commence à se savoir, on parle que de
ça à la télé. (Enfin, presque que de ça!)
Et l'Antarctique, alors? Les glaciers de la péninsule antarctique
fondent, perdant 50 m par an, mais l'un d'eux, le glacier Widdowson
(le Fils de la veuve !!!) recule de 1000 m par an, lui ! Là, les T° ont
augmenté de 2,5° entre 1950 et 2000, soit 5 fois plus que sur l'ensemble
du continent-pôle. On va cultiver des fraises en Antarctique, un de ces
jours?
Mais un détail : quand la glace de mer, la banquise, fond, au Pôle Nord
(Arctique), par exemple, ça ne fait pas monter le niveau des mers (on
peut faire l'expérience à la maison avec un glaçon dans un verre). Par
contre l'Antarctique est un continent, il s'agit là de glaciers, d'une
glace qui n'est pas déjà incluse dans le volume d'eau des océans. La
calote glaciaire du seul Antarctique Ouest contient suffisamment d'eau
pour faire monter le niveau des mers de 7 mètres sur tout le globe, ce
qui est hénorme, question terres immergées. (Pour mémoire, si toutes
les glaces du monde fondaient, les mers monteraient de 70 à 80 m.)

De l'autre côté du monde, en Islande, les glaciers reculent aussi, c'est
une évidence mesurée, et ce recul va en s'accélérant. Mais quant à y
faire pousser des fraises pas question : en régressant, le glacier ne
laisse derrière lui que des limons stériles.

Au Groenland, la situation ne semble pas très claire : difficile de s'y
retrouver dans les mécanismes observés, entre accumulation de neige,
fonte de glace, mouvement de déplacement dû à la pression. Mais il y
aurait un phénomène de boucle de rétroaction positive en cours qui
accélérerait le glissement de la calotte sur le substrat rocheux par
l'intermédiaire d'une sorte de coussin d'eau de fonte, ce qui pourrait
provoquer des avalanches de glace massives, avec des conséquences
extrèmement brutales : là ce n'est pas de la glace qui fond petit à
petit et fait monter le niveau petit à petit, ça pourrait être, tout à
coup, une montagne tombant dans la mer, -- et là je noircis le tableau
systématiquement, genre film cata -- avec à la clé tsunami ravageant
l'Islande, la Scandinavie, le Labrador (liste non exhaustive -- ne parlons
même pas de St Pierre et Miquelon) suivi par une montée des eaux rapide,
en quelques mois, le temps que la masse de glace en question fonde.
D'ores et déjà, au Groenland, pourtant, on commence à cultiver, non
pas des fraises, mais de broccolis et des pommes de terre, comme le
faisaient les colons norvégiens qui ont vécu là de l'an 1000 à 1500,
période nommée "l'optimum médiéval", ou le Groenland méritait son
nom de Terre Verte.

"Sans glace, la terre tremble", dit un autre article.
On n'y pense pas a priori, mais le poids des glaciers continentaux fait
couvercle. 1 m3 de glace pèse une tonne. Essayez d'imaginer le poids
du Groenland ou de l'Antarctique ! La glace pèse sur les plaques
tectoniques et les maintient en place. La fonte des glaces entraîne un
allégement et donc, en dessous, des mouvements s'amorcent, un peu
comme une balle élastique se détend après compression ("rebond
isostatique"). Et ces mouvements sous la glace ne peuvent que
contribuer à briser celle-ci et donc à accélérer sa fonte et sa chute
dans la mer. (Encore une rétroaction positive)
Des pics d'activité volcanique auraient eu lieu à la fin des ères
glaciaires. Ils peuvent être la conséquence de cette décompression
dûe à la fonte des glaces dûe au réchauffement. Ils peuvent aussi être
l'une des causes du réchauffement en question : les coulées de lave qui
réchauffent l'atmosphère, bien sûr, mais surtout des émissions massives
de CO2. Pourtant, il se pourrait aussi que les volcans aient ralenti le
réchauffement par leurs émissions de soufre formant des nuages acides
réfléchissant les rayons solaires. On aurait affaire là à une boucle de
rétroaction négative.

---

CLATHRATES et ères glaciaires.
Puisqu'il est question de froid, de CO2, de méthane, etc, je tombe sur
les clathrates et comme le mot me plait bien, je vais farfouiller dans
des sites et forums InfoClimat et j'en compile ça (je ne garantis pas la
rigueur de la démonstration, mais l'idée est surtout de montrer que les
causes ne sont jamais simplistes, sont toujours des combinaisons de
causes incluant des boucles de rétroaction positive.)

Définition : Les hydrates de méthane, ou clathrates, sont des composés
organiques de méthane (CH4) et d'eau, à forme cristalline, présents
dans les talus continentaux des fonds marins et sous le sol gelé
du permafrost (ou pergélisol).
Un scénario catastrophe suggérait que ces clathrates instables se
libèrent régulièrement sous leffet du réchauffement et entraînent un
réchauffement plus brutal encore. On suggérait que ce mécanisme avait
joué à la fin des dernières ères glaciaires, ce qui est plutôt une bonne
chose pour nos ancêtres sapiens, mammifères à sang chaud ; mais que
cela fonctionne à nouveau actuellement nous plait moins, certes.

On a repéré dans les glaces datant de -12 000 ans une brusque hausse
du méthane atmosphérique, qui a coïncidé avec un réchauffement menant
au Holocène. Cette hausse du CH4, correspondant par ailleurs avec un
léger tassement du CO2, aurait pu provenir d'un dégazage massif
d'hydrates de méthane (des "rots de méthane").
Ce "dégazage" serait-il donc responsable de la fin de la dernière
glaciation? Pas si sûr.
Il existe deux explications principales et alternatives ou partiellement
complémentaires à la fin des périodes de glaciation :
- Des causes astronomiques (variations des paramètres orbitaux
et/ou de l'activité solaire.)
- Et des causes tenant aux gaz à effet de serre (CO2 d'origine
volcanique et CH4, lui-même se dégradant rapidement en CO2).
Si le méthane des clathrates a joué un rôle, ce pourrait être selon
le scénario suivant:
1) Glaciation = baisse du niveau des océans (-120 m par rapport au
niveau actuel)
2) D'où baisse de la pression sur les gisements de clathrates, dont
certains se gazéifient.
3) En quelques décennies, l'effet de serre augmente suffisamment
pour déclencher un processus cumulatif de réchauffement aboutissant
à une période tempérée (un "interglaciaire").
4) Les glaciers et inlandsis fondent, provoquant la remontée du niveau
des océans et l'arrêt rapide de la gazéification du CH4 des clathrates.
Ce qui veut dire que les émissions de CH4 n'auraient joué qu'un rôle
éventuel de déclencheur, de très faible durée dans le temps.
Il risque d'en être tout autrement maintenant. Le dégazage massif des
hydrates de méthane sous leffet du réchauffement nest pas envisagé
par le GIEC, pourtant le dégel du permafrost, la reprise de la fermentation
bactérienne dans le sol des toundras (tourbières émettrices de méthane,
mais aussi "puits de carbone") et plus tard la déstabilisation des
clathrates se produisent maintenant en plein "interglaciaire" et
s'ajoutent aux gaz à effet de serre d'origine anthropique (humaine),
ce qui n'était évidemment pas le cas voici 10 ou 20 000 ans.
Cela dit, qu'on accuse les clathrates ou les tourbières n'arrange rien !

TOUNDRA
Je reste dans les zones froides mais je reviens à un article de Courrier
International d'où il ressort que, avec le réchauffement, quelques cm
sous la surface de la toundra (Alaska, Canada, Sibérie...), les
bactéries gelées se réveillent... et se décomposent. On espérait que le
réchauffement augmenterait la fertilité de ces terres et qu'on y verrait
pousser des forêts qui seraient des capteurs de CO2, des "puits de
carbone". Ben non. La nouvelle végétation qui prolifère là, des arbustes
de 50 cm, ne suffit pas à absorber tout le carbone produit par la
décomposition de la tourbe, des mousses, des végétaux. Si 1 m
d'épaisseur de ce sol se décompose, c'est 25% de CO2 en plus dans
l'atmosphère. D'où une nouvelle boucle de rétroaction positive : + de
CO2 = plus de chaleur = plus de décomposition du sol = + de CO2 = etc.

---

ON N'EST PAS FORCÉ DE TOUS TOUT SAVOIR, ALORS :
# Qu'est-ce qu'un "PUITS de carbone" ? Au sens large, un puits de
carbone ou "puits CO2" est un réservoir, naturel ou artificiel, de
carbone dont la taille augmente constamment, à l'inverse d'une SOURCE
de carbone. Les principaux puits sont les océans et la végétation.
La séquestration du carbone (ou piégeage, ou emprisonnement du
carbone en bon français) décrit l'ensemble des processus extrayant le
carbone ou le CO2 de la biosphère et le stockant dans un "puits de
carbone". La photosynthèse est le principal mécanisme biologique
et naturel de séquestration du carbone.
Les bactéries photosynthétiques, les plantes et la chaîne alimentaire
ainsi que la nécromasse qui en dépendent sont considérées comme des
puits de carbone pour la partie "piégée" du carbone. Le concept de puits
de carbone s'est répandu avec le protocole de Kyoto créé dans le but de
réduire les concentrations élevées et croissantes de CO2 atmosphériques
et ainsi lutter contre le réchauffement climatique.
De nombreuses voies sont explorées pour améliorer les processus naturels
de séquestration du carbone et développer des techniques naturelles et
artificielles de capture et stockage du carbone. Un puits de carbone n'a
pas fonction à réduire les émissions de CO2 (produit par une source de
carbone), il se limite à "pièger" le CO2.
L'ennui, c'est que ce travail de stockage du CO2 (dans les sols ou les
océans) par l'homme a pour effet d'augmenter les émissions de CO2,
car cette activité consommera inévitablement de l'énergie (qui
produira du CO2) ! Mais rassurons-nous : la quantité de CO2 nécessaire
à cette activité sera toujours inférieure à celle qui est emprisonnée.
Ceci aura pour effet de diminuer le bilan CO2 du cycle (le temps qu'il
reste piégé) mais aussi d'augmenter la quantité de CO2 dans le cycle. #

http://www.actualites-news-environnement.com/2007(...)puits-carbone.php

IL Y A TOUJOURS UN "MAIS..."
L'article ci-dessus souligne un truc important : toutes les solutions
technologiques que l'on apporte au problème du réchauffement climatique
dû au CO2 dépensent de l'énergie et donc produisent du CO2. Effet
pervers. Il vaudrait mieux que le bilan CO2 reste négatif sinon c'est
pas la peine! Mais comme ce faisant, on augmente aussi la quantité
globale du cycle, il y a cercle vicieux, fuite en avant ou course sans
fin après les conséquences. Nos propres réactions correctrices
(technologiques) entrent dans le système des boucles de rétroaction
positive !

---

Parvenu à ce stade, il se pourrait que mon cerveau lui-même soit pris
dans une boucle de rétroaction positive et contribue au réchauffement
climatique! (Sans omettre le méthane dû à la soupe au chou de midi.)


L.O. 135 - 29/03/2007

COMBATTRE LE FUTUR - SUITE

LES OCÉANS
Après les glaces et les toundras, les océans : "La hausse des
concentrations de CO2 dans l'atmosphère rendrait les océans plus
acides." D'où problème pour les récifs de corail et différents autres
organismes marins. Et finalement c'est toute une chaîne alimentaire
qui est perturbée, saumons, maquereaux, baleines. Et l'homme?
Ben ouais...... surtout ceux qui préfèrent le poisson à la viande.
Et les bouffeurs d'huitres et de moules, aussi.

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2569

# ... durant le siècle à venir, l'acidification des océans devrait se
poursuivre à une vitesse au minimum 100 fois supérieure à toute
variation naturelle depuis au moins 600 milliers d'années.
... l'acidification des océans rendrait plus difficile la fabrication de
calcaire par les organismes marins tels que les coraux, les algues
ou le phytoplancton.
... Les moules du bassin d'Arcachon sont utilisées comme indicateurs
biologiques du taux de pollution industrielle ou agricole en milieu
aquatique ... la calcification de la moule comestible et de l'huître du
Pacifique diminue de manière linéaire avec l'augmentation du CO2 et
la diminution du pH de l'eau de mer. (Le pH est la mesure de l'acidité,
plus le chiffre est bas, plus c'est acide). La diminution de la vitesse
de fabrication de leur coquille serait respectivement de 25 et 10 %
pour un taux de CO2 de 740 ppm (parties par million), valeur moyenne
attendue pour l'année 2100. A un taux de CO2 supérieur à 1 800 ppm,
les moules ne pourraient plus former leur coquille... (Actuellement, le
taux de CO2 s'élève à 384 ppm.) #
Au total, perte de biodiversité et déclin économique des ostréiculteurs.
(Je sais, ça devient un peu répétitif, à la longue...)

---

C'ÉTAIT LA JOURNÉE DE L'EAU
Mais bien entendu, les problème de l'eau sont multiples...

(Y en a qui disent que la Terre est creuse et toute pleine d'eau. Mais
d'autres qu'elle est toute pleine de pétrole !)

De l'eau, en fait, il y en a plein !
On risque surtout d'en avoir un peu plus qu'on ne voudrait, de l'eau,
après dilatation du volume des océans pour cause d'échauffement. C'est
déja en route et quelques îles du pacifique comme Tuvalu sont menacées
de disparition à court terme. Mais il y a plus près : les côtes de l'est
de l'Angleterre qui s'effondrent et régressent. Quant aux Hollandais,
ils achètent dans les Ardennes belges ou construisent des maisons
flottantes susceptibles de suivre le niveau de l'eau tout en évitant la
dérive ou l'inclinaison. Quant au Bangladesh... voir plus loin.
Ensuite fonte des glaces : la fonte des banquises, comme déjà dit,
n'entraîne pas de montée des eaux, par contre celle des glaces
continentales, oui : Groenland et Antarctique principalement : si tout
fond (ce qui devrait prendre un petit millénaire) ça fera 70 à 80 mètres
d'eau en plus dans les océans, ce qui reporté à l'horizontale, couvre
des surfaces habitables et habitées hénormes ! Il serait bon de
commencer déjà à déménager vers l'intérieur toutes les villes côtières,
et bien d'autres, comme Paris...
Maintenant, tout ça, c'est de l'eau de mer : même si la glace n'est pas
salée, quand ça fond et se mêle à l'eau de mer, c'est autant d'eau
potable perdue. D'autant que, les glaciers de montagne ayant fondu,
c'est toute cette réserve d'eau propre en altitude qui disparaitra,
n'alimentant plus les rivières, fleuves, nappes phréatiques et robinets
des plaines... C'est ça qui va nous manquer le plus directement : ça
nous arrivait tout seul, par la loi de la pesanteur.
En gros, le problème, c'est que la quantité d'eau potable, celle qui se
balade entre évaporation / nuages / chutes de pluie / neige / glaciers
de montagne / rivières / nappes, cette quantité est minime par rapport
à la masse totale des eaux sur terre (océans), c'est donc ça qui est
hyper précieux et c'est ça que l'on gâche en l'utilisant dans les
chiottes-etc, alors que ça devrait être strictement réservé à
l'alimentation.
A part ça, le réchauffement entraîne de grosses évaporations -- et la
vapeur d'eau est un gaz à effet de serre (une boucle de rétroaction
positive parmi d'autres)... et pour qu'il pleuve ou neige, il faut de la
baisse de température. D'où absence de pluies régulières et danger de
pluies brutales ou de grêle -- qui se produit quand il fait très chaud,
que la vapeur d'eau monte très vite très haut et se condense et/ou gêle.
Phénomènes ravageurs et qui contribuent mal à remplir les nappes
phréatiques (déferlement rapide vers la mer et érosion-ravage)... Nappes
qui par ailleurs sont polluées par les engrais et pesticides agricoles.
Alors? Alors l'avenir de l'eau à boire, c'est la dessalinisation, pas le
choix -- mais à grand renfort d'ÉNERGIE.
Solaire autant que possible, a priori la plus abondante dans les régions
les plus assoiffées, logique -- à part qu'on risque de manquer de soleil
avec un ciel beaucoup souvent longtemps couvert. On peut s'attendre,
dans l'avenir (combien???) à : -- plus de chaleur, -- un ciel
constamment voilé, -- mais pas forcément nuageux, à cause d'un problème
de formation des nuages dont je vous reparlerai un de ces jours, -- et
pas de pluie, sauf brutale. (Ou encore un retour des pluies acides vu
l'utilisation massive du charbon prévue en Chine, s'ils n'apprennent pas
à filtrer sérieusement.)

---

ADIEU BANGLADESH...

"Que faire des réfugiés climatiques"?, titre un autre article de
Courrier International.

Une boucle de rétroaction positive humaine, ou comment la conscience
du problème climatique rend xénophobe.
Les américains sont les plus gros producteurs de CO2 et ils le savent.
Ils ont intérêt à ce que leur population n'augmente pas, ni en interne
ni par l'immigration, les immigrés n'ayant d'autre but que de "profiter
de la richesse" de "l'eldorado américain", c'est-à-dire d'atteindre le
niveau des locaux question mode de vie, consommation, et donc
émission de CO2.
Du coup certains écologistes US en arrivent à une vision des choses
du type "c'est la faute à l'immigration". Vision qui détourne l'attention
du véritable problème : avant que les immigrés viennent, attirés par
le way of life, c'est bien ce way of life qui a provoqué la situation
climatique. Et il continue.
Avec ça, en plus des immigrés "normaux", arrivent ou vont arriver
inéluctablement les réfugiés issus de la désertification, de la
submersion des îles et territoires côtiers.
Suite à la montée des eaux, entre 2020 et 2100, c'est au moins 100 000
terriens par an qui devront émigrer, et peut-être 10 fois plus, voire
100 fois plus selon les combinaisons de projections de croissance
démographique, de développement économique, de sensibilité climatique.
Pensez aux côtes d'Asie ou d'Afrique aux populations très denses, pensez
aux Caraïbes, aux îles du pacifique ou de l'Océan Indien qui dépassent
à peine d'un mètre le niveau de la mer (Tuvalu). C'est maintenant qu'il
faut s'occuper de déplacer ces populations, sans attendre d'avoir à
recevoir de millions de boat-people.
Et puis il y aurait à établir une justice internationale des
déplacements : en bonne justice, ce sont les pays les plus pollueur qui
devraient accueillir le plus de réfugiés. Avec le risque d'effet pervers
dénoncé par les xénéphobes cités plus haut : les réfugiés vont venir
"chez nous" participer activement à notre niveau de vie et donc à notre
niveau de pollution. Boucle de rétroaction positive humaine.
Cela dit, en réalité et pour l'instant, il apparaît que les populations
se déplacent au plus près et vers des pays de même culture et même
niveau de vie, le Bangladesh inondé vers l'Inde, les îles du Pacifique
vers l'Australie et la Nouvelle Zélande. La limitation géographique de
ces migrations pourrait d'ailleurs être encouragée par les pays riches
et pollueurs qui distribueraient des aides financières et techniques,
sur le principe "on préfère payer pour les aider et qu'ils restent chez
eux -- loin."

En complément, dans le nouveau Monde Diplo :
# Au Bangladesh, les premiers réfugiés climatiques, par Donatien Garnier. #
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/GARNIER/14594

Il n'y a que le début de l'article, là, lisez le Monde Diplo(et
ses)docus! (En papier)


L.O. 136 - 7/4/7

COMBATTRE LE FUTUR # RE-SUITE

XÉNOPHOBIE ÉCOLOGISTE -- ENCORE !

Toujours sur la question des rapports entre les migrations humaines et
le réchauffement climatique, parmi les échanges entre membres du VHEMT,
je capte ça, signé NS (mais non, c'est pas le Shark ! Simplement, dans
la mesure où il ne s'agit pas d'un forum ouvert, je ne me sens pas le
droit de citer le nom de ce monsieur que je ne connais pas, mais qui
dit des choses intéressantes, quoique dérangeantes.)

(Je résume et je paraphrase à l'occasion, sans perturber le sens)
# Nous sommes déjà trop nombreux, par rapport à ce que la planète
peut supporter. Les pays les plus "dangereux", ceux qui font croître la
population mondiale, sont ceux qui ont un taux de natalité élevé et
un taux de mortalité infantile faible.
L'Europe, elle, a un taux de natalité qui maintient tout juste son
niveau de population ; si la population augmente quand même, ça ne
vient que de l'immigration. Du coup, notre dénatalité occidentale a un
très faible impact dépopulatoire : chaque enfant qu'on ne fait pas est
remplacé par un immigré. Le niveau global de population ne bougera donc
pas. On sera toujours le même nombre, et avec le même mode de vie
polluant : car qu'un enfant naisse en Occident ou qu'un immigré vienne
à sa place, la conséquence est la même : c'est le nombre d'occidentaux
-- et donc de gros pollueurs -- qui augmente.
En outre, les immigrés installés en Europe ont plus d'enfants (3,5
enfants par femme) que les Européens "d'origine" (2,1). Sans
immigration, le nombre d'occidentaux -- donc de gros pollueurs --
baisserait de lui-même puisque la population "d'origine" ne se reproduit
pas assez pour se maintenir à un niveau constant. Il semble donc que,
d'un point de vue uniquement démographique, l'immigration en Europe soit
nuisible à l'environnement. CQFD.
Cependant, des études de l'ONU montrent que la natalité décroit dans les
pays pauvres aussi. Ils s'inspirent du modèle occidental et il devient
"à la mode" d'avoir seulement un ou deux enfants par femme. Or le taux
de mortalité infantile y reste quand même très élevé. On peut donc
imaginer que la population mondiale finira par se stabiliser, et
peut-être par décroître. (Dans quel délai ?...)
Les deux choses qui peuvent avoir un impact positif sur la planète
sont donc :
- La baisse du taux de natalité dans les pays pauvres et émergents.
- L'adoption d'un nouveau mode de vie, respectueux de la planète. #

... C'est comme pour l'histoire des fraises espagnoles, où la
préservation de la planète et le protectionnisme économique se
rejoignent et se complètent. Voici que la xénophobie joue le même jeu --
ce qui est troublant pour un homme raisonnablement de gauche, mais
confirme peut-être que la démographie, les lois de la nature, le
"système Terre", l'écologie, tout ça... la RÉALITÉ, en fait, n'est ni de
droite ni de gauche, ne pratique pas la justice, la liberté, l'égalité,
la fraternité, ni la bonne gestion, ni le principe de précaution. Aurait
même tendance à pratiquer la politique du pire.

---

NATALITAS
Quant à la question des taux de natalité comparés des différentes
populations en France, sujet à controverses, l'article ci-dessous,
capturé chez Yahoo sur les conseils de ce correspondant, donne
quelques infos :

# PARIS (AP) - L'immigration n'a qu'un rôle limité sur la fécondité en
France, puisque, si les étrangères qui y vivent ont proportionnellement
plus d'enfants que les Françaises, elles ne contribuent à relever le
taux de fécondité que de 0,1%, selon une étude de l'Institut national
d'études démographiques (INED) rendue publique jeudi 22 mars 2007.
Immigration ou pas, la fécondité de la France reste l'une des plus
élevées d'Europe, souligne l'INED. Selon l'Institut national de la
statistique et des études économiques (INSEE), le taux de fécondité
en France s'est élevé à 2,0 enfants par femme en 2006. Avec l'Irlande,
la France reste l'un des pays de l'Union européenne où l'on fait le plus
de bébés.
D'après la nouvelle étude publiée dans "Populations et sociétés",
bulletin mensuel de l'INED, qui se base sur des données recueillies
en 2004 et 2005, les étrangères contribuent aux naissances de la
France dans une proportion de 12%, et les immigrées, qui incluent
les étrangères devenues françaises, dans une proportion de 15%.
La fécondité des étrangères est plus élevée que celle des Françaises
(3,3 enfants contre 1,8 en 2004), mais comme ce surcroît ne concerne
qu'une minorité au sein de la population, il relève seulement de 0,1
enfant le taux de fécondité du pays, qui était passé ainsi de 1,8 à 1,9
enfant par femme en 2004. Les étrangères restent en effet minoritaires
parmi les femmes en âge d'avoir des enfants (7%).
Autre constatation de cette étude : les immigrées naturalisées, qui
pratiquent plus les unions mixtes que les immigrées non naturalisées,
se rapprochent des Françaises de naissance par leur comportement de
fécondité : 2,1 enfants en moyenne, au lieu de 2,6 pour l'ensemble
des immigrées et 3,3 pour les étrangères. AP #

Cela dit, dans la mesure où il est interdit de prendre en compte
l'origine ethnique dans les statistiques, il doit être très difficile
d'obtenir des chiffres autres qu'approximatifs, non ? Par des sondages ?
Ou par comparaison avec les pays voisins où les statistiques ethniques
existent ?

Petite info supplémentaire sur la question, puisque, après tout, la
question de l'immigration est fortement à la mode :
# Quelle est la part des familles issues de l'immigration dans cette
hausse de la natalité ?
Elle n'est pas négligeable, puisque la France est un pays d'immigration
de longue date. Cependant, ces naissances ne représentent qu'un
enfant sur 5 ou 6 en France. Il faut comprendre que si la fécondité des
familles immigrées est élevée, celle des enfants issus de l'immigration
est la même que celle des Français. Quand les immigrés arrivent en
France, c'est pour fonder une famille. Mais après une génération
d'adaptation, leur fécondité est à peu près la même que celle des
familles d'origine française. Sans les mères immigrées, le taux de
fécondité serait de 1,8 enfant par femme au lieu des 1,9 de 2005.
Elles contribuent donc aux naissances, mais de façon minoritaire.
France Prioux, démographe à l'INED #
http://www.linternaute.com/actualite/savoir/06/(...)france-prioux.shtml

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POUR LE PLAISIR (hum), RESTONS ENCORE UN PEU DANS LES CHIFFRES
DÉMOGRAPHIQUES

# En 2050, une population mondiale de 9 milliards d'habitants pèsera sur
l'environnement - 14 mars 2007 (Par Pierre Melquiot)
"La population mondiale continue de vieillir et dépassera les 9
milliards d'habitants d'ici à 2050", confirme un rapport de l'ONU
intitulé "Révision 2006", "La population mondiale s'accroîtra de 2,5
milliards de personnes sur les 43 prochaines années, passant de 6,7
milliards à l'heure actuelle à 9,2 milliards en 2050. Cet accroissement
équivaut à la population totale de la planète en 1950 et il sera absorbé
principalement par les régions les moins développées. #
Pour plus de détails :
http://www.actualites-news-environnement.com/20070314(...).php

---

"MÊME LOIN DES HOMMES..."

Revenons au Courrier International spécial "trop chaud" et à son
parcours de la planète Terre, ses glaces, ses océans, ses forêts.
En forêt amazonienne, on constate que la concentration de CO2 favorise
certaines espèces au détriment d'autres. "En général, les gros arbres à
croissance rapide l'emportent aux dépens des plus petits, qui vivent
dans les sous-bois." On dirait la description de ce qui se passe dans le
monde des affaires ultra-libéralo-commercialistes ! Y aurait-il une
synchronicité entre les phénomènes sociaux et les climatiques ? Violence
et extrémisme... Contrastation (?) : les riches deviennent plus riches,
les pauvres deviennent plus pauvres -- ou bien crèvent. "Plus
l'atmosphère est chaude, plus les pluies sont violentes. Mais lorsqu'il
ne pleut pas, tout s'assèche plus rapidement parce qu'il fait plus
chaud. Il y a à la fois plus d'inondations et plus de sécheresse." Il
semble de même que les cyclones soient plus violents, les tempêtes
plus fortes et les vagues idem.
Y a que le froid qui veut pas devenir plus froid...

Pour revenir à la forêt, le problème, à la longue, est celui de la
biodiversité, bien sûr, encore. Et aussi le risque d'une boucle de
rétroaction positive de plus : la croissance plus rapide des grands
arbres et la réduction de la sous-canopée risquent de diminuer le rôle
de "puits de carbone" de la forêt, c'est-à-dire sa capacité à fixer les
gaz à effet de serre. Sans compter que les incendies des arbres
desséchés produisent du CO2 et que le pourrissement des arbres
humides produit du méthane.
D'ou réchauffement climatique +.

---

Un autre article prolonge ça, sympathiquement intitulé "Et s'il était
déjà trop tard pour agir?"

En gros, ça dit qu'on peut éviter le pire si l'on agit sans tarder (dans
les 20 ans en cours). Ça ne veut pas dire arrêter le réchauffement dans
le même délai (actuellement, quoiqu'on fasse, ça va continuer), mais
espérer arriver à une stabilisation. Du moins, c'est ce qu'on se dit
tous. Mais peut-être est-il déjà trop tard, peut-être le point de
non-retour est-il déjà franchi. C'est la question des SEUILS.
Pour certains chercheurs, passé un certain seuil, vers 2000 ou 2001, les
"puits de carbone" de la biosphère se seraient "fermés", mais seulement
dans un sens, c'est-à-dire que non seulement ils cesseraient d'absorber
le carbone que nous répandons, mais encore ils relâcheraient celui
qu'ils stockent déjà, en particulier sous la forme de méthane issu de la
décomposition organique. Et le méthane est ±20 fois plus "à effet de
serre" que le CO2. Autrement dit, pour les forêts pluviales comme pour
la toundra, le réchauffement encourage la décomposition bactérienne qui
produit du méthane et du CO2 qui tous deux encouragent l'effet de serre
et le réchauffement. Boucle de rétroaction positive, une fois de plus !
(Ouiiin, j'en ai marre !...)

---
PESSIMISME ?
S'il y a encore vaguement controverse sur la question du réchauffement
climatique, la question que devraient se poser les zotorités n'est pas
de savoir si les pessimistes ont raison, mais si on peut se permettre de
supposer qu'ils ont tort.

EN GUISE DE CONCLUSION (PROVISOIRE) (Parce que j'essaye de me limiter à
3 pages à la fois) (Bon, OK, 3 pages 1/2 !)
... Claude Allègre est un gros nase joyeux.
http://www.actualites-news-environnement.com/20070315(...)climat.php

---

La prochaine fois, on parlera des vaches, tiens !


L.O. 137 - 10/4/7

(Toujours pas très drôle, mais informative et didactique. Il faut.
Surtout quand on constate, en discutant un peu que, par exemple,
beaucoup confondent trou dans la couche d'ozone et réchauffement
climatique.)

COMBATTRE LE FUTUR # TOME III

AH, LES VACHES !!!

Et puisqu'on est à fond dans le méthane, je reprends, à peine
résumé/paraphrasé, un article signé José Navarre, sur :
http://www.infoxygene.com/dossiers/article.php?id=114

# Nos amies les vaches sont des pollueurs, de véritables machines à
produire du gaz à effet de serre et le pire : du méthane à l'état pur.
A chaque rot de bovin, c'est un peu de réchauffement climatique en plus.
Les millions de vaches élevées en France produisent, sources officielles
à l'appui, 5% des émissions françaises de gaz à effet de serre, à cause
d'un phénomène biochimique : la fermentation entérique.
Les ruminants ruminent et pendant qu'ils mastiquent leurs aliments,
ils rejettent du méthane dans l'atmosphère, ils rotent et puent de
la gueule, certes, mais c'est pas de leur faute. Rappellons-nous
nos "leçons de chose" de l'école : les bovins avalent l'herbe sans la
mastiquer et elle se rend directement dans la première poche de leur
système digestif : la panse. Le bol alimentaire passe ensuite dans la
seconde poche, le bonnet, où les aliments sont transformés en petites
boules. Plus tard, la vache ramène ces boules de l'estomac à la bouche
et c'est à ce moment qu'elle mâche tranquillement sa nourriture : elle
rumine. Ensuite, elle avale de nouveau. La nourriture descend alors
enfin dans la troisième et la quatrième poche, le feuillet et la
caillette. La nourriture est maintenant définitivement digérée. #
Et donc, pendant la rumination, l'herbe étant déjà en cours de
fermentation, elle rote du méthane, la caillera ! (Et ell' s'la pète !)
# Mais la fermentation entérique n'est pas seule source de production
de gaz à effet de serre de l'élevage français, y a aussi la bouse : les
déjections des animaux, toutes espèces confondues, représentent
aussi 3 % de la production nationale de gaz à effet de serre.
Du côté des verts pâturages et des cultures, le bilan n'est pas beaucoup
plus satisfaisant. L'épandage massif d'azote sous forme de déjections
(fumier, purin) et d'engrais minéraux est à l'origine d'émissions de
protoxyde d'azote (N2O), un autre gaz à effet de serre. Sans même
prendre en compte les émissions liées à la fabrication industrielle des
engrais, les seules émissions des champs et prairies contribuent à près
de 9 % de la production nationale de gaz à effet de serre. Ramenée en
"tonnes-équivalent-CO2", cette quantité représente plus que l'ensemble
des émissions liées à la production d'électricité et de chauffage urbain
en France. Je répète : plus que l'ensemble des émissions liées à la
production d'électricité et de chauffage urbain en France !
Additionnons maintenant tous les gaz à effet de serre produits par
l'agriculture (sans oublier la contribution, somme toute marginale,
des machines et engins agricoles). On aboutit à 20 % des émissions
nationales de gaz maudit.

Note-rappel didactique de l'auteur : les gaz à effet de serre regroupent
plusieurs gaz dont trois sont directement produits par les activités
agricoles : le CO2 (dioxyde de carbone ou gaz carbonique, issu de la
respiration et de la combustion des moteurs et chaudières) le CH4
(méthane), le N2O (protoxyde d'azote ou oxyde nitreux).
Les différents gaz sont affectés d'un coefficient qui reflète leurs
capacités respectives de réchauffement. Ce coefficient permet de
comparer les émissions des différents gaz à effet de serre en les
ramenant à une unité commune conventionnelle : la "TeqCO2", la
"tonne-équivalent-CO2 ". Cela permet, après avoir tout converti en
MteqCO2, d'affirmer que les rots de méthane de la population bovine
produisent deux fois plus de GES que les 14 raffineries françaises
(qui recrachent plutôt du CO2). #

---

POURTANT, POURTANT...
(D'après News Press. 16-03-2007)

Les prairies agiraient en "puits de carbone"

... Les résultats de l'INRA (projet européen GreenGrass) indiquent un
stockage de carbone par les prairies françaises et européennes et un
bilan net de gaz à effet de serre proche de la neutralité.
Toujours ça de pris et gardarem lous prairies (qui occupent un quart
du territoire européen.)
Mais les chercheurs ont également montré que les prairies les plus
exploitées par la fauche et le pâturage (+ engrais, bouses, 4x4, motos
vertes...) présentaient la plus faible activité de puits de carbone.
... Et aussi que sous l'effet de la canicule de l'été 2003, les prairies
sont devenues source de carbone. Et comme les étés futurs prévoient
de nous refaire le coup de la canucule, c'est pas bon.
Par ailleurs, les effets à long terme du réchauffement seront
"différents" de ceux observés à court terme, du fait des changements de
végétation. Étude en cours (projet Imagine). Différents en quel sens?
On prend les paris ?
http://www.tv5.org/TV5Site/info/communiques-de-presse-article(...)FR185624

---

Et comme par hasard, je reçois ça de JPA, en provenance du Bulletin
d'Information de la Ligue française des Droits de l'animal. (39 rue
Claude-Bernard, 75005 Paris)

# VIANDE ET RÉCHAUFFEMENT
La consommation de viande contribue au réchauffement climatique. Ce
n'est peut-être pas évident à première vue, mais c'est tout à fait
prouvé et d'ailleurs logique. Un rapport de la FAO, publié le 29
novembre 2006, et repris par Le Monde du 5 décembre, le démontre
clairement. En effet, le bétail est à l'origine de 37% des émissions de
méthane liées aux activités humaines : ce gaz a une action 23 fois
supérieure à celle du CO2 sur le réchauffement. L'élevage, et plus
précisément le fumier, produisent 65% des émissions de N2O (protoxyde
d'azote) lequel a une action 269 fois supérieure à celle du CO2. Il ne
faut pas oublier que les pâturages occupent 30% des terres émergées,
et que 33% des terres arables produisent l'alimentation du bétail.
Comme la production de viande ne cesse d'augmenter, la conclusion à
laquelle aboutit la FAO ne surprend pas : "L'impact négatif de l'élevage
diminuerait si la consommation excessive de produit animaux parmi
les populations riches baissait." #

JPA ajoute : Il ne faut pas oublier non plus que la déforestation
de l'Amazonie vise essentiellement à libérer de la place pour des
pâturages, livrés à d'immenses troupeaux de boeufs destinés à la
consommation en viande des Etat-Unis. Vive la carotte râpée! #

---

Alors devenons tous végétariens (Ah ! Le MacDo soja !) ou au moins
commençons par éviter la viandre de boeuf, les laitages et la
vache-qui-rit. (Et encourageons la corrida ?) (Et le tir au bovin dans
les couloirs de Nihous?) (D'un autre côté, avec de la bouse de vache, on
peut se chauffer en hiver et même alimenter des piles à combustible...)


---

CHWAL
Et puis voilà que Gium me communique un article d'un économiste
américain, Dwight R. Lee, qui, d'après une étude anglaise parue dans
The Independant, vante le remplacement des chevaux par les voitures :
selon lui, il sort moins de gaz à effet de serre du trou du cul d'une voiture
que du pot d'échappement d'un cheval. Donc le remplacement des chevaux
de trait ou de transport par les voitures, depuis un siècle, aurait
économisé de la production de gaz à effet de serre, et de la surface de
pâturages (qui auraient été remplacés en majorité, selon lui, par des
forêts, c'est-à-dire des "puits de carbone").

Ouais. Sans compter que les bêtes, ça donne des tas de maladies.

Il ne donne aucun chiffres comparatifs, évidemment, et j'ai bien peur
que le nombre d'automobiles qui dioxydentdecarbone aujourd'hui soit
monstrueusement supérieur au nombre de chevaux qui proutaient il y a
un siècle ! Si, comme seul chiffre, il indique : "livestock are responsible
for 18 percent of the greenhouse gases that cause global warming, more
than cars, planes and all other forms of transport put together."
(Chiffre proche des 20% donnés ci-dessus pour la France). Mais
"livestock", c'est plus les boeufs que les chevaux, non? Et les chevaux
ne ruminent pas, eux, au moins.
...
Précision :
# Par kg d'aliment consommé, la production de méthane d'un cheval
est 3 à 4 fois plus faible que celle d'un ruminant. Son émission annuelle
moyenne est de 25 m3 (chevaux de sport et de loisir). # (Lu dans une
étude de l'INRA. On trouve tout, sur internet!)

DONC, tant qu'à manger de la viandre, il vaudrait mieux du chwal.

Ou alors on reste à la maison et on mange nos voitures.

---

Bonus 1
Principe de base du parachutisme :
Quand tu fais de la chute libre, tant que tu vois les vaches comme
des fourmis, il n'y a pas de danger.
Quand tu commences à voir les vaches comme des vaches, il est
temps d'ouvrir ton parachute...
Et quand tu vois les fourmis comme des vaches... Il est trop tard !

---

Bonus 2
Piqué sur linternaute.com
Pour lutter contre la pollution, Yann Artus-Bertrand revend son
hélicoptère et continue son grand projet à pied.
Découvrez les premières photos en exclusivité du "Ciel vu de la Terre".

LO137 Ciel1 LO137 Ciel2 LO137 Ciel3


L.O. 138 - 30/04/2007

EUROPE'S

A l'époque du référendoum, les commentateurs désolés : "La France
a dit NON à un traité européen qu'elle a elle-même voulu et conçu".
C'est rigolo, mais ça dénote surtout qu'il y a deux (ou plusieurs)
France(s) : un décalage entre les gens ( = la France) et les dirigeants
( = la France). Pourtant les dirigeants sont bien ceux qu'on a élus...?
Et aujourd'hui : "Bizarre, ces Français : ils ont voté NON au référendum
européen et ajourd'hui les trois candidats qui arrivent en tête au
premier tour des élections présidentielles sont de ceux qui avaient
voté OUI !"
Un paradoxe de plus...

C'était juste un détail de l'histoire pour entrer en matière.

---

"LES FRANÇAIS ADORENT LA RÉVOLUTION MAIS DÉTESTENT LE CHANGEMENT",
dixit je sais plus qui.

En fait, si on se retrouve avec un Shark, une Royal (plus un demi-Bayou
avec l'un ou l'autre), c'est parce qu'il y a très peu de chances (de
risques) que l'un d'eux change grand chose à l'état des choses.
En fait, au fond de nous, et de plus en plus clairement, on SAIT qu'il
faut un changement, je veux dire DES changements et même des
ÉNORMES CHANGEMENTS (politiques, économiques, sociaux, techniques,
administratifs, démographiques, écologiques...), on sait qu'un nouveau
gouvernement devrait, toutes affaires cessant, décréter l'état d'urgence
dans le pays. Et, qui plus est, que tous les gouvernements de tous les
pays du monde devraient décréter l'état d'urgence dans tous les pays
du monde.
"Changement" est un mot faible.
"Révolution" est encore un mot trop faible.
"Bouleversement" est à peine suffisant.

On sait. Et on est mort de trouille, bien sûr.
Parce que au fond, on voudrait bien continuer à lire nos BD, faire
rouler nos bagnoles, écouter de la pop et regarder la télé, sortir en
boîte et surfer sur le net, et puis faire des enfants et leur donner
à manger et les mener à l'école. Et puis, après le boulot, faire
une pétanque entre potes en buvant un pastis.
Alors le Shark fait peur, certes, ne fait même jamais aussi peur que
quand il dit qu'il nous aime... Et la Royal ne nous rassure pas vraiment...
MAIS entre deux peurs, on choisit la moindre : on sait que l'un ou
l'autre ne bouleverseront pas vraiment notre mode de vie. L'un comme
l'autre prolongera l'état des choses actuel, un peu mieux un peu pire,
on ne sait pas, mais relativement en douceur. (Pas pour tout le monde,
certes.)
On continuera à dormir relativement tranquille. (Pas "tout le monde",
dans ce "on", certes.)
Mais la tête sur l'oreiller ou SOUS l'oreiller ?
Votons pour oublier.
Et voilà que Michel Serres, mon philosophe préféré, apporte de l'eau
à mon moulin :
"Pourtant les changements arrivent toujours, à leur pas lent de colombe,
comme disait le vieux père Nietzsche. Mais personne ne les voit venir."
[...] "Savez-vous qui sont aujourd'hui les décideurs ? Sans doute ne
sont-ils pas ceux que l'on croit, sans doute ne sont-ils pas ce que la
société du spectacle donne à voir, à grande lumière et bruit
étourdissant. La nouveauté arrive toujours sur des pattes de colombe..."
(TLRM 29891)
Pattes de colombe ? Qui ou quoi, pendant que l'accession au pouvoir du
monsieur Shark, insufflant encore un peu plus de libéralisme économique
dans la sphère, ne fera qu'accélérer le processus qui avance à pas de
moins en moins feutrés, qui ou quoi, cependant, "pendant ce temps",
comme on dit en BD, quel changement avance à pas lents de blanche
et pacifique colombe ?

---

DERNIERE LIGNE DROITE ?

Il est venu un moment, au cours de la campagne, où je me suis refusé
à continuer à taper sur le Shark et à retransmettre tous les messages
anti-, bien persuadé que mes lecteurs les recevaient de toute façon par
d'autres voies et plutôt deux fois qu'une. Bien persuadé, une fois de
plus, que toute cette manifestation de "contre" lui fournit de l'énergie.
NS, c'est un peu comme Erich Von Stroheim "l'homme qu'on aime
détester". Et mieux "l'homme qui aime être détesté". Qui jouit de
faire peur. Pervers -- au sens clinique, oui.
Et puis j'avais autre chose à faire que battre la campagne électorale.
Entre autres faire des LO didactiques sur le réchauffement climatique
(et j'ai pas fini.) Et puis pas mal d'activités professionnelles qui me
tiennent loin de chez moi et de mon clavier (Cf page ACTU sur La Case
à Caza).

Il est venu un moment, au cours de la campagne premier tour, où m'est
venue fortement l'envie de m'abstenir, même pas voter blanc, m'abstenir
-- hors-jeu. Ça ne m'était pas arrivé depuis l'époque hippyque...
Sentant remonter en moi de plus en plus fort le sentiment que "c'est
AILLEURS ET AUTREMENT (qu'à la présidentielle) que les choses vont
se passer..." ("Les pattes de la colombe" de Serres ???)
Cela dit...
... Cela dit, pour qu'un vote blanc soit utile, il faudrait un vote de
masse énorme en ce sens : 60 ou 70 % d'abstentions ! Ça, ça serait
une manifestation qui pousserait tout gouvernement à l'impuissance.
Démission, chaos, assemblée constituante, nouvelle république.
... Cela dit, au premier tour, j'ai fait vote "inutile" : le Bové, parce
que.
(Cf LO128 : "J'ai quand même dans l'idée que, en s'attaquant au système
économique ultra-libéral mondialisé, on s'attaque aux causes profondes
de la catastrophe climatique, quelque chose comme intervenir en amont,
soigner les causes plutôt que les symptômes.")
... Aussi bien, j'aurais voté Voinet, parce que.
(En faisant le jeu du site jevotex, c'est son programme qui émergeait
à 60 % de mes choix, certes, mais de là à croire à sa capacité à
l'appliquer... (trop de "à" dans cette phrase !)
... Aussi bien, j'aurais voté Schivardi, celui qui va le plus au bout de
ses idées, en cohérence avec le NON à l'Europe de Maastrich. (Ça
vous fait rire ?)

---

J'AIMERAIS MIEUX UNE DERNIÈRE LIGNE GAUCHE.

Au second tour, on vote "par défaut", comme d'hab'.
Contre le Shark, en l'occurrence.
Evidemment, la tentation reste grande de voter blanc. Et il y a une
cohérence à ça. Entre la peste et le choléra, entre Charybde et Scylla,
entre le martou et l'encloume, entre boire et conduire, entre la poire
et le fromage... il faut choisir, dit-on. Mais faut-il vraiment ?
Sachant que voter (pour l'un ou pour l'autre, indifféremment), c'est
donner son approbation au système tel qu'il est et à son évolution vers
le bipartisme. Ou vers un système apolitique purement gestionnaire.

Mais après tout, on se retrouve à peu près dans la même situation
qu'en 2002 : entre deux maux, il faut choisir le moindre.
Car que LePen soit descendu à 10%, est-ce vraiment une bonne nouvelle?
Pour moi, non. LePen n'était pas "éligible" (la preuve en 2002) et, si
élu, il ne pouvait pas gouverner. Maintenant il n'y a "plus besoin" d'un
LePen et d'un Front National : ses idées sont partout, et en particulier
entre les mains et les dents du Shark. Le jeune longues dents s'est
nourri sur la dépouille du vieux mammouth usé. Et lui fait moins peur,
je me demande bien pourquoi. Et lui est éligible, donc tout à fait à
même d'appliquer les "idées" en question.
Donc pas bonne nouvelle et donc "tout sauf Sarko", comme il y eut
un "tout sauf LePen".
Chirac plutôt que LePen. Royal plutôt que Shark. C'est aussi simple
que ça. (On aurait eu Bayou-Shark, j'aurais voté Bayrou. On aurait eu
Bayou-Royal, j'aurais voté Royal. On aurait eu Sharko-LePen, j'aurais...
euh... là, sans doute, j'aurais voté blanc. Et peut-être bien fait mes
bagages pour le Québec (par exemple). (... À moins de voter LePen,
dans un élan de "politique du pire", option désespérée qui veut qu'en
fonçant dans le pire, on a des chances d'en mettre au jour l'insanité
et l'inapplicabilité plus vite -- et donc d'en sortir plus vite -- mais au
prix de quel chaos ?)

---

DRINK KRAZY-COLAS (pas Light) !
(UN SHOW PLEIN DE PIPOLES.)

On hallucine en voyant le dernier meeting triomphal du Shark à Bercy
(images télé fournies par l'UMP). Ça donnerait même assez envie de
vômir, ne serait-ce qu'à cause de l'étalage de fric que ça représente.
C'est quand même un bon moyen pour repérer ses ennemis : Johny, bon,
on savait, Clavier, Bigard, OK, normal. Mais Henri Salvador ???!!! Gâteux,
alors, ça y est? Tristesse... Et Farrugia ? Non mais ça va pas la tête ?!
(On attend toujours le tireur fou à l'américaine qui ferait 33 morts
dans le tas. A la Foire de Paris, peut-être, au milieu des séche-linge
roses et des tables avec frigo incorporé ?...)

On s'échange (ou s'achète) les soutiens, les pipoles et les votants
comme les équipes de foot échangent (ou achètent) des joueurs.
La politique descend au niveau du sport commercial multinational.
Le Shark qui racole en tête et continue à ratisser large, qui se
présente comme "candidat du peuple"... De tels odieux abus de
langage passent-ils donc la rampe ?
Mais bon, Royal Canine aussi. Au point qu'on assiste à des paradoxes
sémantiques, des oxymorons galopants, des expressions creuses ou
trop pleines ou auto-contradictoires. VOTEZ OXYMORON !
Mais l'exigence de cohérence peut rendre fou. La capacité à vivre les
contradictions, à accepter les paradoxes, les conjonctions de contraires,
est un gage de santé mentale -- et peut-être la clé de l'avenir.

---

PHILIPPE CAZA
"Arkadi" tome 8 est de sortie ! Qu'on se le dise !


L.O. 139 - 1er mai 2007

Pour la dernière ligne gauche, je me permets quand même de
retransmettre quelques infos parano mais presque, qui ne font pas
vraiment du bien par où elles passent, mais peuvent nous confirmer, s'il
en était encore besoin, dans la volonté bien arrêtée de voter NON au Shark.
(Et donc de voter Ségolène Royal, je le reprécise au cas où ma dernière
LO n'aurait pas été assez claire à ce sujet. Surtout que maintenant le
grand mammouth pousse à l'abstinence...)

---

TOUCHE PAS À MES GÈNES !

# Information aux signataires de l'appel Pasde0deconduite
(30 avril 2007)
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy répondent à Pasde0deconduite
Le collectif Pasde0deconduite a interpellé dans une lettre ouverte les
candidats à la présidentielle au sujet de la loi sur la prévention de la
délinquance qui prévoit la levée du secret professionnel au profit des
maires. Dans ce courrier du 20 mars 2007 nous demandions : "Si vous êtes
élu(e), comment entendez-vous agir pour garantir aux familles les plus
en difficulté une protection scrupuleuse de leur vie privée et favoriser
de véritables actions de prévention auprès des enfants et des familles
hors de toutes dérives sécuritaires et prédictives ? A cet effet
abrogerez-vous les dispositions de la loi sur la prévention de la
délinquance (article 8), qui portent atteinte au secret professionnel
dans le domaine de l'accompagnement social et de la santé ?".

Dans sa réponse, N. Sarkozy confirme le dispositif d'information aux
maires dans un but de prévention, tout en convenant que si à terme
ce dispositif s'avère "néfaste", il pourrait être revu.

Dans sa réponse, S. Royal prend position contre le dispositif de levée
du secret professionnel et d'information du maire et souhaite que les
actions de prévention respectent "les droits fondamentaux des
personnes", "l'éthique" et "ne soient pas détournées".

Par ailleurs le collectif Pasde0deconduite a publié le 13 avril 2007
un communiqué intitulé : Non, les gènes ne commandent pas le
comportement et le destin des humains, faisant suite à l'utilisation
dans le débat politique d'arguments sur l'influence supposée de la
génétique sur les comportements.

Notre collectif poursuit son travail : rencontre scientifique
Pasde0deconduite à l'automne
Le collectif Pasde0deconduite organise à l'automne une rencontre entre
scientifiques sur la prévention et la petite enfance qui réunira des
neurobiogistes, des généticiens, des chercheurs en sciences humaines,
en sciences de l'éducation, des praticiens de la santé, du psychisme
et de la petite enfance, etc. #

http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/

---

PHILOSOPHIE MAGAZINE

C'est dans ce magazine que NS disait, face à Michel Onfray, qu'il voyait
la pédophilie ou la tendance au suicide comme inscrits dans les gènes.
Le dernier numéro du magazine fait état de nombre de réactions de
lecteurs et de politiques et intellectuels, et donne "l'avis d'un
expert", Pierre-Henri Gouyon, biologiste.
Il en ressort qu'aucun biologiste sérieux ne peut prétendre une chose
pareille, l'ennui étant la charge idéologique associée au sujet. Le
clivage "gènes = de droite" contre "environnement = de gauche" n'a
pas de sens.
Extraits :
# S'il s'agit de faire des gènes la cause de comportements déviants, en
lieu et place de leurs origines sociales, la question est absurde. (...)
les gènes ne peuvent pas être dissociés de l'environnement et ne
déterminent rien en dehors d'un environnement. Chaque individu est le
produit d'un génotype ET d'un environnement unique. La génétique est
l'étude de l'interaction entre les deux. (...) des gènes qui,
favoriseraient dans tel environnement l'hyperviolence peuvent,dans un
autre environnement, déboucher sur des succès sportifs ou intellectuels.
(...) #
Autrement dit, les gènes ne sont qu'un potentiel qui ne demande qu'à
être modelé et modulé par un environnement, en particulier social,
puisque l'homme est un animal social.
En conclusion, il vaudrait mieux travailler à agir sur les causes
accessibles politiquement (l'environnement social) que de se pencher
de trop près sur les gènes qui n'en peuvent mais.

(Dans ce N°, on parle aussi, en particulier, de Wikipédia (qui confirme
que c'est bien Diderot qui a inventé l'informatique), de l'Univers
(est-il fait pour l'homme?), de Montaigne et de bien d'autres choses.
Avec toujours une page bien rigolotte de Jul - cette fois-ci sur Bergson.)

---

"TON BÉBÉ, C'EST TROP UNE CAILLERA !"

Prévention de la délinquance, façon NS.
La discipline s'impose dès le berceau.
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/05/BELMESSOUS/14677

---

Un site florilège de petites images sympa anti-qui-vous-savez.
http://paroledecaille.blogspot.com/

---

Et si vous manquez encore d'informations quant à l'érection
présidentielle, vous pouvez parcourir ces archives du Monde Diplo :
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-04-25-Election-presidentielle

En particulier, une bonne mise en perspective historique, ça fait pas
de mal :
# Changer de président ou changer de Constitution ?
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/03/BELLON/14514
Extrait :
# (...) en 1958 le rapport de forces ne permettait plus à la plupart
des tenants du système parlementaire de résister, ni même de faire
figure honorable. Le régime, à l'exception de quelques individualités,
n'avait plus la force morale de résister aux assauts de de Gaulle et
au changement de régime qu'il proposait. Le chef de l'Etat devint
constitutionnellement le ciment du pouvoir. Le choix en 1962 de
l'élection du président au suffrage universel direct confirma
totalement ce rôle en lui conférant l'onction populaire. (...) #

---

- A propos d'"onction", doit-on dire "onctionner" ou "oindre" ?

- On doit dire "oindre" parce que entre deux mots, il faut choisir
le mot "oindre".

---

DE LA MATRICE À LA MATRIX

J'ai aussi reçu ça :
# Bienvenue dans la matrice
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-899116,0.html

En résumé et afin que vous lisiez ce texte, c'est un décret qui est en
train de passer tout discrètement, qui se propose de conserver chaque
trace de passage sur le web ou chaque appel depuis un portable avec
adresse ip, heure, date, localisation, etc, afin de les délivrer à la
police judiciaire ou à l'Etat, sur simple demande. #




L.O. 140 - (Avant d'aller voter en pleurant!) - 6 mai 2007

Pour ceux qui vont lire leurs mails juste avant d'aller voter, je
retransmets cette lettre ouverte de ma petite soeur, qui dit "ce qu'il y
a à dire" avec plus de subtilité et de coeur que je n'aurais pu le faire.

# Réponse aux non-dits ou aux dits de quelques uns...
... et en guise de témoignage.

Pour changer la donne et commencer la remontée, les fait suivants sont
connus et reconnus sur la planète et donc en France (même si beaucoup,
depuis quelques mois, ont semblé l'oublier) :
Notre empreinte écologique dévore la planète et notre capital de vie
est bien entamé, la fin de notre monde est pour ce soir ou demain ou
après-demain, mais le pire (si cela est le pire!...) n'est jamais sûr...
Notre nombre sur la planète est une difficulté énorme, un "défaut"
important de plus, mais les défauts sont des qualités à l'envers et on
peut chercher comment se servir de ce défaut comme d'une qualité. Au
travail!
Chaque pays n'en fait qu'à sa tête, mais pas tous... et les nations
commencent à travailler ensemble, plus que jamais auparavant. Ne
laissons rien passer!
Chacun de nous ou chaque pays est toujours le "con" d'un autre, mais pas
tous, en tous cas, cela relativise l'image qu'on peut avoir de soi-même,
individuellement et collectivement! Cela permet de repartir sur des
bases plus détachées!
Chacun de nous sur la planète et donc en France, nous faisons partie du
même organisme géant (et même plus que géant) dans lequel sont
contenus entre autres la planète, les humains, les animaux, les plantes,
les minéraux entre autres... donc que rien ne se fera sans tenir compte
du tout.
Nos adversaires, nos contradicteurs, les difficultés, les obstacles
(pour ne pas dire les souffrances) sont, à condition d'avoir pu garder
l'esprit ouvert, en général très efficaces pour nous pousser à devenir
enfin créatifs dans les améliorations nécessaires à apporter à la vie de
tous les êtres vivants. Autrement dit: les secteurs d'engagement ne
manquent pas! C'est notre boulot sur la planète, c'est pour cela qu'on
est là, sinon Pour Quoi?
La proportion des "conscients" en France ou sur la planète est encore
insuffisante mais elle augmente à vue d'oeil (le 3ème évidemment! ;o) )
Par ailleurs, si nous ne nous y mettons pas, la nature se régulera
elle-même et se chargera des nettoyages nécessaires, elle a commencé,
nous pouvons compter sur elle!

Ni naïfs, ni idéalistes, nous ne sommes pas tombés de la dernière pluie
et il faut cesser de prendre les autres pour des imbéciles, ce que sait
parfaitement faire tout une grosse part de la classe politique ou autres
people d'ailleurs, et il est donc reconnu aussi:
qu'aucun homme politique n'est totalement crédible, honnête, sincère,
mais pas tous...
que les uns couchent avec les autres, mais on s'en fiche complètement!
qu'ils trahissent sans vergogne, se trompent, nous trompent (on s'en
fiche nettement moins!), mais comme partout et de tous temps,
franchement quelle nouvelle! et qui jettera la première pierre?!
que leurs programmes sont incomplets, incertains, erronés, oui, oui, et
en plus, on ne sait même pas s'ils l'appliqueront dans le pire ou le
meilleur des cas
qu'enfin, mais la liste n'est pas exhaustive, il y a parmi les hommes et
les femmes politiques des personnes plus intéressantes et/ou moins
pourries que d'autres.


Mais il est reconnu surtout et c'est une évidence, que la vie est pleine
de surprises, d'inattendu, d'inimaginable, que nous ne savons rien de
notre avenir ni à court, ni à long terme: la prophétesse Cassandre a été
condamnée à ne pas être crue (et pourtant à Troie, elle disait vrai) et
c'est heureux! car nous savons bien que les humains ne peuvent vraiment
prendre en compte une situation qu'à la suite d'une longue et lente
maturation pour pouvoir tirer les leçons nécessaires et en plus , chacun
à des rythmes différents. (Quelquefois mais rarement, un évènement
soudain dramatique ou lumineux provoque un électrochoc qui booste
certains groupes)
En tous cas jamais, ni le catastrophisme d'une Cassandre , ni les
propositions bienveillantes de tous les sages de la terre ne permettent
des prises de conscience immédiates... Alors à quoi bon jouer les
Cassandre?! et se repaître d'amertume et de certitude d'avoir raison et
ainsi se gâcher sa propre vie quotidienne...

Par exemple, nous n'y aurions pas cru si, il y a seulement 5 ans, on
nous avait dit avec certitude ce qui se passerait en 2007: une campagne
présidentielle passionnante alors que le vote tombait partout en
désuétude, ou l'extraordinaire et soudaine modification de la vie
quotidienne de tout un chacun apportée par internet en quelques années,
mais aussi l'accélération de la dégradation de l'état de la planète
(même si depuis les années 60, il en était déjà question) et en même
temps une conscience grandissante de tout cela, s'installant de façon
significative.

Rien n'est plus fort qu'une idée dont le temps est venu et la prise de
conscience de la nécessité de travailler à l'amélioration de la vie sur
terre pour tous se répand comme une traînée de poudre. Toutes les
idéologies en "-ismes" actuelles s'exacerbent dans les soubresauts de la
fin d'une ère agonisante et la naissance de cette extraordinaire période
de l'humanité que nous sommes entrain de vivre, ces idéologies dépassées
se cristallisent et par là même s'auto-détruisent, tout cela est
effectivement décoiffant et porteur de dégâts mais nécessaire et symbole
de vie et non de mort . Toute projection actuelle dans les années qui
vont suivre, ne peut être que très partielle et sûrement sans mesure
avec ce qui va se transformer, nous transformer, mais c'est à vivre à
condition que nous le voulions et que nous y prenions part.
Les leaders (les bienveillants et plus éclairés) ne pourront rien faire
sans être accompagnés, soutenus, "corrigés" par nous.


Dans l'immédiat et en regardant plus loin, plus haut et plus profond que
les programmes électoraux eux-mêmes, mon intuition est la suivante:
monsieur Sárközy n'est pas le président de la République qu'il faut à
la France.
Je pense que, pour porter une vision, donner un élan et les grandes
directions souhaitées, les traits de la personnalité et du caractère
d'un président sont plus importants encore que ceux du Premier ministre
qui, lui, a besoin surtout d'être compétent et pragmatique dans les
dossiers à traiter.
monsieur Sárközy est en particulier trop instable psychologiquement et
ce en profondeur, trop en demande d'amour et de reconnaissance, trop
versatile, trop fluctuant et insaisissable, trop hâbleur et bluffeur et
enfin, trop colérique et excité. Tout ceci est bien le pire pour être le
chef responsable d'un état.
monsieur Sárközy tiendra les promesses de prestige qui lui rapporteront
à lui et à un certain cercle et, à le laisser faire, il ne cessera de
renforcer son goût exacerbé du pouvoir, cette sorte d'esprit de revanche
qu'il a en lui.
Enfin, il s'assiéra sur le reste comme il le fait déjà (social, santé,
éducation, immigration et environnement), c'est-à dire la vie et
l'avenir de millions d'hommes, de femmes, (seniors, jeunes et vieux)
et d'enfants.
En ce moment très précis, il n'est pas celui qu'il faut ni à la France
en tant que telle, ni à la France reliée à l'Europe, ni à la France et à
son rôle vis à vis de la planète (interdépendance totale et donc
conséquences de toute décision politique, économique, sociale, (et
je dirais même de toute pensée)

Nous n'avons pas besoin d'un agressif de plus, d'un ambitieux de plus,
d'un manipulateur de plus, d'un pernicieux de plus, d'un cynique de
plus, d'un malfaisant de plus. Je ne souhaite pas être "protégée" par
ce monsieur comme il ne cesse de le répéter.

D'ailleurs, nous ne demandons pas de protection, ni d'être aimés du
président de la République, mais plutôt la possibilité d'être vraiment
pris en compte dans nos différences et nos particularités, la
possibilité de participer pour prendre à bras le corps notre destin!

Pour cela, nous avons besoin d'humanité, de créativité, de dialogue,
de respect, c'est cela qui donne l'autorité authentique. Nous avons
besoin de clairvoyance, de vision, d'énergie positive et de désir de
vivre, de créer le présent et l'avenir et ce, pour tous et ensemble.

Je considère donc que, à cette date, Ségolène, sans être notre idole
du tout, peut être cette présidente si elle est portée par nous, si nous
cheminons avec elle attentivement c'est-à-dire si nous remontons nos
manches, chacun à la manière dont il est capable, et avec ce même but
d'amélioration authentique et durable de la vie pour tous sur cette
planète. C'est aussi notre responsabilité individuelle.

De toutes façons, quoiqu'il arrive dimanche soir, il faudra se les
remonter pour la suite, nos manches!.

Avec mon affectueuse pensée.

Maylis #

---

J'y ajoute (au diable la varice !) deux autres textes reçus ces
dernières heures :

Texte de Franck Pavloff (Auteur de matin Brun)

# Pour sûr, ce n'est pas la peine d'affubler Nicolas Sarkozy d'une
petite moustache comme on le voit sur les affiches des panneaux
électoraux, je sais faire la différence entre un extrémiste qui fonde
son projet sur le racisme et un homme de droite qui essaie de se
maintenir dans le champ démocratique. Mais cette droite dure qui veut
baptiser un de ses ministères de l'appellation la plus ambiguë qu'il
soit : «Immigration et Identité nationale », joue avec le feu. Il ne
faut pas serrer la main du diable, disait-on chez moi, c'est toujours
lui qui l'emporte, et je n'aime pas la main droite que Sarkozy tend à
ceux dont il veut récupérer les voix. Je ne fais pas confiance à cet
homme à l'ego surdimensionné, capable avec de tels dérapages de se
prendre les pieds dans la mue de sa prochaine métamorphose et
d'entraîner ses électeurs dans sa chute. Je n'aime pas ceux qui mettent
en place une société d'exclusion, de confrontation et de mépris. Tant
d'années à le voir élaborer sa stratégie politique à partir du ministère
de l'intérieur, tant d'années à le voir appeler les journalistes au
chevet de son gynécée puis de les faire virer quand ils révèlent ses
états d'âme. Je ne veux pas d'une France fascinée par la propre image
de sa frénésie au point de renier son humanisme. Je ne voterai pas
pour Nicolas Sarkozy.#

---


Et celui-ci, l'appel d'Ariane Mnouchkine

# Allez-vous vraiment faire ça ?

Alors, vous allez vraiment faire ça ?

Vous les plus purs que d'autres, les plus intelligents que d'autres,
vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous
allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir,
vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui ?

Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?

Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ?
Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?

Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés,
les laves plus blancs que blanc vous allez faire ça ?

Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que talons
hauts ? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d'oreilles ?
Parce que vraie ?

Il n'y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas
cinquante propositions sur les cents ? Pas vingt ? Pas dix ? Pas une ?
Vraiment, rien du tout ?

Trop de quoi ? Pas assez de quoi ?

Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne
à gauche toute ?

Mais même l'extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue
plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?

Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007,
mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième.
C'est plus chic.

Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu'il leur
ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux
qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies,
que ceux-là l'acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C'est
même estimable.

Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d'ailleurs,
loin s'en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse,
qu'on a vu se si nombreux, si heureux, à Bercy avant hier, qu'ils
votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies,
c'est moins estimable, mais quoi de plus normal ?

Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de
travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment
rien ? Mais qu'est-ce qui vous fait si peur ?

Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une
grande douleur révélatrice, se sont débarrassés d'Aznar, et voilà que
nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat
de la droite dure ?

Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne
pariez pas ?

Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi
êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être du bien de ceux
qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.

Supporterez-vous dimanche soir d'apprendre qu'il a manqué une voix ?
Une seule. La votre. #

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Y en a plein d'autres, et de films, et des... Mais il est temps de
prendre son vélo et d'aller véloter...


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