DÉLITS D'OPINION


Cette page est une archive des Lettres Ouvertes n°141 à 150.
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L.O. 141 - (postée le jeudi 7 juin 07)

J'ai ambitionné un moment de continuer les LO sous forme d'un JOURNAL
DE LA VIE EN SARKOZIE, mais ça risque de ne pas aller très loin : tout
petit déjà je n'ai jamais réussi à tenir un journal bien longtemps.
Surtout que j'ai tendence à écrire des trucs en vrac puis à les laisser
traîner dans les coins de mon Mac (un mois, carrément !) Bon, disons
que c'est une sorte de feuilleton, suivant une sorte d'actualité, mais
avec du retard-recul.

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Dimanche 6 mai 68 (euh, pardon, 2007)
(Ste Prudence!)

85% de votants. "Une formidable leçon de démocratie", dit-on. Est-ce
bien sûr? Cette mobilisation n'est-elle pas surtout un signe de tension
sociétale, d'inquiétude générale? Quand tout va bien, on s'énerve pas
à aller voter un dimanche de beau temps.

DSK à la télé, à peine les résultats tombés, se place comme disponible
pour réformer le PS. Je me fous du PS, mais ça me fait quand même
l'impression d'un beau salaud.

Séguedille au balcon. Souriante. Folle ou courageuse? Je n'en jurerais
pas. Discours courageux et non rageur. Je verse une petite larme,
quand même.

Gelée, Royal?

SR avait un père militaire qui frappait sa femme et qui disait "J'ai
trois enfants et deux filles". Quant à la problématique infantile du
Shark coincé entre deux frères plus grands que lui... j'aimerais bien que
les gens qui prétendent à la situation de Président de la République,
comme à toutes autres fonctions de pouvoir politique, ne soient pas
là pour "prendre une revanche sur la vie".

Et je les entends tous dire "La France, la France, la France". Qu'est-ce
qu'ils m'emmerdent, avec "La France".
(Pendant ce temps, sur M6, Pierre Richard dit "Je vous aime" à un
interphone.)

Je relis la "profession de foi" du candidat Shark, le papelard reçu dans
la boite aux lettres entre les deux tours. Il y a 32 fois le mot "PLUS"
employé en augmentatif : "Travailler plus pour gagner plus", qu'il
disait, on l'a assez répété -- va dire ça aux chômeurs qui aimeraient
bien travailler juste un peu, pour gagner juste un peu. Mais aussi "Plus
d'emploi, plus de réussite scolaire, plus d'égalité des chances, etc,
etc." C'est bien "Monsieur Plus", oui. Et ce n'est pas allé en
s'arrageant, puisque dans la première profession de foi, celle d'avant
le premier tour, il n'employait ce "plus" que 7 ou 8 fois. Sans oublier
tous les termes augmentatifs : "agir, efficace, créer des richesses,
grandir, développer, croissance, puissance, relever les immenses défis,
le travail, le mérite, l'effort, stimuler, renforcer, etc."

Plus tard, à la téloche, il y a Laurent Fabius à l'écran, mais comme une
caméra extérieure révèle Johnny Halliday sortant du Fouquet's, on le
vire pour écouter la déclaration de ce dernier. Surréaliste ! Je me fous
de Fabius -- et même je peux pas le sacquer -- mais on vire un
ex-ministre ex-présidentiable au bénéfice d'un chanteur has bean à peine
Français. (Suiiisse ou Belgien, ou Monnaiegasque, finalement?)

À propos de has bean, spectacle pathétique de Mireille Matthieu tentant
de se faire entendre "Arrêtez la musique, je veux chanter!" (sic) Et
allez donc qu'elle envoie ses mille colombes... Et Enrico Macias qui
chante les belles-filles de Sarkozy! (Tiens, à propos, dans tous les
plans un peu lointains du Shark dans sa voiture ou dans ses déplacements
de foule, je voyais à ses côtés ces cheveux blonds, très blonds,
flottants, mi-longs et j'hallucinais : "Mais... c'est Marine Le Pen, qui
est avec lui ?!" Non, ce sont "ses belles-filles", paraît-il, ou ses
fils, ou ceux de sa femme, j'en sais rien...)

Le Bayrouth fonde le Mouvement Démocratique. Le MOUDEMO? (Celui-là,
il aurait mieux fait de se rallier carrément à la Royal au second tour !
Ça, ça nous aurait fait une belle gabegie, et une addition de voix
intéressante.)

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Lundi 7 mai 2007
(Ste Fouquetse)

"Il" fouquet'se, donc, puis prend un avion, pour aller se mettre au vert
quelques jours. Où ça? Mystère et pain béni pour paparazzi. (Parce que
c'est juste un pipole comme les autres : la proie des paparazzi -- et il
adore ça.) Bécon-les-Bruyères? Auvers-sur-Oise? Le Lubéron? La Corse?
Non, Malte (Mais pourquoi Malte???), avion gracieusement prêté par un
confrère -- je veux dire un ami -- je veux dire un parrain (au sens
mafieux du terme) -- et yacht (prononcer yakt, merci) gracieusement
prêté par le même. Bolloré. Champagne, Rolex, gourmette en or, caleçon
en soie ! Panoplie du "nouveau riche". (Et je vous emmerde!)

"Le Courtaud Maltese!", aurait pu titrer Le Canard Enchaîné! (Mais
Charlie Hebdo l'a fait, depuis, sans me demander la permission.)

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Mardi 8 mai 2007
(Ste Victoire 1945)

L'ordre de Malte.
"Il" descend à terre pour faire son jogging (le yacht était quand même
pas assez long!) et répondre à quelques interviews, type "Y a pas de
polémique, je suis le Président, non mais!" (Et je vous emmerde!)
Je remarque qu'il porte un tee-shirt NYPD ! L'écusson sur le cœur, le
gros logo derrière. C'est vrai que New York est devenue une ville sûre
depuis que ses prisons sont pleines à craquer.

Je sais plus quand, à la télé, je découvre Christian Estrosi, porte-parole
de NS, et je constate en quelques secondes que d'emblée son langage
est DIVISEUR, ce qui est bien digne de son patron. Car le Shark est
typiquement un diviseur. (Métaphysiquement, c'est le rôle du diable,
le grand séparateur. Le diabole divise, le symbole réunit.)

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Mercredi 9 mai 2007
(St Pacôme)

Rien (ou comme hier)

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Jeudi 10 mai 2007
(Ste Saut de l'ange)

"Il" est pas encore rentré, et déjà les conneries commencent.
Destination Lyon pour dédicace.
10h : le parking de la gare de Nîmes est complet. Je trouve péniblement
à me garer à celui des arènes.
Je me traîne, et ma roulante, vers la gare. Devant le commissariat qui
la jouxte, une petite manif ATTAC : "Aimez-vous cette France-là?" (Celle
où on ramène à la frontière...)
Dans la gare, les conneries continuent : mon TGV en provenance de
Bordeaux et à destination de Dijon est annoncé avec une heure de retard.
Il aurait été arrêté par une manif de moutons entre Carcassonne et
Béziers. Un coup de J'bové ou de F'murr?
Café, Relay-Presse. Marianne (je veux dire le mag, pas la nénette à
bonnet frigide) me saute aux yeux : "N'ayez pas peur!" (On dirait du
Saint Jean-Paul Deux). Le genre de titre qui fout les jetons ! Ah bon,
c'est donc que je devrais avoir peur, sans cette injonction? Je vais le
lire, on verra bien si j'ai plus ou moins peur après qu'avant.
Lyon Croix-Rousse, librairie La B.D. (Un nom simple pour un concept
simple!) Sympa. Dédicaces. Dialogues. C'est quand même curieux comme
aucun des gens que je rencontre ne vote Shark! Il y a 15 jours, à
Bruxelles, les Belges nous faisaient la même remarque, s'étonnant
que pas un des 15 auteurs de BD qui leurs rendaient visite n'était de
droite. On doit pas être tout à fait dans la norme, les auteurs de BD
et ceux qui vont avec (éditeurs, libraires, organisateurs de festivals,
lecteurs...???) (Depuis, j'ai quand même rencontré un jeune auteur
sarkozyste...)

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Vendredi 11 mai 2007
(Ste Estelle)

Suite voyage. Destination Chambéry. Gare (Alentours non-humains de la
Part-Dieu. Un SDF dort au pied de la tour ronde à toit pointu du Crédit
Lyonnais.) Train pour Chambéry annoncé avec une heure de retard. Ça
continue! Puis une heure et demie. Puis annulé, remplacé par un car.
Cette fois, c'est une manif d'arbres couchés sur la voie. Après les
animaux, les végétaux. Décidément, la protestation s'étend. (Un mai68
élémental ?)
Librairie BD-Fix. Sympa. Apéro et repas avec certains des organisateurs
du festival BD de cette ville. L'un vient de perdre son boulot en
imprimerie : il faisait toute la préparation des films offsett : montage
en repérage sur des grandes tables lumineuses, petits scotchs
inactiniques, insolation des plaques... Tout ça a disparu. Une victime
de l'informatisation. Comme c'est au bénéfice et de la qualité et de la
rentabilité, qui s'en plaindra, en société "libérale avancée"? Sinon
lui, 56 ans et besoin de bosser encore 8 ans pour avoir sa retraite...
Dédicaces. Dialogues. Voir hier.

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Samedi 12 mai 2007
(St Achille)
Le pantalon d'Achille (poème en vers libres)
- Achille au pied léger, mais au talon fragile,
Achille, bel étalon, as-tu du cœur ?
- Non, mais j'ai de l'estomac.
- L'estomac dans les talons, Achille?
- Non, dans le pantalon!

Pareil que la veille, sauf la pluie. Mais AUCUN incident de parcours
entre Chambéry et Grenoble. Ça cache quelque chose. Librairie BD-Fugue
Café. (C'est un vrai café en même temps qu'une vraie librairie BD.)
Sympa mais pas assez de clientèle. "Comme un samedi d'août!" (La crise?)
Alors c'était ça, peut-être, le piège, le 3ème élément du mai68
environnemental. Une manif du trop beau temps qui envoie les gens à la
campagne brouter de l'herbe et ruminer du méthane au lieu de consommer
des bonnes BD à la grande joie du petit commerce local et des PME
médaillées (je veux parler de mon éditeur Guy Delcourt).

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Dimanche 13 mai 2007
(Fête Jeanne d'Arc)
(À la niche, Le Pen !)
(Mais cette date me rappelle autre chose. 13 mai 58. Algérie. FLN.
Comité de salut public. Fin de la 4ème République. Retour du Général de
Gaulle. 5ème République...)

Retour à Nîmes. Je retrouve ma caisse, et la boîte à gants vidée des
pièces d'euros qu'elle contenait. Faut dire que j'avais laissé la vitre
avant droite ouverte. Y a eu qu'à se pencher. (Conclusion : garder les
vitres sales, au moins on voit si c'est ouvert ou fermé.)

Vu tagué sur un pont routier : "47% : RÉSISTEZ !"

Maison. Infos.
Orages et raffales sur les beaux quartiers : 16ème arrt, La Baule,
Mantes-la-Jolie. (Et Neuilly ?) Hiver dans l'hémisphère sud : vagues
géantes sur la Réunion. Au Brésil, le pape fait le pape. En Turquie, on
défend la laïcité. En Afghanistan, on tue du taliban. (À moins que ce
soit le contraire.)

Tout va bien.

-- 
"Pitié pour la terre frêle déchirée ou recouverte de restes violents et
d'ordures immondes." (Michel Serres. Les Cinq Sens)


L.O. 142 - (postée le 09 juin 07)

JOURNAL EN SARKOZIE - 2

Mardi 15 mai 07

Le système Galiléo en panne avant de naître.
Pourquoi? Parce que les Américains ont trop pris de l'avance avec le
GPS, certes, mais aussi parce que un tracteur sans chauffeur guidé
par satellite (on nous ressort ça à chaque fois, aux zinfos) ça n'a
strictement aucun intérêt ! Quant à des aéroports "désengorgés"
parce que le trafic serait géré par satellite, ça n'a aucun intérêt,
c'est trop tard, au moment où il faut arrêter les avions!
Galiléo, c'est comme l'Airbus A 380 : trop gros, trop cher, trop
polluant. TROP TARD.
Tout le monde aux parachutes! (Dorés)
---
Pourquoi, aux zinfos, tout à coup, nous parle-t-on du radon, ce gaz
légèrement radioactif issu des sols granitiques et volcaniques. C'est
connu depuis longtemps. Alors pourquoi?
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Le Shark prez, ne pouvant plus être PDG de l'UMP serait remplacé par une
direction collégiale. Combien faut-il d'UMPs pour remplacer un Shark ???
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A propos de prédateurs, dans les Pyrénées, des vautours attaquent les
vaches!
Or les vautours sont des charognards. S'ils ne trouvent pas assez de
charognes, c'est que les ours ne tuent pas assez de brebis. Ou c'est
peut-être qu'il n'y a plus assez d'animaux (sauvages) dans le coin.
Qu'est-ce que ça nous dit? On supprime les bêtes sauvages pour mettre
à la place nos animaux domestiques rentables. Déséquilibre. On implante
ou réimplante des prédateurs, loups, ours, ou des charognards, vautours,
ou des sangliers (prédateurs de châtaignes et de jardins potagers), et
autres, toujours pour la bonne cause biooodiverse, écolooo (mais aussi
touristique). Au besoin, on les nourrit artificiellement histoire de
leur faciliter l'intégration. Mais les parcs nationaux ou régionaux
n'ont pas de frontières visibles et celles des pays eux-même laissent
ces animaux indifférents. En quelque sorte on essaie de recréer un
milieu naturel -- mais avec des bergers, des brebis et des vaches
(rentables) dedans. Nouveau déséquilibre.
Soit un déséquilibre créé par l'homme -- que l'homme essaie de corriger
-- tout en conservant la source du déséquilibre. Ça peut pas.
Ça peut pas parce que les choses ne sont jamais si simples. On oublie
toujours un paramètre ou deux (ou des centaines de paramètres).
Entre autres, le temps.
A long terme, ça se régulerait tout seul : pas assez de charognes? Les
vautours, en quelques années, vont abandonner les lieux, ou cesser de
faire des petits, ou mourir en bas âge.
Ou changer de comportement et s'attaquer aux moutons vivants, voire
aux vaches! Voire aux bergers, aux touristes, aux ours, aux 4x4, aux
centrales nucléaires, aux Sharks joggers, aux...
Alors les hommes vont ressortir les chasseurs et les fusils et vont tuer
les vautours.
Et on peut même pas en faire du pâté.

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Vendredi 18 mai 07 (et les jours suivants)

C'est encore un voyage pour cause de dédicace : festival de Sens -- sympa.

NOTES ÉPARSES en lisant CH-H 778 (Ben oui, parce que quand je prends
le train, je passe dans des Relay-Presse, en gare, alors j'achète des
Batman et des Charlie-hebdos.)
Oncle Bernard : "Seuls les naïfs croient à la corruption directe ou à
l'offre directe de marchés. C'est plus subtil que ça."
Bolloré n'est pas en affaire avec l'État. Mais Bolloré, c'est Havas,
CSA, la chaine TNT Direct8& C'est le patron de Séguéla (Tiens, encore
un qui vole au secours de la victoire.)
"Une nouvelle forme d'aristocratie populaire : la pipolicratie."
Je préfèrerais pipolocratie -- ou pipocratie.
Ou simplement pipolitique : "fusion du peuple et du people".
Johnny Halliday : "Famille, amis, honneur", langage d'aristocratie -- ou
de mafia -- mais c'est pareil.

"La presse unanime."

Tous ces journalistes qui disent que la campagne a été passionnante!
Je rêve! La campagne a été nulle! Ras les pâquerettes, match de foot
ou show publicitaire pour nous vendre une marque plutôt qu'une autre,
et entièrement téléguidée par le Shark : tout du long, c'est lui qui a
eu la main, qui a donné l'impulsion. Les autres ont couru derrière,
renchéri ou surenchéri jusqu'à essayer de nous vendre des drapeaux
bleu-blanc-rouge. (Moi, graphiquement, je l'ai toujours trouvé nul, le
drapo franzais, dès mon enfance!).
Répliques venues toujours trop tard. C'est celui qui a l'initiative qui
gagne.
Quant au face à face Shark-Royal : catastrophas et calamitas. Rarement
vu quelque chose d'aussi triste. On aurait cru un épisode du Loft !

Vu du zinc : Le Shark se présente comme "un rassembleur engagé".
Contradictoire ? Mais non, ce mot n'existe pas dans le sharkozisme. (On
n'a pas fini avec ça : contradictions, paradoxes, oxymorons, doubles
contraintes. Le Shark prêche -- vend -- tout et son contraire.
D'ailleurs, le personnage est, de base, pétri de contradictions internes
: Nicolas, nom gentil -- Sarkozy, nom méchant. Et puis je viens de
repérer un truc : si on enlève les consonnes, on entend : I-O-A--A-O-I.
Son nom est un palindrome!)

Y eut-il débats? Y eut-il sondages d'opinion?
Non, seulement des pronostics. La question était : "selon vous, qui
va gagner" = boxe, courses au trot ou coupe du monde de foot.
En fait, un sondage, même bien fait, même honnête, devient manipulateur
dès qu'il est diffusé. Car l'opinion des autres, ou l'opinion générale
-- statistique -- influe sur nous. Mimétisme, volonté plus ou moins
consciente de se couler dans un modèle général, une moyenne, une masse.
Nous imitons la télé -- la télé nous imite -- nous imitons la télé -- la
télé nous imite -- etc. Feed-back, boucle de rétroaction positive.

"Les patrons enthousiastes."

Les pauvres ont voté pour les riches -- les riches aussi, d'ailleurs.
Les nouveaux riches à gourmette en or, Rolex, costume rayé, chemise
rayée, pompes italiennes, clinquants mafieux siciliens (les ancètres) ou
modernisés : russes, roumains, hongrois, rappeurs, patrons d'entreprises
multinationales. Ils ont jeté le masque, ils sont "décomplexés", comme
on dit maintenant. "Je suis riche, j'ai gagné et je vous emmerde".
"Droite décomplexée", droite "sans tabous" : ça veut dire cynique, ça
veut dire immoral. Ce qui veut dire que être moral, être honnête, être
social (de gauche, quoi), c'est être complexé, malade, névrosé, bon
pour le psy.

Edito : Philippe Val dit des conneries -- ou du moins du pas clair. Val,
pour moi, c'est un coup sur deux. Peut-être que la semaine prochaine,
il dira des trucs compréhensibles et approuvables (approbables?)

Tiens, la fameuse "base élèves", ce fichage scolaire qui peut servir à
tout, a été conçue par Luc Ferry en 2004, ce philosophe à l'ondulatoire
chevelure qui fut ministre de l'éducation et qui écrivit "L'homme-Dieu
ou le sens de la vie". Je vais peut-être le relire, histoire de me
confirmer pourquoi je peux pas le sacquer. Vivement que Michel Onfray
soit ministre! (Je blague.)

"Il y a bien des choses terrifiantes sur la Terre,
Mais la plus terrible et la plus étonnante,
C'est le genre humain.
(...) L'ingéniosité des hommes
Et leurs machines dépassent nos espérances
Mais ils ne savent où aller."
(Antigone de Sophocle, trad. de Florence Dupont pour L'Arche.
Cité par Pollac dans sa rubrique.)

"Décidément, Dieu n'est pas près de revenir. On nous a encore menti!"
(Un malade en psychiatrie, cité par Patrick Pelloux.)

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Et puis, prenant le TGV, je lis le TGV magazine, je l'emporte, même, il
paraît que c'est fait pour.
L'édito me remet en mémoire ce reportage hallucinant vu sur Thalassa.
Le journaliste Daniel Grandclément s'embarque, au risque de sa vie, sur
un bateau avec des réfugiés somaliens et éthiopiens qui tentent de
rallier le Yémen. Il dispose d'à peu près 50 cm au carré, sa caméra,
ses bouteilles d'eau et lui, sous l'œil des passeurs qui lui ont bien fait
comprendre : tu nous filmes, on te fout à l'eau. Les passagers sont
partie dans la cale, partie sur le pont. Pas intérêt à bouger, ça ferait
chavirer en moins de deux. 48 heures. À l'arrivée sur une plage
yéménite, il tombe sur une journaliste suisse qui filme justement des
arrivées!

Le TGV magazine est plutôt bien rédigé et contient énormément d'infos
écolos : Omar et Fred en sketches sur le site du Défi pour la Terre, un
béton dépolluant à Chaumont-sur-Loire. Et puis l'ouverture de la ligne
Est l'inspire : biocarburants à Reims (on roule au Champagne, chiche?),
chimie verte dans la Marne, article sur Jean-Marie Pelt et son action à
Metz, réserves naturelles en Alsace, viticulture biodynamique,
vélocation à Strasbourg. Et finalement Fribourg, la ville des Grünen, la
ville la plus écologique d'Allemagne (et peut-être du monde?).
(Le quartier Vauban de Fribourg, on en parle aussi dans le dernier "La
Décroissance", le mensuel des Casseurs de Pub, plus ou moins à l'origine
du Parti Pour La Décroissance -- au nom duquel se présente aux élections
législatives à Bordeaux Jean-Luc Coudray, scénariste BD et auteur, entre
autres, des histoires de Monsieur Mouche).
http://www.partipourladecroissance.net/

(En passant, "La Décroissance" classe le TGV comme "la saloperie que
nous n'achèterons pas ce mois-ci". Comme quoi...)

Rien n'est simplet!


L.O. 143 - (postée le 12 juin 07 - St Guy comme la danse.)

JOURNAL DE LA VIE EN SARKOZIE - 3ème

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22 mai 07
http://www.histoiresdememoire.org

# Fatwa : cachez ce sein...et ces statues !
En Egypte, on doit téter le sein de sa collègue.
Une fatwa obligeant à téter sa collègue de bureau pour pouvoir rester
seul avec elle, fait scandale au Caire Ce n'est pas une blague. L'avis
religieux a été rédigé par deux sommités de l'université d'Al-Azhar,
le plus grand centre de théologie sunnite du monde.
En effet, l'islam interdit à une personne d'être seule dans une pièce
avec une autre du sexe opposé, en dehors du mariage ou sans lien
de parenté proche (soeur, frère, mère...).
Selon les deux théologiens, la femme pourrait désormais enlever son
voile et être seule avec son collègue dans un bureau, à condition de
l'avoir allaité à cinq reprises, en lui donnant "directement son sein",
ont-ils tenu à préciser.
"En vous rendant dans une administration publique, vous ne devriez pas
être surpris si vous tombez un jour sur un fonctionnaire de 50 ans en
train de téter sa collègue", ironise le journal indépendant Al-Doustour. #
(La petite et sympathique image jointe provient du site aussi.)
LO 143 - Têter sa collègue

La suite (et pas mal d'autres du même accabit) sur :
http://www.histoiresdememoire.org/spip.php?article484

Celle-ci n'est pas mal non plus :
# Au Danemark, le débat fait rage sous le voile de la Petite Sirène.
La Petite Sirène n'aura finalement porté le voile que quelques heures.
C'est un promeneur qui a donné l'alerte dimanche matin. Les policiers
dépêchés sur place se sont empressés de retirer le voile improvisé,
avant que le royaume ne s'éveille. Personne n'a encore revendiqué l'action.
Mais le geste est plus que symbolique, alors que la question du port du
voile vient d'entraîner un débat houleux au Danemark. #

Suite :
http://www.histoiresdememoire.org/spip.php?article485

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24 mai 07
http://www.actu-environnement.com/ae/newsletter/newsletter.php4

Reçu la newsletter Actu-Environnement, bourrée d'infos, souvent
optimistes, type "développement durable" et "la technologie qui nous
a foutus dans la merde nous sauvera", mais bon.
Réunion préparatoire au "Grenelle de l'environnement" :
# À l'issue de la réunion, les ONG semblaient plutôt satisfaites. Les
représentants de Greenpeace, WWF, les Amis de la Terre, la Fondation
Nicolas Hulot, la Ligue de protection des oiseaux (LPO), le Réseau
Action climat (RAC), la Ligue ROC, la fédération France Nature
Environnement (FNE) et Ecologie sans frontières ont salué une réunion
historique qui a, selon eux, dépassionné le débat et les a rassurés.
Il semblerait que les sujets qui fâchent comme les OGM ou le
nucléaire n'aient pas été directement abordés. #

Ouais... Faut-il vraiment "dépassionner" le débat?
Ne faire aucune confiance à ce gouvernement sur ce plan : écologisme
et libéralisme économique sont incompatibles. Quant au terme "Grenelle
de ceci ou de cela", il commence à me faire braire!

Et là, je profite de mon retard pour sauter de quelques jours en avant :
la lettre de Cyberacteurs du 29 mai donne ce lien :
http://gino-hoel.lejdd.fr/2007/05/26/45-le-grenelle(...)coup-du-lapin-pour-l-ecologie
dont j'extrais :
# Certes, il n'y aura pas de "tabous" ! On va fixer des objectifs,
dégager des lignes budgétaires, on va faire du concret, du stable ! On
va voir ce qu'on va voir... De toute façon, Nicolas Fouquet's l'a clamé :
"On va faire ce que l'on a dit ! On va tout mettre sur la table !"
Sauf le nucléaire, car il n'est pas question d'en sortir, donc pas de
moratoire. Sauf les OGM, car il n'est pas question de cesser les essais
en plein champ. Sauf les autoroutes, car au contraire, on va développer
le réseau routier. Sauf l'agro-industrie, qui produit des pesticides et
autres polluants : ils rapportent de l'argent à l'Etat et embauchent de
nombreux salariés. Sauf la voiture, même si les eczémas et asthmes
sont devenus des maladies courantes dans les villes de plus de 100.000
habitants où les pics d'ozone et de gaz carbonique atteignent des
niveaux inquiétants (tant pis pour le trou de la Sécurité sociale), les
lobbies bagnoliques sont plus forts. Sauf les chasseurs, Bouygues et ses
antennes relais, Proglio et ses incinérateurs (en France, record mondial
avec 158 !), etc. #

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Vendredi 25 mai 07 et samedi 26 mai 07

Je reprends le doux train pour Toulouse et Bordeaux. J'aime Toulouse
et ses briques roses, ville où tout le monde fait du vélo sur les
trottoirs. Je n'aime pas Bordeaux, qui fait sale et dégradé. Par contre,
dans les deux cas, je rencontre des gens adorables. Et même Jean-Luc
Coudray, qui, l'ai-je déjà dit?, se présente aux législatives pour le
Parti Pour La Décroissance. Vive la décroissance !
Et aussi des libraires - sympas - et inquiets. "La Crise" de la
(surproduction de) BD est-elle là? Accepter la décroissance, c'est aussi
accepter de voir sortir moins de BD, ou d'en vendre moins, ou... Rien
n'est simplet.
(Sans compter les menaces eurosarkoziennes sur la loi Lang.)

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Lundi 28 mai 07

En rentrant, en ce lundi de Pentecôte chômé/travaillé, je ratiboise 356
spams au canon laser 35 mm. Le viagra ne passera pas !
Puis les e-mails :

UNE AUTRE TERRE (est possible?)
Je suis contacté par le festival des Imaginales d'Épinal pour soutenir,
dessiner le logo et/ou participer au jury, à un nouveau prix littéraire
: "Une Autre Terre", récompensant un roman de SF fondé sur une idée
écolo, développement durable -- terme qui me défrise -- voire
"décroissance supportable" -- que je préfère. Mais si déjà, au lieu de
penser "croissance" ou "développement", on pensait simplement "activité
humaine stabilisée", ça serait pas mal.

APRÈS LA LUNE
Je reçois ça :
# Sorti en librairie le 15 mars, "Chômeurs, qu'attendez-vous pour
disparaître?" a été accueilli par un silence assourdissant dans
les grands médias, qui avaient d'autres chats à fouetter, à l'image
de cette campagne électorale hallucinante, où le chômage et la
précarité, inquiétudes récurrentes des Français, ont été bottés en
touche à coups de mirages populistes, et qui s'est terminée par
la victoire par knock-out du jogger people de Neuilly, capable de
convaincre 53% des Français qu'il sera leur sauveur (un illettré à
l'Elysée pour décomplexer les nantis et les disciples de TF1). #
Voilà quelqu'un qui a du style! C'est signé J.-J. Reboux, l'éditeur,
semble-t-il, du bouquin en question.
http://apreslalune.free.fr/

Plus loin dans ce billet d'humeur, il surnomme qui vous savez "Machin"
et explique :
# C'est un truc que je tiens de ma tante Germaine, paysanne qui ne s'en
laissait pas conter: "Mon p'tit gars, tes ennemis mortels, rebaptise-les
Machin, ça t'évitera de t'écorcher la goule en prononçant le nom honni".
Faites comme moi, vous verrez, ça sera déjà moins pire... #
J'ai bien envie de le suivre, oui... Et ainsi ne plus prononcer, faute
de ne plus entendre, les 6 syllabes maudites : I-O-A--A-O-I.

RECYNET
http://www.actualites-news-environnement.com/News-28-05-07.html
C'est encore une newslettre du type "environnement, développement
durable, etc" (Ça s'accumule lâchement en mon absence.)
J'y trouve ça, en particulier :
# BIOCARBURANTS ou Pétrole : du pareil au même selon une étude suisse.
Selon une nouvelle étude mandatée par l'Office fédéral suisse de
l'énergie, l'Office fédéral de l'environnement et l'Office fédéral de
l'agriculture, les biocarburants seront aussi polluants que les
carburants fossiles actuels. En effet, l'étude relève le fait que, bien
que le produit fini soit en moyenne 30 % moins polluant, sa fabrication
suffit à elle seule à combler l'écart de pollution. #
Je vous passe les détails techniques qui sont, au cas où vous en
doutiez, ici :
http://www.actualites-news-environnement.com/(...)biocarburants-petrole.php

Il y a aussi un article intitulé "2050 : un milliard de réfugiés climatiques
dans le monde". Je me demande si je vais oser le lire.

Et encore un truc :
# La perte de la BIODIVERSITÉ dans l'environnement serait liée à
l'inégalité économique à l'échelle mondiale.
C'est une équipe multidisciplinaire composée de chercheurs de
l'Université McGill qui a découvert un lien entre l'inégalité économique
croissante et l'augmentation de plantes et d'animaux au rang des espèces
menacées d'extinction dans l'environnement. #

Idée originale, voire étonnante, a priori, mais qui confirmerait une
fois de plus que le libéralisme (source d'inégalités économiques),
c'est pas bon.
La suite :
http://www.actualites-news-environnement.com/(...)environnement-perte-biodiversite.php

---

Une fois de plus, je dépasse les 3 pages.
Une fois de plus, je suis très en retard. (Mais l'actualité passe,
les Lettres restent Ouvertes.)


L.O. 144 - (postée le 25 juin 07)

Bon, où en étions-nous?
Si j'ai un peu perdu le fil, c'est que je viens encore de me déplacer en
TGV, dans un endroit français tout plein de douceur angevine : Vendôme,
jolie petite ville, Festival de l'Imaginaire, ("sympa") avec quelques
auteurs de BD, quelques écrivains de SF et Fantasy, Pierre Dubois dans
un grand numéro de conteur, une conférence sur le réchauffement
climatique pas imaginaire du tout, avec deux climatologues très
intéressants. Technophiles, bien sûr, comment faire autrement? On ne
peut analyser le climat et son évolution dans le passé, le présent et le
futur, et alerter, que grâce à un certain état de la science et de la
technologie. L'ennui, c'est que cet état avancé de la technique est
entièrement lié à l'évolution techno-industrielle responsable du problème.
Et même en généralisant un peu plus, pour que cette conférence ait lieu
dans un petit bled sur le Loir, avec ses animateurs et ses spectateurs
(nombreux, informés et motivés), combien a-t-il fallu de trajets TGV, de
trajets automobiles, de coups de téléphone, d'ordinateurs, d'internet,
de prises de vue satellite, de carotages dans les fonds marins ou dans
l'Antarctique, d'électricité, etc ? Et donc de toutes les conséquences
en émissions de gaz à effet de serre. Bref, le chat se mord la queue
sans cesse.

Après ce retour vers le présent-futur, je ressors ce qui traîne par là
de présent passé, si bien que ça date :

---

Mardi 29 mai 07

Encore une newsletter -- plus activiste, celle-ci :
CYBERACTEURS

# Voici quelques chiffres donnés par le Magazine "VOTRE SANTÉ" --
(Extrait d'un article nommé "Sortir la santé du marché")
"Malgré les dépenses exponentielles du marché de la santé, engagées
depuis l'invention de la médecine chimique, à partir des années
cinquante, notre santé se dégrade de façon très inquiétante.
En 10 ans,
les maladies endocrines ont progressé 954 %,
les maladies cardio-vasculaires de 356%,
les maladies mentales de 214%
et les cancers de 352%.
Plus de 150 000 personnes décèdent chaque année du cancer en France.
Le constat est clair : plus on consomme de médicaments plus on est
malade." #

---

J'ai aussi reçu ça, dans le même ordre d'idée :
http://www.dailymotion.com/video/x1ds9p_alerte
C'est la mode sur le net : des films genre docu, à part que le visuel
n'a aucun intérêt : c'est juste un type qui parle, une conférence, quoi.
Pour ma part, j'aimerais autant un article écrit, ne serait-ce parce
qu'il est plus facile d'en extraire une citation. Je dois être un
littéraire, au fond.
Bref, on apprend là que la TERRE, la terre cultivable et cultivée, (la
matière terre, pas la planète), est EMPOISONNÉE par la chimie humaine.
On le savait, mais une remarque intéressante : à ceux qui disent "mais
non, tout va bien, la vie rallonge, c'est bien la preuve que notre
alimentation est saine", l'ingénieur agricole qui cause demande pourquoi
les frais médicaux et le trou de la sécu y afférant vont en augmentant
régulièrement... et fait remarquer que les gens qui ont 80 ans
maintenant n'ont derrière eux que 30 à 40 ans d'alimentation
agricochimique et qu'on ne sait rien sur ce que ça va donner sur les
humains ainsi nourris depuis leur plus tendre enfance -- et issus de
parents ayant subi le même régime... Un peu le même argument que
contre les OGM, quoi...


Et aussi :
TRAVAILLER À DOMICILE nuit à l'environnement
http://www.rtl.be/article/73914.aspx?lg=1
# Travailler à domicile ne serait pas une très bonne chose pour notre
planète, selon le Sunday Telegraph.
Quelqu'un qui travaille à domicile ne prend pas sa voiture pour se
rendre à son lieu de travail, n'encombre donc pas le réseau routier,
et limite ainsi les émissions de CO2.
Une nouvelle étude révèle cependant que le travail à domicile ne
présente pas que des avantages pour l'environnement. Les personnes
travaillant à domicile contribueraient même davantage au réchauffement
climatique car elles produisent en travaillant chez elles trois fois
plus de CO2 qu'en se rendant sur leur lieu de travail.
L'explication est simple: au bureau l'électricité et le chauffage sont
partagés entre des dizaines de personnes ou plus. A domicile, les
sources d'énergie ne sont dépensées que pour une seule personne.
Une personne qui travaille à domicile toute l'année rejetterait 2.38
tonnes CO2 dans l'atmosphère, tandis que pour un employé de bureau,
ce chiffre se limiterait à 1.68 tonnes. #

???!!! Je serais curieux de connaître les détails du calcul. À première
vue, ça semble débile, ne serait-ce que parce que, au bureau, il y a
bien un ordi par personne et une lampe par personne, non? Où est le
"partage"? Quant au chauffage, il faut prendre en compte les couloirs,
les grands bureaux vides des directeurs, les gaspillages multiples, bien
plus difficiles à maîtriser que ceux d'un type seul chez lui. Et toute
la maintenance d'un immeuble de bureau (qui souvent reste allumé a
giorno et chauffé toute la nuit sans personne dedans.) Et les ascenseurs?
Sans compter que le pékin qui va au bureau ne coupe pas le chauffage
pendant ses 10 ou 12 heures d'absence de chez lui, énergie qui a des
chances d'être bel et bien "partagée" avec sa
femme-qui-reste-à-la-maison ou ses enfants-qui-rentrent-de-l'école...

---

Et encore le sommaire du dernier MONDE DIPLO, et l'édito d'Ignacio Ramonet.
# (...) L'ère du gaullisme s'achève, remplacée par celle du sarkozysme,
soit un populisme français qui -- en les captivant par une illusion de
mouvement et d'ouverture qualifiés de " modernes ", voire de "
progressistes " --- se propose de rassembler en son sein toutes les
droites, des lepénistes aux sociaux-libéraux, sans oublier les
centristes. Et dont les sources d'inspiration principales sont : le
modèle républicain néoconservateur aux Etats-Unis, M. Silvio Berlusconi
en Italie et M. José María Aznar en Espagne. Trois expériences, soit dit
en passant, désavouées récemment par les électeurs de ces pays. #

De là à dire que le Machin, sous sa prétention de nouveauté, DATE déjà...

---

Vendredi 1er et samedi 2 juin 07

Montpellier. La Comédie du livre.
Pas loin de chez moi, mais j'y passe deux journées, aussi la librairie
Sauramps (une des plus grandes et des meilleures de France), qui
m'invite, m'offre une nuit dans un joli hôtel, ce qui m'évite un
aller-retour = 100 km (et me permet de picoler vendredi soir!)
Question impact écologique, qu'est-ce qui coûte le plus cher à la
planète : une nuit d'hôtel*** ou 100 km auto ???

---

Dimanche 3 juin 07

Ca y est, je sais ce que Machin est allé faire à Malte : repousser à
mains nues les hordes de boat people lybiens (ou libyens ?) qui tentent
de débarquer dans cette base avancée de l'eldorado européen (haha)
pour y devenir clandestins. Vingt morts, quand même!

---

Dimanche prochain, scrutin des Alpes.

---

DECPOP AU JAPON
La décroissance a commencé (au Japon) : les bancs des facs sont vides.
Ce n'est pas que les jeunes jaunes ne veulent plus étudier, c'est qu'il
y en a moins. La régression démographique a commencé -- il serait temps.
Ça commence au Japon, et c'est bien normal : le pays à la pointe de la
surpopulation et de la technologie, le pays dont on nous clame depuis
un bon moment qu'il est l'image de notre futur. Alors, arrivé au bout, à
l'EXCÈS, ça bascule dans son contraire, le yang tourne au yin. Ce qui,
ma foi, est source d'espoir.
Mais ce qui est désolant, c'est l'air désolé des responsables
interviewés ou des journalistes qui relaient l'info. Réveillez-vous, les
mecs : c'est une BONNE nouvelle !


L.O. 145 - (JOURNAL DE LA VIE EN SARKOZIE / 5) (postée le mardi 26 juin 07)

(Va falloir cravacher, parce que Wens est en train de me rattraper.
Il en est à la News of the Wens 114 !) cf :
http://blog.captain.arobase.over-blog.org/
---

Mardi 5 juin 07

Des nouvelles de Machin
La photo officielle est nulle, tout le monde le dit. Je confirme.
---

ÉTAT DE GRÂCE ? -- ou état de stupeur ?
"La France semble anesthésiée" -- il vaut mieux, avant une opération
à ventre ouvert.

"Perdu pour perdu, il reprit une assiette de purée."

Je me pose encore la question : pourquoi Machin est-il populaire?
Pourquoi l'aime-t-on? (Ou : qui est ce "on" qui l'aime ?)
(S'il y a une "France profonde", est-ce à dire qu'il y a une autre
France -- superficielle?)

Un analyste parle d'énergie à la fois séduisante et inquiétante (des
caractéristiques diaboliques, encore). Et aussi "d'adhésion majoritaire
à des valeurs conservatrices alliées à un volontarisme économique
réaliste". Ouais... "Résignation à un type de changement qui peut certes
faire perdre des acquis sociaux", mais, "dans la situation où on est, on
ne s'en tirera pas sans sacrifices". "Les Français ont envie de tenter
cette expérience". Ouais...?
La France est-elle dans un tel état de délabrement qu'elle ne puisse
plus compter que sur une (sorte de) dictature pour se relever? Mauvais
souvenirs historiques. Et puis QUI l'a délabrée? Mai68, haha? ou 50 ans
d'ultralibéralisme européo-mondialiste? Et puis encore faut-il vraiment
"se relever"? Redevenir "puissant"? Vive le déclin, vive la décroissance!
---

"Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent." Lucie Aubrac.
---

Je ne sais pas pourquoi, je repense à ce détenu cannibale de la prison
de Rouen qui a à moitié bouffé son co-détenu. Si la question
justice/psychiatrie (et cannibalisme) vous intéresse :
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2007/01/08/3624435.html
---

Mardi 6 juin 07

Orage sur orage. Temps pourri. Même le climat proteste contre la
présence de Machin à la présidence...

Fidel va mieux : il a changé de régime (Il était temps!).
(Lui, il porte un survêt' Adidas, pas un tee-shirt NYPD.)

Malgré les efforts d'Uribe pour faire plaisir à Machin, les FARC n'ont
pas l'air très pressés de libérer Ingrid Bétancourt. Là encore, il va
falloir que Machin y aille lui-même!
Les FARC détiennent-ils vraiment 3000 otages ? Ça semble délirant. Aux
dernières nouvelles, il semblerait que non, quelques dizaines seulement.
Le reste, ce seraient des enlèvements crapuleux, contre rançon, pratique
courante en Bolivie, les FARC n'y seraient pour rien.

Le G8 pris en otage.
Bush-Poutine nous refont un petit coup de guerre froide (histoire
d'occulter la question du réchauffement climatic?)
Mais Machin -- qui est sur place -- va arranger tout ça.
---

Mardi 7 juin 07

La détaxation des heures sup', ça va marcher très fort: les patrons
vont faire travailler plus ceux qui ont déjà du travail plutôt que
d'embaucher ceux qui sont au chômage.

Mais -- solidarité -- les salariés se sont toujours serré les couilles.
---

Tiens, mon cadran solaire était bloqué sur mardi. Revenons à la réalité :
Samedi 9 juin 07

"N'y allez pas, leurs pouvoirs sont beaucoup trop puissants!" (Série
télé en DA Spiderman)

MALHEUR AUX BARBUS !
Je finis de lire Persépolis de Marjane Satrapi (l'intégrale). Moi qui ne suis pas
très "autobiographie-en-BD-paraissant-à-L'Association-dessin-minimaliste-
en-noir-et-blanc", j'en ressors emballé et, par moment, bouleversé.
C'est pour dire que si on s'intéresse tant soit peu au Moyen Orient, en
l'occurrence l'Iran, c'est à lire, même sans les conseils de Télérama.
Autobio, certes, mais de quelqu'un qui a VRAIMENT quelque chose à raconter.
Tristesse de voir des gens éminemment civilisés, cultivés, politisés se
faire déculturer, dépolitiser, déciviliser par un islam-ras-de-la-charia.
--

Dimanche 10 juin 07

Festival BD de Cublize (quelque part entre Lyon et Roanne. Une seule
journée, au bord d'un lac avec centre de loisir. "Sympa"!)
Pendant ce temps, mon voisin vote pour moi. Encore, sans doute, un "vote
inutile" : pour un maire de village agriculteur biologique. (Qu'est-ce
qui est "utile"?)
---

Lundi 11 juin 07

UMPF !
Monsieur et Madame Hégé ont une fille : Monique.
C'est plus Solférino, c'est Bérézina.
Le MoDem n'a pas L'ADSL.

Contre-pouvoir ? "Entre lui et la rue, il n'y aura plus rien."
(Christophe Barbier à C dans l'air.)

La télé passe "trois zobs et un con fin". Ça doit faire mal.
---

Mercredi 13 juin 07

Une TVA "antidélocalisation". Ouais... (Et je dirais même :
...........................)
Et chacun de se lancer dans des analyses savantes sur les causes
des délocalisations (l'Euro trop fort, etc.), alors que les causes sont
extrêmement simples :
1) Il y a plein de pays où le travail est moins cher que chez nous
(salaires plus bas, voire très bas, voire scandaleusement bas +
protection sociale moindre, voire nulle.)
2) Les transports "ne coûtent rien". (= Le pétrole n'est pas assez cher.)
La solution à ça n'est pas franco-française (sauf mesures autoritaires
drastiques : interdire par la loi les délocalisations, ce qui, dans un
monde mondialisé, est strictement impossible), elle tient au prix du
pétrole : quand le prix du transport augmentera au point d'annuler les
économies faites sur le coût du travail étranger, et pour peu que les
pays étranges en question, dits "émergeants", augmentent un tant
soit peu les salaires et la protection sociale, il n'y aura plus aucune
raison de délocaliser. Point. Et donc on relocalisera dans nos belles
contrées verdoyantes.
Et si -- gouverner, c'est prévoir -- on commençait tout de suite ?
---

À propos et pendant ce temps...

# Ce patron qui n'aimait pas les capitalistes
LE MONDE | 25.06.07 | 15h12

Pas une lettre. Pas une explication... A peine la piste d'un poème :
Portrait d'Antonio Machado. Une littérature funeste, griffonnée sur un
bout de papier. Les enquêteurs trouveront ces quelques mots en espagnol,
dans un petit coffre, à quelques mètres de lui. "Quand arrivera le jour
du dernier voyage, quand le bateau sera prêt à partir sans retour, vous
me trouverez à bord, sans équipage, presque nu, comme le fils de la mer." #

L'intégralité de cet article sur Lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-927646,0.html

(C'est arrivé tout près de chez nous -- et c'est triste.)


L.O. 146 - (JOURNAL DE LA VIE EN SARKOZIE / 6) (posté le 27 juin 07)

Jeudi 14 juin 07

Championnats de tennis sur terre battue.
"Terre battue" comme si elle avait besoin de ça!
---

EADS, qui n'avait pas encore assez de conneries sur le dos, prépare un
avion-fusée pour touriste milliardaire curieux de goûter à l'impesanteur.
Le MEDEF applaudit bien fort.

(Après le yacht Bolloré de Malte, il pourrait prendre ses vacances sur
orbite, Machin.)
---

Lundi 18 juin 06 (la pelle du 18 juin ?)
Ce coup-là, c'est moi qui ai voté pour mon voisin. On garde notre député
PS, c'est toujours ça...
"Sursaut inattendu"... "La vague bleue s'est brisée sur la digue rose"
(Ouaiiis !...)
MarineLePen toute réjouie : c'est comme pour Rigolène, faut que
quelqu'un lui DISE qu'elle a perdu !

Cette remontée (relativement) spectaculaire des votes socialos et
communos au second tour nous montre surtout un pays très "réactif",
comme on dit en entreprise, réagissant très vite aux déclarations
médiatiques des uns et des autres. L'annonce (confuse) de la TVA
anti-sociale-anti-délocalisation qui n'augmentera pas de 5 points et
qui réparera le trou dans la couche d'ozone de la sécurité sociale,
conjuguée avec les cadeaux fiscaux aux entreprises, fait un bide.
Avec ça, les zélés électeurs UMPF!, trop vite assurés de leur majorité,
trop confiants, ne se mobilisent pas assez pour le second tour. Les
gauches, par contre, dans la crainte du monopartisme bonapartiste, se
réveillent (un peu). On réagit à une menace, quoi -- au jour le jour,
presque.
... Ou "à la petite semaine", tant on a l'impression, ces temps-ci,
d'aller voter chaque dimanche -- on se croirait en Suisse !
Après le discours séducteur (populiste - démagogue) de NS, on voit
arriver la concrétisation des promesses et déjà on a la trouille qui
remonte. -- Ah bon? C'était bien ça, ce qu'il nous promettait? -- On
sent qu'on va pas tarder à pleurer.
Médias quotidiens, sondages quotidiens, bouche à oreille, vote hebdo...
L'impression d'une société très mouvante, très fluide, instable,
réagissant rapidement, et sans doute superficiellement. Comparution
immédiate devant les urnes. Sanction (ou du moins avertissement).
En faisant un poil de SF, on peut imaginer une société encore plus
INTERACTIVE où on voterait effectivement une fois par semaine, histoire
de soutenir ou désapprouver la politique du moment du gouvernement. Je
dis voter, mais un sondage permanent suffirait, en fait. On pourrait,
chaque soir, après les zinfos, cliquer sur le <site gouv.fr>, sur :
indice de satisfaction peu-moyen-bon-très bon, cote d'amour un
peu-beaucoup-passionnément... Et l'action du gouvernement, dès le
lendemain, s'infléchirait en fonction de.
Ingouvernable, sans doute, ne serait-ce que parce que le travail d'un
gouvernement suppose le moyen et le long terme. Mais c'est un peu ce qui
nous pend au nez, dans la logique de l'interactivité "en temps réel"
qu'on adore et que permet en particulier la technologie internet.
(Dans une nouvelle de SF, il y a pire -- ou mieux : le président est
équipé d'un collier bourré de TNT qui explose automatiquement quand
l'indice de satisfaction descend au dessous des 50 % !)
---

Mardi 19 juin 07
MINISTRE DURABLE ?
Qui va remplacer notre superministre de l'aménagement du territoire
économique écologique durablement développé?
Pas Borlooo, quand même ! C'est lui qui a fait la bourde de la TVA
anti-sociale !
"Il faut trouver une solution à Alain Juppé", dixit un journaliste sur
FR 3. (Mais y a-t-il une solution à Alain Juppé ?)
C'est curieux, mais il se passe au moins 2 jours sans que NS apparaisse
quelque part et dise quelque chose !
(Quelques jours plus tard, j'apprendrai que oui, la solution à Alain
Juppé, c'est Borlooo, comme quoi ce superministère est une punition!)

Et pendant ce temps, Rigolène Soyal sourit et François Hollande se
dirige (lentement) vers le cimetière des éléphants.
---

Mercredi 20 juin 07
Au salon du Bourget, on nous promet un "avion du futur" (mais le futur,
c'est maintenant, tu sais) écologique au bio-kérosène-ha-ha.
En attendant, on vend plein d'avions au Qatar -- et même, paraît-il, un
A380 à un particulier, pour son usage personnel.

# Un mystérieux particulier (un mystérieux gros con) s'offre un A380.
Un VIP (un VGC : very gros con) (originaire du Moyen-Orient,
vraisemblablement) a passé commande auprès d'Airbus pour son avion
géant, long de 73 mètres et pouvant transporter jusqu'à 840 passagers
(840 gros cons) dans sa version charter.
Il a déclaré vouloir l'utiliser pour lui-même et pour ses (gros cons d')
amis (ou ses 839 femmes ?)
Le mystérieux acheteur (le mystérieux gros con) devrait payer près de
224 millions d'euros pour un avion standard, mais il aura des coûts
supplémentaires pour l'adapter à ses besoins et souhaits (de gros con).
(...) Une société allemande spécialisée dans l'adaptation des avions
commerciaux à des fins privées propose notamment (aux gros cons) un A380
avec trois chambres à coucher, un grand salon et une salle à manger, un
hamam et des vélos d'appartement (... et pas la clim' ?)
(...) S'offrir les services d'un pilote aguerri ne devrait pas être un
obstacle pour le mystérieux (gros con) fortuné. #

(D'après agences, du 20/06/2007, avec quelques sous-titrages personnels
aisément reconnaissables.)

Le MEDEF applaudit bien fort.

Ci-joint, pour ceux et celles qui ont l'Adéhessel et une grosse BAL, une
jolie présentation de Dubai en PPS
.
(Mais faut pas s'en faire : tout ça est à ras du niveau de la mer, donc
ça disparaîtra sous les eaux d'ici quelques années, ce qui est fort moral.)
---

Vendredi 22 juin 07
Ce matin, en me levant tôt comme un bon sharkolkozien, faisant ma balade
quotidienne dans les bois, j'ai croisé 5 lapins, pas moins. Des lièvres,
plutôt. L'un d'eux a crapahuté tranquilement jusqu'à 2 m de moi. On
s'est regardé dans les yeux pendant 30 secondes, puis il a fait "un pas
de côté" et a "pris le maquis".
Trop familier, ces bestiaux. À la rentrée (ouverture de la chiasse) ils
vont morfler grave.
Nous aussi.
---

Et puis le même jour, donc, comme je l'ai évoqué plus tôt ici même, je
me TGVésai à Vendôme, assistai et participai à une conférence sur le
réchauffement climatique qui me confirma s'il en était besoin, montre en
main, carte sur table et graphiques pointus sur écran, qu'on est mal barré.
Serre les fesses, c'est l'effet d'serre.

Ensuite, il y avait 500 m à faire pour rejoindre la maison où l'on
dînait, et le village n'était pas éclairé ! C'était génial !

Après, l'hôtesse était charmante, les convives conviviaux, et, plus
tard, l'hôtel de qualité...

Samedi 23 juin 07
... la séance de dédicace dans un marché couvert, sympa (oui, je sais,
Wens...)

Le retour en TGV, normal, si bien que, ayant terminé ainsi ma tournée
de printemps, je peux rester chez moi jusqu'à fin août, et ainsi finit
cette série de LO anecdotiques sur mes déplacements en sarkozie.

L.O. 147 - (1er Juillet 07)

Les voyages en Sarkozie que je relatai précédemment, ça laisse des
traces. Par les journaux achetés ou ramassés en cours de route, en
particulier.
De mon dernier, Vendôme, je rapportai le TGV magazine N° 95, qui se
conclut par un article génial. Génial surtout parce qu'il se trouve là,
justement, dans ce mag qui, certes, se veut écolodurable de lapin, mais
surtout lu par des cadres commerciaux, et qui promeut le tourisme et
les montres Rolex (surtout en première classe.)

FAUT-IL SORTIR DU DÉVELOPPEMENT ?
Je vous le recopierais volontiers en entier, mais c'est long. Scanné, ça
va pas être terrible. Alors je vais tenter un résumé garni de citations.

# Chapo : "Il y a près de 60 ans, Truman proposait de mette "l'avance
scientifique et le progrès industriel des Etats-Unis au service de
l'amélioration et de la croissance des régions sous-développées",
inaugurant ainsi l'ère du développement. (...) le développement a été
pendant des décennies présenté comme une panacée, le remède capable
d'apporter le bien-être à tous, au Sud comme au Nord, de mettre un terme
à la maladie à la misère et à la faim. Les inégalités n'ayant cessé de
se creuser et l'extrême pauvreté ayant gagné du terrain dans un monde
pourtant de plus en plus riche, cette croyance (ce credo) a, peu à peu,
perdu sa force mobilisatrice..."

Suit un dialogue de Éric Tariant (le journaliste) avec Gilbert Rist et
Christian Comeliau, tous deux professeurs honoraires à l'Institut
Universitaire d'Etudes du Développement à Genève.

GR : "La croissance a surtout été celle des inégalités, tant entre les
pays du Nord et ceux du Sud qu'à l'intérieur de chaque pays." --- "Le
bilan du développement est catastrophique." --- CC : "Il ne faut pas
poser le problème du développement en termes de rattrapage, car cela
supposerait que le modèle inventé par les pays occidentaux soit un idéal
digne d'être proposé au monde entier. Or ce modèle est critiquable pour
de multiples raisons d'ordre éthique, économique, social ou écologique.
Il n'est d'ailleurs pas généralisable à l'ensemble de la planète, et ne
peut survivre que s'il profite à une minorité, donc s'il organise
l'exclusion de tous les autres." --- GR : "Vous avez raison d'utiliser
le mot credo, car le développement est d'abord une croyance, née en
Occident. (Mais, en Occident même) la maîtrise de la nature ou l'idée
d'un progrès infini passaient pour absurdes ou sacrilèges jusque vers la
fin du 17ème siècle. Rien d'étonnant que pour beaucoup d'autres
sociétés, ces valeurs soient tantôt incompréhensibles, tantôt contraires
à leur vision du monde. Notre notion de progrès renvoie à une évolution
linéaire et cumulative loin d'être partagée par tous. Quant à
l'universalisme, c'est nous qui le décrétons, non sans arrogance." ---
CC (je résume-paraphrase) : Certaines de ces valeurs (progrès social,
réduction de la misère, de l'oppression...) méritent sans doute d'être
progressivement universalisées, mais comment ? La réalité historique du
développement a montré les Occidentaux imposant brutalement leur mode
de consommation, leurs ambitions d'enrichissement, leurs institutions
politiques et sociales. --- ET : "Le développement n'aurait-il été que
la poursuite de la colonisation par d'autres moyens ?" --- GR : "Il
était moins coûteux de dominer les anciennes colonies en les persuadant
d'appliquer notre modèle économique plutôt que de les y obliger par la
force. Les "sous-développés" se sont alors imaginé qu'ils allaient
devenir des "développés". (...) Qu'est-ce qu'un pays développé? Un pays
où tout a un prix, où tout se monnaie : l'eau, la terre, les semences,
les soins aux enfants ou aux personnes âgées, la biodiversité, le permis
de pêche, l'accès à la plage ou le droit de polluer. Un pays où chacun
doit apprendre à "se vendre", soit un régime qui s'apparente à la
prostitution généralisée." --- CC : "Faut-il abandonner le développement
? (...) Il s'agit plutôt de permettre l'émergeance d'autres types de
développement." --- GR : "Le développement durable n'est qu'une vaste
supercherie sémantique pour faire croire (encore !) que la croissance
économique est conciliable avec le respect de la nature et les limites
qu'elle impose. On se borne à polluer (un peu) moins, pour polluer plus
longtemps. Alors qu'un enfant de cinq ans comprend qu'un développement
infini dans un monde fini est impossible. La recette du développement
est très simple : pour assurer la croissance, il suffit d'exploiter et
de dilapider le patrimoine commun à l'humanité : les ressources
naturelles non (ou lentement) renouvelables, le pétrole, les forêts, les
minerais, les poissons des mers, l'air ou la terre (bétonnée). D'où
l'urgence de sortir du développement et de songer à la décroissance.
Mieux vaut s'y préparer librement que d'y être contraint par les
catastrophes écologiques qui s'annoncent. On le sait, mais on n'y croit
pas. Pourquoi ?" #

Et là, pour tenter de répondre à cette question, je ressors mon
Courrier International "Trop chaud !"

Un article intitulé "Et si le réchauffement avait une barbe?" soulève
des aspects psycho-socio de la question :
On disait il y a quelques temps que si on nous prédisait un
refroidissement de la Terre, on flipperait beaucoup plus.
Psychologiquement, on a peur du froid alors qu'on vit la chaleur comme
positive, avec toute une connotation touristique et vacancière...
jusqu'au jour où la Provence ressemblera au Sahara et la Beauce au Sahel...
Il y aurait d'autres aspects psychologiques liés au caractère primitif
de notre cerveau qui entreraient en ligne de compte dans notre peu
d'inquiétude, dans la frilosité (sic) des réactions. Par exemple, au
stade où on en est, un nouvel attentat du type WTC est possible mais peu
probable et ses dégats seraient de toute façon limités (3000 morts, bof,
un incident, comme dit l'autre, un détail de l'histoire.) Par contre la
montée des eaux dans les 10, 20, 50 années qui viennent n'est ni
possible ni probable : elle est inéluctable. Son coût humain, technique,
financier, politique, la souffrance globale qu'elle provoquera sera des
milliers de fois plus importante que celle du 0911. Pourtant le
gouvernement US dépense des millions de dollars pour se protéger contre
la première éventualité, rien contre la seconde. (À l'heure actuelle,
selon moi, le déménagement de toutes les villes côtières vers
l'intérieur, à plus de 80 mètres d'altitude, devrait être envisagé et
commencer à s'organiser, parce que ça va prendre énormément de
temps -- et je ne parle pas des USA, mais du monde entier.)
Pourquoi la catastrophe la plus probable est-elle celle qui nous
inquiète le moins? Il semble que l'homme réagisse aux menaces en
fonctions de quatre critères :
1 - L'autre. On est entraîné, en bons primitifs, à la parano humaine :
on suppute les intentions des autres, on leur suppose de la
malveillance. Or le réchauffement climatique n'apparaît pas humain,
étranger, autre, il ne porte ni barbe ni turban ! Bien des gens vivent
sur les flancs des volcans sans problème mais ferment leur porte à clé
la nuit. On a toujours plus peur d'un attentat que d'un phénomène
naturel. Pour que celui-ci nous fasse réagir, il faut pouvoir accuser
quelqu'un : une théorie du complot, un axe du mal, un méchant. C'est
le phénomène romanesque que j'intitulerais volontiers le syndrome
jamesbond : y a un méchant qui veut faire sauter ceci ou cela ou dominer
le monde, on lui envoie un jamesbond qui le tue et voilà. La traque de
BenLaden est de cet ordre, assortie qu'elle est de l'idée que quand on
l'aura éliminé, le problème sera résolu. Comme Saddam? C'est cela, oui.
Et, dans le cas du réchauffement climatique, le problème se complique
du fait que, après analyse, ce n'est PAS un phénomène naturel, qu'il y a
bien un responsable, mais que ce responsable, c'est NOUS (l'humanité)
et tout particulièrement NOUS (l'homme occidental technico-commercial).
Et NOUS n'a non plus ni barbe ni turban, NOUS ne fait pas un bon
ennemi à traquer à abattre. Le suicide collectif n'est pas envisageable !
Reste à accuser Dieu ou le diable : il nous faut un ennemi !
2 - Le bien, le mal. Le réchauffement climatique ne provoque pas en nous
de réaction morale. Nous nous insurgerons devant une déviance sexuelle,
pas devant une élévation de température. On peut se souvenir à ce sujet
des réactions de divers fondamentalistes à la suite de l'ouragan Katrina
sur la Nouvelle Orléans, sin city, ville des cliniques d'avortement et
des parades homo.
3 - Le temps. Nous voyons cette menace dans un avenir lointain, brumeux,
indéterminé, quelque part dans le futur. On est capable de réagir très
rapidement à un danger immédiat, on a un programme très ancien,
simiesque, d'évitement réflexe des projectiles, ou de rétablissement
dans les chutes, mais pas pour les dangers non immédiats, seulement
imminents. À ceux-là, pas de réactions réflexes, instinctives, seule la
raison, pour y répondre -- et la raison collective, essentiellement lente.
4 - Le temps encore, d'une manière un peu différente. Nous sommes
sensibles aux changements de température, de lumière, de pression,
d'humidité, oui, mais à conditions que ces changements soient rapides,
comme les changements de saison où l'organisme souffre et se réajuste en
quelques jours ou quelques semaines. Le réchauffement climatique n'est
pas encore assez rapide pour nous affoler. On ne le voit pas venir comme
la marée au mont St-Michel à la vitesse d'un chwal au galop. On a le
temps de s'adapter, ou au moins de s'habituer, en tout cas de se
rassurer : "Une année de sécheresse? -- Oui, ce n'est pas la première.
Trois année d'affilée? -- Oui, cette année, ça a encore été dur, mais on
va bien finir par revoir une année normale." Et si on te dit : "Non, on
ne va pas finir par revoir une année normale", tu n'y crois pas, même si
c'est un monsieur très sérieux à la télé. Le concept de "processus
inéluctable touchant le monde entier" n'arrive pas s'ancrer dans notre
penser. C'est trop.
Autrement dit, pour provoquer une réaction, il faut
1 + 2 - Accuser quelqu'un, trouver un méchant responsable à accuser.
On pourrait dire le grand capital, le capitalisme, l'ultra-libéralisme.
Mais c'est abstrait, ce n'est pas quelqu'un : les multinationales n'ont
pas de patron, et pire nous en faisons tous partie, via notre
consommation, nos banques, l'actionnariat, etc. Reste le diable ou les
extraterrestres. Quant à la cause morale, on peut fustiger les moeurs
dévoyées de notre société, l'appeler Babylone moderne ou Sodome. Mais
là encore, c'est très général, symbolique et là encore, nous en faisons
tous partie.
3+4 - Accélérer les choses. La politique du pire : des catastrophes
grosses et grasses, et pas en Nindonésie ou au Ploukistan, ICI, bien
palpables, qui nous mettent le nez dans notre caca. Mais on sait très
bien se rassurer : les tsunamis, il y en a de temps en temps, c'est
normal, les zouragans aussi, les inondations aussi, les sécheresses
aussi. Cette année, il y en a eu plus ? Oui mais l'an prochain ? Ca va
bien se calmer... On verra.
On verra.
Quant à accélérer volontairement les choses... Par exemple un groupe
écoloterroriste qui ferait sauter quelques raffineries Total ou usines
AZF, et pourquoi pas quelques centrales nucléaires EDF ? Là ça serait
immédiat, oui, d'où réactions, et il y aurait un méchant, oui. Mais le
méchant ne serait pas AZF, ou Total ou EDF, ça serait le groupe écolo,
et "les écolos" en général -- pas besoin qu'en plus ils soient barbus
ou pédés.


L.O. 148

LE 07/07/007, POINT CULMINANT DE L'ANNÉE JAMES BOND.
Les terroristes n'ont qu'à bien se tenir.

D'ailleurs la preuve en Grande Bretagne : cette année, ils ont tout
raté. Mais ce qu'il y a de pratique avec le terrorisme, pour les
terroristes, réels ou potentiels, c'est que, qu'un attentat soit réel ou
potentiel, accompli ou déjoué, ou raté, le résultat est le même :
l'effet de TERREUR a fonctionné et c'est le bordel, ce qui, après tout,
est bien le but des terroristes.
Dans attentat, il y a attente. D'où suspense stressant. Être terrorisé =
jeté à terre, terrassé... ? Mais les Britanniques, ayant déjà subi la
terreur des bombardements, V1 et V2 hitlériens, et les années IRA,
en ont vu d'autres et manifestent un flegme... britannique.
---

LE 07/07/007,
donc, ça n'arrive qu'une fois par siècle -- que dis-je? Par millénaire.
Après il y aura bien un 08/08/008, puis un 09/09/009, puis un 10/10/10
et c'est dèjà moins rigolo, on n'a qu'un zéro à chaque fois, et comme ça
jusqu'au 12/12/12. Puis (en admettant que 2012 ne sonne pas, comme
probable, la fin du monde) plus rien de marrant jusqu'en 2101, avec un
01/01/01, etc. Mais pour les 2 zéros devant, faudra attendre l'an 3001,
et d'ici là...
---

APRÈS LES ROTS DE VACHES...
Les fumeurs dégagent-ils du CO2 ?
Et les boissons gazeuses ? (Faut-il boycotter Perrier, Coca, Badoit ?)
Et le champagne, ses bulles, c'est quoi ?
Et les pets-de-nonnes ? Les prout-ma-chère ? Les pets-de-lapin ? Les
neuf heures pétantes ? Les feux d'artifice ? Les mariages du 07/07/007 ?
Les attentats-suicides ?
...
Finalement, c'est toute la VIE qui produit des gaz à effet de serre ! La
vie animale, du moins, qui inspire de l'O2 et rejette du CO2 -- les
plantes faisant le contraire. En principe. Quoique les plantes, en
mourant-pourrissant produisent alors du méthane, pire que le CO2
question effet de serre -- mais moins durable, paraît-il.
Question : cette production de méthane post-mortem fout-elle en l'air
le bon travail d'absorption de CO2 que les plantes ont gentiment
pratiquée pendant toute leur vie ? Y aurait-il un équilibre interne au
domaine vivant végétal (égalité, à long terme, de l'absorption et de
la production de gaz à effet de serre) ? Équilibre que le vivant animal
perturberait ? Si bien que le problème aurait commencé sur Terre dès
l'apparition de la vie animale. Et l'homme, dans tout ça, n'en parlons
pas, pour ce qui est de perturber les équilibres...
Ainsi, à la planète végétale, aurait succédé une planète animale (dont
l'homme), dont l'activité naturelle consisterait essentiellement à
fabriquer une atmosphère où le CO2 domine, ce qui aboutirait à sa
propre disparition. Fin de cycle. Ou fin d'un accident de l'évolution. Et
redémarrage d'un cycle végétal sur une base d'atmosphère CO2.
Mais n'idéalisons pas LA NÂÂÂTURE !
La nature n'a pas d'intentions, ne poursuit pas une sorte de BUT qui
consisterait à conserver un équilibre envers et contre tout. (Le mot
"accident" utilisé plus haut laisse supposer cela : qu'il y a une
"bonne" évolution naturelle, cohérente, organisée, tendue vers un but,
et des accidents, des dérives, des "erreurs de la nature" qui
perturberaient ce but positif).
La nature fonctionne dans une infinie complexité où les états
d'équilibre sont toujours provisoires, toujours susceptibles de
s'autodétruire, se déséquilibrer... puis de se reconstituer, ou de se
constituer en un nouvel état d'équilibre provisoire. Cela sur du moyen ou
long terme -- voire très long terme. (En passant, l'hypothèse Gaïa de
James Lovelock est ambiguë, à ce sujet, ou est-ce seulement une question
d'expression ? Tantôt, il semble concevoir Gaïa comme une entité nantie
de "vouloir", tantôt non. Mais sans doute un jour reparlerai-je de ce
personnage douteux.)
La nature, ou une planète, même vue comme une sorte de machine
homéostatique, NE TEND PAS à un équilibre, ne VEUT pas préserver ou
retrouver un équilibre. Tant qu'on le dit ou pense comme ça, on mystifie.
IL SE TROUVE QUE ça fonctionne sur un système d'équilibre/déséquilibre,
mouvant, dynamique et à long terme. (Ou que l'on peut décrire ça comme ça).
En général, la quantité, le nombre de paramètres en jeu, la complexité,
le temps, permettent les rééquilibrages à court ou moyen terme. Quand
une espèce disparaît, une autre la remplace (prend son rôle dans le
réseau écologique), ou plusieurs autres. L'effondrement d'un système
écologique est rare et rarement définitif, même sur un territoire
restreint et isolé (île). Ce qui nous apparaît, à l'échelle humaine,
comme définitif, ne l'est pas à l'échelle terrestre ou cosmique. Mais
bien sûr, en tant qu'humains vivant à l'échelle humaine, le déséquilibre
qui vient perturber notre belle aventure (humaine) nous fait flipper, en
tant qu'individus comme en tant qu'espèce.
Mais cela dit et pourtant quand même, dans un système écologique (un
exemple au hasard : la Terre), il PEUT arriver qu'un SEUIL soit franchi,
qu'un point de non-retour soit atteint (je ne dis pas DÉJÀ atteint) un
jour. L'effondrement global du milieu vivant est une hypothèse
raisonnablement envisageable. Les planètes mortes ont peut-être été
vivantes, une fois.
Et "la nature" s'en fout.

Mais ces planètes mortes (que nous voyons mortes, que nous appelons
mortes) n'ont aussi bien peut-être jamais été vivantes. Peut-être la
planète Terre est-elle la seule dans tout le cosmos à porter la vie. Un
coup de pot que ça soit tombé sur nous.

---
LA GRIPPE AVIAIRE REVIENT
Les rassemblement de plus de cinq hirondelles sont interdits.

---
HALTE-LÀ !
Un nouveau canard : "HALTE-LÀ ! Le journal qui défend la planète".
Bimestriel, si je ne m'abuse. Il est presque entièrement constitué de
dépêches d'agence (AFP) sur l'environnement en général, brutes de
décoffrage et, ce qui est plus génant, non datées.
Quelques articles proprement dits, non signés à quelques exceptions
près, de même que les dessins et photos. Ça laisse un sentiment bizarre
d'anonymat : QUI parle là ?

Cela dit, on peut y grappiller des infos :
"Pour simplement STABILISER la teneur de l'atmosphère en CO2, il
faudrait que TOUS les pays du monde réduisent IMMÉDIATEMENT de moitié
leurs émissions." (Martin Beniston, Université de Genève, membre du GIEC.)

La Chine est en train de dépasser les USA comme premier émetteur de gaz
à effet de serre.

Pour la Journée de la Terre, Schwartzenegger promeut sur MTV une bagnole
de 800 CV ! -- mais roulant aux "carburants vert".

Les grandes villes et le réchauffement.
Les grandes villes sont génératrices à 80% des gaz à effet de serre :
chauffage et clim', appareils ménagers, transports.
Les grandes villes sont en danger à cause du réchauffement, car beaucoup
sont situées en bord de mer (Bombay, Lagos, Le Caire, New-York,
Shanghaï, etc.) (On a souvent parlé de construire les villes à la
campagne parce que l'air y est meilleur, mais il va falloir songer à les
construire à la montagne.)
Mais les grandes villes sont aussi des solutions. La ville étalée, la
banlieue pavillonnaire, c'est le pire. La concentration de l'habitat
évite les excès de transport, permet des chauffages collectifs, bétonne
moins de terrain, etc. Ouais... j'ai comme un doute. J'aimerais voir ça
mis en chiffre, avec des bilans énergétiques qui tiennent compte de
TOUT. Et voir où on place le seuil entre petite, moyenne et grande
ville. J'ai entendu dire, il y a longtemps, que des urbaniste
considèraient la ville de 50.000 habitants comme idéale, en tout cas au
niveau des ressources humaines : administration, commerces, culture,
réseau d'amitiés, etc. Existe-t-il un calcul de ce genre au plan de la
gestion énergétique ?

Ressources halieutiques en perte de vitesse. Bientôt plus de poissons
dans la mer ? Alors l'élevage ? Mais pour obtenir 1 kg de poisson
d'élevage, il faut 5 kg de poisson sauvage (pour le nourrir). Où est
l'intérêt ??? Alors on peut le nourrir au soja. Certes, mais : soja OGM
ou pas OGM ? (Où y a d'l'OGM, y a pas de plaisir.)

Montée des eaux de 1 m = 100 millions de réfugiés.
Montée des eaux de 6 m = 400 millions de réfugiés.

Les glaciers de très haute altitude (4200 m et +) ne fondent pas -- pas
encore.

Ceux qui pratiquent le qi kong sont moins sujets que les autres à la
dépression. (Traduction mauvais esprit : peuvent prendre tous les jours
le métro et le rer et faire un boulot de merde sans remettre en question
leur mode de vie.)

Les promenades dans les bois soignent la dépression. C'est des trucs
statistiques, pas forcément hyper-rigoureux scientifiquement, mais on
aurait fait l'expérience avec des sujets dépressifs de mettre en
comparaison 30 minutes de promenade dans la campagne avec 30 minutes
dans un centre commercial.
En campagne : sur 70% des cobayes on constate une baisse du niveau
de dépression (si l'on peut dire !) et une hausse du niveau de confiance
en soi.
En centre commercial, seulement 45% manifesteraient une amélioration,
22% une augmentation de la dépression, de la tension, une baisse de
niveau de l'amour-propre.

Ça vous étonne ?


L.O. 149 (08/07/07)

Ne devrait-on pas étendre aux pollueurs la notion juridique de "crime
contre l'humanité", voire même élargir la notion elle-même en "crime
contre la vie", ou "crime contre la planète" ? Ça viendra peut-être.
Mais quand on traînera devant le tribunal de La Haye les responsables de
Total, de Texaco, ExxonMobil, ou d'EDF-nuke, ils auront déjà largement
sévi et peut-être sera-t-il bien trop tard.
---

LE GANG DES MENACEURS DE DISPARITION FRAPPE UN PEU PARTOUT.
Les initiatives pour la bio-diversité sont très à la mode. On lâche une
troupe d'entomologistes et autres -istes sur une île du pacifique ou
la vallée du Verdon, et ils travaillent à un inventaire exhaustif des
espèces végétales et animales de l'endroit, les connues et les nouvelles
(on en découvre sans cesse, mais sont-ce de "nouvelles" espèces ou
avaient-elles seulement échappé, jusqu'ici, à notre sagacité ?) Bon
admettons. Et on entend dire (par ces scientifiques ou par les
journalistes qui les relaient) "C'est terrible, des milliers d'espèces sont
menacées de disparition, et le pire c'est qu'elles ne sont même pas
encore recensées !" Euh... Le pire, c'est surtout qu'elles disparaissent,
les mecs ! Connues de nous ou pas, décrites dans les livres ou pas.
Alors ils font un travail d'inventaire, de recensement, une mise en
commun des données, des connaissances. Information, comptage,
description, tout ça en urgence : vite, vite, faut mettre ça en fiches
avant que ça disparaisse. Mais il faudrait peut-être surtout travailler
à ce que ça ne disparaisse pas. Bon, ils disent aussi : "En inventoriant
dans le détail telle ou telle région, en comparant les nouvelles données
avec d'autres, il s'agit de mesurer l'impact du changement climatique."
Bien.
Mesurer l'impact. On mesure de mieux en mieux, oh ça oui. Mais
empêcher ? Mais prévenir ? On a bel et bien entre les mains des
outils extraordinaires pour mesurer, mettre en fiches, compiler,
mettre en graphiques. Et après ?
Mais ils disent aussi : "Mieux connaître un patrimoine naturel afin de
mieux le protéger."
Mais comment "protéger" ce "patrimoine", à partir du moment où la
catastrophe climatique est en marche et ne s'arrêtera pas (à l'échelle
temporelle humaine) ? Des arches-frigos où l'on gardera les précieux
gênes de toutes ces espèces disparues en attendant le jour où les
conditions de vie seront redevenues supportables ? En attendant, nos
proches descendants en combinaisons climatisées pourront pleurer très
fort en consultant ces millions de fiches, de CDs et de disques durs
bourrés d'informations géniales sur la biodiversité au XXème siècle.
Puis les fourmis et scorpions qui hériteront de la Terre pourront
grignoter des millions de fiches, de CDs et de disques durs bourrés
d'informations géniales sur la biodiversité au XXème siècle. Et, même si
on leur laisse le mode d'emploi, il y a peu de chances qu'ils sachent
ouvrir les arches-frigos et remettre en circulation les espèce hibernées.
"L'Humanité disparaitra  bon débarras", disait sans joie Yves Paccalet.
L'Humanité disparaitra, oui, comme des millions d'autres espèces
végétales et animales.
Et "la nature" s'en fout.
---

INCENDIES DE FORÊTS EN GRÈCE ET AILLEURS
Les dégats sont évalués à tant de millions de dollars ou d'euros, et on
dénombre les morts, les blessés, ou on dit "le sinistre n'a pas fait de
victimes."
Mais il va falloir apprendre à compter, à évaluer les dégats autrement,
non en monnaie ou en victimes (humaines), mais en impact écologique,
et principalement en émission de gaz à effet de serre. Émissions dues
à l'incendie lui-même, mais aussi à l'énorme dépense énergétique des
interventions pompières, camions, hélicos, canadairs, moto-pompes,
tronçonneuses, et leur production personnelle de gaz qui chauffe, ainsi
que la monstrueuse dépense d'eau potable pour éteindre, ou encore la
pollution chimique des produits utilisés.
Il va falloir comprendre qu'il y a des milliers ou millions de victimes
animales et végétales et que c'est plus grave que quelques victimes
humaines. Crime contre la biodiversité, la bio-ité -- la vie, simplement.
Bien sûr, cette opinion paraît odieuse, voire criminelle. Nous sommes
humains et, partant, "humanistes". Nous pensons "les hommes d'abord",
"toute vie humaine est précieuse et irremplaçable". Mais d'une part il
faut bien comprendre que cette vision des choses est récente et locale
(liée à la culture occidentale depuis seulement deux ou trois siècles),
d'autre part, il faut comprendre et intégrer profondément l'idée que
nous humains, ne pouvons vivre sans les animaux et les végétaux, ce
qui va à l'encontre de notre culture "chrétienne humaniste" et de notre
syndrome de maîtrise (se rendre maître) de la nature, par nous pensée
comme "autre" = extérieure = hostile.
C'est aussi simple que ça : pas besoin d'une mystique plus ou moins
niaise ou new age de La Nâââture (Dame Nature, Mère Nature, Gaïa). Il
ne s'agit pas de "respecter La Nature", pas plus que de "protéger
l'environnement", toutes ces formulations qui continuent de mettre le
monde hors de nous -- ou de nous mettre hors du monde. Il s'agit de
survie de l'espèce, l'espèce humaine, la notre, DONC de survie de TOUTES
les espèces parce que nous ne pouvons vivre sans. Et donc aussi de la
terre, des rivières, de la mer, des pôles, les montagnes et du climat.
Tout ce qui est bon pour la vie sur Terre est bon pour NOUS. Notre
survie suppose la survie des autres. Notre égoïsme suppose la solidarité.
Si bien que, même si l'on est (un peu bêtement) justifié sur un plan
moral ou psychologique d'en vouloir à "La Nature" de n'être pas plus que
ça préoccupée de notre sort, nous avons intérêt, pragmatiquement, à
"respecter" La Nature -- je veux dire faire avec et non la chasser loin,
travailler avec elle et non contre elle, échanger avec elle et non la
piller, se mettre en solidarité avec elle et non en concurrence.
---

EN COMPLÉMENT, encore un petit bout de compte-rendu du Courrier
International "Trop Chaud !" (Article "La croisade de madame Butterfly"
à propos de l'action de Camille Parmesan, biologiste américaine
spécialiste des papillons.)
Face au réchauffement, nous allons allons devoir déplacer notre habitat
plus en altitude ou plus au nord -- logique. Les papillons et les
oiseaux le font déjà, semble-t-il, mais quand ils arrivent à des
territoires inhabitables, montagnes stériles, côte nord d'une île ou
d'un continent, ou territoire occupé par l'homme, ils n'ont plus qu'à
disparaître. Ils ne peuvent pas s'adapter assez vite aux nouvelles
conditions ou ils ne peuvent pas aller ailleurs, l'homme s'étant
approprié tout l'habitat.
Dans les périodes de changement brutal, comme celle que nous
connaissons, la biodiversité ne peut que diminuer : dans un milieu
tempéré et stable, les espèces qui pouvaient proliférer tranquillement
sont très généralistes et très interconnectées : un papillon qui
pollinise cent fleurs différentes, ou un prédateur au régime varié. Si
c'est justement ces espèces-là qui disparaissent, c'est tout
l'écosystème qui s'effondre. Ça peut aller jusqu'à la stérilisation ou
ne laisser subsister que quelques espèces adaptées aux nouvelles
conditions, espèces qui jusque là se tenaient discrètes en attendant
leur jour.
---

http://rue89.com/2007/06/22/les-yes-men-transforment-les-morts-en-energie

# Face à l'industrie pétrolière, l'énergie "mortelle" des Yes Men
Par Maria Mancilla (Rue89) 22/06/2007

# Le dernier gag des Yes Men, un réseau d'activistes altermondialistes
qui usurpent l'identité de chefs d'entreprise pour les ridiculiser
publiquement, a eu pour cible la compagnie pétrolière ExxonMobil.
Mike Bonanno et Andy Bilchbaum s'étaient respectivement fait passer pour
des hauts responsables d'ExxonMobil et du National Petroleum Council
(NPC) lors de la plus grande conférence canadienne de l'industrie
pétrolière, la GO-EXPO, le 14 juin. Après avoir alerté les 300
professionnels du secteur présents à la conférence des conséquences
catastrophiques des politiques énergétiques canadienne et américaine,
ils les ont rassuré en leur présentant une solution : le vivoleum.
Ce produit inventé par l'Exxon fictif que représentait Bonanno permet de
tirer profit des morts causées par les changements climatiques.
"L'énergie est disponible tout de suite. Tout ce dont nous avons besoin
est de remonter la chaîne fossile et boucler le cycle de la vie",
dit-il. "Les cadavres peuvent être transformés en énergie."
Pour prouver l'efficacité de leur trouvaille, les Yes Men ont distribué
des bougies au vivoleum "en remerciant la personne qui a rendu ces
bougies possibles" et en s'excusant des "impuretés" qui pourraient y
être trouvées.
Le public a sagement allumé les bougies et observé les bienfaits de
cette énergie. Les activistes ont répondu aux questions des journalistes
sur le vivoleum jusqu'à ce que... la police arrive. La conférence a
repris ensuite avec les excuses d'un des organisateurs: "La conférence
précédente n'était pas celle que nous avions programmée". #
---

AIRBUS
Ne comptez pas sur moi pour défendre les travailleurs d'Airbus-EADS
comme un vulgaire candidat à la présidence. L'avion est (avec la vache)
le pire producteur de gaz à effet de serre.
Je peux quand même leur proposer un truc : ces genslà doivent bien
savoir faire des hélices -- qu'ils se reconvertissent dans les éoliennes !



LO N° 150 15/07/07
ENCORE UNE LO INDIGESTE (bien que très intéressante et instructive) !

UTOPISME OU RÉALISME?
Changer notre mode de vie, c'est souvent qualifé d'utopie, mais en fait
ce n'est qu'une vision RÉALISTE des choses. Car si nous ne le faisons
pas de notre propre volonté, et en gérant au mieux le passage, la
RÉALITÉ s'en chargera.
Or la réalité ne pratique ni la bonne gestion, ni la justice.
La réalité pratique la politique du pire.
La réalité changera notre mode de vie — à notre grand dam et qu'on
le veuille ou non. Sans justice, sans précautions ni principe de—
---

COURRIER INTERNATIONAL SPÉCIAL TROP CHAUD, SUITE ENCORE. (Ça,
c'est un magazine qui fait de l'usage !)

LES SOLUTIONS
"Quinze propositions pour sauver la planète" (Socolow et ses triangles)
Sur les SOLUTIONS, un autre article nous rappelle qu'il est facile de
répandre du CO2 dans l'atmosphère, beaucoup plus difficile de l'en
extraire. Autrement dit, le processus est irréversible. On en est
maintenant informé et prévenu (les deux derniers rapports du GIEC,
en particulier), les hommes politiques sont au courant (le ministre de
l'environnement néerlandais dit : "On n'a même pas dix ans..."), et
pourtant nos réactions et mesures sont "d'une rare frilosité" (Ha-ha !)
De là, Robert Socolow (de Princeton) travaille sur un graphique dans
lequel un certain "triangle de stabilisation" va devenir une nouvelle
unité de comparaison : en haut, la ligne ascendante du graphique
est dite "statu quo" -- le terme est peut-être mal choisi parce qu'il
sous-entend une stabilité, alors qu'en fait il veut dire "on ne change
rien à nos pratiques = business as usual". En bas, la ligne horizontale
de la stabilisation. Entre les deux, il divise la surface en strates
triangulaires représentant chacune 1 million de tonnes de carbone par
an, nouvelle unité qui permet de confronter des données très disparates
: éoliennes par rapport à centrales à charbon, ou informations
techniques sur les moteurs à explosion par rapport à des données
économiques sur le prix du kwh. Chaque triangle devient un enjeu
stratégique, un stade à atteindre en économie de CO2.
Partant de là, il détermine trois grands axes d'action : - la demande
énergétique, - l'offre énergétique, - le captage/stockage du CO2. Le
tout se subdivisant finalement en quinze "triangles de stabilisation".
Par exemple, au plan des économies d'énergie : - efficacité des
véhicules (diviser par 2 leur consommation : voitures plus petites,
nouveaux moteurs), - limitation de leur usage (diviser par 2 le
kilométrage parcouru par les voitures : transports en commun, vélo,
révision de l'urbanisme), - meilleure efficacité des centrales à charbon
(= un quart du CO2 produit ; augmenter leur efficacité de 50%).
Je n'insiste pas sur les détails techniques très intéressants et très
instructifs, mais très désespérants ("Il faut", "il faudrait", "il
faudra". Chaque chantier proposé est ÉNORME, monstrueux — et à
l'échelle mondiale).
Ce qui en ressort, c'est que 1) ce n'est pas facile, 2) NOUS en avons
les moyens, 3) il NOUS faut la volonté.
Et toute la question est celle de ce NOUS. Les chercheurs, les
scientifiques, les technocrates, les hommes poilitiques, les
industriels, les journalistes, et même les caza qui écrivent des LO,
emploient facilement ce NOUS ou ce ON, en se gardant bien de préciser
QUI le terme recouvre. (Sans omettre ceux qui disent "les gens"). Et
quand je prends conscience que ce NOUS veut dire "l'humanité dans son
ensemble et dans sa totalité", le terme "IMPOSSIBLE" clignotte devant
moi comme un feu de carrefour avant de passer au rouge.
Un exemple : Parmi NOUS, il y a, mettons, un cultivateur de maïs.
Logiquement (enfin, dans MA logique), après deux ou trois années de
sécheresse qui font que sa récolte est minable et qu'en plus il se fait
montrer du doigt comme un gros gros consommateur d'eau et ptêt ben
quen plus il fait de l'ogéhème -- logiquement, donc, il devrait déjà être
passé aux pois chiches (bios). Et ben non : le producteur de maïs
demande une indemnisation catastrophe naturelle manque à gagner et
tout ça, et l'obtient (département, région, état, europe). Il ne passera
aux pois chiches (bios) que quand il recevra une prime à l'arrachage
du maïs et une subvention à la culture du pois chiche (bio).
Ce n'est pas à lui que j'en veux, ou pas à lui seul : il est coincé dans
un système qui inclut département, région, état, europe + crédit
agricole + distributeurs + import/export + pétrole + multinationales
agroalimenteuses qui foutent du maïs partout (plats préparés, soupes,
purée, sans oublier le pop-corn, plaie des cinémas). Et voilà avec ça
que, pour faire Vert, on veut faire plein de bio-carburant à base de
maïs. Très mauvaise idée !

Tout ça pour dire : comment concilier tous ces éléments (et bien
d'autres, en tirant les fils) dans une volonté collective, un NOUS
harmonieux et efficace ?
Les triangle de Socolow font une belle mise en forme théorique et a la
qualité de proposer une nouvelle unité, une nouvelle monnaie, en qq
sorte : la tonne de carbone. Mais qui donnera une solution (ou un
embryon de solution) crédible, applicable pratiquement — et tout de suite ?
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ÉOLIENNES : UN CAUTÈRE SUR UNE JAMBE DE BOIS ?
Autre article, signé Georges Monbiot à propos d'un parc éolien qui ne
s'est pas fait, en Angleterre (Whinash). Whinash aurait alimenté 47 000
foyers et, en remplaçant les centrales themiques équivalentes, aurait
réduit de 178 000 tonnes la production annuelle de gaz à effet de serre.
Or un avion de ligne faisant un aller-retour quotidien Londres-Miami
produit annuellement 520 000 tonnes de gaz à effet de serre, soit trois
fois ce que n'aurait pas produit le parc éolien de Whinash (Je veux dire
ce qu'auraient produit les centrales thermiques que Whinash aurait
remplacé — faut suivre). On prévoit que le nombre de passagers aériens
anglais passera de 180 millions à 476 millions d'ici 2030. Pour
compenser, il faudrait 1094 parcs éoliens type Whinash.
Absurde, bien sûr !
La comparaison vaut ce qu'elle vaut : on ne peut pas se servir d'une
éolienne pour se rendre à Miami. Ni d'un jet pour produire de
l'électricité (Quoique... ça fait du vent, on pourrait combiner...)
"Autrement dit, il n'existe pas de moyen écologiquement viable de
répondre à la future demande énergétique. La seule stratégie compatible
avec l'environnement est une réduction à grande échelle de la
consommation globale."
Et nous voilà face aux vraies questions : a-t-on BESOIN d'aller à Miami?
A-t-on BESOIN de tant d'électricité?
Et nous voilà à nouveau face au NOUS : la grande échelle, le global — et
l'urgence.

Alors ni avions ni éoliennes, on reste à la maison, on éteint la
lumière, la télé, l'ordi, etc. (Et on n'en profite pas pour faire des
petits, hein, coquins, je vous connais !)

Les éoliennes sont une "solution de fin de processus" parmi d'autres. Au
lieu de s'attaquer à la source, (= le "besoin" d'énergie), on propose un
moyen moins nocif d'en produire. C'est déjà ça, mais à la base, le
problème est toujours là, parce que sa cause est toujours là :
l'hyperconsommation.

(Par ailleurs, j'aimerais voir le bilan énergétique d'une éolienne ou d'un
panneau photovoltaïque : combien coûte, déjà, en énergie (et en CO2),
en matières premières (acier, cuivre, etc.) sa fabrication, son transport,
son installation, et combien de temps devra durer son exploitation pour
être rentable (énergétiquement et gazàeffetdeserrement) ?
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"NUCLÉAIRE OU RÉCHAUFFEMENT, FAUT-IL CHOISIR ?"
(Aïe, ça fait très mal !)
En GB, dialogue entre Zac Goldsmith, rédac' chef de The Ecologist et
James Lovelock, auteur de L'Hypothèse Gaïa.
ZG : Le nucléaire, c'est cher (la facture du traitement des déchets est
énorme), dangereux et sale. Selon lui, en GB, une bonne gestion de
l'énergie permettrait d'économiser le DOUBLE de ce que produit le nuke,
et pour bien moins cher. Par ailleurs, toujours en GB, si on remplaçait
le nuke par du charbon ou du gaz, on n'augmenterait les émissions de
gaz à effet de serre que de 4 à 8%. Enfin on oublie trop facilement que
chaque étape du nuke, hors la fission elle-même, PRODUIT du gaz à effet
de serre. Il ne donne pas de détails, mais quand on voit les panaches de
vapeur d'eau au dessus des tours de refroidissement des centrales, on
doit se rappeler que la vapeur d'eau EST un gaz à effet de serre.
JLo : On est entré pour cent mille ans dans une ère de chaleur et rien
de ce que nous tenterons ne peut l'arrêter. Les solutions proposées
arrivent un siècle trop tard. Par contre "nous ne pouvons pas sauver le
monde, mais nous pouvons faire quelque chose pour nous sauver, nous,
au Royaume Uni." C'est bien d'un Anglais, tiens ! Après ça, son
raisonnement c'est utiliser les sources locales de nourriture et
d'énergie. Qu'est-ce qui est disponible? Le charbon et le nuke! La suite
indique très clairement que cet homme est FOU (et dangereux) ! Depuis
cette note, j'ai ouvert (avec des pincettes) et lu (en combinaison
anti-rad) son nouveau book "La revanche de Gaïa". Je confirme.
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Je vois que maintenant, Boeing-Boeing fait des avions en fibre de
carbone. Plus légers donc moins consommateurs de pétrole.
Mais la fibre de CARBONE, c'est fait comment ? Est-ce qu'on peut
récupérer le carbone du CO2 atmosphérique pour fabriquer la susdite
fibre de- ?? et ainsi transformer les avions (et autres engins à moteur)
en "puits de carbone" ???

Hum, il semble que la fibre de carbone se fabrique à partir du charbon,
ou du pétrole — pas de bol.


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