DÉLITS D'OPINION

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ZANIMOS
Dans
le dernier Télérama (3009), un petit abécédaire autour du thème
"Bêtes
et hommes", et, pour 7 euros de plus, un numéro hors-série
sur
le même
thème, le tout à l'occasion de l'exposition qui se tient
à la
grande
halle de La Vilette. Belles photos, beaux textes. La
question
n'est pas
de nous montrer les zanimos comme ils sont beaux
(ou comme ils
sont
féroces " ou comme ils sont en danger) mais
plutôt de mettre
en
évidence nos rapports, la relation bêtes/hommes
dans son
histoire, son
évolution, son actualité.
"Ce
serait la faute à Descartes et son "animal-machine" si nous
occidentaux,
ne voyons l'animal que dans ce qui le différencie de
l'homme
[...]"
Jean-Christophe
Bailly, à propos du mot "biodiversité" : "Ce mot-là,
malgré
ses
racines, ne dit rien de la multiplicité infinie du vivant.
Très
vite, ce
singulier sonne comme un slogan. Il devient l'équivalent
de la
citoyenneté : on en parle, on sait que c'est bien, on ne la voit
jamais.
Et dès que cette diversité se manifeste, on ne la supporte pas
:
avec la grippe aviaire, on pointe du doigt les oiseaux
migrateurs,
libres,
alors que l'on sait bien que l'épidémie se développe
surtout à
cause des
conditions absurdes de l'élevage. Mais tout d'un
coup on se
dit que ce
serait mieux si tous les animaux portaient le même
uniforme,
étaient
vaccinés et ne se baladaient pas n'importe où. [...]"
JCB
encore : "Je suis ému par les côtoiements furtifs et inattendus avec
les
animaux en liberté [...] Aucune relation de ce type ne lie les
producteurs
industriels à leurs poulets."
Vinciane
Despret, commissaire de l'exposition en question : "Voilà une
question
intéressante : y a-t-il des manières civilisées de faire comprendre
à
un corbeau d'aller nicher ailleurs? [...] Notre seuil de tolérance à la
violence
faite aux bêtes a baissé [...] qu'est-ce qui a
modifié notre
sensibilité? [...]
Cent babouins en danger, c'est une
statistique ; un
babouin, c'est un
personnage."
Presque "une personne", quoi.
"À
mesure que le savoir sur les compétences animales progresse,
progresse
également l'inquiétude sur le rétrécissement de la frontière
entre
l'homme et l'animal."
... Et
l'idée que, peut-être, cette nouvelle perception que nous avons des
animaux,
de leurs capacités cognitives, de leur sensibilité, ne serait
pas
à sens unique : les animaux, particulièrement ceux que les
éthologues
étudient de près, évolueraient à notre contact " du
moins au
contact de
chercheurs fraternels.
Etc, etc...
Apparemment, il y a des heures de bonne lecture,
dans ce hors série.
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«Un homme qui n'est pas informé est un
sujet, ¨un homme informé¨est
un citoyen» - Alfred
Sauvy
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J'ai aussi entre les mains L'Âge de faire N°11,
sous-titré Écologie,
citoyenneté, solidarité.
Dans leur comité de parrainage, je vois des gens
comme Albert Jacquard,
Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi...
Et c'est vraiment bien, en particulier parce qu'ils
ouvrent sur des
BONNES NOUVELLES
-
La FAO promeut l'agriculture bio. "L'agriculture bio pourrait
satisfaire
la demande alimentaire mondiale tout en réduisant
les
impacts sur
l'environnement et la pauvreté." La Roumanie
aurait fait de
cet injonction
un axe prioritaire dans le cadre de son
adhésion à l'UE.
D'après des
témoignages récents, c'est pas encore ça, mais
patience :
préparons-nous
à aller faire notre marché en Roumanie.
-
A Caracas, Venezuela, les habitants des bidonville se font des
micro-potagers
bios sur des plateaux! C'est un programme FAO, que
Chavez
reprendrait de son côté. Des pays africains suivraient.
-
L'Éthiopie a déposé des licences de propriété légale
dans les
principaux
pays importateurs pour ses meilleures variétés de
café.
-
Machin-dit-le-Shark a envoyé une lettre de soutien aux SCOPs. (En
passant,
ce mensuel est imprimé par une scop " ce qui n'en fait pas un
média
sarkozyen, loin de là : plutôt prudent quant au fameux "grenelle
de
l'environnement" (sic)
- A Lyon, Paris et Rouen, des "déboulonneurs"
(taggeurs anti-pub) ont
été acquités ou condamnés à un euro
symbolique avec,
de la part du
tribunal, "reconnaissance de la légitimité d'une
démarche non-violente
de désobéissance civile."
-"Travailler
moins pour vivre mieux" serait un nouveau slogan japonais
pour mettre
fin aux suicides en série et autres morts par surmenage.
On pourrait en
prendre de la graine, chez Renault.
- Ferroutage enfin, entre Luxembourg et Perpignan.
Ça, même la télé
en a parlé.
-
En Amérique du sud, naissance d'une Banque du Sud, qui pourrait
aboutir
à une monnaie commune, et donc à se passer du dôlar de
la Banque
Mondiale.
-
Les abeilles iraient mieux. Aux USA, cet hiver, elles ont disparu
par
millions. Mais ce printemps, le responsable du massacre, le
champignon
nosema cerenae, a été identifié et serait combattu avec
succès. (Mais
j'essaye de réunir d'autres infos sur la question
"essentielle! " de
la vie des abeilles, de leurs multiples bienfaits aux
multiple menaces
qui les menacent.)
-
Un dossier sur les "Créatifs culturels". Je note en passant le titre du
bouquin de Patrick Viveret : "Pourquoi ça ne va pas plus mal?" (Fayard
2005)
- Une maison de vieux autogérée
intergénérationnelle à Montreuil. Des
étudiants en coloc avec des vieux
à Lyon. Des
enfants de la halte-garderie
qui vont goûter avec des alzheimeriens à
Saint-Apollinaire (Bourgogne).
Et des vieux en famille d'accueil par ci
par là .
-
Le réseau des Jardins de Cocagne : des exclus en réinsertion dans le
maraîchage bio. On s'abonne à l'année pour un panier par semaine de
légumes locaux et de saison. Y en a pas par chez moi c'est bête, ça
semble surtout proliférer dans le Dauphinois.
-
Les Cigales : Club d'Investisseurs pour une Gestion Alternative et
Locale de l'Epargne Solidaire. Bravo pour l'acronyme! Si vous avez
quelques sous en trop.
- Calendrier : L'Âge de faire sera présent les 29
et 30 septembre
à Tours au Salon Fougères.
Et sur leur site, on voit déjà le N°12
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ENVIRONNEMENT : GREENelle ou Grrr...enelle ?
La question est ainsi posée par Alerte N°4
www.agirpourlenvironnement.org
On
peut signer et acquérir des cartes postales à envoyer
à Monsieur
le
Président de la République (Machin, quoi), et ses Ministres de
la
République (sous-Machin 1 et sous-Machin 2) pour leur mettre
sous le
nez 40 propositions bien senties de mesures intelligentes
et applicables,. Par exemple : - 10% de surfaces agricoles en bio
"moratoire sur les zogms' " corridors animaux "quotas de pêche"
interdire la vente libre des pesticides "moratoire sur les projets
routiers et autoroutiers" interdire les publicités incitant à un usage
irrationnel de l'énergie...
Et bien d'autres.
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Et pour d'autres bonnes nouvelles, on peut toujours
aller voir
http://www.grainesdechangement.com/
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C'est tout pour aujourd'hui. (C'est épuisant, toute
cette positivité !)
LO 166 (21 septembre 2007)
BALADE DANS QUELQUES MOTS PLUS OU MOINS D'ACTUALITÉ
APOTROPAÏQUE
(gr. apotropaïos : qui détourne les maux). Se dit d'un objet, d'une
formule servant à détourner vers quelqu'un d'autre les influences
maléfiques. (Rituel, sort de protection).
Et une formule qui renvoie les influences maléfiques vers celui qui les
envoie (par exemple, au hasard, de Machin vers Machin chaque fois qu'il
apparaît/parle à la téloche ou ailleurs), ça s'appelle comment ?
ASSEDIC
C'est pas une secte juive, les hassédiques?
BAUDRILLARD
Jean Baudrillard "Mots de passe". (Le Livre de Poche / Biblio / Essais)
Je vous avais promis un compte-rendu de ce petit livre réjouissant.
Maintenant il est mort et c'est trop tard. Ah ben non c'est vrai, les
bouquins restent. J'avoue d'abord que, dans ma carrière de lecteur,
je suis passé à côté de Baudrillard (et de bien d'autres!). Il faisait
juste partie de références de références, c'est-à-dire de ces noms que
je voyais cités par d'autres, dans des bouquins ou des articles, ce qui
me laissait l'impression de le connaître vaguement. J'avais lu aussi il
n'y a pas si longtemps une interview de lui "le meurtre de la réalité",
pensée pointue et provocatrice, décryptant quelques phénomènes
sociaux, cartes de vœux, commémorations, échange généralisé de
signes, avec à la clef une certaine disparition du principe de réalité.
Soit "comment le monde devient virtuel".
Citation à propos du WTC : "Plus le building s'élevait, plus il
incarnait
la virtualité toute-puissante, plus on rêvait donc qu'il s'effondre, par
cet obscur désir de réversibilité que tant de personnes partagent, sans
être pour autant terroristes."
BRASSENS
"Le 22 septembre, aujourd'hui, je m'en fous."
CHANTEUSES
"Les chanteuses ont leur mystère." (Chico Buarque)
CONTRASTE
L'une des conséquences du réchauffement global semble bien être
un climat plus contrasté, des pics, des excès : plus chaud, plus froid,
tempêtes plus violentes, orages plus fréquents, sécheresses plus
longues, inondations, etc.
Dans le même temps, les idéologies qui tiédissaient tranquillement sur
un coin de table, se contrasteraient-elles ? On ne peut pas le dire de
la
politique française où la droite économiste est en train de tout
phagocyter
pour fabriquer une sorte de soupe libéraliste gestionnaire. Mais le
capitalisme triomphant se fait plus dur : plus de riches et plus de
pauvres.
La différence s'accentue. Entre banlieue et centre-ville, entre ville et
campagne aussi.
Mais les religions ? Peut-être que globalement il y a moins de religion,
mais à l'intérieur il y a plus de fanatisme.
Y a qu'au PS qu'on reste cool. (Euh, QUEL PS ?)
ÉCRITS VAINS
Auteurs (journalistes, souvent) pressés de lancer des affirmations
péremptoires, faites-vous des raccourcis-clavier, comme :
PT = peut-être
AQJS = autant que je sache
AMC = à ma connaissance
ISPQ = il se pourrait que
(C'est pénible à taper, ce paragraphe, parce que je me suis déjà fait
les
raccourcis-clavier en question, alors je ne peux plus écrire AQJS sans
me retrouver avec un "autant que je sache". Déjà que j'avais un AR
pour Arkadi et que je ne peux plus envoyer une lettre recommandée
avec accusé de réception !)
EXPERT
# Mais un type d’expert est apparu, qui colle parfaitement à la
définition
donnée par le spécialiste du management Henry Mintzberg : « Quelqu’un
qui en sait de plus en plus sur de moins en moins, jusqu’à ce que, pour
finir, il (ou elle) sache tout sur rien. » #
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/WARDE/15093
HOTEL (DE PASSE)
Le nouvel Hôtel de Police de Lyon s'installe dans le Fort Montluc qui,
vu
de loin, ressemble à une prison médiévale et qui, pendant l'occupation,
servit de camp de transit vers Birkenau. Sympa.
LAIT (DE VACHE)
Pr. Plant : "Il ne faut pas croire que le lait de vache n’est pas bon.
C’est
un aliment merveilleux - pour les bébés vaches. Il est très différent
du lait
humain d’un point de vue nutritionnel. Il contient trois fois plus de
protéines
et beaucoup plus de calcium."
LETTRES
Si le L n'existait pas, on assassinerait à coups de fringues. Ça ferait
moins mar.
Si le A n'existait pas, les diligences seraient tirées par les cheveux.
Si le D, le I, le E et le U n'existaient pas, ça nous ferait des
vacances.
MERCI PATRON
Les heures supplémentaires exemptées de charges: payées 25% de plus
mais 45% de charges en moins. Économie totale : 20%. (Le Médef
applaudit bien fort.)
PAUVRES
— Tout est relatif.
— Absolument !
Au vu de certains chiffres, dans l'absolu, il y a de plus en plus de
riches dans le monde. Mais ça c'est "dans l'absolu". Or rien n'existe
"dans l'absolu", rien n'est absolu (à part le zéro, et encore). Tout est
relatif, donc (y compris le mot 'tout'). Alors si on dit "Il y a de
plus en
plus de riches ET il y a de plus en plus de pauvres", déjà on comprend
mieux, on a une vision plus juste de l'état du monde. Mais ça reste une
vision binaire des choses. Pour plus de subtilité, on doit faire jouer
un
troisième élément : ni OUI ni NON, mais MU, comme on dit en japonais,
car tant qu'on reste dans le duel, on fait juste osciller la balance
oui-non,
on ne change pas de niveau de réflexion, de registre, de régime. MU,
c'est "ni oui, ni non", certes, mais mieux : "indécidable", et surtout :
"la question ne se pose pas" ou encore "la question n'est pas
pertinente".
Un "troisième élément", une "troisième voie" serait d'ajouter : "Il y a
aussi de plus en plus de gens pour qui la problématique riche/pauvre
n'est
pas pertinente." C'est peut-être ceux qu'on appelle "les créatifs
culturels".
Et c'est là que ça commence à devenir intéressant, et en tant que
réflexion
sur la société et en tant qu'espoir d'une évolution, d'un changement de
paradigme culturel, comme on dit pour faire savant. Le principe de
"troisième voie", ça peut s'appliquer à des tas de trucs : un
référendum,
un couple, une rivalité entre deux boîtes, entre deux cités, entre deux
pays, la croyance en un dieu, l'élection d'un président de la
république,
ou la rivalité politique droite/gauche. (De là à voter Bayrou, il y a
comme
un gouffre…)
PHOTO
Dans Photo N°440, Lucien Clergue raconte que, dans un hôpital à
Washington, un malade qui était considéré comme perdu a reçu un choc
en voyant défiler les pages de son livre "Née de la vague" que lui
présentait l'infirmière au pied de son lit. Un choc vital qui l'a sauvé
!
Personnellement, ce livre (que je n'ai plus vu depuis bien longtemps)
m'a
donné une sorte de choc du même genre, mais essentiellement artistique.
Ça devait être dans la fin des années 60 et ça a durablement influencé
mon style graphique : l'époque des nus en noir et blanc aux petits
points.
POEME
"Il neigeait,
et pour la première fois dans la tempête,
Pine hochait la tête."
PRÉHISTOIRE
Quand vient le gros mignon, le néant détale.
TERRORISME
Langage médias après arrestations : "Ils n'avaient pas encore leurs
billets
d'avion. Ils n'avaient pas encore de produits explosifs." (Le mot
important
est ENCORE.)
TOMBE
Pourquoi est-ce qu'on TOMBE amoureux ?
Pourquoi est-ce qu'on TOMBE enceinte ?
S'agit-il d'une CHUTE ?
Cela a-t-il à voir avec la TOMBE ?
Et la BIÈRE où l'on vous met à cette occasion a-t-elle à voir
avec celle
que vous avez bue la veille ? Si vous étiez au volant, peut-être.
Et la mise en bière étant une mise en boîte, faut-il en rire ? Et
est-ce que
ça mousse ?
VÉRABILITÉ
# On pourrait dire, pour reprendre la terminologie du satiriste Stephen
Colbert,
qu’il y a plus de « vérabilité » (truthiness) que de vrai dans tout ce
que l’on
raconte sur le financement du terrorisme. La « vérabilité » étant
définie
comme « ce que l’on veut que les faits soient, opposé à ce que les faits
sont en réalité ». #
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/WARDE/15093
AVENIR
"Je m’intéresse à l’avenir car c’est là que j’ai décidé de passer le
restant
de mes jours." (Woody Allen)
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MARCHÉ DU CARBONE
LA THÉORIE DES QUOTAS
"Inciter les citoyens à réduire leurs émissions individuelles"
Le truc du marché du carbone, appliqué à petite échelle, serait-ce plus
compréhensible?
Par exemple en instituant une forme de rationnement individuel, un
permis
à points de carbone. Je pose ça, après d'autres, comme une hypothèse,
mais ça va venir, c'est inéluctable. Bon. On aurait droit chaque année à
tant de points d'émission de gaz à effet de serre. Chaque fois qu'on
ferait
le plein de sa voiture, on en perdrait, quand on remplirait sa cuve à
mazout aussi, sa cuve à gaz, oui mais moins, mais aussi selon sa
consommation électrique de l'année, un voyage en avion, crac, gros
retrait, un voyage en train, tant de points au km, tu pètes, tant, tu
élèves des vaches, tant, etc. Si tu arrives au bout de tes points avant
la fin de l'année, tu dois rester chez toi dans le noir et sans
chauffage
jusqu'à l'année suivante, tu peux crever, bien fait.
Sauf que. Sauf que tu peux aussi en dépenser moins que ton quota.
Et là, de deux choses l'une : en bonne morale, il faudrait que les
points
non utilisés soient perdus, et que ton quota soit réactualisé en
fonction
de ta consommation réelle de l'année, ceci assorti d'une médaille pour
bon comportement écolocarbonique. Mais évidemment, l'homme est
ainsi fait qu'il va plutôt s'évertuer à dépenser tout son quota
pile-poêle
histoire de ne pas risquer d'en manquer l'année suivante.
Ou alors il va chercher à revendre ses points de rab'.
Si mon voisin se chauffe au fuel et va au boulot en ville tous les jours
en voiture et si moi je me chauffe au bois et je ne sors ma caisse
qu'une fois par semaine pour faire les courses au village voisin, je
vais
avoir des points de rab' et je vais pouvoir les revendre à mon voisin
gaspilloïde qui, du coup, va pouvoir, en plus du reste, partir en
week-end
à 300 kms. Ces points CO2 vont donc constituer
un marché — libre, officiel
ou noir, c'est à voir. (Mais s'il est interdit de revendre ses points,
les
astuces ne manqueront pas pour passer outre, on est en France ! Il se
fera une cotation sauvage ou officielle en fonction de l'offre et de la
demande.)
La question qu'il faut se poser c'est : est-ce que ça contribuerait à
réduire
les émissions de gaz à effet de serre ? A priori, dans la mesure où il
y a
de l'argent à gagner, je vais faire encore plus d'efforts de
non-déplacement
— et je ne vais pas être le seul. Pour les salariés, cela peut inciter à
regrouper des journées de travail sur trois jours au lieu de quatre ou
cinq
ou à développer le télétravail, et, entre voisins, à des co-voiturages,
à se
réunir pour qu'un seul fasse les courses de plusieurs, emmène les
enfants
à l'école, etc.
Quant au voisin qui, par obligation ou par goût, est un gros rouleur, un
gros émetteur de CO2, pouah-caca, il va nous racheter des points, donc.
S'il n'a pas de gros moyens, et pas forcément la possibilité ou la
vocation
de travailler plus pour gagner plus, à son tour il va chercher à
économiser :
prendre une voiture hybride, déménager plus près de son boulot, (très
bien, bon débarras), ou passer un week-end sur deux à la maison (moins
bien, il met sa sono à fond). Sacrifier un peu de ses désirs
consommatoires
et peut-être découvrir que ce n'est pas vraiment un sacrifice et qu'il
y a
du plaisir à la clé.
Jusque là, ça semble efficace.
Par contre, le gros émetteur riche, il s'en fout, il rachète des points
partout
sans rien sacrifier de son mode de vie, et là revoilà un déséquilibre :
celui, classique, de la société libérale avancée : le riche peut se
permettre
tout, c'est pas moral, et il faudra beaucoup de sagesse et d'abnégation
aux autres, aux économes, pour ne pas lui casser la gueule. Parce que ce
n'est parce qu'il nous achète nos points qu'on ne va pas lui en vouloir
!
Il nous donne des sous pour nos points, bon d'accord, mais en fait, on
n'en a rien à faire, des sous : on ne consomme pas ! Bon, finalement,
oui,
on lui casse la gueule et on l'enterre au fond du jardin et nos points
on se
les joue entre nous au scrabble ou on les brûle dans la cheminée.
(Quoique
ça sera sûrement pas des tickets de rationnement comme pendant la
guerre, mais un truc électronique sur une kartapus indestructible…)
---
Et pour rester dans les calculs sordides :
LES BANQUES PRODUISENT DE L'EFFET DE SERRE
# Les banques françaises « financent dix fois plus les énergies fossiles
polluantes que les énergies renouvelables. » Elles communiquent toutes
sur le développement durable « mais continuent à financer des projets
énergétiques extrêmement controversés tel l'oléoduc Baku-Tbilissi-Ceyhan
en mer Caspienne (Banque Populaire, BNPParibas, Crédit Agricole, Dexia,
Société Générale). Alors que les industriels sont désormais soumis à
des quotas d'émissions, les banques profitent du fait que leurs choix
de financement sont sans aucune contrainte légale pour engranger
des profits astronomiques, dans une très forte opacité. #
Ça date de mars, mais c'est toujours là :
http://www.actualites-news-environnement.com/2007(...)francaises.php
Mais heureusement….
# Les Amis de la Terre publient le premier guide pour aider les
consom'acteurs à bien choisir leur banque.
Même si l’on commence à voir apparaître des produits bancaires
"verts" (fonds éthiques ou prêts à taux préférentiel pour inciter les
investissements écologiques…) et si toutes les grandes banques
publient désormais leur rapport de développement durable, il leur
reste encore de gros efforts de transparence à faire en ce qui
concerne les impacts indirects sur l’environnement de leur politique
de financement et d’investissement. C’est en tout cas la conclusion
du rapport "Banques françaises, banques fossiles" qu'a publié l’ONG
écologiste Les Amis de la Terre, et qui analyse plus spécifiquement
les politiques climatiques et énergétiques des banques françaises.
[…] Les résultats du classement sont édifiants : les deux seules
banques à obtenir une note supérieure à la moyenne sont des
institutions alternatives, la NEF (institution de finance solidaire)
et Crédit Coopératif (banque au positionnement social). A l'exception
de la Banque Populaire dont la note s'approche de la moyenne, les
autres banques (Caisses d’Epargne, Crédit Agricole-LCL, HSBC,
BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel-CIC) ont des résultats
nettement insuffisants. #
Ça date de mars aussi, mais c'est toujours là :
http://www.grainesdechangement.com/newslettermars07.htm
Pour en savoir plus, téléchargez directement le rapport "Banques
françaises, banques fossiles" (ou sa synthèse)
http://www.amisdelaterre.org/Banques-francaises-banques,3138.html
et le guide pratique "Environnement : comment choisir ma banque ?" http://www.amisdelaterre.org/Environnement-Comment-choisir-ma.html
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SPIROU
Et puis sachez que depuis le début du mois, ou par là, le journal de
Spirou, et surtout son site www.spirou.com a lancé un blog écolo.
Un dessin par jour, par Ak, Bercovici, EspritSpirou, LePiou ou Thiriet.
C'est drôle et ça donne (ou ça rappelle) quelques bonnes idées de
pratiques quotidiennes pour "sauver la planète" (selon l'expression
désormais consacrée), certaines connues, d'autres moins : faire la
poussière sur les ampoules, par exemple. Et puis l'info qu'un affichage
écran à fond blanc dépense plus d'énergie qu'un fond sombre !
Et pour finir, deux petites images cadeaux :
deux dessins de Henrich Kley,
génie graphique du début du XXème siècle, sur les vendanges
– c'est de saison.
LO 168 (6/11/07)
Il y en a quand même quelques uns qui se préoccupent de moi,
dans la confrérie des écriveurs et lecteurs de lettres ouvertes.
Merci, mais je vais très bien !
Simplement, au cours du mois d'octobre, j'ai pris beaucoup de retard
sur mes
planches, à cause de deux affiches, de pas mal de sorties en dédicaces :
Aubenas, Chambéry, Chaumont, la Bégude de Mazenc, et autres activités
externes.
Donc je bosse sur des pages férocement encrées !
Et puis il m'est arrivé un truc bizarre : des amies m'ont demandé mes LO
par écrit et j'ai travaillé à sélectionner, compiler le meilleur, ou le
plus
personnel, ou ce qui est encore d'actualité, des 160 et quelques lettres
produites. Une fois ceci fait et imprimé, je me suis arrêté ... comme si
j'en avais fini avec ça.
Faut dire aussi que je me sens quelque peu pantois, ou atterré, ou
hésitant
entre sombrer dans l'indifférence ou éclater d'un grand rire nerveux,
face à la pantalonnade que devient notre poilitrique...
ou l'état de la France... ou, non, tiens, du monde.
N'EMPÊCHE QUE, NON, JE N'EN AI PAS FINI !
---
QUELQUES PROMOTIONS DE FIN DU MONDE, HISTOIRE DE REMETTRE LA MACHINE EN
MARCHE.
LE DERNIER SPAM REÇU !
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2. Rocket fuel and Tomohawk rockets (serious enquiries only).
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skhalil22@aol.com #
---
"JE SUIS NOIRE MAIS JE SUIS BELLE" (Cantique des cantiques)
Une petite annonce est parue dans la presse (me demandez pas où) en ces
termes :
"Jeune Noire cherche compagnon. Origine ethnique sans importance. Je
suis
belle et j'adore m'amuser. Je raffole des grandes promenades dans les
bois,
de ballades en 4x4, de chasse, de camping, de sorties de pêche et de
soirées
où je suis confortablement allongée auprès du feu. Je serai à votre
porte quand
vous rentrerez du travail, ne portant sur moi que ce que la nature m'a
donné.
Embrassez-moi et je suis à vous. Composez le (404) 875-WXYZ et demandez
Daisy."
Plus de 15.000 hommes ont répondu à cette annonce et ont découvert
qu'ils
avaient appelé la SPA au sujet d'une chienne Labrador de 8 semaines...
---
23
Monseigneur Vingt-Trois a été promu cardinal, ainsi que 22 autres
évêques.
---
NOMBRILS
Un blog est, quasi par définition, nombriliste et
narcissique. Mais pas que
les blogs. Dans tous les milieux sociaux, en toutes circonstances, on se
revendique tel ; on assume son narcissisme, on l'expose et on s'expose.
Les valeurs d'aide, de solidarité, de partage sont jugées ringardes...
"Par contre un "C'est mon truc", ou "C'est ma passion" justifie tout et
n'importe
quoi. Pas étonnant qu'on ait récolté ce gouvernement qui met en
concurrence
les ego et les nombrils. La population était prête à le recevoir."
Plus anecdotique mais sans doute symbolique, la mode confirme cette
tendance avec les nombrils exposés : m'avez vous vu(e), Moi, centre du
monde ?
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LIMITES
Sarko et son gouvernement se conduisent comme un enfant qui teste
les limites de l'autorité de ses parents. Ils proposent des trucs
odieux,
comme les cadeaux fiscaux aux patrons ou les tests ADN pour le
regroupement
familial (et pourquoi pas le détecteur de mensonge ou le sérum de
vérité?),
en sachant que, si ça va trop loin, le Conseil Constitutionnel ou tel
autre
organisme va retoquer (mot à la mode) le "détail" de loi en question,
le refuser ou le corriger. Ou bien "la rue", les manifs, les grêves vont
amener recul ou correction. Mais en attendant, il a testé.
Y a-t-il eu protestations, manifs de masse, grèves d'indignation?
Bof, pas tant que ça (à part quelques phrases bien senties de
F'Hollande-tout-le-monde-s'en-fout). Donc, ce coup-là, c'est pas passé,
ou tellement édulcoré que ça n'est plus que symbolique.
OK, mais la prochaine fois?
---
THÉORIE DES QUOTAS
Un gouvernement libéral, voire néo-libéral, voir ultra-libéral, ou qui,
du moins
prône l'ultra-libéralisme, en vient à interdire aux médecins libéraux
(libéraux)
de s'installer n'importe où, là où y en a déjà suffisamment, et les
pousse à
chercher les zones (rurales qui râlent) abandonnées. Quid? Et le
libéralisme,
alors ? ça fait carrément bolchévique !
(Sur le fond, il a sans doute raison ! Mais la méthode? Mais les effets
cachés?)
---
GORZ
Décès d'un « père de la décroissance » extrait du site : http://www.decroissance.org/
# Philosophe et militant pour la décroissance, André Gorz a été retrouvé
mort avec son épouse le 24 septembre. En 1977, dans son ouvrage Écologie
et liberté (éditions Galilée), André Gorz affirmait déjà : « Un seul
économiste,
Nicholas Georgescu-Roegen, a eu le bon sens de constater que, même
stabilisée,
la consommation de ressources limitées finira inévitablement par les
épuiser
complètement [les ressources naturelles], et que la question n'est donc
point
de ne pas consommer de plus en plus, mais de consommer de moins en
moins :
il n'y a pas d'autre moyen de ménager les stocks naturels pour les
générations
futures. C'est cela, le réalisme écologique. On lui objecte
habituellement que
l'arrêt ou l'inversion de la croissance perpétuerait ou même
aggraverait les
inégalités et entraînerait une détérioration de la condition matérielle
des
plus pauvres. Mais où donc a-t-on pris que la croissance efface les
inégalités ?
Les statistiques montrent le contraire. (...) L'utopie ne consiste pas,
aujourd'hui,
à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion de
l'actuel mode
de vie ; l'utopie consiste à croire que la croissance de la production
sociale
peut encore apporter le mieux-être, et qu'elle est matériellement
possible. » #
---
ÉNERGIE DU DÉSESPOIR
On assiste régulièrement à des levées de bouclier, et même des bordées
d'injures, contre la décroissance et ses partisans. Mais ceux qui les
profèrent,
savent, au fond, que c'est inéluctable, qu'il va falloir en venir là.
Ils sont au
désespoir, en fait. Ils se battent contre les "décroissants", certes,
et cette
idée folle de décroissance, certes, mais surtout ils se révulsent,
protestent,
hurlent contre cette conviction encore subconsciente qui croît (!) en
eux,
au fond. Qui grimpe petit à petit en direction de la surface de leurs
certitudes.
Le doute. Le doute est là, qui ronge ... et c'est insupportable. Tout
leur
système mental (culturel, religieux), dans un déni de réalité (fantasme,
illusion) croit (croît) encore à la croissance, au développement, au
PLUS,
toujours plus.
Et voilà l'inversion des pôles qui se profile. Inéluctablement, il va
falloir
basculer vers le MOINS, comme le Yang en fin d'été, parvenu à
son excès,
bascule dans le Yin de l'automne, vers l'hiver. Il va falloir (il faut)
muter
mentalement, culturellement et concrètement : moins de production, moins
de consommation, moins de voyages, moins de gens sur la Terre, moins
de TOUT. Parce que, tout simplement, il y a (déjà) TROP DE TOUT. Ils le
savent... comment pourraient-ils ne pas le savoir ? Un enfant de cinq
ans
peut comprendre qu'on ne peut pas se développer à l'infini dans un
milieu fini.
Alors ils sont au désespoir. Dans un dernier accès de rage
impuissante...
énergie du désespoir... ils font un dernier baroud d'honneur, injuriant
le miroir
tendu par les écolos objecteurs de croissance et autres gens
raisonnables,
miroir qui montre cette vérité qu'ils savent et ne veulent pas savoir.
Et puis ils font un max de pub pour vendre leurs bagnoles avant la
fin...
parce qu'ils savent que c'est bientôt fini.
LE PÉTRÔLE C PAS DRÔLE !
Un formidable "C dans l'air" hier mardi sur la 5.
Sur le 3ème
choc pétrolier (ça se passe ici et maintenant), avec, entre autres,
Yves Paccalet.
On peut le revoir ici :
http://www.france5.fr/cdanslair/index.cfm
---
En complément, j'ai capturé ça, que je vous livre
in extenso.
C'est technique mais ça vaut le coup.
http://saadiaoliot.blog.20minutes.fr/(...)baril-de-pétrole-à-100-dollars-chic.html
02.11.2007
# Le baril de pétrole à 100
dollars, chic !
Et
si la hausse continue du baril de pétrole était une chance plutôt
qu'une catastrophe ? Le seuil symbolique des 100 dollars devrait être
prochainement franchi. Les raisons de cette flambée sont à la fois
structurelles et conjoncturelles. Structurelles notamment du fait de
la
croissance économique soutenue de pays émergents comme la
Chine et
l'Inde. Conjoncturelles du fait des tensions entre la Turquie
et l'Irak
sans compter une éventuelle intervention américaine en Iran.
Alors, me
direz-vous, en quoi cette hausse vertigineuse peut-elle être une
chance? Tout simplement parce que cette nouvelle donne va renforcer la
position de tous ceux qui considèrent que notre modèle économique ne
peut plus être basé sur la seule croissance.
Nous
savons tous désormais que si chaque humain consommait comme
un
Américain, il faudrait pas moins de trois planètes. Imaginez 5 minutes
que tous les Indiens et les Chinois adoptent le même mode de vie
que l'américain moyen. Le résultat serait catastrophique en terme de
réchauffement climatique. Cette hausse du pétrole peut être bénéfique
dès l'instant où elle favorisera de nouveaux comportements : achats de
voitures moins voraces, développement des transports collectifs,
ferroutage... Ne doutons pas que plus l'énergie sera chère, moins il
sera
judicieux d'aller faire fabriquer des produits à l'autre bout du
monde pour
ensuite les rapatrier. Peut-être que les effets conjugués du
réchauffement
climatique et du renchérissement du pétrole démontreront
les limites de
la mondialisation.
Cette
hausse pourrait donc avoir des vertus en accélérant le changement
de
nos comportements et en renforçant les positions de ceux qui veulent
voir l'ensemble des gouvernements agir de façon "énergique" et
concertée.
Cette nouvelle donne après le livre d'Al Gore sans parler
des récents
incendies en Californie pourrait provoquer une réelle prise
de conscience
chez nos amis Américains. Ainsi le gouverneur de
Californie, républicain,
a reproché à l'administration Bush de
sous-estimer les questions du
réchauffement.
En
France, j'ai entendu de nombreuses personnes expliquer que le jour où
l'essence serait à 1,50 euros elles utiliseraient moins leur voiture.
C'est
une bonne nouvelle. Il faudrait aussi et surtout que désormais le
transport
des marchandises se fasse davantage par rail que par route.
Un baril à
100 dollars devrait renforcer le fret SNCF et c'est tant
mieux si l'on voit
moins de camions sur les autoroutes.
C'est pour l'ensemble de ces raisons que
j'aurais presque envie de dire :
vivement un baril à 200 dollars....
-----
Commentaires
J'ai
le regret de vous dire que le chemin de fer va disparaître !
Que ces
hausses de prix du baril n'empêcheront pas l'économie de tourner, par
contre les plus faibles ne pourront plus se déplacer (les élites
pourront
encore utiliser l'avion moyennent 10 000 euros le billet pour
traverser
l'Atlantique, pareil pour les voitures).
Au programme ? La
fermeture de
262 gares FRET SNCF en novembre 2007 ! La casse du statut
des cheminots
pour les faire fuir en masse afin qu'il n'y ait plus
assez de personnel pour
précipiter les dessertes de chemin de fer de
banlieue et TER dans le rouge !
Que tout s'effondre !
Et tout va très
vite ! La part de la route a quasiment
triplé pour les marchandises
depuis 1980 (301 gigatonnes/km de
marchandises transportées par camions
en 2004), pendant ce temps le
chemin de fer perdait 30% de son trafic
fret !
Le réseau ferroviaire vieillit
mal, les infrastructures en
ville sont sous-dimensionnées, des travaux
d'ampleurs auraient dû être
envisagés, il est déjà trop tard, car il faudra
aussi du pétrole et de
l'acier pour construire, etc.
Les lignes UIC 7 à 9
sont en train de
pourrir, soit 13 000 kms du réseau ferroviaire français.
RFF qui a
hérité de la dette de la SNCF (des milliards d'euros suite à
l'investissement fait à 100% sur ses deniers pour la construction de la
première ligne TGV Paris-Lyon ouverte en 1981) est mal en point et fait
flamber le coût des péages, ce qui se ressent et fait fuir le fret vers
la
route et fait flamber le coût des billets pour les voyageurs ou les
régions !
Voilà le palmarès, non le pire est à venir ! Profitez du
moment présent
avant la guerre civile que provoquera la flambée des
matières premières
depuis le blé jusqu'au baril en passant par l'acier
ou le lait !
Ecrit par : Tanguy | 03.11.2007
---
Dans
votre analyse, intéressante, il manque me semble-t-il un élément :
le
déficit structurel de l'offre. De nombreuses raisons conduisent à
penser
que le pic de pétrole "tous liquides" est juste devant nous. —
*Le "pétrole
tous liquides" comprend la production mondiale de pétrole
conventionnel,
le pétrole extra-lourd, liquides des gaz naturels, gains
de raffinerie et
pétroles synthétiques à partir de la biomasse (BTL),
du charbon (CTL) et du
gaz (GTL) — … Et que le pic de pétrole
conventionnel est passé depuis un an
peut-être. Le pic constate
l’apogée et le début du déclin de la production.
1)
De nombreux pays producteurs ont atteint leur pic : En 2005, selon la
compagnie Chevron sur les 48 principaux pays producteurs, 33 sont en
déclin confirmé. Ainsi, entre 2000 et 2005, le Mexique (5ème producteur
mondial), le Danemark, le Yémen, le Pakistan, le Congo, Oman, la
Norvège
(3ème exportateur mondial), et l’Australie sont entrés en
déclin. Brunei,
la Chine, la Malaisie, et l’Inde, dont la production se
maintient sur un
plateau (soit un pic étalé) depuis plusieurs années,
sont en passe de
basculer dans la phase de déclin.
2)
la production mondiale n’augmente plus. Selon les données de l'EIA,
en
mai 2005, la production de pétrole brut est à 74298 mb/j (milliers de
barils par jour) ; en juin 2007, la production est à 72823 mb/j.
La
production mondiale de pétrole brut a décliné, en moyenne,
annuellement, de 700 mb/j ou de 0,95%/an entre mai 2005 et juin 2007.
3)
A la différence des crises précédentes, l’augmentation sans précédent
du prix du pétrole n‘est pas la conséquence d’une baisse de la
production.
Elle résulte en partie d’une difficulté d’approvisionnement
consécutive à la
stagnation de la production, des problèmes de
raffinage et l’augmentation
de la consommation.
La survenance du pic
aura pour effet une grande volatilité du prix, même si,
à long terme,
ils monteront. Tout simplement parce que, même s'il y a une
certaine
inélasticité de la demande par rapport à l'offre en la matière, la
récession économique qui pointe à l'horizon et que la montée de toutes
les matières premières (car le phénomène haussier ne se limite aux
seuls
hydrocarbures) ne fera qu'accentuer, détruira en partie la
demande (dans
les pays pauvres d'abord mais ensuite également en Chine
et en Inde, car
leur marché intérieur ne sera pas suffisant pour
absorber les effets de la
crise économique affectant les pays
consommateurs) et donc fera tomber
la demande un peu en dessous de la
capacité d'offre. De plus, le prix du
baril est en partie spéculatif.
La destruction de la demande conduira à un
phénomène d'anticipation des
traders sur les marchés et permettra d'accélérer
une baisse de la
demande. Une telle baisse sera évidemment passagère.
En fait, je crois
que le pic de pétrole conventionnel est derrière nous, mais
pas le pic
"tous liquides". Pour moi, si le premier pic est survenu et le second
assez proche, ni l'Opep ni la Russie n'auront les moyens suffisants de
façon
durable de mettre sur le marché la production excédentaire de
nature à
détendre le marché et assouplir le choc.
Donc de deux choses l'une :
1)
L'Opep et la Russie ont la capacité de mettre sur le marché disons
1MB/J
supplémentaire. Dans ce cas, cette situation aura un double effet
physique
et psychologique : elle détendra les marchés et les
spéculateurs et fera
baisser le prix de façon légère (à 85 dollars par
exemple).
2)
L'Opep et la Russie n'ont pas la capacité de mettre sur le marché avant
la
fin de l'année cette capacité supplémentaire. Dans ce cas, le marché
restera
tendu et toute absence de bonne nouvelle (climat un peu froid
en hiver,
tension au moyen-orient) pourra emporter le baril dans un
premier temps
jusqu'à 150 dollars. A partir de là, l'effet conjugué des
prix de l'énergie et
les effets de la crise économique des subprimes
détruira la demande et
conduira à une baisse des prix qui pourrait être
aussi brutale que la crise
elle-même.
LO N°170. 8 nov 2007
LO N° 170. 8 nov 2007
"GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT" – sic.
(Evidemment, avec un nom comme ça, c'était mal
parti.)
Le site officiel avec les conclusions officielles :
http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/
Les réactions de L'Alliance pour la Planète :
http://legrenelle.lalliance.fr/
Celles de Corinne Lepage :
http://corinnelepage.hautetfort.com/
Yves Cochet :
http://www.actu-environnement.com/(...)yves_cochet_grenelle(...)
Paul Aries :
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54141
Parti Vert Européen :
http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3520
Verts français :
http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3518
Actu-Environnement :
http://www.actu-environnement.com/ae/news/grenelle_consultation(...)
Un zapping de réactions :
http://fr.news.yahoo.com/afp/20071025/tpl-environnement-climat-grenelle(...)
Fondation Nicolas Hulot :
http://www.fondation-nicolas-hulot.org/actualite/edito.php
Mais
il y a mieux, et ça, je le copie intégralement, parce que NH, après les
réactions triomphalistes ci-dessus et un titre qui ne l'est pas moins
ci-dessous,
semble ouvrir les yeux sur les manques profonds du rendu
final, et dans le
concret (nombreuses questions laissées pour compte et
applications des
mesures), et dans la philosophie globale de la
démarche. Plus conscient et
plus profond qu'on ne le croit, donc ?
(Je
me suis permis de souligner quelques mots et améliorer quelques
alinéas…
Je vois pas pourquoi je me gênerais avec Le Figaro.)
http://www.lefigaro.fr/debats/20071103.FIG000000380_grenelle_(...)
03 novembre 2007 : 21h32
######## "Grenelle de l'environnement", un pas de géant pour la France
Par Nicolas
Hulot, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature
et l'homme.
Le
« Grenelle » est passé. Les choses sérieuses
commencent, tout au moins
pour ceux qui vont avoir la mise en oeuvre de ce qui a été acté.
L'écologie est
entrée dans l'âge de raison. Finie la sous-traitance sur
un sujet si complexe.
Désormais chacun est convié à apporter sa
contribution et à prendre sa part
de résolution face à l'équation
basique du développement durable : comment
conjuguer la croissance
économique avec la rareté établie ou annoncée de
certaines ressources
et l'obligation d'une économie décarbonnée ?
Qui
eût cru possible que Greenpeace ou le Medef puissent se parler et
avancer
sur ces sujets, il y a encore quelques mois ? Que la FNSEA
puisse valider un
gel des OGM, qu'un président de droite puisse être
aussi offensif sur un thème
considéré il y a peu comme archaïque et
obscurantiste dans son propre camp ?
Que les partenaires sociaux
puissent être aussi constructifs qu'ils l'ont été
dans ce
« Grenelle » ? Qu'un numéro deux du
gouvernement puisse
systématiquement déplacer le curseur vers l'impératif écologique, quand
les
discussions achoppaient pendant la négociation ? Tout cela est
totalement
inespéré et, désormais, il y aura un avant et un après.
Une
dynamique est en route dans tous les secteurs de notre société, seule
l'incertitude sur son ampleur et sa cadence demeure. Les transports et
le
logement ont été les sujets les plus ambitieusement traités au
« Grenelle ».
Les avancées sur la gouvernance sont aussi essentielles. Si
une grande réforme
fiscale se profile pour basculer une partie de la
fiscalité du travail sur la fiscalité
énergétique et environnementale,
une étape cruciale sera encore franchie.
Pour
être objectif et repartir à la
tâche, nous avons été faibles sur la biodiversité,
l'agriculture, les déchets et l'éducation.
- La biodiversité
recycle quelques engagements déjà pris et non réalisés et est
en
retrait de beaucoup d'accords internationaux. Seule la trame verte, si
elle
est opposable, sera une mesure très
structurante.
Sur l'agriculture :
- Le bio,
le labellisé dans les cantines scolaires est une excellente initiative.
- Sur les OGM
appliquons à la lettre le principe de précaution et décidons ensuite.
- Pour les pesticides
et autres substances nocives et dangereuses, il faut aller
plus vite.
Mais le
débat de fond n'a pu avoir lieu.
Notre mode de production est-il le seul
compatible avec les exigences
alimentaires et économiques ? Je crois qu'entre
le productivisme et le
bio, il y a des pistes qui ne sont pas suffisamment
explorées, comme
l'agriculture durable. La question de notre dépendance
chronique au
maïs et à son complément le soja pour l'alimentation du bétail
n'est
pas encore posée. Y a-t-il d'autres voies moins gourmandes en eau,
en
énergie et en intrans ? Sans tabous ni provocations, il faudra
bien à
un
moment ou à un autre mettre les choses à plat. Les réponses peuvent
agréablement nous surprendre.
- Sur les déchets,
on s'est trop intéressé à l'aval (incinérateurs ou tri).
La norme, la
réglementation, l'économie de fonctionnalité doivent
s'attaquer au flux
et à l'amont.
- Enfin l'éducation,
sujet sur lequel il est convenu de remettre la main à
l'ouvrage. Il
faut être beaucoup plus ambitieux que les simples classes vertes.
Et
surtout que les corps d'État, les grandes administrations soient eux
aussi
obligatoirement imprégnés de la dimension du développement
durable.
Enfin,
si le « Grenelle » a donné lieu, dans les médias,
mais aussi dans la
société, à des débats politiques, économiques et technologiques, il y a
une
dimension qui a été totalement esquivée : c'est la dimension
éthique
et
spirituelle. À nouveau nos intellectuels, tout au moins ceux qui ont
pignon
dans les médias (à l'exception de quelques convaincus fidèles),
ont méprisé
et ignoré ce rendez-vous critique de notre et de nos
sociétés.
Pourtant,
c'était l'occasion d'une remise en question de certaines valeurs ou
fausses valeurs, qui nous ont conduits au seuil de l'impasse.
Aucune
question sur l'obsolescence ou sur les deux principes qui nous
enivrent :
les principes technologique et économique. Le premier « tout
ce que l'on rêve
de faire, on peut le faire », le second « tout ce que
l'on rêve d'avoir, on peut
l'avoir ». Pas de prospective, ni d'analyse
sur la trajectoire de notre civilisation.
Pas de doute exprimé sur
notre culture matérialiste, sur « la profusion des
moyens et la
dispersion des intentions » évoquées par Einstein. Rien qui
puisse
servir à étayer un nouveau modèle social et économique. Rien sur de
nouveaux indicateurs comme, pourquoi pas, le BIB, le bien-être
intérieur brut...
Comme si ces sujets étaient pour certains une
compromission insupportable,
ou plus simplement comme si le statut
d'intellectuel immunisait contre les
désordres annoncés.
Dommage,
car l'esprit du « pacte écologique » s'est incarné
dans le
« Grenelle »
pour mutualiser toutes les intelligences et les expériences.
Seules
celles labellisées ou certifiées intellectuelles ont fait défaut.
Leur
rôle est essentiel, qu'ils s'emparent enfin du sujet.
############
Ce
"Grenelle" dont on fait une montagne aurait-il accouché d'une souris
pas si verte et qui a peu de chance de courir dans l'herbe ?