DÉLITS D'OPINION


Cette page est une archive des Lettres Ouvertes n°161 à 170.
Les Lettres Ouvertes les plus récentes sont accessibles par là.

LO 161 (8 septembre 2007)

MÈRE T

Dix ans après sa mort, Lady D fait des heures d'antenne, téléfilm, direct
prolongé sur les cérémonies, etc). On s'en fout. Je capte pourtant au
passage un commentaire à propos de ses actions humanitaires ou
charitables "C'était pas Mère Térésa, quand même".

Et justement, c'est aussi le dixième anniversaire de la mort de celle-ci
– moins spectaculaire, faut reconnaître - ce qui fait 30 secondes au JT…
Ah non, un peu plus, tard le soir, parce qu'il y a un bouquin qui sort.

Et voilà que, après avoir appris que Labbépierre avait trempé son goupillon
à l'occasion au cours de sa vie aventureuse, on apprend que Mère T doutait,
voire même qu'elle avouait ne pas avoir la foi et priait Dieu tous les jours
pour qu'il la lui donne !

Et ça tant mieux

Autocitation de ma LO 123 :

"Pour moi, quand on met ça sur le compte du "divin", on en limite la portée,
en fait : il faut un "miracle", un appel tombé du ciel sur un "élu", une "élite".
Une inspiration venue d'ailleurs, une transcendance verticale qui ne touche
qu'un privilégié, choisi d'en haut par "Dieu".

Faut-il ce "miracle", cette voix venue d'un arrière-monde imaginaire, pour
"ne pas se dérober"?

L'appel humain, simplement humain, d'égal à égal, dans l'immanence,
ne suffit-il pas ?

Bien des athées le prouvent."

Alors Mère T, sainte athée?

Au moins, elle n'a pas fait de miracles, juste aidé des gens à vivre et à mourir.

"Sainte laïque" serait déjà pas mal.

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 MIRACLE

Les miracles, on en a parlé aussi cet été, à cause d'un pèlerinage à Lourdes,
si je ne m'abuse.

Autant que je me souvienne, tout petit déjà, au caté, je trouvais ça débile,
les miracles, voire suspect. Que ce soit Moïse avec son bâton, le changeant
en serpent qui dévore celui du méchant sorcier païen idolâtre égyptien,
ou faisant jaillir les sources des rochers, ou suscitant la manne magique que
les zébreux pouvaient manger dans le désert, et qui, selon l'heure, changeait
de goût : chocapic au ptit déj, steakpomfrit à midi, soupe de légume le soir
(pour le pinard, faudra attendre Jésus). Que ce soit les douze plaies (ou 7 ou 9,
je sais plus) les trompettes de Jéricho et quelques autres interventions divines
plus ou moins sympas (en général sympa pour sa tribu, moins pour les autres).
Que ce soit Marie enceinte et mère et toujours vierge (quel intérêt?). Que ce
soit le Jésus marchant sur l'eau avant de la changer en vin (c'est pas propre),
multipliant les petits pains, guérissant des malades à tour de bras, voire
ressuscitant les morts. (En l'occurrence, son ami Lazare : à mon humble avis,
ce fut une grave erreur stratégique : Il aurait dû absolument se réserver à Lui
seul, Dieu, la possibilité de ressusciter. Si Saint-Lazare, pourquoi pas Jules ou
Montparnasse? J'ai l'air de déconner, mais, gamin, je me disais déjà vaguement
ça: s'il guérit untel ou untel, pourquoi pas tout le monde? S'il ressuscite untel,
pourquoi pas tout le monde? Et si la base du christianisme, c'est ce miracle du
dieu mort et ressuscité, il perd beaucoup de sa valeur transcendante à être
donné à un simple mortel. Et puis qu'est-ce qu'il est devenu, le Lazare, par
la suite, on nous dit rien, vraisemblablement, il est re-mort. C'est con.)

Bref, les miracles, qu'ils soient "authentiques" ou truqués, ou inventés par
les adeptes longtemps après, déjà, ça me donnait des doutes : des trucs
de magicien, finalement, qui ramènent ce Dieu au niveau d'un bateleur de
music-hall ou d'un rebouteux de village. Ou à un dieu sans majuscule, pas du
tout unique et fier de l'être, un quelconque Zeus, qui se débrouillait pas mal
non plus, question miracles, surtout quand il s'agissait de se métamorphoser
en n'importe quoi pour aller sauter une nymphe ou une vestale.

De la magie, oui, tout bêtement, des trucs pour séduire le bon peuple,
les enfants, les "esprits faibles" tout imbibés de mentalité primitive, de
"pensée magique".

Et ça dure. "À l'aurore du troisième millénaire" (parce que l'aube, ça y est,
c'est passé), on en parle encore, on y croit encore (enfin "des gens" y
croient encore). Bizarre. Parce qu'on pourrait admettre ça en tant que
base préhistorique d'une religion faisant ses débuts dans un peuple tout
juste sorti de sa caverne en peau de bête (= tente). Mais aux XXè-XXIè
siècles, à l'ère de "les lumières", de la science, du moulinex électrique !
Jeanne d'Arc et les anges, Fatima, les guérisons miraculeuses de Lourdes,
les statues qui parlent ou qui saignent, le saint suaire, Machin président,
l'ultra-libéralisme, les soucoupes volantes, le da vinci code…

Ah, on peut se moquer des superstitions traditionnelles, l'astrologie,
la cartomancie, les chats noirs sous les échelles et les martingales pour
gagner au casino. Où est la différence?

Sans oublier cette recherche perpétuelle du produit miracle. La poudre
à récurer (arrêt curé?) qui récure tout, le maquillage qui vous fait belle
comme Grace Kelly, le hair-spray béton, la colle qui colle tout, et surtout
et encore plus (ce qui nous ramène à Jésus le guérisseur du quartier)
le Remède-Miracle. Celui qui "guérira le cancer" – comme s'il n'y avait
qu'UN "cancer" et donc UN médicament fait pour.
 Exemple reçu en spam ce matin même :

# We are glad to inform you of a CANCER CURE invented by ANDOVER
MEDICAL INC (ADOV), that will take the world by storm. This new medicine,
is above all other and boosts a 80% success rate during clinical trials

Over the next few days you will hear about this in the PAPERS and on TV.
So buy shares now, while price is low, before the news hits.

ANDOVER MEDICAL INC (ADOV)

$.45 #
 Et dans la vie quotidienne comme aux infos, on entend si souvent "Il s'en
est sorti par miracle", "Miraculeusement, l'accident n'a fait qu'un blessé
léger", "Par chance, le conducteur a pu…" etc. Alors évidemment, croyons-y,
le miracle, la chance, ça peut nous faire gagner au loto ou rencontrer la
bonne personne au bon moment, hasard sublime qui nous fera dire d'un
air entendu et quelque peu "new age" : "Mais il n'y a pas de hasard."
Y a pas de conclusion non plus.

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 RIPOSTE LAÏQUE

Des rédacteurs issus de Respublica (www.gaucherepublicaine.org) ont
décidé de créer un nouveau média, beaucoup plus axé sur la défense
d’une laïcité de combat.

LO 161 Laïque

www.ripostelaique.com

Sommaire du N° 1

La HALDE ou Haute Autorité Légitimant les Discriminations - par Michèle
Vianès

Nicolas Sarkozy président, plus près de toi, seigneur - par Jocelyn Bézecourt

GITE DES VOSGES
Chronologie d’une provocation - par Fanny Truchelut
les enjeux du procès du 2 octobre, à Epinal - par Jeanne Bourdillon

L’INTERVIEW DE LA SEMAINE
Corinne Lepage - par Pierre Cassen

EGALITE HOMMES-FEMMES
Contre le scandaleux code de la Famille en Algérie - par Hakim Arabdiou
Les nouvelles lettres persanes - par Christine Tasin
Voiles, burkas et tchadors, je vous hais - par Pascal Hilout

LAIQUES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !
Signes religieux à l’école : le point sur la situation en Belgique - par
Nadia Geerts

REPUBLIQUE SOCIALE ET LAIQUE
« La laïcité, un choix résolu de sens de l’histoire. » - par Guylain Chevrier

VIE QUOTIDIENNE
La souffrance au travail - par Dominique Dubreuil

BONNET D’ANE
Les juges italiens - par Mireille Popelin

CULTURE
Les fantômes de Goya, Milos Foreman, 2007 - par Jocelyn Bézecourt
Carnet d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu, de Pierre Jourde
- par Brigitte Bré Bayle

AGENDA
Mardi 11 septembre 2007, 10:00


LO 162 (10 septembre 2007)

RIPOSTE LAÏQUE, SUITE

Et déjà, voici le sommaire du N°2

L'EDITO DE CYRANO

Défendre celles et ceux que les islamistes traînent devant les tribunaux

samedi 8 septembre 2007

Extraits :

# Pour nous, la laïcité, outre le principe de séparation du religieux et du
politique, c'est la liberté de conscience, le droit à la libre critique de tous
les dogmes, donc de toutes les religions.

[...] Pourtant, trois années [après la loi contre les signes religieux à l'école]
que constate-t-on ? Le nombre de voiles progresse en France, provoquant
une exaspération croissante de la population, notamment des femmes. De
plus en plus de mineures le portent. On voit de plus en plus de Belphégor,
dont le passage dans les rues provoque un malaise visible chez les passants.
Mais personne n'ose dénoncer la gravité de cette situation, tout le monde
préfère fermer les yeux, de peur d'être traité d'intégriste laïque, ou de raciste.

[...] Et qui dépose plainte ? Des militants islamistes qui montent des
provocations. Eux qui n'ont pas un mot contre les dictatures et la tyrannie
religieuse dans les pays où leurs amis sont au pouvoir. Ils sont trop souvent
soutenus par des forces qui consacrent leur énergie à cracher sur la
République et la laïcité, qu'ils présentent de manière récurrente comme
liberticides et racistes. C'est une partie de la gauche qui relaie l'offensive
d'une extrême droite politico-religieuse. On croit rêver !

[...] Riposte Laïque ne fera pas dans le "politiquement correct", ni dans le
"laïquement correct" qui conduit, dans les faits, certaines bonnes âmes à
ne pas bouger.

[...] Nous considérons que la multiplication du nombre de voiles, constatée
sur le territoire, est une agression contre toutes les femmes, mais aussi
une insulte à l'égalité entre les sexes.

[...] Nous ne voulons pas du modèle anglo-saxon que l'Union européenne
veut nous imposer. Nous sommes attachés au modèle laïque et solidaire
de la République, une et indivisible. #

GITE DES VOSGES

J'apporte tout mon soutien à Fanny Truchelut - par Alain Calles

Qui agresse qui ? - par Anne Zelensky - par Annie Sugier

L'INTERVIEW DE LA SEMAINE

Laurence Bonzani, directrice d'école dans le 91 - par Pierre Cassen

REPUBLIQUE SOCIALE ET LAIQUE

Un curieux oecuménisme autour des "sans-papiers" - par Pierre Baracca

RIPOSTE LAIQUE : L'ECOLE

Une attaque sans précédent contre l'école publique laïque - par Guylain Chevrier

Ecole : et si Sarkozy avait raison ? - par Christine Tasin

Lettre aux chefs d'établissements scolaires de Marseille - par Brigitte Bré Bayle
- par Robert Albarèdes

LAIQUES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !

L'unité de tous les laïques s'impose - par Jean-François Chalot

Les suicides d'honneur remplacent les crimes d'honneur en Turquie
- par Rosa Valentini

ESPRITS LIBRES

Mohamed Sifaoui, un homme en colère - par Mireille Popelin

Ces musulmans qui ne disent pas tout sur le Coran - par Pascal Hilout

EGALITE HOMMES-FEMMES

Comment identifier des personnes totalement voilées ?
- par Emmanuel Itié

ON PARLE DE NOUS, ON NOUS ECRIT

Défendre la laïcité, les femmes, la République - par Bruno-José Lebeau

Je suis ravie de voir votre initiative - par Solenne Delisle

CULTURE

Le metteur en scène de mariages, un film de Marco Bellocchio
- par Jocelyn Bézecourt

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ISLAM

Et, dans le même état d'esprit, pour ceux qui croient encore que l'islam
est une religion de paix détournée par des méchants pour de sordides
raisons économico-politiques

http://www.histoiresdememoire.org/spip.php?article514

Comment mettre fin à "l'islamophobie" ? par Tawfik Hamid (22 juillet 2007)

Le Dr Hamid, a été membre de la Jemaah Islamiya, un groupe terroriste
islamiste. Il est aujourd'hui médecin et musulman réformiste libéral. Il
vit en Occident.

Tout petit extrait : # L'islamophobie se terminera quand des masses de
musulmans défileront dans les rues pour dénoncer les vidéos montrant
des décapitations d'innocentes victimes avec la même vigueur que pour
dénoncer les compagnies d'aviation, Israël ou les caricatures de Mahomet.

Elle cessera quand les musulmans, sans ambiguïté et publiquement
affirmeront que la charia ne doit avoir aucun statut légal dans nos
sociétés libres et démocratiques. #

Mais sur le site il y a en fait deux articles de cet auteur, ainsi qu'une
interview.

A lire à fond !!!

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ISLAM SUITE

Mais le site Histoires de Mémoire affiche (déjà!) un noubel article qui
dit un peu autre chose.

http://www.histoiresdememoire.org/spip.php?article532

 LE RENDEZ-VOUS DES CIVILISATIONS (Emmanuel Todd et Youssef Courbage)

 #  [...] Todd use d'une arme rare : l'étude, rébarbative, des données
démographiques. Et qui lui permet de jeter un nouveau pavé dans la mare,
avec un nouveau livre, co-écrit par le démographe Youssef Courbage. A
savoir : à l'horizon se profile non pas un clash des civilisations entre le
monde occidental et le monde musulman mais, au contraire, annonce le
titre de l'ouvrage, "le rendez-vous des civilisations".

 Baisse de natalité

En effet, nous voyons "s'effondrer depuis une trentaine d'années la
fécondité dans le monde musulman. De 6,8 enfants par femme en 1975,
la moyenne est tombée à 3,7 en 2005. (...) L'indice de fécondité est
désormais en Iran et en Tunisie le même qu'en France." Or "le contrôle
des naissances est à la fois le symptôme et le levier d'une large
transformation anthropologique".
Symptôme de quoi ? Une baisse de natalité (qui, dans le bassin parisien,
a eu lieu une vingtaine d'années avant la révolution française) est
toujours précédée d'une alphabétisation de la majorité des hommes
ou des femmes et d'une chute des croyances religieuses. Et anticipe
une évolution des mentalités vers l'autonomie. Bref, les pays
musulmans sont en route vers une normalisation libérale.

 Crise de transition

Un tel énoncé ne manquera pas de surprendre. Quid d'Al Quaeeda, des
filles voilées et des caricatures danoises ? Justement, explique Todd :
la poussée fondamentaliste que connaissent les pays musulmans est le
signe non pas d'une régression archaïque mais d'une "crise de transition".
[...] chaque société connaît, au moment de s'arracher à son système
traditionnel, un pétage de plomb, une psychose de masse, avant de
retrouver, au bout d'une génération ou deux, une stabilité sur des bases
nouvelles [...] Une dé-islamisation des populations est aujourd'hui en cours
qui provoque en retour une poussée, minoritaire, de fondamentalisme [...]

 Eclatement de la famille

Encore plus intéressant : Todd démontre que la forme des crises de
transition est directement influencée par la structure anthropologique
familiale. C'est parce que la famille dans le bassin parisien était égalitaire
et libérale que la France a connu une révolution démocratique. C'est, en
Allemagne, une structure familiale autoritaire et fortement inégalitaire
(l'aîné héritait de l'essentiel) qui a déterminé la catastrophe nazi.
Et les familles arabes ? Elles sont "endogames" : solidarité très forte
entre frères et cousins, la belle-fille est une cousine qui fait partie de
la famille depuis toute petite, autorité fictive du père. Bref, la famille
arabe est très protectrice et peu contraignante. Son éclatement en cours,
provoqué par l'alphabétisation des jeunes générations, est donc très
mal vécu  [...]

 Pakistan, le contre-exemple

Si les auteurs ne manquent pas de pointer les pays qui, tel le Pakistan,
ne sont pas sortis de leur crise de transition et présentent un danger
potentiel, leur conclusion fait front au discours de peur cultivé par la
médiasphère. Il n'y a pas d'antagonisme essentiel entre l'islam et
l'Occident, insistent-ils en taclant "les théologiens de circonstances"
qui trouvent dans les écrits de Mahomet les "causes d'un blocage
mental irrémédiable".
Mais si les va-t-en-guerre en ont pour leurs frais, les fantasmes
altermondialistes d'un authenticité pré-moderne de l'Arabe-sur-son-âne
ne sont pas mieux lotis. Car voilà : "Le monde musulman s'achemine
vers le point de rendez-vous d'une histoire beaucoup plus universelle
qu'on ne veut bien le dire". A suivre.

Philippe Nassif, Technikart, Septembre 2007. #

Ouais ? A priori, j'adhère à l'idée de cet "affolement", ce "pétage de plomb",
dans la période de transition : le fondamentalisme serait une sorte de
baroud d'honneur désespéré, suicidaire, face au changement inéluctable.

Quant à savoir si ça mène à une société "très protectrice et peu contraignante"?

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 Mais, sur le même site, l'entretien avec Julien Landfried sur la
montée du communautarisme en France vaut bien le coup aussi !

 http://www.histoiresdememoire.org/spip.php?article527


LO 163 (13 septembre 2007)

ENCORE UN MIRACLE !

Un chercheur de remède au cancer invente l'eau (salée) qui brûle !

À quand le moteur à eau de mer ?

C'est sur le Yahoo Vert US.

http://green.yahoo.com/index.php?q=node/1570

 

Radio Frequencies Help Burn Salt Water

By David Templeton, Pittsburgh Post-Gazette

Tue, 11 Sep 2007, 11:41AM

ERIE, Pa. - An Erie cancer researcher has found a way to burn salt water,
a novel invention that is being touted by one chemist as the "most
remarkable" water science discovery in a century.

John Kanzius happened upon the discovery accidentally when he tried
to desalinate seawater with a radio-frequency generator he developed
to treat cancer. He discovered that as long as the salt water was
exposed to the radio frequencies, it would burn.

The discovery has scientists excited by the prospect of using salt
water, the most abundant resource on earth, as a fuel.

Rustum Roy, a Penn State University chemist, has held demonstrations
at his State College lab to confirm his own observations.

"The radio frequencies act to weaken the bonds between the elements
that make up salt water, releasing the hydrogen", Roy said." Once
ignited, the hydrogen will burn as long as it is exposed to the frequencies".

"This is the most abundant element in the world. It is everywhere,"
Roy said. "Seeing it burn gives me the chills."

Roy will meet this week with officials from the Department of Energy
and the Department of Defense to try to obtain research funding.

The scientists want to find out whether the energy output from the
burning hydrogen — which reached a heat of more than 3,000 degrees
Fahrenheit — would be enough to power a car or other heavy machinery.

"We will get our ideas together and check this out and see where it
leads," Roy said. "The potential is huge."

---

À propos de Yahoo, savez-vous que, selon certains connaisseurs, le
Dieu de la Bible Hébraïque (alias Ancien Testament), appelé en général
Yaveh ou Jéhovah, que les Juifs appellent YHWH, ce qui ne se prononce
pas, se serait en fait appelé Yahou (prononcez "Yahou !")

(J'ai mis "certains connaisseurs", parce que je ne sais plus du tout où
j'ai lu ça, mais ça avait l'air sérieux.)

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Bon. On en était où, question carburants?

Ah oui : "Les bio-carburants (sic), c'est pas une bonne idée".

Petit article qui date déjà de plus d'un mois mais qui confirme.
http://www.actualites-news-environnement.com/10929-penurie(...).html
 
# Pénurie et cherté du pétrole, les biocarburants sont-ils la solution ?
30/07/2007  (Par Phillippe AUJARD)
 
[…] Le monde, Etats-Unis et Brésil en tête, s'enthousiasme pour les
carburants d'origine agricole, le risque est pourtant réel de sacrifice
des forêts et d'envolée des cours des denrées."Pour première fois
depuis la Seconde Guerre mondiale, les prix des céréales (blé, maïs,
orge, riz) et des huiles végétales (colza, soja, tournesol) devraient
grimper de 13% en 2007 selon l'Organisation des Nations Unis pour
l'Agriculture et l'Alimentation, la FAO. Pour l'institution internationale,
c'est le premier signe de l'influence des biocarburants sur les prix agricoles.
L'agriculture intensive a couvert largement les besoins alimentaires de
l'humanité au point que les prix agricoles mondiaux ont baissé de 75%
entre 1950 et 2000. Mais en moins de 5 ans, les agrocarburants ont
inversé cette tendance lourde. "Cette situation est évidemment
alarmante pour les pays en voie de développement pour lesquels les
denrées alimentaires représentent un élément de survie et la quasi
totalité des dépenses.
"Nous vivons dans un monde où la faim n'est pas due à un manque
de produits agricoles, mais à un manque d'argent chez les plus pauvres,
rappelle Josef Schmidhuber". De son côté la France parie sur des
monocultures de betterave, maïs, colza et blé, mais le jeu en vaut-il
la chandelle?, rien est moins sûr. En effet, au-delà de sa répercussion
sur les prix mondiaux des denrées alimentaires, ces denrées alimentaires
ne permettraient pas d'obtenir des carburants moins nocifs pour la santé.
"L'éthanol est tout aussi malsain pour les poumons que l'essence, selon
des chercheurs de l'université de Stanford. En brûlant, il dégage un
composé organique volatil contribuant à a formation de l'ozone et du
smog". Pour contrebalancer cette vue pessimiste, l'ADEME souligne que
l'éthanol émet légèrement moins de monoxyde de carbone et d'oxyde
d'azote que l'essence.
De plus, le bilan énergétique des biocarburants est très supérieur aux
carburants classiques. Devant ce bilan très mitigé, ne serait-ce pas
plus judicieux et moins risqué de parier sur les carburants non issus
des plantes alimentaires ou d'autres procédés de 2ème génération
(graisses animales, huiles alimentaires usagées, lactosérum...)? #

---

Mais v'la autre chose :
PLANCTON ?
Une entreprise espagnole développe un combustible dérivé du plancton.
La matière première de ce nouveau combustible est un type de
phytoplancton renfermant une concentration importante de matière
grasse (20% : pour comparaison, la graine de tournesol n'en renferme
que 0,1%) d'où gros pouvoir énergétique. La production est basée sur
le processus tout naturel de la photosynthèse. La culture de ces cellules
végétales, qui se reproduisent par mitose, se réalise dans des circuits
d'eau fermés, exposés à la lumière solaire et en présence d'un air
chargé en dioxyde de carbone (CO2) afin d'optimiser leur développement.
Voilà qui est intéressant : une production de carburant qui userait du
CO2 au lieu d'en émettre ! La proximité d'un site industriel émetteur de
CO2 serait donc une situation privilégiée pour cultiver le phytoplancton
à oil. (J'ai pas dit à poil : à oyle, du pétrole, quoi, ou du planctole.)
Selon les estimations des estimateurs, ce biocombustible coûterait
entre 25 et 35 centimes le litre, soit un euro avec les taxes, ce qui
est comparable au prix du diesel. Mais ce carburant ne pollue pas
et contribue à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre en
ce sens qu'il en boufferait à la production autant qu'il en émettrait à
la consommation. Bilan neutre, donc.
La culture de microalgues nécessite également beaucoup moins d'espace
que les autres cultures de "bio"carburant. Une surface exploitable de
52 000 km2 permettrait d'obtenir 95 millions de barils par jour, soit la
production mondiale de pétrole !
Si l'étape suivante du projet, prévue fin 2006 (raffinage et tests sur
véhicules) a été menée à bien, le plancton-carburant (algoil ?) serait
ensuite commercialisable fin 2007.
Sources : El Mundo, 20/07/06
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/38803.htm
 
Ça aussi, donc, c'est pas tout neuf, et on voudrait bien des nouvelles fraîches.

---

À part ça, il paraît qu'il y a de plus en plus de cancers, mais qu'on en
meurt de moins en moins.

À moins qu'il faille dire : On meurt de moins en moins du cancer, mais
il y en a de plus en plus.

Alors, bonne ou mauvaise nouvelle ?


LO 164 (18 septembre 2007)

De notre espion dans une grande multinationale motorisée aux USA :

 # Les algues, des nouvelles plus fraîches, là:

http://www.biofuel-systems.com/english/pdf/elmundo.pdf

en espagnol (28 mai 2007)...

En gros, ils vont construire une usine de 30MW pour voir si ça marche :
d'un côté, tu fais de l'algue, tu la fais sécher, et tu t'en sers pour
alimenter une centrale thermique, type centrale au charbon (à
l'algue, du coup), pour faire de l'électricité, mais tu récupères le
CO2 pour te refaire de l'algue... Et ainsi de suite jusqu'a plus soif.
Bon, faut que ce soit un coin bien ensoleillé, sinon tu tombes en
panne d'algue un jour nuageux, mais ça, c'est vrai pour toutes les
énergies solaires...

(Mais) comme carburant direct, ça va pas m'engluer les injecteurs,
toutes ces algues???

Bon, et pis ils disent que c'est l'équivalent d'un carburant fossile,
mais j'aimerais bien avoir un peu plus de chiffres, genre énergie au
litre (pour un carburant), composition chimique, pour comparer avec
un diesel, pasque si par exemple c'est deux fois moins énergie-dense
que le diesel, il faudra des réservoirs deux fois plus gros. Pis c'est
lourd, tout ça… Ou repasser à la pompe deux fois plus souvent...
Et en plus, il te faut des injecteurs avec des orifices plus gros (bon,
les trous, ça pèse pas lourd), une pompe à plus haut débit (plus
lourd, plus de pertes), des plus gros tuyaux entre le réservoir et
le moteur, même, peut-être... Donc plus c'est dense, mieux c'est.
Comme le diesel par exemple.

Par exemple, l'E85 (85% éthanol/15% essence), c'est à peu près
30% moins dense (en énergie) que l'essence pure. Du coup, ta conso
en litres/100km est 30% plus élevée. Donc si le prix du bio est plus
de 30% moins cher que l'essence, c'est viable (d'un point de vue
purement économique. Après, d'un point de vue humain, pour les gens
qui vont avoir plus faim que d'habitude, c'est un autre problème...) #

Mais au moins, ces algues, c'est pas des qu'on bouffe, autant que je
sache – à moins que ça nourrisse des poissons qu'on bouffe – mais
si on les produit exprès pour…

Mais des sources d'énergie expérimentales ou partielles, locales, il y
en a d'autres : on peut alimenter les téléphones portables avec des
épinards (je vous jure que c'est pas une blague), faire des bactéries
OGM qui produisent du bio-carb à partir du bois, etc.

Infos extraites, encore, de Courrier International.

D'autres pistes glanées dans les articles : Acheter local, en finir avec
les vols à bas coût (et avec les vols tout courts, non ?), refuser les
sacs en plastiques des spermarchés, imposer des habitations aux
normes HQE (et les maisons anciennes, on les rase ?), imposer des
normes en matière de rejet de CO2 par les véhicules, inclure le
compostage dans la gestion des déchets, résister à la tyrannie de
l'emballage, manger bio, revenir au vélo, transformer son lieu de
travail en espace écolo… Et sans doute bien d'autres pratiques -
en négatif (ne pas faire ci ou ça) et - en positif, que le journal ne
liste pas mais qu'on trouve un peu partout, dans le Pacte de Nicolas
Hulot, son Petit Livre Vert et ailleurs. Pratiques qui sont loin d'être
des sacrifices, qui plus est : consommer moins pour vivre mieux.

On cite encore le cas de l'île de Hiero aux Canaries et de sa marche
vers l'autosuffisance énergétique, la construction de Dongtan, ville
"verte", en Chine rouge.

Et puis des projets technologiques tels que l'enterrement du CO2
dans d'anciens gisements de pétrole ou de gaz épuisés (y aura pas
de fuites, c'est promis ?).

Et puis des projets de géo-ingénierie consistant à trafiquer l'atmosphère
en balançant par avion des tonnes de dioxyde de soufre dans la
stratosphère pour qu'elle soit plus réfléchissante. Là, on a vraiment peur !
Qu'est-ce que vous préférez, le réchauffement ou les pluies acides ?

(Depuis que j'ai commencé cet article, j'ai lu La Revanche de Gaïa, de
Lovelock et là aussi, il y en a de bonnes !)

Et puis ça parle du marché des droits d'émission de carbone (protocole
de Kyoto). Une sorte de droit à polluer que les plus riches pourraient
se payer…? Al Gore dit : "Je peux bien dépenser plein d'électricité
dans ma maison de 1000 m2 : j'investis dans le monde entier dans
des systèmes non polluants." Ouais… J'avoue que j'ai toujours pas
vraiment compris le système, mais c'est parce que je suis un être
moral, voire un idéaliste, voire un utopiste, voire un post68tardif, et
qu'on puisse acheter un droit à polluer me révulse tant moralement
que rationnellement.

Le marché du carbone a pour vocation (morale) de se tarir. Mais s'il
y a de l'argent à faire, qui voudra le tarir?

 Ouais... Bon, ARRÊTONS LES CONNERIES !

"Ce qui pose problème, dans notre puissance technique, ce ne sont
pas les fins explicites [...], mais les effets collatéraux non maîtrisés.
À chercher une solution technique à un problème technique, on déplace
le problème plus qu'on ne le résout." (Catherine Larrère. Philo Mag N°5)

Décidément, il y a un grave retournement collectif, mental et pratique
à effectuer : arrêter de chercher à produire toujours autant ou plus
d'énergie avec maintenant des moyens (qui se veulent) "propres", et
passer à la remise en question en profondeur de notre mode de vie
tellement dépensier en énergie.

Et si les choses s'accélèrent dans la direction catastrophique, elles le
font aussi dans la prise de conscience : il a fallu peu de temps pour
passer de l'espoir apporté par les biocarburants au désespoir de les
voir être adoptés et s'installer si vite !... On est de plus en plus face
à l'évidence que tout ce qu'on fait (pour corriger les conneries) se
retourne contre nous. Effet boomerang : on en lance un et quand on
voit qu'il nous revient dans la gueule, on en lance un autre vers lui
pour essayer de l'arrêter, mais évidemment... La question c'est qu'on
essaye toujours de remplacer un "détail" du système sans changer le
système (de pensée, d'action, de mode de vie...), le contenu sans
changer les principes. Ça peut pas.

Mais plus ces effets boomerang viendront vite, plus vite ça s'arrêtera.

---

Pour en finir avec le contenu du Courrier International spécial Trop
chaud, arrivent enfin les PERSONNALITÉS : Aaah, Julia Roberts en fée
clochette toute verte !!! (Et revue tout récemment dans l'excellent
Erin Brockovich (Réplique culte : - Comment allez-vous obtenir les
copies des rapports de…? – Les nichons, vous connaissez?)

Il y a aussi Schwarzie ou Miyazaki, entre autres...

Et puis on dénonce aussi les hommes à abattre : Michaël Crichton,
les think tanks payés par ExxonMobil, (donc davantage réservoirs
–tanks- de pétrole que de pensée), les Siegfried F. Singer, Paul
Driessen, Steven Milloy (de FoxNews), ces braves gens qui disent
"Laissons faire le génie de l'économie de marché !" et présentent
encore et toujours la croissance économique comme le remède-miracle
à TOUT, (- Comme Machin? – Ben oui, comme Machin, avec ses bons
vingt ans de retard sur l'histoire) et conseillent de confier l'affaire au
secteur privé. Quand les ours blancs, les pingouins et les baleines, et
l'air, et l'eau, etc, seront privatisés et cotés en bourse, tout ira mieux.
Et ce avec des argument "écologiques", hein ! : "l'homme fait partie de
la nature, donc tout ce qu'il entreprend est bon et naturel". (Ça me
rappelle un jour où je faisais une intervention dans un forum Fnac et
où j'exposais quelques idées ainsi pessimistes sur le rôle du progrès
technologique dans le devenir de l'humanité, et où une fille de
l'assistance m'avait sorti que si Dieu avait donné la technologie à
l'homme ça ne pouvait être qu'une bonne chose.)

 (Tiens, en passant, il y a quelques temps, devant une grosse église
située à Paris près de la gare de l'Est, j'y vois une grande banderole
qui clame "N'AYEZ PAS PEUR" - et du coup, j'étais mort de trouille !)

 Tout ça, c'est pas très marrant, certes, et certains n'y voient que
catastrophisme, obsession, voire promotion de la fin du monde,
pessimisme… mais j'y vois conscience, lucidité. Il faut bien savoir
à quelle sauce on va être cuits, et ainsi participer à la grande
gastronomie Soylent Green du futur proche! (Trop proche!)

"Un pessimiste est un optimiste bien informé" - dicton russe.

Et puis :

"On est foutus, mais la vie est belle", je fais mien ce dit wensien.


LO 165 (19 septembre 2007)

---

ZANIMOS

Dans le dernier Télérama (3009), un petit abécédaire autour du thème
"Bêtes et hommes", et, pour 7 euros de plus, un numéro hors-série
sur le même thème, le tout à l'occasion de l'exposition qui se tient
à la grande halle de La Vilette. Belles photos, beaux textes. La
question n'est pas de nous montrer les zanimos comme ils sont beaux
(ou comme ils sont féroces " ou comme ils sont en danger) mais
plutôt de mettre en évidence nos rapports, la relation bêtes/hommes
dans son histoire, son évolution, son actualité.

"Ce serait la faute à Descartes et son "animal-machine" si nous
occidentaux, ne voyons l'animal que dans ce qui le différencie de
l'homme [...]"

Jean-Christophe Bailly, à propos du mot "biodiversité" : "Ce mot-là,
malgré ses racines, ne dit rien de la multiplicité infinie du vivant.
Très vite, ce singulier sonne comme un slogan. Il devient l'équivalent
de la citoyenneté : on en parle, on sait que c'est bien, on ne la voit
jamais. Et dès que cette diversité se manifeste, on ne la supporte pas :
avec la grippe aviaire, on pointe du doigt les oiseaux migrateurs, libres,
alors que l'on sait bien que l'épidémie se développe surtout à cause des
conditions absurdes de l'élevage. Mais tout d'un coup on se dit que ce
serait mieux si tous les animaux portaient le même uniforme, étaient
vaccinés et ne se baladaient pas n'importe où. [...]"

JCB encore : "Je suis ému par les côtoiements furtifs et inattendus avec
les animaux en liberté [...] Aucune relation de ce type ne lie les producteurs
industriels à leurs poulets."

Vinciane Despret, commissaire de l'exposition en question : "Voilà une
question intéressante : y a-t-il des manières civilisées de faire comprendre
à un corbeau d'aller nicher ailleurs? [...] Notre seuil de tolérance à la violence
faite aux bêtes a baissé [...] qu'est-ce qui a modifié notre sensibilité? [...]
Cent babouins en danger, c'est une statistique ; un babouin, c'est un
personnage."

Presque "une personne", quoi.

"À mesure que le savoir sur les compétences animales progresse,
progresse également l'inquiétude sur le rétrécissement de la frontière
entre l'homme et l'animal."

... Et l'idée que, peut-être, cette nouvelle perception que nous avons des
animaux, de leurs capacités cognitives, de leur sensibilité, ne serait pas
à sens unique : les animaux, particulièrement ceux que les éthologues
étudient de près, évolueraient à notre contact " du moins au contact de
chercheurs fraternels.

Etc, etc...

Apparemment, il y a des heures de bonne lecture, dans ce hors série.

---

«Un homme qui n'est pas informé est un sujet, ¨un homme informé¨est
un citoyen» - Alfred Sauvy

---

J'ai aussi entre les mains L'Âge de faire N°11, sous-titré Écologie,
citoyenneté, solidarité.

Dans leur comité de parrainage, je vois des gens comme Albert Jacquard,
Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi...

Et c'est vraiment bien, en particulier parce qu'ils ouvrent sur des

BONNES NOUVELLES

- La FAO promeut l'agriculture bio. "L'agriculture bio pourrait satisfaire
la demande alimentaire mondiale tout en réduisant les impacts sur
l'environnement et la pauvreté." La Roumanie aurait fait de cet injonction
un axe prioritaire dans le cadre de son adhésion à l'UE. D'après des
témoignages récents, c'est pas encore ça, mais patience : préparons-nous
à aller faire notre marché en Roumanie.

- A Caracas, Venezuela, les habitants des bidonville se font des
micro-potagers bios sur des plateaux! C'est un programme FAO, que
Chavez reprendrait de son côté. Des pays africains suivraient.

- L'Éthiopie a déposé des licences de propriété légale dans les principaux
pays importateurs pour ses meilleures variétés de café.

- Machin-dit-le-Shark a envoyé une lettre de soutien aux SCOPs. (En
passant, ce mensuel est imprimé par une scop " ce qui n'en fait pas un
média sarkozyen, loin de là : plutôt prudent quant au fameux "grenelle
de l'environnement" (sic)

- A Lyon, Paris et Rouen, des "déboulonneurs" (taggeurs anti-pub) ont
été acquités ou condamnés à un euro symbolique avec, de la part du
tribunal, "reconnaissance de la légitimité d'une démarche non-violente
de désobéissance civile."

-"Travailler moins pour vivre mieux" serait un nouveau slogan japonais
pour mettre fin aux suicides en série et autres morts par surmenage.
On pourrait en prendre de la graine, chez Renault.

- Ferroutage enfin, entre Luxembourg et Perpignan. Ça, même la télé
en a parlé.

- En Amérique du sud, naissance d'une Banque du Sud, qui pourrait
aboutir à une monnaie commune, et donc à se passer du dôlar de
la Banque Mondiale.

- Les abeilles iraient mieux. Aux USA, cet hiver, elles ont disparu
par millions. Mais ce printemps, le responsable du massacre, le
champignon nosema cerenae, a été identifié et serait combattu avec
succès. (Mais j'essaye de réunir d'autres infos sur la question
"essentielle! " de la vie des abeilles, de leurs multiples bienfaits aux
multiple menaces qui les menacent.)

- Un dossier sur les "Créatifs culturels". Je note en passant le titre du
bouquin de Patrick Viveret : "Pourquoi ça ne va pas plus mal?" (Fayard 2005)

- Une maison de vieux autogérée intergénérationnelle à Montreuil. Des
étudiants en coloc avec des vieux à Lyon. Des enfants de la halte-garderie
qui vont goûter avec des alzheimeriens à Saint-Apollinaire (Bourgogne).
Et des vieux en famille d'accueil par ci par là .

- Le réseau des Jardins de Cocagne : des exclus en réinsertion dans le
maraîchage bio. On s'abonne à l'année pour un panier par semaine de
légumes locaux et de saison. Y en a pas par chez moi c'est bête, ça
semble surtout proliférer dans le Dauphinois.

- Les Cigales : Club d'Investisseurs pour une Gestion Alternative et
Locale de l'Epargne Solidaire. Bravo pour l'acronyme! Si vous avez
quelques sous en trop.

www.cigales.asso.fr

- Calendrier : L'Âge de faire sera présent les 29 et 30 septembre
à Tours au Salon Fougères.

Et sur leur site, on voit déjà le N°12

www.lagedefaire.org

---

ENVIRONNEMENT : GREENelle ou Grrr...enelle ?

La question est ainsi posée par Alerte N°4

www.agirpourlenvironnement.org

On peut signer et acquérir des cartes postales à envoyer à Monsieur
le Président de la République (Machin, quoi), et ses Ministres de
la République (sous-Machin 1 et sous-Machin 2) pour leur mettre
sous le nez 40 propositions bien senties de mesures intelligentes
et applicables,. Par exemple : - 10% de surfaces agricoles en bio
"moratoire sur les zogms' " corridors animaux "quotas de pêche"
interdire la vente libre des pesticides "moratoire sur les projets
routiers et autoroutiers" interdire les publicités incitant à un usage
irrationnel de l'énergie...

Et bien d'autres.

---

Et pour d'autres bonnes nouvelles, on peut toujours aller voir

http://www.grainesdechangement.com/

---

C'est tout pour aujourd'hui. (C'est épuisant, toute cette positivité !)


LO 166 (21 septembre 2007)

BALADE DANS QUELQUES MOTS PLUS OU MOINS D'ACTUALITÉ

APOTROPAÏQUE
(gr. apotropaïos : qui détourne les maux). Se dit d'un objet, d'une
formule servant à détourner vers quelqu'un d'autre les influences
maléfiques. (Rituel, sort de protection).

Et une formule qui renvoie les influences maléfiques vers celui qui les
envoie (par exemple, au hasard, de Machin vers Machin chaque fois qu'il
apparaît/parle à la téloche ou ailleurs), ça s'appelle comment ?


ASSEDIC
C'est pas une secte juive, les hassédiques?


BAUDRILLARD
Jean Baudrillard "Mots de passe". (Le Livre de Poche / Biblio / Essais)

Je vous avais promis un compte-rendu de ce petit livre réjouissant.
Maintenant il est mort et c'est trop tard. Ah ben non c'est vrai, les
bouquins restent. J'avoue d'abord que, dans ma carrière de lecteur,
je suis passé à côté de Baudrillard (et de bien d'autres!). Il faisait
juste partie de références de références, c'est-à-dire de ces noms que
je voyais cités par d'autres, dans des bouquins ou des articles, ce qui
me laissait l'impression de le connaître vaguement. J'avais lu aussi il
n'y a pas si longtemps une interview de lui "le meurtre de la réalité",
pensée pointue et provocatrice, décryptant quelques phénomènes
sociaux, cartes de vœux, commémorations, échange généralisé de
signes, avec à la clef une certaine disparition du principe de réalité.
Soit "comment le monde devient virtuel".

Citation à propos du WTC : "Plus le building s'élevait, plus il incarnait
la virtualité toute-puissante, plus on rêvait donc qu'il s'effondre, par
cet obscur désir de réversibilité que tant de personnes partagent, sans
être pour autant terroristes."

 
BRASSENS
"Le 22 septembre, aujourd'hui, je m'en fous."

 
CHANTEUSES
"Les chanteuses ont leur mystère." (Chico Buarque)

 
CONTRASTE
L'une des conséquences du réchauffement global semble bien être
un climat plus contrasté, des pics, des excès : plus chaud, plus froid,
tempêtes plus violentes, orages plus fréquents, sécheresses plus
longues, inondations, etc.

Dans le même temps, les idéologies qui tiédissaient tranquillement sur
un coin de table, se contrasteraient-elles ? On ne peut pas le dire de la
politique française où la droite économiste est en train de tout phagocyter
pour fabriquer une sorte de soupe libéraliste gestionnaire. Mais le
capitalisme triomphant se fait plus dur : plus de riches et plus de pauvres.
La différence s'accentue. Entre banlieue et centre-ville, entre ville et
campagne aussi.

Mais les religions ? Peut-être que globalement il y a moins de religion,
mais à l'intérieur il y a plus de fanatisme.

Y a qu'au PS qu'on reste cool. (Euh, QUEL PS ?)

 
ÉCRITS VAINS
Auteurs (journalistes, souvent) pressés de lancer des affirmations
péremptoires, faites-vous des raccourcis-clavier, comme :

PT = peut-être

AQJS = autant que je sache

AMC = à ma connaissance

ISPQ = il se pourrait que

(C'est pénible à taper, ce paragraphe, parce que je me suis déjà fait les
raccourcis-clavier en question, alors je ne peux plus écrire AQJS sans
me retrouver avec un "autant que je sache". Déjà que j'avais un AR
pour Arkadi et que je ne peux plus envoyer une lettre recommandée
avec accusé de réception !)

 
EXPERT
# Mais un type d’expert est apparu, qui colle parfaitement à la définition
donnée par le spécialiste du management Henry Mintzberg : « Quelqu’un
qui en sait de plus en plus sur de moins en moins, jusqu’à ce que, pour
finir, il (ou elle) sache tout sur rien. » #

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/WARDE/15093

 

HOTEL (DE PASSE)
Le nouvel Hôtel de Police de Lyon s'installe dans le Fort Montluc qui, vu
de loin, ressemble à une prison médiévale et qui, pendant l'occupation,
servit de camp de transit vers Birkenau. Sympa.

 
LAIT (DE VACHE)
Pr. Plant : "Il ne faut pas croire que le lait de vache n’est pas bon. C’est
un aliment merveilleux - pour les bébés vaches. Il est très différent du lait
humain d’un point de vue nutritionnel. Il contient trois fois plus de protéines
et beaucoup plus de calcium."


LETTRES
Si le L n'existait pas, on assassinerait à coups de fringues. Ça ferait moins mar.

Si le A n'existait pas, les diligences seraient tirées par les cheveux.

Si le D, le I, le E et le U n'existaient pas, ça nous ferait des vacances.

 
MERCI PATRON
Les heures supplémentaires exemptées de charges: payées 25% de plus
mais 45% de charges en moins. Économie totale : 20%. (Le Médef
applaudit bien fort.)

 

PAUVRES
— Tout est relatif.
— Absolument  !
Au vu de certains chiffres, dans l'absolu, il y a de plus en plus de
riches dans le monde. Mais ça c'est "dans l'absolu". Or rien n'existe
"dans l'absolu", rien n'est absolu (à part le zéro, et encore). Tout est
relatif, donc (y compris le mot 'tout'). Alors si on dit "Il y a de plus en
plus de riches ET il y a de plus en plus de pauvres", déjà on comprend
mieux, on a une vision plus juste de l'état du monde. Mais ça reste une
vision binaire des choses. Pour plus de subtilité, on doit faire jouer un
troisième élément : ni OUI ni NON, mais MU, comme on dit en japonais,
car tant qu'on reste dans le duel, on fait juste osciller la balance oui-non,
on ne change pas de niveau de réflexion, de registre, de régime. MU,
c'est "ni oui, ni non", certes, mais mieux : "indécidable", et surtout :
"la question ne se pose pas" ou encore "la question n'est pas pertinente".

Un "troisième élément", une "troisième voie" serait d'ajouter : "Il y a
aussi de plus en plus de gens pour qui la problématique riche/pauvre n'est
pas pertinente." C'est peut-être ceux qu'on appelle "les créatifs culturels".

Et c'est là que ça commence à devenir intéressant, et en tant que réflexion
sur la société et en tant qu'espoir d'une évolution, d'un changement de
paradigme culturel, comme on dit pour faire savant. Le principe de
"troisième voie", ça peut s'appliquer à des tas de trucs : un référendum,
un couple, une rivalité entre deux boîtes, entre deux cités, entre deux
pays, la croyance en un dieu, l'élection d'un président de la république,
ou la rivalité politique droite/gauche. (De là à voter Bayrou, il y a comme
un gouffre…)

 

PHOTO
Dans Photo N°440, Lucien Clergue raconte que, dans un hôpital à
Washington, un malade qui était considéré comme perdu a reçu un choc
en voyant défiler les pages de son livre "Née de la vague" que lui
présentait l'infirmière au pied de son lit. Un choc vital qui l'a sauvé !

Personnellement, ce livre (que je n'ai plus vu depuis bien longtemps) m'a
donné une sorte de choc du même genre, mais essentiellement artistique.
Ça devait être dans la fin des années 60 et ça a durablement influencé
mon style graphique : l'époque des nus en noir et blanc aux petits points.

 
POEME
"Il neigeait,
et pour la première fois dans la tempête,
Pine hochait la tête."
 

PRÉHISTOIRE
Quand vient le gros mignon, le néant détale.

 
TERRORISME
Langage médias après arrestations : "Ils n'avaient pas encore leurs billets
d'avion. Ils n'avaient pas encore de produits explosifs." (Le mot important
est ENCORE.)
 

TOMBE
Pourquoi est-ce qu'on TOMBE amoureux ?
Pourquoi est-ce qu'on TOMBE enceinte ?
S'agit-il d'une CHUTE ?
Cela a-t-il à voir avec la TOMBE ?
Et la BIÈRE  où l'on vous met à cette occasion a-t-elle à voir avec celle
que vous avez bue la veille ? Si vous étiez au volant, peut-être.

Et la mise en bière étant une mise en boîte, faut-il en rire ? Et est-ce que
ça mousse ?

 
VÉRABILITÉ
# On pourrait dire, pour reprendre la terminologie du satiriste Stephen Colbert,
qu’il y a plus de « vérabilité » (truthiness) que de vrai dans tout ce que l’on
raconte sur le financement du terrorisme. La « vérabilité » étant définie
comme « ce que l’on veut que les faits soient, opposé à ce que les faits
sont en réalité ». #

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/WARDE/15093




LO 167 (23 septembre 2007)

AVENIR
"Je m’intéresse à l’avenir car c’est là que j’ai décidé de passer le restant
de mes jours." (Woody Allen)
---
MARCHÉ DU CARBONE
LA THÉORIE DES QUOTAS

"Inciter les citoyens à réduire leurs émissions individuelles"
Le truc du marché du carbone, appliqué à petite échelle, serait-ce plus
compréhensible?
Par exemple en instituant une forme de rationnement individuel, un permis
à points de carbone. Je pose ça, après d'autres, comme une hypothèse,
mais ça va venir, c'est inéluctable. Bon. On aurait droit chaque année à
tant de points d'émission de gaz à effet de serre. Chaque fois qu'on ferait
le plein de sa voiture, on en perdrait, quand on remplirait sa cuve à
mazout aussi, sa cuve à gaz, oui mais moins, mais aussi selon sa
consommation électrique de l'année, un voyage en avion, crac, gros
retrait, un voyage en train, tant de points au km, tu pètes, tant, tu
élèves des vaches, tant, etc. Si tu arrives au bout de tes points avant
la fin de l'année, tu dois rester chez toi dans le noir et sans chauffage
jusqu'à l'année suivante, tu peux crever, bien fait.
Sauf que. Sauf que tu peux aussi en dépenser moins que ton quota.
Et là, de deux choses l'une : en bonne morale, il faudrait que les points
non utilisés soient perdus, et que ton quota soit réactualisé en fonction
de ta consommation réelle de l'année, ceci assorti d'une médaille pour
bon comportement écolocarbonique. Mais évidemment, l'homme est
ainsi fait qu'il va plutôt s'évertuer à dépenser tout son quota pile-poêle
histoire de ne pas risquer d'en manquer l'année suivante.
Ou alors il va chercher à revendre ses points de rab'.
Si mon voisin se chauffe au fuel et va au boulot en ville tous les jours
en voiture et si moi je me chauffe au bois et je ne sors ma caisse
qu'une fois par semaine pour faire les courses au village voisin, je vais
avoir des points de rab' et je vais pouvoir les revendre à mon voisin
gaspilloïde qui, du coup, va pouvoir, en plus du reste, partir en week-end
à 300 kms. Ces points CO2 vont donc constituer un marché — libre, officiel
ou noir, c'est à voir. (Mais s'il est interdit de revendre ses points, les
astuces ne manqueront pas pour passer outre, on est en France ! Il se
fera une cotation sauvage ou officielle en fonction de l'offre et de la demande.)
La question qu'il faut se poser c'est : est-ce que ça contribuerait à réduire
les émissions de gaz à effet de serre ? A priori, dans la mesure où il y a
de l'argent à gagner, je vais faire encore plus d'efforts de non-déplacement
— et je ne vais pas être le seul. Pour les salariés, cela peut inciter à
regrouper des journées de travail sur trois jours au lieu de quatre ou cinq
ou à développer le télétravail, et, entre voisins, à des co-voiturages, à se
réunir pour qu'un seul fasse les courses de plusieurs, emmène les enfants
à l'école, etc.
Quant au voisin qui, par obligation ou par goût, est un gros rouleur, un
gros émetteur de 
CO2, pouah-caca, il va nous racheter des points, donc.
S'il n'a pas de gros moyens, et pas forcément la possibilité ou la vocation
de travailler plus pour gagner plus, à son tour il va chercher à économiser :
prendre une voiture hybride, déménager plus près de son boulot, (très
bien, bon débarras), ou passer un week-end sur deux à la maison (moins
bien, il met sa sono à fond). Sacrifier un peu de ses désirs consommatoires
et peut-être découvrir que ce n'est pas vraiment un sacrifice et qu'il y a
du plaisir à la clé.
Jusque là, ça semble efficace.
Par contre, le gros émetteur riche, il s'en fout, il rachète des points partout
sans rien sacrifier de son mode de vie, et là revoilà un déséquilibre :
celui, classique, de la société libérale avancée : le riche peut se permettre
tout, c'est pas moral, et il faudra beaucoup de sagesse et d'abnégation
aux autres, aux économes, pour ne pas lui casser la gueule. Parce que ce
n'est parce qu'il nous achète nos points qu'on ne va pas lui en vouloir !
Il nous donne des sous pour nos points, bon d'accord, mais en fait, on
n'en a rien à faire, des sous : on ne consomme pas ! Bon, finalement, oui,
on lui casse la gueule et on l'enterre au fond du jardin et nos points on se
les joue entre nous au scrabble ou on les brûle dans la cheminée. (Quoique
ça sera sûrement pas des tickets de rationnement comme pendant la
guerre, mais un truc électronique sur une kartapus indestructible…)
---

Et pour rester dans les calculs sordides :
 
LES BANQUES PRODUISENT DE L'EFFET DE SERRE
# Les banques françaises « financent dix fois plus les énergies fossiles
polluantes que les énergies renouvelables. » Elles communiquent toutes
sur le développement durable « mais continuent à financer des projets
énergétiques extrêmement controversés tel l'oléoduc Baku-Tbilissi-Ceyhan
en mer Caspienne (Banque Populaire, BNPParibas, Crédit Agricole, Dexia,
Société Générale). Alors que les industriels sont désormais soumis à
des quotas d'émissions, les banques profitent du fait que leurs choix
de financement sont sans aucune contrainte légale pour engranger
des profits astronomiques, dans une très forte opacité. #
 
Ça date de mars, mais c'est toujours là :
http://www.actualites-news-environnement.com/2007(...)francaises.php
 
Mais heureusement….
# Les Amis de la Terre publient le premier guide pour aider les
consom'acteurs à bien choisir leur banque.
Même si l’on commence à voir apparaître des produits bancaires
"verts" (fonds éthiques ou prêts à taux préférentiel pour inciter les
investissements écologiques…) et si toutes les grandes banques
publient désormais leur rapport de développement durable, il leur
reste encore de gros efforts de transparence à faire en ce qui
concerne les impacts indirects sur l’environnement de leur politique
de financement et d’investissement. C’est en tout cas la conclusion
du rapport "Banques françaises, banques fossiles" qu'a publié l’ONG
écologiste Les Amis de la Terre, et qui analyse plus spécifiquement
les politiques climatiques et énergétiques des banques françaises.
[…] Les résultats du classement sont édifiants : les deux seules
banques à obtenir une note supérieure à la moyenne sont des
institutions alternatives, la NEF (institution de finance solidaire)
et Crédit Coopératif (banque au positionnement social). A l'exception
de la Banque Populaire dont la note s'approche de la moyenne, les
autres banques (Caisses d’Epargne, Crédit Agricole-LCL, HSBC,
BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Mutuel-CIC) ont des résultats
nettement insuffisants. #
 
Ça date de mars aussi, mais c'est toujours là :
http://www.grainesdechangement.com/newslettermars07.htm
Pour en savoir plus, téléchargez directement le rapport "Banques
françaises, banques fossiles" (ou sa synthèse)
http://www.amisdelaterre.org/Banques-francaises-banques,3138.html
et le guide pratique "Environnement : comment choisir ma banque ?" http://www.amisdelaterre.org/Environnement-Comment-choisir-ma.html
---

SPIROU
Et puis sachez que depuis le début du mois, ou par là, le journal de
Spirou, et surtout son site www.spirou.com a lancé un blog écolo.
Un dessin par jour, par Ak, Bercovici, EspritSpirou, LePiou ou Thiriet.
C'est drôle et ça donne (ou ça rappelle) quelques bonnes idées de
pratiques quotidiennes pour "sauver la planète" (selon l'expression
désormais consacrée), certaines connues, d'autres moins : faire la
poussière sur les ampoules, par exemple. Et puis l'info qu'un affichage
écran à fond blanc dépense plus d'énergie qu'un fond sombre !
 
Et pour finir, deux petites images cadeaux : deux dessins de Henrich Kley,
génie graphique du début du XXème siècle, sur les vendanges
– c'est de saison.

LOn°167 - Les Vendanges - 1 - dessin de Henrich Kley

LOn°167 - Les Vendanges - 2 - Dessin de Henrich Kley


LO 168 (6/11/07)


Il y en a quand même quelques uns qui se préoccupent de moi,
dans la confrérie des écriveurs et lecteurs de lettres ouvertes.

Merci, mais je vais très bien !

Simplement, au cours du mois d'octobre, j'ai pris beaucoup de retard sur mes
planches, à cause de deux affiches, de pas mal de sorties en dédicaces :
Aubenas, Chambéry, Chaumont, la Bégude de Mazenc, et autres activités externes.

Donc je bosse sur des pages férocement encrées !

Et puis il m'est arrivé un truc bizarre : des amies m'ont demandé mes LO
par écrit et j'ai travaillé à sélectionner, compiler le meilleur, ou le plus
personnel, ou ce qui est encore d'actualité, des 160 et quelques lettres
produites. Une fois ceci fait et imprimé, je me suis arrêté ... comme si
j'en avais fini avec ça.

Faut dire aussi que je me sens quelque peu pantois, ou atterré, ou hésitant
entre sombrer dans l'indifférence ou éclater d'un grand rire nerveux,
face à la pantalonnade que devient notre poilitrique...
ou l'état de la France... ou, non, tiens, du monde.

N'EMPÊCHE QUE, NON, JE N'EN AI PAS FINI !

---

QUELQUES PROMOTIONS DE FIN DU MONDE, HISTOIRE DE REMETTRE LA MACHINE EN MARCHE.

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"JE SUIS NOIRE MAIS JE SUIS BELLE" (Cantique des cantiques)

Une petite annonce est parue dans la presse (me demandez pas où) en ces termes :

"Jeune Noire cherche compagnon. Origine ethnique sans importance. Je suis
belle et j'adore m'amuser. Je raffole des grandes promenades dans les bois,
de ballades en 4x4, de chasse, de camping, de sorties de pêche et de soirées
où je suis confortablement allongée auprès du feu. Je serai à votre porte quand
vous rentrerez du travail, ne portant sur moi que ce que la nature m'a donné.

Embrassez-moi et je suis à vous. Composez le (404) 875-WXYZ et demandez Daisy."

Plus de 15.000 hommes ont répondu à cette annonce et ont découvert qu'ils
avaient appelé la SPA au sujet d'une chienne Labrador de 8 semaines...

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23

Monseigneur Vingt-Trois a été promu cardinal, ainsi que 22 autres évêques.

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NOMBRILS
Un blog est, quasi par définition, nombriliste et narcissique.  Mais pas que
les blogs. Dans tous les milieux sociaux, en toutes circonstances, on se
revendique tel ; on assume son narcissisme, on l'expose et on s'expose.
Les valeurs d'aide, de solidarité, de partage sont jugées ringardes...
"Par contre un "C'est mon truc", ou "C'est ma passion" justifie tout et n'importe
quoi. Pas étonnant qu'on ait récolté ce gouvernement qui met en concurrence
les ego et les nombrils. La population était prête à le recevoir."
Plus anecdotique mais sans doute symbolique, la mode confirme cette
tendance avec les nombrils exposés : m'avez vous vu(e), Moi, centre du monde ?

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LIMITES
Sarko et son gouvernement se conduisent comme un enfant qui teste
les limites de l'autorité de ses parents. Ils proposent des trucs odieux,
comme les cadeaux fiscaux aux patrons ou les tests ADN pour le regroupement
familial (et pourquoi pas le détecteur de mensonge ou le sérum de vérité?),
en sachant que, si ça va trop loin, le Conseil Constitutionnel ou tel autre
organisme va retoquer (mot à la mode) le "détail" de loi en question,
le refuser ou le corriger. Ou bien "la rue", les manifs, les grêves vont
amener recul ou correction. Mais en attendant, il a testé.
Y a-t-il eu protestations, manifs de masse, grèves d'indignation?
Bof, pas tant que ça (à part quelques phrases bien senties de
F'Hollande-tout-le-monde-s'en-fout). Donc, ce coup-là, c'est pas passé,
ou tellement édulcoré que ça n'est plus que symbolique.
OK, mais la prochaine fois?

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THÉORIE DES QUOTAS
Un gouvernement libéral, voire néo-libéral, voir ultra-libéral, ou qui, du moins
prône l'ultra-libéralisme, en vient à interdire aux médecins libéraux (libéraux)
de s'installer n'importe où, là où y en a déjà suffisamment, et les pousse à
chercher les zones (rurales qui râlent) abandonnées. Quid? Et le libéralisme,
alors ? ça fait carrément bolchévique !
(Sur le fond, il a sans doute raison ! Mais la méthode? Mais les effets cachés?)

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GORZ

Décès d'un « père de la décroissance » extrait du site : http://www.decroissance.org/
# Philosophe et militant pour la décroissance, André Gorz a été retrouvé
mort avec son épouse le 24 septembre. En 1977, dans son ouvrage Écologie
et liberté (éditions Galilée), André Gorz affirmait déjà : « Un seul économiste,
Nicholas Georgescu-Roegen, a eu le bon sens de constater que, même stabilisée,
la consommation de ressources limitées finira inévitablement par les épuiser
complètement [les ressources naturelles], et que la question n'est donc point
de ne pas consommer de plus en plus, mais de consommer de moins en moins :
il n'y a pas d'autre moyen de ménager les stocks naturels pour les générations
futures. C'est cela, le réalisme écologique. On lui objecte habituellement que
l'arrêt ou l'inversion de la croissance perpétuerait ou même aggraverait les
inégalités et entraînerait une détérioration de la condition matérielle des
plus pauvres. Mais où donc a-t-on pris que la croissance efface les inégalités ?
Les statistiques montrent le contraire. (...) L'utopie ne consiste pas, aujourd'hui,
à préconiser le bien-être par la décroissance et la subversion de l'actuel mode
de vie ; l'utopie consiste à croire que la croissance de la production sociale
peut encore apporter le mieux-être, et qu'elle est matériellement possible. » #

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ÉNERGIE DU DÉSESPOIR
On assiste régulièrement à des levées de bouclier, et même des bordées
d'injures, contre la décroissance et ses partisans. Mais ceux qui les profèrent,
savent, au fond, que c'est inéluctable, qu'il va falloir en venir là. Ils sont au
désespoir, en fait. Ils se battent contre les "décroissants", certes, et cette
idée folle de décroissance, certes, mais surtout ils se révulsent, protestent,
hurlent contre cette conviction encore subconsciente qui croît (!) en eux,
au fond. Qui grimpe petit à petit en direction de la surface de leurs certitudes.
Le doute. Le doute est là, qui ronge ... et c'est insupportable. Tout leur
système mental (culturel, religieux), dans un déni de réalité (fantasme,
illusion) croit (croît) encore à la croissance, au développement, au PLUS,
toujours plus.
Et voilà l'inversion des pôles qui se profile. Inéluctablement, il va falloir
basculer vers le MOINS,  comme le Yang en fin d'été, parvenu à son excès,
bascule dans le Yin de l'automne, vers l'hiver. Il va falloir (il faut) muter
mentalement, culturellement et concrètement : moins de production, moins
de consommation, moins de voyages, moins de gens sur la Terre, moins
de TOUT. Parce que, tout simplement, il y a (déjà) TROP DE TOUT. Ils le
savent... comment pourraient-ils ne pas le savoir ? Un enfant de cinq ans
peut comprendre qu'on ne peut pas se développer à l'infini dans un milieu fini.
Alors ils sont au désespoir. Dans un dernier accès de rage impuissante...
énergie du désespoir... ils font un dernier baroud d'honneur, injuriant le miroir
tendu par les écolos objecteurs de croissance et autres gens raisonnables,
miroir qui montre cette vérité qu'ils savent et ne veulent pas savoir.
Et puis ils font un max de pub pour vendre leurs bagnoles avant la fin...
parce qu'ils savent que c'est bientôt fini.



LO 169. 07/11/07

LE PÉTRÔLE C PAS DRÔLE !

Un formidable "C dans l'air" hier mardi sur la 5.

Sur le 3ème choc pétrolier (ça se passe ici et maintenant), avec, entre autres,
Yves Paccalet.

On peut le revoir ici :

http://www.france5.fr/cdanslair/index.cfm

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En complément, j'ai capturé ça, que je vous livre in extenso.
C'est technique mais ça vaut le coup.

 http://saadiaoliot.blog.20minutes.fr/(...)baril-de-pétrole-à-100-dollars-chic.html

 02.11.2007

# Le baril de pétrole à 100 dollars, chic !

Et si la hausse continue du baril de pétrole était une chance plutôt
qu'une catastrophe ? Le seuil symbolique des 100 dollars devrait être
prochainement franchi. Les raisons de cette flambée sont à la fois
structurelles et conjoncturelles. Structurelles notamment du fait de
la croissance économique soutenue de pays émergents comme la
Chine et l'Inde. Conjoncturelles du fait des tensions entre la Turquie
et l'Irak sans compter une éventuelle intervention américaine en Iran.
Alors, me direz-vous, en quoi cette hausse vertigineuse peut-elle être une
chance? Tout simplement parce que cette nouvelle donne va renforcer la
position de tous ceux qui considèrent que notre modèle économique ne
peut plus être basé sur la seule croissance.

Nous savons tous désormais que si chaque humain consommait comme
un Américain, il faudrait pas moins de trois planètes. Imaginez 5 minutes
que tous les Indiens et les Chinois adoptent le même mode de vie
que l'américain moyen. Le résultat serait catastrophique en terme de
réchauffement climatique. Cette hausse du pétrole peut être bénéfique
dès l'instant où elle favorisera de nouveaux comportements : achats de
voitures moins voraces, développement des transports collectifs,
ferroutage... Ne doutons pas que plus l'énergie sera chère, moins il sera
judicieux d'aller faire fabriquer des produits à l'autre bout du monde pour
ensuite les rapatrier. Peut-être que les effets conjugués du réchauffement
climatique et du renchérissement du pétrole démontreront les limites de
la mondialisation.

Cette hausse pourrait donc avoir des vertus en accélérant le changement
de nos comportements et en renforçant les positions de ceux qui veulent
voir l'ensemble des gouvernements agir de façon "énergique" et concertée.
Cette nouvelle donne après le livre d'Al Gore sans parler des récents
incendies en Californie pourrait provoquer une réelle prise de conscience
chez nos amis Américains. Ainsi le gouverneur de Californie, républicain,
a reproché à l'administration Bush de sous-estimer les questions du
réchauffement.

En France, j'ai entendu de nombreuses personnes expliquer que le jour où
l'essence serait à 1,50 euros elles utiliseraient moins leur voiture. C'est
une bonne nouvelle. Il faudrait aussi et surtout que désormais le transport
des marchandises se fasse davantage par rail que par route. Un baril à
100 dollars devrait renforcer le fret SNCF et c'est tant mieux si l'on voit
moins de camions sur les autoroutes.

C'est pour l'ensemble de ces raisons que j'aurais presque envie de dire :
vivement un baril à 200 dollars....

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Commentaires

J'ai le regret de vous dire que le chemin de fer va disparaître !
Que ces
hausses de prix du baril n'empêcheront pas l'économie de tourner, par
contre les plus faibles ne pourront plus se déplacer (les élites pourront
encore utiliser l'avion moyennent 10 000 euros le billet pour traverser
l'Atlantique, pareil pour les voitures).

Au programme ? La fermeture de
262 gares FRET SNCF en novembre 2007 ! La casse du statut des cheminots
pour les faire fuir en masse afin qu'il n'y ait plus assez de personnel pour
précipiter les dessertes de chemin de fer de banlieue et TER dans le rouge !
Que tout s'effondre !

Et tout va très vite ! La part de la route a quasiment
triplé pour les marchandises depuis 1980 (301 gigatonnes/km de
marchandises transportées par camions en 2004), pendant ce temps le
chemin de fer perdait 30% de son trafic fret !

Le réseau ferroviaire vieillit
mal, les infrastructures en ville sont sous-dimensionnées, des travaux
d'ampleurs auraient dû être envisagés, il est déjà trop tard, car il faudra
aussi du pétrole et de l'acier pour construire, etc.

Les lignes UIC 7 à 9
sont en train de pourrir, soit 13 000 kms du réseau ferroviaire français.
RFF qui a hérité de la dette de la SNCF (des milliards d'euros suite à
l'investissement fait à 100% sur ses deniers pour la construction de la
première ligne TGV Paris-Lyon ouverte en 1981) est mal en point et fait
flamber le coût des péages, ce qui se ressent et fait fuir le fret vers la
route et fait flamber le coût des billets pour les voyageurs ou les régions !


Voilà le palmarès, non le pire est à venir ! Profitez du moment présent
avant la guerre civile que provoquera la flambée des matières premières
depuis le blé jusqu'au baril en passant par l'acier ou le lait !

Ecrit par : Tanguy | 03.11.2007

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Dans votre analyse, intéressante, il manque me semble-t-il un élément :
le déficit structurel de l'offre. De nombreuses raisons conduisent à penser
que le pic de pétrole "tous liquides" est juste devant nous. — *Le "pétrole
tous liquides" comprend la production mondiale de pétrole conventionnel,
le pétrole extra-lourd, liquides des gaz naturels, gains de raffinerie et
pétroles synthétiques à partir de la biomasse (BTL), du charbon (CTL) et du
gaz (GTL) — … Et que le pic de pétrole conventionnel est passé depuis un an
peut-être. Le pic constate l’apogée et le début du déclin de la production.

1) De nombreux pays producteurs ont atteint leur pic : En 2005, selon la
compagnie Chevron sur les 48 principaux pays producteurs, 33 sont en
déclin confirmé. Ainsi, entre 2000 et 2005, le Mexique (5ème producteur
mondial), le Danemark, le Yémen, le Pakistan, le Congo, Oman, la Norvège
(3ème exportateur mondial), et l’Australie sont entrés en déclin. Brunei,
la Chine, la Malaisie, et l’Inde, dont la production se maintient sur un
plateau (soit un pic étalé) depuis plusieurs années, sont en passe de
basculer dans la phase de déclin.

2) la production mondiale n’augmente plus. Selon les données de l'EIA,
en mai 2005, la production de pétrole brut est à 74298 mb/j (milliers de
barils par jour) ; en juin 2007, la production est à 72823 mb/j.
La production mondiale de pétrole brut a décliné, en moyenne,
annuellement, de 700 mb/j ou de 0,95%/an entre mai 2005 et juin 2007.

3) A la différence des crises précédentes, l’augmentation sans précédent
du prix du pétrole n‘est pas la conséquence d’une baisse de la production.
Elle résulte en partie d’une difficulté d’approvisionnement consécutive à la
stagnation de la production, des problèmes de raffinage et l’augmentation
de la consommation.
La survenance du pic aura pour effet une grande volatilité du prix, même si,
à long terme, ils monteront. Tout simplement parce que, même s'il y a une
certaine inélasticité de la demande par rapport à l'offre en la matière, la
récession économique qui pointe à l'horizon et que la montée de toutes
les matières premières (car le phénomène haussier ne se limite aux seuls
hydrocarbures) ne fera qu'accentuer, détruira en partie la demande (dans
les pays pauvres d'abord mais ensuite également en Chine et en Inde, car
leur marché intérieur ne sera pas suffisant pour absorber les effets de la
crise économique affectant les pays consommateurs) et donc fera tomber
la demande un peu en dessous de la capacité d'offre. De plus, le prix du
baril est en partie spéculatif. La destruction de la demande conduira à un
phénomène d'anticipation des traders sur les marchés et permettra d'accélérer
une baisse de la demande. Une telle baisse sera évidemment passagère.
En fait, je crois que le pic de pétrole conventionnel est derrière nous, mais
pas le pic "tous liquides". Pour moi, si le premier pic est survenu et le second
assez proche, ni l'Opep ni la Russie n'auront les moyens suffisants de façon
durable de mettre sur le marché la production excédentaire de nature à
détendre le marché et assouplir le choc.

Donc de deux choses l'une :

1) L'Opep et la Russie ont la capacité de mettre sur le marché disons 1MB/J
supplémentaire. Dans ce cas, cette situation aura un double effet physique
et psychologique : elle détendra les marchés et les spéculateurs et fera
baisser le prix de façon légère (à 85 dollars par exemple).

2) L'Opep et la Russie n'ont pas la capacité de mettre sur le marché avant la
fin de l'année cette capacité supplémentaire. Dans ce cas, le marché restera
tendu et toute absence de bonne nouvelle (climat un peu froid en hiver,
tension au moyen-orient) pourra emporter le baril dans un premier temps
jusqu'à 150 dollars. A partir de là, l'effet conjugué des prix de l'énergie et
les effets de la crise économique des subprimes détruira la demande et
conduira à une baisse des prix qui pourrait être aussi brutale que la crise
elle-même.

Ecrit par : tolosa | 03.11.2007 #l


LO N°170. 8 nov 2007

LO N° 170. 8 nov 2007

"GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT" – sic.

(Evidemment, avec un nom comme ça, c'était mal parti.)

 Le site officiel avec les conclusions officielles :

http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/

 Les réactions de L'Alliance pour la Planète :

http://legrenelle.lalliance.fr/

 Celles de Corinne Lepage :

http://corinnelepage.hautetfort.com/

 Yves Cochet :

http://www.actu-environnement.com/(...)yves_cochet_grenelle(...)

 Paul Aries :

http://www.bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54141

 Parti Vert Européen :

http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3520

 Verts français :

http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3518

 Actu-Environnement :

http://www.actu-environnement.com/ae/news/grenelle_consultation(...)

 Un zapping de réactions :

http://fr.news.yahoo.com/afp/20071025/tpl-environnement-climat-grenelle(...)

 Fondation Nicolas Hulot :

http://www.fondation-nicolas-hulot.org/actualite/edito.php

 Mais il y a mieux, et ça, je le copie intégralement, parce que NH, après les
réactions triomphalistes ci-dessus et un titre qui ne l'est pas moins ci-dessous,
semble ouvrir les yeux sur les manques profonds du rendu final, et dans le
concret (nombreuses questions laissées pour compte et applications des
mesures), et dans la philosophie globale de la démarche. Plus conscient et
plus profond qu'on ne le croit, donc ?

(Je me suis permis de souligner quelques mots et améliorer quelques alinéas…
Je vois pas pourquoi je me gênerais avec Le Figaro.)

http://www.lefigaro.fr/debats/20071103.FIG000000380_grenelle_(...)

03 novembre 2007 : 21h32

 ######## "Grenelle de l'environnement", un pas de géant pour la France

Par Nicolas Hulot, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme.

Le « Grenelle » est passé. Les choses sérieuses commencent, tout au moins
pour ceux qui vont avoir la mise en oeuvre de ce qui a été acté. L'écologie est
entrée dans l'âge de raison. Finie la sous-traitance sur un sujet si complexe.
Désormais chacun est convié à apporter sa contribution et à prendre sa part
de résolution face à l'équation basique du développement durable : comment
conjuguer la croissance économique avec la rareté établie ou annoncée de
certaines ressources et l'obligation d'une économie décarbonnée ?

Qui eût cru possible que Greenpeace ou le Medef puissent se parler et avancer
sur ces sujets, il y a encore quelques mois ? Que la FNSEA puisse valider un
gel des OGM, qu'un président de droite puisse être aussi offensif sur un thème
considéré il y a peu comme archaïque et obscurantiste dans son propre camp ?
Que les partenaires sociaux puissent être aussi constructifs qu'ils l'ont été
dans ce « Grenelle » ? Qu'un numéro deux du gouvernement puisse
systématiquement déplacer le curseur vers l'impératif écologique, quand les
discussions achoppaient pendant la négociation ? Tout cela est totalement
inespéré et, désormais, il y aura un avant et un après.

Une dynamique est en route dans tous les secteurs de notre société, seule
l'incertitude sur son ampleur et sa cadence demeure. Les transports et le
logement ont été les sujets les plus ambitieusement traités au « Grenelle ».
Les avancées sur la gouvernance sont aussi essentielles.
Si une grande réforme
fiscale se profile pour basculer une partie de la fiscalité du travail sur la fiscalité
énergétique et environnementale, une étape cruciale sera encore franchie.

Pour être objectif et repartir à la tâche, nous avons été faibles sur la biodiversité,
l'agriculture, les déchets et l'éducation.

- La biodiversité recycle quelques engagements déjà pris et non réalisés et est
en retrait de beaucoup d'accords internationaux. Seule la trame verte,
si elle
est opposable
, sera une mesure très structurante.

Sur l'agriculture :

- Le bio, le labellisé dans les cantines scolaires est une excellente initiative.

- Sur les OGM appliquons à la lettre le principe de précaution et décidons ensuite.

- Pour les pesticides et autres substances nocives et dangereuses, il faut aller
plus vite.

Mais le débat de fond n'a pu avoir lieu. Notre mode de production est-il le seul
compatible avec les exigences alimentaires et économiques ? Je crois qu'entre
le productivisme et le bio, il y a des pistes qui ne sont pas suffisamment
explorées, comme l'agriculture durable. La question de notre dépendance
chronique au maïs et à son complément le soja pour l'alimentation du bétail
n'est pas encore posée. Y a-t-il d'autres voies moins gourmandes en eau,
en énergie et en intrans ? Sans tabous ni provocations, il faudra bien à un
moment ou à un autre mettre les choses à plat. Les réponses peuvent
agréablement nous surprendre.

- Sur les déchets, on s'est trop intéressé à l'aval (incinérateurs ou tri).
La norme, la réglementation, l'économie de fonctionnalité doivent
s'attaquer au flux et à l'amont.

- Enfin l'éducation, sujet sur lequel il est convenu de remettre la main à
l'ouvrage. Il faut être beaucoup plus ambitieux que les simples classes vertes.
Et surtout que les corps d'État, les grandes administrations soient eux aussi
obligatoirement imprégnés de la dimension du développement durable.

Enfin, si le « Grenelle » a donné lieu, dans les médias, mais aussi dans la
société, à des débats politiques, économiques et technologiques, il y a une
dimension qui a été totalement esquivée : c'est la
dimension éthique et
spirituelle. À nouveau nos intellectuels, tout au moins ceux qui ont pignon
dans les médias (à l'exception de quelques convaincus fidèles), ont méprisé
et ignoré ce rendez-vous critique de notre et de nos sociétés.

Pourtant, c'était l'occasion d'une remise en question de certaines valeurs ou
fausses valeurs, qui nous ont conduits au seuil de l'impasse.

Aucune question sur l'obsolescence ou sur les deux principes qui nous enivrent :
les principes technologique et économique. Le premier « tout ce que l'on rêve
de faire, on peut le faire », le second « tout ce que l'on rêve d'avoir, on peut
l'avoir ». Pas de prospective, ni d'analyse sur la trajectoire de notre civilisation.
Pas de doute exprimé sur notre culture matérialiste, sur « la profusion des
moyens et la dispersion des intentions » évoquées par Einstein. Rien qui
puisse servir à étayer un nouveau modèle social et économique. Rien sur de
nouveaux indicateurs comme, pourquoi pas, le BIB, le bien-être intérieur brut...
Comme si ces sujets étaient pour certains une compromission insupportable,
ou plus simplement comme si le statut d'intellectuel immunisait contre les
désordres annoncés.

Dommage, car l'esprit du « pacte écologique » s'est incarné dans le
« Grenelle » pour mutualiser toutes les intelligences et les expériences.
Seules celles labellisées ou certifiées intellectuelles ont fait défaut.
Leur rôle est essentiel, qu'ils s'emparent enfin du sujet. 

############

Ce "Grenelle" dont on fait une montagne aurait-il accouché d'une souris
pas si verte et qui a peu de chance de courir dans l'herbe ?


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