DÉLITS
D'OPINION
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archive des Lettres Ouvertes n°241 à 250.
Les Lettres Ouvertes les plus récentes sont accessibles par
là.
LO N° 241 (05/10/08)
LO N° 242 (07/10/08)
Comme je le raconte par-ci
par-là, j'ai terminé le tome 9 du Monde d'Arkadi,
et par la même occasion la série. C'est le dernier. La fin. Point.
Depuis, je me suis mis en retraite… ou du moins en vacances jusqu'à la
sortie du tome en question, en novembre, chez Delcourt.
Je fais deux heures de marche chaque matin histoire de profiter du doux
soleil
d'octobre quand il veut bien, je lis des livres toujours aussi
catastrophistes
et je surfe sur Internet — ou plutôt je me répands sur la toile :
- Actualisations répétées de La Case à Caza.
www.kronozone.net
- Page MySpace, avec des images, des slide-shows (diaporamas),
une vidéo ("Diamants") et, dans les "commentaires", plein de gens
"amis MySpace" (ou amis tout court) qui déposent des petits mots,
des images, des liens, des films. Surtout des images bizarres !
Sur l'espace "blog", j'ai mis quelques unes des Lettres Ouvertes de
l'été (Siné), mais j'ai l'impression que ce n'est pas l'endroit idéal
pour
des trucs aussi "lourds"…
http://www.myspace.com/philippecaza
- Page FaceBook, aussi… y a pas de raison. Plein d'auteurs de BD
et autres "professionnels de la profession". L'ambiance est un peu
différente… Là, question blog… euh… il y a bien en principe un espace
"articles", mais apparemment personne ne sait comment on s'en sert…
http://www.facebook.com/profile.php?id=697923773
Tout ça, c'est différent du site et des correspondances personnelles,
plus rapide, plus superficiel… des échanges de bons procédés… du troc…
je t'invite chez moi, tu m'invites chez toi… du réseau… professionnel
ou semi-pro…
MAIS PAR AILLEURS…
Ayant envie d'élargir le cercle de mes lecteurs des Lettres Ouvertes,
je me
suis décidé à ouvrir un "vrai" blog, chez les bloggeurs de la
blogosphère.
ALORS…
1. Je continuerai bien sûr à envoyer mes LO sur mes listes d'abonnés et
de spammés personnels.
(Pour s'inscrire, on peut toujours cliquer sur le lien suivant :
ou envoyer un email à :
en
plaçant simplement en objet ou sujet du message (pas dans le corps)
le mot "subscribe" (sans les guillemets).
2. Thierry mon webmaître continuera à les installer sur La Case à Caza
à la rubrique "Délits d'opinion" (avec même un système de liens qui
permettra au retardataire de se taper d'affilée les 240 et quelques LO
déjà publiées depuis… mars 2005)
3. Je placerai ces mêmes LO, au fur et à mesure, sur mon "vrai blog" :
http://philippe-caza.blogspot.com/
Ceux de mes lecteurs actuels qui préfèrent aller là peuvent se
désabonner
de la LO par liste. Les autres peuvent faire comme ils veulent. Et on
peut
répandre la nouvelle, aussi.
Donc tout est : à suivre.
-----
J'oubliais : j'ai aussi une page
http://www.dailymotion.com/PhilippeCAZA
… mais il n'y a encore rien dessus.
http://www.linkedin.com/pub/7/458/175
… ça, apparemment et pour l'instant, c'est juste une fiche pour les
américains.
http://wizzz.telerama.fr/caza
… mais il n'y a encore rien dessus non plus.
LO N° 243 (10/10/08)
Caza méditant son prochain blog…

("Diogènes".
Tableau de John Waterhouse)
La fin du monde n'étant
pas encore parvenue à ses fins,
on va essayer de continuer à faire des trucs,
dans la joie et la bonne humeur.
LO N° 244 (19 oct 2008)
SURINFORMATION
Les médias médisent et ne méditent pas, branchés qu'ils sont sur
l'immédiat.
Mais l'immédiat, comme l'immobilier, s'effondre sous sa propre
abondance,
sous sa propre masse, pour finir en trou noir, sans doute.
VASES COMMUNICANTS
Les zinfos : Baisse
sérieuse du nombre des morts et des blessés sur les
routes cet été.
— Au prix qu'est le carburant à la pompe, ça se comprend.
— Justement, on a pas eu pour notre argent, merde !
— Et tous ces survivants, ça fait des chômeurs, la preuve :
Les zinfos :
Augmentation sérieuse du nombre de chômeurs cet été.
— C'est les heures sup : + 34 % depuis un an, résultat : + 40.000
chômeurs !
— C'est de la croissance négative.
— J'adore ! Presque autant que la discrimination positive.
— Ou la laïcité pareille.
— Ou le séropositivisme.
MATCH AMICAL
Les zinfos :
Polémique France-Tunisie.
— Annuler les matches de foot quand on siffle la Marseillaise ?
— Et évacuer le stade ? Va falloir l'armée !
— Ça va faire des morts.
— Pourtant, faire chanter la Marseillaise par une chanteuse française
d'origine
tunisienne, c'était une bonne idée, non ?
— Ouais, à condition de trouver un chanteur tunisien d'origine
française pour
chanter l'hymne tunisien…
— Et en même temps, avec un DJ qui mixe les deux ! Ça, ça aurait de la
gueule !
— D'un autre côté, on n'est plus au temps où les matches de foot ou
autres
affrontements sportifs étaient là comme substituts aux guerres. Le
nationalisme guerrier stylisé en sport, c'est fini ! Et les paroles de
la
Marseillaise sont une véritable provocation, à ce niveau ! Le sport,
c'est
juste du loisir, du spectacle, de la variétoche… Ils mettraient un
groupe
de rock qui chanterait "Mon cul sur la commode" ça serait plus adapté.
— J'ai une meilleure solution : annuler TOUS les matches de foot.
PARACHUTES
— Avec ça, t'as vu je sais plus où près d'Orléans, un parachutiste qui
s'écrase
sur un stade en plein match France-Ukraine. Deux morts. Ils ont pas
sifflé la
Marseillaise, là, pourtant !
— Et même pas doré, le parachute !
— Ça, on sait pas, "l'enquête le déterminera", comme ils disent.
— Mais qu'ils arrêtent donc de jeter des parachutistes sur les stades !
Qu'ils les envoient en Afghanistan, comme d'hab !
— Ou sur les banques. "L'armée investit les banques", ça ferait un beau
titre !
— C'est ça qu'on appelle la titrisation ?
— Chez nous, c'est pas les traders qui se jettent par les fenêtres,
c'est les
sans-papiers poursuivis par la brigade des expulseurs, ce qui arrange
tout le
monde, en fait, parce que les charters pour Bamako, au prix qu'est le
kérosène…
Les zinfos : D'après une
nouvelle directive européenne, les étrangers en
situation irrégulière pourront être maintenus en détention 18 mois avant
d'être expulsés.
— C'est crétin, si c'est pour finir par les expulser, autant les
expulser
tout de suite !
LA VIE DE MES BOURSES
— Être en baisse le matin à l'ouverture, c'est pas grave du moment que
tu
es en hausse le soir à la fermeture (D'après Brève de comptoir)
— Moi ce que j'aime le dimanche matin, c'est lire Siné-Hebdo en écoutant
la messe à la télé.
— Il paraît que Font rejoint Siné-Hebdo. Il a viré gérontophile !
POÉSIE
“Fusiller les riches de
but en blanc serait de la folie : il faut d’abord les
mettre en prison et les affamer jusqu’à ce qu’ils aient fait revenir de
l’étranger l’argent qu’ils y ont caché. C’est seulement quand ils
n’auront
plus rien que nous les fusillerons.“ (Paul Lafargue,
gendre de Karl Marx,
cité en couverture de Siné Hebdo N°4.)
NOBEL ><
LEBON
NEW YORK (AFP) - Une étude française sur les "sauts comparés des puces
de chat et des puces de chien" a remporté l'anti-Nobel de biologie,
tandis
que la Suisse était récompensée pour une loi sur la "dignité des
plantes",
lors de la distribution de ces prix insolites à l'Université Harvard.
Comme les dix-sept éditions précédentes, la remise jeudi soir des prix
"Ig Nobel" — Ignobles Nobel, leur appellation officielle — était
destinée à
faire "d'abord rire, puis réfléchir", selon l'organisateur Marc
Abrahams, éditeur
de la revue scientifique humoristique "Annales de la recherche
improbable".
Récompensant des recherches sur "la capacité d'une amibe à sortir d'un
labyrinthe" ou sur "les ravages causés par les tatous sur les sites
archéologiques sud-américains", une dizaine de prix ont été remis au
cours
de la soirée délirante qui se tenait au théâtre Sanders de l'Université
devant 1.200 spectateurs, en présence de véritables prix Nobel comme
William Lipscomb (Chimie 1976), et d'anciens lauréats des anti-Nobel.
Un des vainqueurs de l'an dernier, Dan Meyer, co-auteur d'un rapport
médical
sur "les effets collatéraux de l'ingestion de sabre", a ouvert la
soirée en
avalant une épée, prestement retirée de son gosier par un médecin, le
docteur Thomas Michel, doyen de l'Ecole de médecine de Harvard. La
cérémonie retransmise en direct sur l'Internet comprenait notamment la
première d'un mini-opéra intitulé "Redondance, encore", accompagné par
un choeur de lauréats tandis que des cocottes en papier volaient au
dessus
de la salle. Chaque lauréat a eu un temps de parole de 60 secondes, et
était
implacablement interrompu à la 61ème par une fillette de 8 ans.
Un concours permettait de gagner un rendez-vous galant avec un vrai
Prix Nobel, en l'occurrence M. Lipscomb, âgé de 89 ans.
Le prix de chimie a été décerné ex-aequo à deux groupes de chercheurs :
Sharee Umpierre de l'Université de Porto Rico et Joseph Hill de Harvard
pour
avoir découvert que le Coca-Cola était un
"spermicide efficace", et Chuang-Ye
Hong de la Faculté de médecine de Taipei et d'autres chercheurs de
Taïwan
pour avoir démontré exactement le contraire. L'anti-Nobel de la paix a
été
décerné au "Comité suisse d'éthique en biotechnologie non-humaine", pour
avoir adopté le "principe légal de la dignité des plantes". Certains
prix
pourraient servir à l'industrie alimentaire, comme celui de la Nutrition
remporté par un duo anglo-italien pour une recherche sur "la
modification
électronique du bruit de la pomme de terre +chip+ de façon à faire
croire
qu'elle est plus croustillante et fraîche que ce qu'elle est en
réalité".
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LES SPAM DU JOUR MIS BOUT
À BOUT
(Vous avez dit "dadaïsme" ¿)
Le Croupier Certains
Commencer a un Coup de Main La Initiale
Si le croupier prend note de la banque
vous a chute devant vous sur la mise en page comme un pari perdu,
mais pas sur l'un des autres paris,
alors vous avez une legitime la viande bovine.
Une carte qui ne semble pas aider un joueur de la main de poker.
Facile, meme pour les laics au jeu !
Ils ont Attache que les Normes les Plus Vraiment Precise de Gravures de
Pair
Ce message et une seule pension de fraude qui ont ete d'exploitation
pour certains escrocs
pretendant que c'est un message board pour les regarder.
Beaucoup de felicitations au fil des ans, aucune plainte jusqu'a
present sans solution.
Par Rapport a Porter une Rolex Marques Banda
Et une grande garantie, non seulement une selection
Hugh clients nous ont dit qu'ils ont recu l'italienne fait replique.
Toutes les montres ont des numeros de serie entre la ligne et le
cristal.
Tres bien connus nom et site professionnel.
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DANS LA SÉRIE "LES BEAUX
PROJETS QUI ONT UN SIÈCLE DE RETARD"…
Doublement de l'autoroute
A9 au niveau de Montpellier
Il est peut-être encore temps de s'opposer à cette connerie qui présente
encore bien d'autres aspects, dont la destruction de tout un beau
vignoble,
l'augmentation des risques d'inondation, etc. Bref, un projet d'un
autre siècle.
Plus d'infos ici :
http://www.non-autoroute.com/
Vidéo contre, ici :
http://www.dailymotion.com/video/x1xj6b_doublement-a9-explications_politics
Pétition ici :
http://www.non-autoroute.com/index.php?pagendx=35
LO N° 245 (22/10/08)
Une photo piquée sur le site de Télérama.
C'est un concours : chaque jour une photo différente, les internautes
visiteurs doivent proposer des légendes.
Ma préférée :

"Buren, finis ta clope et rejoins la colonne".
LO N° 246 (24/10/08)
WAAAH, LA CRIIISE !
COMMERCE HUMAIN
« L'argent est plus
utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des
raisons financières. »
(Woody Allen)
L'argent, c'est le médium du commerce, le sang dans les veines
ou
l'influx nerveux, l'argent EST le commerce. Autrement dit un
pur
symbole, le nom d'un flux, d'un échange, et non une chose
matérielle. L'argent n'est pas une marchandise.
L'homme médiatique (trader, hacker, nomade à ordi portable, à
téléphone portable, branché Internet, MySpace, jeux vidéos…)
l'homme moderne, quoi, se retrouve dans le même rôle que
l'argent.
Il n'est plus rien en soi. Il n'existe plus que comme maillon
d'un
réseau, lieu d'échange. Chacun est collectif, n'est plus que
symbolique d'une relation, d'un "commerce humain" : le terme
désignait les relations interpersonnelles avant de dénoncer le
fait
qu'on puisse vendre ou acheter des êtres humains, sur pied ou
par
morceaux.
Cela dit, loin d'être une chose, matérielle, ni or, ni argent-métal,
pas même billets ou chèques ou CB… l'argent n'est effectivement
que du symbole, du virtuel : que des chiffres dans des ordinateurs.
L'argent n'existe pas, ce n'est que du crédit, que de la dette.
L'ARGENT N'EXISTE PAS,
DONC.
C'est du moins la thèse expliquée en long et en large et en
animation (craignos, l'anim', mais tant pis) dans un film
très
pédagogique qu'on peut voir un peu partout sur le net.
"L'argent dette" de Paul Grignon :
http://www.nous-les-dieux.org/L%27Argent_Dette
L'image est bonne et en plus il y a tout le texte du film par écrit.
(Par
ailleurs site new age plein d'ovnis et de complots du 11 septembre !)
Aussi là :
http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=20964
http://vimeo.com/1711304?pg=embed&sec=1711304
http://leweb2zero.tv/video/bankster_8648d65af997f88
Autre document pédagogique pas mal foutu :
"La crise expliquée en image"
http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47-0@2-1101386,54-1109590,0.html
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LA FINANCE COMME ARME DE
DESTRUCTION MASSIVE
Vous voyez à quoi ça mène, l'optimisme !
Le krach financier est le résultat évident de la positive
attitude.
Tout le libéralisme économique, d'ailleurs, est fondé sur la positive
attitude (béate). Fonçons, fonçons, faisons du fric, la main invisible
du
marché régulera tout ça pour le plus grand bien de tous. Et on croit le
monde moderne hyper-rationnel ! Croyance, foi, pensée magique…
Comme "le progrès"… Comme la croyance aux miracles. "Tuez-les tous,
dieu reconnaîtra les siens !"
Les bâtiments des Bourses n'ont-ils pas tous repris
l'architecture
classique du temple ?
…
« Bienvenue dans le monde réel. » (Matrix)
…
« Est-ce encore un rêve ?
— Un rêve que nous
faisions tous… »
(Gérard Philippe à
Avignon, dans Le Prince de Hambourg en 1954)
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KHEPERER
Le boursier n'est pas loin du bousier, le coléoptère que l'Egypte
antique
révérait sous le nom de kheperer : il pousse devant lui une boule de
fumier et il y pond ses œufs… (Mais l'or et la merde sont en
correspondance symbolique étroite…)
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UN DOUTE ME RONGE
(Ah bon ? Un seul ?!)
— Si l'argent n'existe pas, si l'argent n'est que de la dette,
s'il est
virtuellement créé par la banque en réponse aux demandes de crédit,
et si, d'autre part, "les caisses de l'Etat sont vides", d'où l'Etat
sort-il des milliards à réinjecter dans le circuit bancaire ?
— Ben, il l'emprunte.
— Mais à qui ?
— Ben, aux banques.
Quant aux peuples affamés du Sud, si l'argent n'existe pas, si l'argent
n'est que de la dette, s'il est virtuellement créé par la banque en
réponse aux demandes de crédit, ils n'ont qu'à solliciter un emprunt
auprès de la Banque Mondiale et celle-ci créera pour l'occasion l'argent
nécessaire, non ? Ah, c'est déjà ce qui se passe ? C'est ce qu'on
appelle la dette du tiers-monde ? Mais si la dette, c'est de l'argent,
ils sont riches, alors !
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BLOURSE
"Achetez des
thermomètres, ça va remonter !" (Foré)
— L'affaire Kerviel kirevient : un tradeur peut en cacher un autre.
— Et les banques du sperme, elles ont des actionnaires ? Elles versent
des intérêts à leurs épargnants ?
— Leurs "produits", ils sont côtés en bourse ?
— Y a-t-il une crise des subprimes ?
— Un trader peut-il perdre 5 milliards de fioles ?
— Et le baril de coke, il est à combien ? Ça monte aussi, y paraît.
-----
K-DO
en PDF le guide des banques des Amis de la
Terre. Ça peut être utile…
Et une image trouvée là :
http://www.yurtao.canalblog.com/

La cariatide antipodiste et le trader. Lequel est le plus à l'envers ?
LO N° 247 (26/10/08)
BLEU
CIEL
Certains ont déjà vu (et apprécié - merci) ce texte sur ma page
fesse-bouc, mais y a pas de raison que les autres n'y ait pas droit…
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LETTRE OUVERTE À MONSIEUR ET MADAME EDF BLEU CIEL
Chère Madame EDF
Cher Monsieur Bleu Ciel
Vous m'écrivez que j'ai "mieux à faire que de penser à régler mes
factures d'électricité". Vous me proposez de "me simplifier la vie"
grâce
au prélèvement automatique qui permet de "régler ses factures sans
avoir à y penser".
Seulement voilà : je veux
avoir à y penser. J'y tiens beaucoup, même.
C'est un choix philosophique, une question de conscience, un refus de
se laisser infantiliser. Sur le plan pratique, étant un adulte
responsable,
je suis parfaitement capable de prendre trois minutes tous les deux mois
pour signer un TIP. Comme vous le savez, je pratique déjà le relevé
volontaire de mon compteur à la satisfaction générale et en moins de
cinq minutes tous les deux mois.
Vous pouvez donc éviter de m'envoyer périodiquement des propositions
de prélèvement automatique. J'ai mieux à faire que de les lire et y
répondre et ça économisera du papier. Profitez-en d'ailleurs pour dire
à vos confrères de France Télécom que ce n'est pas la peine d'envoyer
des propositions de forfait à 35 euros par mois à quelqu'un qui a une
facture de 50 euros tous les deux mois. Et à mon banquier que ce n'est
pas la peine d'envoyer des propositions de pack boursier pleins de
capital,
de sécurité et d'actions, des prêts sur 35 ans ou des financements
consommation à un décroissant de plus de 60 ans… Tant que vous y êtes
faites passer le message aux spammeurs qui s'adressent à moi avec des
"hi" ou des "dear custommer", voire des "dear caza", alors que je ne les
ai jamais vus et ne leur ai jamais rien acheté, pour me vendre des Rolex
chinoises, des blue pills canadiennes, des penis enlargements en cinq
sets,
des microsoftware, des cherware parfaitement légaux ou des tupperware…
ou l'opportunité de récupérer une créance perdue quelque part (en
A-fric,
le plus souvent, mais pas là).
Exemple ci-après, mais c'est bien pour vous faire plaisir :
Je suis Cynthia Jean
Juarez un citoyen des Etats-Unis d'Amérique mais je
suis basé ai basé à Londres.
Je suis un négociant
d'or, je passe toute ma vie sur l'investissement et
des busines de corporation, malheureusement j'ai perdu mon mari et mes
deux beaux gosses surl'accident en travers d'avion d'air de 24 novembre
2001 de l'avion de 97-seat Jumbolino Avero RJ-100 en route de Berlin,
Allemagne vers Zurich, avion de Switzerland.The s'est brisé dans les
pauvres survivent à à des conditions en tant que lui a approché
l'aéroport
de Zurich. Le 4 septembre, 2006.
I est monté pour un
contrôle médical, et mon docteur personnel a confirmé
à moi que j'ai un cancer de poumon, qui le bidon enlèvent facilement ma
vie soon.I l'a trouvé incommode pour survivre moi-même, j'a rapidement
appelé un pasteur pour me donner la pensée positive sur ces solution et
lui m'a conseillé que pour donner tous je dois le moins-privilégié dans
la
société puisque je n'ai aucun! enfant cela héritera de lui.
Ainsi j'ai décidé de
donner les fonds que j'ai déposés avec une société de
valeurs mobilières USS3.5 million (trois millions, cinq cents Les
Etats-Unis
Dollars)to une organisation non gouvernementale, ou non religieuse, ou
non de bénéfice ou améliorent toujours un individu cela utilisera cet
argent
la manière que j'ai pour instruire ici in.I veux l'organisation, ou un
individu,
qui emploiera ce cadeau ce qui vient de ma sueur pour placer
l'entretien des
veuves, veufs, orphelins, indigents, les enfants piétinés et
physiquement
défiés. Etc.
Vous me direz que c'est pas votre problème et que vous avez mieux à
faire que de répondre à mes demandes à la con et j'en conviens. Mais
convenez de votre côté que bon, y en a marre, ça suffit comme ça et
va falloir faire quelque chose parce que bon, hein, y en a marre !

LO N° 248 (31/10/2008)
ARKADI 9 TOUT NEUF !
ANNONCE PERSONNELLE / PROFESSIONNELLE :
— Depuis quelques minutes, j'ai entre les mains mes exemplaires d'auteur
du MONDE D'ARKADI, tome 9 "Le Jour de l'Arche".
Quelle émotion ! D'autant plus que ce tome clôt la série que je poursuis
depuis 20 ans !
Fabrication impeccable : quel plaisir de retrouver sur le papier
exactement
(à 99%) ce que j'ai gratté sur mon écran pendant plus d'un an. Argh. (Je
ne suis pas blasé !)
Le bouquin devrait être dans les bacs d'ici une semaine.
— Comme un bonheur ne vient jamais seul, j'ai aussi signé il y a
quelques
jours le bon à tirer de Les Mois sont de papier / 03, bourré de dessins
et
de sentences tournant autour de l'actualité, la poilitique, etc. Les
lecteurs
électeurs ici présents de mes LO s'y retrouveront !
Ça aussi ça devrait se trouver en librairie d'ici 8 à 15 jours, ou
directement
chez Le Pythagore.
— En ces temps de crise morose ou aigue, deux médecines recommandées :
 |
 |
| LE MONDE D'ARKADI / 9 |
LES MOIS SONT DE PAPIER / 03 |
(Le chocolat, aussi…)
-----
BRÈVE DE COMPTOIR
— Les médicaments,
pourquoi ça a toujours un goût dégueu ?
— Pour que ça marche :
pour que ça soit bon, faut que ça soit mauvais.
— C'est comme une
punition, quoi. La maladie, c'est mal. Tu es puni
parce que tu es malade ? C'est sado-maso, quoi. En plus, c'est cher.
— Pareil : il faut que
ça soit cher, pour que ça marche. Si c'est pas dégueu,
si c'est pas cher, tu y crois pas. Les médocs, c'est de la croyance.
— Mais de toute façon,
maintenant, avec la sécu, la mutuelle, la carte
vitale, ça coûte plus rien.
— Que tu crois. Tu payes plus
rien, c'est tout.
— Exactement. Mais du
coup, comme tu crois que tu payes plus rien,
tu y crois plus et ça marche plus.
— Que tu crois.
— Exactement : tu crois
que ça marche pas, alors tu en achètes trois fois
plus. Plus ça va, plus il t'en faut des quantités, pour que ça te fasse
de
l'effet. C'est comme une drogue.
— Ou comme le chocolat,
à part que ça a toujours un goût dégueu.
LA CARTE VITALE
est-elle responsable du déficit abyssal de la sécu ?
Et bien, c'est un peu comme les prélèvements automatique de Monsieur
et Madame Bleu Ciel et Déheffe, de Madame France Télécom, etc, comme
les CB et les achats sur le net : tous ces paiements invisibles,
irréels,
dématérialisés, virtuels, qui nous infantilisent, nous
déresponsabilisent…
Qu'on nous rende les ducats, les sequins et les louis d'or, et des
grosses
bourses lourdes en cuir lacé, qu'on se rende compte, physiquement,
de ce qu'on fait quand on paye !
… Ce qui a tout à voir avec la suite…
---------------------------------
CAR…
… Je me suis fait un peu engueuler, de ci de là, pour n'avoir pas pondu
quelque chose d'un peu capiteux sur "la crise". Et il est vrai que je ne
m'étais pas vraiment motivé… jusqu'à ce que je trouve un angle d'attaque
à peu près personnel et que je me lance. Mais du coup j'en suis à une
douzaine de pages d'un pensum que je ne vais pas vous infliger comme ça
en bloc. Attendez-vous donc à un feuilleton "à suivre" sur les
prochaines LO.
LO N° 249 (02/11/2008)
CRISE
EN THÈME
L'ARGENT DETTE / 2ème
Le film canadien de Grignon que je vous conseillais il y a quelques
jours fait
polémique, semble-t-il. On peut aller voir sur @SI
(arrêt sur image) ou sur
Rue
89. Apparemment, beaucoup de gens l'ont transmis, beaucoup de
journalistes bloggeurs l'ont installé chez eux, et les réactions se
compteraient
par milliers. Beaucoup seraient du style : "Ah bon ? C'est vrai ?
L'argent
n'existe pas ?! On nous aurait menti ?!"
("On" ne nous cache rien, en fait : les banquiers appliquent ce qui est
écrit
noir sur blanc dans les manuels d'économie première année… alors le
désir
soudain de "faire la lumière", l'exigence de "transparence"… = foutaise
démago du Shark et de son ministère de la dépense : il ressortent ça à
tous les coups, ça fait toujours bien.)
D'autres critiquent certains points historiques ou le côté "théorie du
complot"
qui clôt le film. Et cépafo. Il s'agit bien d'un film "à thèse",
pédagogique,
certes, ou "de vulgarisation" puisqu'on n'a pas tous fait de études
d'économie
et qu'à l'école on ne nous a jamais enseigné l'histoire de l'argent, du
troc
aux subprimes. Il s'agit donc d'une fable, d'un apologue qui fait la
promotion
de l'idée de croissance zéro, voire de décroissance. Film, donc, en ce
sens,
"de propagande" usant parfois de moyens discutables : explications
partielles
ou partiales, incomplètes, appuyées sur nos préjugés les plus courants
("l'intérêt, c'est du vol… les banquiers, c'est des parasites"…) —
manipulation,
donc, au même titre qu'un Michael Moore ou un Cauchemar de Darwin.
Je tire un bon nombre de ces décryptages du site de @SI, comme dit plus
haut.
J'ajoute que leur décryptage fait aussi un sort à l'accusation
d'antisémitisme
lancée par Rue89. En effet, tout à coup, comme par hasard, quand il est
question d'argent, de banque, de conspiration internationale, quand le
nom
de Rothschild est prononcé (comment faire autrement ?!), apparaît le
fantasme
antisémite, la remontée, comme un rot aigre, d'une vieille habitude de
pensée.
(Si ça vous rappelle l'affaire val-siné, vous n'avez pas tort.)
Ce qui est rigolo, c'est que, passé un moment, ce n'est plus "la crise"
qui est
en jeu, qui est l'objet des discussions, c'est le film de Grignon. Un
peu comme,
lors du référendum anticonstitutionnel européen, il est venu un moment
où ce
n'était plus le traité qui était en cause mais les textes d'Etienne
Chouard sur
le sujet…
Je vais donc parler de complot, de complicité, de complaisance et de
complexité.
COMPLOT
La théorie du complot, c'est pratique. Ça nous offre une solution de
facilité par
simplification de la réalité : il y a un complot = il y a un ou des
coupables.
Qu'ils soient réels ou supposés-soupçonnés (boucs émissaires), des
méchants,
des coupables, c'est toujours pratique : on les trouve, on les prend,
on les pend.
Le méchant d'un James Bond est vite repéré et finalement éliminé — et le
monde est sauvé. C'est Hollywood, d'accord, mais pas seulement. Chacun
de
nous fonctionne peu ou prou comme ça, à commencer par le Shark qui,
d'emblée,
cherche les coupables et promet des sanctions.
En l'occurrence, les coupables, ce serait "les banquiers". Et il est
vrai que la
situation actuelle ("la crise") rend plausible (seulement plausible)
l'idée d'un
complot. Parce qu'à force, l'incroyable complexité des marchés en
devient
suspecte : je me dis qu'il doit y avoir quelque part des gens qui
complexifient
les choses volontairement,
pour brouiller les pistes, pour que personne n'y
comprenne plus rien… Peut-être, mais si c'est le cas… effet boomerang :
eux
non plus n'y comprennent plus rien. "Eux", pas plus que "nous", ne
peuvent
appréhender toutes les données. (Bien fait pour eux !)
À plus petite échelle, ponctuellement, il y a vraiment des complots,
sans doute,
oui, comme les ententes secrètes et illégales entre distributeurs
censément
concurrents sur les prix de vente des yaourts et autres. Mais ne pas
s'obnubiler
là-dessus, ce n'est pas le plus grave, juste l'arbre qui cache la
forêt, pour
employer le cliché d'usage, malgré les interventions répétées de la
police
anti-cliché (dont je fais partie, au sein du comité secret "Pour en
finir avec :
ne pas jeter la cerise avec l'eau du gâteau".)
Plus loin, il y a sans doute une complicité globale (claire ou floue)
entre
possédants pour posséder plus… une solidarité de classe.
A priori, tout le monde veut "posséder", oui. Mais pour la plupart, il
s'agit
juste de combler les besoins primaires, posséder de quoi vivre
dignement,
ou vivre tout court : habitation, vêtements, nourriture. Pour d'autres,
la
question de satisfaire les besoins primaires ne s'est jamais posée
(fils de
riches). D'autres encore, par leur travail ou autres moyens, ont
dépassé le
stade (seuil) de la satisfaction des besoins primaires, et sont entrés
dans
la classe des possédants ("nouveaux riches"). Que se passe-t-il alors ?
Changement de monde, de mode de vie, de groupe humain, de classe
sociale…
et, souvent, de mode de pensée : entrée dans une psychologie du
"toujours
plus". Non seulement on ne veut pas perdre ce que l'on a (hérité ou
acquis),
mais on veut plus, toujours plus.
De plus, libéré du besoin, on peut entrer dans le domaine de la
jouissance
et du jeu.
JEU
Puisqu'il est question de spéculation, de Bourse, il faut bien en venir
à la
notion de jeu. Quand les besoins primaires sont comblés, quand ils ne
posent plus problème, ils deviennent en quelque sorte invisibles, on
peut
les oublier ; un peu comme dans l'apprentissage de la conduite
automobile :
à un certain stade, on n'a plus à penser à chaque geste, ils sont
oubliés,
intégrés, passés en automatique, devenus réflexes. Mais alors on peut
avoir envie de "passer à la vitesse supérieure", piloter en rallye ou
en F1.
C'est-à-dire JOUER.
Ce qui nous mène, pour en revenir au domaine de l'argent, au casino…
ou à la Bourse, "casino géant".
BOURSICOTI BOURSICOTON
Au premier pas, l'investissement, il y a juste prêter (à intérêt)
l'argent qu'on
a "en trop"… Faire fructifier. Ce n'est pas encore le grand jeu, le
risque est
minimum. C'est sérieux, rapiat, onc'Picsou, pas très marrant…
Ensuite, par contre, la Bourse… spéculer, jouer, jongler avec les
achats et
les ventes, c'est jouissif. Il y a jeu, il y a jouissance…
Et ça change pas mal
de choses. Alors, si certain a la prudence de ne jamais toucher à son
capital
primaire (habitation, vêtements, nourriture), un autre, "pris par le
jeu",
va perdre les pédales et en venir à risquer son capital primaire
lui-même.
Ceci dépendant du caractère de chacun, de son degré d'infantilisme.
Mais il y a aussi un aspect collectif, un phénomène de masse : le jeu en
Bourse fait oublier,
semble-t-il, que les chiffres qu'on manipule là, qu'on
échange, tout ce virtuel… sont, en principe, à la base, de l'argent…
c'est-à-dire du travail, des matériaux, des matières premières, des
mines,
du travail, des usines, des champs, du travail… On peut oublier que le
coton coté sur l'écran habille des gens avant d'être un objet de
spéculation.
On peut oublier qu'une usine de pneus produit des objets nécessaires à
tout
un chacun, et par ailleurs emploie des ouvriers, des cadres, des
dactylos,
DES GENS.
On oublie que derrière ces chiffres (abstraits) il y a de l'argent
(symbolique)
et des choses réelles) et des gens (plus que réels : existant,
produisant et
consommant, vivant). Autrement dit encore, ayant oublié ses propres
besoins
primaires (habitation, vêtements, nourriture), on oublie qu'on manipule,
au delà des jolis chiffres et graphiques, les besoins
primaires de tout le monde.
Manipule et perturbe voire annihile.
Logiquement, on ferait des révolutions et on couperait des têtes pour
moins que ça.
PENDONS-LES ! (Par leurs couilles en or, dirait Siné.)
Mais ces méchants, ces comploteurs, donc, apparaissent essentiellement
inconscients. Ils sont très cons, en fait. (L'un des intervenants sur
@SI
souligne leur incroyable bêtise !) Mon père pardonnez-leur, ils ne
savent
pas ce qu'ils font. (Ouais…? Surtout certains.)
Ajoutons que quand le bouc émissaire désigné n'est pas un individu ou
un petit groupe mais toute une classe humaine, son élimination est plus
problématique. (L'exemple des Juifs sous Hitler est évident.) Si un
patron
ou un banquier est aisément repérable et donc éliminable, par contre,
quand il s'agit des actionnaires…
LES PATRONS
Aujourd'hui "les patrons", victimes expiatoires traditionnelles, chapeau
haut-de-forme et cigare, ne sont plus patrons de rien du tout, ce sont
juste les employés de cette entité nébuleuse : les actionnaires (voir
ce mot).
Actionnaires eux-mêmes, leur plus grande ambition est d'en finir une
fois
pour toute avec leur rôle de patron (c'est chiant, il faut mener des
vrais gens
et des vraies machines et des vrais matériaux, pas seulement des indices
ludions sur des écrans plats), donc de se faire virer pour incompétence
avec
un superbe cadeau bonux. (Non, je n'emploierai pas le terme "parachute
doré"
— y en a marre.)
LES ACTIONNAIRES
"Les actionnaires" est une nouvelle entité politico-économico-sociale en
passe de remplacer "les patrons" — ceux qu'il fallait pendre. Les
actionnaires
sont impendables, c'est con.
(Corollaire : RÉACTIONNAIRE. Être réactionnaire, c'est juste réagir
contre
"les actionnaires".)
"Les actionnaires", donc, il y en a combien ? Des centaines ? des
milliers ??
des millions ??? OUI, des millions ! Et pas, ou pas seulement, des
étrangers
parasites internationaux (pour ne pas dire "apatrides", selon la bonne
vieille
France vichyssoise), pas des aliens venus d'ailleurs, pas des "autres".
NON :
NOUS.
Nous au sens le plus large, ici en France, en Europe, en Amérique, en
Chine,
au Brésil, à la Martinique ou en Islande, à Walis et Futuna, à
St-Pierre et
Miquelon… Nous, parce que, même sans être actionnaires au sens strict,
nous avons tous notre argent en banque (plus exactement "les chiffres
qui
signifient notre argent", puisque "l'argent n'existe pas", paraît-il.)
Vous n'avez pas de portefeuille d'actions ? Moi non plus : j'ai résisté
aux
sollicitations de ma conseillère bancaire, charmante au demeurant, j'ai
mis
mon téléphone sur répondeur, bref : non. Je ne suis définitivement pas
un
homme d'actions. Mais j'ai un compte courant, un carnédchèk, une CB, et
puis un ou deux machins genre PEL, compte sur livret : de la petite
épargne,
des économies qui me rapportent (un peu). Ce serait un Livret A ou un
compte écureuil, ce serait pareil : pour que cet argent fasse des
petits,
il faut bien qu'il "travaille", qu'il soit "placé", c'est-à-dire prêté
par ma
banque à d'autres gens, particuliers ou entreprises, contre intérêts —
une
sorte de location de l'argent, donc — intérêts (loyer) dont ma banque me
reverse une partie. Je suis donc moi-même un prêteur à intérêt, ce qu'on
appelait autrefois un usurier, alors même que je ne spécule pas, que je
ne joue pas en Bourse, que je ne suis pas actionnaire pour un
sou. ("On"
nous dit que les banques ne spéculent pas sur les dépôts de leurs
clients
mais seulement sur leurs fonds propres, mais je n'en crois rien… D'où
sortiraient-ils, ces fonds propres ? C'est quoi, des fonds propres, pour
une entreprise qui ne produit RIEN ?)
(à suivre)
LO N° 250 (05/11/2008)

COMPLICES
Autrement dit, il ne suffit pas d'accuser "les actionnaires" (des
millions
d'actionnaires, dits "petits porteurs"), il faut admettre que c'est
tout le
monde qui est dans le coup, moi aussi… tout le monde qui est coupable
— ou complice, c'est-à-dire faisant partie de ce fameux complot — ou
au moins complaisant.
PETITS PORTEURS
— C'est quoi, des petits
porteurs ? Des pygmées dans la jungle qui suivent
Indiana Jones avec des colis sur la tête ? Ils peuvent pas porter grand
chose, en fait. Ou alors il en faut beaucoup.
— Ouais, justement, y en
a beaucoup. C'est ça le truc !
— Les actions, c'est
comme les cacahouettes. T'en prends une, tu peux
plus t'arrêter.
— Moi, c'est le pastis.
J'en prends un…
— Y mettent un truc
dedans, que quand on en a fini un, on a envie d'un
autre instantanément. Le coca, pareil. La clope, pareil.
— Les femmes, pareil.
— Oh, parle pour toi.
Moi c'est la suze que je suis accro..
— Moi, c'est
l'andouillette.
— Ah, l'andouillette,
c'est un cheval de Troie.
— …?
— Ouais, ça a l'air de
rien comme ça, dans l'assiette : on dirait une bite…
— Une bite, ça a pas
l'air de rien…
— … Tu la manges et une
fois à l'intérieur, ça grouille dans ton estomac,
on dirait des tradeurs qui veulent te vendre des actions EADS… Et voilà.
T'es devenu un petit porteur sans le savoir. C'est du parasite fiscal.
MASSE
Nous sommes tous des conspirateurs, à différents niveaux, plus ou moins
avoués, plus ou moins masqués, soit conscients-cyniques, soit naïfs,
soit
quelque chose entre les deux : une sorte de résignation ou de flemme
(« Je sais bien qu'il y a quelque chose qui va pas, là-d'dans, mais
comment
faire autrement ? ») Complicité passive massive, du même ordre que celle
de l'ouvrier qui tourne des missiles chez EADS en se refusant à penser à
"à quoi ça sert". « Je sais ou je sens… mais je ne veux pas savoir… à
quoi
bon ? Ça me dépasse… Comment ne pas prendre ma bagnole pour aller
acheter mon pain ? Comment ne pas brancher l'EDF nuke pour pouvoir
allumer mon ordi…? Comment ne pas mettre mon argent à la banque ?
(Techniquement, déjà, quand tes clients sont à 600 km, ils vont pas
t'apporter une valise de billets…) Comment ne pas participer au grand
jeu
du crédit, dans un sens ou dans un autre, en prêteur ou en emprunteur…?
»
(Ainsi ça parle, juste en dessous de la conscience. Mais, encore plus en
dessous, la honte et la colère grondent — mais ce n'est pas une raison
pour (se contenter de) culpabiliser.)
MACHINE
Comme dans la problématique écologique (qui est indissolublement liée à
la problématique économique et financière, bien sûr) nous sommes tous
partie prenante de la grande machine économique et financière, que nous
le sachions ou non, que nous le voulions ou non, que nous voulions le
savoir ou non. Que nous l'assumions ou non. Les positions psychologiques
possibles sont multiples : ignorance, indifférence, complaisance,
servitude
volontaire, cynisme… mais dans tous les cas il y a malaise, évident ou
sous-jacent.
La machine-système créée par l'homme, dictature économique sans
dictateur, peut être vue à la fois comme un immense complot (puisque
fabriquée par nous, part consciemment, part inconsciemment) et comme
un grand inconscient collectif, puisqu'elle nous inclut et nous dépasse
tout à la fois, tourne toute seule sans intention ni but avéré, et nous
manipule subliminalement — contre notre volonté individuelle. Nous ne
sommes plus que des rouages otages et ça ne nous plait pas (honte et
colère secrètes), mais… comment on sort ?
"Machine : Artifice par
lequel le poète introduit sur la scène quelque
divinité, génie, ou autre surnaturel, pour faire réussir quelque dessein
important, ou surmonter quelque difficulté supérieure au pouvoir des
hommes." (L'Encyclopédie. 1751)
On pourrait dire aussi que la machine économico-financière est devenue
tellement complexe qu'elle est de l'ordre du sublime,
c'est-à-dire "ce qui
excède le pouvoir de compréhension humain". Ou qu'elle se substitue à
l'idée de dieu, dont les desseins sont impénétrables, c'est bien connu…
ce qui entraîne une nouvelle notion de fatalité
et, partant, un nouveau
fatalisme.
La main invisible et aveugle du marché sans entraves…
l'inconscient, le "ça"… ou le dieu-démiurge, enfant capricieux qui
modèle
un adam dans son bac à sable et l'écrase quand il en a marre…
Mais qui ne se rend compte, au moins vaguement, qu'il y a quelque chose
qui ne tourne pas rond dans tout ça, et que lui-même est pris, peu ou
prou,
victime et acteur à la fois, dans ce "quelque chose" (qui ne tourne pas
rond.)
La crise, du coup agit comme révélateur — mieux : comme une révélation.
En Grec :
APOCALYPSE
Nous communiions au cœur d'une hallucination, et celle-ci nous unissait.
Nous découvrons que personne ne maîtrise cette seconde nature — ou
nature seconde. Trop d'inconnues dans l'équation. Monde flottant,
liquide,
volatil. L'hôtel du Libre Échange tourne sans concierge ni femmes de
chambres. La machine-système tourne toute seule et… s'autorégule ?
Ben non, justement, ne s'autorégule pas. Le dieu Autorégulation est
mort. Mieux, il n'a jamais existé. Les millions d'interventions humaines
simultanées (traders achetant, vendant, individus empruntant,
remboursant, s'assurant, agios s'agitants, chiffres échangés à la
vitesse
du çon…) ne créent pas un équilibre dynamique mais un chaos de
nébuleuse. Sans cesse alimentée et dépourvue de soupape de sécurité,
la machine saturée chauffe, surchauffe, s'emballe, produit n'importe
quoi
hors de toute décision humaine individuelle consciente ou concertée,
explose… ou s'étouffe… et s'éteint. La machine est en panique — avant
d'être en panne. Entropie galopante bientôt suivie d'encéphalogramme
plat, si vous me permettez cette accumulation de métaphores plus ou
moins compatibles.
On vous dira sans doute que "la crise" est une forme de régulation,
un peu comme une épidémie, une famine ou une "bonne guerre" sont
des formes de régulation démographiques, corrections apportées par
"la nature" au danger de surpopulation. Purger les abcès, réduire les
excédents, les excès… Ouais… Mais d'abord, à voir le nombre d'habitants
sur Terre actuellement malgré toutes les guerres, épidémies et famines
du
XXè siècle et en cours, on est bien forcé de se dire : cette
autorégulation
fonctionne mal… À petite échelle, peut-être, dans le passé, mais pas à
l'échelle planétaire globale… Quant au fait financier, ce
n'est pas un fait
de nature, c'est une pure création humaine. Devons-nous rendre les
armes,
nous humains, nous écraser… ou nous laisser écraser, tel le Dr
Frankenstein,
par le monstre que nous avons créé, cet état de fait mécanique, cette
nature seconde aussi implacable que la première. Sommes-nous des
fourmis, des lemmings…?
PARANOÏA
D'où le soulagement psycho-moral qu'apporte à l'opprimé-opprimeur
économique que nous sommes le fait de pouvoir mettre des noms sur
la source supposée du mal, l'idée qu'il y a un complot extérieur, qu'il
y
a des coupables à punir, des vilains à abattre. (Ou, pour rester dans la
comparaison religieuse un démon, le diable, le satan. Car il se pourrait
bien que cette propension que nous avons à toujours chercher, pour le
bien comme pour le mal, l'origine première, la source, le UN
responsable,
soit intimement liée au monothéisme qui imbibe notre culture (donc
notre inconscient collectif) : il y a UN dieu, origine de tout… et son
double négatif, LE diable, le comploteur — et ils s'entendent comme
larrons en foire pour faire chier le petit peuple ! (cf le livre de
Job…,
pour ceux qui ont une bible sous la main.)
PARIS SERA TOUJOURS VICHY
Comme dit plus haut, le pouvoir de type démoniaco-démagogique, le Shark,
en l'occurrence, joue instantanément sur cette paranoïa, ce besoin de
coupables. Alors… patrons-voyous, traders fous, paradis fiscaux,
banquiers
dorés sur tranche, avec leurs secrets, leurs cachotteries perverses,
corruption…
On lâche les chiens ! — Je vous le dis comme je le pense : il y aura des
sanctions ! — Réflexe primaire, pour ne pas dire primate : — Des têtes
vont tomber, je vous le dis, et après tout ira pour le mieux ! (Un coup
de pot,
déjà, que son pétainisme ou son lepenisme soient compensés par sa
judéophilie, sinon le bouc émissaire serait déjà désigné — usual suspects…)
QUELQUES JOURS PLUS TARD
Évidemment, ce discours tendant à nous vendre des coupables ne tient pas
longtemps. Poudre aux yeux populiste pour satisfaire la parano, la
pulsion
vengeresse primaire. Mais au delà ? Quel homme politique aura l'audace
de nous lancer le raisonnement esquissé plus haut : il n'y a PAS de
coupables, il n'y a QUE des coupables : vous tous, nous tous…?
"Dans des temps de
tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité
est un acte révolutionnaire." George Orwell
Penser qu'il n'y a pas
de complot est plus exigeant parce que obligeant
à entrer dans une pensée complexe. Une pensée écologique, en quelque
sorte : la conscience que TOUT est connecté, alors que croire que
quelqu'un tire les ficelles, dieu ou Rothschild, c'est pratique… mais
c'est juste de la paranoïa.
Maizalors, au delà de battre les coupables, au delà de se battre la
coulpe,
que faire ?
Sans doute, pour commencer, analyser plus avant "le système", y compris
dans ses aspects historiques.
D'où le film déjà cité (et bien d'autres analyses plus approfondies et
plus
sérieuses fournies par les analyseurs depuis pas mal d'années damnées…
Car c'était prévisible — mieux, c'était prévu.)
(à suivre)