LETTRES
OUVERTES
(DÉLITS
D'OPINION)
Cette page est une
archive des Lettres Ouvertes n°271 à 280.
Les Lettres Ouvertes les plus récentes sont accessibles par
là.
LO N° 271 (07 01 09)
Informations
informes, avez-vous donc une âme ?
LE FLOT D'INFOS, FLUX ET INFLUENCES.
Les infos s'empilent sur le bureau… réel ou virtuel, peu
importe.
En fait, il ne faudrait pas EMPILER les infos, il faudrait les COMPILER.
Il s'agit de les tisser ensemble car tout a à voir avec tout (et
réciproquement,
oui, je sais.) C'est l'écologie : "la science des relations et des
équilibres des
milieux naturels". Appliquée au milieu humain, c'est pareil : attrapez
un fil
qui dépasse, tirez, y a tout qui vient. Et on se met alors à voir ce
qu'on ne
pouvait / voulait pas voir parce qu'on était obnubilé par l'info
isolée, vue par
le petit bout de la lorgnette, cadrée par la colonne typo du journal ou
l'écran
de la télé.
Émiettement : une info chasse l'autre. Rapide, partielle,
vite vue,
vite oubliée,
anecdotique (corporatiste, par exemple). C'est le système qui veut ça,
la
machine dont chacun est un rouage. Pas besoin d'imaginer un grand
complot
médiatique, c'est trop facile : on aime bien toujours placer le mal à
l'extérieur,
chez les riches, ou les Russes, ou les Martiens, on préfère toujours
imaginer
un virus, un agresseur, un parasite… N'oublions pas que le petit
sarcopte qui
gratte, là, partout où ça fait mal, c'est nous qui l'avons élu, par nos
votes
ou par nos abstentions ou par nos silences ou par notre participation
béate
à la sainte consommation libérale… Nous ? Aucun d'entre nous, non, bien
sûr,
mais tout le monde, peuple français, peuple européen, peuple mondial.
Évidemment, si on travaille à RELIER les choses, les faits,
les infos
et les
intox, le présent et la mémoire, on se retrouve avec une grosse pelote
très
encombrante, sur le principe "j'en ai marre / marabout / bout de
ficelle…"
— Accident sur autoroute / camions / transports intra-européens /
pétrole /
guerre en Iraq / pollution pétrolière / effet de serre / sécheresse /
canicule /
tornades / criquets / Niger / Afrique / sida / préservatif /
contraception /
Église-Pape-religion / judaïsme, christianisme, islam / islamisme /
Moyen-Orient / attentats-suicides / kamikazes / Japon / guerre du
Pacifique /
guerre de 40 / nazisme / camps d'extermination / Hiroshima, Nagasaki /
bombe atomique / énergie nucléaire / chauffage électrique,
climatisation /
gaz à effet de serre / fonte des glaces polaires / avalanches de séracs
/
etc, etc.
Et ce n'est qu'un fil parmi d'autres, une chaîne linéaire, on
peut en
tirer bien
d'autres, des fils, et constater qu'ils s'entrecroisent et se
rebouclent dans
tous les sens. Réseau.
— De autoroute, on peut aussi bien passer à Bouygues / téléphone
portable /
micro-ondes / four / nourriture / plats préparés / industrie
alimentaire /
additifs chimiques / OGMs… De camions on peut aussi bien passer à
Michelin /
délocalisation / chômage / actionnaires / holding / Bourse / retraité
américain /
Floride / tornade / Cuba…
Vous me direz que j'ai une forte propension à relier tout ce
qui merde,
mais faut dire que tout ça est tous les jours dans les infos, plus
souvent
que les petites fleurs et les petits oiseaux. Mais on peut essayer, en
partant
du même point :
— Accident sur autoroute / secours / croix rouge / don de soi,
solidarité /
fraternité / Jésus / hippies / fleurs et petits zoizos (tiens, j'y suis
arrivé…)
Tout ça existe aussi et fait partie du même grand méli-mélodrame…
Où ça mène ? À la confusion, au chaos, ou à une information
qui ne reste
pas informe ?
À comprendre ? Com-prendre = "prendre ensemble", oui.
Est-ce que ça explique ? Oui, mais seulement jusqu'à un certain point,
car on ne met pas toujours au jour des relations de cause à effet, on ne
découvre pas forcément des responsables : on met au jour juste des
liens,
et c'est déjà pas mal. Simultanéité, proximité, coïncidence,
synchronicité…
Et surtout, on prend conscience de la complexité. Ce qui nous fait
aborder
des rives difficiles, certes. "Rien n'est simple" ? Ben non. Mais
plutôt :
"Rien n'est simplet — ou simpliste". Il s'agit d'abord de s'extraire
partiellement
et mentalement du flot continu de faits, et d'en extraire du sens. Du
sens
aux deux sens du terme, signification et direction : — Qu'est-ce que ça
veut dire ? — Et d'où ça vient / où ça va ?
Et ça serait encore un peu plus complexe que ça à formuler,
parce que
"ça"
ne "veut" rien dire par soi-même, c'est à nous de faire dire quelque
chose
à "ça", à nous de donner du sens autant que d'en déceler.
Au delà des informations, multiples miettes qui passent, ça mène à
acquérir-créer de l'information.
Et donc, globalement, ça mène à de la conscience.
---
Information ou
affirmations.
> Un rescapé Tutsi du Rwanda : « C'est dur de vivre avec tous
ces gens
qui nous ont tués. »
> Un rescapé des liquidateurs de Tchernobyl : « C'était il y a
longtemps
et ce n'est pas vrai. »
> Damien McDonald (un ami à moi) : « La fin du monde a eu lieu
hier,
alors maintenant je fais gaffe. »
> Une femme musul voilée jusqu'aux yeux : « Ce que vous appelez
programme
d'attentats-suicides, nous l'appelons programme de martyrs. »
> Albert Jacquard : « Le malheur, c'est qu'on sait faire avant
de savoir quoi en faire. »
> François Hollande : « Si on ajoute de la cocasserie au
baroque, on va vers
la bizarrerie. »
> François Hollande encore : « La gauche va sans doute gagner
dans toutes
les villes où elle est susceptible de le faire. » (Sur Canal +, le
24/02/08)
> Dialogue entre un conférencier scientifique et le public :
« Combien de temps avez-vous dit avant que le soleil se transforme en
nova et vaporise la Terre avec tout ce qu'il y a dessus ?
— Six milliards d'années.
— Ah ! Ouf ! Vous me rassurez, j'avais compris six millions. »
> Un ado dans une série télé US : « Les choses finiront par
s'arranger
d'une manière ou d'une autre. »
> Werner Heisenberg : « Nous n'observons pas la nature
elle-même, mais
la nature soumise à notre méthode de questionnement. »
> Le Shark propose un classement des hôpitaux selon leur taux de
mortalité.
> Pour seulement 85% des hommes, le siège du langage est dans
l'hémisphère gauche. Pour le reste, il est soit à droite soit réparti
des
deux côtés. Quant aux femmes, elles, c'est de toute façon des deux
côtés.
> Un pendu à la prison de Gradignan. La journaliste : « Une mort
suspecte
qui pourrait être un suicide. » (FR3, 7 décembre 2008, infos)
> Dans les deux années qui ont suivi les attentats du 11
septembre,
2302 personnes supplémentaires sont mortes dans des accidents de la
route aux USA. Pourquoi ? Parce que les Américains avaient peur de
prendre
l'avion et donc prenaient d'avantage la voiture. (La Recherche N°425.
Déc 08).
Comme quoi l'avion peut tuer, même quand on ne le prend pas. Et comme
quoi les attentats du 11 septembre ont fait 2302 morts de plus.
> 2007 : Le trou dans la couche d'ozone au dessus de
l'Antarctique (pôle sud)
se serait réduit de 30%. Dans le même temps, la banquise arctique (pôle
nord)
se serait réduite de 30%.
> Les jeunes n'achètent plus de disques. Mais en 1850, déjà, ils
n'achetaient
pas de disques.
> « Dans le nord du pays (Tchad), des Tchadiens qui parlaient un
français
parfait m'ont demandé de leur rapporter un livre en français : ils n'en
avaient
jamais vu. » (Raymond Depardon).
> Au Kazakhstan, il y a plein de gaz. Du coup, il est gratuit
pour la population.
Mais les allumettes sont payantes. Donc le Kazakhs laissent la chaudière
allumée 24 h sur 24 !
> « C'est bien, tout ça, mais pourquoi pas RIEN ? »
-----
A lire :
Edgar Morin "Introduction à la pensée complexe" Points. (156 pages
seulement,
pas cher, presque facile à lire, avant de s'attaquer à "La Méthode"…)
-----
Après, il s'agit que cette conscience de la complexité ne mène pas à
l'impuissance.
« Il y a aussi
la
possibilité que l'humanité implose à cause de toutes ces
données ingérables, ou choisisse des lectures du monde automatiques et
rassurantes (les religions par exemple) ou des régimes autoritaires qui
montrent les chemins balisés. » (Cedroide)
LO N° 272 (09/01/09)
Quelques
détails de l'histoire.
SPAMANOÏA
80% du trafic sur Internet serait composé des spams (v!agra… enlarge
your pen!s, europ pharma… je suis Russe et je cherche un mari… je suis
Africaine j'ai le cancer, mon oncle a abandonné une créance de X
millions,
etc, etc.) Pire que le sabotage des caténaires !
Selon une étude britannique, citée par la dernière Gazette de
Montpellier,
seulement une personne sur 12 millions donne suite à une de ces
propositions
à la con. A priori, c'est rassurant : il n'y aurait pas plus d'un
crétin sur 12
millions d'habitants connectés ! (Étonnant, non ?!) Ce qui est moins
rassurant,
c'est que ça suffit à rentabiliser l'escroquerie ! Et donc, il n'y a
pas de raisons
que ça s'arrête !
Après, ça s'attaque au téléphone… Mais la combinaison : je suis sur
liste
rouge + je suis sur répondeur en permanence (avec message adéquat :
« Parlez, si je suis là et disponible et si je vous connais, je vous
répondrai
– peut-être. ») constitue une excellente défense.
CATAPOSTROPHES
«
On ne croit à
l'éventualité d'une catastrophe qu'une fois qu'elle s'est produite.
»,
écris-je en signature de mes mails, ces derniers temps, comme l'ont
remarqué
un certain nombre de correspondants : pour accompagner les vœux, ça
mettait
l'ambiance !
GP a réagi :
«
Petite précision:
pour les catastrophes, je m'inscris en contre. Je suis un
VRAI pessimiste, qui
considère l'ensemble des catastrophes imaginables
comme inéluctable. Un Extreme Murphy, en quelque sorte. Et donc, j'ai
plein de bonnes surprises. Le pessimisme éclaire la vie.
Amitiés.
Georges
PS: un astéroïde tombera
sur ma ville demain. »
ON NE MEURT QUE
DEUX FOIS
Après Pascal Sevran, annoncé mort à tort par Elkabbach, puis mort pour
de
bon, comme tout le monde, c'est Forrest J. Ackerman, prématurément
annoncé
mort en novembre et qui finalement, tout bien réfléchi, s'est décidé à
décéder
en décembre à 92 ans. C'était l'an dernier, oui, je sais, j'hibernais
déjà et
c'est la lecture de Mad Movies qui m'a réveillé.
D'où le proverbe "Mort en novembre, décédé en décembre" (et "cocu dans
l'année" ?… là je ne suis pas sûr).
Si vous ne savez pas qui était FJA, dit Forry, sachez que c'était le
plus grand
collectionneur de SF-Fantastique-Horrifique du monde (la robote de
Métropolis
est dans son musée !) et le créateur de la revue-fanzine-sur-papier-cul
Famous
Monsters, magazine copain de Creepie, Eerie, Vampirella et ancêtre des
Ecran
Fantastique, Mad Movies et des Craignos Monsters.
Par ailleurs, il ressemblait assez à Walt Disney. Personne n'est
parfait.
myspace.com/forrestjackerman
(Je l'ai sollicité comme "zami My Space" — on verra bien…)
APERÇU…
… Will Smith sur Canal, terriblement sympa, mais m'en fous, à côté de
lui il
y avait ROSARIO DAWSON ! (Vue dans Sin City ou dans Boulevard de la
mort)
Quels yeux ! Quelles bouches ! Quelles… euh… dents !
http://www.new.facebook.com/pages/Rosario-Dawson/66548755299?ref=s
Petit jeu Photoshop en partant d'une photo de sa page
Facebook.
Et une
autre ici :
http://www.new.facebook.com/photo.php?pid=1046687&l=1f9aa&id=697923773
VŒUX
Al Coutelis a écrit :
«
À tous ceux qui m'ont
envoyé leurs (meilleurs) voeux pour 2008,
je les informe qu'à ce
jour, ça n'a absolument servi à rien !
Pour l'année 2009 et
compte tenu de la situation économique actuelle,
veuillez plutôt
m'envoyer du gasoil ou des chèques-repas!
Merci d'avance.
»
Et il n'a pas tort ! Et ce n'est pas une découverte, depuis le temps que
ça dure. C'est un peu comme quand le pape prêche pour la paix dans le
monde (en particulier au Proche-Orient), comme chaque année à Noël :
ça marche pas !
À ce propos, petit complément à la LO 270 :
«
On fait l'civil…
Puis on s'envoie des
missiles… »
(Alain Souchon "Tu vois pas qu'on s'aime pas ?")
SOLIDARITÉ
«
Et l'homme civilisé,
comprenant enfin les rapports intimes, quoique
imperceptibles au
premier coup d'œil, entre lui et le dernier des Papouas,
étendra ses principes de
solidarité sur toute l'espèce humaine et même
sur les animaux.
»
(Pierre Kropotkine. "La Morale anarchiste". Ed Mille.et.une.nuits)
«
La faculté
de citer
est un substitut commode à l'intelligence. »
Somerset Maugham. (Ouais, bon, ça va…!)
NAZI
Peut-on être (par exemple) anti-islamiste, anti-sioniste,
anti-communiste,
anti-américaniste, anti-sarkozyste… sans c'être qualifié de primaire?
« C'est de l'antixxxisme primaire, ce que tu dis ! » entend-on à tous
les coups.
Alors quoi ?
La solution est de qualifier l'ennemi de
nazi. Le nazisme est
le seul –isme
auquel on puisse être anti- sans être qualifié de primaire. C'est
pratique,
profitons-en.
(Le Hamas, par exemple, ne s'en prive pas. Qui aurait envie de le
soutenir
peut lire avec profit sa Charte :
http://www.gremmo.mom.fr/legrain/voix15.htm
J'y pêche un seul petit exemple (presque) au hasard : «
Article dix-septième :
Dans la bataille de
libération, la femme musulmane a un rôle qui n'est pas
inférieur à celui de
l'homme : être l'usine à hommes. »
Mais bien sûr le Hamas est lui-même un mouvement Nazi…)
Quant à Nicolas Sarkozy, je constate que les quatre lettres
du mot NAZI
sont présentes dans son nom. C'est bien la preuve.
LIBERTÉ
On fête les 50 ans de la révolution cubaine. Castro est quasi enterré…
(une castro-entérite ?) Un film sort sur le Che…
À la base, quand on parle de
liberté,
hors de l'idée (philosophique,
transcendante) de liberté "dans l'absolu", il s'agit le plus souvent de
libération.
Un peuple ou une catégorie sociale ou un individu est (se sent)
opprimé, il crie "Liberté !" et il lutte (révolte, révolution). Il
obtient
(éventuellement) une libération. Ce qui ne veut pas dire qu'ensuite il
se
retrouve dans un état (ou un État) de Liberté (absolue). En fait, après
la
libération, vient "être au pouvoir" et donc la gestion (individuelle,
sociale,
politique) qui suppose des négociations, un relativisme. Liberté ? Le
Che
continue son travail de libération ailleurs, et en meurt en pleine
gloire.
Castro s'installe aux affaires, à la gestion de son île et en devient
dictateur
– bien forcé. Les révolutionnaires, la révolution faite, devraient
laisser le
pouvoir à d'autres et se retirer sous leur tente ou dans leur cabane au
Canada, quitte à revenir refaire une révo si ça merde en route…
«
Le jour s'est levé, c'est déjà ça. » (Les Têtes Raides)
LO N° 273 (16/01/09)
GAZA,
ENCORE
PROCHE
ORIENT
(un peu trop proche à mon goût, d'ailleurs)
Ma chronique sur les origines bibliques du conflit palestinien (
LO 270)
est
publiée dans La Gazette de Montpellier cette semaine… Avec mon accord,
bien sûr. Sensation bizarre… Je lance mes trucs par "Lettre Ouverte" à
quelques dizaines ou centaines de correspondants, dont un bon nombre
me sont connus personnellement, et ça se retrouve dans un hebdo lu par
toute l'agglomération montpelliéraine…………
Bon… merci La Gazette… et on verra…
Quelques autres considérations sur le sujet.
FAUTE
On ne peut sans doute pas nier au peuple Juif le droit d'avoir une
terre,
un pays, un État, surtout après le grand massacre hitlérien. (Peut-être
qu'on peut le nier pour des tas de raisons historiques et politiques,
mais pour ma part je ne m'en sens pas le courage, surtout une fois que
c'est fait…)
On peut juger, par contre, rétrospectivement, que ça a été une grande
erreur (une terrible
faute
politique et humaine, même) d'établir un
État Hébreux là, en Palestine, en "Canaan", et ce pour les raisons
ancestrales bibliques que j'ai déjà soulignées. (Il y avait sûrement
d'autres endroits possibles dans le monde, des endroits plus neutres,
non chargés d'un contentieux millénaire…) Et pour des tas de raisons
plus
récentes sans doute, je ne sais pas, je ne suis pas historien. Que ça
merde grave, c'était à prévoir, et sans doute ça a été prévu, à
l'époque !
Mais c'est un peu facile à dire, maintenant.
L'ennui, c'est que les jeux sont faits… on ne refait pas le passé… etc.
On est devant le
FAIT ACCOMPLI
Et un fait accompli qui ne fait qu'empirer depuis soixante ans. La
question
qui se pose maintenant, qui n'est plus biblique, culturelle,
historique, c'est
« qu'est-ce qu'on fait
maintenant
? »
1) Le problème de fond (biblique, ennemi héréditaire, violence
symétrique,
haine du semblable/différent…) est insoluble… (la "thérapie de peuples",
ça existe ???) Sa connaissance nous aide seulement à comprendre et
peut-être à relativiser, c'est déjà ça, mais ceux qui sont au premier
rang,
qui prennent des missiles sur la gueule, ont plus de mal à relativiser.
2) Le problème politique issu du XXème siècle est entériné, fixé une
fois
pour toutes, à partir du moment où une majorité des États du monde a
reconnu l'État d'Israël… « Ça, c'est fait », comme on dit… c'est comme
Mai68,
on n'y peut plus grand chose. L'État d'Israël existe et, partant, "a le
droit"
d'exister.
Partant de là, que peut-on faire
maintenant,
avec une ambition limitée,
pragmatique, pour, sinon résoudre le problème en son entier, du moins
rendre la situation (plus) vivable ?
BOUCLIER HUMAIN
Imaginez qu'on parachute côté Gaza Mr BanKiMoon (ONU) + cinq ou six
chefs d'États du monde entier + quelques papes, rabbins, ayatolahs,
dalaï lamas… avec ce qu'il faut comme caméras autour. Qu'ils
s'installent
et campent sur place en faisant le plus de bruit (médiatique) possible.
Les bombardements, de part et d'autre, s'arrêteraient instantanément.
Ça serait déjà quelque chose. Après ça, négociations… etc. Evidemment,
comme c'est toujours prêt à recommencer (il suffit d'UN excité avec UN
missile, même bricolé), il faudrait établir une permanence, toujours
non pas
avec des casques bleus, mais avec des grands chefs d'États, chefs
religieux,
chef d'entreprises, même, et grands peoples internationaux aussi,
pourquoi
pas ?, en établissant un roulement — et ce aussi longtemps qu'il faudra.
(Sarko un mois sur deux là-bas, ça nous ferait des vacances…)
Et si ça merde, ça confirmera ce que disait le tonton de Boris Vian dans
"La java des bombes atomiques" : « Voilà des mois et des années /
que j'essaie d'augmenter / la portée de ma bombe / et je n'me suis pas
rendu compte / que la seule chose qui compte / c'est l'endroit où
c'qu'elle
tombe… »
FANATIQUE
(du latin fanum : temple)
La civilisation/religion arabo-musulmane (comme toute FOI monothéiste)
a peut-être quelque chose de profondément paranoïaque, en tout cas
dans sa version fondamentaliste-intégriste-fanatique. Culture à la fois
de
l'assassinat et du suicide. L'attentat-suicide est le summum de cette
folie.
L'assassuide.
Par définition, le fanatique est fou (paranoïaque). Mais personne n'est
fou seul.
D'une manière ou d'une autre, il rend les autres fous : déjà, face à un
croyant
ordinaire, on ne peut pas discuter (
foi
a la même racine que
féal
: la religion
est la soumission de l'esprit), mais, face à un fanatique, on ne peut
carrément
pas rester normal, on est pris à la fois par la peur et par la colère
et en grand
danger d'être entraîné dans une folie-haine symétrique. Mimétisme et
escalade.
Le fanatique, ainsi, par ses agressions, ses provocations, met les
autres
hors d'eux-mêmes, hors de leur tête, et les met contre lui, ce qui,
très vite,
le justifie dans sa paranoïa : personne n'aime les paranoïaques, qui,
du coup, ont de bonnes raisons de l'être. Ça a l'air d'une blague…
Pourtant
c'est bien ainsi que s'enclenche un piège circulaire.
On peut penser au comportement des Juifs de Judée à l'époque de
l'occupation
romaine (époque de JC, premier siècle avant, premier siècle après)
(souvenir
de belles pages de Marguerite Yourcenar à ce sujet dans les "Mémoires
d'Hadrien"…) et au comportement de Jésus lui-même (en supposant qu'il
ait existé un certain Jésus, gourou d'une secte nazaréenne et se
prétendant
roi de Juifs) face à Ponce-Pilate et au Sanhédrin : tout son système de
non-défense le mène inéluctablement au martyre. Martyre-suicide
volontaire,
donc, même si lui c'est sans attentat, dans une folie calme d'illuminé.
Les premiers chrétiens ont bien retenu la leçon de leur prophète,
réclamant
le martyre par toutes les provocations possibles, au grand trouble des
autorités romaines. On rapporte les réactions d'un consul disant « Mais
si
vous voulez tellement mourir, qu'attendez-vous pour sauter des falaises,
pour vous jeter dans vos propres feux ? ». Mais non : les suicides de
ces
proto-chrétiens étaient des sortes d'attentats-suicides : le martyr
crée le
tortionnaire, autant que l'inverse. Ce qui a fini par les mener au
pouvoir.
Le Hamas tient bien entendu le même discours : chaque mort palestinien,
"combattant" ou "civil", sert sa cause. Viva la muerte !
On dirait (je m'avance peut-être beaucoup) que, depuis, ces
comportements
ont disparu chez les chrétiens et chez les Juifs, mais pas chez les
arabo-musulmans, religion plus jeune, ou qui s'est figée dans un stade
"primitif". Je parle toujours des fanatiques, fondamentalistes, purs et
durs…
Mais je garde cette crainte que tout "bon musulman" soit un fanatique en
puissance, les circonstances actuelles aidant, politiques, sociales,
économiques. Et c'est bien consciemment que je mélange religion et
politique,
indissolublement liées depuis toujours à peu près partout. Il n'y a
presque
qu'en France qu'on trace vaille que vaille une césure. Vive la loi de
laïcité,
et pourvu que ça dure.
EN FRANCE ?
Les risques de crise de judéophobie sont bien là : d'une part à cause
de la
crise financière-économique (parce que, c'est bien connu, hein, tous les
banquiers sont juifs, surtout certains !), d'autre part, donc, à cause
de la
guerre de Gaza.
Sans compter les conneries de Dieudonné-Faurisson.
«
Des antisionistes
comme ceux-là, on s'en passerait volontiers.
Les ennemis de nos ennemis ne sont pas tous nos amis. »
(Siné, dans Siné-Hebdo N°18, 7 janvier 2009) Sur sa dernière affaire,
je persiste à penser que le cas de Dieudo est indéfendable
— et ce n'est pas une question de liberté d'expression.
De son côté, Jamel Debbouze lance l'opération "Un avion pour
Gaza"...
pour les médicaments, matériels hospitaliers etc....etc...
C'est un autre choix…
http://www.unavionpourgaza.com/
Une
page de "Les Mois sont de papier / 03" (Le Pythagore
éditeur 2008)
LO N° 274 (24/01/09)
O'BROTHER
(D'après
une photo – sublime - piquée sur le net, je ne sais plus où…
Si l'auteur se
reconnaît, qu'il se signale.)
O'BROTHER O'BAMA
A l'occasion de l'élection d'Obama, on a beaucoup dit que, en France,
on n'élirait pas facilement un président issu des "minorités visibles"
— un noir ou un arabe. Vraisemblable. (Il a même dû y avoir quelques
sondages bien profonds sur la question.)
Mais on pourrait d'abord se poser la question "les Américains
auraient-ils
élu un noir (ou demi-noir) issu de l'esclavage US ?" (Question de pure
forme, bien sûr, on n'en saura jamais rien, maintenant, parce que, si ça
arrive plus tard, les conditions seront différentes…)
Parce que, quand même, Obama présente les particularités bien
particulières
- 1, d'être un métis, - 2, issu non de l'esclavage mais de
l'immigration,
- et 3, immigration en provenance d'un pays africain qui n'a jamais été
une
colonie des USA (ceci contrairement à la plupart des immigrés en France
– voir plus loin).
On le lui a reproché, d'ailleurs. Non pas qu'il serait "pas assez noir",
mais qu'il serait "pas assez américain", ou plus précisément "pas assez
noir américain issu de l'esclavage". Pas un vrai "brother", quoi.
Mais tant mieux ! C'est bien là un point positif : il n'est pas là pour
régler
des vieux comptes, pour liquider un contentieux séculaire entre noirs
issus
de l'esclavage et blancs issus de l'esclavagisme. Il n'est pas là pour
obtenir
le remboursement d'une dette historique. Il n'a pas eu un grand-père ou
un
arrière-grand-père esclave fouetté dans les plantations de coton du Sud…
il n'a pas de revanche à prendre… et les Américains blancs n'ont pas à
avoir de complexe de culpabilité par rapport à lui.
Il est là pour diriger l'Amérique de toutes les couleurs et
accessoirement
pour montrer à l'Amérique et au monde qu'un demi noir issu de
l'immigration
peut, comme n'importe qui, diriger l'Amérique de toutes les couleurs.
«
L'esclavage
est une
très mauvaise préparation à l'exercice de la liberté. »
(Anthony Trollope. The West Indies. 1860. Extrait du Dictionnaire de la
bêtise, de Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière. R. Laffont.)
"COLONISATION POSITIVE"? ET POURQUOI PAS "ESCLAVAGE POSITIF"
?!
En France, la situation se présente en quelque sorte à l'inverse. Les
noirs
ou les arabes (ou métis de) sont issus de l'immigration, certes, mais
(très
majoritairement) en provenance d'anciennes colonies, sont donc des
ex-colonisés ou des descendants de colonisés — ce qui est comparable à
des descendants d'esclaves. (Je dis bien : "comparable".) C'est-à-dire
qu'il
y a un vieux gros contentieux entre la France blanche
(ex-colonisatrice) et
la France noire ou arabe (ex-colonisée)… comme il y a un contentieux
entre
l'Amérique blanche et l'Amérique noire… Et donc Obama, se situant hors
de ce contentieux historico-social, est moins "chargé", plus "neutre",
et
c'est peut-être une des clés de son succès.
Maintenant, on peut aussi se poser la question : "Y a-t-il en France des
équivalents d'un Obama, des immigrés devenus Français, ou nés sur le
territoire français de parents immigrés, ou métis avec un parent
immigré,
ne venant pas
d'un pays ex-colonie ? Ni Maghrébins, ni Africains
francophones, ni Indochinois… Il faudrait supposer par exemple un métis
Français blanc/Sud-Africain noir, ou Français blanc/Aborigène
australien,
ou Français blanc/Chinois…
Et pourquoi pas Français blanc/Américain noir ? C'est le cas de la
nouvelle
Miss France, Chloé Mortaud, si j'ai bien compris. Moi je la veux bien
comme
prochaine présidente !
OBAMA EST
BIBLIQUE…
Ouais, et ça gonfle un peu, toutes ces prières, tous ces "help me, God
!"…
Mais les Américains en général sont bibliques. Leur exode d'Europe, puis
leur conquête de l'ouest sont un remake de l'exode, une sortie d'Egypte
pour une marche vers et conquête de la "terre promise". Tous les thèmes
de
Nouveau Jardin d'Eden, de Renaissance, sont présents dans la culture US.
L'Amérique est le rêve de jeunesse (et de Genèse) de la vieille Europe.
Après, bien sûr, on se référera constamment aux "Pères Fondateurs"
(
Abraham
Lincoln !) comme les Hébreux aux Patriarches.
… ET JAZZY
La présence en introït du révérend homophobe et abortophobe Rick Warren
a été mal vécue… Par contre j'ai retenu une Aretha Franklin très soul,
et,
dans le même esprit, le révérend Joseph Lowery vétéran de la cause des
droits civils, avec une bénédiction finale très jazzy “
Lord, in the memory of
all the saints who from
their labors rest, and in the joy of a new beginning,
we ask you to help us work for that day when black will not be asked to
get back, when brown can stick around, when yellow will be mellow,
when the red man can get ahead, man and when white will embrace
what is right. Let all those who do justice and love mercy say amen.",
paraphrase d'une vieille ballade bluesy qui disait "
If you're white, you're right,
but if you're brown, don't stick around, and if you're black,
o'brother, get back,
get back, get back…" Sans oublier le "mellow yellow"… de
Donovan !
-----
2OO9
L'un des derniers Télérobama, avec
lui
en couverture, nous propose 109
raisons d'aimer 2009, principalement dans le domaine du spectacle
culturel.
Pourquoi pas ? J'ai fait mon marché et, à part lui, j'ai trouvé ça :
-
64
: Une
exposition William Blake au Petit Palais en avril-mai-juin.
Une de ses
peintures que je préfére : "Le fantôme d'une puce"
(!)
«
Le désir
non suivi
d'action engendre la pestilence. »
«
C’est avec les
pierres de la Loi qu’on a bâti les prisons et avec les briques de
la religion, les bordels. » ("Le mariage du Ciel et de
l'Enfer", traduc. André Gide)
Et toujours : «
Voir
l'Univers dans un grain de sable et un Paradis dans une fleur
sauvage, tenir l'Infini
dans la paume de la main et l'Éternité dans une heure… »
-
65
: Une
exposition Vassily Kandinsky au centre Pompidou du 8 avril au
10 août. J'aurais beaucoup de mal à dire pourquoi, mais les abstraits
(non-figuratifs, plutôt), de Kandinsky me bouleversent. Ce n'est
pourtant
pas juste parce que ce sont les premiers… peut-être le sentiment d'une
parfaite complicité entre le chaos et l'ordre… (Et justement, ce
dimanche
25 à 20h15 sur
arte,
un docu sur Kandinsky).
-
79
:
C'est Robert Delpire qui dirigera les 40èmes Rencontres photographiques
d'Arles (7 juillet – 13 septembre). Delpire, c'est un des grands
éditeurs du
siècle et, plus largement, "un homme d'influence dans l'histoire de
l'image
contemporaine". Il a édité entre autres Roman Cieslewickz, un des plus
grands graphistes de tous les XXèmes siècles. Il a produit de la pub
aussi,
en particulier pour Citroën, en particulier pour la 2 CV !
-
85
:
BORIS VIAN toute l'année ! On commémore les 50 ans de sa mort, mort
restée mythique car survenue lors de l'avant-première de "J'irai
cracher sur
vos tombes", adaptation de son propre livre. Mais toute sa vie est
mythique !
-
98
: Un
nouveau film de Terry Gillian "The Imaginarium of Dr Parnassus".
-
99
: Un
Michael Mann, aussi…
-
108
: Un
livre d'entretiens entre Umberto Eco et J.C. Carrière, "
N'espérez
pas vous débarrasser des
livres". Chez Grasset en novembre. Deux des
hommes que j'aime le plus au monde ! Ça risque d'être autre chose que
BHL-Houellebecque !
C'est tout ? Ouais… Va falloir survivre un an là dessus !
LO N° 275 (28/01/09)
ASPIRINE OU PROZAC ?
(Notes éparses)
ASPIRINE POUR
TOUT LE
MONDE ! (Effervescente, quand même…)
PROTECTIONNISME
C'est étrange, cette levée de bouclier, ces protestations anxieuses qui
s'élèvent de partout, US comme Europe, Droite comme Gauche, dès que
surgit (timidement) le mot.
Et pourtant… Pour toutes ces questions d'approvisionnements essentiels
en provenance de l'étranger, avec les risques que l'on sait, il y aurait
intérêt à devenir auto-suffisant. Faut-il parler de protectionnisme ou
d'autonomie ?
ÉLECTRICITÉ
Il commence à y avoir bien souvent des grandes pannes électriques qui
touchent des millions de gens – ici, en France. Neige, vent, ou…
pénurie… ?
Ça dure seulement quelques jours… pour l'instant.
Il n'y a pas de pénurie, il y a trop de consommation. Economisons.
Faisons provisions de bougies et d'allumettes, lampes camping-gaz et
lampes à pétrole. Ayons des capteurs solaires, au moins comme appoints.
Ayons des modes de cuisson et de chauffages alternatifs : gaz, bois,
solaire… Gardons sous la main un vieux téléphone qui fonctionne sans
électricité. Un ordinateur à butagaz. Une pompe à bras. Un vélo. Des
pieds.
CO
C'est le monoxyde de carbone. Je ne sais pas s'il participe à l'effet
de serre
comme son frangin CO
2, mais par contre il peut
vous tuer (cheminées à
l'éthanol prétendument bio, radiateurs d'appoint à poutrole lampant,
groupe érogène dans le placard, chauffage d'église…) Sans compter que
la cigarette, pour le fumeur comme pour ses voisins, est un excellent
apport direct de CO dans les poumons, donc dans le sang, donc… (Fumer
tue, oui, c'est pas la nicotine, c'est le CO)
TOXIQUES
La Suisse propose que les fameux "produits toxiques" des banques soient
refilés comme bonus à leurs managers !
LA CRISE, RÉSUMÉ :
Que font les banques de notre argent ? Elles nous le prêtent à 4,70 %.
BRÈVE DE CHÔMAGE
— Les 35 heures, c'est fini.
— Dommage, moi j'aurais bien aimé avoir 35 heures de travail.
— Par semaine ?
— Non, par mois, ça serait déjà pas mal.
CASSE (TOI, POV CON) AUTO
La prime à la casse (1000 € - prime déjà baptisée "sarkozette") fait le
malheur… des casseurs. En effet les stocks de pièces augmentent – des
pièces qui ne serviront plus jamais à rien parce que correspondant à
des véhicules qui sont de moins en moins homologables…
César, reviens compresser tout ça !
BONNE NOUVELLE
Le projet de dédoublement de l'A9 au sud de Montpellier est
(vraisemblablement) abandonné. Certains commenceraient-ils à
comprendre que c'est la fin de l'Ère Automobilo-pétrolière ?
OBSCÉNITÉS DIVERSES
Au Pakistan, les Talibans font péter des écoles sous prétexte qu'on y
enseigne aux filles, ou brûlent celles-ci à l'acide. (NB : Taliban
signifie
étudiant.)
Eduquer (les filles, en particulier) c'est lutter contre la connerie et
la
surpopulation.
Ouvrir une école, c'est fermer une prison.
Au Yémen, une petite fille mariée de force à dix ans (à dix ans !)
s'enfuit
de la maison de son mari, prend le bus jusqu'au tribunal, demande le
divorce… et l'obtient ! Elle souhaite faire des études d'avocat et
préconise
que les filles ne devraient pas se marier avant 25 ans, après
l'Université.
(Livre : "Moi, Nojoud, 10 ans, divorcée", éditions Michel Lafon.)
http://niputesnisoumises.com/actualite.php?numactu=236
Eduquer (les filles, en particulier) c'est lutter contre la connerie et
la
surpopulation.
Dimanche 25, manif anti-IVG, anti-euthanasie. Vive la surpopulation.
Eduquer (les filles, en particulier) c'est lutter contre la connerie et
la
surpopulation.
Dans le Gers, les chiens policiers anti-drogues viennent renifler les
cartables des filles.
En Belgie, un foudingue tue les enfants dans une crèche.
(S'appellerait-il
Hérode ?)
En Tanzanie, on assassine les albinos et on les coupe en morceaux
pour les besoins de divers gri-gri et potions des guérisseurs. (Et ça
marche, au moins ?)
ET LA GRECE ?
Fut-ce une révolution philosophique ? On n'en parle plus, pourquoi ?
Place du Syntagme, les étudiants de l'Ecole Polytechnique attaquaient
les policiers au laser vert ! (Syntagme : Linguistique : Groupe de mots
formant une unité à l'intérieur d'une phrase. Ex : les étudiants de
l'Ecole
Polytechnique.)
CITRONS
Acheter Siné-Hebdo, des citrons, du persil et du pain complet. Passer
à la ph… Ah zut, pardon, ça c'est ma liste de courses.
EOLIENNES
En Angleterre, un ovni s'attaque à une éolienne. Je trouve qu'il y a une
certaine logique là-dedans… Bientôt le monstre du Loch Ness s'attaquera
aux stations marémotrices, King Kong aux antennes de transmission radio,
les dragons aux puits de pétrole et les taupes aux talonnettes de NS…
NY, USA
A Manhattan, des oiseaux s'attaquent à un Airbus. Attentat aviaire anti
Français ?
(Prenez pas l'avion, l'avion c'est plus con que les oiseaux. — Et me
parlez
pas de "compenser carbone"…)
GAZA
Des avions bombardent des tunnels (???)
EN FRANCE
NS prévoit un plan de redressement pour Airbus-EADS.
SAUVONS JOSÉ BOVÉ
Si les Français mangent 2% de plus de Roquefort, on n'a plus besoin
d'en exporter aux USA (qui le surtaxent 300%).
Le CNIL est très remonté contre le fichier STIC.
HALDE, on passe pas !
La Halde a de très mauvais résultats de testing de discrimination,
particulièrement en immobilier : pour louer ou acheter, mieux vaut
pas s'appeler M'Bala, Mohamed… ou Obama.
O'BLUES
Pendant le discours d'Obama, le 20, je zappe quelques secondes sur la 5.
C'est "C dans l'air", un reportage nous montre un noir, cuisinier, qui
parle
de son CDI…
Je retourne sur Obama.
P-OTAGE-S
Le PS a envoyé des preuves de vie. Mais il ne s'est présenté personne
pour payer la rançon.
AVIS DE TEMPÊTE (ALERTE ROUGE !)
Même les banquiers et les bousiers feront grève.
Aux infos télé (Canal +, traîtres !), on nous dit "journée noire",
"attendez-vous à une journée de galère"… Mais non ! "Attendez-vous
à une journée de grève et de manif" (de fête !) Si 70% des Français
approuvent cette journée de protestation, les informateurs télévisuels
et autres devraient se mettre en tête que donc 70% de leur public
approuvent cette journée, et qu'un gros pourcentage de leur public sera
donc en grève, et donc sera en manif… et ne seront pas de simples
usagés attendant leur train de banlieue et se disant "pris en otage" au
premier micro-trottoir qui passe. Les "travailleurs", les
"consommateurs",
les "usagers des transports", les "téléspectateurs"… vous savez quoi ?
C'est les mêmes ! Donc les grévistes, donc les manifestants…
DEMAIN, PROZAC
POUR TOUT
LE MONDE.
LO N° 276 (02/02/09)
PONZI
(Ce
n'est pas encore la suite de la grande saga de
l'argent-dette,
mais ça en prend le chemin, à petites notes encore éparses)
ACHETEZ "MADE
IN FRANCE"
Il
est "amusant" de noter qu'en Europe, ce sont les plus "avancés" qui
morflent la plus. Les plus ultralibéraux, comme la Grande Bretagne, et
ceux
qui ont connu le développement le plus spectaculaire, comme
l'Espagne.
Pays où (c'est amusant à constater aussi) le slogan : «
Achetez "made in
Spain" ! » commence à faire florès. Protectionnisme.
On y viendra. Tout
doucement et à reculons, mais on y viendra.
PRÉVISION
RÉTROSPECTIVE
Ils
sont toujours là, tous les jours, à la radio, à la télé, les
euphoristes
congénitaux du libéralisme avancé, des mots plein la
bouche… Mais
comment se fait-il qu'ils ne se soient pas suicidés, tous
les Jean-Marc
Sylvestre, Jean-Paul Fitoussi, Élie Cohen, Jacques Attali
ou Jean-Pierre
Gaillard, Nicolas Baverez, Alain Madelin et autres
zécono-mystes,
prophètes de la sainte croissance, tous qui, à les
entendre maintenant,
avaient prévu le krach 40 mais qui n'ont rien dit
: « ils pensaient qu'on
ne les croirait pas. » !
Il est, certes, plus facile de manipuler le passé que de prévoir
l'avenir.
NÉGATIONNISTES
«
Le libéralisme n'est
donc pas la cause mais la solution à la crise du
capitalisme mondialisé. » (Nicolas Baverez)
«
La crise est la
preuve que le marché se régule. » (Sabine Herold)
En
bref, le capitalisme régulerait périodiquement ses déséquilibres par
des purges. Le mot est sympathique, surtout pour ceux qui passent dans
les chiottes avec l'eau de la purge en question. (Ceci dit pour changer
de
l'expression trop courante de "jeter le bébé avec l'odubin".)
CRISE
DE NERFS
— Mais pourquoooiii le
plan Aaaa marche jamaaaiiis…?!
— Et pourquoooiii on n'a
jamaaaiiis de plan Bééé… ?!
— On fait quoi, alors,
maintenant ?
— On improvise !
RÉPARER ?
«
Ne cherchez pas la
faute, cherchez le remède. » (Henry Ford, un vieux
facho, pourtant.)
Quand tout est cassé, la surface de réparation sera-t-elle suffisante ?
Quand le marché ne marche plus, qui ou quoi marchera à sa place ?
Quand les produits dérivés dérivent de plus en plus loin, où
s'arrêteront-ils ?
Un investisseur inversé, ça donne quoi ? Un exvestisseur ou un
investissé ?
Oncle Sam'son (en la personne d'Obama) abattra-t-il les colonnes du
temple Bourse ?
Un tradeur piqué par une araignée radioactive se transforme-t-il en
Hulkerviel, ou en petit homme vert (de peur) ?
Et après les placements toxiques, y a-t-il des cures de désintoxication
?
Et la cicatitrisation, c'est long ?
RUSTINES
Après
l'État patron et l'État providence, l'État brancardier. Pompier, aussi
:
«
Les États sont comme
des pompiers qui doivent éteindre les
incendies
puis rentrer dans leurs casernes. » (Philippe Manière)
Merci
l'État : tu
répares les pots cassés puis tu retourne jouer aux tarots
dans ta caserne.
Toutes les mesures destinées à régler la crise,
très vraisemblablement,
seront à peu près aussi efficaces que des
rustines sur une jambe de bois…
et ne feront que préparer la prochaine
débandade économique.
«
Face au monde qui
bouge, il vaut mieux penser le changement que
changer le pansement ! » (Francis Blanche)
Tout
remède risque bien de tomber dans un système boomerang : vous le
lancez
et, quand vous voyez qu'il vous revient dans la gueule, vous tentez
de
l'arrêter en lui lançant… un autre boomerang… et ainsi de suite — mais
chaque fois plus près, jusqu'à ce que la proximité entrave toute
nouveau
geste de défense.
Une autre image ? Achille et la tortue,
dans le bien connu paradoxe de
Zénon d'Élée. Achille court deux fois
plus vite que la tortue et il ne la
rattrape jamais. On donne 100 m
d'avance à la tortue, normal. Pendant
qu'Achille parcourt ces 100 m, la
tortue en a fait 50. Pendant qu'Achille
parcourt ces 50 m, la tortue en
fait 25, etc. Ceci sans fin, dans une courbe
asymptotique qui ne finit
jamais. Ainsi nous (Achille) irions de crise en
crise (tortue), crises
de plus en plus rapprochées, sans jamais arriver à
les rattraper —
c'est-à-dire à les dépasser ? (C'est évidemment biaisé
parce que
introduisant une discontinuité dans des mouvements continus
et ne
tenant pas compte d'éléments internes à chaque mouvement, tel
que la
longueur des pas d'Achille qui ne vont pas se rétrécir au fur et à
mesure.)
Et justement c'est bien là le truc : au lieu de continuer à
avancer de crise
en crise de plus en plus rapprochées, il y a un moment
où la société doit
(peut) faire un grand pas par dessus la dernière
crise. Un "grand bond
en avant". (Cf Serge Halimi qui décrit
l'établissement du libéralisme
économique à la fin du XXè siècle comme
"Le grand bond en arrière".)
Cela dit, je préfère le pas de côté au bond en avant – qui risque de se
faire dans le vide.
Et d'abord, sans doute, arrêter la machine.
FOI
Rétablir
la confiance, qu'ils disent. Mais ce n'est pas de la confiance, c'est
de la croyance : on a envie de croire que nos placements peuvent
rapporter
ad vitam aeternam 10, 15, 20 % ou plus. De quoi s'agit-il,
sinon de goût
du merveilleux, de superstition, de pensée magique…? De
religion ? Le
philosophe Jean-Pierre Dupuy, qui sort "La Marque du
sacré", nous le dit
bien : la montée de l'économisme est synchrone à la
perte de vitesse de
la religion (occidentale), le "désenchantement du
monde" (occidental).
L'économisme capitalo-ultra-libéralo-financier
nous proposait un nouvel
enchantement, un nouveau sacré.
Mais en vain, enfin : cette nouvelle pyramide (de Ponzi) s'effondre.
PONZI
On
a beaucoup raillé de cette escroquerie gigantesque de Madoff à partir
d'un mécanisme aussi simplet. Mais il faut voir que, en fait, notre
système
de développement est tout entier une pyramide de Ponzi. La
pratique qui
consiste à rémunérer les premiers investisseurs avec
l'argent des nouveaux
suppose que l'on trouve (que l'on drague)
constamment de nouveaux
investisseurs, à l'infini.
Dans notre
système économique-écologique, les investisseurs d'une
génération
(nous, par exemple) sont rémunérés par ceux de la génération
suivante,
qu'ils soient nés ou à naître : c'est tout l'art de la dette, que l'on
considère ça du point de vue monétaire ou écolo : dette en pesticides,
en OGM, en nucléaire, en gaz à effet de serre. Ils paieront.
PLANS DE RELANCE
(j'adore le terme)
Je
passe sur les projets, tant ceux du gouvernement que ceux de
l'opposition :
renflouer les banques ou relancer la consommation… aussi
obscènes les uns que
les autres. ("Pouvoir d'achat", qu'est-ce que
c'est que cette notion à la con ?!)
LE POUVOIR
D'ACHAT
La
question du pouvoir d'achat est-elle vraiment une question d'achat,
ou
une question de pouvoir…? Triste de voir que la gôche n'a que ça à
réclamer. L'achat serait-il le seul pouvoir dont nous disposions (peu
ou
prou), le seul signe de vie que nous réclamons, la seule valeur
sociale,
le seul "lieu d'être"…? (Baudrillard, en 68, publiait "La
Société de
consommation" — il y avait déjà tout…)
LE LIBÉRALISME
ÉCONOMIQUE, à la base, c'est une jolie idée, une utopie,
en fait, née
au 18ème, siècle des Lumières et de Jean-Jacques Rousseau.
Le
libéralisme est un rousseauisme : il ne peut fonctionner que si l'homme
est bon, moral, honnête. Je précise : que si TOUS les hommes sont bons,
moraux, honnêtes. (Le communisme, pareil, d'ailleurs…)
Quand la "main invisible du marché" te frappe sur la joue
droite,
lui tendras-tu la joue gauche ?
-----
On peut aussi écouter Lordon, là (merci à Bati) :
http://tresdesprit.com/bati/mp3/La_crise_selon_le_professeur_Lordon.mp3
LO N° 277 (04/02/09)
L'ÉTAU (d'intérêt ?)
2OO9,
année
de DARWIN et de la survie des plus aptes (il n'a pas dit
des plus forts). Ça va faire des morts, quand même.
BLEU
Aux alentours du Gro(end)land, on pêche des homards bleus. (Vraiment
bleus !)
BLEU 2
On commémore les 50 ans de la Nouvelle Vague. Qu'en reste-t-il…?
L'écume, sur la plage… Belmondo-Pierrot-le-fou, peint en bleu
— et merde ! (Et BOUM !)
BLEU 3
Plan de rigueur chez Pfizer : le viagra ne se vend plus.
HAUT
Ascenseurs en panne depuis des mois à Grigny. La colère monte — par
l'escalier.
BAS
(et
collants)
DIM délocalisé en Roumanie. PA-DA-PAPAPAPAAA… La fin d'une époque
qui n'en finit pas de finir.
TRÈS BAS
L'argent jeté par les fenêtres.
Les banquiers jetés par les fenêtres.
Les gardés à vue jetés par les fenêtres.
Les Préfets de la Manche jetés par les fenêtres.
Les mal logés qui se jettent (d'eux mêmes ?) par les fenêtres. (Je ne
parle pas des SDF qui, eux, n'ont même pas de fenêtres par quoi se
jeter.)
100 000 SDF.
ALIEN
En Islande, pour lutter contre la faillite du pays, on nomme une
première
ministre femme et homosexuelle. C'est vraiment une autre planète,
l'Islande.
DAVOS,
c'est
plus ce que c'était…
Le moral des "maîtres du monde" est dans les moonboots.
(Belem, c'est plus sympa, quand même… Le climat ?)
ÇA EXPLIQUE TOUT
Merci à Serge Ernst qui a relevé que la tempête de la semaine dernière
était nommée Klaus (en Europe, c'est la météo allemande qui nomme
les tempêtes), et que Klaus… c'est Nicolas… Ça vous étonne ?
GODASSES
Le jet de godasse sur homme politique est-il en train de détrôner
l'entartage ? C'est pratique, on en a toujours sur soi… et pas
salissant.
Dans les jours et mois qui viennent, ça risque de pleuvoir, les motions
de chaussure. Mais gare aux répliques : un jet de talonnette (ferrée) en
retour, ça peut faire très mal — sans omettre le jet de bottes à clous,
modèle CRS 68.
Ou bien les autorités obligeront les journalistes à se déchausser à
l'entrée des salles d'audience ou de conférence. Comme à la mosquée,
tiens… (Si ça se trouve, c'est pour ça qu'on s'y déchausse avant
d'entrer,
pour éviter que l'imam s'en prenne une dans la tronche.)
-----
MORIN EST BIEN VIVANT
Dans Siné-Hebdo N° 20, une double page de dialogue avec Edgar Morin.
Mes extraits :
«
Quand un système se
trouve à ce stade, soit il se désintègre, soit il
est capable de se
métamorphoser en un méta-système qui résout les
problèmes. La première
hypothèse est probable, la seconde non. »
«
Plus nous serons
conscients que nous nous dirigeons vers des
catastrophes, plus nous
serons en mesure de les éviter. »
(Sur les éducateurs :) «
Le
but est de les amener à enseigner ce qui ne
l'est pas encore et qui
est à mes yeux capital : ce que veut dire être
humain, quels pièges
recèle la connaissance, ce qu'implique notre
phase planétaire,
comment mieux nous comprendre les uns les autres,
affronter les
incertitudes… »
«
Il est évident que
voir la complexité peut conduire à la paralysie.
Mais en ce qui me
concerne, ça ne m'a pas gêné pour entrer dans la
résistance ou prendre
parti pendant la guerre d'Algérie. Il faut être
conscient que toute
action comporte un risque d'échec ou d'erreur. […]
L'action comporte un
pari, et il est nécessaire de bâtir une stratégie
pour vérifier qu'elle ne
dérive pas. Je pense donc que la pensée
complexe aide l'action.
»
Si je le comprends bien, on pourrait parler alors de pensée
sur-complexe,
ou méta-complexe. Au delà de la conscience (passive) de la complexité
et du risque, quand cette conscience, à trop peser le pour et le contre,
risque d'inhiber l'action, il y a à mettre en marche une conscience
active :
non plus analytique, mais capable d'élaborer un programme, une
stratégie.
Le choix de l'action, de l'engagement, sera forcément un pari, oui, avec
sa part d'indécidable, d'imprévisible, le risque, toujours, de se
tromper,
mais ne sera pas un simple pile ou face. Le choix suppose de travailler
à
l'avance à évaluer et éviter les effets boomerang, les dérives, les
effets
pervers. Dans le domaine de l'expression (militante, la prise de parti),
le choix suppose certainement, au delà de la liberté d'opinion et
d'expression, une grande attention, une grande subtilité de
l'expression.
«
L'amour, l'amitié, la
curiosité me servent de moteurs personnels, et ce
qui m'importe est
l'avenir du genre humain. »
«
[…] exercer une
pression suffisante sur Israël pour lui faire accepter
la solution que tout le monde
connaît : l'évacuation des colonies en
Cisjordanie, Jérusalem
comme capitale de deux États indépendants,
et la résolution humaine
de la question des réfugiés. » (souligné par moi)
«
Que le Hamas joue la
politique du pire m'inquiète beaucoup. Il pense
que la guerre doit se
généraliser avec l'intervention du Hezbollah. C'est
exactement le souhait des faucons israéliens qui brûlent de prendre
leur revanche de 2006. »
Politique du pire des deux parties, donc, dont on peut imaginer les
suites :
interventions d'autres pays arabes, Iran, Syrie… contre Israël…
Intervention américaine, etc. L'embrasement.
L'Armaggedon ?
Par ce mot biblique, on entend généralement LA grande bataille finale
entre Juda-Israël et ses ennemis (tous ses voisins, en fait, "les
Nations").
Et symboliquement le dernier affrontement entre le Bien et le Mal, entre
le Ciel et l'Enfer… "la fin du monde"… Le mot apparaît dans le dernier
livre du Nouveau Testament, l'Apocalypse (Révélation), écrit en grec par
un certain Jean de Patmos vers 70 EC. Parmi d'autres moments furieux,
dans le chapitre 16, des esprits démoniaques rassemblent les rois du
monde entier pour la guerre «
au
lieu dit, en hébreu, Harmagedôn. »
Suit un grand tremblement de terre qui détruit toutes les cités ennemies
– Babylone, bien sûr, équivalent symbolique de Rome, alors.) Mais le
nom Armageddon (aux orthographes variables) désigne précisément la
ville de Megiddo (au nord d'Israël, à proximité de la Syrie.)
Les prophéties ne veulent rien dire (ne prévoient pas l'avenir, en tout
cas), mais les peuples qui ont des prophéties "dans leur sang" se
croient
toujours obligés de les accomplir… Et si on me dit que l'Apocalypse de
Jean est un livre chrétien et non juif, je conseillerai de lire les
derniers
livres de l'Ancien Testament, la Bible hébraïque, où, question
apocalypses
guerrières, ce n'est pas mal non plus, chez Isaïe, Jérémie, etc. Jean de
Patmos était un gros plagiaire !
«
Les
Israéliens se
perçoivent en fait comme les héritiers de toutes les
persécutions subies par les Juifs dans le passé, et en particulier de la
tentative de génocide de la seconde guerre mondiale. […] L'État hébreu
s'isole de plus en plus de son contexte oriental. »
Parfaite concision de l'analyse de Morin – Juif lui-même, ajoute-je pour
ceux qui y verraient de l'antijudaïsme de sa part, comme ça a déjà été
le cas il y a quelques années, épisode qu'il qualifie de "bouffon".
«
Le problème vient de
ce qu'une grande partie des Juifs de France,
représentés principalement par le Crif, vit dans un état d'hystérie de
guerre où l'on diabolise non seulement l'ennemi, mais aussi toute
désapprobation. Dans cette optique, toute critique d'Israël est une
trahison ignoble si elle émane d'un Juif, et une abominable calomnie
si c'est d'un Gentil. (Terme désignant les non-juifs,
traduisant le terme
hébreu goy – pluriel goyim.) Seule une paix durable restaurera le sens
des réalités et mettra fin à cette intimidation permanente et à la peur
d'être traité d'antisémite. »
Pire que d'intimidation, on peut même parler de terrorisme intellectuel,
ou de terrorisme moral — ce qui ne m'empêche pas de maintenir que le
cas de Dieudonné est indéfendable, en tout cas dans son sketch avec le
négationniste Faurisson. Là encore, ce n'est pas une question de liberté
d'opinion et d'expression, ni d'humour ou non. La provoc', ça ne peut
exister qu'appuyée sur l'intelligence. Nier la réalité de
la tentative de
génocide de la seconde guerre mondiale, comme dit Morin,
c'est d'abord
et surtout stupide : c'est un peu comme nier la réalité de la révolution
française de 1789, ou celle de la guerre de 14, ou de la crise de 29.
Le négationnisme est indéfendable.
BENOIT
SARKOSEIZE
 |
Manquerait
plus que le Dieudonné aille jouer en Suède et fasse
applaudir sur scène un certain Richard Williamson, chevêche intégral de
son état, excommunié il y a vingt ans, et persistant et signant dans le
négationnisme le plus plat (je veux dire plat comme un
encéphalogramme). Et pourtant réhabilité par Benet Seize, qui me fait
de plus en plus penser à NS, dans le genre "je jette de l'huile sur le
feu". De l'huile sainte, en l'occurrence, dite Saint Chrême par ceux
qui aiment bien les majuscules.
B 16, donc, qui ne pouvait pas ignorer les propos de ce chevêche
collatéral, ajoute une connerie (ou provocation) de plus à son
palmarès, en réintégrant des intégristes désintégrés qui n'en avaient
aucune envie, bien au chaud |
entre eux dans leur schisme, et
qui, si ça se trouve,
n'ont émis leurs
stupidités négationnistes que dans l'espoir de faire reculer le papa
dans
sa volonté de les réhabiliter. Il l'a fait quand même. C'est encore
plus grave.
Et dire qu'on a fait chier Siné pour sa petite phrase sur
Jean Shark et
des meilleurs !
COURRIER
DES LECTEURS DE
TLRM :
«
J'aimerais vraiment
qu'on arrête de dire l'"humoriste" Dieudonné. C'est
faire injure à l'humour.
»
Autre :
«
Mgr R. Williamson […]
nie l'existence des chambres à gaz, en revanche
il croit à l'Immaculée Conception, aux Rois Mages et à l'Arche de Noé.
»
+
Vient de
paraître
: Courrier International hors-série, titré "Juifs et Arabes
– les haines, les conflits, les espoirs." (7,50 €)
LO N° 279 (12/02/09)
Nouvelles
du temps
LE TEMPS EST
RADIEUX
# Uranium : le scandale
de la France contaminée
Pièces à Conviction n°72
En toute discrétion,
dans nos
campagnes, à proximité immédiate des
villages ou des villes,
des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont
été
disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines années.
Pire encore, ils ont
parfois
servi à construire des routes, des parkings, et
même des
logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants...
Sans
aucune mise en garde sur les risques encourus !
Car entre 1945 et 2001,
la
France a exploité 210 mines d’uranium sur son
territoire.
Elles ont produit 300 millions de tonnes de déchets radioactifs
qui
ont été abandonnés sans mesure de protection ou de surveillance
particulière.
Qui sont les
responsables ?
Pourquoi ceux qui ont tenté de donner l’alerte
n’ont-ils
jamais été écoutés ? Pourquoi l’Etat n’a-t-il pas alerté les riverains ?
Les
populations sont-elles en danger ?
Elise Lucet et l’équipe
de
Pièces à conviction ont mené l’enquête sur ce
scandale, au
coeur des campagnes et des villes françaises. #
Le
plus terrifiant du reportage, ce sont les rencontres avec les
"responsables"
(administratifs ou politiques — Borloo compris)
et la constatation de leur
- inconscience ?
-
hypocrisie ?
- indifférence ?
- impuissance ?
Si
vous ne l'avez pas regardé hier soir, c'est là :
http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/51415247-fr.php
On
peut lire aussi
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/11/les-mines-d-uranium(...).html
et
http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/(...).html
-----
AFSSA
Quels
moyens de pression Monsieur Santo peut-il bien avoir sur l'AFSSA pour
que
tout à coup cet organisme officiel et en principe non génétiquement
modifiable
(mais pas indépendant) sorte un rapport affirmant que le maïs
GM
Monsanto est sans danger ?
-----
— CITROEN
ressort la DS, il parait.
— Ils feraient mieux de ressortir la
2 CV !
… Fin des années 40 (mais conçue au temps du
Front Populaire :
La 2CV (Deuch'), objet trivial, terrien et
pratique (une sorte de brouette),
objet d'avant garde, donc
marginal — et pourtant prolo.
… 1955 (début des "trente
glorieuses")
La DS (Déesse), objet divin (sacré) tombé du
ciel, objet d'avant-garde,
donc marginal — et pourtant
bourgeois.
Deux archétypes de la modernité — tous deux assez
laids.
Depuis, dans le grand nivellement postmoderne de
l'individualisme de masse, plus
aucun objet ne tombe du ciel,
plus rien ne s'impose comme trivial, ni d'avant-garde,
ni
marginal, ni laid, ni beau : tout est seulement bourgeois (si tant est
que ce
mot ait encore un sens).
-----
RELOCALISATION
Pendant
un an, Aqua Production (des cabines de douche) a fabriqué en
Roumanie.
Après évaluation (qualité du travail roumain, coût et soucis
de
la supervision à distance entraînant des allers-retours constants,
coût
de stockage, coût du transport, augmentation des salaires roumains),
il
s'avère rentable de fabriquer en France, près de Nantes en l'occurrence.
Une
telle relocalisation est-elle du protectionnisme, du nationalisme, une
trahison
de l'Europe ? Non, juste de la gestion de bon sens.
Un bémol,
cependant : en Roumanie, on faisait fabriquer du bas de gamme,
en
France on ne fabrique plus que du haut de gamme. Il faut croire que les
coûts
de fabrication français ne peuvent être absorbés que par des produits de
luxe.
Ce qui mène à quoi ? Une fois de plus, sans doute, à une augmentation
des
écarts sociaux : les "riches" peuvent se payer des cabines de douche de
qualité
et par la même occasion privilégier le travail en France, les "pauvres"
devront
se contenter du tuyau d'arrosage (fabriqué en Chine ?) dans la cour
(comme
les Roumains, quoi…) (Moi j'aime bien — en été.)
Mais si on
ajoute que cette relocalisation, réduisant les déplacements de
personnel
et les transports de marchandises, réduit aussi la dépense
énergétique
(pétroule) et la production de gaz à effet de serre qui va avec,
le
bilan doit rester positif.
… À condition que les cabines de
douche en question, une fois fabriquées,
ne soient pas
exportées bêtement dans le monde entier… donc que cette
production
ne soit pas dépendante d'un système d'exportation et de libre
échange…
donc qu'il y ait suffisamment de Français assez argentés pour se
payer
des cabines de douche de qualité… et même mieux suffisamment de
Pays-de-la-Loirains…
Bon, OK, j'ajoute les deux régions voisines : Bretagne
et
Poitou-Charentes… le tout, c'est que ça reste accessible en charrette à
bras
ou à cheval, pour les livraisons. Pour finir, une usine de cabines de
douche
pour trois régions semblerait assez raisonnable. Et s'il s'avère au
bout
de quelques années que, le matériel étant de bonne qualité, donc
durable,
le marché est saturé, on ne commence pas à se dire "je vais
conquérir
d'autres marchés dans le monde", on pense plutôt à se reconvertir
dans
la fabrication de vélos ou de charrettes à bras. (Messieurs Peugeot,
Renault
et Citroën devraient en prendre de la graine. Qui peut le plus peut
le
moins : reconvertissez-vous dans le vélo !)
-----
À
part ça, la routine…
MÉTÉO DE CRISE
Le
temps aujourd'hui est sous l'influence de plusieurs dépressions.
Tempérance
: – 0,7 °
Taux d'humanité dans l'air : 47% (en baisse)
Météo-France
subit des pressions atmosphériques.
Le zéro est absolu.
Pas
de précipitation !
La situation est situationnaire.
Alerte
orange crue (!?) dans le sud-ouest.
Le département est placé
en garde à vue.
À Boulogne-sur-mer, les marins-pêcheurs
sortent contre vents et morues.
(C'est le petit monde de Don
Cabillaud.)
100 000 SDF.
ET LES GENTILLES ANTILLES
?
Guadeloupe
et Martinique sont les deux mamelles de la France.
TÉLÉ SPORT
Logiquement,
je devrais être motivé pour regarder les compétitions de ski
à
Val-d'Isère, vu que le ski a toujours été une affaire de famille et que,
encore
maintenant, Ingrid Jacquemod est l'amie d'un de mes neveux,
lui-même
entraîneur de l'équipe française des filles… Seulement voilà,
ce
que je remarque surtout en zappant sur des bouts de course, à part les
commentaires
hystériques des commentateurs hystériques, c'est l'affreux
mauve
des affreuses publicités mauves du Milka Suchard mauve, partout
présentes,
sur les tenues des skieuses comme alentour. Alors je fuis…
LO N° 280 (18/02/09)
VENDREDI
13 OU ST VALENTIN ?
L'ARGENT-DETTE # 12
PAUVRES ?
Déjà depuis un moment, on ne parlait plus de pauvres, on disait :
"(les Français - ou - les catégories) les plus défavorisés", ou "les
plus
modestes". Maintenant, mieux : "la partie inférieure de la classe
moyenne."
(100.000 SDF)
FAUT-IL RELANCER LA
CONSOMMATION ?
Bien sûr que non. Il faut tout faire pour faire baisser la consommation.
«
Consommer = acheter
des choses dont on n'a pas besoin avec l'argent
qu'on n'a pas.
» (Christophe Alévèque. Siné Hebdo # 24)
PIÈGE
Les Français sont-ils plus conscients et/ou plus raisonnables et/ou
plus rapides à comprendre que leurs banquiers et leurs chefs d'État ?
Parce qu'il paraît, d'après un chef banquier, que c'est bon, les
banques,
perfusées par l'État, sont prêtes à prêter plein de sous… mais que c'est
la demande qui manque. Les Français hésiteraient à emprunter — pour
achat immobilier, principalement, et automobile.
DÉTEMPORALISATION
Comme on parle de délocalisation pour la fuite des entreprises à
l'étranger,
on pourrait parler de détemporalisation pour la dette. La dette est une
fuite
de l'argent vers le futur, autrement dit l'évacuation du problème "en
avoir
ou pas" vers un ailleurs temporel indécis.
S'il n'existe pas d'argent (que de la dette), il n'y a pas d'argent
"détruit"
ou "perdu", dans la crise, seulement de la dette annulée.
Faire de nouvelles dettes est la chose la plus facile du monde : nos
gouvernements s'y emploient joyeusement à coups de plans de relance(s)
(de godasses ?). L'endettement des États en croît d'autant ? Quelle
importance ? Cet argent (fictif) n'est pas "l'argent du contribuable",
comme
on nous le blatère sans cesse. Cet argent n'existe pas : c'est de la
dette,
il ne peut donc pas se perdre. L'État ne pourra jamais le rembourser ?
Mais à qui le rembourserait-il ? Et pourquoi ? Nous "laissons à nos
enfants",
comme on dit, une dette énorme (c'est-à-dire, en fait, plein de fric)
qu'ils ne
pourront jamais rembourser, qui se détruira dans une future crise, ou
qu'ils
"rembourseront" en continuant à "emprunter", c'est-à-dire à créer de
l'argent-dette. Et ce ad infinitum.
Alors où est le problème ? *
(
Et puis, entre nous,
"nos enfants" auront bien d'autres soucis que des
hypothèques et des
intérêts : carence d'énergie, carence de matières
premières, famines,
soifs, fonte des pôles, montées des eaux (hélas salées),
réfugiés climatiques,
tornades, guerre du pétrole, de l'eau, de l'espace
peuplable…
surpopulation, surpollution………)
(* Le problème est dans le terme : "
ad
infinitum".)
DÉMISSION, RÉCESSION,
DÉPRESSION
Le ministre des finances japonais donne sa démission. Pas étonnant. Et
ce
n'est pas seulement la question de son état d'anti-dopage inopiné face
aux
caméras de la télé lors du G 7 (en bref, bourré, il roupillait grave
puis bafouillait).
En fait, la question est : Pourquoi TOUS les ministres des finances de
TOUS
les pays ne donnent-ils pas leur démission ?
Qu'ils avouent donc tous, et avec eux les déconomistes,
- leur incompréhension
- leur incompétence
- leur impuissance.
Ils ne savent pas quoi faire pour surmonter "la crise" ? Mais c'est que
personne
ne sait quoi faire. Et personne n'est capable de nous dire comment s'en
tirer,
ou simplement comment gérer ça. Même le pharmacien (ou la pharmacy spam
en ligne) et ses
happy
pills… Pas d'espoir et personne pour en donner, à part
quelques philosophes vite qualifiés d'utopistes.
Il n'y a pas de messie, pas de sauveur, ni sar ni kozy, ni baraco ni
bama…
Il n'y a que des pompiers qui tentent de pomper dans la cave inondée
l'eau
pour éteindre l'incendie du grenier. (Je suis assez content de mon
image, moi…)
Il y a quelques plombiers (polonais ?) qui tentent de colmater les
fuites,
quelques vitriers qui remplacent quelques vitres, ou quelques couvreurs
qui
remettent quelques tuiles envolées. À moins que ce ne soient les
plombiers
qui se chargent des vitres, les vitriers des tuiles et les couvreurs
des vitres…
ce qui n'a rien d'invraisemblable.
… Et pas mal de sémanticiens qui essaient en vain d'éviter les mots qui
fâchent,
ou de les traduire en langage courant (c'est-à-dire en
langage)… ou d'en
changer
le sens.
« Ceci n'est pas une récession » — et ma sœur n'est pas masseuse.
En fait, non, ce n'est pas une
récession
(conjoncturelle), c'est une
dépression
(structurelle), ce qui est beaucoup plus grave, plus long, voire
définitif : ça ne
guérit pas. «
On ne
guérit pas du mirage croissanciste à coup de récession. »
(Paul Aries).
"Conjoncturel", ça voudrait dire que ça ne va pas durer. Face à (par
exemple)
une dégringolade boursière, les zéconos adorent dire que c'est
conjoncturel.
"Structurel", par contre, ça signifie que "ça ne va pas s'arranger". Ex
: la crise
financière, économique, sociale, et tout ce que vous voudrez — et la
crise
climatique y afférant. (Dans quel ordre s'emboîtent ces poupées russes ?
Laquelle est la grosse qui les contient toutes ?). C'est pour
longtemps, c'est
pour toujours.
La récession, c'est juste un arrêt momentané, comme une grippe. Ou ça
sert de purge. On se soigne et c'est reparti pour un tour. On n'a rien
appris.
(Ça, ça reste à voir… Les maladies sont faites pour nous guérir… mais
ça ne
marche pas à tous les coups, c'est vrai.)
MOUVEMENT PERPÉTUEL ?
Mais ça repart pire : en vélo, si on s'arrête de rouler, on tombe. Le
capitalisme
de croissance, s'il arrête de pédaler (dans la smoule ?) choit, tombe,
s'effondre.
Ailleurs, avant, les sociétés traditionnelles ou "primitives" (non
croissantes)
se contentaient de renouveler cycliquement le capital initial. On
pourrait
appeler ça une stabilité ondulante : équilibre perdu / récupéré /
reperdu /
re-récupéré, etc, un renouvellement cyclique (quasi) à l'identique, un
recyclage.
À court, moyen ou long terme, on retombe sur ses pieds.
Tandis que la société capitaliste (d'origine monothéiste
judéo-chrétienne) est
téléologique, c'est-à-dire qu'elle ne fonctionne pas par cycle, qu'elle
refuse la
stabilité (considérée comme stagnation) : elle va de l'avant, toujours
de l'avant,
dans un élan infini vers l'avenir lui-même infini, le nez dans le
guidon, dans
une fabrication incessante d'avenir. (
Ad infinitum)
"Toujours plus, toujours plus loin, toujours mieux !" — Fantasme
infantile de
mouvement perpétuel.
Mais pendant ce temps, la Terre est finie (je veux dire entièrement
occupée
par l'homme) : il n'y a plus de "toujours plus loin"… ses ressources
s'épuisent :
il n'y a plus de "toujours plus"… partant, il n'y a plus de "toujours
mieux"
possible. (En tout cas tel que notre société entend le mot "
mieux").
(Il est à noter que le Shark est le premier président élu dans ce monde
nouveau — c'est con pour lui.)
Ce problème systémique structurel, — historique et planétaire,
absolument
inédit — le citoyen lambda ("on") ne sait sans doute pas le définir et
l'exprimer, mais il le sent — malaise, soucis, angoisse du futur — et
son
moral continue à baisser, et sa confiance en les responsables continue
de
s'effondrer. Toujours confusément, "on" sent bien que les responsables
(ceux qui sont censés donner des
réponses)
n'y peuvent rien, sont, autant
que "on", dépassés par les évènements… d'où supplément de non espoir
et transformation des responsables positifs (ou censés positifs) en
responsables négatifs — bientôt boucs émissaires.
LES FRANCAIS
Les Français seraient rêveurs et immobilistes, paraît-il ? Mais c'est
juste
qu'on sait que demain ne sera pas comme aujourd'hui, alors on freine
des quatre fers tout en attendant un changement. Mais quel changement ?
Un miracle ?
On veut que ça change, oui… ou
on
veut bien que ça change, mais comment,
dans quel sens ? On voudrait savoir, pour pouvoir peut-être avoir le
temps
de s'adapter. Mais voilà, on se retrouve aussi perdus que les
dirigeants,
à piloter à vue et à prendre sur le coin de la figure des changements
dont
on ne perçoit pas la finalité (là je parle en particulier des
actions-agitations
du Shark), changements pour le changement, bruit, tours de manège et
agitation du rat dans sa cage. On nous demande des efforts. Nous
demandons une nouvelle manière de politiquer. On est prêt à négocier.
L'action, oui, mais pas sans la transaction. Et en fait on voit plus de
transe que d'action (réelle).
Entrer dans la réalité, dissiper le leurre, l'illusion : on voudrait
que les
politiques arrêtent avec « On colmate les brèches de la coque et ça va
repartir comme un seul homme dans la même direction ! » : on n'y croit
plus. Pas non plus « Sauve qui peut nous coulons, tous aux canots,
mais merde y a pas de canots ». Mais qu'ils osent dire : « La croissance
est derrière, elle ne reviendra pas, ni l'an prochain, ni en 2012, le
développement, c'est fini ! » Et puis « Il y a un nouveau modèle de
société à monter ! »… et c'est peut-être bien ça qui nous redonnerait
la pêche !
Est-ce que ça va péter ? Sans doute pas, car on a conscience qu'il faut
que ça change, d'accord, mais le grand soir, ça fout la trouille. Et la
trouille, ça fait peur.
Alors on reste dans une ébullition cahotante et chaotique, on reste dans
le conjoncturel, on frémit à chaque cahot de la route, à chaque virage
trop sec, on débat dans des hauts et des bas.
ON PERD ÉNORMÉMENT DE TEMPS !
(Cela dit, en mai 67, il y a eu de graves émeutes à la Guadeloupe…
et, un an après………)