Edition BRAGELONNE, L'Ombre (2006)
Tandis qu'il pose le papier peint de la chambre de son futur bébé, Jerry est sauvagement attaqué par un couteau invisible. Au moment où elle tente d'appeler des secours, Alison, sa jeune épouse enceinte, est décapitée par une épée qui n'existe pas. Jerry sera accusé du meurtre, mais le lieutenant Decker Martin, chargé de l'enquête, doute de sa culpabilité, d'autant plus que d'autres meurtres tout aussi bizarres ont lieu dans des circonstances similaires et tout aussi sanguinaires, et qu'une enfant trisomique affirme avoir vu sur les lieux un homme tout de gris vêtu.
Le Diable en gris commence très fort ! Normal, c'est du Masterton, et du bon. Il faut s'attendre à un cocktail de scènes d'action pimentées de sexe (non, on ne peut pas parler d'érotisme) et à des dialogues parsemés d'un zeste d'humour. C'est d'ailleurs ce qui fait la force de ce roman : ces pauses dans le tumulte des sensations amenées par l'intrigue rendent l'horreur plus forte, plus actuelle, mais aussi plus supportable. Le cinéma l'a compris depuis longtemps : il faut faire rire entre deux grosses frayeurs. Il faut aussi faire vibrer la corde mystique, et c'est ce que fait l'auteur, avec le fantôme de l'épouse assassinée de Martin et la mystérieuse influence de la santeria, version locale du vaudou, masquée sous un culte rendu aux saints de l'église catholique aux temps de l'esclavage.
Vous l'aurez compris, la sauce prend à merveille. Le Diable en gris est un livre où on ne s'ennuie pas un instant et, après l'avoir refermé, on a fort envie que L'Ombre, la nouvelle collection de Bragelonne, publie d'autres œuvres de Masterton, ou tout au moins d'auteurs de fantastique aussi forts.
Lucie CHENU Première parution : 7/11/2006 nooSFere
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