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Les Murs des ténèbres

Barbara HAMBLY

Titre original : The Walls of Air, 1983
Fantasy  - Cycle : Darwarth  vol.

Traduction de Françoise MAILLET
Illustration de Florence MAGNIN
OPTA, coll. Club du livre d'anticipation n° 122, dépôt légal : octobre 1986
416 pages, catégorie / prix : nd, ISBN : 2-7201-0293-8

Tirage limité à 1 500 exemplaires numérotés + 30 HC.

Couverture

    Quatrième de couverture    
Trois millénaires plus tôt, les Ténébreux avaient quitté leurs repaires
souterrains et détruit la plus grande partie de l'humanité. Et ils étaient de
retour toujours aussi assoiffés de sang !
Seuls quelques milliers d'humains avaient trouvé refuge dans l'ancienne
citadelle de Renweth.
Cependant, même les pouvoirs du magicien Ingold Inglorion ne pouvaient
contenir les assauts furieux des monstres. Pour vaincre l'horreur venue de la
nuit, il fallait chercher conseil et secours dans la cité cachée de Quo, où
s'étaient réunis tous les autres magiciens. Mais Ingold pourrait-il franchir les
murs invisibles qui séparaient Quo du reste du monde ?
Le vieux magicien et son disciple, Rudy Solis, prirent le risque de parcourir les
deux mille lieues de dangereux désert qui les séparaient de la Cité des
Magiciens.

La suite de la passionnante trilogie de Darwath !


    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
André-François Ruaud : Cartographie du merveilleux (liste parue en 2001)  pour la série : Darwarth
 
    Critiques    
     Ce qui reste de l'humanité dans le pays de Dare a trouvé refuge dans l'antique citadelle noire de Renweth, mais leur faut-il abandonner tout espoir de regagner le monde extérieur ? Les Ténébreux sont en effet là, qui guettent la citadelle, tournent autour d'elle la nuit en cherchant à briser les charmes qui protègent ses portes. Ingold Inglorion, sorcier que les bigots de la cour n'apprécient guère et sans lequel pourtant ils seraient déjà morts, Ingold donc, pense trouver des secours à Quo, la ville secrète des siens ; il part donc avec Rudy à travers les plaines glacées, poussé par l'espoir. Pendant ce temps, Gil demeure à la citadelle, et tente d'élucider sur place le mystère même de ce lieu où l'on est à l'abri des Ténébreux, les ennemis de l'humanité.
     Il n'y a plus comme dans le premier tome de grands mouvements de population, des combats terrifiants contre les Ténébreux... On a au contraire affaire ici à un roman essentiellement intimiste, dont toute l'intrigue se resserre autour des trois personnages principaux. Mais si l'intrigue est aussi dépouillée que le décor, c'est au bénéfice de la psychologie, de l'atmosphère et des descriptions de paysages — Hambly a du style et nous le montre. Les lecteurs amateurs d'action trépidante auront certainement l'impression que l'histoire piétine ; il n'en est rien ! Barbara Hambly a simplement choisi ici un traitement plus subtil, vu par le petit bout de la lorgnette. Et qui dit action dépouillée ne dit pas roman mineur : Le mur des ténèbres est passionnant à plus d'un titre. Il est certainement moins aisé de parvenir à un tel dépouillement qu'au fracas des armes et aux grandes déclamations de la fantasy épique.
     Intimiste, l'intrigue de L'épée de l'hiver l'est aussi à sa manière. Le principal de ce sympathique roman de fantasy se déroule en effet en un seul et même lieu, le château de Jentesi, au nord du glacial pays de Cherek. Le vieux roi Gambin, un tyran de la pire espèce, se meurt lentement et s'est cruellement amusé à réunir autour de lui les prétendants au trône (ses deux fils et ses deux filles), ainsi que l'ensemble de sa cour. Pour corser le jeu Gambin s'est bien gardé de désigner son dauphin, et les intrigues mesquines voire criminelles vont bon train dans le château perché sur son rocher au milieu des eaux glacées... Le personnage principal de l'œuvre de Marta Randall (dont c'est la première traduction) est Lyeth, la Cavalière du tyran. Comme tout le monde dans la province elle attend avec impatience la mort de son maître, pour pouvoir enfin être débarrassée de son serment. Car les Cavaliers, traditionnellement les messagers du royaume, n'apprécient guère de s'être vus transformés en chiens de chasse et oiseaux de mauvais augure par leur souverain ! L'épée de l'hiver offre une galerie de portrait très réussie, dont les acteurs ne sont jamais manichéens mais toujours attachants, même ceux (comme Gambin) dont les âmes sont les plus sombres. Le cadre choisi est lui aussi assez original en fantasy : loin de l'usuel pseudo-Moyen-Age, on est ici dans une sorte de XVIIIe siècle, la vapeur en est à ses débuts, comme le télégraphe, et l'on vient de découvrir un continent civilisé dans le sud... La société de Cherek, une fédération de royaumes tendant (sans y parvenir) vers la démocratie, est en pleine évolution, les temps changent, et l'agonie de Gambin, seigneur d'une des provinces les plus proches des glaces, n'est qu'un événement mineur dans cette époque. Marta Randall a fait là œuvre attachante, une sorte de fusion entre ce qui peut faire le charme de la fantasy d'aventure, celui du roman de cape-et-d'épée (on songera au Prisonnier de Zenda) et celui du roman policier classique : une lecture jubilatoire.
     Daniel Walther sait choisir avec discernement parmi ce que la fantasy anglo-saxonne moderne a de plus sympathique, et l'illustratrice désignée dans les deux cas (Florence Magnin) a un talent délicat qui convient parfaitement à ce genre d'œuvres. Dommage seulement que (pour de bêtes raisons d'économie, et ce depuis quelques années) les gardes soient maintenant identiques, et que les cartes ne soient que partiellement traduites.


André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/3/1987
dans Fiction 384
Mise en ligne le : 29/1/2003


 
Base mise à jour le 17 mai 2013.
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