Site officiel de Elisabeth Vonarburg
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Ma foi, puisque nous avons survécu à la énième fin du monde (pas tous : Hello, François, hello, Roland, hello, Jacques... vous êtes là pareil), me voilà avec un peu de temps pour reprendre cette conversation à éclipses... Ce n'est pas seulement la fin du monde, remarquez. Je dois avoir l'esprit contrariant. Plus ça tweete, fesseboucque et autres joyeusetés médiasociales et plus j'ai envie de me construire une tour. Avec des vitres sans tain, qui permettent de voir sans être vu quand on en a envie, parce qu'enfin, le monde m'intéresse. Simplement pas tout le monde et n'importe qui n'importe quand et dans tous leurs états. Savoir, oui. Être contrainte au voyeurisme d'innombrables et répétitives banalités, non.

Dinosaure je suis et m'assume donc. En imaginant avec curiosité le retour de flamme -- car il y en aura un, à un moment donné. Aux excès du déballage répondra un excès d'emballage, ou du moins de réticence. Je nous le souhaite, sinon l'excès, qui en bien des choses est un défaut, du moins le retour de la discrétion et des beaux secrets. Je ne serai peut-être simplement pas là pour le voir. Car oui, 2013 a été l'année de la fin d'un monde : j'ai frappé les soixante-cinq ans, l'âge de plomb. Officiellement vieille, et (maigrement) pensionnée, j'ai désormais le droit d'être bilieuse et de ne plus être tentée de vouloir plaire à qui ne me plaît pas. Quelle libération. You've come a long way, Baby. Ou presque.

La retraite ? Quelle retraite ? Il n'y a pas de retraite pour les impénitentes. Les histoires, heureusement, ne s'arrêtent pas avec l'état civil (avec l'état incivil non plus, d'ailleurs !), ni avec les Prix décernés pour l'ensemble de l'œuvre.  Je vous en donnais une en avant-goût il y a deux ans, eh bien, elle, ses sœurs et ses cousines ont été publiées (voir dans Actualités). On réédite mon bouquin Comment Écrire des Histoires, Guide de l'explorateur, ce printemps (idem), un recueil de nouvelles (longues cette fois), paraîtra à l'automne, et j'ai même écrit un roman l'automne dernier. Il m'arrive de lâcher les mots et de croire qu'ils me lâchent, mais ce n'est pas encore le cas. Je dirais bien ici “Croisons les doigts” mais ce n'est pas pratique pour taper sur un clavier... Et le bois de mon bureau n'en est pas. Bah, il ne faut pas être superstitieux. Ça porte malheur. Je m'en vais de ce pas acheter un chat noir.

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