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Album
Le Travail du furet
Série : Les Chroniques de Centrum    tome 1 

Scénario : Jean-Pierre ANDREVON
Dessins : Afif KHALED

Soleil , coll. Mondes futurs, 2004
 

 
Critiques
     Centrum : mégalopole polluée et surpeuplée. Chaque année, un million de citoyens sont tirés au sort et éliminés par des tueurs, les « furets ». La vie de l'un de ces fonctionnaires zélés bascule lorsque, d'une part, il sauve une prostituée, et, d'autre part, apprend que le jeu est truqué... Après Genefort (cf. Bifrost 35), c'est au tour d'Andrevon d'adapter un de ses récits en BD, en l'occurrence Le Travail du furet (Folio « SF »). Si la dystopie est classique, le récit est prenant et l'univers glauque bien rendu par le dessin de Khaled, qui signe là son premier album. De la bonne BD de SF.
     (Note : Trebueno)

Philippe Heurtel          
Bifrost n°36          
01/10/2004          
Mise en ligne le 26/06/2006          

     Plus d'un quart de siècle sépare cet album des premiers rapports d'Andrevon avec les dessinateurs de bandes dessinées — rappelons qu'Andrevon lui-même dessine de manière originale et personnelle et que déjà, à cette époque, il pratiquait l'adaptation de ses propres textes (Lire La réserve, dessins de Pichard, Bouquins Charlie, éditions du Square, 1978). En 1982 et 1985, sur des dessins de Veronik et aux éditions Glénat, il donne Matricule 45000 qui, en 1989, deviendra le roman Sukran (Grand Prix de la SF, éditions Denoël). La version littéraire du Travail du furet date quant à elle de 1983. Il en existait déjà une version télévisée depuis 1994, et en attendant une éventuelle adaptation pour le cinéma, voici sa transposition en bandes dessinées. Que donne, une fois transformée en images, cette histoire d'un tueur professionnel qui est contraint, dans un monde noir et violent, de s'interroger sur son travail de « furet » ?

     On notera d'abord un découpage des planches très classique, qui n'agresse pas le lecteur — quelques rares libertés passent fort bien dans l'ensemble — et qui renforce même à mon sens la violence du récit (on pense à Orange mécanique). On pourra ensuite remarquer l'absence de verbiage explicatif — un bon dessin vaut toujours mieux qu'un long discours — et enfin une mise en couleur très réussie qui joue intelligemment des couleurs froides et chaudes, et qui, surtout, n'abreuve pas le lecteur d'hémoglobine comme on pouvait le craindre. Le dessin « réaliste » d'Afif Khaled montre la violence « froide » infligée à l'individu par la société dans laquelle il évolue (ce qui est en jeu pour le Furet n'est autre que sa propre dignité) : en ce sens, il est parfaitement adapté à l'univers d'Andrevon. Il exprime également les sentiments de son « samouraï » de héros (dans le film éponyme de Jean-Pierre Melville, on se souvient que le compagnon du tueur est un oiseau : ici le Furet possède un poisson rouge) accablé par le destin mais qui tente toujours et insidieusement de desserrer l'étau social et professionnel qui l'oppresse. Le découpage enfin traduit fort bien la lenteur — la torpeur — qui englue le monde de Centrum et qui favorise la violence (ne serait-ce que pour y échapper).

     Il est vrai qu'on imagine mal Jean-Pierre Andrevon se desservir, mais s'il a effectivement déjà réalisé deux films, il n'est jamais évident de mettre des mots en images sans risquer de décevoir le lecteur. Aucune inquiétude pourtant : ces Chroniques restent bien les siennes.
     Il serait dommage qu'une aussi belle production, n'obtienne ni un prix, ni les faveurs du public.

Noé Gaillard          
Galaxies n°34          
01/09/2004          
Mise en ligne le 02/01/2009          


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