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Jour de l'an 3000

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Chrystelle CAMUS & Nicolas CLUZEAU


Science Fiction  - Illustration de Philippe CAZA
NESTIVEQNEN, coll. Jour de l'an n° (3), dépôt légal : juin 2000
320 pages, catégorie / prix : 12 €, ISBN : 2-910899-18-7
Couverture

    Quatrième de couverture    
     2999 : le cycle se répète inlassablement. Mais cette fois, ce sont les civilisations du futur qui auront à affronter le nouveau changement de millénaire.
     Seront-elles encore sensibles aux prophéties, comme les hommes de l'an 1000 ? Ou auront-elles à faire face à de nouveaux problèmes techniques, comme ceux de l'an 2000 ? Mais pouvons-nous gager qu'il s'agira bien de nos lointains descendants ? Et si nous avions essaimé dans l'univers, laissant notre planète aux prises d'extraterrestres ou d'androïdes que nous aurions créés ?

     A moins que nous ne soyons plus que des bits de données dans une matrice informatique...

     « Jour de l'an 3000 » regroupe 12 auteurs qui nous font partager leur vision de la fin du troisième millénaire... Un millénaire de science-fiction...


    Sommaire    
 
    Critiques    
     Après la fantasy (l'an 1000) et le fantastique (l'an 2000), voici la SF. Pour les éditeurs, l'exercice était plus délicat. Il est « toujours plus difficile d'inventer l'avenir », et surtout, au moyen âge intemporel ou au quasi-présent se substitue une date précise, trop loin pour une simple extrapolation, trop près pour que tout soit possible. De plus, s'il est difficile de composer un recueil sans thème imposé, cela l'est davantage en imposant un sujet sans textes antérieurs s'y rattachant (les facéties de Spinrad et de Régnier, dans Galaxies n° 1 et n° 15, sont trop liées à l'an 2000).
     Le seul à avoir joué le jeu à fond est peut-être Levilain-Clément, avec des images fortes, mais les enjeux qu'il décrit, lestés de Grèce antique (et de narcissisme d'artiste), peuvent rester étrangers au lecteur, même accroché par un talent certain. Colin s'en sort en regardant l'an 3000 depuis aujourd'hui, en mêlant faux et vrai sans trancher, et en faisant court (à quelque poésie près). Une méthode presque similaire est suivie par Manson et Millemann, jouant sur le retournement et les effets de miroir. On peut aussi contourner la règle du jeu, en plaquant l'an 3000 sur une histoire qui n'en a nul besoin. Et rapprocher l'échéance en supposant une régression qui évite la spéculation technologique, comme Andrevon, qui, entre dons et expérience, sait éviter toute incohérence : si on entrevoit vite le ressort essentiel, l'oscillation entre la pseudo-fable animalière et l'horreur suggérée est d'autant plus efficace que la dégénérescence semble abominablement euphorique. Une déglingue permet aussi à Lencou de faire fonctionner un récit aux allures de roman-feuilleton, avec surprises, trahisons, retournements et révélations, assez de rythme pour faire passer un café jazz, mais peut-être pas une Terre réduite à Paris et sa banlieue. Et la déglingue intervient aussi chez Kaan, avec en pendant une accélération étonnante, faisant passer en mille ans de l'apparition de la vie aux voyages spatiaux... Reste que, souvent, l'an 3000 a une allure de XXIe-XXIIe siècle, comme chez Verdier où, en outre, on recrée un Paris 1920, ou chez Le Breton, embarqué dans les méandres politiques et mystiques d'un avenir africo-spatial. Et que, même s'ils renforcent la chute d'une pochade étirée, on peut s'étonner du lino, du champagne ou du « tu la sens, hein !, tu la sens » d'Espinosa, ou des références aux émeutes du passage à l'an 2000 ( ?) de Le Breton et Calvez, lequel trouve aussi un tas de planètes anonymes à moins de trois heures-lumière de chez nous.
     Au total, on peut rester sceptique. Dire qu'il n'y a pas de révélation, que les meilleurs textes viennent d'Andrevon et d'autres moins connus mais déjà bien repérés. Pester contre les maladresses. Mais aussi noter que de parfaits inconnus livrent des nouvelles moins parfaites, mais pas sans promesses. Qu'ils travailleront mieux encouragés par ce volume que par les fanzines d'antan. Que le lecteur s'y retrouve, à un prix raisonnable, avec le plaisir de dire, dans dix ans, qu'il avait lu l'un des premiers textes d'untel, et qu'on sentait déjà que...

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/6/2001
dans Galaxies 21
Mise en ligne le : 4/9/2002


 
Base mise à jour le 17 mai 2013.
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