Recherche Rapide
    nooSFere > Encyclopédie > Littérature Choisir un autre habillage   
    Critiques    
    Littérature    
    Identification    
    Fiche livre    

Chasseurs de Sorciers

Martha WELLS

Titre original : The Wizard Hunters, 2003
Cycle : La Chute d'Île-Rien vol.

Traduction de Anne BELLE
Illustration de Amandine LABARRE
L'ATALANTE, coll. La Dentelle du Cygne n° (150), dépôt légal : août 2006
512 pages, catégorie / prix : 22,00 €, ISBN : 2-84172-340-2

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Le royaume d'Île-Rien est au bord de la défaite après trois années de ghuerre contre un ennemi silencieux et jamais entrevu. Surgis de nulle part dans leurs dirigeables noirs, les mystérieux Gardiers sèment la destruction. Les armes conventionnelles ne leur résistent pas et la magie d'Ile-Rien demeure inopérante.
     Que reste-t-il au royaume ? Peut-être une sphère occulte léguée par le puissant sorcier Aristide à sa nièce adoptive, Tremaine, fille de Nicholas Valiarde de La mort du nécromant. Peut-être le moyen de découvrir d'où vient l'ennemi.
     Emportée dans un monde parallèle menacé lui aussi par les Gardiers, où une civilisation plus primitive affronte des sorciers malveillants et sanguinaires. Trémaine devra déchiffrer le secret de la sphère pour offrir une dernier espoir à sa patrie.
     Chasseurs de sorciers ouvre la trilogie de La chute d'Ile-Rien une fantasy hors du commun. Après Le feu primordial et La mort du nécroman, Martha Wells se distingue toujours par la richesse et la qualité de ses personnages, au plus près du lecteur.

 
    Critiques    
     Le royaume d'Île-Rien, que le lecteur a appris à connaître au travers des romans La Mort du nécromant et Le Feu primordial (cf. critiques dans les Bifrost25 et 30), tous deux disponibles chez l'Atalante (séance de rattrapage obligatoire pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce monde où se mêlent magie et industrialisation), va connaître la défaite. Incapable, depuis trois années, de faire face à la menace des Gardiers, le royaume est sur le point de s'effondrer, et sa capitale, Vienne, à la veille d'être investie par les forces ennemies. Face à cette avalanche de mauvaises nouvelles, un seul espoir demeure : détruire la base secrète à partir de laquelle agissent les Gardiers afin de briser leur élan victorieux. Une mission de la dernière chance est donc confiée à un commando improvisé. Hélas, ce ne sont même pas douze salopards qui sont rassemblés. Non, juste une jeune fille tourmentée (bâillement poli), nièce adoptive du très grand magicien Arisilde et fille du non moins célèbre Nicholas Valiarde (ça, c'est son côté people), accompagnée de son oncle, le magicien Gérard (plus facile à mémoriser que Gandalf), d'une apprentie sorcière (même pas glamour avec sa robe de chambre) et d'un militaire de service (bien entendu, le doigt sur la couture du pantalon). Evidemment pourvu d'une arme secrète — une sphère à la magie surpuissante mais au mode d'emploi et au fonctionnement mystérieux — , le groupe n'a pas anticipé (surprise !) une évolution imprévue de sa mission au cœur du monde parallèle où les Gardiers ont installé leur base. Les autochtones qui y vivent, certes primitifs, haïssent et tuent les sorciers...

     Autant ne pas tergiverser : on s'ennuie ferme à la lecture de ce roman qui s'annonce de surcroît comme le premier volet d'une trilogie. S'il y a une magie qui fonctionne à plein régime dans Chasseurs de sorciers, c'est bien la faculté de l'auteur à rendre son récit interminable, ce qui énerve grandement. Certes, on peut affirmer de façon diplomatique que cette fantasy de Martha Wells n'est pas dépourvue, à l'occasion, de quelques idées qui suscitent, ponctuellement, un intérêt... aléatoire. On peut ajouter qu'il existe un potentiel non exploité et que, dans le doute, il faudrait peut-être lire le deuxième, puis le troisième volet (soyons fou) de cette trilogie pour émettre un avis définitif. Mais voilà, nous ne sommes pas diplomates, à Bifrost, et nous n'aimons pas gaspiller notre temps. Aussi nous permettra-t-on d'aller droit au but : ce roman est médiocre. L'intellect y est anesthésié par une intrigue désespérément molle, que dis-je, complètement amorphe, portée par une narration dénuée de souffle et des situations elles-mêmes avachies. Que reste-t-il pour réveiller l'intérêt ? Pas grand-chose à vrai dire, puisque l'émotion est tuée par des personnages insipides qui ne suscitent pas une once d'empathie de la part du lecteur. En fait, en dehors de cet ennui déjà évoqué, on n'éprouve aucun frisson en lisant ce roman, et la concentration cède inexorablement la place à l'agacement devant la banalité, la superficialité des états d'âme des personnages et des ressorts dramatiques. L'histoire ne fonctionne pas : on se regarde lire en espérant voir la fin arriver le plus vite possible.

     Bref, un conseil : lisez Aquaforte (cf. critique plus bas) de K. J. Bishop — la bonne pioche du moment, chez l'Atalante — si vous souhaitez une fantasy hors du commun (dixit la quatrième de couverture de Chasseurs de sorciers), ou si vous désirez vous immerger dans un monde dense et envoûtant, traversé par des personnages dotés d'une psychologie complexe. Une lecture qui génère une vraie émotion, celle qui vous empêche de lâcher le morceau et vous poursuit longtemps une fois la dernière page tournée. Tout ce que n'est pas Chasseurs de sorciers, en somme.

Laurent LELEU
Première parution : 1/1/2007
dans Bifrost 45
Mise en ligne le : 29/6/2008


 
Base mise à jour le 20 avril 2014.
Écrire aux webmestres       © nooSFere, 1999-2014. Tous droits réservés.
Les PDF sont générés avec le composant ABCPdf de Websupergoo.