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Le Dieu fou

Michael MOORCOCK

Titre original : The Mad God's Amulet, 1968
Fantasy  - Cycle : Hawkmoon (la légende de) / Runes (la saga des)  vol.

Traduction de Jacques GUIOD
Illustration de Marc MORENO
POCKET, coll. Fantasy (2006 - ) n° 5307, dépôt légal : octobre 2007
ISBN : 978-2-266-17295-0

Couverture

    Quatrième de couverture    
     Le comte Airain a perdu le désir de vivre.
     Sa fille, la douce Ysselda, a été enlevée et livrée au Dieu fou. Dorian Hawkmoon, le fiancé de la belle, guerroie au loin contre les Granbretons. C'est pourtant lui qui, sur le chemin du retour, rencontre les adorateurs du Dieu fou. Ces gladiateurs nus, luisants et drogués, se reconnaissent à leur rire sauvage, pareil à celui de tous les damnés de l'enfer. Ils n'ont qu'un plaisir : détruire. Seul Hawkmoon pourra libérer Ysselda et anéantir le Dieu fou.
     Mais à quel prix ?


    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : Hawkmoon (la légende de) / Runes (la saga des)
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition Jean-Claude LATTÈS, Titres/SF (1980)


 
     LA SAGA DES RUNES

     Le Joyau Noir (The Jewel intheSkull, 1967) ; Le Dieu Fou (The Mad God's Amulet, 1968) ; L'Epée de l'Aurore (The Sword of the Dawn, 1968). Michael Moorcock — 3 vol. chez J.C. Lattes coll. Titres SF.

     Ces derniers mois, la collection Titres SF a mis trois volets de la Saga des Runes à notre disposition. Les deux premiers (Le Joyau Noir et Le Dieu Fou) furent publiés par Lattes en 73. L'Epée de l'Aurore par contre est inédit, comme le sera Le Secret des Runes promis pour mars 80. En se situant délibérément dans le registre classique, codé, de l'heroic-fantasy, Moorcock se pose comme un styliste. Et de ce point de vue, si l'on n'est pas réfractaire au genre, c'est une réussite, bien que le présent cycle souffre un peu de la comparaison avec la Saga d'Elric. La lecture globale des trois volumes permet de mieux palper le fonctionnement de ce proche parent de la SF. Luttes de type féodal, brassage uchronique, barbarie (à visage moorcockien), quêtes, science et sorcellerie. Un retour au mythe, à l'épopée. Mais aussi, un jeu sur le langage. Par les accents légendaires, le maniérisme des dialogues. Et surtout, l'indice que le rêve s'enclenche autour du Nom, que les phonèmes sont générateurs de l'effet d'ailleurs par leur volonté explicite de signifier. L'imagination va puiser dans leurs connotations (références ethniques, historiques, géographiques, littéraires, etc.) : Hawkmoon, Ysselda, Medialus, Oladahn... Dans leur distorsion : Granbretanne, Kamarg, Asiacommunista... Par ce biais, les significations du récit sont une seconde fois délivrées et, ainsi redoublées, s'enrobent de lyrisme. En ce sens, l'heroic-fantasy (au moins telle que Moorcock nous la donne à voir) est un genre plus « idéalement littéraire » qu'on pourrait le croire.


Bruno LECIGNE
Première parution : 1/2/1980
dans Fiction 306
Mise en ligne le : 19/12/2010


Edition Jean-Claude LATTÈS, Science-fiction (1973)


     Michael Moorcock ne s'en est jamais caché : pour lui, l'écriture de l'heroic-fantasy obéit à des motifs d'ordre purement alimentaire, et il pond ses productions dans le genre exactement comme un auteur consciencieux du Fleuve Noir qui sait combien il lui faut fournir de manuscrits par an pour vivre. La saga d'EIric, que nous avons découverte en premier lieu, n'avait pas cet aspect de littérature à la chaîne, d'abord parce qu'elle avait ses sources au début de la carrière de Moorcock, ensuite parce qu'elle était parue sous forme de nouvelles dispersées, à la publication étalée sur des années. Il ne faut cependant pas croire que tout Moorcock est de la même veine. Les admirateurs d'EIric, s'ils se jettent sur la saga des Runes dont nous sont offerts ici les deux premiers volumes, risquent d'être déçus au premier contact. Dorian Hawkmoon est un héros qui n'a pas la sombre grandeur d'EIric, et l'environnement, le climat de l'action, ne sont pas édifiés avec autant de puissance. Pourtant, dans un deuxième temps, la magie opère : la technique de Moorcock, même quand elle fonctionne un peu à vide, prend le dessus et on se laisse emporter par le flot. Chef-d'œuvre, donc, non ; mais œuvre de série à la qualité non négligeable.


Serge BERTRAND
Première parution : 1/8/1973
dans Fiction 236
Mise en ligne le : 28/10/2002

Critique de la série par Bruno PARACritique de la série par Jean-Marc LIGNY

 
Base mise à jour le 17 mai 2013.
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