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Jennifer Strange, dresseuse de Quarkons

Jasper FFORDE

Titre original : The Song of the Quarkbeast, 2011
Cycle : Jennifer Strange  vol. 2

Illustration de Marco TARDITO
FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, coll. Territoires n° (10), dépôt légal : juin 2012
ISBN : 978-2-265-09307-2

Couverture
 
    Critiques    
     J’avais eu l’occasion de partager avec vous mon enthousiasme pour le premier roman de la nouvelle trilogie de Jasper Fforde sur les aventures drôlatiques de Jennifer Strange dans les Royaumes-Désunis. Le volume suivant, « Jennifer Strange, dresseuse de quarkons » vient de sortir chez Territoires, toujours aussi déjanté. Nous retrouvons Jennifer deux mois après ses exploits précédents qui étaient, je le rappelle, tuer le dernier dragon, faire revenir la magie en quantité illimitée et remplir les formulaires pour tous les actes magiques effectués par l’entreprise Kazam , toujours en l’absence de son magicien fondateur. Sa préoccupation principale, aidée de son assistant Grizz dit Crevettes, est toujours de faire rentrer de l’argent et payer les réparations des tapis volants servant à livrer les pizzas, ceci face à la concurrence redoutable de iMagie, entreprise de Blix le Tout-Puissant. Or, alors qu’ils vont devoir se mesurer à celui-ci dans un concours magique pour reconstruire un pont, suite aux nouvelles manigances du roi Snodd IV et de son frère inutile (c’est son titre officiel), les magiciens de Jennifer se pétrifient les uns après les autres... sans compter les obstacles qui se multiplient et les questions sans réponse : pourquoi l’anneau d’or qu’un client mystérieux lui paye une fortune pour le retrouver veut-il rester caché ? quel est le secret des accumulateurs de magie de Dibble ? et celui de la longévité de la Mère Zénobie, supérieure du couvent des Bienheureuses du Homard ? pourquoi Boolean Smith, magicienne ex-Magnifique, ne pratique-t-elle plus la magie depuis son enlèvement et se passionne-t-elle pour la protection des quarkons ? y a-t-il d’ailleurs un quarkon dans la ville (on se souvient que Jennifer avait perdu son animal favori précédemment) ? Toutes les réponses à ces questions fondamentales et à bien d’autres, comme la manière dont les trolls nous considèrent, sont apportées dans ce tome aussi drôle et enlevé que le premier. Jasper Fforde fait toujours preuve d’un esprit acéré et caustique, en particulier à l’égard de l’institution monarchique, l’intrigue est toujours originale et drôle, on retrouve avec plaisir les personnages attachants et loufoques de chez Kazam plus de nouveaux « méchants » aussi odieux qu’incapables, remplissant ainsi parfaitement leurs rôles. Michel Pagel a dû autant s’amuser à traduire ce roman que le précédent et transpirer tout autant pour rendre tout l’humour et les traits d’esprit de l’auteur. Je ne peux que reprendre la conclusion de mon coup de coeur précédent : le résultat en vaut la peine !

Jean-Luc RIVERA
Première parution : 1/6/2012
dans ActuSF
Mise en ligne le : 27/1/2013


 
     Et c'est à nouveau sous une couverture à côté de la plaque (et accessoirement — ou pas — sous un titre français plus qu'approximatif) que le Fleuve noir publie, dans sa collection young adult « Territoires », le deuxième tome de la trilogie « Jennifer Strange » de l'excellent Jasper Fforde.
     Le premier tome, Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons (critique in Bifrost 63), était tout à fait sympathique, même si l'on pouvait en sortir un brin déçu eu égard aux attentes générées sur un écrivain de la trempe de Jasper Fforde, qui a su nous régaler notamment avec sa fameuse série des « Thursday Next », ou, plus récemment, avec « La Tyrannie de l'arc-en-ciel » (cf. Bifrost 66). On sentait en effet la différence de public visé, ce qui se traduisait par un délire moindre, plus contrôlé.
     Avec ce deuxième tome, toutefois, on a rapidement l'impression que l'auteur ouvre les vannes, et s'autorise cette fois tous les excès dans le but premier de susciter le rire. C'est donc très vite avec un grand plaisir que nous retrouvons les Royaumes Désunis, et plus précisément le royaume de Hereford.
     L'enfant trouvée Jennifer Strange y dirige toujours, en l'absence du Grand Zambini, l'agence magique Kazam. Et, depuis ses exploits du premier tome, qui ont eu une influence sans pareille sur la magie mondiale (l'énergie sorciérique, ou « crépite »), on peut dire qu'elle ne chôme pas. Néanmoins, elle doit faire face à la concurrence acharnée d'iMagie (oui, parce que tout est tellement plus cool précédé d'un « i »), l'autre agence, dirigée par l'Etonnant Blix, qui se donne du Tout-Puissant Blix, mais parvient difficilement à faire oublier qu'il est le petit-fils de Blix le Hideusement Barbare. Il y a beaucoup de contrats à la clé, dont celui, particulièrement juteux, de la réactivation du réseau de téléphonie mobile... et tous les coups sont permis dans cette lutte de pouvoirs. Kazam se retrouve bientôt dans une fâcheuse situation, alors même que le différend entre les deux entreprises doit se solder par un tournoi de magie.
     Accessoirement, un quarkon rôde dans les environs, qui pourrait être le double de celui que Jennifer Strange a perdu en Dragonie. Ah, et puis il y a aussi cette histoire d'anneau maudit — mais ça n'a probablement aucune importance, n'est-ce pas ?
     Sans oublier l'élan transitoire.
     Jennifer Strange, dresseuse de quarkons s'inscrit résolument dans la foulée de son prédécesseur. Aussi en reproduit-il largement tant les défauts que les qualités. On notera cependant (et pourquoi pas en bas de page, procédé dont l'auteur use et abuse pour notre plus grand plaisir) que, dans ce roman sans véritable trame générale — ou disons qu'elle reste discrète — , le délire est plus franc, et s'exprime dans une succession de gags tous plus improbables les uns que les autres.
     Parallèlement, Jasper Fforde garde à l'esprit qu'il s'adresse à un public prétendument adolescent, et son art se plie aux contraintes nécessaires de ce cœur-de-cible. Mais sans que cela devienne jamais ennuyeux pour un lecteur plus âgé.
     Au final, et même s'il n'est pas sans défauts, Jennifer Strange, dresseuse de quarkons convainc en fait davantage que le premier tome — grâce à ses héros sympathiques, ses méchants insupportables d'arrogance, et surtout cette ambiance générale de joyeux délire s'exprimant dans un cadre de fantasy uchronique tout à fait enchanteur (et un brin, juste un brin, subversif). C'est donc une lecture des plus agréables, même si l'on n'en fera pas un achat indispensable.
 

Bertrand BONNET
Première parution : 1/10/2012
dans Bifrost 68
Mise en ligne le : 9/4/2016


 
Base mise à jour le 15 juillet 2016.
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