Quelques mois après la réédition des deux premiers tomes de la série, La Volte nous livre avec Le château d’Eymerich le septième opus et premier roman inédit en France depuis 2002 des aventures du célèbre Inquisiteur.
En 1369, Pierre le Cruel est assiégé dans le mystérieux château de Montiel, en Castille, par son frère Henri de Trastamare et Bertrand du Guesclin. Pierre convoque Eymerich, lui demandant de confirmer sa légitimité de roi. Mais lorsque l’inquisiteur arrive, il découvre que celui-ci est entouré de juifs, que le religieux considère comme ses ennemis. Il entame donc des négociations entre les deux frères, mais poursuit un but caché.
Le château d’Eymerich est l’occasion d’un retour aux fondamentaux : torture, antisémitisme, complots et basses manœuvres parsèment le récit. Comme à son habitude, Evangelisti délivre une seconde trame, plus contemporaine (située cette fois pendant la seconde guerre mondiale) et censée résonner avec les aventures moyenâgeuses. Mais l’auteur ne semble pas s’y intéresser autant que dans les tomes précédents et celle-ci reste anecdotique. En revanche, du côté de l’inquisiteur, l’écrivain se lâche totalement dans le fantastique, puisant dans la kabbale pour animer son récit. Et c’est réussi : le roman se dévore sans pause, réjouissant le lecteur avec les tourments qu’Eymerich subit et faire subir. Si les deux précédents tomes (Picatrix et Cherudek) avaient pu désarçonner certains lecteurs par leur folie et leurs méandres, Le château d’Eymerich signe un retour à des aventures moins extrêmes, mais tout aussi efficaces. Enfin, signalons le magnifique travail graphique effectué sur la couverture par Corinne Billon et Stéphanie Aparicio. Merci la Volte !
René-Marc DOLHEN
Première parution : 6/9/2012
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