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    Fiche livre    

La Montagne morte de la vie

Michel BERNANOS

Fantastique  - Illustration de Jean-Michel PERRIN
L'ARBRE VENGEUR, 1er trimestre 2017
224 pages, catégorie / prix : 17 €, ISBN : 979-10-91504-46-1
Autres éditions
   in Le Cycle de la Montagne morte de la vie - Romans fantastiques, FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, 1996
   LIVRE DE POCHE, 1977
   PAUVERT, 1967
   TABLE RONDE (LA), 2008
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Mousse embarqué de force sur un bateau où l'équipage ne lui épargne rien, le narrateur de cette histoire raconte sa vie en mer, entre les privations, les sévices et la cruauté des marins, mais sous la protection du cuistot. Ce dernier comprend vite qu'avec le vent qui tombe se préparent des temps terribles et que la vie sur un galion immobile va devenir un enfer.
     C'est ainsi que débute un des romans fantastiques les plus saisissants de la littérature française, transformant une aventure maritime en conte initiatique : dans le sillage des deux rescapés fascinés par la montagne qui domine l'île où ils ont échoué et qui semble avoir été désertée par les humains, un univers aussi fabuleux qu'inquiétant émerge de la roche.
     A l'ombre d'un père immense, un seul livre, posthume, a permis à Michel Bernanos, de se faire un prénom.
     La Montagne morte de la vie est de ceux dont les images et les visions vous poursuivent toute une vie.


    Sommaire    
1 - Juan ASENSIO, Préface, pages 5 à 35, Préface
2 - Ils ont déchiré Son image..., pages 167 à 206
3 - Dominique DE ROUX, Dormez, vous serez heureux, pages 209 à 217, Postface
4 - (non mentionné), Bibliographie, pages 219 à 220, Bibliographie
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition LIVRE DE POCHE, SF (1ère série, 1977-1981) (2001)


     Au terme d'une nuit de beuverie, le narrateur, un jeune homme de dix-huit ans, signe un engagement d'un an comme mousse sur un galion à destination du Pérou. Cruellement chahuté par l'équipage, il est défendu par Toine, le cuisinier du bord, qui le prend finalement sous son aile. Le voyage se poursuit tranquillement jusqu'au drame  : alors que le galion atteint l'équateur, les vents tombent soudain, immobilisant complètement le vaisseau loin de toute terre. C'est alors l'angoissante attente qui commence  : les jours et les semaines s'écoulent dans une inaction forcée qui plonge l'équipage dans le désarroi le plus total, au fur et à mesure que les vivres et les réserves d'eau douce s'épuisent. Le scorbut se propage, et bientôt une mutinerie éclate pour la mise en perce des tonneaux de rhum que transporte le bateau. Rendus fous par la faim et l'alcool, les marins se comportent bientôt comme des bêtes, tandis que Toine tente de préserver le narrateur des épouvantables scènes de violence qui se succèdent à bord. Le cuisinier au grand cœur par la ruse à se faire remettre le commandement du galion au moment où, enfin, les vents se lèvent et gonflent les voiles. Mais le soulagement sera de courte durée  : un cyclone s'abat sur le bateau dont le naufrage jette Toine et le narrateur, seuls rescapés, sur une île à la végétation étrange, dominée par une haute et sombre montagne...
     Très court récit de moins de 150 pages, La Montagne morte de la vie se compose de deux parties bien distinctes  : la première, qui tient du roman maritime, n'est pas sans rappeler Jean Ray par sa description du monde des matelots et des dangers de la vie à bord  ; cependant, là où l'auteur belge affiche une certaine tendresse, Michel Bernanos (fils de Georges) dépeint la cruauté de cet univers avec une totale absence de complaisance. La deuxième partie, le vrai cœur du récit, relate l'aventure de Toine et du narrateur sur l'île où ils se sont échoués, théâtre de phénomènes bien étranges. Jean Ray et Lovecraft apparaissent également ici en filigrane, entre paysages oniriques, horreurs indicibles et dimensions parallèles... Difficile d'être plus précis sans gâcher le plaisir du lecteur. En une poignée de pages, jouant avec maestria sur le non-dit, Michel Bernanos réussit la gageure de créer une atmosphère étrange et prenante, une angoisse quasi-physique là où nombre d'auteurs fantastiques peinent à provoquer un timide frisson à coup de centaines de pages indigestes et d'hectolitres d'hémoglobine. On se prend à trembler lorsque Toine, figure paternelle et rassurante, s'éloigne du narrateur, livré comme le lecteur à un monde inconnu et irréel.
     Ce roman possède l'originalité, la poésie envoûtante, le style, et le petit ingrédient secret, mais indispensable, qui fait que le lecteur est empoigné sans même songer à résister. Un véritable chef-d'œuvre de la littérature fantastique, qu'il faut de toute urgence découvrir. Seul point noir du volume  : Un court appareil critique ou une notice bio-bibliographique détaillée auraient été bienvenus en lieu et place de la postface de l'édition Livre de Poche, signée par Dominique de Roux, où la platitude le dispute à l'hermétisme.
     La Montagne morte de la vie fait partie de ces rares livres qui vous laissent partagé entre le désir de les faire connaître à tous et la tentation de garder pour votre seul plaisir égoïste une pépite méconnue. En écrivant ces quelques lignes, j'ai fait mon choix, mais ce ne fut pas sans peine.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 8/9/2001
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Base mise à jour le 7 janvier 2017.
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