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La Chair dans la fournaise

Dean R. KOONTZ

Titre original : The flesh in the furnace, 1972
Science Fiction  - Traduction de Daphné HALIN
OPTA, coll. Anti-mondes n° 24, 1er trimestre 1976
240 pages, ISBN : 2-7201-0068-X

Couverture

    Quatrième de couverture    
     La gelée de chair synthétique qui était apparue sur le plateau commença à prendre consistance. Bientôt un corps de femme, un corps sans visage, avec des seins arrogants et un vagin à la peau fripée.
     Sébastien commença à s'exciter — il n'y avait rien d'érotique à cette excitation, car il n'entendait rien à ce genre de choses — , il voulait tout simplement voir la suite de l'opération.
     Les cheveux apparurent alors, sur la tête et au-dessous du ventre, des cheveux blonds.
     Ils ondulaient. Puis soudain ils se mirent à pousser sous ses yeux, pareils à mille serpents jaunes, et puis ce fut au tour du visage d'entrer en scène.
     Sébastien attendit que l'opération fût complètement terminée, que le nez fût formé avec ses narines, et que la bouche eût toutes ses dents. A ce moment-là, on sortit la marionnette de la matrice, on la plongea dans un bain générateur qui devait stimuler les terminaisons nerveuses qui se trouvaient sur les couches superficielles de la chair synthétique. Et bientôt, la marionnette se mit à s'animer, à parler doucement, ses doigts se crispèrent pour saisir des visions de la mort, comme pour refuser la vie qui s'installait si rapidement en elle. Mais qui elle ?
     Après La semence du démon, histoire d'amour entre une femme et un ordinateur, voici le second roman de Dean R. Koontz dont Jean Cau, choqué, écrivait dans Paris-Match en août 1974 qu'il « laissait loin derrière lui toute l'imagination pornographique contemporaine ». La science-fiction dérange ? Tant mieux.

 
    Critiques    

     Sur une Terre du futur quasi désertée par ses habitants, partis vers les étoiles, un marionnettiste, Pertos, donne le spectacle de ses créatures vivantes, nées pour chaque représentation du « Fourneau » — produit d'une civilisation stellaire non-humaine. Il est accompagné dans sa tournée par un idiot, Sébastien, qui le tue — avant d'être lui-même mis à mort par les marionnettes. Ces deux meurtres, qui ouvrent et ferment le roman, lui donnent aussi sa dimension métaphysique : entre les tourments du « Prométhée moderne » et la révolte totale du déicide ; et psychanalytique : meurtre du « père », Ajoutons d'autres notions : liberté, libre-arbitre, culpabilité ; d'autres symboles : les araignées omniprésentes, le nom même de Sébastien (le martyr), qui peuvent être portés au pinacle ou simplement ignorés, mais ne réussissent en tout cas pas à alourdir le texte, lequel vaut surtout par une narration fluide et sensible où Koontz, ici presque sturgeonien, parvient à se maintenir sur la corde raide entre la mièvrerie et le naturalisme.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/11/1976
dans Fiction 274
Mise en ligne le : 1/4/2013


 
Base mise à jour le 17 mai 2013.
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