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Software

Rudy RUCKER

Titre original : Software, 1982
Science Fiction  - Traduction de Nathalie SERVAL
Illustration de Gilbert MICHEL
OPTA, coll. Galaxie-bis n° 145, dépôt légal : octobre 1986
256 pages, ISBN : 2-7201-0278-4

Couverture

    Quatrième de couverture    
Cobb Anderson avait construit le premier robot doté d'un vrai cerveau. Il fut ravi de voir ses créatures se rebeller et créer leur propre société sur la lune. Les robots, quand à eux, désiraient faire preuve de reconnaissance et promirent l'immortalité à leur créateur. Le seul cadeau susceptible de mettre en joie un anarchiste de 70 ans affligé d'un coeur d'occasion !
Mais les robots, en fait ne s'intéressaient qu'au cerveau génial de leur père spirituel, à son savoir, sa personnalité... Le reste, pour eux, n'était qu'un peu de matière organique...

Un roman étonnant, sarcastique et tout à fait original par un auteur inclassable qui a obtenu le premier « Philip K. Dick Mémorial Award », un des prix les plus convoités dans le domaine de la nouvelle science-fiction.


    Prix obtenus    
Philip K. Dick, roman, 1983
 
    Critiques    
     Critique commune à deux romans de Rudy Rucker ; « Software » paru chez Opta collection Galaxie bis et « Le secret de la vie » paru chez Denoel collection Présence du futur.

     Après Maître de l'espace et du temps, deux nouveaux Rucker arrivent sur le marché : un de ses débuts, c'est Software (1982), l'autre plus récent, c'est le second, 1985. Dans le premier, Cobb Andersen est un vieil inventeur génial qui a inventé une race de robots intelligents, les boppers, qui sont capables de se reproduire, se sont bien évidemment révoltés contre leurs créateurs (en 2001  !) et sont allé fonder une colonie sur la Lune. Au début du roman, ils reprennent contact avec leur père, devenu une sorte de clodo ivrogne, et l'invitent sur la Lune. Mais c'est pour le transformer à son tour en robot. Cette aventure n'est évidemment pas sérieuse : on dirait plutôt un pastiche de Dick, avec perte d'identité au sein d'un univers mou. Et, plutôt que l'intrigue elle-même, on sent que ce sont ses incidentes qui ont amusé Rucker (quand le Cobb robotisé est entrepris par une femme... « il se demanda si bibliothèque comprenait un sous-programme ERECTION »), qui va, à la fin de son récit, jusqu'à transférer l'essence spirituelle de l'inventeur dans la carcasse d'un camion, sans que Marguerite Duras y soit pour rien.
     Le secret de la vie n'a pas pour personnage principal un vieillard, mais un jeune garçon, Conrad Bunger, qui a 16 ans au début du roman, 20 à la fin. En apparence, on a affaire au journal intime d'un jeune américain typique, une revisitation nostalgique des sixties, (l'action se déroule de 1962 à 66), un nouveau American graffiti en somme. Cet aspect-là du roman est très bien vu, très bien enlevé, et énormément drolatique : Conrad et ses copains ne cherchent qu'à boire, à sortir des filles, à se dépuceler (à défaut d'y parvenir, ils se masturbent gaiement), et il est certain que l'auteur a mis beaucoup de souvenirs personnels dans cette évocation. Ce n'est que peu à peu que le lecteur est amené à se dire qu'il y a quelque chose de bizarre dans la personnalité de Conrad, lorsque celui-ci, soumis à un danger quelconque, se met à faire usage, contre sa volonté, de pouvoirs qu'on dirait échappée de comics : il vole, rapetisse, change de forme... Ne sont ce là que des sensations éthyliques ? Conrad, pourtant, lorsqu'il avait dix ans, a aperçu une soucoupe volante ; et tous ses souvenirs antérieurs à cette période sont curieusement flous... Comme il est d'autre part acharné à percer le « secret de la vie » (aidé en cela par une lecture de La nausée, de Sartre, qui l'a fortement marqué), il en vient à se demander (et le lecteur avec lui), s'il n'est pas un extra-terrestre déposé sur la Terre sous enveloppe humaine pour étudier les Hommes.
     Il y a donc encore là un jeu avec le trouble de l'identité. Mais ce qui n'était qu'un gadget amusant dans software se hausse, sous forme d'humour, à une véritable réflexion sur l'essence et l'existence (Sartre n'est pas convoqué pour rien) dans Le secret de la vie, puisque Conrad, après d'ultimes et mouvementées révélations sur sa vérité, préfère in fine rester sur Terre, dans son enveloppe terrienne, se marier, avoir des enfants, etc. Humour là encore, dans cette dernière pirouette (qui peut signifier aussi : la SF, c'est des bêtises, restons dans le mainstream) ? Pas sûr, tant rucker semble approuver du fond de l'âme l'american way of life. Et peu importe, au fond. Ce qui importe, c'est qu'en trois romans, Rudy Rucker a pris chez nous une place essentielle au sein de la jeune SF américaine.


Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/5/1987
dans Fiction 386
Mise en ligne le : 19/1/2003


 
Base mise à jour le 9 novembre 2014.
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