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Gros inconvénient : dans une utopie, il ne se passe rien ! Ou presque... puisque la perfection du système ne justifie ni l'accident, ni le malheur, ni — par définition — la révolte. C'est d'ailleurs le cas du classique du genre, Utopia, récit écrit (en latin) par l'Anglais et ecclésiastique progressiste Thomas More en 1516. Il s'agit en fait d'un voyage imaginaire sur l'île d'Utopie — en latin, utopia signifie littéralement le lieu qui n'existe pas — et de la description du mode de vie de tous les habitants. Pas d'action, plutôt un catalogue de lois (pas d'argent, pas de propriété, etc. C'est, avant l'heure, le communisme intégral)
Du coup, les récits strictement utopiques sont rares :
La cité du soleil de Campanella est le classique du XVIIe siècle. Ils fleurissent lors de l'avènement des idées socialistes au XIXe siècle
: lire Le voyage en Icarie de Cabet.
Au XXe siècle, pas vraiment d'utopie mais des récits où l'utopie est critiquée, voire condamnée. Toutes les utopies du XXe siècle sont ambiguës (telles le superbe Les dépossédés
d'Ursula K. Le Guin dans lequel le héros, le physicien Shevek, fuit le monde anarchiste
d'Annares en croyant trouver le vrai bonheur dans le monde libéral d'Urrae) et flirtent vite avec l'anti-utopie. Le dernier ouvrage du genre traitant authentiquement de l'utopie est le récent recueil européen paru en 2000 à l'Atalante : Utopiae.
Christian
Grenier
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