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L'Étrangère

Gardner DOZOIS

Titre original : Strangers, 1978

Traduction de Jacques GUIOD
Illustration de Vincent FROISSARD

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 627
Dépôt légal : février 2000
224 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-207-24907-7
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
Gardner Dozois est l'éditeur du Year's Best Science Fiction depuis une quinzaine d'années, il est aussi le rédacteur en chef de la revue Asimov's science-fiction américaine. Figure centrale de la science-fiction américaine, il s'est imposé comme un auteur accompli dont L'Etrangère — magnifique histoire d'amour impossible — est le premier roman.


     Joseph Farber rencontra pour la première fois Liraun Jé Genawen — l'étrangère — pendant la cérémonie de l'alàntene, la Pâque du solstice d'hiver, l'Ouverture-des-Portes-de-Dûn... quand les morts hantent les vagues qui se brisent sur les rivages de la planète Lisle. Pour avoir le droit d'aimer cette femme non humaine, il accepta l'inacceptable : que la science indigène modifie son corps. Et alors qu'il aurait du être comblé, à travers sa vie quotidienne avec Liraun, Joseph compris que Lisle était une planète pleine de secrets, et peut-être dangereuse.
 
    Critiques    
     Après des débuts très remarqués dans les années 70, Gardner Dozois a ensuite pratiquement cessé d'écrire pour se consacrer à la découverte de nouveaux talents en tant qu'anthologiste et rédacteur en chef de revue. Il s'agit ici de son premier roman, publié en 1978 d'après une nouvelle qu'il rédigea en 74.
     L'histoire a la simplicité des grands romans  : sur Lisle, Farber, amoureux d'une indigène, malgré d'immenses sacrifices pour parvenir à l'épouser, provoque la fin de leur couple par ignorance des coutumes.
     Celles de la société de Liraun Jé Genawan sont, en effet, d'autant plus mystérieuses que les Cian ne s'en expliquent jamais, sinon par métaphores dont les symboles restent inaccessibles aux terriens. Les mœurs comme les conditions d'existence sont dures, mais les Cian refusent de les améliorer quel que soit le progrès proposé. Eux-mêmes sont passés maîtres dans le génie génétique sans cependant appliquer leur savoir-faire à la vie quotidienne.
     Par amour pour Liraun, Farber accepte d'être remodelé génétiquement afin de ressembler à un Cian, condition nécessaire à un mariage. Désormais étranger à deux races, croyant faire le bonheur de son épouse, il lui propose d'avoir un enfant, ignorant ce que cette démarche suppose et entraîne chez les Cian. Jusqu'au bout, Liraun sera restée pour lui une étrangère.
     Plus qu'une histoire d'amour, il s'agit d'une histoire basée sur l'incommunicabilité. Le roman ne se limite pas à un récit d'ethnologie-fiction qui s'attacherait à décrire et comprendre la société cian. Ce qui est davantage montré est l'aveuglement typiquement terrien de Farber, qui interprète un monde à l'aune de ses propres raisonnements et de sa symbolique culturelle, sans parvenir à « entendre » Liraun quand elle lui explique la portée de ses actes.
     Pour Dozois, nous serions des autistes  : l'humanité n'a pas découvert le voyage spatial mais en a bénéficié à un moment critique dans l'Histoire de sa planète. Espèce nettement inférieure à d'autres, elle se comporte pourtant sur les autres mondes avec toujours la même notion de profit et d'extension, dans un esprit stupidement conquérant à des années-lumière du comportement des autres formes de vie. Regrettons, de ce point de vue, le titre français, qui qualifie la seule Liraun d'étrangère alors que le titre original, Strangers, insistait sur l'incommunicabilité réciproque.
     À l'intelligence du propos il convient d'ajouter l'excellence du style, dont la finesse permet de décrire ce monde en demi-teintes. La couleur joue d'ailleurs un grand rôle dans l'écriture. Elle résume même parfaitement la situation  : Farber, en allemand, signifie teinturier et le cyan, selon le Robert, est « une couleur primaire bleu-vert qui absorbe le rouge ». Le Terrien fort de ses convictions finit effectivement par être absorbé par ce peuple si entier.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/6/2000 dans Galaxies 17
Mise en ligne le : 26/10/2001


 
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