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L'Étoile et le fouet

Frank HERBERT

Titre original : Whipping Star, 1970
Première parution : Worlds of If, janvier à mars 1970. En volume : New-York : G. P. Putnam's Sons, mai 1970

Cycle : Bureau des sabotages  vol. 1 

Traduction de Guy ABADIA
Illustration de Jackie PATERNOSTER

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (2ème série, 1987-) n° 7107
Dépôt légal : avril 1989
256 pages, catégorie / prix : 9
ISBN : 2-253-04932-8   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Les couloirs calibans permettent de voyager presque instantanément entre les étoiles. Mais quelque chose se détraque. Tous ceux qui les ont récemment empruntés perdent la mémoire ou encore disparaissent dans le néant.
     L'ennui, c'est que personne ne sait comment fonctionnent exactement les couloirs calibans.
     Et, bien entendu, c'est Jorj X. McKie, saboteur extraordinaire, qui va être chargé de découvrir ce qui se passe. Et de sauver les civilisation interstellaires.
     Comment communiquer avec les dieux  ? Avec un être si puissant qu'il semble appartenir à un autre univers, que les hommes ne sont guère pour lui que des flammes de bougie oscillant dans la nuit...Mais dont il peut tomber amoureux.

     Avec son génie habituel, Frank Herbert, l'auteur de Dune, s'attaque ici dans son roman le plus étrange, magistralement traduit par Guy Abadia, au problème central de toute société et de toute littérature, celui de la communication.

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (2002)


     Il s'agit du premier (parution originale en 1969) des deux romans de Frank Herbert situés dans l'univers de la « Co-sentience », fédération qui rassemble diverses espèces intelligentes dans notre galaxie, y compris les êtres humains. Cette réédition en langue française est augmentée de fausses citations rajoutées en tête de chaque chapitre par Herbert en 1977.
     Il y a à présent dix-neuf ans que la Co-sentience toute entière fut bouleversée par la découverte des Calibans, des êtres si radicalement différents qu'ils semblent appartenir à un autre univers. Mais si leur mode d'existence reste mystérieux pour les autres membres de la fédération, ces derniers ont vite compris l'utilité des « couloirs S'œil », moyen de téléportation dont les Calibans ont fait don dès le premier contact. Maintenant, la vie quotidienne de la fédération est inconcevable sans ces raccourcis qui relient instantanément les mondes. Cependant, cet état de dépendance risque de se révéler fatal quand les Calibans commencent à disparaître l'un après l'autre, chaque disparition entraînant une vague massive de décès et des cas de folie chez les co-sentients. Pis encore, l'unique Caliban survivant connu se trouve engagé, par un contrat inattaquable, au service de la sinistre et richissime Mliss Abnethe qui l'utilise comme victime désignée pour assouvir ses pulsions sadiques.
     C'est à Jorj X. McKie, agent extraordinaire du Bureau des Sabotages, qu'échoit la mission d'entrer en communication avec ce Caliban et d'essayer de déjouer les machinations d'Abnethe. Mais comment intervenir, quand le rôle historique du Bureau des Sabotages a toujours été de mettre des bâtons dans les roues gouvernementales afin d'éviter la tyrannie et de protéger le droit des individus à s'associer librement ? Et surtout, comment créer une base de compréhension mutuelle avec une créature dont la logique et la perception sont complètement différentes des vôtres ? Même si elle dit s'appeler « Fanny Mae » et déclare qu'elle vous aime...
     Parabole sur les limites de la communication entre les espèces ou les individus (même ceux qui s'apprécient), ce roman reste une œuvre mineure de Herbert, principalement à cause des difficultés de lisibilité des dialogues, qui frôlent trop souvent le non-sens absolu, dans la version originale comme en français (bien qu'on ne puisse qu'admirer le talent et le courage de Guy Abadia, traducteur de ce livre ainsi que d'autres « cas difficiles » notoires de la SF). Cela dit, le Bureau des Sabotages demeure l'une des inventions les plus géniales de cet auteur, et on attend avec impatience la réédition prochaine, dans la même collection, de Dosadi, le deuxième roman où McKie apparaît comme personnage principal d'une aventure bien plus consistante.

Tom CLEGG (lui écrire)
Première parution : 1/9/2002
dans Galaxies 26
Mise en ligne le : 17/2/2004


 

Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (1974)


 
     Un peu comme L'anneau de Ritornel de Charles Harness, qui l'a précédé d'un an environ sur ta liste de « Ailleurs et Demain » (cf. Fiction n° 237), L'étoile et le fouet de Frank Herbert a un côté scientifique et un côté mystique, un côté logique et un côté onirique.
     Un côté scientifique ? On s'attend è trouver le dosage, habituel en SF depuis Gernsback, de notions scientifiques actuelles et d'extrapolations vers les savoirs et les pouvoirs à venir ; et l'on n'est certes pas déçu, depuis la « vocanalyse » (« procédé qui permet d'analyser les intonations subtiles de la voix pour déterminer la vérité ou la fausseté de chaque affirmation », page 178 — ce qui semble très faisable) jusqu'aux « psychogrammes » 1 (espèces de sondages du cerveau qui permettent de retrouver et de matérialiser les perceptions, même en partie inconscientes et oubliées — ce qui, sans être totalement exclu, paraît beaucoup plus lointain) en passant par la « secrob » (« robogreeter », pour qui j'aurais préféré « robotesse »).
     Mais l'originalité de Herbert ici est qu'il s'intéresse beaucoup plus aux sciences de la vie qu'à celles de la matière inerte, et que les gadgets habituels cèdent le pas à des êtres animés, voire plus ou moins conscients : émetteurs intersidéraux, les capricieux Taprisiotes, dès la page 10 ; maisons flottantes vivantes, page 17, « un peu trop sensibles aux changements d'humeur » de leurs habitants, tout comme les maisons psychotropiques de Ballard (cf. Les mille rêves de Stellavista, Fiction 190) ; sièges vivants — les canisièges, page 18 2 — et tapis vivants, page 97, qui massent et caressent leurs utilisateurs, fruits d'un extraordinaire modelage de la chair vivante par la chirurgie et la génétique, comme les « chenilles — express » de Margroff (Galaxie 83).
     On trouve aussi une belle galerie d'extraterrestres, aux formes et surtout aux mentalités dont l'étrangeté n'a d'égale que la cohérence interne (logique dans la fantaisie) : les Taprisiotes, déjà mentionnés, traités quelque peu en « bougnoules » (pp. 116-117) ; les Gowachins avec leur divinité batracienne (p. 114) et leur compétence juridique (p. 176) ; les Wreaves au dos inversé, avec une fourche de pied, une fente faciale verticale et des manipulateurs en bas... et une philosophie assez cynique (pp. 150 et 218) ; les Laclacs avec leur vrille de défense et leur sérénité (p. 109) ; les Palenkis, grosses tortues à un bras (p. 173), qui ont peu de cervelle et beaucoup de muscle (p. 37), portent sur leur carapace un motif indiquant leur phylum et qu'il est criminel d'arborer à tort (p. 173), et ont pour châtiment suprême de faire manger son bras au criminel, bien qu'il repousse — ce pour quoi ils jurent facilement sur leur bras, mais jamais en vain sur l'œuf de leur bras ; les Pan Spechi enfin, les plus originaux, bien qu'ils se soient donné une apparence humaine (p. 189), car ces êtres « pentarchiques » n'ont qu'un « ego » pour cinq, et doivent à la fin de leur « temps d'ego » regagner leur « Crèche » (p. 65) pour une vie végétative (p. 76), à laquelle sont condamnés à jamais les malheureux frères du criminel qui garde l'ego pour lui seul en se faisant « égostaser » chirurgicalement (p. 163 et 141). Tous ces « co-sentients » des quatre coins de l'univers forment une seule communauté, la Co-sentience — de même que l'humanité a trouvé son unité avec la radio et l'avion — grâce aux Taprisiotes et surtout au « S'œils » donnés par les Calibans, qui permettent le transport instantané (p. 166).
     Cependant, dans ce cadre fort peu familier, c'est une enquête policière assez classique qui se déroule, menée par un organisme qui porte le nom curieux de Bureau du Sabotage (p. 21), créé (idée très américaine) pour ralentir une administration trop efficace (cf. Boulevard Alpha Rapha de Cordwainer Smith, Fiction 128), mais privé de tout droit de « saboter les citoyens privés » (p. 64). Avec ce Bu Sab, Frank Herbert rivalise, en fait d'organisations futures surprenantes, avec la Guilde des Traîtres de James Blish (voir Galaxie 84) et le Radpol de Zelazny (Fiction 227 — 228), tout en battant sur leur propre terrain les auteurs de romans policiers, dont on connaît la prédilection pour les détectives excentriques. En effet, le héros, le Saboteur Extraordinaire McKie — au contraire de son subordonné Furuneo, qui est obstinément monogame... et en meurt au milieu du livre — a eu cinquante-quatre femmes... et reçoit vers la fin une cinquante-cinquième offre de mariage... de la criminelle ! Celle-ci est connue d'emblée, ce qui est aussi une originalité mais non une innovation dans la littérature policière ; en revanche, c'est l'identité de la victime qui fait problème, sa nature plutôt, et du même coup les moyens de la sauver. A remarquer que l'auteur se paie le luxe de suggérer la solution dès la page 12, voire dès le titre ; mais le sens de celui-ci a été obscurci par le traducteur qui, page 24, traduit whipping boy — sur lequel est modelé Whipping star — par « bourreau », alors qu'il s'agît, dans l'histoire d'Angleterre, d'un enfant élevé avec le petit prince et châtié à sa place lorsqu'il méritait le fouet 3 ! Il faudra cependant tout le livre à McKie pour transformer de vagues intuitions en certitudes (par exemple, page 204, s'éclaire ce qu'il avait entendu page 117, et page 202 il applique au problème une remarque de la page 170 — malheureusement, le traducteur a une fois encore obscurci la chose, en traduisant pattern par deux mots différents, « séquence caractéristique » et « configuration »). C'est que la victime elle-même est incapable de le renseigner avec précision : d'abord parce qu'elle est liée par contrat avec son bourreau, ensuite et surtout parce qu'elle ne parle pas le langage des hommes.
     D'où un autre aspect du livre : il s'agit d'une étude linguistique. Mais non pas simplement d'un vocabulaire étrange (comme dans Dune) dont il suffirait de trouver les équivalents chez nous. Car Fanny Mae la Calibane ne parle pas réellement : elle s'exprime par de très beaux jeux de couleurs et de lumières (décrits avec beaucoup de poésie pages 34 et 39) qui donnent à son auditeur l'impression de la parole. Mais comment alors, si la communication est aussi directe et quasi télépathique, peut-il y avoir un problème de compréhension ? S'il y a ce que la Calibane appelle « discontinuité de signification » (p. 39) — expression que McKie reprend avec humour p. 47 — n'est-ce pas par suite d'un manque de logique ? Si on avait accès direct aux pensées d'un fou, on ne le comprendrait pas pour autant, la façon dont il les enchaîne nous étant étrangère. Et, de fait, l'accusation de folie revient à plusieurs reprises, mais pour être rejetée comme impropre, purement subjective : « Folie jugement fréquent d'une espèce sur autre espèce » (p. 45) ; « à chaque race sa propre folie » (p. 96). Si quelqu'un manque de logique, ce n'est certes pas la Calibane, dont Furuneo dit : « Cette chose parle comme un ordinateur », ce qui lui vaut la correction suivante : « Ordinateur décrit machine... je suis vivante » (p. 37). Cette exigence intransigeante de logique engendre un certain humour, lorsqu'elle se heurte à l'usage (par exemple lorsque Fanny Mae traduit mot à mot « ça ne fait rien » par « ça oisif », p. 73) ou à l'émotion (par exemple lorsqu'elle explique gravement à McKie, qui hausse le ton : « Amplification contribue peu à communication », p. 73). A noter d'ailleurs que (es hommes, comme « contaminés » (p. 118), échangent entre eux des réflexions assez semblables (ainsi, p. 95 : « Dès que je le saurai, vous serez le premier informé. — Ça m'a tout l'air d'une contradiction temporelle ») et pratiquent des jeux de mots aussi shakespeariens que le nom de « Caliban » (en fait Caleban dans le texte), qui ont parfois obligé le traducteur à des transpositions complètes (par exemple, p. 72 : « Je ne vous suis pas très bien. — C'est vrai. Mais j'essaierai de suivre la piste »), pas toujours parfaites d'ailleurs (page 114, The nick of time was almost a fatal nick too late est rendu assez astucieusement par « il s'en est fallu d'un cheveu que je n'aie plus de cheveux du tout », mais page 167 le très plat « Encore une fois, je crois que je viens de l'échapper belle » ne laisse du coup pas apparaître du tout que M :Kie a, pour la seconde fois, échappé à une seconde près (« nick of time ») à un coup de lame tranchante (« nick »). La Calibane donne aussi beaucoup de fil à retordre à Guy Abadia, lorsqu'elle s'efforce avec une plaisante gaucherie d'imiter l'argot (c'est-à-dire le langage illogique) de ses « professeurs » (elle invente un You hang ? pour « Vous comprenez ? », sur le modèle de I get the hang of it, « je vois de quoi il retourne » ; et c'est rendu habilement par « ça commence à rentrer » et « vous rentrez cela ? »). On voit que, chacun faisant la moitié du chemin, McKie et Fanny Mae trouveraient vite un langage commun ; mais ce sont, aux moments cruciaux, des concepts communs qui leur manquent, et c'est cela que veut dire la Calibane par « vraisemblablement terme propre pas partagé » (p. 41). C'est pourquoi « plus ils croyaient avoir trouvé un terrain commun, plus ils risquaient d'être loin du but » (p. 70). Et ce risque n'est pas purement abstrait : Abnethe, qui dit qu'elle n'a pas « besoin de le savoir (ce que sont les « conjonctions ») pour en profiter » (p. 101), en meurt ; si elle avait gagné, c'était toute la « Co-sentience » qui périssait.
     Cette difficulté de communication est tout à fait justifiée à la fin : c'est qu'il ne s'agissait pas simplement de faire se comprendre deux espèces intelligentes du même univers — ces co-sentients que nous avons examinés plus haut et qui n'ont déjà que trop tendance à se considérer les uns les autres comme des « malades mentaux patentés » (p. 118) — mais de mettre en rapport deux univers totalement distincts, de faire dialoguer avec les « co-sentients » un être qui, faute de mieux, est appelé au dos de la couverture un « dieu », un être qui appartient à une autre « p'anguinité d'existence » (p. 38) ou « plan d'onde » (p. 213), un être qui est une personne capable de souffrance et d'amour, et qui pourtant se manifeste dans notre monde sous des formes impersonnelles. Il y a là une formidable intuition, par laquelle Herbert rejoint le grand poète religieux Milton, qui, par un jeu de mots (eh oui, encore un !) entre sun et Son (« soleil » et « Fils ») reliait le christianisme aux cultes solaires : un dieu féminin, qui fait communier tous les êtres conscients et qui, flagellé comme le Christ, risque de mourir d'être haï, et n'échappe à cette fin, qui serait aussi celle des êtres conscients, qu'en étant nourris par eux. Ebloui par la grandeur de cette vision (qui fait de ce livre l'antithèse du Monstre sous la mer), oserai-je dire que je ressens une légère insatisfaction sur le plan logique ? Tous ces concepts flambant neufs restent mal définis ; et l'on se demande à quoi correspond la collaboration puis le retrait des Calibans, pourquoi c'est Thyone plutôt que toute autre qui entretient avec nous ces rapports privilégiés, et ce qui a bien pu la pousser à conclure avec une névrosée un contrat aussi aberrant. Mais, bien sûr, a beau être clair qui ne va pas loin !

Notes :

1. Et non « psychodrames », selon la coquille de la page 122 !
2. Chairdogs, sur le modèle de firedogs = chenets. J'aurai personnellement risqué le calembour « chiens-bergères » !
3. Je me plais à reconnaître la très grande difficulté de ce travail, et l'élégance de certaines des solutions trouvées par Guy Abadia, par exempte au niveau des mots : « agressal » pour angeret, et à celui des phrases : le remplacement astucieux de molasses (mélasse) par « sirop de groseilles » compensé par celui de l'adjectif syrupy par « mollasse » (p. 19). Le traducteur a d'ailleurs eu de la chance parfois : « S'œil », homonyme de « seuil », est meilleur que S'eye en anglais. Je distribue par ailleurs quelques bons points au fil de cet article ; quelques mauvais aussi ! Mais je voudrais grouper ici un minimum d'indications nécessaires à une meilleure compréhension du texte : p. 38, il faudrait « Maison mienne contient (aligne ?) maître S'œil », et non « alignements » ; p. 50, il ne s'agit pas de pétulance (pétulance est un faux-ami), mais d'irritabilité, hargne, mauvaise humeur, et les hired opératives ne sont pas des « avocats soudoyés », mais des détectives stipendiés ; « moniteur de vie » (p. 89) n'a guère de sens, car si le « moniteur » français inculque un cetain savoir-faire, le monitor anglais se contente de contrôler ; p. 39, open-ended concept ne signifie pas « concept d'ouverture » mais « concept non défini », et unbounded place « endroit sans limites » plutôt que « non dissocié ».Il y a aussi des jeux de mots non rendus (psycho-pliants = psychopathes + sycophantes n'apparaît pas p. 134), des phrases écourtées (par exemple p. 49, au lieu de « une prouesse », « cette combinaison étonnante : la disponibilité de la fille à plaisir et la puissance distante et avide »), des passages sautés (huit lignes p. 130, trois p. 132)... bien des choses encore ! Avis pour la prochaine édition !

 

George W. BARLOW
Première parution : 1/3/1974
dans Fiction 243
Mise en ligne le : 18/10/2015


 

Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (1974)


 
     Critique tirée de la rubrique « Diagonales » signée par Alain Dorémieux
     Après l'énorme pavé dans la mare que représentaient Dune et sa suite Le messie de Dune, Laffont nous offre un Frank Herbert de dimensions plus normales : un roman récent paru aux U.S.A. en 1969. Babel 17 de Delany était basé sur le problème du décryptage d'un langage ; L'étoile et le fouet repose sur un problème encore plus universel : celui de la communication avec une intelligence totalement autre. Cette intelligence, c'est celle d'une créature étrangère et mystérieuse, dernière de son espèce, et dont les perceptions n'ont rien de commun avec celles des hommes ; et du contact avec elle dépend la survie de la quasi-totalité de l'espèce humaine. Le cadre est celui, standard, du space-opera le plus traditionnel : civilisation galactique et tout le tremblement. Mais Frank Herbert est bien trop astucieux pour se contenter d'écrire un simple space-opera. Son roman est passionnant comme un suspense, captivant dans la mesure où il parvient véritablement à nous faire entrevoir les abysses d'une mentalité (si on peut encore employer ce mot) foncièrement « différente ». Et la sensation d'insolite qu'il parvient à communiquer lui donne un arrière-plan un peu onirique et hallucinant, qui lui ajoute une aura très particulière.

Alain DORÉMIEUX
Première parution : 1/1/1974
dans Fiction 241
Mise en ligne le : 16/11/2015


 Critique de la série par Bertrand BONNET


 
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