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Le Temps du déluge

Margaret ATWOOD

Titre original : The Year of the Flood, 2009

Cycle : Le Dernier homme  vol.

Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Pavillons
Dépôt légal : mars 2012
448 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-221-11587-9   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Dans l'esprit de La Servante écarlate ou du Dernier Homme, le nouveau roman d'anticipation de Margaret Atwood. Un tour de force.

     On les appelle les « liogneaux », les « porcons », etc. Ce sont des animaux transgéniques créés par l'homme. Dans le monde chaotique et terrifiant qui constitue le cadre du nouveau roman « dystopique » de Margaret Atwood, ces créatures ont pris le pouvoir. La société y est gangrenée par le culte de l'argent et de la marchandise, une absurde division du travail y sévit, ainsi qu'une impitoyable guerre des classes.
     Une secte religieuse et écologique, les Jardiniers de Dieu, dont Adam Premier est le chef spirituel, entraîne ses adeptes dans une mission sacrée : favoriser les conditions nécessaires à la survie d'une partie de l'espèce humaine, puis à sa restauration... Pour cela ils s'isolent du « monde exfernal » dans leur Jardin.
     Car pour Adam et les Jardiniers de Dieu, l'arrivée du « Déluge des Airs » ne fait aucun doute. Une catastrophe naturelle apocalyptique va châtier les hommes pour les pillages et les destructions infligés par leur espèce à la Terre et à son environnement. C'est seulement une question d'échéance... Et il faut s'y préparer. Mais dans cet univers diabolique, l'entreprise s'annonce pour le moins ardue, voire désespérée...
     Autour d'Adam, après le passage de l'effroyable désastre annoncé, plusieurs personnages s'aventureront dans le monde exfernal pour tenter de survivre et de retrouver d'éventuels rescapés. Parmi eux, Ren et Amanda, deux jeunes filles que tout aurait dû opposer, réussiront à tisser une belle et solide amitié, sous la protection de Toby, leur aînée, qui par sa grande sagesse deviendra en quelque sorte leur ange tutélaire...
 
    Critiques    
 
     Avec Le Temps du déluge, Margaret Atwood nous propose à nouveau un récit d'anticipation post-apocalyptique, et puisque c'est à la mode, disons-le, une nouvelle dystopie, dans la même veine que La Servante écarlate (chroniqué par Patrick Imbert dans le Bifrost n°39) et Le Dernier homme (papier de Fred Jaccaud dans notre n°38), dont on retrouve ici certains personnages.
     Balayée par le « Déluge des Airs », l'humanité a été décimée. Le monde pullule maintenant d'espèces génétiquement modifiées et seules deux jeunes femmes semblent avoir survécu. Toby, qui se cache dans un centre de balnéothérapie, et Ren, enfermée dans le bordel de luxe où elle était danseuse trapéziste. Toutes deux s'étaient rencontrées au sein de l'étrange secte écolo-religieuse des Jardiniers de Dieu, dirigée par le mystique Adam Premier. A l'époque, le monde « exfernal » était déjà totalitaire, régi par une entreprise de sécurité qui avait pris le pouvoir, le CorpSeCorps. Des communautés s'organisaient pour sortir des Plèbezones, lieux de débauches sexuelles, de trafic de drogues, de mutations transgéniques et autres déchéances. Au gré des souvenirs de Ren et Toby, nous suivrons leur quête de survie, avant et après l'apocalypse. Salué par la presse internationale (The Times, USA Today, The San Francisco Examiner...), cet ouvrage n'en reste pas moins difficile à chroniquer. Seule certitude, Margaret Atwood est sans conteste un auteur brillant et sa dernière production ne peut souffrir d'aucune critique d'un point de vue littéraire stricto sensu. Ce qui ne signifie pas que ce texte soit simple... D'abord par sa construction narrative, alternance de souvenirs des protagonistes, de scènes du présent, de sermons d'Adam Premier et d'extraits du Livre des cantiques des jardiniers de Dieu. Pas la construction la plus évidente d'accès... Ensuite, par le choix de structures langagières pour le moins déroutantes. Margaret Atwood est une créatrice de langage. C'est à la fois fascinant et troublant. D'aucuns pourraient être rebutés, voire irrités, par tant de néologismes et de termes inventés : zécâlines, plèbegang, zécailles, spasolaire, liogneaux, porcons, malchatons... Une prise de risque linguistique de la part de l'auteur qui lui fermera sans doute les portes d'un certain lectorat, tant il est difficile d'entrer dans cet univers décalé. Il faut s'accrocher pour dépasser les cent premières pages ! (Petites parenthèses pour saluer le travail de Jean-Daniel Brèque, qui a dû bien s'amuser à traduire cet ouvrage à l'écriture délirante.) Difficile à chroniquer, donc. Parce que oui, Margaret Atwood est visionnaire, oui, elle est talentueuse, et oui encore, son regard cynique sur les dérives du fanatisme religieux et sa relecture de la Genèse s'avèrent jubilatoires. Mais aussi parce que l'on a parfois l'impression désagréable que l'auteur se regarde un peu trop écrire. Dans le présent ouvrage, c'est pesant. Beaucoup de digressions, de passages dont on aurait pu faire l'économie, sans parler d'une tendance New Age horripilante. Apparemment, tout le monde aime Margaret Atwood. Pour notre part, on ressort de cette dernière lecture plutôt dubitatif. A vous de voir...

Hervé LE ROUX
Première parution : 1/7/2012 dans Bifrost 67
Mise en ligne le : 5/12/2015


 
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