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Traquée

Cassandra O'DONNELL

Première parution : Paris, France : J'ai lu, coll. Darklight, février 2011

Cycle : Rebecca Kean vol. 1 



J'AI LU (Paris, France), coll. Semi-Poche
Dépôt légal : février 2011, Achevé d'imprimer : 27 juin 2014
Roman, 480 pages, catégorie / prix : 12 €
ISBN : 978-2-290-03206-0
Format : 13,0 x 19,0 cm  
Genre : Fantastique

Sur la tranche, ce livre comprend la mention "Darklight" mais il est au format de la collection semi-poche et n'a pas de numéro (ce qui n'est pas le cas de Darklight). De plus, le livre porte la mention (c) Nathalie Gendre, sans qu'il y ait un traducteur crédité ; on peut donc supposer que ce livre est l'oeuvre de Nathalie Gendre.
Couverture : photographie (c) More / Camerapress (c) Oredia et H. Neleman (c) Getty.



    Quatrième de couverture    
Nouvelle-Angleterre, Burlington...
Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible
des États-Unis, bref, un petit havre de paix
pour une sorcière condamnée à mort
et bien décidée à vivre discrètement et
clandestinement parmi les humains.
Malheureusement, en arrivant ici, je me suis
vite aperçue que la réalité était tout autre
et qu'il y avait plus de démons, de vampires,
de loups-garous et autres prédateurs que
nulle part ailleurs dans ce foutu pays.
Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de
renseignements fournis par l'office de tourisme.
Maudit soit-il...
 
     CASSANDRA O'DONNELL
     Fan inconditionnelle d'urban fantasy, Cassandra O'Donnell est une grande spécialiste de toutes les créatures de l'ombre et de la nuit. Elle nous entraîne avec brio sur les traces d'une héroïne à la hauteur d'Anita Blake : Rebecca Kean.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Darklight (2011)


     Six mois maintenant que Rebecca Kean, professeur de littérature française, et sa fille de dix ans, Leonora, sont installées à Burlington, Nouvelle-Angleterre, une petite bourgade bien tranquille. Un décor parfait, pensait-elle, pour cacher une sorcière de guerre en rupture de ban. Mais la réalité est toute autre et le calme est trompeur. Cette ville abrite en fait une des plus vieilles communautés surnaturelles des États-Unis.
     Vivant comme une humaine ordinaire, la jeune femme essaye au maximum de se rendre invisible, aidée par Beth, sa meilleure amie, loup-garou de son état. Malgré toutes ses précautions, la sorcière rencontre fortuitement Raphael, le Magister qui contrôle l’ensemble des vampires de la région. Une catastrophe car les deux espèces sont ennemis mortels depuis toujours. Quand les membres de la communauté sont touchés par une vague de disparitions et d’assassinats, le Directum – conseil « interespèce » mis en place pour maintenir la paix entre les clans – fait appel aux services de Rebecca et lui donne le statut d’Assayim, l’exécuteur qui fait respecter la loi sur le territoire. Impossible pour elle de refuser cette mission. Comment alors, dans ces conditions, sauvegarder son anonymat et protéger son enfant ?

     Totalement inconnue du public français, Cassandra O’Donnell a bénéficié d’une publicité parfaitement orchestrée par son éditeur avec la mise à disposition des cinq premiers chapitres du roman sur plusieurs sites spécialisés de la Toile. Pari audacieux de J’ai lu puisque les curieux étaient dans l’impossibilité de trouver la moindre information sur cette écrivain : pas de site, pas de blog et surtout aucune publication en langue étrangère malgré un patronyme évocateur et une action se situant aux États-Unis – en dépit d’une héroïne bretonne. En bref, de quoi créer le buzz dans la petite communauté fan de bit-lit !
     Le mystère est aujourd’hui en partie levé. L’auteure est bien française. Elle a choisi un pseudonyme à consonance irlandaise et les USA comme décor pour éviter, d’après elle 1, les préjugés des lecteurs. Cette stratégie semble assez logique puisque les parutions francophones en matière de bit-lit sont presque exclusivement – pour ne pas dire entièrement — issues de la littérature anglo-saxonne.

     À l’instar de sa conceptrice, Rebecca Kean recherche l’anonymat. Appartenant à une espèce que certains pensent relever d’une légende, la jeune femme se cache afin de protéger sa fille mais aussi sa vie. Choix intéressant que de doter son héroïne d’un enfant. En effet, dans ce type de littérature, il n’existe quasiment pas de personnage principal féminin qui ait une progéniture à moins que cela constitue une finalité comme pour Meredith NicEssus 2, ou encore Eugenie Markham 3. Or les héroïnes de bit-lit étant toutes en âge de procréer, rendre concret cet aspect de la vie ajoute une touche de réalité à l’ensemble et peut aussi satisfaire une partie du lectorat en attente d’originalité. De plus, Leonora, est une métisse mi-sorcière, mi-vampire, naissance hautement improbable quand le père est mort depuis plusieurs siècles. Voici de quoi engendrer quelques complications bienvenues !
     En dehors de cette petite innovation, les personnages sont tous très typiques et il n’y a rien dans cet univers susceptible de dérouter le lecteur puisque les bases sont conformes aux standards anglo-saxons. Cassandra O’Donnell fait tout pour ne pas effaroucher son public, d'autant plus que le cycle devrait comporter sept tomes et un spin-off pour Leonora.
     La communauté de Burlington se compose de vampires, potionneuses, lycanthropes, muteurs et démons, cinq espèces bien connues agrémentées de quelques autres dont le nombre de membres est trop restreint pour être cité. Après une guerre commune, la collaboration entre les clans n’est pas une notion facile à appliquer et le Directum est là pour veiller au grain même si les réunions sont assez mouvementées et les avis plus que divergents. Le contexte politique est très fragile et la paix doit être protégée à tout prix.
     En raison de sa confrontation avec un responsable du conseil, la couverture de Rebecca est éventée et, même si son secret n’est que partiellement découvert, elle se trouve obligée de prendre part aux événements qui secouent le petit monde du surnaturel. La sorcière possède de très grands pouvoirs. C’est une guerrière solitaire, élevée pour avoir autant de sentiment qu’un sociopathe, et son passé l’incite à la suspicion. Raphael est le vampire le plus ancien et le plus important du Vermont. À près de deux mille cinq cents ans, il n’a plus rien d’humain. Schéma mainte fois exploité, leur rencontre – première scène du roman ! — est, bien sûr, le début d’une relation conflictuelle mais riche en tension sexuelle.
     Alors que certains scénarios contiennent peu de personnages, Cassandra O’Donnell est assez prolixe. D’abord, bien sûr, en créant Leonora, dont le rôle s’étoffe au fil du récit. Il existe aussi un lien particulier entre Rebecca et Beth, sa meilleure amie qui occupe le poste de Raani, second du chef de meute. Par la suite, après sa rencontre avec le Directum, l’enquête de la sorcière nous plonge dans l’intimité de chaque clan et nous faisons ainsi connaissance avec les figures clés de chaque espèce. Cette diversité maintient l’attention du lecteur sur toute la durée du roman. De plus, les interactions entre les personnages contrebalancent le classicisme de l’ensemble. En effet, la grande force du récit réside dans le souci apporté aux développements des situations et des protagonistes, ménageant assez de surprise pour donner envie de connaître la suite. Ainsi, même si l’auteur, en se cantonnant aux critères anglo-saxons, n’a pas vraiment pris de risque dans la construction de son décor, elle réussit tout de même à développer une vraie densité dans l’histoire en bâtissant avec soin ses différentes intrigues.

     Enfin, cerise sur le gâteau, Rebecca Kean est à moitié française et sur ce sujet, Cassandra O’Donnell n’a pu s’empêcher de lui transmettre l’humour piquant et la répartie qui convient à ses origines. Alors même si l’on peut être un peu déçu que ce premier roman hexagonal paru dans la collection bit-lit d’une grande maison d’édition ne soit pas plus novateur, il n’y a aucune raison de bouder notre plaisir !


Notes :

1. Interview sur le site Blue-Moon : http ://www.blue-moon.fr/spip.php ?article5741
2. Cycle Merry Gentry de Laurell K. Hamilton
3. Cycle Cygne noir de Richelle Mead

Nathalie TELL
Première parution : 9/10/2011
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