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John W. Campbell

(USA ; 1910-1971)

Denis GUIOT

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          Auteur renommé de space-operas dans la lignée de ceux de « Doc » Smith (c'est-à-dire abordés « sérieusement » du point de vue scientifique), mais aussi de textes d'un niveau littéraire plus ambitieux qu'il signait Don A. Stuart, John W. Campbell n'avait que 27 ans lorsque Orlin Tremaine lui proposa de lui succéder à la rédaction en chef d'Astounding Stories, le meilleur pulp magazine de l'époque. Il devait y rester jusqu'à sa mort, abandonnant l'écriture pour se consacrer tout entier à son rôle d'editor, conçu « comme celui d'un professeur de creative writing (...). Tel un directeur de recherche minutieux, il donnait des idées de romans et nouvelles, modifiait les intrigues, corrigeait les manuscrits, faisait réécrire les épisodes ratés » (Gérard Cordesse, La nouvelle science-fiction américaine, Aubier, 1984). Pendant les dix premières années de son règne la SF avança à pas de géants sur le chemin d'une littérature adulte et exigeante, Campbell osant considérer ses lecteurs comme des gens mûrs, intelligents, capables d'apprécier des oeuvres complexes, et non comme des adolescents boutonneux et retardés. Astounding inscrivit ainsi à son sommaire, sous forme de feuilletons ou de cycles de nouvelles, presque tous les grands titres de l'Age d'Or (qui parurent un peu plus tard en librairie) : Demain les chiens de Simak, Le monde des  de Van Vogt, L'histoire du Futur d'Heinlein, Les robots d'Asimov (sait-on que les fameuses lois de la robotique furent, en fait, énoncées par Campbell ?), Fondation du même, etc.
          Mais au fil des années l'autoritarisme de Campbell devint de plus en plus marqué. Partisan pur et dur d'une SF prédictive et technologique (il refusa tous les textes — sauf un — de Ray Bradbury), conservateur (politiquement « un peu à la droite d'Ivan le Terrible » disait de lui un de ses amis !), puritain (il rejeta avec horreur la première nouvelle de Farmer, The Lovers, qui avait pour thème l'amour sexuel entre un Terrien et une extraterrestre), manquant parfois de discernement (il s'enticha de la fumeuse dianétique de Ron Hubbard), Campbell ne sut pas prendre le virage des années cinquante et la science-fiction moderne s'élabora par la suite hors des colonnes d'Astounding (devenu Analog en 1960).

*

          Lecture :
           Le ciel est mort (Présence du Futur, Who goes there ? 1948)
           Sur les activités d'editor de Campbell : Les meilleurs récits d'Astounding, période 1938/1945, anthologie présentée par Jacques Sadoul (J'ai Lu, 1979).
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Biographies, catégorie Bios

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