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Album
Mafia Blues
Série : Power Man    Album précédent tome HS  Album suivant

Scénario : Brian AZZARELLO
Dessins : Richard CORBEN
Couleurs : Jose VILLARRUBIA
Traduction : Laurence BELINGARD

Panini Comics , coll. Max, avril 2003
 
Broché
Format 260 x 170
Couleurs
ISBN 2-84538-202-2
 
Quatrième de couverture
     Luke Cage est né et a grandi à Harlem. Servant de cobaye dans une expérience scientifique, il hérite d'une force surhumaine et d'une peau qui résiste aux balles. Il entame alors une carrière de tueur à gages, proposant ses services au plus offrant. Apres le succès de la mini-série BANNER, Brian Azzarello (100 Bullets) et Richard Corben (Den) reforment leur duo pour nous faire vivre une aventure urbaine pleine de bruit et de fureur.
 
Critiques
     Destinée à moderniser Power Man, alias Luke Cage, mais n'ayant pas connu le succès escompté, cette mini-série lui aura toutefois permis de revenir sur le devant de la scène (il fait maintenant partie des New Avengers). Pour vous situer les choses, Power Man figurait jusque-là au nombre de ces personnages ringardisés au point de sombrer dans l'oubli. Pourtant, il fut en son temps l'un des premiers super-héros noirs, créé en 1972 par Marvel afin de surfer sur la vague de la Blaxploitation. D'abord associé à Iron Fist, artiste martial inspiré de la série Kung-fu, et avec qui il formait un duo de gardes du corps louant ses services au plus offrant, il fut le premier héros noir à posséder sa propre série. Mais au fil du temps, Power Man, avec son blouson jaune et son bandeau de métal autour du front, finit par rejoindre le club des super-héros devenus inexploitables. A priori, aucune chance de salut pour lui, donc. C'était sans compter Brian Azzarello, scénariste de comics parmi les plus talentueux du moment.

     « C'est la merde. » C'est par cette phrase que s'ouvre Mafia Blues. L'époque a changé, Luke Cage aussi, mais le contexte reste le même : le ghetto de Harlem. Giuliani1 oblige, le décor est différent des années soixante-dix ayant vu naître Power Man en tant que super-héros, mais les gangs, les trafics et la corruption sont toujours présents. Mafia Blues débute lorsqu'une jeune mère, dont la fille a été tuée par une balle perdue lors d'une fusillade de rue, pénètre dans un club de strip-tease pour réclamer son aide à Luke Cage. Et donc, « C'est la merde. » Cage, débarrassé de son blouson jaune et affublé d'une dent en or, arbore dorénavant un look gangsta plus moderne et adapté au contexte des années deux mille. Assis face à un miroir, où il observe aussi bien son corps à la musculature hypertrophiée que sa strip-teaseuse favorite, le « héros à louer » écoute les doléances de cette mère de famille. Tout cela l'entraînera dans un engrenage infernal, qui le mènera vers des chefs mafieux autrement plus dangereux que les gangs qu'il a l'habitude d'affronter.
 
     L'intérêt de Mafia Blues ne réside pas tant dans son fond que dans sa forme : le ton d'Azzarello ne surprendra pas les habitués (ambiance de thriller, réalisme cru, dureté des rapports humains...) mais il reste toujours aussi efficace, surtout associé aux dessins très seventies de Richard Corben. L'auteur réussit donc à moderniser le personnage sans problème tout en respectant son héritage culturel (les années soixante-dix, donc), et en jouant avec malice sur la composante essentielle de Power Man sans pour autant l'exploiter. Je m'explique : le pouvoir de Luke Cage réside dans son invincibilité. À la suite d'une expérience, son corps est devenu inaltérable. Pourtant, Azzarello (peu familier du domaine fantastique, auquel il privilégie l'univers réaliste du polar) n'utilise jamais cette caractéristique du personnage, si ce n'est lorsque des curieux lui demandent s'il est vraiment invincible, ce à quoi Power Man se garde bien de répondre. Il faudra donc patienter jusqu'à la dernière case qui, bien qu'ambiguë, apportera un semblant de réponse à la question : ce nouveau Power Man est-il toujours invulnérable ?
 

Notes :

1. Maire de New York entre 1994 et 2001, connu pour avoir considérablement fait baisser le taux de criminalité et de délinquance dans la ville.

Florent M.          
03/05/2009          


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