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Album
Rock Star
Série : Lolita HR - A.doll.a    Album précédent tome 1  Album suivant

Scénario : Delphine RIEU
Dessins : Javier RODRIGUEZ

Eidola Éditions , coll. Shogun Seinen, juin 2011
 
Broché
Format 220 x 162
N&B
ISBN 979-10-90093-02-7
Voir une planche.
 
Quatrième de couverture
     Lolita HR est l'histoire romantico-punk de deux adolescents, une rock star et un fan, dans un monde futuriste et totalitaire.
     Robots stars, résistants, malades, tous cherchent leur place, et personne n'est vraiment ce qu'il semblait être...
 
Critiques
     Clairement inspirée de l'univers manga dont elle reprend les codes, Lolita HR est pourtant l'œuvre d'Eidola, un éditeur français basé à Angoulême, en Charente (ville de la bande dessinée par excellence, célèbre pour son Festival annuel). En bon angoumoisin, alerté par un article de la Charente Libre concernant la réédition de Lolita HR (anciennement paru chez Les Humanoïdes Associés), j'ai saisi l'occasion d'attirer l'attention sur cette initiative qui, de toute évidence, mérite le coup d'œil.1
 
     Lolita HR se déroule dans un monde futuriste où un virus, le « Marabout », se propage en causant des mutations chez ses victimes, réduites au statut de parias et parquées dans des getthos au sein d'une société totalitaire. Le contexte de la dictature futuriste n'est pas franchement original, mais il a le mérite de s'articuler autour de quelques idées intéressantes tels ces robots-stars conçus pour détourner l'attention du populo lambda selon le bon vieux principe romain ayant fait ses preuves (« du pain et des jeux... »). Paradoxalement, c'est pourtant grâce à une starlette de la pop-music aux allures de Britney Spears que la Résistance va tenter de propager insidueusement sa contestation du système en place.

     La scénariste, Delphine Rieu, n'en est pas à son coup d'essai, mais elle est aussi et avant tout reconnue pour ses talents de coloriste sur des séries relativement populaires (Photonik, Bravesland...)2. Le dessin est quant à lui assuré par Javier Rodriguez, dont le trait relève d'un style assez déroutant, dans le sens où il évoque le graphisme de la plupart des mangas sans pour autant le reproduire. Atout ou inconvénient c'est au lecteur d'en juger, mais il ne fera sans doute pas l'unanimité. L'artiste possède toutefois un sens certain du cadrage et l'art d'enchaîner ses cases d'une façon fluide et cinématographique. En clair : on comprend l'action sans problème.3
 
     En résumé, Lolita HR aborde des thèmes connus de la SF, et plus particulièrement du genre cyberpunk : divertissement et abrutissement du peuple à l'aide d'avatars (Rock Machine), instrumentalisation de la résistance (Matrix), questionnements existentiels d'un androïde (Blade Runner ou Ghost in the Shell), union du peuple face à un ennemi chimérique (1984), propagation d'un virus, mutants relégués au second rang... On navigue en terrain connu mais l'auteur maîtrise sa narration malgré un choix audacieux de la thématique multiple et de l'œuvre « à message » ; même si, encore une fois, tout cela n'a rien de nouveau...
 
     Lolita HR n'égale donc pas des références comme GunnM (l'en blâmera-t-on ?) mais s'inscrit dans une démarche audacieuse et ambitieuse. Dans la logique des inspirations initiales des auteurs, le choix d'un format manga — c'est-à-dire une suite de petits volumes moins épais — aurait peut-être été plus judicieux, plutôt que quatre gros tomes vendus 13,50 €  pièce (prix justifié par la très bonne qualité du papier et la taille des pages), car il permet au lecteur de se rendre compte assez rapidement s'il « accroche » ou pas à une série. Quoi qu'il en soit, saluons l'initiative, le marché du « manga français » demeurant encore assez confidentiel.
 

Notes :

1. La preuve en est : la série fut nommée en 2007 « meilleur manga étranger » par le Ministère des Affaires Étrangères japonais.

2. Ce qui peut sembler paradoxal, cet ouvrage étant conçu dans la tradition des mangas, c'est-à-dire... en noir et blanc !

3. Il y a quelques années de cela Frank Miller affirmait, dans une interview, que dans l'idéal une bande-dessinée devrait pouvoir se passer de bulles, l'enchaînement des cases devant suffire à sa compréhension (ou quelque chose comme ça). Chose qu'il eut d'ailleurs l'occasion de prouver dans ses plus grandes réussites, comme Daredevil : Born Again ou Sin City.

Florent M.          
22/07/2011          


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