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Album
Le Retour de la bête
Série : Anachron    tome 1  Album suivant

Scénario : Thierry CAILLETEAU
Dessins : Joël JURION
Couleurs : Sandrine CAILLETEAU

Vents d'Ouest , coll. Fantastique, avril 2001
 
Cartonné
Format 320 x 230
48  pages  Couleurs
ISBN 2-8696-7945-9
Voir une planche.
 
Quatrième de couverture
     Sur le monde d'Anachron règnent les épées et la sorcellerie. Pourtant, ce sont des forces spatiales terriennes du XXIIe siècle qui veillent à ce que cette planète vierge le reste. Leur mission est loin d'être de tout repos. Les agents terriens sont tenus de ne pas trahir leur présence, tout en interceptant efficacement les contrebandiers de tous poils, qui voudraient monnayer sur place des technologies interdites.
     C'est dans cet univers qu'Hugo Varegua, professeur d'Histoire devenu leader révolutionnaire par la force des choses et de ses convictions, va devoir pourchasser Adolfo Kriegadler, le criminel nazi en fuite. Son chemin croisera celui du mercenaire Wodan le Borgne et de son associé le marchand Marconius, engagés dans une quête dont le prix est la main de la fille du baron de Norpath.
     La main d'une donzelle vaut-elle qu'on laisse échapper un homme qui s'apprête à réveiller des puissances maléfiques endormies depuis un millénaire ?...
 
Critiques
     Le prologue présente le personnage de Hugo Varegua, un révolutionnaire aux prises avec de méchants néo-nazis. Après une exposition un peu sèche de la situation politique sur Terre – une masse d'informations qui semblent peu utiles pour le reste de l'histoire – , l'intrigue débute à la septième planche, en orbite autour d'Anachron.
     Une deuxième exposition, tout aussi sèche, nous apprend que parvenue à l'ère de l'exploration spatiale, l'humanité a été intégrée à l'Alliance qui réunit toutes les civilisations évoluées de la galaxie. Les terriens doivent à leur tour assurer la surveillance d'un monde qui demeure encore à un stade évolutif qualifié de moyenâgeux  : Anachron. Le but est de laisser les mentalités évoluer doucement, sans interférence avec des technologies avancées qui risqueraient de précipiter la destruction de la planète.
     Un peu plus tard, nous aurons une troisième exposition, celle de la situation de la baronnie de Norpath, menacée à la fois par une Fronde et par les orques. La main de la princesse a été promise à celui qui ramènera la tête du chef des orques.

     Si le thème est prometteur, ce premier volume déçoit un peu. Cette série se veut composée d'albums pouvant se lire indépendamment. Celui-ci doit donc à la fois présenter Anachron et s'axer sur une intrigue autonome et complète. Ici, c'est l'histoire des néo-nazis qui sert de fil conducteur  : ils périront grâce à l'intervention inopinée d'une force occulte, comme tout bon nazi qui se respecte  : voir Indiana Jones.

     De la politique, de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique... Pour l'humour et le sexe, nous avons une princesse hystérique et son grotesque amoureux transi... Pour l'action, nous avons les terriens qui, sitôt arrivés, vont massacrer les orques à coup de roquettes, oubliant qu'ils sont censés ne pas faire de vague...
     Bref, des lourdeurs, et surtout beaucoup trop de choses pour un seul album. L'univers décrit est potentiellement riche, propre à être développé sur l'ensemble d'une série. La seule description d'Anachron et de l'existence de terriens dissimulés parmi la population locale – un « ils sont parmi nous  » inversé – aurait amplement suffi pour ce premier tome. Il aurait en outre été préférable de maintenir un certain suspense plutôt que de nous exposer platement et linéairement l'entière réalité dès les premières pages. Finalement, en ajoutant des nazis, une quête, des orques, un démon... Cailleteau affadit paradoxalement l'univers décrit, et nous obtenons un amalgame assez indigeste.

     Néanmoins, l'ensemble est plutôt sympathique et nous pressentons que les albums suivants pourraient être plus réussis  : débarrassés de l'obligation d'exposer la situation, les auteurs pourront sans doute y retrouver une plus grande légèreté, à condition de concevoir une intrigue plus rigoureuse qui éviterait les quelques facilités et les quelques gags inutiles.

Pascal Patoz          
nooSFere          
17/05/2001          


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