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Album
Les Amants décapités
Série : Mic Mac Adam (Les Nouvelles Aventures de)    tome 1  Album suivant

Scénario : André BENN
Dessins : Luc BRUNSCHWIG
Couleurs : COLOR TWINS

Dargaud , septembre 2001
 
Cartonné
48  pages  Couleurs
ISBN 2-87129-305-8
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Critiques
     Mic Mac Adam a passé son enfance à Hillkirk, un village écossais qu'il a quitté définitivement en 1898 lorsque ses parents ont mystérieusement disparu dans l'immense marais voisin. En 1916, époque où se déroule l'histoire présente, Mic retourne à Hillkirk car on vient d'y découvrir deux cadavres au cœur du marais... Peut-être ses parents  ?
     Curieusement, un régiment militaire monte à bord du même train, au lieu de rejoindre les tranchées de la Grande Guerre, sur le continent. De non moins terribles combats les attendent  : à l'approche du village, des pilliwigins – sorte de petites fées ailées -, des houziers – esprits farceurs des cours d'eau – et d'autres créatures fantastiques peuplant les légendes régionales attaquent le train, aussi redoutables qu'impitoyables...

     André Benn a créé le personnage de Mic Mac Adam dans Spirou en 1978, sur des scénarios de Stephen Desberg. Le ton de la série a rapidement évolué, glissant de l'humour à un fantastique plus sombre et plus intimiste, jusqu'à son interruption en 1987.
     L'album présent, qui inaugure le retour du jeune écossais dans de nouvelles aventures, scénarisées cette fois par Luc Brunschwig, poursuit dans cette voie. Il met en scène un sujet très classique de la fantasy – l'existence d'un monde secondaire inaccessible et peuplé de créatures magiques – , de façon sombre et tourmentée. Les esprits farceurs n'ont ici rien de merveilleux ou de drôle. L'angoisse monte, liée à de macabres découvertes – des cadavres étrangement mutilés – et à la noirceur de la nuit écossaise parcourue par d'étonnants agents gouvernementaux, ainsi qu'aux rêves, visions et souvenirs d'un Mic Mac Adam hanté et culpabilisé par la disparition de ses parents, et néanmoins très ému de retrouver les objets et les personnages de son passé.

     Le trait est souple et dynamique, et il bénéficie en outre d'une subtile mise en couleurs qui accentue le côté ténébreux du récit. Qu'un scénario aussi sombre, nostalgique et sensible soit illustré par un dessin peu réaliste, type « gros nez  » comme est parfois surnommé ce style, peut cependant surprendre en première approche. On retrouve le même décalage que, par exemple, dans Théodore Poussin. Mais, comme dans cette dernière série, on oublie rapidement ce préjugé pour s'abandonner complètement à l'univers décrit. Au point qu'il devient même rapidement impossible d'imaginer autrement Mic Mac Adam, car ce graphisme évoque parfaitement l'atmosphère nostalgique d'une enfance perdue et d'un réveil des peurs enfantines.

     S'il peut se prêter à diverses interprétations, notamment symboliques – le parallèle entre les deux guerres – ou psychanalytiques – le marais d'où surgissent les lutins de l'enfance peut faire figure d'inconscient – , le récit forme avant tout une très belle histoire, mystérieuse, émouvante et envoûtante. Elle ne s'achèvera que dans le prochain tome, et c'est tant mieux, car Mic Mac Adam nous est revenu en pleine forme. Espérons qu'il va rester un bon moment  !

Pascal Patoz          
nooSFere          
01/10/2001          


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