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Album
Duende
Série : L'Augure    tome 1 

Scénario : Peter BERGTING
Dessins : Peter BERGTING
Couleurs : Peter BERGTING

Delcourt , coll. Contrebande, mai 2007
 
Cartonné
Format 264 x 173
128  pages  Couleurs
ISBN 978-2-7560-0737-3
 
Quatrième de couverture
     La terre des hommes se meurt. Elle réclame un sauveur capable de la délivrer de l'emprise du puissant esprit Guishen. Milo, combattant aux motivations mystérieuses, est ce héros. Lors de la quête initiatique qui l'amène à marcher parmi les Morts, il rencontre Lin, une prêtresse adepte de la magie, et Alkuin, son mentor. Leurs pas les conduiront à traverser le royaume des esprits hostiles et malicieux...

     Sur les traces de Mike Mignola et de Moebius, ses influences avouées, Peter Bergting nous ouvre les portes d'un monde onirique, sombre et envoûtant.
 
Critiques
     « L'assemblée a eu des visions selon lesquelles le Mokkurkalve, un monstre très ancien, a été réveillé.
     Il est déterminé à détruire l'objet le plus saint que nous connaissions. Un réceptacle contenant l'esprit même de l'humanité.
     Sans lui, nous serions réduits à errer dans les ruines de notre civilisation, à l'état de fantômes. Des esprits vides de la terre, des bois et des mers. Piégés ici pour l'éternité.
     Les esprits des morts hantent déjà la vallée, comme s'ils attendaient... comme s'ils attendaient que nous devenions comme eux.
     Le réceptacle se trouve dans un temple secret. L'assemblée pense que vous avez une chance d'arrêter le Mokkurkalve. » (p.26)

     Une sombre prophétie. Un monstre. Un élu, champion de l'humanité, devant parcourir le pays des Morts pour affronter un démon... Apparemment, rien de bien original dans ce résumé.
     Pourtant, à partir de ces prémisses banales, Peter Bergting réussit à capter l'attention du lecteur. D'abord grâce à une narration assez sibylline qui ne dévoile l'intrigue que parcimonieusement, nous entraînant dans un parcours mystérieux au sein de territoires mouvants aux allures de paysages mentaux : une « géographie d'intentions cachées » (Michael Kaluta, postface). D'autre part en raison de la nature du « héros », Milo, qui n'est pas celui qu'on attendait : Milo a en réalité tué le véritable héros de cette histoire avant même que celle-ci ne débute, et se conduit comme s'il était frappé d'une sorte de malédiction, « consumé par le désir de jouer un rôle » (p.114).
     Il en résulte un récit envoûtant, « nimbé de son atmosphère étrange et merveilleuse » comme l'écrit Mike Mignola (cité p.6). Un récit ténébreux, froid, aux illustrations crépusculaires, d'un onirisme si détaché du monde vivant que l'on assiste à ce « songe d'une nuit d'hiver » comme à une tragédie d'un autre univers, où le monde des fées ne laisserait place à aucune fantaisie, mais seulement à une mélancolie sans espoir. Une noirceur de tragédie shakespearienne assumée, qui se traduit d'ailleurs par quelques allusions : on lira sans peine dans les propos de la belle Lin — « Il y a entre le ciel et la terre plus de choses que vous n'en connaissez » (p.28) — une paraphrase de la fameuse réplique lancée par Hamlet : « Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio, que n'en rêve ta philosophie. » (Acte I, scène 5, trad. André Gide).

     Une œuvre qui démontre encore une fois qu'avec du talent, un auteur inspiré peut renouveler un thème banal au point d'en faire une création fascinante et surprenante.

Pascal Patoz          
nooSFere          
02/07/2007          


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