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Album
Ange Brisé (L)
Série : Vinci    tome 1  Album suivant

Scénario : Didier CONVARD
Dessins : Gilles CHAILLET
Couleurs : Chantal DEFACHELLE
Encrage : Marc JAILLOUX

Glénat , septembre 2008
 
Cartonné
Format 320 x 240
56  pages  Couleurs
ISBN 978-2-7234-5770-2
 
Quatrième de couverture

Le 15 décembre 1494,
vers 7 heures,
on découvre le cadavre
du notaire Christoforo di Rodrigo
au bord du canal Martesana.

Son visage lui a été volé.
L’Ange se venge…
La lumière jaillit de l’Ombre.

 
Critiques

     L’exceptionnelle personnalité de Léonard de Vinci, l'emploi de son génie dans tant de domaines, permettent aisément sa transformation en un personnage de récits d’aventures, voire fantastiques. Ce glissement n’est, à la réflexion, pas étonnant car cet homme semblait capable de réaliser tant de choses, toutes plus surprenantes les unes que les autres que…
     C’est donc sur un personnage presque mythique que Didier Convard fait porter l’essentiel de son nouveau cycle intitulé simplement Vinci.

     Il fait commencer son scénario en novembre 1519, quand François 1er arrive, avec une escorte discrète, à l’abbaye de Vauluisant. Il vient mettre à l’abri la dernière œuvre de Léonard de Vinci, mort au début du mois. Il a promis à ce dernier de déposer son tableau en lieu sûr et de s’assurer que personne, jamais, n’en voie le sujet. « Seigneur, quelle horreur ! Quelle chose hideuse ! » s’écrie l’abbé quand le roi dévoile la toile. François 1er entreprend d’en raconter la genèse. Les faits remontent en 1494, à Naples. Un cadavre est découvert au bord d’un canal. Il n’a plus de visage, la peau en a été volée. Un vagabond, qui affirme avoir vu une créature noire sortir de l’eau, identifie le mort. Il s’agit d’un notable habitant tout près. Les enquêteurs découvrent un véritable bain de sang dans sa chambre.
     Sur l’autre rive, une silhouette encapuchonnée fixe la scène. Léonard lui demande de rentrer. En chemin, elle le presse de revenir près d’elle bien vite. Il promet en l’appelant : « mon amour ».
     Le prévôt, connaissant son don d’observation, requiert l’aide de Léonard. Celui-ci est bien en cour. Il travaille à La Cène et à la sculpture monumentale qui doit orner le tombeau du père du Duc régnant.
     Pour rassurer la population, le prévôt fait quadriller la ville par ses soldats. La nuit, deux d’entre eux sont effrayés par une ombre énorme qui se pose sur la terrasse de la cathédrale. Il s’agit de Léonard qui rentre, attendu par la femme mystérieuse…

     Didier Convard nous donne rendez-vous avec un Léonard que l’on a peu coutume de fréquenter, celui de l’homme dans la force de l’âge. L’auteur nous le présente dans le cadre de ses activités : il vit avec un jeune effronté qu’il a recueilli, travaille avec un groupe d’élèves, est amoureux, se consacre à ses œuvres, organise les fêtes pour le duc….  Il mêle à la réalité historique un ensemble de situations, d’actions qui relève de la fiction. Il imbrique si soigneusement les uns et les autres, que l’ensemble s’ordonne avec cohérence pour devenir crédible. S’il est avéré que le peintre a conçu des engins volants, a-t-il pu cependant les utiliser, se poser sur une cathédrale, s’envoler juste à temps pour échapper à ses poursuivants lors du second vol de visage ? Il est connu que celui-ci s’est adonné, malgré l’interdiction de l’Église, à la dissection pour parfaire sa connaissance du corps humain et transposer celle-ci dans ses tableaux.
     Le scénariste introduit une dimension fantastique, une connotation ésotérique, donnant à Vinci l’image d’un être à deux visages, le sombre et le lumineux. Il lui fait d’ailleurs reconnaître implicitement cette dualité. Le mystère s'accroît avec ce personnage féminin, toujours masqué, que Vinci protège et fréquente assidûment.
     Didier Convard injecte dans son intrigue nombre de données nouvelles, multiplie les interrogations sans apporter, dans ce premier tome, une bribe de réponse. Il glisse, en fin de volume, les prémices d’un subtil jeu du chat et de la souris qui laisse supposer des péripéties intéressantes.

     Pour mettre en images une telle histoire, il n’y avait guère que Gilles Chaillet avec son style si particulier et sa capacité créatrice. Le dessinateur restitue, avec une extrême minutie, des décors somptueux, des pages grandioses, des perspectives éblouissantes des angles de vue et des plongées fastueuses. Il met en scène ses personnages avec des costumes magnifiques, dans une ville de Naples qui est peut-être trop propre, trop nette. Certains de ses personnages, (personne n’est parfait) gardent un aspect rigide, figé. Mais oublions ce défaut mineur pour se remplir les yeux de ces décors somptueux dont la couverture donne une idée de la majesté. En effet, exceptionnellement, il n’y pas de décalage entre la vitrine et le « magasin », c’est aussi beau dedans que dehors !

     L’Ange brisé est un superbe album qui augure d’une série de grande qualité.

Serge Perraud          
nooSFere          
16/10/2008          


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