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Album
Mum is Dead
Série : Autobiography of a Mitroll (The)    tome 1  Album suivant

Scénario : Guillaume BOUZARD
Dessins : Guillaume BOUZARD

Dargaud , coll. Poisson Pilote, octobre 2008
 
Cartonné
Format 300 x 225
48  pages  Couleurs
ISBN 978-2-2050-6033-1
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Critiques
     C'est au Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, commencé jeudi et clôturé ce dimanche soir, que j'ai découvert hier The Autobiography of a Mitroll. L'auteur, Guillaume Bouzard, ne m'était toutefois pas tout à fait étranger, puisqu'il est également l'inoubliable auteur de Plageman, l'homme-plage (cela ne veut rien dire, je sais, mais c'est volontaire). Monument de l'humour absurde, Plageman nous contait l'histoire d'un pseudo super-héros en slip rouge, affublé d'un ballon de volley comme masque, dédié à la protection de son territoire : la plage. Accompagné d'acolytes comme King Fish (l'homme-poisson, il va sans dire), le bonhomme prenait sa tâche très au sérieux et se trouvait confronté à des ennemis redoutables, tels qu'un beauf en vacances ou le Quinze de France. Habitué des magazines un brin décalés comme Psikopat, Bouzard est également l'un des chouchous du Festival de la BD d'Angoulême puisque ses œuvres ont été plusieurs fois nominées dans des catégories différentes (meilleur premier album pour La Nuit du Canard-garou et coup de cœur pour Plageman). Cette année, The Autobiography of a Mitroll figure dans la sélection officielle, ce qui est toujours l'occasion pour l'éditeur de flanquer un autocollant sur la couverture.
 
     Quel sujet peut donc aborder une BD au titre si... heu... particulier ? Eh bien ici, Guillaume Bouzard se met lui-même en scène (d'où le titre). Sa mère, sur son lit de mort, lui apprend la terrible vérité : il est en fait l'enfant d'un troll, ce qui fait de lui un métis moitié humain et moitié troll, donc un mitroll (d'où le titre). Fort logiquement, cette révélation va l'amener à accomplir un voyage identitaire — à pieds et en brouette — jusqu'au pays des trolls qui, comme chacun sait, est la Bretagne (accompagné de son chien qui, bien entendu, parle). Tout cela paraît un peu loufoque, je ne vous le cache pas — et encore je vous laisse découvrir les détails — mais pourtant, sous leur apparence de grand n'importe quoi, les BD de Bouzard témoignent d'une excellente connaissance des codes narratifs du neuvième art, mais aussi de toutes les techniques du genre humoristique (décalage, rupture, running-gag...). Alors certes, le postulat de The Autobiography... est totalement con, mais son déroulement est suffisamment bien traité pour que l'on se laisse happer par cette histoire qui, de son gag initial, bascule lentement vers le merveilleux (rappelons que l'on trouve peu de trolls en dehors de la fantasy) sans se départir pour autant de son parti-pris déconneur. Disons juste que le problème de ce genre d'humour au cent vingt sixième degré, c'est qu'on adore ou qu'on déteste. Toutefois, même les plus réticents devront reconnaître à l'auteur un sens des dialogues unique, avec des références constantes aux clichés et autres facilités de l'autobiographie (« L'histoire que je m'en vais vous narrer est mon histoire »), là où Plageman raillait quant à lui les codes des comics. Pour vous faire un avis, les six premières pages de The Autobiography of a Mitroll sont consultables sur le site du Festival.
 
     Alors, Bouzard est-il vraiment le fils d'un troll ? La Bretagne abrite-t-elle réellement leur communauté ? Finira-t-il par les trouver ? Quel accueil lui réserveront-ils ? Autant de réponses que nous trouverons peut-être dans la suite : Is Dad a Troll ? (notez au passage la parfaite maîtrise de la langue de Shakespeare par l'auteur). En attendant, que M. Bouzard soit remercié pour ma dédicace et son humilité (qui n'auront en rien influencé cette chronique : vous le savez, les nooSFeriens sont incorruptibles).

Florent M.          
01/02/2009          


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