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Les Mangeurs d'argile

Pierre PELOT


Cycle : Les Hommes sans futur vol. 1 


Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5126
Dépôt légal : 4ème trimestre 1981
Première édition
Roman, 192 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : 2-266-01095-6   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Caïne, l'homme-bois-bonheur, porte chance aux futures mères. Au besoin, il les aide à devenir mères. Avec lui, impossible d'accoucher d'un Autre. Mais Lice, cette gamine trop nerveuse, ne veut pas de lui. Elle est sûre que les Autres vont faire mourir les mangeurs d'argile. Elle communique sa hantise à Kildred, un vieil homme presque aveugle qui l'a recueillie parce qu'elle ressemble à sa fille disparue. Ensemble, ils quittent Little Rock où Kildred a passé toute sa vie. Atteindront-ils la cité perdue de l'éternel désir ? Ou buteront-ils contre le mur de l'invisible peur ? En attendant, ils risquent gros ; il y a de tout dans la cambrousse, y compris ceux qui ont muté, mais en se trompant de direction. Caïne se décide à les suivre ; sans doute a-t-il ses raisons. Pour survivre, il faut être dégueulasse quelquefois. Et en baver plus qu'à son tour.

Pierre Pelot est né en 1945 dans la montagne vosgienne où il vit toujours actuellement. Ce recordman de vitesse a écrit en moins de dix ans plus de soixante-dix ouvrages et notamment, sous le pseudonyme de Pierre Suragne, d'excellents romans d'actions percutants et incisifs édités au Fleuve Noir. Le côté visionnaire et inspiré de Pierre Pelot s'affirme ici, avec ce cinduième roman publié dans la collection Presses Pocket.
 
    Critiques    
     L'histoire se passe dans un futur assez proche, où bien souvent les femmes accouchent d'enfants mutants. Ils deviennent les « Autres », des créatures qui partent délibérément vivre de leur côté, ignorant notre société. On comprend donc pourquoi Pierre Pelot a intitulé sa série Les Hommes sans Futur car dans ces conditions, l'homo sapiens est appelé à disparaître. Ce sont quatre de ces condamnés que nous allons suivre au fil des pages.
     De son postulat, l'auteur tire une histoire simple et prévisible, mais non dénuée d'intérêt. En effet, les hommes sans futur doivent trouver un but à leur existence. La peur, la nostalgie et une certaine mélancolie les habitent, ils s'affirment dès lors comme des héros de Science-Fiction atypiques. Le vieux, la jeune, l'opportuniste et le vengeur symbolisent chacun une composante de l'humanité. Les petits voyous prolifèrent dans ce monde à l'agonie, ce qui émaille le récit — par ailleurs très sobre — de scènes d'action assez violentes. L'atmosphère du roman correspond bien à son titre : elle rappelle un peu celle des Choses de Georges Perec, dans une autre catégorie littéraire...
     Les profils psychologiques des quatre individus sont bien définis. Ils s'opposent ou se complètent curieusement, comme dans la réalité. Leurs actions et leurs motivations constituent une source d'intérêt pour qui veut aller au delà des simples constatations de surface. Leurs finalités sont aussi floues et mystérieuses que celles des êtres que nous côtoyons tous les jours dans notre entourage. L'intrigue paraît donc très réelle : on se demande comment tout ce monde peut coexister, comment il va réussir à trouver une voie pour satisfaire ses besoins et ses désirs dans ce contexte difficile.
     Sans effort, bien que sans passion particulière, le lecteur parviendra donc à la fin de cette œuvre courte, dont la chute singulière pousse doucement à lire la suite dans Saison de rouille.


Antoine ESCUDIER (lui écrire)
Première parution : 5/2/2003 nooSFere


     Puisque la mode américaine en est aux séries en plusieurs volumes, rien n'empêche les auteurs français d'en faire autant. Au Fleuve, la série des Glaces d'Arnaud ; chez Presses Pocket, les Colmateurs de Jeury, et maintenant Les hommes sans futur de Pierre Pelot.
     Le sujet ne manque pas d'intérêt : l'évolution de l'espèce n'a pas cessé avec l'apparition de l'homme. Ce dernier se voit maintenant dépassé par sa propre descendance, si supérieurement intelligente qu'il ne comprend rien à ses actes. C'est peut-être la plus terrible des fins de l'humanité que celle qui se produit en douceur, au fil des générations.
     Pierre Pelot s'attache à raconter le destin de quelques représentants de la race condamnée. Mais les pérégrinations de ses personnages, de péripéties en rebondissements, lassent quelque peu. Cette nouvelle délayée laisse le lecteur sur sa faim et ne semble constituer qu'une introduction à une série qui pourrait devenir passionnante. Mais n'est-ce pas justement le rôle des récits à épisodes que de faire évoluer l'histoire le plus lentement possible juste pour tenir éveillé l'intérêt du lecteur ?

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/3/1982 dans Fiction 327
Mise en ligne le : 1/10/2006

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition DENOËL, Présence du futur (1998)


[Critique commune aux deux premiers tomes de la série, Les Mangeurs d'Argile & Saison de rouille]

     Après la mutation qui a fait du singe un Homo sapiens, un nouveau bond de la nature a donné naissance aux Autres, les Supérieurs de la nouvelle espèce. Ils se regroupent entre eux et mènent des activités échappant à l'entendement de leurs géniteurs. Les hommes savent, désormais, qu'ils sont les derniers des sapiens et que leur civilisation disparaîtra progressivement, sans tapage.

     Le combat étant perdu d'avance, Pelot ne s'épuise pas à confronter les deux espèces ni à imaginer à quoi ressemblera la nouvelle humanité. Des Supérieurs, on n'en saura très peu, on n'en verra presque rien : ils nous sont trop étrangers. Ce qui l'intéresse est la description crépusculaire des derniers soubresauts d'une civilisation sur le déclin. C'est ce que symbolisent la ruade de Kildred Quenan, qui a décidé de découvrir le monde au soir de sa vie, et la fuite éperdue de Lice vers des territoires où la présence des Supérieurs ne se fait pas sentir. Tous deux sont accompagnés par le bois-bonheur Caïne, un de ces charlatans dont l'amulette est censé assurer des naissances normales et qui lui, fuit une de ses victimes. Les Mangeurs d'argile est le récit de cette équipée aux allures de western.

     Saison de rouille est également le sujet de traques multiples dans une Camargue contaminée par un virus, où les populations, sous couvert d'évacuation, sont impitoyablement éliminées : Polynésie, une rescapée, entend retrouver Hierro, responsable d'un de ces massacres. Celui-ci, contaminé, échappe à la quarantaine afin de battre le score de son principal rival et de retrouver le Supérieur qui se cache parmi la population. Récit sanglant, d'une violence qui n'est pas sans rappeler celle du Sourire des crabes, ce roman âpre est un saisissant instantané du déclin de l'humanité.

     La réédition de ce cycle, qui comprend six romans à ce jour, résonne d'échos nouveaux depuis que Pelot s'est lancé dans la rédaction d'une saga préhistorique contant l'émergence de l'espèce humaine : en se situant aux deux extrémités, il se fait le chantre de ceux dont les luttes pour se forger une destinée ou refuser un destin ont été ou seront vouées à l'oubli, le conteur de toutes les histoires qui échappent à l'Histoire mais qui parlent toutes, avec peut-être plus de vérité, de l'Homme.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/3/1998
dans Galaxies 8
Mise en ligne le : 6/4/2009




 
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