Arthur C. CLARKE Titre original : The Fountains of Paradise, 1979 Première parution : Londres, Royaume-Uni : Victor Gollancz, janvier 1979ISFDB Traduction de Georges H. GALLET Illustration de Terry OAKES
ALBIN MICHEL
(Paris, France), coll. Super + fiction n° 7 Dépôt légal : 2ème trimestre 1980, Achevé d'imprimer : mars 1980 Première édition Roman, 288 pages, catégorie / prix : nd ISBN : 2-226-00937-X Format : 13,5 x 21,0 cm Genre : Science-Fiction
Maquette de couverture : Atelier Pascal Vercken. Dessin de la première édition anglaise (Gollancz, 1979).
Arthur C. Clarke habite, depuis de longues années déjà, les Cinnamon Gardens de Colombo. Il est à la fois un savant — l'un des pionniers de l'astronautique, on lui doit notamment l'idée des satellites de communication — et un auteur de science-fiction. Il n'avait que vingt ans lorsqu'il débuta en 1937. Depuis, il a publié près de cinquante romans parmi lesquels on peut citer des œuvres maîtresses, telles que La Cité et les Astres, Les Enfant d'Icare, et aussi 2001, l'Odyssée de l'espace qui lui valut une célébrité mondiale. « Sans un certain fond de réalité, dit-il, la science-fiction ne serait pas possible et, par conséquent, la science sérieuse est l'amie, non l'ennemie, de la fantaisie et de l'imagination. »
Du même auteur dans la même collection : Terre, planète impériale, et également aux Éditions Albin Michel : Les Prairies bleues.
On est en 2142. Un ingénieur génial, Vannevar Morgan, a conçu un vertigineux « Transporteur spatial » destiné à emmener les passagers et les marchandises hors de l'atmosphère terrestre. Sa construction marquerait le véritable début de la Civilisation interplanétaire pour l'Humanité.
Mais, avant que ce rêve grandiose puisse devenir réalité, Morgan se heurte à un obstacle majeur. Car il n'existe qu'un seul endroit sur la Terre qui convienne à son édification : le sommet d'une montagne sacrée, jalousement gardé par les moines qui l'habitent depuis un temps immémorial.
Comment sera vaincue leur résistance et ce qui se passera lorsque le Transporteur commencera à se dresser dans le ciel, c'est là le sujet de ce récit dramatique, dans lequel se mêlent, à la manière habituelle de Clarke, la science authentique et la fiction la plus audacieuse.
Taprobane, où se situe le roman, n'est qu'une transposition transparente de la Sri Lanka — l'ancienne Ceylan — qu'affectionne tant l'auteur.
1 - Préface (Preface, 1979), pages 11 à 11, préface, trad. Georges H. GALLET 2 - Postface - Sources et remerciements (Sources and Acknowledgments, 1979), pages 272 à 277, postface, trad. Georges H. GALLET
Critiques
Après l'excellent Terre, planète impériale (qui avait ouvert la série grand format de Super + Fiction), on pouvait attendre avec une impatience certaine la traduction du nouveau roman de Clarke, d'autant plus que celui-ci avait laissé entendre que Les fontaines du paradis seraient une des pièces à conviction majeures lorsqu'on devrait juger son œuvre toute entière. Clarke a aussi dit que ce serait son dernier roman de SF, ce qui, je l'espère sincèrement, n'était qu'une boutade sans suite ! 1.
Car Les fontaines du paradis représentent un des efforts les plus achevés de Clarke qui a donné là un roman que l'on peut véritablement qualifier de magnifique. La première chose qui saute aux yeux est la démesure de l'histoire, une démesure technologique, entre autres, qui prend ses racines dans notre quotidien et qui en reçoit d'autant plus de force. Comme le signale Clarke lui-même, la plupart des idées de base de son roman ont en fait déjà été émises, certaines depuis des années. Mais elles attendaient le magicien capable d'en faire un futur possible de l'humanité cohérent, passionnant et fabuleux. C'est ce qu'a réussi Clarke, d'un coup de machine à écrire magique qui laissera des traces dans la SF. Chacune des pages des Fontaines du paradis est une mine d'idées sous-entendues, de possibilités à peine esquissées, mais qui réjouissent l'imagination du lecteur. On retrouve la même richesse que dans Terre, planète impériale, avec un récit plus dynamique, cependant. Et sur ce background foisonnant se profilent deux ombres : celle du « Transporteur Spatial » (qui n'est pas sans rappeler la Tour de Babel) et celle des mystérieux constructeurs du « Vagabond des Etoiles », cette sonde qui traverse le système solaire en quelques jours, avec des effets ruineux sur une des cibles favorites de Clarke, la religion. Là-dessus se greffe un épilogue remarquable par l'effet de choc qu'il provoque sur le lecteur et, surtout, par l'ampleur démesurée du tableau qu'il dévoile sur l'avenir de la race humaine.
La démesure est d'ailleurs la seule dimension qui convienne véritablement à Clarke. C'est un auteur qui a besoin de place (ce qui explique peut-être qu'il soit si mauvais en nouvelles) pour développer des histoires où le seul adversaire à la taille de l'homme reste Dieu, ou ce qui en tient lieu, ce qui pourrait expliquer le fait que les deux seules nouvelles vraiment bonnes de Clarke soient Les neuf milliards de noms de Dieu et L'étoile... D'où ces futurs résolument optimistes sur la destinée humaine, cette fabuleuse technologie omniprésente et triomphante, sans lesquels l'homme ne pourrait pas affronter son ultime adversaire. C'est donc une erreur de critiquer Clarke par le petit bout de la lorgnette étriquée du quotidien. Un auteur de sa trempe ne peut pas être apprécié du ras du sol, ce qui équivaudrait à parler d'une Rolls-Royce en ne considérant que ses pneus... Et puis, l'avenir qu'il nous promet en vaut bien d'autres, pour ne pas dire tous les autres ! Alors, que demander de plus ?
Notes :
1. A noter que, depuis sa parution en France, ce livre a obtenu aux U.S.A. le Nebula 1980 du meilleur roman.
Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantesAnnick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981) Association Infini : Infini (1 - liste primaire) (liste parue en 1998)