Walter Michael MILLER Titre original : A Canticle for Leibowitz, 1959 Première parution : Philadelphie, USA : J. B. Lippincott, octobre 1959ISFDB Cycle : Leibowitz vol. 1
• A la fin du 20e siècle et de la guerre atomique qui a mis fin à la civilisation, des petites communautés vivent en barbares.
• Livres et savants ont été brûlés, mais quelques moines, disciples de Saint Leibo-witz, conservent et recopient ce qui reste du savoir de l'humanité.
• Le monde passe par une nouvelle Renaissance, redevient ce qu'il avait été au 20e siècle.
• Mais saura-t-il garder la paix, éviter un nouvel anéantissement ? Ou faudra-t-il encore une fois que quelques hommes sensés sauvent ce qui reste de savoir et fuient vers d'autres univers ?
En 1959, donc avant Vatican II et surtout avant la détente qui suivit la crise des missiles de Cuba, Walter Miller imaginait un monde post-atomique où les seules bribes de savoir étaient sauvegardées par des moines aussi compétents en enluminures qu'ignorants en technologie. L'idée était forte et faisait presque oublier les deux autres novellas du volume, situées dans le même univers mais un peu plus tard, alors qu'apparaît une science laïque et qu'on redécouvre l'électricité, puis que le pire recommence avec l'affrontement de deux blocs au moment où commence la conquête des étoiles. L'unité de ces morceaux de futur est assurée par le lieu principal, un monastère, par des souvenirs déformés, par une statue de bois ou par un personnage de fantasy, Juif errant immortel qui semble être Lazare le ressuscité. Et par des charognards, matérialisation du pessimisme foncier d'un livre allant d'une apocalypse à une autre.
C'est très catholique, avec l'attachement au savoir et le désespoir quant à son usage par l'Homme, mais aussi par exemple l'horreur devant l'euthanasie quand bien même nul n'a d'autre solution à offrir. Mais ce n'est pas démonstratif. C'est avant tout une histoire, ou des histoires, avec des destins humains, individuels et collectifs, attachants et dérisoires. Et au total, ce livre, ancré dans le moment de son écriture, daté, y compris par des détails comme le papier carbone presque oublié aujourd'hui, est toujours lisible, toujours passionnant, toujours impressionnant. C'est sans doute la définition d'un vrai classique.