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Le Journal du cabinet Noir - Février 2000

Hélène OSWALD & Pierre Jean OSWALD

Le cabinet noir n°42, février 2000

« La joie fugitive de l'enfance ne peut jamais être ressaisie. L'âge adulte, c'est l'enfer »     
H. P. Lovecraft     

          Les enfants du "Cabinet noir"
          ... ce sont ses lecteurs. Une des plus grandes joies de l'enfance étant celle de jouer à se faire peur, nul doute que la collection les aide à échapper périodiquement à l'enfer. Périodiquement, puisque Le cabinet noir publie deux livres par mois (guettez leur arrivée chez votre libraire préféré). Chaque volume est d'ailleurs à la fois un livre et un périodique puisqu'il propose en plus un journal.
          Dans ses deux grands romans et nombre de ses nouvelles, Theodore Sturgeon - qui fut un enfant malheureux avant de devenir un adulte dépressif - a choisi comme héros des enfants, qu'il considérait comme des extraterrestres. Il est même allé, dans l'une des nouvelles (nous vous laissons deviner laquelle) du Professeur et l'ours en peluche, jusqu'à imaginer un extraterrestre enfant... Après La Sorcière du marais (n°8) et L'Homme qui a perdu la mer (n° 24), Le cabinet noir termine avec ce volume, dont la nouvelle-titre est l'une des plus terrifiantes écrites par Sturgeon sur le monde de l'enfance, la réédition des recueils de ce grand nouvelliste scandaleusement absents des librairies depuis des années.
          On ignore si James Cain, l'auteur du Mécène, qui paraît en même temps, fut un enfant heureux, mais ses échecs matrimoniaux ont probablement inspiré une oeuvre vouée à « l'enfer de l'âge adulte », à travers deux de ses composantes majeures : le sexe et l'argent. Le succès de son mondialement connu Facteur sonne toujours deux fois et des romans où l'on retrouvait le même thème a malheureusement éclipsé d'autres oeuvres dont la trame s'éloignait quelque peu de son leitmotiv scénaristique : un homme tombe sous la coupe d'une femme fatale qui le conduit au meurtre. C'est le cas, en particulier, de Mildred Pierce et... du Mécène.
          Le début de l'histoire semble pourtant annoncer le canevas habituel : un homme rencontre une femme, mariée... à un homme riche et puissant, vers laquelle il est sur-le-champ attiré sexuellement. La femme cède quasi instantanément à ses avances, fort peu sentimentales au demeurant, les partenaires amoureux ne s'embarrassant guère, chez James Cain, de préliminaires... Le lecteur s'attend, bien entendu, au pire. Nous ne pouvons en dire plus mais, si l'on trouve bien dans le roman deux des ingrédients noirs habituels — un meurtre et une femme criminelle — , le déroulement de l'intrigue réserve bien des surprises. Autre point commun avec Mildred Pierce : la description du milieu social qui figure en arrière-plan est particulièrement fouillée.

*

          L'Esprit de la chose, à paraître en mars, est un roman très représentatif de la science-fiction "souriante" de Fredric Brown, bien connu des lecteurs du Cabinet noir pour ses nouvelles policières délirantes (n°3, 12 et 30). Il est aussi très représentatif de la collection puisque à mi-chemin entre deux genres : le thème SF de l'extraterrestre s'introduisant dans le corps de Terriens y sert de prétexte à une enquête policière en milieu rural, avec un shérif pas très futé et un scientifique en vacances beaucoup plus malin et très « brownien », c'est-à-dire aimant les chats et éclusant presque autant de bières que l'abominable alien laisse de cadavres derrière lui...
          Fidèle à sa politique de réédition de textes introuvables ET de découverte de nouveaux auteurs, Le cabinet noir publiera en même temps Le Dernier Car, un recueil de nouvelles très noires d'un jeune auteur français : Michel Leydier. Il doit sans doute à son enfance et à son adolescence passées au Maroc les thèmes de ses histoires mettant toutes en scène des Maghrébins, mais aussi, peut-être, son art personnel du récit évoquant celui des conteurs orientaux.
          Et, comme promis, Le grand cabinet noir vous proposera, toujours en mars, un nouveau roman criminel inédit de Colin Wilson, L'Assassin aux deux visages, où, à travers une enquête de l'inspecteur Saltfleet (que les lecteurs de la « grande » collection connaissent pour Meurtre d'une écolière), il s'attaque une fois de plus aux mystères de l'âme humaine. Vaste programme, pour notre plus grand plaisir de lecture, toujours inachevé...

*

          Difficile à admettre, il n'y a peut-être pas que Le cabinet noir dans votre vie... de lecteur. Aussi, dans le souci, paranoïaque nous le reconnaissons, de continuer à influencer vos lectures en dehors de la collection, et pour vous éviter de mourir assommés d'ennui par un des pavés encombrant trop souvent les rayons des librairies, ou d'inanition intellectuelle devant le vide sidéral d'un quelconque écran, nous permettons-nous de vous conseiller trois textes passionnants.
          Deux romans d'énigme, tout d'abord : Le Prince posthume et Les Fils d'Arachné (Les Belles Lettres), réunis en un seul volume, signés Jean-Pierre Néraudau, le grand spécialiste de la Rome antique qui nous a quittés récemment. Remarquablement construits et articulés, ils traitent tous deux en des périodes différentes (l'an 16 après J.-C., sous Tibère, et l'époque contemporaine) d'un seul et même événement historique.
          Et un essai consacré à un géant de la science-fiction américaine qui a quitté notre planète le 26 janvier : A.E. Van Vogt, parcours d'une oeuvre, par Joseph Altairac, spécialiste reconnu de H.P. Lovecraft et de H.G. Wells (Encrage/Les Belles Lettres).

*

          Vous le voyez, l'univers parallèle où nous avons basculé, lors de l'arrêt momentané du flux temporel, attesté par l'interruption du compte à rebours de la tour Eiffel, dans la soirée du 31 décembre 1999, ressemble fort à celui où nous évoluions l'année dernière, pour ce qui est du Cabinet noir en tout cas.
          Pour le reste, n'étaient ces énormes blocs de glace qui tombent du ciel dans le sud de l'Europe, tout semblerait normal, c'est-à-dire, comme l'année dernière, épouvantable…

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