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La littérature fantastique aux Pays-Bas et en Flandre

Préface de

Jaap BOEKESTEIN

Ed. Het Spectrum, novembre 2000

          La fantaisie tout comme la littérature fantastique ne connaît pas de frontières. Les histoires où l'impossible devient possible, et où l'étrange, l'effrayant ou le surnaturel entrent dans la vie quotidienne, sont aussi vieilles que l'humanité même. Ces récits ont toujours existé, au gré de l'inspiration des auteurs de tous genres, indépendamment des courants littéraires. Si les grands classiques de l'histoire fantastique (Edgar Allan Poe, E.T.A. Hoffmann, Jules Verne, H.G. Wells... ) sont rarement d'expression néerlandaise, l'histoire fantastique n'est inconnue ni aux Pays-Bas ni en Flandre.

          Au XVIIIème siècle déjà, le récit de voyage imaginaire connaissait un grand engouement aux Pays-Bas. Depuis Robinson Crusoe (1719), ces histoires, décrivant avec force détails des voyages fictifs vers des destinations étonnantes, s'étaient multipliées et sont devenues si populaires que le genre fut baptisé Robinsonade. Tout comme Les Voyages de Gulliver (1726), ces récits étaient porteurs d'un message religieux, social ou philosophique plus profond. De Walcherse Robinson (le Robinson de Walcheren, 1752), d'un auteur anonyme, et Reize door Aapenland (le voyage à travers du Pays des Singes, 1788) de J.A. Schasz en sont des exemples néerlandais.
          En Grande Bretagne, en 1764, fut créé le gothic horror avec The Castle Of Otranto de Horace Walpole. Ces histoires d'horreur, mettant en scène des châteaux hantés dans un tintamarre de chaînes et de décapitation de moines, furent également reprises par des auteurs aux Pays-Bas, comme Michiel Adriaan Sobels, A.D van Buren Schele et J.Krabbendam, quoique sous une forme atténuée, puisque les éléments d'horreur étaient très peu utilisés, contrairement à la littérature étrangère.

          Durant cette même période furent publiés des romans contenant plus de rationalité, mêlant imaginaire et science : par exemple Holland in het jaar 2440 (La Hollande en l'an 2440, 1777) de Betje Wolff 1 d'après le roman futuriste L'an 2440 ou rêve s'il en fut jamais de l'auteur français Louis Sébastien Mercier ; Het toekomend jaar drie duizend. Eene mijmering (3000, l'année prochaine. Une rêverie, 1792) de Arend Fokke Simonsz ; Kort verhaal van eene aanmerkelijke luchtreis en nieuwe planeetontdekking (Une histoire brève sur un voyage aérien remarquable et sur la découverte d'une nouvelle planète, 1813) de Bilderdijk 2.

          Au XIXème siècle, marqué par les grandes mutations sociales, l'utopie, en tant que description d'une société idéale, devint populaire. Darwinia — een roman uit een nieuwe wereld (Darwinia — un roman d'un nouveau monde, 1876) de Jan Holland, Malthusia (Malthusia, 1880) de Hendrik de Veer 3 et l'œuvre anonyme De Heerschappij van het Groot-kapitaal in het jaar 1993, door een honderd-jarigen slaaf (L'Empire du Grand-Capital dans l'année 1993, par un esclave centenaire, 1894) illustrent cet autre genre.

          Au Pays-Bas septentrionaux, les éléments fantastiques dans les histoires étaient souvent des extrapolations de certaines évolutions scientifiques ou sociales. D'une façon générale, l'occulte, la magie ou l'inexplicable n'y étaient pas de mise. Toutefois, dans la Flandre du XIXème siècle apparaissaient des histoires fantastiques à composantes folkloriques comme Geschiedenis van Graef Hugo van Craenhove en van zynen vriend Abulfaragus. Historische tafereelen uit den XIVe eeuw (L'Histoire du Conte de Craenhove et de son ami Abulfaragus. Scènes historiques du XIVème siècle, 1845) de Hendrik Conscience 4. Cette divergence rationnel/magie entre les Pays-Bas et la Flandre allait se perpétuer.

          La nouvelle fantastique écrite en langue néerlandaise se destinait à une existence clandestine. Si le roman était généralement porteur d'un message et de ce fait considéré comme de la « littérature sérieuse », la nouvelle servait souvent à distraire ou à effrayer, et l'excessif était considéré impropre à la vulgarisation. La plupart des histoires fantastiques du XIXème siècle furent publiées dans les almanachs pour étudiants, comme De domper (L'éteignoir, 1898) 5 de Carel van Nievelt. Cette situation allait perdurer jusqu'au XXème siècle.

          Le XXème siècle
          Peu d'auteurs « littéraires » flamands ou néerlandais ont eu une prédilection pour le genre fantastique. Par contre, nombreux sont ceux qui n'ont pas hésité à faire des escapades fantastiques occasionnelles, tant dans leurs romans que dans leurs nouvelles : Frederik van Eeden 6 dans De kleine Johannes (le Petit Johannes, 1887) ; Louis Couperus 7 dans De stille kracht (La Force silencieuse) ; Arthur van Schendel 8, et plus tard Simon Carmiggelt 9, Bertus Aafjes 10, Harry Mulisch 11, Hugo Claus 12, Jan Wolkers 13, Sybren Polet 14, Renate Dorrestein 15 et beaucoup d'autres.
          F. Bordewijk 16 et Belcampo 17 sont sans aucun doute les deux auteurs néerlandais du début du XXème siècle les plus importants dans le domaine du fantastique. Auteur de Blokken (Blocs, 1931), une antiutopie oppressante dans l'esprit du Meilleur des mondes (Brave New World) d'Aldous Huxley ou de 1984 de George Orwell, Bordewijk a également publié de nombreuses histoires d'horreur fantastiques. De la plume de Belcampo, pseudonyme du médecin H.P. Schönfeld Wichers, a coulé un réel trésor d'histoires fantastiques, légères et amusantes.
          Le réalisme magique dans lequel les auteurs tentaient de décrire la réalité au moyen d'éléments fantastiques relève de tout un autre courant fantastique. Dans les années 1940, le Flamand Johan Daisne 18 a été l'un des premiers du réalisme magique du « Plat Pays » avec des romans comme De trap van steenen wolken (L'escalier de pierre et de nuages, 1942) et De man die zijn haar kort liet knippen (L'homme au crâne rasé, 1948). L'auteur néerlandophone le plus connu de ce courant est le Flamand Hubert Lampo 19, entre autres auteur de De komst van Joachim Stiller (La venue de Joachim Stiller, 1960) et De heks en de archeoloog (La sorcière et l'archéologue, 1967).
          Le fantastique faisait ainsi son entrée dans la littérature « canonisée ». Parallèlement, sous l'influence des pulps des années 20 (le terme « pulp » vient de la mauvaise qualité de papier de ces magazines), le genre se développait en trois catégories spécifiques : la Science Fiction, la Fantasy et l'Horreur. Dans la SF, le récit est basé sur une science fictive ; la Fantasy décrit un monde où la magie joue un grand rôle ; les histoires d'horreur servent à évoquer la peur, entre autres au moyen d'éléments fantastiques. Les pulps ont rendu ces genres populaires auprès du grand public. De ce fait, les auteurs qui se spécialisaient dans ces trois catégories, destinées à un lectorat très large, se sont multipliés. Lorsqu'après la deuxième Guerre mondiale, les livres de poche ont pris la place des pulps, les lecteurs et les auteurs du genre se sont maintenus sur le marché.
          Le Flamand Raymond de Kremer 20 fut un des premiers écrivains néerlandophones de cette tradition. Depuis les années 1930 jusqu'à sa mort en 1964, il a écrit de nombreuses histoires fantastiques en français et en néerlandais sous les pseudonymes de Jean Ray et John Flanders.
          Après la deuxième Guerre mondiale, les romans et anthologies SF ont fait leur entrée aux Pays-Bas : en 1957, Sybren Polet a édité deux anthologies d'histoires SF américains, traduites en néerlandais : De stenen bloedzuiger (La sangsue de pierre) et De vuurballons (Les ballons de feu). Dans sa préface, Sybren Polet donnait une explication de la signification « science fiction » à l'intention du lecteur néophyte. D'autres éditeurs ont fait paraître quelques titres SF, mais peu nombreux et toujours « dissimulés » dans les collections de poche bon marché, mélangeant les romans policiers, d'espionnage et d'amour sans autre distinction.
          Il a fallu attendre 1967 pour que la SF fasse réellement une percée sur le marché néerlandais. C'est alors que Ruurd Groot et Eduard Visser, responsables d'édition chez Meulenhoff, firent paraître la première collection spécifiquement SF : « les petits blancs de Meulenhoff » 21. Le succès de cette collection a rapidement incité d'autres éditeurs à emboîter le pas, si bien que peu de temps après, Fantasy et histoire d'horreur sortaient également en collection spéciale ou sous la dénomination SF. Par conséquent, l'offre de ces trois genres devenait plus large et des auteurs néerlandophones comme Paul van Herck 22, Manuel van Loggem 23, Eddy C.Bertin 24 et Felix Thijsen ont pu entrer en scène.
          A la fin des années 1960, par le biais des fanzines, les trois genres prirent un nouvel essor aux Pays-Bas et en Flandre. Ces publications, éditées par les amateurs, les clubs et les associations, constituaient un premier circuit où les jeunes auteurs pouvaient trouver preneur. De nombreux auteurs ne sortirent pas de ce circuit, mais d'autres comme Tais Teng 25, Paul Harland, Gerben Hellinga jr. 26, Jan Bee Landman, et Jan J.B. Kuipers 27, dépassèrent le stade des fanzines.
          Dans les années 1980 Wim Gijsen 28 fit une percée sur le marché avec son premier roman SF De eersten van Rissan (Les premiers de Rissan, 1980), à la suite duquel il publia bien d'autres romans SF et Fantasy. Les auteurs actuels du genre, Peter Schaap 29, Michiel Nijk et Wim Stolk (publiant sous le pseudonyme de W.J. Maryson), sont venus dans la foulée.
          Les romans SF, Fantasy et d'horreur néerlandais venant à maturité, la littérature générale a graduellement réduit le facteur fantastique. Il va de soi qu'elle ne s'en privera pas entièrement, avec pour exemple Noorderzon (Soleil de minuit, 1986) et Een nacht om te vliegeren (Une nuit de cerf-volant, 1987) de Renate Dorrestein, mais les Belcampo et Bordewijk d'antan n'ont pas de successeur. La tendance qui prévaut à l'étranger, où le genre « littéraire » et les autres se recouvrent, s'étendra sans doute aux Pays-Bas et en Flandre. Ainsi, dans quelques années, au même titre que le « thriller » littéraire, il y aura des romans littéraires dans les domaines de la SF, de la Fantasy et de l'horreur.

          Depuis toujours, la littérature fantastique aux Pays-Bas et en Flandre est à facettes, allant des voyages fantastiques aux aventures SF pur-sang, en passant par les histoires d'horreur folkloriques, les utopies et antiutopies inspirées, les récits estudiantins, et les romans littéraires. Il est impossible de donner un aperçu détaillé. L'anthologie « Geestverschijningen » n'est qu'un échantillon des histoires fantastiques les plus remarquables, les plus amusantes, les plus captivantes et les plus belles que le terroir flamand et néerlandais peut offrir.


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          Bibliographie :
          « Brandpunten », F.P. Huygens, H.A. Huygens-Wijma, B.W.E. Veurman, éd. Meulenhoff ;
          « De Nederlandse en Vlaamse auteurs van middeleeuwen tot heden » G.J. van Bork, R.J. Verkruijssse, éd. De Haan ;
          « Eenheid en nuance », G.J van der Keuken et C.A.G. Planije, éd. N.V. W.J. Thieme & Cie ;
          « Histoire de littérature néerlandaise », H. Stouten, J. Goedegebuure et F. van Oostrom, éd. Fayard ;
          « Kritisch Literatuur lexicon », éd. Bohn Stafleu Van Loghum & Martinus Nijhoff uitgevers ;
          « Literatuurgeschiedenis en bloemlezing », H.J.M. Lodewick, L.C.G. Malmberg ;
          « Nederlandse Literatuur, een geschiedenis », M.A. Schenkeveld-van der Dussen, .éd. Contact ;
          « Septentrion », éd. Stichting Ons Erfdeel ;
          « Winkler Prins Lexicon van de Nederlandse letterkunde », éd. Elsevier.


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          Les auteurs suivants figurent dans l'anthologie Geestverschijningen : Bertus Aafjes, Belcampo, Eddy C. Bertin, Rein Blijstra, Godfried Bomans, F. Bordewijk, H. Brandt Corstius, Simon Carmiggelt, Louis Couperus, Peter Cuijpers, Roger d'Exsteyl, Gerben Hellinga, Gerben Hellinga Jr., Paul van Herck, Frank Herzen, Gert en Jan Kuipers, Hubert Lampo, Manuel van Loggem, Carel van Nievelt, Sybren Polet, Hugo Raes, Frank Roger, Tais Teng, John Vermeulen


La Haye, le 19 septembre 2000

Notes :

1. 1. Elisabeth Bekker (1738 — 1804), épouse du pasteur Wolff, est surtout connue aux Pays-Bas pour son roman épistolaire « Histoire de Mademoiselle Sara Burgerhart » (1782). Cette œuvre commune avec son amie Agatha Deken est devenu un classique. D'après leur ami et poète Bellamy, le duo Wolff & Deken se définit ainsi : « L'aspect et les vêtements de Deken sont juste l'opposé de ceux de Bekker. Bekker est le vinaigre, Deken l'huile. Les deux ensemble font une bonne sauce ».

2. 2. Willem Bilderdijk (1756 — 1831), auteur d'une œuvre poétique immense (plus de trois cent mille vers), juriste de profession, exerçant en outre des activités de médecin, botaniste, dessinateur, historien, théologien et linguiste est considéré comme un phénomène tout à fait spécial de son époque.
3. 3. Hendrik de Veer (1829 — 1890), spécialiste de la littérature et homme de lettres très populaire ; après avoir été pasteur à Delft il est devenu rédacteur en chef du « Nieuws van den Dag » en 1871.
4. 4. Hendrik Conscience (1812 — 1883) fut le représentant principal de « la deuxième génération romantique » et du milieu artistique anversois flamingant. Son roman historique « De leeuw van Vlaenderen of de slag der gulden sporen » (Le lion de Flandre ou la Bataille des éperons d'or« , 1838), remplissant une fonction d'épopée nationale, a marqué le début de sa grande popularité. Hendrik Conscience, d'extraction très modeste, était l'un des pionniers de la prise de conscience flamande et de la littérature néerlandaise. Il prônait l'émancipation du peuple flamand, et il espérait, grâce à son œuvre, renforcer le respect de soi chez ses lecteurs.
5. 5. « De Domper » est une des nouvelles de Carel van Nievelt qui a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
6. 6. Frederik van Eeden (1860 — 1932), médecin et psychiatre avant d'être auteur. Ce romantique dans l'âme, avait subi une forte influence des auteurs allemands et anglais. « Le Petit Johannes » est emprunté au romantisme allemand ; le jeune héros triomphe du rationalisme et du matérialisme au cours d'une quête allégorique. Montrant une étonnante polyvalence et témoignant dans ses ouvrages d'un vif intérêt pour les questions sociales et éthiques, sans jamais se départir d'une dimension portant à la spiritualité, il est considéré que Frederik van Eeden incarnait le mieux son temps. Aux Pays-Bas il est également très connu pour la fondation de Walden (inspiré par l'expérience de l'auteur américain D.H. Thoreau, 1817-1862), « une colonie au pays », ou coopérative de production, supposée déboucher sur une colonie communiste à laquelle chacun collaborerait en fonction des ses propres capacités. L'utopie se soldait par un échec.
7. 7. Louis Couperus (1863-1923). Son œuvre présente différentes catégories principales : les romans réalistes avec le fatum comme fil conducteur ; les romans naturalistes épousant la tendance européenne de l'époque ; les romans dits indonésiens, fortement inspirés par son milieu ; les romans historiques et mythologiques d'après la tradition du XIXème siècle ; divers textes plus courts, parmi lesquels des fantasmagories galactiques. Son père fut haut-fonctionnaire de l'administration néerlandaise, et Louis Couperus a passé une partie de son enfance à Java. Ensuite, il a été scolarisé à la Haye, où il a également fait ses études. Il connaissait très bien le milieu haguenois (La Haye, siège du gouvernement, résidence des ambassades mais également de beaucoup d'anciens coloniaux d'Indonésie, a de tout temps été l'une des villes les plus traditionnelles des Pays-Bas). Ses voyages à travers l'Europe et l'Extrême-Orient ont largement inspiré son œuvre. La décadence est un élément non négligeable de ses écrits ; homosexuel notoire, il a souvent choqué l'opinion publique par des propos « immoraux » ou « pervers ». Sa description du milieu haguenois ne correspondait pas à l'opinion de ses contemporains. En 1996 ont paru les Œuvres Complètes (L.J. Veen), quatorze mille pages en cinquante volumes et dans la même année fut inauguré le Musée Louis Couperus à La Haye. Une des nouvelles de cet auteur a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
8. 8. Arthur van Schendel (1874 — 1946) aujourd'hui un des classiques de la littérature néerlandaise relevant du réalisme, mais ses premières œuvres étaient empreintes de néoromantisme. Il avait été adopté par le cercle des « Tachtigers » (mouvement de 1880, avec des représentants du renouveau artistique et politique, dont Herman de Gorter fut un des représentants les plus connus), et ses contemporains le louèrent surtout pour la simplicité stylistique, subtilement évocatrice, tranchant avec l'expression des symbolistes et des naturalistes.
9. 9. Simon Carmiggelt (1913 — 1987), essentiellement chroniqueur et auteur de nouvelles, souvent très succinctes, empreintes d'humour typiquement amstellodamois, avec un fond de tragédie et de mélancolie et où l'actualité ne joue pas de grand rôle. Pour lui, la vie ne serait rien d'autre qu'un choc étonnant entre l'illusion et la réalité. Sa propre vie fut marquée par la guerre, l'alcool et la dépression. Une de ses nouvelles a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
10. 10. Bertus Aafjes (1914 — 1993). Poète et auteur de prose néerlandaise. Hormis le voyage, qu'il considérait étant « le plus beau cadeau de Dieu », son œuvre fut largement inspiré par ses études bibliques et l'Antiquité. Ses voyages étaient également mis au service de descriptions journalistiques. Il a dû son succès à la parution de l'œuvre poétique autobiographique « Een voetreis naar Rome » (Un voyage à pied jusqu'à Rome, 1946). Sa critique virulente à l'encontre de la poésie expérimentale (dans les années 1950) a fait couler beaucoup d'encre. Une de ses nouvelles a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
11. 11. Harry Mulisch, né en 1927 à Haarlem d'une mère juive d'Anvers réfugiée aux Pays-Bas et d'un père austro-hongrois, est l'un des plus grands romanciers de l'après-guerre, fortement marqué par le milieu multiculturel dans lequel il a grandi. Plusieurs de ses romans ont été traduits en français (dont le dernier « La découverte du ciel », édité par Gallimard en 1999). Quelques livres ont été portés à l'écran.
12. 12. Hugo Claus, né en 1929 à Bruges, poète, romancier, dramaturge, traducteur, peintre et cinéaste. Une grande partie de son œuvre est traduite en français.
13. 13. Jan Wolkers, né en 1925, est l'un des représentants de la libération généralisée des normes. Ses deux premiers romans étaient avant tout des règlements de compte avec son milieu d'origine (pétri de dogmes calvinistes). L'adaptation cinématographique de l'un de ses plus célèbres romans « Turks fruit » (Loukoum, 1969) a contribué à son immense succès.
14. 14. Sybren Polet, né en 1924, a construit une œuvre expérimentale de grande envergure comprenant tout un cycle d'ouvrages entre lesquels un personnage en même temps que certains thèmes récurrents assurent le lien. Le personnage central est une figure faite de mots qui se transforme sans cesse et s'écarte fortement du personnage classique aux contours psychologiques ou issu de la psychologie. Polet consacra en 1972 un ouvrage théorique à la question « Literatuur als werkelijkheid. Maar welke ? » (La littérature comme réalité. Mais laquelle ?). Une des nouvelles de Polet a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
15. 15. Renate Dorrestein, née en 1954, journaliste de formation elle faisait entre autres des reportages pour des magazines. En 1987, elle a décidé de se consacrer entièrement à une carrière d'auteur. Cette féministe (« female gothic ») dont l'œuvre en général est empreinte d'éléments fantastiques et d'humour fut une des fondatrices de la Fondation Anna Bijns, qui attribue annuellement un prix à « la voix féminine dans la littérature ».
16. 16. F. Bordewijk (1884-1965), avocat et procureur de profession et « écrivain par dilettantisme » d'après ses dires, est un des représentants du courant surréaliste. Le roman « Blocs » est un spécimen de l'esthétique avant-gardiste d'après les exigences formulées par Bordewijk, en parallèle avec le fonctionnalisme de l'architecture du Bauhaus. Chef-d'œuvre de littérature générale, de facture traditionnelle, « Karakter » (Caractère, 1938) a récemment été porté à l'écran. Une de ses nouvelles a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
17. 17. Belcampo (1902 — 1990 ). Après des études de droit et de médecine, il s'est installé comme médecin pour les étudiants. Ses souvenirs d'enfance ainsi que l'information sur la recherche scientifique furent souvent le point de départ de fictions originales allant jusqu'à l'absurde. Une de ses nouvelles a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
18. 18. Johan Daisne (1912-1978). Avant d'exposer la conception « réalisme magique » dans un essai intitulé « Letterkunde en magie » (Littérature et magie, 1958), réédité sous le titre de « Qu'est-ce que le réalisme magique ? », l'auteur lui avait donné corps dans « De trein der traagheid » (Un soir, un train, 1950) ; ce texte traduit en français en 1973, a été porté à l'écran. « L'homme au crâne rasé » a paru en français en 1965 et en 1993. Daisne et de Lampo représentent le contre-courant (opposé au réalisme) de leurs contemporains flamands.
19. 19. Hubert Lampo, né en 1920. Après avoir écrit plusieurs textes de réalisme psychologique, ce natif et fidèle Anversois a opté pour un réalisme magique plus métaphysique que celui que pratiquait déjà Johan Daisne dans les lettres flamandes. « La venue de Joachim Stiller » a été publié en français en 1993. Plus récemment (1997) a été traduit « Terugkeer naar Atlantis » (« Retour en Atlantide », 1953). Une des nouvelles de Hubert Lampo a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
20. 20. Raymond Jean Marie de Kremer (1887 — 1964), fonctionnaire de la ville de Gand (Belgique), puis journaliste pour divers journaux francophones. Il a utilisé près de 100 pseudonymes pour ses écrits. Dans ses œuvres de SF ou fantastiques, la réalité obtient souvent une quatrième dimension par les mondes parallèles, par où les forces du mal pénètrent le monde réel. Il peut être considéré comme étant un précurseur du réalisme magique, ayant inspiré Hubert Lampo. Sous le pseudonyme Jean Ray, une des nouvelles de cet auteur a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
21. 21. Les couvertures de toute cette collection de poche étaient blanches, d'où le surnom.
22. 22. Une des nouvelles de cet auteur a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
23. 23. Une des nouvelles de cet auteur a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
24. 24. Eddie C. Bertin écrit également pour la jeunesse, entre autres dans le cadre de la « Confrérie de l'Effroi », dirigée par Paul van Loon. Une des nouvelles de Bertin a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
25. 25. Tais Teng écrit également pour la jeunesse, entre autres dans le cadre de la « Confrérie de l'Effroi », dirigée par Paul van Loon. Une des nouvelles de Teng a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
26. 26. Une des nouvelles de cet auteur a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
27. 27. Une des nouvelles de cet auteur a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
28. 28. Une des nouvelles de cet auteur a paru dans l'anthologie « Geestverschijningen ».
29. 29. Peter Schaap a écrit une des nouvelles de l'anthologie européenne Utopiae, éditée à l'occasion d'Utopia 2000 (éd. L'Atalante).
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