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Le journal du cabinet noir - Janvier 2000

Hélène OSWALD & Pierre Jean OSWALD

Le cabinet noir n°40, janvier 2000

« Le passé et le futur cohabitent avec ce que nous appelons le présent et ne sont que deux segments parmi d'autres sur le cercle du temps. »
Clark Ashton Smith



Une collection intemporelle...

          ... ayant bénéficié de la plus grande invention du siècle finissant - le livre portable 1 - , tel apparaît Le cabinet noir à l'aube de sa troisième année.

          A l'instar de Marina Sloty, l'héroïne du roman de Raoul de Warren au programme de ce mois, ses lecteurs peuvent passer d'une époque à l'autre, lire ou relire les grands auteurs du passé - proche ou lointain - et découvrir à travers des auteurs d'aujourd'hui les classiques du futur. Toujours dans le "mauvais genre" noir qui est le nôtre, genre qui semble d'ailleurs correspondre à celui que se donne ces temps-ci notre planète où soufflent des vents de plus en plus mauvais...

          En 1959, point de départ de L'Insolite Aventure de Marina Sloty, sur le causse du Larzac, où paissent aujourd'hui les moutons pacifiques de José Bové, ont lieu, sur ce qui est à l'époque un terrain militaire, des expériences de fission nucléaire. L'une d'elles – dans le roman - entraîne une fission temporelle et Marina, qui s'est éloignée d'un autocar bloqué en pleine nuit par une tempête de neige à la recherche d'une habitation secourable, s'en vient frapper à la porte de l'auberge de Sommelieu, en 1870 ! Elle y apprendra vite la terrible vérité et connaîtra la solitude absolue "qui accable un être humain lorsqu'il constate qu'il est unique de son espèce, mort au milieu des vivants et vivant au milieu des morts". Mais elle y rencontrera aussi l'amour. Un amour impossible, car son corps, visible mais dématérialisé, est celui d'un "fantôme de l'avenir". Le roman relate la quête désespérée de Marina pour être, d'un même côté de la ligne de fracture du temps, réunie charnellement à celui qu'elle aime et qui est lui-même tombé amoureux de son être dématérialisé. Comme souvent chez Raoul de Warren, dont Le cabinet noir a déjà publié La Bête de l'Apocalypse (N°9) et La Clairière des Eaux-Mortes (N°2l), d'ahurissantes péripéties, au sein d'un inextricable imbroglio familial, ponctuées d'explications scientifico-ésotériques, entraînent le lecteur vers une conclusion aussi inattendue que troublante.

          Les péripéties ahurissantes ne manquent pas non plus dans Feu vert pour poissons rouges et les lecteurs de la collection nous seront certainement reconnaissants de les avoir aidés, en ce triste janvier 2000, à faire leur deuil de ce que Lucien Boia1 a appelé "l'imaginaire de la vie future" grâce à des histoires où l'imagination la plus folle se donne libre cours.

          Dans le roman de Francis Ryck, nous sommes aussi en pleine guerre froide et en plein délire scientifico-guerrier. Un savant soviétique aurait mis au point une arme absolue permettant de transporter une explosion thermonucléaire à des milliers de kilomètres. Rien d'étonnant à ce qu'une multitude de services secrets, de par le monde dit libre, cherchent à s'emparer de sa précieuse personne. Ce qui est plus étonnant, c'est le moyen utilisé par l'un d'eux : après l'avoir neutralisé par une piqûre de Penthotal lors de sa baignade quotidienne sur une plage de Crimée, on l'enferme dans le ventre d'un thon ! Il ne restera plus qu'à changer son visage et sa mémoire, et le tour sera joué ! Voire... Comme dans toute bonne histoire de fou, si le point de départ est délirant, l'intrigue se déroule dans le cadre d'une logique impeccable et... impitoyable. A son terme, huit personnes auront trouvé la mort et le lecteur aura pu apprécier l'art consommé de la chute dont fait preuve Francis Ryck.

*

          En février, Le cabinet noir vous proposera un troisième recueil de Theodore Sturgeon : Le Professeur et l'ours en peluche (après La Sorcière du marais, N°8, et L'Homme qui a perdu la mer, N°24). Huit nouvelles dont les héros sont des enfants, des êtres étranges dont l'auteur, qui n'a pas vraiment réussi sa vie d'adulte, s'est toujours senti très proche.

          Les héros de James Cain sont, en revanche, toujours des adultes, de sexe opposé - pour ne pas dire "adverse" - que réunit une passion aussi sensuelle que fatale. C'est le thème principal du Mécène (l'autre Cabinet noir du mois), un roman noir injustement méconnu de l'auteur du célébrissime Facteur sonne toujours deux fois devenu un classique du roman et du film noirs.

          En mars, Le cabinet noir vous surprendra avec un jeune auteur au talent prometteur : Michel Leydier, vous distraira avec un savoureux roman de science-fiction de Fredric Brown et vous passionnera avec un nouveau thriller inédit de Colin Wilson.

          Mais n'oubliez pas qu'en même temps que les nouveautés, tous les Cabinet noir passés sont encore présents sur le cercle du temps. C'est-à-dire qu'ils peuvent être commandés chez tous les bons libraires.

*

          Et, puisque c'est la saison des voeux, nous vous souhaitons, chers lecteurs, "dans ce monde où, comme l'a remarqué Louis Scutenaire, l'on n'a que la terreur pour se défendre contre l'angoisse", d'avoir toujours à portée de la main un volume du Cabinet noir...


Notes :

 1 . Pour une histoire de l'imaginaire, Les Belles Lettres, 1998
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