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Le journal du cabinet noir - Mars 1999

Un peu d'Histoire et des histoires

Hélène OSWALD & Pierre Jean OSWALD

Le Cabinet noir n°27-28, mars 1999

« Il vaut mieux bien faire le mal que mal faire le bien. »
Ovide

 

          Avec Parmi tant d'autres crimes, Jean-Baptiste Baronian fait son entrée dans la collection en nous racontant des histoires de criminels s'efforçant précisément de « réussir » leur malfaisante affaire. Certains y parviennent, d'autres pas. Celui qui gagne à tous les coups, c'est le lecteur du « Cabinet noir » qui retrouve un plaisir presque oublié : lire de véritables nouvelles policières à la trame et à la chute particulièrement astucieuses, dont l'écriture est aussi limpide que l'âme de leurs héros est tortueuse.
          Le héros de De peur que les ténèbres... de Lyon Sprague De Camp, un auteur américain de science-fiction et d'heroic fantasy de l'âge d'or, essaie, au contraire, de bien faire. Tombé par accident de la Rome du XXe siècle dans celle du VIe siècle, en proie à une décadence accélérée et cernée par des Barbares de tout poil (au sens propre...), il va d'abord se débrouiller pour gagner sa vie en faisant du « bizness », comme tout bon Américain où qu'il se trouve. Mais, après avoir « vendu » rien moins que l'utilisation du zéro et des chiffres arabes à un banquier et lancé, à des fins mercantiles, la fabrication du brandy, il lui viendra des préoccupations morales et humanitaires, comme à tout bon Américain où qu'il se trouve... Et, à coups d'inventions prématurées, il entreprendra d'intervenir dans le cours de l'Histoire — c'est-à-dire des magouilles politiques et financières et des guerres — , comme tout bon Américain, etc. Parmi ces inventions, on peut se demander si celles de la poudre à canon, de la publicité et de l'imprimerie, utilisée pour la fabrication d'un journal à sensation, seront bénéfiques dans l'univers parallèle au nôtre où il évolue désormais et que son intrusion aura à jamais modifié. Etant donné que ce savoureux roman date de 1939, les contemporains de l'Empereur Justinien et de quelques rois goths et francs auront du moins échappé aux missiles nucléaires, au téléphone portable et aux bogues informatiques...

 


*
 

 

          Le héros du roman de Colin Wilson, Meurtre d'une écolière qui paraît ce même mois dans « Le grand cabinet noir », est aussi, à sa façon, un humaniste. C'est un inspecteur de Scotland Yard chargé d'enquêter sur le meurtre et le viol d'une écolière, un crime aussi odieux que banal. Mais son enquête va quitter très vite les sentiers battus de la chasse au psychokiller. Celle-ci se déroule dans l'Angleterre du début des années 70 où l'explosion libératrice des sixties vient de changer bien des choses, mais où d'autres sont restées aussi vivaces que du temps de la reine Victoria : les sectes sataniques et les sociétés secrètes, telle la célèbre Golden Dawn. Et, sous la trame du passionnant roman policier à énigme, à la construction classique, on retrouve vite les obsessions et interrogations de l'auteur de La Cage de verre et du Tueur.

 


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          Au programme d'avril, un nouveau venu dans la collection et un revenant. Avec Les Mandibules et les dents, Daniel Walther — auteur connu et reconnu de SF et de fantastique, bien que totalement hors normes dans l'un et l'autre genres — vous plongera dans des ténèbres dont vous aurez le plus grand mal à sortir mentalement indemnes. Nous vous aurons prévenus ! Le revenant, c'est Fredric Brown, dont l'humour macabre d'Homicide mode d'emploi vous fera (peut-être) oublier les abominations de Daniel Walther.

 


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          Entre-temps, « Le cabinet noir » sera venu obscurcir de sa présence le très honorable Salon du Livre. Vous pourrez y retrouver les titres de la collection au stand des Éditions Les Belles Lettres (F92), où trois de nos auteurs signeront leurs livres : Jacques Sternberg et Jérôme Leroy le 20 mars, de 13 h 30 à 16 h 30 ; Frédéric H. Fajardie le 24 mars, de 14 h à l7 h 30.
          Venez nombreux et n'ayez aucune crainte : ils ne ressemblent en rien à leurs sombres écrits et vous accueilleront avec un gentil sourire.

 

          Ténébreusement vôtres,
          M. et P.J. O.

 

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