ONZEROD AGAIN...
(LES FESTIVALS BD ET AUTRES SEANCES DE DEDICACES)




J'ai le plaisir de reprendre ici un petit article composé il y a quelques années pour le fanzine montpelliérain Houba (chez Pascal Desbordes. 9 rue Bruyas. 34000. Montpellier). Mais si vous l'avez déjà lu ou si vous êtes trop impatient de savoir où et quand je serai en dédicace, allez direct à Actualité. Vous pouvez aussi sauter à la page PARUTIONS PARA-B.D. où vous trouverez quelques images publiées par les festivals et les librairies B.D.


Angoulème 2005. Photo: Ekat

PORTRAIT DE L'AUTEUR EN FESTIVALIER
(agrémenté de nombreuses anecdotes parfaitement authentiques et suivi de quelques suggestions aux organisateurs de festivals de B.D.)
 
 

"C'est par les photos de dédicaces que l'on constate,
année après année, l'avancement de sa calvitie".
(Dicton bédéaste)
Angoulème 2005. Photo: Ekat.
 

Donc, samedi, par une fin de matinée maussade, j'aboutis dans la gare (la SNCF sponsorise le festival) de la ville de B...s, afin de participer à un festival de bande dessinée. J'ai pris soin de me munir d'une botte de poireaux sous le bras et de palmes aux pieds, signe de reconnaissance convenu à l'avance par téléphone avec l'organisateur. Las ! Le hall est désert. Je déniche dans mes bagages une lettre dudit organisateur. Y a un numéro de téléphone. J'appelle. La secrétaire de Mairie sur qui je tombe n'est pas au courant de mon arrivée. "Non, on ne peut pas joindre l'organisateur. Il est a) en train d'inaugurer l'expo C.....s, b) déjà sous le chapiteau (où il n'y a pas le téléphone), c) parti déjeuner." Bon. Je prends un taxi qui me mène dans une zup ordinaire où se dresse, selon les cas, soit un Palais des Congrès tendance post-moderne, soit une Maison pour Tous tendance béton années 50 abondamment graffittée, soit encore un chapiteau qui a connu des jours meilleurs du temps de Bouglione père. Je déniche l'organisateur, que je reconnais à son sourire et à ses profondes valoches sous les yeux. Il reconnaît, lui, qu'il a un petit peu oublié de me faire prendre à la gare, trop pris par l'enfer des derniers moments de l'organisation - "Vous savez ce que c'est..." - et par l'apéritif offert par la Mairie et le Conseil Régional. "Mais vous êtes là, tout s'arrange!" Il m'autorise à faire avant tout un passage à mon hôtel, situé seulement à une quinzaine de kilomètres. Pour mon transport, j'ai droit au car de ramassage scolaire réquisitionné pour l'occasion, ou à une Espace fleurant bon le skaï neuf (Renault sponsorise le festival), ou encore à la 4 L du beau-frère de l'organisateur qui donne un coup de main. Je m'y retrouve coincé avec deux Belges, entre un carton de tracts pas encore distribués et le siège-bébé que, de toute façon, on ne peut pas démonter.

L'hôtel fait partie d'une de ces inévitables chaînes internationales, genre moderne et aseptisé, implanté en pleine brousse artisano-industrialo-commerciale et accessible seulement par pigeon voyageur ou ballon dirigeable. A la réception, une surprise m'attend : par manque de chambres disponibles, ou par souci d'économie, ou par erreur, les organisateurs m'ont attribué une chambre en commun avec un scénariste, et, comme il est venu avec sa femme et ses deux enfants en bas âge, ça pose problème. Coup de chance pourtant, B...l a fait défection. (B...l fait toujours défection.) Je récupère donc sa piaule. Je prends une douche, j'essaie la télé : y a pas Canal+, les chiens ! Je redescends. Mon chauffeur s'est tiré vers d'autres destins. J'attends. Puis je téléphone : la secrétaire de Mairie m'annonce que l'organisateur est soit a), soit b), soit c), (voir plus haut). La navette ? On sait pas. Je reprends un taxi, légèrement inquiet à l'idée de la tête que fera le trésorier quand je présenterai les factures.

Compeyre, 23ko

Me voici donc pénétrant dans la cage aux fauves, seulement armé de ma petite trousse de crayons et de feutres. L'atmosphère est saturée de vapeur émise par des centaines de respirations et de transpirations, de fumée de cigarettes, d'un brouhaha de voix et de l'omniprésence de la sono. "...Le petit Patrice Mouillesseaux attend sa maman dans le hall d'entrée... Le dessinateur Christin Tournadre (sic) dédicace actuellement au stand Humanos..." Entre deux annonces, ils passent Radio Top 50. Ma tension monte d'un cran. Un gros.

Je rejoins mon stand. Je m'assieds. Je me retrouve avec le menton à hauteur de la table. Bien que ne souhaitant pas passer pour spécialement capricieux, je réclame un coussin, ou un Bottin, de quoi être à bonne hauteur, quoi. (Non, je ne m'assieds pas sur une pile d'albums, pas les miens, en tout cas !) Et la séance de dédicace commence. Comme il y a déja trente personnes qui attendent, je panique un peu : les premières dédicaces sont hâtives et maladroites. Les premiers clients repartent tout contents avec des crobards dont je devrais avoir honte (dont j'ai honte, d'ailleurs.)

Par la suite, j'ai droit à un gamin qui veut une dédicace au dos d'un tract MacDo qu'il vient de ramasser par terre (MacDo sponsorise le festival). "Je ne dédicace pas sur ça". Puis à une fille charmante qui, elle, a une pochette de Canson. "Je ne dédicace pas sur feuilles volantes" - "Ah bon? Mais j'ai déja tous vos albums... C'est pour mettre sous verre, chez moi... Vous ferez bien ça pour moi..." (Elle a des yeux et un sourire à faire fondre les plus fermes résolutions, mais je sais que, si j'accepte, j'en aurai deux cents autres derrière, et de moins charmants, qui clameront : "Pourquoi elle et pas nous ?!"). Puis débarque tout un club de jeuxderôlistes. Ca, c'est mes préférés ! Qui me demande un guerrier de niveau 7 en armure à plaques, monté sur un bourrin cornu et chargeant une troupe d'orcs assoiffés de sang. Qui un mago en pleine incantation au milieu d'un palais de style oriental (mais en plus ornementé) tandis que le ciel s'ouvre et que le visage du Dieu Fou de la Mort Noire qui Tue apparaît entouré d'éclairs en 3 D. Qui un Dragon: "Oh, allez... un tout petit..." J'arrive à m'en débarrasser en leur annonçant mes prix et mes délais pour ce genre de plaisanteries. Le suivant est du genre "J'aimais mieux ce que vous faisiez avant." Il me sort un "Scènes de la vie de banlieue" 1ère édition (1975), tout écorné et me demande un autoportrait en barbu. Emu par tant de pieux conservatisme post-soixante-huitard, je m'exécute, tout en essayant vainement de l'intéresser à mes productions plus récentes.

S'il te plait, dessine-moi un Milou, 30ko

Je passe sur les "livres d'or à thème" ("Un chat" ou "Une femme", ou "Tintin" sont les plus répandus.)

Etc, etc, etc... Et, au dessus de ma tête, toujours la sono, branchée en direct sur Radio-Boum-Boum !

Le soir arrive, on a droit à un apéro, à un repas (généralement somptueux, d'ailleurs - trop.) et à une prestation récréative, genre remise de prix accompagnée de discours au préélectoralisme foncièrement régional, groupe rock et/ou sortie en boîte... A deux heures du mat', affalé sur mon lit d'hôtel, je contemple d'un oeil hagard le dernier clip de Vanessa Paradis sur la 5, tandis que sur la route nationale voisine les semi-remorques mènent leur petite vie de semi-remorques (Ca doit être la période du rut !) Demain dimanche, on remet ça. Et y aura d'avantage de monde. Avec des poussette.

Lundi matin, dans une ville morte, je reprendrai le train, me retrouverai chez moi et essaierai d'obtenir de ma main qu'elle arrête de faire des dédicaces et se remette à vraiment dessiner.

Deux jours à l'Alka-Selzer, et il n'y paraîtra plus...


"Oh! Monsieur Caza! Que voilà une image bien noire de ces sympathiques manifestations où vous êtes cordialement invité et où, après tout, rien ni personne ne vous oblige à aller..."

Oui, oui... Je m'amusais juste - par pure perversité mentale.

Mais bon. Plus sérieusement, on pourrait poser la question: nous, auteurs, qu'est-ce qu'on fait là, qu'est-ce qu'on attend des festivals ?

Euh... Le nom... Pouvez répéter?..., 27ko

Sans vouloir trop parler pour les autres, mais ayant à l'occasion recueilli les avis de mes collègues, je crois que ce qu'on cherche là, c'est principalement des rencontres avec les lecteurs. (Et je crois que eux cherchent des rencontres avec nous). On se rencontre entre auteurs, certes, à l'occasion des repas et des moments de détente, très bien. On fait un peu de presse, de la promo, O.K., ça fait partie du boulot. On sort, on bouffe, on boit, on rigole, d'accord. Mais on voudrait surtout rencontrer un peu les gens qui nous lisent, écouter ce qu'ils ont à dire, avoir un retour, un "feed-back". Or les séances de dédicaces à la chaîne occupent le plus gros de notre temps et de notre énergie. Le lecteur qui vient avec son album a souvent des questions à poser... et souvent il n'ose pas, ne serait-ce que parce qu'il sait qu'il y en a cinquante qui attendent derrière lui. Et puis il y a la sono, qui rend à peu près impossible toute conversation.

Mais pourquoi, me direz-vous, consacrons-nous tant de temps à ces séances de dédicaces? Les organisateurs ne nous y obligent pas, quand même ? Non, pas vraiment, mais, dans la plupart des cas, ils n'ont rien d'autre à nous proposer. Il serait pourtant simple et peu coûteux d'organiser des rencontres : débats, conférences, tables rondes, interviews publiques. Ou bien, moins formellement, deux ou trois auteurs, un pot, une trentaine de visiteurs dans une salle... et on cause. (C'est pas forcément sérieux, c'est pas forcément chiant.) Les expos, c'est bien aussi, dans la mesure où elles ne se limitent pas à un accrochage de planches originales, mais débouchent sur des moments de rencontre, de spectacle, d'évènement.

Une remarque encore, chers organisateurs de festivals B.D. (et chers éditeurs) : un festival, voyage compris, nous prend bien quatre jours. Nous y assurons un travail de promotion et d'animation. Cela mériterait rémunération. (Pourquoi pas? Il y en a un ou deux qui le font, d'ailleurs...)

Et puis je reviens sur mon dada favori. Les séances de dédicaces, s'il en faut, nous aimerions qu'elles se pratiquent dans un certain confort : sièges à bonne hauteur, et si possible nous mettant à la même hauteur que nos visiteurs plutôt que d'avoir la vue sur leurs braguettes, éclairage respectant nos petits yeux fragiles et précieux... et ambiance sonore peinarde. Sans vouloir absolument considérer les festivals B.D. comme des hauts-lieux culturels, je ne vois pas de raison pour qu'ils se déroulent dans une atmosphère de supermarché aux heures de pointe. Si on essayait plutôt d'assurer un fond sonore relaxant et qui ne perturbe pas la conversation ?... Je ne réclame pas forcément Mozart, mais du reggae, du jazz en quartet, des trucs coolos, pas trop fort. Voire RIEN.

Voilà. J'ai fini. (Pour aujourd'hui.)

Petit addendum: un lecteur me dit : "Mais puisque vous détestez ça, pourquoi y allez vous?"... J'y suis peut-être allé un peu fort, faut croire, pour donner cette impression... En fait, j'aime bien et j'y trouve du plaisir, sinon c'est clair que je n'irais plus... Mais ça n'exclut pas la critique. J'aime bien le cinéma, aussi, mais j'aime pas chercher à me garer, j'aime pas faire la queue, je trouve que c'est cher, je déteste les voisins qui bouffent du pop-corn, ceux qui commentent le film tout haut au fur et à mesure, ceux qui puent, la radio-boumboum pendant l'entr'acte, etc.
J'y vais quand même...


A part ça, une petite réaction à une "carte blanche" de David Chauvel
parue dans Pavillon Rouge en 2001

Caza fait son Vieux Sage (ou son vieux singe ?)

Evidemment, les festivals BD sont une pratique relativement étrange, voire ridicule ou perverse sous bien des aspects.

Dis-donc pas de bêtises !, 32ko

Le métier, c'est aussi ça, oui, mais seulement si on veut: autant que je sache, personne ne nous force à aller en dédicace. Il y a des pressions de la part de l'éditeur, des libraires, du public spécialisé  ? À chacun de savoir comment il survit aux pressions. Pour ma part, après avoir déjà bien donné, j'ai gardé l'envie d'être présent de temps en temps sur des festivals. Parce que les chiffres de vente sur un relevé de droits, c'est un peu sec. Alors sortir de la solitude monacale de l'atelier, voir la tronche des lecteurs et, si possible, dialoguer, ça remet les pieds dans (une partie de) la réalité. Si le dialogue ne s'enclenche pas tout seul, c'est que les visiteurs, comme nous, sont souvent intimidés... On attend qu'ils nous posent des questions, mais des fois, il faut forcer, aller au delà du "Quel prénom ?". Comme disait Lemmy Caution : "Je sais que vous avez envie de me poser des tas de questions, mais p'têt' que ça nous épargnera beaucoup de temps à tous les deux si c'est moi qui les pose." Ça ralentit la file ? Hé bien oui, mais c'est comme ça qu'on sort de l'abattage absurde. Là encore il faut apprendre à gérer la pression de la queue, si j'ose dire.
Outre cette satisfaction de l'égo, ce contact, parfois avec le public, parfois avec les organisateurs, parfois même avec la presse, si ! (La promo, ben oui, pourquoi pas ?), il y a les contacts entre nous : les repas et autres soirées sont des occasions de dialogues entre confrères de tous bords, toutes origines, tous âges, au hasard des voisinages. (Et les petits déjeuners à l'hôtel, donc, généralement consacrés à échanger des tuyaux sur les contrats !) Il paraît qu'aux débuts d'Angoulème, ça draguait sec la groupie, aussi, mais je n'ai pas de preuves...

Montreal-du-Gers, 24ko

Il y a les voyages, aussi (Engagez-vous dans la BD, vous verrez du pays !), la découverte de coins de France ou d'ailleurs, où on n'aurait jamais mis les pieds sans ça, la gastronomie, parfois, de chouette fiestas, parfois... Autant d'exemples contraires, bien sûr, salles des fêtes béton, bouffe de cantine et hôtel sordide... Mais gardons le bon en mémoire et oublions le reste.
Et puis le dessin, la dédicace. On sait tous (contrairement aux visiteurs) que le dessin n'est pas toujours un plaisir et n'est pas forcément facile, en particulier dans les conditions de bruit, d'éclairage, de fumée, de hauteur de siège, et autres inconforts auxquels on est confronté. Alors à chacun de trouver un truc pour y prendre du plaisir envers et contre tout, sinon, c'est vrai, c'est pas la peine ! Moi je renouvèle le plaisir par des changements d'instrument, des petites expérimentations graphiques : feutre, crayons de couleurs (plaisir enfantin !), feutre-pinceau que je n'emploie jamais pour le "vrai travail", simple crayon de bois - un instrument génial !
Peu importe le sujet, même semi automatisé, il n'est qu'un prétexte au jeu du crayon sur le papier, au plaisir de la main. Une bonne recette zen aussi : se dire que le fait que le dessin soit réussi ou raté n'a aucune importance... ça dénoue quelques complexes et c'est dans cet état de non-vouloir, justement, qu'on risque de faire les meilleures choses. Je me suis aperçu à la longue que cet exercice du crayon un peu distrait, relâché, me libérait la main et par là même me faisait faire des progrès qui se répercutaient dans le vrai travail. Je finis par considérer ça comme une sorte d'entraînement. Pas de temps perdu, donc ! (Le scénariste, évidemment, n'a pas ce genre de ressources...)

La Cartobédéphilie, nouveau fléau, 21ko

Quant au comportement des clients (amateurs, collectionneurs, spécialistes, appelons ça comme on veut, moi j'aime bien dire visiteurs), n'étant pas moi-même collectionneur, je trouve ça un peu ridicule, OK, mais ça ne fait de mal à personne. Alors s'ils y trouvent leur compte... De plus, ils contribuent à nous faire vivre, la plupart sont des gens agréables, et les quelques emmerdeurs et brebis galeuses (ceux qui s'empressent de revendre les dédicaces, c'est vraiment nul !), on apprend à les éviter ou à s'en débarasser.
Alors les files numérotées, les entrées payantes, les tickets, les auteurs payés, tout ça c'est un pis-aller, mais pourquoi pas?, si ça préserve une sérénité... Quand le petit marché sur la place du village est devenu une foire internationale, il faut bien une organisation, une réglementation, des flics... Et comme on n'aime pas ça, on a toujours le choix, comme dit plus haut, de ne pas y aller... ou de privilégier les petits festivals de villages avec pas plus d'une douzaine d'auteurs invités et pas plus d'un millier de visiteurs en deux jours.
(Avril 2002)


En complément de programme, je compte placer ici quelques reportages sur des manifestations BD ou SF, ne serait-ce que pour montrer des photos sympathiques et/ou des objets non commercialisés, donc n'entrant pas dans la rubrique "Parutions".



Logo pour Une Autre Terre
Logo pour le prix "Une Autre Terre"
Oui ! Une Autre Terre est possible !
C'est ce que s'efforce de promouvoir le prix littéraire du même nom,
destiné à récompenser chaque année aux Imaginales d'Épinal
un roman de SF tendance écolo.

Caza et Christophe Huon
Avec Christophe Huon, promoteur du dit prix. (Imaginales 2006)



Affiche Printemps de l'Imaginaire 2008
Affiche inspirée d'une case d'Arkadi 7.



Après avoir souvent présenté ici des productions para-BD du Pythagore,
libraire éditeur à Chaumont, j'ai le plaisir de vous montrer Francis Zahnd
lui-même, fort occupé à me gêner pendant que je dédicaçais au
Château du Grand Jardin de Joinville (Haute Marne) en octobre 2007.

Caza en dédicace à Joinville Octobre 2007
(Photo André Vuillaume)


Affiche pour le 17ème Festival BD de Boulogne-sur-Mer.
Caza - Affiche du 17ème Festival de Boulogne-sur-Mer
Pourquoi une pyramide et un sphinx ?
Parce que Boulogne est la patrie de Mariotte, célèbre égyptologue.
Pourquoi un saxo ? Parce que ce festival était sous le signe de la musique
et plus particulièrement de Marcel et son orchestre, fanfare anarco punk !

… D'où un port-folio collectif format 33 T, où chaque auteur
a eu à illustrer une chanson (pas triste) du groupe.
Caza - Bonne Fête Maman

… Et Boulogne proposait aussi des ex-libris consacrés à "La Boulonnaise"
(C'est un peu comme la Paimpolaise, mais plus au Nord
— Heureusement, il y a du réchauffement climatique !)
Boulogne Ex-libris - Pêcheuse



Au Festival de Chambéry 2007, on m'a donné un prix
"pour l'ensemble de mon œuvre" (décidément ça devient
une habitude) et j'ai pu conférencer très agréablement
entre Gilles Ratier et Brieg Haslé..

Caza en conférence au Festival de Chambéry, 2007
(Photo Festival Chambéry)



DU 8 JANVIER AU 1er MARS 2008
FESTIVAL ZONE FRANCHE
"Territoires de l'imaginaire"
À la médiathèque Louis-Aragon de Bagneux.

Bagneux - 2008 - Janvier - Février - Festival Zone Franche
http://www.bm-bagneux92.fr


GRANDE TOURNÉE POUR FÊTER LA SORTIE D'ARKADI TOME 8 !

"La Comédie des bulles", Toulouse, 21 et 22 avril 2007.
un nouveau festival à
Toulouse, sur le Quai de la Daurade,
avec la librairie Terres de Légendes.

http://www.festival-bd-toulouse.com/index.htm

Caza à Toulouse en Avril 2007. Photo P.GALIBERTCaza à Toulouse en Avril 2007. Photo P.GALIBERT
Toulouse 2007 : Ambiance ensoleillée...
Caza concentré sur ses dédicaces...
et récompensé par une Brique d'Or (dessinée par Coyotte).


L'affiche intégrale des Imaginales 2006.
IMAGINALES 2006. Épinal, 11-14 mai.
L'affiche intégrale des Imaginales 2006. (Les plus attentifs
auront reconnu, dans les cadres, les reprises bidouillées de
quelques travaux précédents. L'informatique, c'est pratique!)

Caza aux Imaginales 2006, avec Pascal Yung. Photo C.Ponge.

Aux Imaginales d'Épinal 2006, avec mon nouveau
look "tondeuse à gazon" et en compagnie de
Pascal Yung, devant sa version de Tigrishka
(in "Le Vagabond" de Fritz Leiber). Photo C.Ponge.
En plus, Pascal Yung me dit plein de choses gentilles
sur son blog : pascal.yung.over-blog.com


Caza aux Imaginales 2006. Photo Requiem / SciFi Universe.

À ces mêmes Imaginales, sur mon stand librairie.
Photo Requiem / SciFi Universe.
Plus de photos, et autres, sur :
http://www.scifi-universe.com


Lettre hommage à la vieille ville de Boulogne-sur-Mer,
pour le festival BD de décembre 2005.
Lettre Hommage Boulogne 2005


Festival VitryOn a planqué les bouteilles,
mais l'ambiance était fort
champanisée au premier
festival BD de Vitry-le-François,
en septembre 2005.
(À ma droite, Christophe, le
gentil organisateur-facteur.
Photo : je sais pas qui.)


Affiche Massillargues-Atuech 2005, 51koMASSILLARGUES-ATUECH 2005
Dans la cartagène,
y a du plaisir !



Affiche Maisons-Laffite 2005, 61koMAISON-LAFFITE 2005


 

avec l'équipe de Nekomix, 19ko
À Maisons-Laffite, avec l'équipe de Nekomix
(dont l'Amandine-qu'on-l'entend-de-loin-quand-elle-rit!)
http://www.nekomix.com/V3/



LIGUGÉ 2005
Caza à Ligugé 2005 - JLD, 18 koNotre cher organisateur
Jean-Louis Dumureau
fête les 10 ans de Ligugé.
 
Caza en dédicace à Ligugé 2005, 53koA la Médiathèque,
Caza dédicace...
 
Caza à Ligugé 2005 - Bruno Bellamy et son grand angle, 47ko... et Bruno Bellamy
s'amuse avec
son grand angle.

 

Le festival BD d'Évian / l'affiche
Un festival qui gagne à être connu. Janvier 2005, j'y étais "président"... et dans une situation un peu spéciale en ce sens que j'ai vécu à quelques kms de là toute mon adolescence, si bien que, outre les dédicaces "normales", le me suis retrouvé face à quelques copains d'école ou de lycée, prof de français, amis de mes parents et autres vieilles connaissances régionales... Ça faisait un peu "vie publique - vie privée", mais c'était bien sympathique!
Affiche Evian 2005
L'affiche. (Dessin encré, couleurs ordi. 2004)


Le trophée Rosny Aîné
En août 2004, la Convention Française de SF se tenait pour la seconde fois à L'Isle-sur-la-Sorgue (ou dans les environs). Entre autres réjouissances, on y vit pour la première fois le nouveau trophée du Prix Rosny Aîné, statuette en résine dessinée par mes soins et sculptée par André Jaume (déjà responsable de ma Daemone, du Bononia de Boulogne-sur-Mer et d'un Nocturne tout à fait inédit qui figure en photo au dos de l'album du même nom).
Sur les photos (signées Nicolas Chuche, merci à lui) on reconnaît:

statuette Rosny Aîné (photo NC), 9ko La statuette (version
bleu drapeau!) au
milieu des reliefs du
repas de gala de
la convention.
Roland C. Wagner avec statuette Rosny Aîné (photo NC), 11ko
La même à la main
de Roland C. Wagner,
primé pour La Saison
de la sorcière.

Roland C. Wagner + Caza + Robert Sheckley, 16ko   RCW, moi et... Robert Sheckley!... oui, le Robert Sheckley!...
qui a reçu une statuette (version drapeau rouge!) pour l'ensemble
de son oeuvre et l'hommage ému des fans reconnaissants.

Bourges, La Cathédrale pétrifiée, 42koLa Cathédrale pétrifiée.
Affiche pour le festival BD de Bourges 2002.

Il se trouve que, dans une période assez serrée, pour ne pas dire simultanément, je me suis trouvé deux fois devant le même problème : pondre une affiche de festival, l'un de SF en général (Les Imaginales, à Épinal), l'autre de BD, Bourges. Et avec la même contrainte technique : que l'on puisse cadrer aussi bien à la verticale qu'à l'horizontale. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que j'affrontais ce phénomène : pour le festival BD de Colomiers, par exemple, il y a déjà pas mal d'années, et plus récemment pour une "affiche provisoire" pour Les Enfants de la pluie (le dessin animé).
De même, il m'arrive périodiquement, pour les illustrations de couvertures, chez J'ai Lu ou autres, d'avoir à faire, pour des romans en deux tomes, deux couvertures en un seul dessin, afin que, ensuite, les deux livres posés côte à côte reconstituent l'effet panoramique...
J'évoque là un aspect très formel du métier, très technique, peut-être, mais il faut savoir que l'illustrateur ou le créateur de BD ne navigue pas en permanence dans les hautes sphères de l'inspiration : un couverture, une affiche, une page de BD, c'est d'abord et avant tout un format (ou deux, donc !), une maquette avec de la place pour les titres et autres accroches, des cases, de la place pour les bulles, etc. Et des délais. Et un prix. Ceci étant posé, à l'inspiration de se caser dans tout ça. Et je dis cela en étant bien persuadé que les contraintes sont une bonne chose, représentent des défis stimulants. L'art meurt de liberté et vit de contraintes, a dit Cocteau, je crois...
Donc Épinal me demandait d'évoquer la ville et son imagerie et le domaine de la "fantasy"... Et Bourges m'imposait le thème du voyage et la présence, tout ou partie, de la cathédrale... et me fournissait la documentation adéquate. Ainsi qu'un délai confortable, ce qui n'est pas plus mal ! Pour le reste, toute liberté de projeter mon propre univers graphique et créatif. Il ne m'est pas passé par la tête plus de trois hypothèses, si mes souvenirs sont bons.
La première tournait autour d'une peinture que j'ai chez moi, représentant la cathédrale de Bourges et réalisée par mon grand-père, P.G.Rigaud, petit maître post-impressionniste de la première moitié du XXè siècle. Mais je ne voyais pas comment l'intégrer au thème du voyage.
La deuxième était de transformer la cathédrale en navire... ou en vaisseau spatial... la faire décoller en apesanteur... ce qui me plaçait dans mon domaine familier de la science-fiction. Mais je trouvais ça déjà vu et déjà traité par d'autres que moi, et mieux que je ne saurais le faire. Rappelons-nous quelques Moebius où l'on voit s'envoler des Mont-StMichel ou des Venises célestes! Et puis finalement je suis un terrien, je préfère les racines aux ailes et, graphiquement, les mondes minéraux m'attirent plus que les univers métalliques.
Je suis donc allé vers la pierre, la sécheresse, le désert, l'enracinement dans le minéral. Sans doute aussi mon pessimisme a-t-il parlé, là, ma vision de notre religion chrétienne comme une chose morte, et du monde à venir comme un désert de ruines inhospitalier, dessèché, inhabité. Un temps d'après l'homme. Le monde de l'ère de la Masse, la Terre fixe du Monde d'Arkadi.
Mais le voyageur ?... Le voyageur est le poête, l'artiste, le découvreur de monde. Il se déplace tant dans l'espace que dans le temps. Sa monture évoque les dinosaures ou les dragons. Peut-être est-ce un thoat capturé dans les landes rousse de Barsoom ou dans les mort-fonds de la Merouge... Peut-être est-ce une créature bio-mécanoïde issue des cuves de clonage d'une cité future... Quant à l'instrument de navigation que tient le voyageur, il est constitué d'un bloc de papier et d'un crayon (ou d'une palette graphique et son stylet électronique)... et tout cela carbure à l'énergie universelle par excellence : l'imagination.

(Propos recueillis par Par Pascal Vigneron pour La Nouvelle République)


Photo du Bononia en faïence, 12koLe Bononia ABD.
Le trophée en faïence
du festival BD de
Boulogne-sur-Mer 2002.
Sculpté par André Jaume.


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