Christian Grenier, auteur jeunesse
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Simulator

( Une enquête de Logicielle - 5 )



Editeur : Rageot - Collection : Heure Noire  (2004)
 

Pour en savoir plus...

     Attention !
     Je livre ici certains éléments qui permettent de comprendre les enjeux de l'enquête et les culpabilités.Pour que le lecteur conserve le plaisir de la lecture, il est donc plus prudent de lire cette rubrique une fois le roman lu !

     Une nouvelle enquête de Logicielle !
     Les lecteurs qui découvriraient mon héroïne auraient intérêt à se reporter à la rubrique pour en savoir plus de Coups de théâtre ou de l'Ordinatueur ! Ils y découvriront notamment comment est né le personnage de Logicielle, ceux de Germain et de Max, et les raisons pour lesquelles, à mon corps défendant ou presque, j'ai entrepris une série de plusieurs récits policiers mettant ces personnages en scène.

     A l'origine : un voyage à La Réunion !
     Aussi étrange que cela paraisse, ce roman n'est pas né d'une idée mais d'un séjour : celui que je fis avec mon épouse sur l'île de la Réunion, au mois de mai 2000.
     Depuis plusieurs années, j'étais pressenti et invité par les documentalistes de cette île lointaine ( 12 heures d'avion... un voyage dans l'Océan Indien ) pour y venir m'entretenir avec les jeunes lecteurs des collèges.
     Pour des raisons familiales, j'avais jusque là refusé de venir.
     Le père de ma femme, à 95 ans, était malade et vivait chez nous. Je ne voulais pas entreprendre sans mon épouse un voyage et un séjour aussi longs et elle ne voulait pas s'éloigner. Le décès du grand-père résolut la question.
     Nous sommes donc partis pour La Réunion et j'ai, pendant les quinze premiers jours, rencontré là-bas des centaines d'élèves. Je garde de ce séjour un souvenir inoubliable et ému : la chaleur de l'accueil, l'attente des élèves, la cordialité des enseignants et le travail des professeurs documentalistes m'ont impressionné. Certes, quinze jours plus tard, j'avais fait trois fois le tour de l'île mais je n'avais pas vraiment profité des paysages puisque je travaillais chaque jour.
     Aussi, nous avons décidé de rester une semaine de plus pour faire du tourisme...

     Saint Gilles et Saint André
     Les quinze premiers jours, nous étions hébergés dans un luxueux hôtel à Saint Gilles, le St Tropez de La Réunion. Ce qui explique que c'est là qu'atterrit Logicielle, invitée par un Karnac'h qui ne lésine pas sur les moyens ; le bungalow qu'elle occupe est évidemment identique à celui que nous avons eu, proche à la fois du lagon et de la piscine, noyé dans un vrai jardin exotique !
     Quinze jours plus tard, libres de nos mouvements, nous avons loué une voiture et établi notre camp de base non plus à St Gilles mais sur la côte opposée, moins touristique et plus sauvage. Dans « les hauts de Saint André » ( où la chaleur est moins étouffante qu'au niveau de la mer ) nous avons loué un gîte où nous prenions nos petits déjeuners et nos dîners, ce qui nous permettait d'avoir toute la journée pour visiter les environs.
     A St André, proche de Bras Panon, nous voyions de notre chambre et de la terrasse à la fois la mer, les champs d'ananas tout proches mais aussi le piton de la fournaise, dont le sommet était souvent noyé par les nuages.

     Takamaka : réalité et fiction
     Bien entendu, si les décors sont réalistes, c'est parce que je les ai côtoyés de près. Aller à La Réunion, c'est obligatoirement visiter les trois fameux sites : les cirques de Silaos, Mafate et Salazie... et bien entendu le volcan !
     Mais pour la fin de mon récit, j'ai préféré utiliser un décor moins célèbre mais très impressionnant : la vallée de Takamaka, profonde et longue gorge facilement accessible depuis la petite ville de St André. La centrale électrique et la retenue d'eau existent, ainsi que le chemin fort étroit et dangereux qui serpente vers la vallée.
     En revanche, j'ai inventé les grottes. Elles n'existent pas à cet endroit mais sont plus proches du volcan. Les « grottes volcaniques » sont bel et bien une particularité géologique.

     Et le crash ?
     Il est bien sûr imaginaire, ainsi que la compagnie aérienne privée que possèdent les deux frères peu scrupuleux. Mais les récents accidents aériens des petites compagnies rendent ce crash hélas vraisemblable : les compagnies modestes, privées ou les vols charter, on le sait, ne bénéficient pas toujours des mêmes vérifications régulières que subissent les appareils des vols réguliers.

     Un vieux DC 3 !
     On pourra s'étonner de la présence d'un DC3 vieux d'un demi-siècle.
     Au risque d'étonner les lecteurs, les DC3 qui accusent cinquante ans d'âge sont encore très nombreux à voler ! Ce qui m'a gêné, cela n'a pas été de mettre un tel avion en scène... mais de le mettre en cause dans un accident. En effet, ces appareils, même anciens, sont d'une robustesse et d'une fiabilité à toute épreuve. Mes scrupules étaient cependant minimes puisque le lecteur apprend ( à moins qu'il ne s'en doute rapidement ) que ce crash a en réalité été provoqué.
     Je profite de ce paragraphe pour remercier mes amis Daniel Collobert et Michel Ballageas qui m'ont fourni une copieuse documentation sur les DC 3.

     Grégory Dijoux... il existe !
     Merci également à Grégory Dijoux. S'il n'est pas dans la réalité inspecteur de police, il est bel et bien réunionnais. Il faisait partie des élèves que j'ai rencontrés en l'an 2000 et peu après, à la suite d'un accident, il est devenu tétraplégique. Bien sûr, je lui ai demandé l'autorisation de l'utiliser comme personnage dans mon roman — et il a accepté.

     L'illustration.
     A noter que l'illustration — fort réussie et très convaincante ! — de Marc Mosnier, n'est pas strictement conforme au tableau de bord d'un DC3. Ce qui n'est pas très grave, mais on me l'a signalé. Il faut d'ailleurs savoir que le type et l'aménagement de ces DC3 ont énormément varié depuis leur mise en service en... 1936 !

     Et Madame Annibal ?
     Elle existe. Et sa spécialité, le canard à la vanille, est célèbre dans... le monde entier ! Je peux d'ailleurs en témoigner puisque je l'ai goûté — un régal !

     A propos du volcan...
     Les éruptions du Piton de la Fournaise ne sont pas si rares. Elles attirent les touristes et sont plus spectaculaires que dangereuses.
     Je signale au lecteur la présence du même volcan, ainsi que de mes héros Logicielle et Max, dans une nouvelle policière dont l'action se situe une nouvelle fois à La Réunion : Tuez pour nous, Saint Expédit ! qu'ils trouveront soit dans le volume Magnum Noëls sans frontières, soit encore, à partir du 22 mars 2006, dans le recueil Des nouvelles de Logicielle ! ( Collection Heure Noire )

     S'assurer pour la vie dans un aéroport ?
     Bien sûr, les bornes et l'assurance « Volez serein ! » sont imaginaires.
     Pourtant, ce type d'assurances situées dans les aéroports a bel et bien existé ! J'ai encore le récépicé d'une assurance que mon père ( alors régisseur à la Comédie Française ) avait prise au dernier moment, à un guichet d'Orly, une heure avant de s'envoler pour le Japon en 1962, avec la troupe du théâtre français.
     Il partait serein, en effet : après avoir versé une petite somme, il savait que s'il disparaissait dans un accident d'avion, sa famille toucherait une très grosse somme. Si mes souvenirs sont bons, il nous confia à son retour que plusieurs membres de la troupe et quelques membres du personnel avaient pris la même précaution !

     Et cet ordinateur moléculaire ?
     Il n'existe pas dans le commerce. Du moins pas encore.
     Mais une fois de plus, le fonctionnement, la taille réduite et la capacité de stockage étonnante de cet appareil m'ont été suggéré par mon ami Daniel Collobert, encore lui ( voir la rubrique en savoir plus de L'Ordinatueur ), chercheur au CNET de Lannion et qui, après avoir travaillé sur des ordinateurs à réseau de neurones, s'est attelé à des prototypes d'ordinateurs moléculaires.
     De tels appareils existent donc déjà, même s'ils sont toujours à l'étude, et si leur commercialisation ne semble pas être immédiate.

 
UN EXTRAIT DU TEXTE  ( Simulator )
 Début du CHAPITRE 1
          Quand c'est faux, c'est tellement plus beau !

          Logicielle se réveilla en sursaut avec l'écho de cette phrase étrange. La veille au soir, Max, son adjoint, était parti de chez elle en lui lançant cette formule au visage. Le repas s'était pourtant bien déroulé. Ce n'était pas tous les jours qu'elle invitait son collègue à dîner. Quand tout cela avait-il dérapé ? A présent, elle s'en souvenait : au dessert.
          Depuis qu'elle avait été nommée à la brigade de Saint-Denis, Maxime ne cessait de la draguer gentiment. Elle avait fini par craquer. Enfin, presque. Comment résister ? Max était vif, attachant, plein d'humour... Ils étaient sortis quatre ou cinq fois ensemble. A ses yeux, Max avait pourtant deux défauts : il était un peu jaloux et brûlait les étapes. Hier soir, quand elle avait apporté la tarte tatin, il avait bêtement sorti de sous la table une bouteille de champagne et lancé à brûle-pourpoint :
          — Logicielle ? Je t'aime. Je voudrais que nous vivions ensemble.
          Elle était à cent lieues de cette déclaration. Si elle l'avait invité, c'était uniquement pour fêter la fin d'une lourde enquête. Elle s'était jugée agressée, prise au dépourvu. Ressentant aussitôt le besoin de se retrouver seule, elle avait éludé la question et failli jeter Max à la porte de son studio.
          — Je comprends, avait-il déclaré en se levant. Tu préfères la compagnie de ton ordinateur je suppose ?
          — Ne sois pas stupide, Max. L'informatique, c'est ma spécialité. Est-ce que je suis jalouse de ta moto, moi ?
          — La vérité, lui avait-il lancé en désignant l'ordinateur au fond de la pièce, c'est que tu préfères l'apparence à la vérité, l'image à la réalité. Quand c'est faux, c'est tellement plus beau !
          Un poing impatient se remit à tambouriner contre sa porte.
          — Bon sang ! s'écria-t-elle en se précipitant hors du lit. On avait déjà frappé. Voilà pourquoi je me suis réveillée !
          Qui pouvait la déranger un dimanche à cette heure ? Max bien sûr !
          Elle était si contrariée du malentendu de la veille qu'elle se jura de l'accueillir à bras ouverts, de s'excuser... Tant pis pour ce qui arriverait ensuite. Elle se bâtit un sourire majuscule, évita de penser qu'elle était en pyjama et, d'un coup, ouvrit la porte.
          — Logicielle ? Je... excusez-moi de vous déranger.
          Elle faisait face à un jeune homme inconnu au bord de la panique. Lui aussi semblait avoir sauté du lit : sa chemise était à peine boutonnée et ses cheveux, d'un roux flamboyant, se dressaient en touffes hirsutes. Douchée, Logicielle jeta sèchement :
          — Qui êtes-vous ? Nous nous connaissons ?
          — Oui. Mais oui, évidemment ! C'est moi, Tony !
          Un tic nerveux tordit la bouche du visiteur et d'un coup, Logicielle se souvint. Tony était le plus brillant informaticien de Neuronic Computer France. L'an dernier, il avait créé un fabuleux logiciel, Le Troisième Monde, qui leur avait permis de se lancer à la poursuite de l'assassin de Cyrano de Bergerac.
          — Tony ! Pardonnez-moi. Mais... vous savez l'heure qu'il est ?
          — Très tard, j'imagine.
          — Je dirais plutôt très tôt : six heures du matin.
          — Désolé. Il fallait que je vous voie. Je... je suis en danger.
          — Vraiment ? Eh bien entrez.
          Elle réprima sa mauvaise humeur, invita Tony à s'asseoir face aux deux parts de tarte tatin abandonnées sur la table. La veille au soir, elle n'avait pas eu le coeur à débarrasser.
          — Je prépare du café.
          — Logicielle, vous êtes la seule en qui j'ai confiance ! révéla-t-il en lui lançant un regard chaviré. Je vous apprécie beaucoup...
          Elle balaya les compliments d'un geste impatient. Elle avait assez de Max pour s'encombrer d'un second soupirant.
          — Si vous m'expliquiez ce qui vous amène ?
          — Eh bien voilà... A Neuronic Computer France, deux collègues et moi avons mis au point un ordinateur révolutionnaire : Simulator. Cet engin est le premier d'une nouvelle génération. Tout ce qui est sur le marché va être périmé d'un jour à l'autre !
          — Y compris l'OMNIA 3 ? demanda distraitement Logicielle en désignant l'appareil qui trônait dans un angle de son studio.
          — Bien sûr ! Même avec ses réseaux de neurones, l'OMNIA 3 reste un ordinateur de conception traditionnelle, avec un clavier et un écran. Simulator est cent fois plus compact et mille fois plus puissant. Je vous ai apporté l'unique prototype qui existe. Regardez.
          — J'arrive.
          Logicielle avait l'esprit ailleurs. Elle empilait dans l'évier la vaisselle du dîner interrompu et raté. Quand elle revint s'asseoir face à Tony, elle aperçut, posé entre les deux parts de tarte, un petit boîtier métallique rond et gris. Sur cette drôle de demi boule de pétanque pointaient six ou sept boutons et un minuscule oeil bleu, qui clignotait à intervalles irréguliers.
          — Pour économiser les piles, mieux vaudrait le brancher. Vous avez une prise de courant ?
          — Vous en trouverez une libre du côté de mon OMNIA 3.
          Tony dégagea de son appareil le câble qui y était encastré.
          — Voilà, il va recharger ses batteries.
          — Attendez... vous voulez dire, Tony, que ce truc-là, c'est l'ordinateur ?
          — Evidemment. Contact !
          Jailli de l'oeil, un halo de clarté nimba aussitôt la pièce.
          — Locaux de N.C.F. hier 10 mai, 17 heures ! ordonna Tony.
          D'un coup, les murs et le mobilier du studio s'estompèrent pour faire place à un décor gigantesque en trois dimensions...

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Dernière mise à jour du site le 25 mai 2018
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