Christian Grenier, auteur jeunesse
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Hacker à bord



Editeur : Rageot - Collection : Heure Noire  (2011)
 
 
UN EXTRAIT DU TEXTE  ( Hacker à bord )
 Début du CHAPITRE 1
     – Oui, lieutenant, on cherche à m’assassiner.
     Et je vous demande d’assurer ma sécurité.
     Logicielle dévisagea l’inconnu qui venait de s’asseoir face à elle, dans son bureau du commissariat de Saint-Denis. Il n’avait pas l’air d’un homme traqué. Ni détraqué. Vêtu d’un costume d’été élégant, il semblait détendu et sûr de lui. Son visage bronzé lui était vaguement familier. Un comédien ? Peut-être. Sa beauté, lisse et classique, avait quelque chose de fascinant et de vénéneux.
     Elle lui sourit, décidée à confier l’affaire à un collègue. On était le vendredi 3 août.
     – Pardonnez-moi, monsieur... monsieur ?
     – Sunsong.
     – Vous habitez Saint-Denis ?
     – Non. Neuilly.
     – En ce cas, vous auriez dû vous adresser à...
     – Vous êtes bien Laure-Gisèle Beffroy, dite Logicielle ? Informaticienne attachée à la police scientifique ?
     – En effet.
     – Vous m’avez été recommandée. C’est à vous que je désire faire appel.
     – Hélas, monsieur Sunsong, je suis en congé...
     – ... dès ce soir. Je sais. Aussi ma demande a-t-elle un caractère privé.
     Logicielle resta abasourdie. Cet inconnu connaissait donc les dates de ses vacances ?
     Non, il bluffait. Ou il improvisait pour l’impressionner.
     Il se cala dans son fauteuil et ajouta, sur un ton qui n’admettait pas de réplique :
     – Et urgent. Je pars également en vacances.
     Après-demain. Pour une croisière en Méditerranée.
     – Je ne vois pas...
     – Mon futur assassin sera sur le bateau. Il a réservé sa place juste après moi. À ses yeux, c’est le moment idéal pour agir. Je suis en danger de mort, lieutenant.
     Logicielle pressentit que M. Sunsong disait vrai. Son calme apparent cachait une autorité naturelle doublée d’une ferme détermination.
     Avant de venir, il avait dû affûter ses arguments.
     – Si vous redoutez une agression, faites appel à une police privée ! Vous en avez les moyens ?
     – Oui. Je dispose de gardes du corps.
     – Alors je ne comprends pas.
     – Depuis plusieurs mois, je suis un homme traqué, lieutenant. Il faut que ça cesse. Je suis à bout.
     À bout ? Logicielle en doutait. Sunsong paraissait en grande forme. Et en parfaite santé.
     – Si mes gardes du corps m’accompagnent, mon futur assassin hésitera à me tuer. Ce qui ne résoudra pas le problème. Et s’il parvient à m’éliminer, il échappera à la police.
     – Vraiment ? Et pourquoi ?
     – Parce qu’il n’existe aucune brigade criminelle en pleine mer. Il aura tout le temps de dissimuler les preuves et de fuir.
     – Supposons que je sois là et qu’il parvienne à vous tuer. Cela vous consolerait-il que je le confonde, une fois que vous serez mort ?
     – Si vous êtes là, Logicielle, vous l’empêcherez de me porter le coup fatal.
     Son assurance l’amusa.
     – Quelle confiance vous me faites !
     – Je n’ai pas le choix. Si vous refusez, je continuerai à vivre traqué jour et nuit.
     – Désolée, monsieur Sunsong, je ne peux pas accepter.
     Sur le front lisse de son interlocuteur naquit une légère ride horizontale. Le signe subreptice d’une grosse contrariété.
     – Voyez-vous, expliqua-t-elle, un fonctionnaire de police ne peut pas travailler pour une personne ou un organisme privé.
     – Sauf si une mission ponctuelle lui est confiée par le SPHP.
     Logicielle resta sans voix. Ainsi, Sunsong connaissait le Service de protection des hautes personnalités !
     – Et grâce aux appuis que je possède au ministère de l’Intérieur, je ne doute pas que ma demande aboutisse en deux heures.
     Logicielle baissa la tête, vaincue. Tous ses projets d’été capotaient ! Sur le front de Sunsong, la ride s’effaça.
     Les dents serrées, elle grommela :
     – En ce cas, je vois mal la raison de votre démarche puisque je n’ai pas le choix !
     – Si. Parce que ma demande reste en suspens.
     Je ne veux pas vous forcer la main mais vous convaincre, Logicielle. Pas question de vous recruter à contrecoeur.
     – Me convaincre ? J’en doute. Des milliers d’officiers de police pourraient assurer votre sécurité aussi bien, et même mieux que moi !
     – À mon tour d’en douter. Savez-vous pourquoi je fais appel à vous ?
     – Dites toujours !
     – Vous connaissez mon futur assassin. Vous le côtoyez depuis des années. Voilà pourquoi vous êtes la mieux placée pour deviner quand et comment il agira.

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