Elisabeth Vonarburg - Biblio

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Couverture

L'Oeil de la nuit


Illustration de Claude LAFRANCE
Le PRÉAMBULE, coll. Chroniques du futur n° 1, 4ème trimestre 1980
212 pages, catégorie / prix : nd, ISBN : 2-89133-017-X


 Quatrième de couverture :
* Le Pont ouvre la porte de nombreux univers inconnus dans lesquels l'héroïne rencontre son double...
* Des Rêveurs captent la réalité de mondes lointains peuplés de races étranges...
* Un artiste du futur fabrique des bio-sculptures à la vie éphémère...
* Dans un vaisseau / animal, où les hommes sont fabriqués par clonage, le héros s'interroge sur le concept mystérieux et tabou de « femme »...
L'Œil de la nuit est un recueil de six nouvelles de science-fiction qui témoignent de l'inspiration et de l'écriture profondément originales d'Elisabeth Vonarburg. Dans ce recueil, l'amateur de science-fiction découvrira des thèmes passionnants ; la maîtrise du voyage instantané, l'évolution des arts dans le futur, le rapport de l'homme avec ses doubles (clones ou simulacres), les manipulations génétiques, le vaisseau-monde. Une richesse d'imaginatîon servie par une écriture d'une grande maturité.

 Sommaire :
1 - L'Oeil de la nuit, pages 9 à 42
2 - Le Pont du froid, pages 43 à 73
3 - Janus, pages 75 à 105
4 - Géhenne, pages 107 à 125
5 - Le Nœud, pages 127 à 140
6 - Eon, pages 141 à 201
7 - Norbert SPEHNER, Postface, pages 203 à 204, Postface
8 - (non mentionné), Bibliographie de l'auteur, pages 205 à 205, Bibliographie

 Critiques
     La première collection de SF du Québec a démarré avec deux recueils de nouvelles, dus à deux auteurs que la revue Solaris (ex-Requiem) avait largement contribué à faire connaître. On trouve d'ailleurs dans chacun de ces livres certains textes déjà publiés par Solaris ; ce qui n'a rien d'étonnant, puisque la collection est dirigée par Norbert Spehner, rédacteur en chef de Solaris. Le monde de la SF est petit, au Québec.
     Ainsi L'œil de la nuit qui donne son titre au recueil, avait-il obtenu en 1978 le prix Dagon organisé par Requiem. Ceux d'entre vous qui l'avaient lu à l'époque s'en souviennent peut-être comme d'un bon texte... un peu long. C'est toujours mon opinion, mais j'ai été agréablement impressionné par la suite : si Géhenne est une histoire fantastique assez classique, les autres appartiennent à une SF assez subtile : on ne goûte vraiment ces récits qu'arrivé à leur conclusion, quand ils prennent leur vraie dimension. Voire après, quand par exemple un autre texte vous y renvoie (Le nœud à Le pont du froid). Janus, mon préféré sur le lot, se déroule plus comme un puzzle que comme une histoire. Cela exige un effort de la part du lecteur, mais dans les bons cas la satisfaction finale n'en est que plus complète.
     Meilleur encore à mon avis est La machine à explorer la fiction de Jean-Pierre April. Là encore, deux nouvelles — Jackie, je vous aime et King Kong III — ont déjà été publiées dans Requiem ; mais deux autres — Le vol de la ville et Miracle de Noël — proviennent d'Imagine... (Solaris a cessé d'être la seule revue québécoise !). Tant dans le texte qui donne son titre au recueil que dans les deux récits Coma-70 et Coma-90 (liés comme peuvent l'être deux variations sur un même thème plutôt que comme un texte et sa suite), April utilise un registre assez jeuryien : l'idée, dans Coma-90, d'un monde imaginaire collectif où l'on accède par la mort ou par les ordinateurs est assez proche de celle de la chronolyse. C'est encore un jeu sur la réalité que l'on retrouve dans La machine à explorer la fiction, le meilleur récit du lot, mais là l'instrument de passage est la télévision : hommage sans doute à la rumeur persistante selon laquelle il existe aux Etats-Unis des gens qui croient littéralement tout ce qu'ils voient à la télé, et irruption de l'Amérique dans cette thématique de SF française...
     Les mythes américains sont d'ailleurs souvent présents dans les textes d'April : Jackie Onassis, King Kong, ou le Christ revu par Hollywood (dans Le miracle de Noël — dommage que ce ne soit qu'un joke un peu trop long). C'est en cela, au m'oins autant qu'en mettant en scène le stade de Montréal (Le vol de la ville), qu'April se montre écrivain québécois, homme au point de contact entre deux cultures, et pratiquant l'oxymoron (« alliance de mots apparemment contradictoires ») qu'il recommande à la SF québécoise dans l'excellent article qui clôt le recueil Perspectives de la science-fiction québécoise, à la fois panorama et recommandations (paru à l'origine dans Imagine...). Les Québécois ont d'ailleurs confirmé de façon éclatante leur goût pour l'oxymoron lors des dernières élections provinciales...


Pascal J. THOMAS
Première parution : 1/11/1981
dans Fiction 323
Mise en ligne le : 5/5/2002

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