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Les Enfants de l'esprit

Orson Scott CARD

Titre original : Children of the Mind, 1996

Cycle : Ender  vol.

Traduction de Jean-Marc CHAMBON
Illustration de Jean-Michel PONZIO

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (2007 - ) n° 5626
Dépôt légal : novembre 2008
416 pages, catégorie / prix : 8 €
ISBN : 978-2-290-30348-1   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Les Pequeninos, la reine et les humains de Lusitania sont menacés par l'arrivée de la flotte stellaire qui entend utiliser le « Petit Docteur », un désintégrateur moléculaire, pour préserver la race humaine du virus de la Descolada. Seule Jane, l'intelligence artificielle au service d'Ender, peut encore les sauver, mais son action est menacée par le congrès stellaire. Quant à Ender lui-même, il doit concentrer son attention sur les enfants nés de son esprit — Peter et Val — afin qu'ils puissent mener à bien leur mission respective : pour l'un, la recherche d'un leader d'opinion susceptible d'influer le congrès ; pour l'autre, l'exploration de planètes colonisables pour préparer l'exode...


     ORSON SCOTT CARD
     D'aucuns considèrent Le cycle d'Ender comme le chef-d'oeuvre de cet auteur contemporain majeur. De confession mormone, il,n'a jamais cessé de défendre une science-fiction initiatique et humaniste.

     « Comme à son habitude, Orson Scott Card nous offre un roman bien ficelé avec une part d'imagination toujours aussi surprenante. »
     ActuSF

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)  pour la série : Ender
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : Ender
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition J'AI LU, Millénaires (2000)


     Quatrième volet de la saga commencée avec La stratégie Ender, Les enfants de l'esprit reprend la où s'était arrêté Xénocide  : le Congrès Stellaire a envoyé une flotte détruire la planète Lusitania qui abrite le virus mortel de la descolada, mais où se trouvent aussi, outre les colons humains, les seuls représentants de deux races extraterrestres, les pequeninos et les doryphores.
     Le Congrès Stellaire prépare également la coupure du réseau ansible permettant la communication instantanée entre les diverses planètes humaines, effrayé qu'il est par la découverte de l'existence de Jane, la conscience née de ce gigantesque réseau informatique. Jane se retrouve donc menacée de disparaître à tout instant.

     A la fin de Xénocide, lors de la première expérience de voyage aux Dehors de l'espace, sont apparus Val et Peter, deux émanations de l'esprit d'Ender qui se sont matérialisées à l'image que celui-ci garde de son frère et de sa sœur. Ces deux personnages aux origines singulières tiennent une place très importante dans le roman. Card disserte longuement sur leur nature et leur identité. Peter et Val représentent chacun une facette de la personnalité complexe d'Ender. Sont-ils de simples marionnettes contrôlées par l'aiúa (l'âme) d'Ender ou ont-ils leur propre individualité  ? Les circonstances pour le moins particulières de leur ''naissance'' rendent leurs relations avec leur entourage d'autant plus difficiles.
     Mais Card se complique encore la tâche en faisant intervenir nombre d'autres personnages secondaires, comme Si Wang-mu, ancienne servante de la planète de culture asiatique La Voie, qui accompagne Peter sur Vent Divin pour essayer de convaincre le Congrès Stellaire de changer d'avis. Val, quant à elle, part à la recherche de la planète qui est à l'origine du virus de la descolada avec l'aide de Miro, l'un des fils de Novinha, la femme d'Ender.
     Enfin, il y a Jane, menacée de mourir et qui pourrait bien trouver refuge dans un corps de chair et de sang avec l'aide des arbres-pères des pequeninos et de la Reine des doryphores.
     A vouloir trop en faire, l'auteur s'égare dans d'interminables discussions sur les relations entre les personnages et leurs problèmes psychologiques, d'autant plus lourdes que les développements de l'intrigue ne sont pour la plupart guère surprenants. Il néglige d'autre part des voies pourtant prometteuses, comme l'exploration des différents mondes colonisés par les humains ou encore la découverte d'une nouvelle race extraterrestre. C'est dans ces trop rares moments que l'on trouve les meilleurs passages du roman. Quant aux doryphores et aux pequeninos, ils sont confinés dans un rôle trop anecdotique et la résolution du conflit avec le Congrès Stellaire apparaît bien fade et trop rapide.

     Force est de l'admettre, on est bien loin des chefs-d'œuvre que sont La stratégie Ender et La voix des morts. Orson Scott Card se perd dans une intrigue devenue trop complexe. Traînant derrière lui les évènements des trois précédents romans de la saga, il introduit ensuite de nombreuses idées dont il semble bien en peine de se dépêtrer. Son écriture d'habitude si fluide devient ici pesante et bien trop souvent prévisible. Triste conclusion pour la saga d'Ender que ces Enfants de l'esprit qui sans être un roman catastrophique sont peut-être bien le plus mauvais livre de leur auteur.

Frédéric BEURG (lui écrire)
Première parution : 21/10/2000
nooSFere


Edition J'AI LU, Millénaires (2001)


     Ce quatrième tome du cycle Ender achève l'une des sagas les plus populaires de la SF contemporaine, dont les deux premiers tomes, La Stratégie Ender et La Voix des morts, furent récompensés par les prix Hugo et Nebula en 1986 et 1987. Au cœur de l'histoire, Andrew Wiggin, dit Ender, enfant-soldat devenu responsable malgré lui de l'extermination d'une espèce extraterrestre, les « doryphores ». Honni depuis par le reste de l'humanité et souffrant lui-même de l'énorme poids de sa culpabilité, il a erré pendant trois mille ans parmi les mondes colonisés par l'homme, cherchant la voie de sa rédemption. Ce qui reste possible, car il a gardé avec lui le cocon d'une Reine des doryphores, ultime survivante de sa race, qu'il espère voir renaître un jour sur un monde à l'abri des pulsions meurtrières qui travaillent l'humanité. Il est accompagné dans ses pérégrinations par sa sœur, Valentine, et par Jane, l'Intelligence Artificielle cachée dans les liens interstellaires entre réseaux informatiques créés par l'ansible, un moyen de communication instantanée.
     C'est finalement sur la planète Lusitania qu'Ender va essayer de s'établir et d'implanter la Reine. Là-bas, les humains ont découvert une deuxième espèce d'extraterrestres intelligents, les pequeniños, avec lesquels ils ont jeté les bases d'une cohabitation précaire. Mais le cycle de vie des pequeniños, comme de tous les organismes de Lusitania, dépend de la présence d'un virus, la descolada, qui s'est révélé hautement dangereux pour l'homme et difficilement contrôlable. Le Congrès stellaire qui règne sur tous les mondes humains craint la contagion et décrète finalement l'évacuation des colons. Ces derniers, soutenus par Ender, décident de rester sur place, ce qui provoque l'envoi d'une flotte déployant un Désintégrateur moléculaire (l'arme même qu'Ender avait utilisé pour détruire la planète des doryphores). La menace d'un nouvel acte de xénocide dirigé contre, non seulement les pequeniños, mais aussi leurs alliés humains et la nouvelle colonie fondée par la Reine, commence à se préciser.
     Au bout du troisième tome du cycle, Xénocide, les Lusitaniens ont trouvé une échappatoire au piège qui se referme sur eux : un moyen de transport supraluminique, qui permet le transfert d'une partie de la population des trois espèces sur d'autres mondes. Mais cette invention ne fonctionne que grâce à Jane et à l'énorme capacité informatique dont elle dispose. Et ses agissements ont finalement mis la puce a l'oreille du Congrès, qui cherche à l'éliminer des réseaux en déconnectant les ordinateurs des ansibles. Par ailleurs, ce mode de transport a eu aussi quelques effets secondaires inattendus, notamment l'apparition de deux créatures jaillies de l'esprit d'Ender sous forme de sa sœur Valentine (plus jeune que la vraie) et de son frère Peter (mort il y a trois millénaires), qui semblent incarner des aspects de sa personnalité et dépendre de sa volonté inconsciente.
     C'est le sort de Jane et d'Ender qui va prédominer au cours de ce quatrième volume et livrer la clé du dénouement final de la crise entre Lusitania et le Congrès stellaire. Mais Card nous réserve encore quelques surprises avant de tirer le rideau. Ceci dit, plus que les feux d'artifice de l'intrigue, c'est la vivacité extraordinaire de ses personnages et la générosité du fond moral qui impressionnent tout au long du cycle. Ce n'est pas un hasard s'il est devenu l'un des points d'accès principaux à la SF pour les jeunes lecteurs, car il offre un message clair et universel en faveur de la tolérance, sans occulter les dilemmes et les conflits inévitables.
     Si l'auteur semble bien clore ici l'histoire d'Ender, il vient de mettre en chantier une série « parallèle » consacrée aux compagnons de jeunesse de son héros. Deux tomes sont déjà parus : Ender's Shadow et Shadow of the Hegemon, chez Tor (US) et Orbit (GB).

Tom CLEGG (lui écrire)
Première parution : 1/3/2001
dans Galaxies 20
Mise en ligne le : 3/6/2002


Edition J'AI LU, Millénaires (2001)


     Voici le quatrième et ultime (enfin, espé­rons !) tome de la saga d' « Ender ». Et affirmons-le franchement : cette séquelle ne valait pas la traduc­tion et seul le nom d'Orson Scott Card lui permettra de ne pas encombrer longtemps les rayons des librai­ries.

     La planète où ont trouvé refuge les ar­bres-pères, les pequeninos et la Reine, est menacée de désinté­gration par la flotte du Congrès Stellaire depuis qu'il est avéré qu'elle abrite le dangereux virus de la des-colada.

     Ender, dont les forces déclinent, est prati­quement absent du roman : il s'efforce de maintenir en vie les enfants nés de son esprit par l'entremise des aiùas du Dehors (dans l'hyperespace), à savoir Peter et Val, répliques de ses frère et sœur tel qu'il en a gardé le souvenir. Il s'agit évidemment d'une image déformée, d'autant plus subjective que Peter concentre en lui les mau­vais côtés d'Ender et que Val synthétise ses qualités humaines, son amour pour le vivant.

     Tandis que Valentine, la vraie sœur d'Ender, et une équipe de chercheurs ten­tent de trouver un remède à la descolada, qui rendrait inutile l'intervention de la flotte militaire, Peter, assisté de Wang-Mu, tente de persuader, sur Vent Divin, un personna­ge susceptible d'influencer la décision du Congrès, lequel ne se fie qu'à l'opinion d'un sage qu'ils doivent aller trouver sur la pla­nète Pacifica. De son côté, Val et Miro cher­chent des planètes colonisables suscep­tibles d'abriter les vies menacées sur Lusitania. Ils ont un avantage sur le Congrès puisqu'ils sont les seuls à disposer de la technologie permettant de passer dans le Dehors et de rendre leurs voyages prati­quement instantanés.

     Parallèlement à ces actions, on tremble pour l'intelligence omniprésente, Jane, l'I.A alliée d'Ender, qui est menacée d'extinction depuis que le Congrès, devinant la mena­ce, s'efforce de déconnecter les réseaux informatiques : Jane cherche un support assez vaste pour lui permettre de survivre. Par ailleurs, il s'avère que le virus a été fabriqué par une intelligence extraterrestre malveillante susceptible d'envoyer vers les mondes colonisés par les humains des saletés bien pires.

     Cette suite d'intrigues pourrait ne pas manquer d'intérêt si Card ne s'était pas contenté de se parodier. Sa sensibilité vire à la sensiblerie, les tourments des person­nages à la caricature ; les moments d'émo­tion sentent la guimauve et le style se fait sirupeux. Tout est bavard, long et en­nuyeux. Les rebondissements même tour­nent au procédé : alors que le Congrès dé­cide d'annuler son ordre de destruction, un militaire, pénétré du sens du devoir autant que d'orgueil, décide de désobéir. Sus­pense !

     Soyons honnête : tout n'est pas raté dans ce roman, loin de là. La réflexion de Scott Card, présentée dans la postface, sur les nations périphériques et centrales, est inté­ressante mais méritait un autre traitement romanesque. Le lecteur est d'autant plus déçu que la trilogie lui avait laissé à ce jour un souvenir durable et ébloui.

     À éviter.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/4/2001
dans Bifrost 22
Mise en ligne le : 1/10/2003


Edition J'AI LU, Millénaires (1998)


     Avec Children of the Mind s'achève la saga d'Ender commencée par le magistral La stratégie Ender. Ender est un personnage au lourd passé, il a commis un xénocide avant de perdre ses dents de lait et s'est racheté par la suite en parcourant l'univers au cours de milliers d'années planétaires pour faire entendre la voix des morts.

     Children of the Mind reprend l'action là où Xénocide l'avait laissée. La planète Lusitania abrite une tripotée d'espèces vivantes : les Pequeninos, les Doriphores, quelques humains, une intelligence artificielle nommée Jane et la descolada : un virus tout aussi intelligent que mortel. Les troupes du Congrès sont en route avec le projet de tous les exterminer, menaçant de commettre un quadruple xénocide. Pour Ender, c'est une chance inespérée de laver enfin son nom en sauvant la situation... Seulement Ender est fatigué, et... nous aussi.

     Le récit s'essouffle notablement et seules quelques théories bien amenées lui permettent de tenir la route. La découverte de la véritable nature de Jane qui révèle le rôle de l'amour en tant que force agissante de l'univers est de celle-là.

     Card est également un créateur de monde efficace : en s'appuyant sur des théories géopolitiques intéressantes il nous propose ici une vision éclairante de la culture japonaise et nul ne peut contester sa maîtrise de la xénologie. Il parvient à donner vie à deux espèces différentes dont le cycle biologique relève d'une admirable inventivité. Le travail de Card souffre toutefois d'un excès d'ambition (de gourmandise diraient certains) : il veut suivre trop de directions et animer trop de personnages. Le rythme de Children of the Mind en souffre et l'on voit les crises éclater et se résoudre avant d'avoir le temps de s'y intéresser.

     On ne peut, enfin, s'empêcher de noter au passage que si Children of the Mind est censé achever la saga Ender, Card se ménage toutefois la possibilité d'une suite en amenant ses personnages à découvrir la planète d'origine de la descolada. Et de conclure que le mécanisme des suites multiples est certainement fructueux mais il peut devenir lassant, voire malhonnête.

     Vraiment lorsqu'il s'agit d'Orson Scott Card, on ne peut que regretter qu'il ne se consacre pas plutôt à l'un de ces chefs-d'œuvre dont il a le secret. Le temps n'est-il pas venu de définitivement faire mourir Ender et de passer à autre chose ?

Sophie GOZLAN
Première parution : 1/7/1998
dans Bifrost 9
Mise en ligne le : 3/11/2003


 

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