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George R.R. Martin

(USA ; 1948)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          L'introduction en France de George Raymond Richard Martin s'est faite de manière catastrophique, avec la traduction, en 1980, d'un gros roman, son premier : L'agonie de la lumière (Dying of the light, 1977), qui inaugurait une nouvelle collection de prestige dirigée par Michel Demuth pour la Librairie des Champs-Elysées, « Le Masque de l'Avenir ». Hélas, les éditions Opta jugèrent que le produit était un pur et simple plagiat de leur propre et célèbre collection bibliographique, le Club du Livre d'Anticipation ; d'où un procès, perdu par les Champs-Elysées, qui durent illico retirer les ouvrages du marché... Cette anecdote, aujourd'hui oubliée, n'est qu'une péripétie sans grande importance de l'histoire hexagonale de la SF, soit. Mais elle est tout de même dommageable pour ce récit, longue et nostalgique fable sur la destinée d'un monde vagabond, Worlom, qui ne sort du froid éternel, avant d'y retourner, que pendant l'éphémère traversée d'un système solaire. Ce roman touffu, ce space opera poétique et sociologique, est pourtant typique de la manière de Martin, qu'on peut placer parmi les « nouveaux humanistes » de la SF américaine des années 80, et qui sait retravailler tout en finesse les thèmes traditionnels, un peu à la manière d'un John Varley.
          Heureusement, Jacques Sadoul accueillit à son tour notre auteur dans Univers, et c'est là qu'on put lire notamment Rois des sables (Sandkings, 1979), splendide et troublante novelette (couronnée par un Hugo) sur la fascination d'un homme pour des insectes intelligents (Univers 1981). C'est encore Sadoul qui programma chez J'ai Lu deux recueils de Martin, Chanson pour Lya (A song for Lya and other stories, 1976) et Des astres et des ombres (Songs of stars and shadows, 1977), encore des histoires d'espace, de planètes, de contacts avec des civilisations extraterrestres, toutes d'une sombre beauté et d'une grande profondeur, comme le court roman (paru en 1974) donnant son titre au premier recueil, où un envoyé de l'Empire terrien est confronté, sur un monde colonial, a une épidémie de suicides qu'il cherchera à comprendre. George Martin n'est-il alors qu'un astucieux rénovateur du space opera ? C'est ce qu'on aurait pu croire avant le coup de tonnerre d'Armageddon Rag (La découverte-Fictions, 1983), énorme évocation de la chute et de la renaissance d'un groupe de rock, Le Nazgul, à travers les espoirs et les désillusions des années 70 et 80, entre la Beat Generation et l'Amérique des Yuppies. Une coupe sociologique juste et forte, loin du champ de la SF, à peine plus fantastique, mais qui témoigne de la diversité de la palette de George R.R. Martin (qui dirige aussi les anthologies New Voices, et dont les oeuvres les plus récentes attendent traduction), un auteur encore à découvrir, mais qu'on ne peut plus ignorer…

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