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De quelques atlas imaginaires

André-François RUAUD

Bifrost n°7, 1999

          Les récits de « voyages extraordinaires » sont un des ancêtres de la Science-Fiction. Mais tant d'eau a coulé sous les ponts depuis l'époque de Jules Verne qu'on aurait pu croire qu'ils avaient perdu toute actualité aujourd'hui - et pourtant, les voici qui refont surface, transfigurés par l'apport du graphisme.

          Quel fan de S-F n'a pas rêvé, étant gamin, en lisant le récit de telle ou telle expédition dans des terres lointaines ? Qu'il s'agisse d'individus bien réels comme le capitaine Cook, Charles Darwin, le Père Huque ou Thor Ayerdhal, ou bien de créations fictives, comme Philleas Fog, Robinson Crusoé ou Michel Strogoff, les « voyages extraordinaires » ont modelé l'imaginaire de nombreuses générations.
          Certaines résurgences de ce genre ont parfois été observées dans la S-F : que l'on songe aux Baladins de la Planète Géante de Jack Vance, par exemple, ou aux tribulations du Lord Valentin de Robert Silverberg... Mais il s'agissait plus de coïncidences thématiques forcées par le principe des « livres-univers » (chers à Laurent Genefort) que de véritables retours aux « voyages extraordinaires ». La description linéaire et minutieuse d'un pays étrange(r), au long d'un voyage d'exploration et de découverte, cette forme classique était-elle devenue trop rudimentaire pour la fiction moderne ?

Gnemo et Dinotopia

          La première fois que j'ai supposé un vrai retour aux « voyages extraordinaires », c'était dans un petit livre américain : Tom Kidd - Sketchbook, chez Tundra, en 1992. La couverture elle-même invitait au voyage : de hautes cités à l'architecture baroque, perchées sur des pics montagneux, reliées par des autoroutes modern style et survolées par des zepellins... « Winsor McCay City », centre culturel et scientifique de la cité-Etat d'Irth. Au dos était présenté le H.M.A.S. Wyeth, le plus grand dirigeable jamais construit, destiné à l'exploration et aux naturalistes. Le tout faisait partie de quelque chose nommé Gnemo.
          A l'intérieur, outre diverses illustrations de S-F et de fantasy (Tom Kidd est bien connu outre-Atlantique comme dessinateur de couvertures de romans), Gnemo nous était présenté en plus de détails, avec force croquis et dessins. Il s'agissait d'un projet de carnet de voyage dans un pays étrange. Cette création s'annonçait comme très influencée par quelques grands auteurs d'autrefois, tels que Jules Verne, H.G. Wells et Winsor McCay. Sans doute parlerait-on aujourd'hui d'un monde steampunk.
          Hélas, cet alléchant programme n'aboutit pas : l'éditeur Tundra fit faillite... Et si Tom Kidd était en avance sur son temps, il a été rattrapé depuis. En effet, quelques années après la publication de son Sketchbook chez Tundra, un autre illustrateur de fantastique, James Gurney, fit publier un projet similaire : Dinotopia. Le succès fut immédiat, et colossal !
          Sous la forme d'un gros album largement illustré de peintures hyper-réalistes, Dinotopia (Albin-Michel, 1993) nous conte la découverte, par un groupe de naufragés, d'une île où ont survécut les dinosaures de la préhistoire. Mieux que cela : les grands sauriens ont acquis la sapienté ! Et ils vivent en bonne intelligence avec les autres naufragés humains arrivés au fil des siècles... Une civilisation originale s'est ainsi érigée, calme et équilibrée, faite de la constante collaboration inter-spécifique humains/dinosauriens. Seul regret : emporté par son élan, Gurney donne également l'intelligence à quelques mammifères primitifs (tels que les mammouths) et là, il me semble aller un peu trop loin. Suspendre mon incrédulité, je veux bien, mais de là à mélanger des espèces préhistoriques que devraient séparer des millions d'années d'évolution...
          Les nouveaux naufragés nous permettent d'explorer toute l'île, allant de cité en cité et de contrée en contrée. Le fil narratif est ténu : l'essentiel est de nous faire faire un « voyage extraordinaire » ! Et ça marche : on retrouve le plaisir du pur émerveillement - un sense of wonder tenant plus de la fantasy que de la S-F mais qu'importe !
          L'exploration n'est pas terminée : James Gurney a poursuivit son « voyage extraordinaire », avec The World Beneath - curieusement, non traduit : le succès n'a-t-il pas été au rendez-vous en France comme partout ailleurs ? En revanche, les éditions Lefrancq viennent de traduire un roman situé dans cet univers : Dinotopia, le royaume perdu. Signé par un « faiseur » de talent, Alan Dean Foster, ce roman s'avère de lecture agréable malgré sa facture commerciale. On le conseillera cependant plus pour un public adolescent que pour les adultes.

Les Cités Obscures

          Nourris par Jules Vernes, eux aussi, Benoît Peeters et François Schuiten ont au cours des années bâtit un univers parallèle au nôtre : le continent des Cités Obscures. Cette étonnante création a commencé par la bande dessinée : Les murailles de Samaris, La fièvre d'Urbicande... Très vite, les deux auteurs (Peeters est scénariste, Schuiten dessinateur, mais la création est véritablement commune) ont voulu investir d'autres moyens d'expression. Ce furent un diaporama, des expositions, des affiches, des recueils mêlant textes et illustrations (Le voyage d'Armilia, L'archiviste), un journal imaginaire (L'écho des Cités), un téléfilm (Le dossier B, diffusé il y a quelques années sur Arte), un recueil de photos avec CD-audio (Le musée A. Desombre), d'autres BD (La tour, Brüsel, L'enfant penchée), etc. (Tous les livres sont parus chez Casterman) Chaque nouveau support, chaque nouvel apport, vient nourrir le mythe. Hors normes, c'est, me semble-t-il, l'une des créations les plus originales de la Science-Fiction francophone (et certainement l'une des seules créations à ce jour du genre steampunk dans notre langue).
          Mais que sont les Cités Obscures, exactement ? Dans un autre univers, la civilisation a évolué différemment à partir des prémisses de la Révolution industrielle. « La manière la moins erronée de qualifier le monde des Cités Obscures est sans doute de le définir comme un reflet décalé de la Terre. [...] Les différences sont parfois minimes [...] d'autres fois considérables [...] Souvent le visiteur aura l'impression qu'une bifurcation s'est opérée à partir de quelques éléments communs. » « Les disciplines scientifiques les plus développées sont les mathématiques (surtout dans leurs parties géométriques et topologiques), la botanique, la médecine, l'astrologie et l'astronomie (les deux domaines n'étant du reste qu'à peine distincts). [...] La technologie obscure est, de manière générale, moins avancée que la nôtre. Il faut dire que les mécanismes apparents et lourds restent les seuls à inspirer confiance : le poids d'une machine est considéré comme une marque de sérieux et son esthétique comme le premier gage de qualité. La miniaturisation est systématique rejetée et l'électronique totalement inconcevable. » La connaissance que nous pouvons avoir de la géographie de ce monde demeure encore assez  nébuleuse : considérée comme une des branches majeures de la philosophie, la cartographie fait encore dans les Cités Obscures l'objet de débats passionnés. Tout au plus peut-on observer que chaque Cité semble être un Etat indépendant, régissant une petite portion du continent autour d'elle. Car l'essentiel de la vie en ce monde est urbaine (à l'exception remarquable des populations du sud-est du Désert des Somites, semble-t-il)...
          Mais inutile que je continue : il faut lire Le guide des Cités (Casterman, 1996). Ce bel ouvrage se présente comme un véritable guide touristique - une gageure, quand on sait que les informations concernant les Cités Obscures sont toujours parcellaires, parfois contradictoires, habituellement un peu confuses... Pourtant, Peeters & Schuiten ont tenu le pari : leur guide tient debout, sans pourtant rien gâcher du plaisir et du mystère des Cités Obscures !
          Tout a été fait pour que l'illusion soit parfaite : le format très vertical, la maquette typique, le choix des illustrations (beaucoup sont traitées dans le style gravure cher à Schuiten, il y a également quelques pastels, des photos, etc). C'est vraiment un guide touristique. Bel objet (de l') imaginaire, alors : un guide pour un pays que jamais nous ne pourrons réellement visiter ! Cartes détaillées, tentative de chronologie, évocations de la faune, de la flore, des beaux-arts, des sciences, des transports (il faudra un jour écrire une étude sur le rôle des dirigeables dans l'imaginaire actuel !)... Des Cités encore inconnues, comme Blossfledstad, Pâhry et la Sodrovno-Voldachie nous sont présentées... D'une notice à l'autre, la fiction s'épaissit, répond aux albums pré-existants, esquisse d'autres possibilités. Les plus audacieuses et les plus tentantes étant à coup sûr celles concernant « les moyens d'accès ». Car bien sûr, la question du passage sur le Continent Obscur se pose : le Palais de Justice de Bruxelles (auquel répond le Palais des Trois Pouvoirs à Brüsel), les stations de métro « Porte de Hall » à Bruxelles et « Arts et Métiers » à Paris...

          Plus récemment, un autre auteur de BD, Bourgeon, s'est lancé dans une entreprise semblable avec son complice Lacroix : ça a donné La clé des confins (d'Olh à Ilo et au-delà), exploration encyclopédique de l'univers mis en place dans les deux tomes du « Cycle de Cyann ». On se croirait dans un vieux Tout l'Univers, avec les vues en coupe et les commentaires didactiques - il y a même en fin de volume un dictionnaire des termes, de « Accords testamentaires dérogatoires » à « Zoadine »... Une illustration amusante pour une belle création d'univers.

L'atlas d'Orbæ

          Du pays des Amazones aux îles Indigo, de François Place, est le premier volume de l'Atlas des géographes d'Orbæ (Casterman/Gallimard, 1996). L'ensemble sera composé de vingt-six histoires, vingt-six voyages comme les vingt-six lettres de l'alphabet. Car en Orbæ, les géographes classaient les pays non par proximité ou par région, mais par ordre alphabétique ! La géographie est une manière de réinventer le monde, ou en tout cas de lui imposer un sens, et les géographes de la grande île d'Orbæ prétendaient que leur art pouvait à lui seul embrasser la totalité des sciences de la nature. Ils ont disparu... Restent seulement les contes qu'ils rassemblèrent : un par pays, assortis de quelques notes ethnologique et biologiques. Certains des contes sont l'oeuvre d'un voyageur, d'autres sont celle d'un habitant.
          Illustrateur pour enfants, François Place a fait le choix d'un certain classicisme, en dépit de la base un rien loufoque de son entreprise. La charge exotique des pays décrits reste donc très inférieure à celle de Dinotopia ou des Cités Obscures. Ce sont plutôt des paraboles sur ce qui existe ou a existé sur notre Terre. On croit reconnaître tel ou tel contrée... mais déformée comme par la vision d'un explorateur d'autrefois. Afrique, Russie, Indes, Andes, île de Pâques : les destinations terrestres qui ont fasciné des générations d'explorateurs sont ici transmuées en Golfe de Candaâ, Montagne d'Esmeralda ou Pays des Houngalîls. François Place ne s'en cache pas, d'ailleurs : il crédite même des récits de voyages de Jean Chardin et de Jan Potocki comme inspiration de deux de ses contes.
          Quant aux illustrations, ce sont des aquarelles, elles aussi de facture classique. Des ouvrages chroniqués dans cet article, Du pays des Amazones aux îles Indigo est assurément celui qui surprend le moins, dans sa forme comme dans son fond - ce qui est une simple constation, sans tonalités péjoratives : cela demeure une oeuvre attachante et de qualité. James Gurney donne dans le baroque et le brillant, Schuiten & Peeters dans le clair-obscur et le modern style ; François Place, lui, a opté pour le feutré et les tons pastels.

Planète Mer

          Avez-vous entendu parler d'Imago Sekoya ?
          Une équipe de chez Doublevébé a récupéré ses manuscrits dans les soutes de l'épave de la Belle Etoile. Et après un minutieux travail de restauration, ainsi que des expertises du SNUR et du Laboratoire de la Police Scientifique qui authentifièrent l'ensemble des documents, le public peut enfin les découvrir.
          Ces manuscrits comportaient soixante-dix carnets, les treize premier ont déjà été publiés, sous la forme de deux énorme volumes.
          Souvenez-vous : c'était en 239, la compagnie Gevaudan Air Lines venait de lancer la grande croisière inaugurale de la Balleine d'Ewent, le dirigeable le plus important jamais conçu. Il devait emporter une large équipe de scientifiques, de toutes les disciplines, tout autour de la planète Mer. Annoncée comme scientifique, cette croisière était surtout politique, et fondamentalement utopiste : une tentative pour amorcer une réunion de tous les Etats de la planète Mer... Parmi les voyageurs, l'entomologiste Imago Sekoya. Accusé du meurtre du Conseiller Général des Iles d'Auvergne, lors du départ de la Balleine, recherché, on le persuada de s'enfuir. Se réfugiant d'abord dans un monastère de l'Archipel Ibérique, Sekoya trouva ensuite un emploi de pisciculteur dans une plaine d'algues, puis de travailleur en profondeur sur le chantier de la reconstruction de l'Alhambra...
          Physiquement, les Manuscrits d'Imago Sekoya, ce sont deux livres de format 24x32, forts de deux-cent et quelques pages chacun, sur un beau papier beige (recyclé), reliure cousue et emballage fermé par un sceau noir & argent. De la belle ouvrage, pour le moins ! Le premier s'intitule Les îles d'Auvergne, le second L'Archipel ibérique. Editeur : Doublevébé Récup, 1993 et 95. Le nom des auteurs n'apparaît pas : ces livres sont de véritables « objets venus du futur », il n'y a nulle part mention du moindre auteur en dehors d'Imago Sekoya (ils se nomment en fait Paul Basselier et Franck Watel).
          A l'intérieur : un étonnant mélange de textes (écrits à la main), de dessins et esquisses (à profusion), et de documents collés (extraits de journaux, prospectus, emballages, photos, etc). Quoique les dessins soient en majorité, l'oeuvre se lit bel et bien comme un roman : le(s) auteur(s) ont su trouver une forme originale de narration, où texte et illustrations s'interpénètrent totalement. Le texte semble court au premier coup d'oeil ? C'est parce qu'il ne contient que l'essentiel - tout le reste est dans les dessins. Leur répartition semble hasardeuse ? Pas du tout : la lecture coule avec une fluidité naturelle - Imago parle de tel visage, il est croqué dans ce coin, il parle de l'approche d'une île, elle apparaît sous nos yeux... Magique ! A force, c'est la voix même d'Imago qui semble sortir du livre. Le beige de la page souligne les silences, on retient sa respiration le temps d'une illustration particulièrement belle, la texture du dessin épouse les événements. Gros traits de pinceau, charbonage de fusain, fines hachures de plume, encre brouillée par des taches de pluie, traces de boisson à demi effacées, un brin d'herbe collé sur le papier...
          Et l'histoire ? L'immersion y est immédiate. Conjuguant le sense of wonder avec le sens de l'humain, l'écrit avec le dessin (le parler avec le visuel), trés rapidemment le journal intime d'Imago se déroule comme un film sous les yeux et dans la tête de ses lecteurs.
          Les auteurs se seraient contenté de narrer la croisière de la Balleine d'Ewent, au fil du voyage, que le projet aurait déjà été une réussite. Mais ça ne leur suffisait pas : ils brisent tout de suite la linéarité du récit, pour lui faire décrire des boucles et des replis - les tribulations d'Imago, les complots qui se déroulent derrière lui, le rôle mystérieux de la famille Sekmet, les martiens, Sergueï De Saint-Hilaire et les clones secrets, l'assassinat du conseiller général des Iles d'Auvergne... De même, un survol inattentif de l'ouvrage pourrait peut-être faire penser qu'il s'agit là d'une S-F écologiste, d'un type un peu dépassé. Rien n'est plus faux ! Je suis même époustouflé par la masse de connaissances amassée dans ces bouquins : pisciculture, horticulture, architecture, aéronautique, botanique, entomologie... tout y passe ! S-F écologiste, oui, mais transformée en hard science ! Et informée, éclairée, par les thèmes les plus récents de la S-F littéraire. Cela va de l'ingénierie génétique et à la bio-technologie à la Greg Egan, en passant par l'utopie politique à la Kim Stanley Robinson (auquel il est d'ailleurs fait un clin d'oeil : Paul Basselier a lu Mars la rouge lors des travaux de réalisation d'Imago Sekoya)...
          Sans jamais rien oublier de la beauté, de l'humanité, de l'humour (quelques clins d'oeil à Moebius et à Caza), de la finesse (quel tombeur, cet Imago, l'air de rien !), du suspense (l'intrigue est menée avec une rigueur et un sens du rythme qui sont enthousiasmants)... Enfin bref, il y a tout, là-dedans ! Et plus, même : des cartes, oui, de vraies cartes, dépliantes, usées par Imago... Il est également possible de commander un CD, mi-ROM mi-audio (avec le message de Sergueï De Saint-Hilaire, tiré du second tome).
          Doublevébé Récup a aussi édité un ouvrage découvert dans les soutes de la Belle Etoile : le Manuel pratique pour apprendre à voler. Se présentant sous la forme d'un petit fascicule de 38 pages, imprimé en rouge et noir, il s'agit d'un guide de vol qui date de 296 a.m.e. Vous y apprendrez comme, pour les hommes d'après la montée des eaux, voler est devenu aussi naturel que de nager...
          Les Manuscrits d'Imago Sekoya apparaissent comme un coin de ciel bleu au sein du bouillonnement de la S-F francophone. On y vit, on y respire. Une brise porteuse d'iode marin souffle depuis un étrange coin d'Auvergne (Doublevébé Récup est distribué par eux-mêmes : persuadez votre libraire de leur commander les Imago Sekoya, ou faites-le vous-même, par courrier ou sur leur site. C'est à Vals-le-Chastel 43230 Paulhaguet. Un troisième tome d'Imago Sekoya est paru depuis la sortie initiale de cet article: La grande île des Rocheuses).

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