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Francis Carsac

(France ; 1919-1981)

Jean-Pierre ANDREVON

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          Des extra-terrestres font un court passage sur la Terre il y a quelques milliards d'années ; mais notre planète est alors un monde sans vie, que les visiteurs jugent dénuée d'intérêt ; leur vaisseau repart mais, juste avant son envol, un ET a craché sur le sol : ce sera la genèse de la vie... Cette histoire à la fois surprenante et logique (racontée dans une courte nouvelle, Genèse, publiée en 1958 dans la revue Satellite) est caractéristique des idées déployées par l'écrivain Francis Carsac, de son vrai nom François Bordes, et qui fut directeur du département « Préhistoire et Géologie » de la faculté de Bordeaux : un réalisme de base à la fois simple et ingénieux, un arrière plan cosmique...
          Le premier roman signé Carsac fut aussi le premier roman français à se retrouver au sommaire de la prestigieuse et mythique collection Le Rayon Fantastique, en 1954. Ceux de nulle part entraînait ses lecteurs, aux basques du héros enlevé par une soucoupe volante pilotée par des humanoïdes à peau verte, les Hiss, dans des mondes extra-galactiques hantés par des créatures métalliques dévoreurs de soleils : les Misliks ... Un récit dans la grande tradition des space-operas américains signés Williamson ou Hamilton (ou La guerre des étoiles, 35 ans avant !), qui permit à l'auteur de porter l'étiquette enviée de « qualité américaine ». Une qualité qui, sans doute, datait déjà à l'époque où elle lui fut apposée (les Misliks de Carsac sont les frères des Ferromagnétaux de Rosny Ainé) mais qui était liée à un humanisme profond, à une louable absence de manichéisme ou d'un quelconque racisme, pour la présentation d'êtres aussi étranges et étrangers qu'ils fussent.
          En l'espace d'une douzaine d'années, Carsac ainsi porta haut le flambeau d'une SF nationale épique et emplie d'un indéniable esprit pionnier : citons encore en 1956 les Robinsons du cosmos (Presses Pocket, entre Robinson Crusoé, Hector Servadac de Jules Verne et Hareton Ironcastle de Rosny), et surtout Ce monde est nôtre (Presses Pocket, 1962), son chef-d'oeuvre, qui présente une planète occupée par trois humanités différentes prétendant chacune que « ce monde est nôtre ». On vit à l'époque dans ce récit à la fois amer et utopique (très crédible aussi du point de vue anthropologique) une parabole sur la guerre d'Algérie – ce dont Carsac se défendit vigoureusement sous prétexte d'apolitisme... De là débuta probablement le divorce croissant d'avec des lecteurs pré ou post soixante-huitards que l'idéologie n'effrayait pas. Carsac cessa d'écrire, hormis quelques nouvelles (son oeuvre au total en comporte une douzaine), puis l'oubli dans lequel il était peu ou prou tombé fut déchiré au milieu des années 70 avec la progressive réédition de ses romans en Presses-Pocket. Hélas l'auteur en fit cesser la publication sous prétexte que les belles illustrations de couverture signées Siudmak étaient pornographiques ! Décidément, Francis Carsac était bien quelqu'un d'une autre époque... Ce qui n'est pas une raison pour négliger aujourd'hui une oeuvre réduite mais solide et colorée.

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          Lecture :
           Pour patrie l'espace (Presses Pocket, 1962).
           La Vermine du lion (Fleuve Noir Anticipation, 1967).
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Biographies, catégorie Bios

 
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