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Harlan ELLISON

Jean-Pierre ANDREVON

Le monde de la science-fiction, M.A. éditions, 1987

          Il est surtout connu pour avoir, en 1967, réuni dans une énorme anthologie, Dangerous Visions (Dangereuses visions, J'ai Lu), 33 nouvelles de la plume de ce que les USA comptaient de meilleurs comme écrivains de S-F (des écrivains sommés d'écrire ce qu'ils n'auraient osé écrire ailleurs), et présentées ainsi par le maître d'œuvre : « Ce que vous tenez entre les mains est plus qu'un livre. Si nous avons de la chance, c'est une révolution. » Deux anthologies encore plus énormes devaient suivre, Again, Dangerous Visions (1972) et Last Dangerous Visions (mais celle-ci est non encore parue à ce jour, bien que certaines nouvelles — dont celle du Français Daniel Walther — aient été acceptées en... 1974 !). Ellison a aussi composé, en 1975, une autre anthologie où il s'est amusé à écrire « en équipe avec d'autres écrivains » quatorze nouvelles, ce qui fait quatorze duos harmonieux (avec Sheckley) ou surprenant (avec van Vogt). C'est Partners in Wonder (La chanson du Zombie, Humanoïdes associés). Mais surtout Ellison est célèbre pour participer à des expériences telles que la rédaction d'une nouvelle en temps limité, dans une vitrine de magasin, face au public ; il est célèbre par ses colères, ses diatribes, ses bagarres, par ses activités multiformes (il est scénariste de BD et de séries télé, comme Star Trek), par son orgueil démesuré qu'il sait regarder au second degré (une de ses maisons s'est appelée Ellison Wonderland), célèbre en somme parce qu'il est un empêcheur de tourner en rond et sans doute l'unique auteur US à avoir bénéficié d'une vedettarisation échappant au seul exercice littéraire.

          En France, elle n'a hélas duré que pendant les années 70, la fougue dénonciatrice de l'auteur collant parfaitement avec l'esprit postsoixante-huitard. Les Humanoïdes Associés, qui avaient pour projet de publier l'intégrale de ses nouvelles (parait-il pas loin d'un millier à ce jour), ont abandonné après quatre volumes par cause d'insuccès commercial, et l'auteur n'a écrit que deux romans (ce n'est pas sa longueur), le seul traduit chez nous, toujours aux Humanoïdes Associés, n'appartenant pas à la S-F (Les barons de Brooklyn, Memos from purgatory,1961, une sorte d'autobiographie romancée de sa jeunesse). Cet homme (de qui Jacques Sadoul écrit dans son Histoire de la science-fiction moderne : « Ellison a un problème psychologique à surmonter : sa très petite taille ; par compensation, il est très agressif et animé d'un désir de surprendre et de choquer »), ne serait-il alors qu'un provocateur, qu'un clown ? Ce serait mal connaître celui dont Alain Resnais a dit qu'il « était la rencontre de James Joyce et de James Cagney », car sous une virulente désespérance (Ellison est aussi juif et a eu une enfance pauvre), éclate un auteur au style souvent éblouissant, et dont les brillances (parfois clinquantes) et les métaphores (parfois obscures) ne parviennent pas à masquer une originalité thématique percutante et un acharnement jamais démenti à pourfendre tous les monstres nés de l'homme et de sa civilisation. Ne citons que Basilic (Fiction 231, Basilisk, 1972), où l'esprit d'un soldat de retour du Vietnam est habité par l'essence d'un monstre destructeur, et La bête qui criait amour au cœur du monde (The beast that shouted love at the heart of the world, 1968, in La bête qui criait amour — Humanoïdes Associés), où le goût de violence des hommes de tous les temps s'est matérialisé en une horreur sans nom tapie au centre de la Terre...

Mais Ellison est absent depuis des années de la scène française. Il y manque cruellement.


*


Lecture
Ainsi sera-t-il (Marabout, Paingod and others Delusions, 1965).
Hitler peignait des roses (Humanoïdes Associés, Strange Wine, 1978)
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